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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Retrouvez aussi le quotidien de l'info antiraciste sur notre blog d'actus :

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 00:16

 A mesure que s'approche le congrès du parti d'extrême-droite les 29 et 30 novembre à Lyon, la nervosité ne cesse de s’accroître dans ses sphères dirigeantes. Les révélations se multiplient sur les accointances néo-nazies et les saluts fascistes de proches de Marine Le Pen, sur son financement par une banque russe proche de Poutine, sur les batailles internes à l’appareil. C’est ce qui explique le refus d'accréditer certains médias comme Médiapart et le Petit Journal de Canal dont le FN craint qu’ils ne détectent et dévoilent sur place l’envers du décor de la  prétendue "dédiabolisation"

 La présidente du FN voulait faire de ce congrès une grande messe afin de faire  bénéficier son parti d’une image de "force tranquille", se dirigeant irrésistiblement vers le pouvoir à l’occasion des prochaines échéances électorales. C'est à cette stratégie que correspond l'appel à une "alliance des patriotes "avec le groupuscule de Dupont-Aignan et ce qui demeure du mouvement de Chevènement.

Mais le FN se révèle sans cesse pour ce qu'il est en réalité: une force brutale et xénophobe, très largement imbibée d'antisémitisme, dont les cadres "dédiabolisés" éructent la haine des étrangers, des musulmans, des juifs, des pauvres, des salariés organisés et de tant d'autres.

Le soi-disant tournant social du FN ne le fait pas dévier de sa matrice fasciste. Les fascistes n’hésitent  pas à puiser des thèmes au départ classés à gauche, en les pervertissant ; ils se réclament ainsi de la défense des travailleurs pauvres et du service public.

Mais les différences sont de taille: là où les revendications progressistes concernant les libertés individuelles et les droits sociaux exigent l’égalité, sans nier les différences, le fascisme se place dans le cadre d’une « communauté nationale » à laquelle chaque individu doit s’intégrer et s’identifier. Les éléments jugés extérieurs à la communauté nationale sont stigmatisés, pointés comme responsables des problèmes de la société et si le niveau de pouvoir atteint par l’extrême-droite le permet, carrément exclus et chassés comme des boucs- émissaires. C’est le cas bien sûr des étrangers ou minorités issues de l’immigration mais aussi  des nationaux jugés non conformes, comme les chômeurs et précaires, les défenseurs des libertés démocratiques, les membres de ce qu’ils qualifient d’« anti-France »

La politique menée dans les mairies tenues par le FN ou assimilés montre bien ce phénomène.

Le  Front National est sans conteste le principal danger qui menace la population de ce pays, dans sa diversité et dans ses acquis démocratiques

L'extrême-droite s'installe dans les institutions démocratiques. La violence fasciste s'installe dans l'espace public. Il faudrait de nombreuses pages pour détailler l'ensemble des actes racistes, islamophobes, antisémites, homophobes, transphobes survenus en France ces dernières années.

Les agressions physiques sont en hausse, synagogues et mosquées sont couvertes de croix gammées et assaillies de courriers de menace, tout comme les locaux de la gauche et du mouvement social, féministe ou LGBT. Les Roms subissent à la fois le racisme d'Etat et les attaques jusque sur les campements.

Retrouver l'espoir ici, c'est avant tout recouvrer la raison, face aux semeurs de haine et de discorde. Pour Clément Méric, pour Ilan Halimi, pour Brahim Bouarram, pour les victimes de Breivik et pour celles de Merah, pour les femmes voilées et les jeunes juifs agressés, pour les homosexuels tabassés, pour les migrants pourchassés, pour tous les autres qui sont tous les nôtres.

L'antiracisme universaliste est déclaré mort par toutes celles et ceux qui l'ont toujours combattu et craint, des rangs de l'extrême-droite à ceux de la gauche nationaliste. C'est la meilleure raison pour le faire vivre.

L'universalisme antiraciste, c'est aussi l'onde d'espoir et de colère mondiale, qui menace, même dans la douleur et dans le sang, tous les dictateurs, quelle que soit la nation ou la religion dont ils se réclament.

C'est ce  nous affirmerons au sein des manifestants antifascistes rassemblés à Lyon le 29 et 30 (journée de débats). Le collectif Memorial 98 participe à cette mobilisation et sera présent à Lyon avec les différents collectifs locaux (comité de vigilance 69) et  ceux venus des différentes régions.

Nous ne nous limiterons pas à une manifestation, aussi nécessaire soit-elle.

Notre perspective antifasciste est plus que jamais d’actualité: nous dénonçons inlassablement la nuisance des idées et des pratiques du Front National, telles qu’elles s’illustrent déjà dans les municipalités récemment passées sous la coupe de ce parti et de ses acolytes. Nous entendons mener des combats quotidiens contre la xénophobie et le racisme mais aussi construire des fronts unitaires de la gauche antiraciste. Nous ne reculerons pas d’un pouce face au vent de panique que veulent instiller les partis d’extrême-droite à travers l’Europe.

Nous appelons à lutter contre le vent de démoralisation, de repli sur soi, voire de crainte qui n’a pas cessé de progresser à mesure que la crise économique frappe durement.

 

Contre le Front National, rassemblons nous, à Lyon le 29 et 30 novembre et dans tous nos combats quotidiens !

 

Memorial 98

voir aussi:

Nuit de Cristal: commémorer le passé et lutter au présent.

9 Novembre: commémoration du 76ème anniversaire de la Nuit de Cristal

Zemmour réhabilite Pétain: pour qui, pourquoi?

Jean Jaurès: assassiné par l'extrême-droite il y a 100 ans

Contre le Front national: mobilisation générale.

Premier mai 2014: résister au Front National.

 

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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 19:15

DSCF7128.JPGDans la nuit du samedi au dimanche 9 novembre, une partie du  boulevard Raspail à Paris a été recouvert d'inscriptions néo-nazies, disséminées sur les murs, les véhicules et les stations Vélib. Il y a donc désormais dans la capitale, des néo-nazis suffisamment fanatiques pour vouloir commémorer publiquement  le pogrom de la Nuit de Cristal du 9 novembre 1938 et le putsch d'Hitler du 9 novembre 1923.

 

Anecdotique ?

L'incident le serait sans doute s'il était isolé. Mais  trois fois par semaine le négationniste Dieudonné réunit, dans son théâtre de la Main d'Or, des centaines de personnes venues applaudir ses insanités antisémites et racistes et sa réhabilitation du nazisme et du régime de Vichy .

 

Cette apologie ne se cantonne d'ailleurs plus à l'extrême-droite officielle: aujourd'hui, Jean Marie Le Pen n'a plus besoin d'éructer ses apologies du fascisme et des collaborateurs, il lui suffit de féliciter Eric Zemmour, qui prétend désormais dans les talk show du samedi soir que Petain a sauvé des Juifs.

 

Commémorer le pogrom de la Nuit de Cristal devant le gymnase Japy nous a donc paru nécessaire. C'est en effet dans ce lieu du 11e arrondissement que furent parquées des milliers de personnes juives, lors des rafles de 1941 et 1942. Elles étaient gardées uniquement par des gendarmes français avant d'être envoyées dans des camps d'internement eux aussi gardés par la police française, puis au camp d'exermination d'Auschwitz.

 

Certes deux plaques officielles évoquent ces rafles sur le mur du gymnase. Comme partout dans Paris, les lieux de mémoire du génocide commis par les nazis et rendu possible en France grâce au régime de Vichy témoignent d'un "passé qui ne passe pas" . Mais que représentent des plaques face au déferlement de la propagande antisémite de ces dernières années ?

 

C'est la raison pour laquelle Memorial 98 a souhaité commémorer cette année la Nuit de Cristal, en espérant bien sûr que cette initiative se renouvelle et s'amplifie. Trop longtemps, une partie de la gauche a relégué la lutte contre l'antisémitisme au rang des nécessités passées, trop longtemps chacun s'est reposé sur les acquis, issus de durs combats pour faire reconnaître la spécificité du génocide contre les Juifs. Les cérémonies officielles et l'enseignement scolaire n'ont pas à suffi à prévenir le retour du fascisme antisémite.

 

Infiltrés dans nos propres rangs, des leaders antisémites comme Dieudonné ont essaimé et pris des forces pour constituer ensuite une mouvance puissante et malheureusement écoutée. Une mouvance qui a utilisé les failles de nos luttes en ce qui concernait l'antisémitisme pour se développer sur cette base, puis afficher ouvertement aussi d'autres racismes et faire la ramasse pour le Front National.

 

 Il faut bien constater la faiblesse des réactions politiques à tout cela: les antisémites peuvent bien jouer les persécutés devant les rodomontades de quelque ministre, mais leur commerce de haine ne s'est jamais aussi bien porté. Devenu le symbole prétendu des atteintes à la liberté d'expression, Dieudonné s'exprime en réalité en toute liberté, tout comme Alain Soral ou Robert Faurisson . Les quelques condamnations dont ils sont l'objet constituent l'exception qui confirme la règle d'une haine proférée en toute quiétude chaque jour sur leurs sites ou sur scène. Ce ne sont pas les seuls, puisque la récente condamnation, pour une fois pas seulement symbolique d'Anne Sophie Leclere, candidate Front National qui avait comparé Taubira à un singe a donné lieu à un tonnerre d'indignations à droite et même d'interrogations à gauche, preuve s'il en était besoin que l'application des lois antiracistes est une chose suffisamment rare pour choquer.

 

nuitdecristal2C'est pourquoi nous avons voulu, lors de cette commémoration, rappeler aussi l'universalisme des enseignements de la lutte contre l'antisémitisme et le négationnisme. La rhétorique antisémite est une matrice féconde et recyclable pour tous les discours visant à stigmatiser et à oppresser des minorités. Les thèmes du complot, de la double allégeance, de l'invasion, la dénonciation du métissage comme destruction de la civilisation et décadence morale qui ont structuré le discours nazi et justifié la violence abjecte des pogroms puis le génocide sont utilisés aussi bien contre les musulmans que contre les Roms, dans le discours de toutes les extrêmes-droite.

Les enregistrements ci-dessous restituent une partie du contenu de cette cérémonie destinée à alerter et mobiliser.

 

MEMORIAL 98

 

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L'intervention du Collectif VAN (Vigilance Arménienne contre le Négationnisme)

 

Le contexte historique et le déroulement du pogrom.

Par Albert Herszkowicz.

 

Analyse de Bernard Schmid, militant antifasciste allemand. 

 

De Dieudonné à Zemmour, combattre le retour de l'antisémitisme et du racisme 

 

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 14:09

 

Le vendredi 31 octobre était enfin inaugurée au cimetière du Père Lachaise une stèle commémorative du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, en présence de la maire de Paris et d'élus locaux.

Les prises de parole des Tutsi, du président et du vice-président de l’association "Ibuka", sont reproduites plus bas; leur écoute apporte une leçon précieuse de courage, de dignité, de combativité et d'humanité.

Parmi ces prises de paroles, celle d'Alain Ngirinshuti, rescapé du génocide des Tutsi et vice-président d’Ibuka  a raconté un chemin.

Celui qu’il a parcouru, après le génocide, pour revoir sa maison, celle de sa famille assassinée. Un chemin où il fallait faire attention aux chiens qui rôdaient autour des cadavres. Il raconte un mur, le seul resté debout de la maison familiale rasée et transformée en terrain de football. Un mur comme seule trace de la vie avant le génocide. Il raconte les vêtements, ceux de sa sœur assassinée, portés déjà par l’enfant d’un voisin.

Ce que nous transmet Alain Nigirinshuti n’est pas la compréhension de ce qu’il a vécu, car nous ne pouvons pas saisir la réalité d’une marche bordée par les corps assassinés. Mais il nous fait toucher du doigt le sens du combat pour la mémoire, de son incarnation dans une stèle à Paris. C’est un autre chemin, celui parcouru pour arriver jusqu’à cette stèle, dont il dit qu’elle sera aussi ce qui permet de se souvenir qu’il y a eu un temps et un monde avant le génocide.

 

Le but des génocidaires, en tout  temps et en tout lieu, ne consiste pas seulement à assassiner les vivants, mais aussi à nier à tout jamais leur existence. C’est pour cette raison que les négationnismes sont consubstantiels aux génocides. En niant, il ne s’agit pas seulement d’une tentative faite par les assassins pour échapper aux conséquences de leurs crimes.

Au même titre que les massacres physiques de masse, la négation est au service au service du but final : effacer de l’histoire et de l’humanité une partie des hommes et des femmes qui la constituent.

 

C’est cette volonté persistante de destruction qui rend si importante et universelle les combats pour la mémoire, et si difficiles ces combats.

 

Il aura fallu quatre ans depuis la demande faite par les rescapés pour que soient installés au Père-Lachaise cette simple pierre et les mots qui y sont gravés. Il s’est écoulé vingt ans depuis le génocide, mais la chape de plomb qui entoure le rôle joué par la France dans ce génocide est encore très pesante. Au point que le gouvernement a osé boycotter l'inauguration de cette stèle et assumer ainsi une absence honteuse et indigne de la démocratie.

 

Alain Ngirinshuti a évoqué le rôle du médecin français qui l'a sauvé, lui et 300 autres enfants, et qui a refusé de quitter le Rwanda tant qu'ils étaient menacés par les génocidaires. Voilà ce qu'a pu faire un seul Français au cœur de la tuerie. Cet exemple illustre a contrario la responsabilité immense que portent les responsables politiques et militaires de notre pays dans la mort de centaines de milliers de personnes.

 

Voilà pourquoi Ibuka et l'ensemble des rescapé Tutsi doivent être soutenus  par nous tous. Voilà pourquoi, en notre nom, il faut exiger encore et toujours la vérité et le respect pour les victimes , les rescapéEs et les descendantEs. Voilà pourquoi, la stèle dévoilée aujourd'hui en présence de la maire de Paris, ne doit être qu'un premier pas. Voilà pourquoi la solidarité remarquable des associations pour la mémoire des génocides commis contre les Juifs et les Arméniens doit être un exemple à suivre. Pour que demain, s'ouvre un lieu de mémoire et de savoir sur le génocide des Tutsi. Pour que demain, le souvenir du génocide de 1994 soit commémoré dans l'espace public et pas seulement dans un cimetière.

 

Le combat contre tous les génocidaires est universel. Mais nous, habitants de ce pays avons un devoir particulier en ce qui concerne le Rwanda. En effet une partie du combat est aujourd'hui celui de la pleine reconnaissance de ses responsabilités par l’État français, alors que celui-ci, qui prétend parler en notre nom, persiste aujourd'hui à garder un silence forcément complice.

 

Voir aussi :

Rwanda : la honte du gouvernement français

Rwanda : Une claque aux négationnistes

 

MEMORIAL 98

 

 

 

 

 

     

 

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Published by memorial98 - dans Rwanda
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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 19:23

Il y a 76 ans, le 9 novembre 1938, débutait dans toute l’Allemagne et en Autriche la « Nuit de Cristal ». Durant cette attaque antisémite décidée par les chefs du parti nazi et perpétrée par leurs milices, entre 2000 et 2500 personnes allaient être assassinées, soit durant le pogrom lui-même,  soit par la suite dans les camps de concentration où furent envoyés des milliers de Juifs arrêtés. Des dizaines de synagogues furent profanées et incendiées.

 

images.jpg

Ce dimanche 9 novembre 2014, Memorial 98 vous invite à commémorer ce massacre planifié par les dirigeants nazis au plus haut sommet de l'Etat.Un massacre que les autorités françaises refusèrent  alors de condamner, au nom de leurs négociations avec l’Allemagne hitlérienne. La France fut ainsi  la seule grande démocratie à ne pas dénoncer à l'époque cette barbarie, malgré le rapport accablant de son ambassadeur à Berlin.


Nous nous rassemblerons à Paris devant le gymnase Japy, lieu où furent enfermés des Juifs arrêtés lors des rafles parisiennes entre 1941 et 1943, avant d'être envoyés vers les camps d'internement de Drancy, de Pithiviers et de Beaune la Rolande, puis vers Auschwitz.

Au gymnase Japy comme au Vel d'Hiv, la garde des raflés était assurée par  des gendarmes et des policiers français Vel d'Hiv: le document .

 

Déposer quelques fleurs et quelques bougies, se souvenir ensemble, représente un acte symbolique face à l'offensive raciste et antisémite en cours en France.

Des millions de personnes peuvent désormais entendre un triste provocateur comme Zemmour réhabiliter Pétain et Vichy à la radio et à la télé. A proximité du gymnase Japy, ce soir là comme tous les autres, au théâtre de la Main d'Or, des centaines de personnes riront d'un génocide, à l'invitation de Dieudonné, un néo-nazi comme un autre, que l'on qualifie pourtant d'humoriste.

 

Pourtant, si nous abandonnons nos mémoires, alors, il ne faudra pas nous étonner que les héritiers des assassins puissent refaire l’Histoire, la nier et la travestir. On ne peut pas se contenter d’être horrifié devant les croix gammées qui sont tracées sur des synagogues ou des mosquées. On ne peut pas se contenter d’espérer que l’Etat réprime les fascistes, les racistes et les antisémites. La  démocratie ne se confond pas avec l’Etat ; elle est l’œuvre de ceux et celles qui sont mobilisées. On ne peut pas se contenter  d’en appeler à la République parce que celle-ci n’a jamais constitué à elle seule un barrage infaillible contre les idéologies de la haine.

 

une-du-figaro-nuit-de-cristal.jpg


Nous ne sommes pas dans les années 1930.

Mais la banalisation du Front National, le succès des tribuns racistes et antisémites, et surtout l’indifférence et la démobilisation devant ces phénomènes sont aussi liés à l’oubli et à la minimisation de ce que furent les fascismes originels.

Aujourd’hui, de nouveau, des femmes musulmanes, des Juifs sont attaqués dans nos rues. Aujourd’hui de nouveau, des commerces juifs ou arabes sont incendiés.  L’extrême-droite légale, les Marine Le Pen et les Soral parlent. Leurs troupes répondent à l’appel en répandant la violence partout. Il n’y a qu’un seul fascisme.

Les violences racistes, antisémites ou homophobes loin de se résumer à des faits divers constituent des faits politiques constitutifs de ce fascisme.

La mémoire du nazisme et de ses crimes ne représente pas un « devoir », dont on pourrait alors se décharger sur l’Etat ou sur des associations dédiées.


La mémoire est une arme notamment en ce qui concerne l’antisémitisme. Celui-ci ne constitue pas seulement un racisme spécifique dirigé contre les Juifs. Il est présent et  enraciné au cœur des idéologies européennes de la haine, un laboratoire plusieurs fois centenaire d’élaboration des discours et des logiques de stigmatisation et d’oppression. Ces idéologies sont aujourd’hui recyclées pour frapper toutes les minorités et désarmer les progressistes, en développant les peurs et l’irrationnel.

 

 Nous vous appelons à participer à ce

 

Rassemblement le dimanche 9 novembre à 17h

devant le gymnase Japy, 2 rue Japy, métro Voltaire.

 

Ensemble, se souvenir et s’armer de détermination à combattre l’extrême-droite, le racisme et l’antisémitisme.

 

Memorial 98


voir aussi:

Mémoire: la rafle méconnue du 20 août 1941.

Déchéance de la nationalité : quand Pétain sévissait

La rafle du Vel d’Hiv et la mémoire de la Shoah

Antisémitisme: le double anniversaire du 3 Octobre


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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 18:16

octobre-61.jpgCinquante trois ans après le massacre du 17 octobre 1961, cet été, à Wissous, petite ville tranquille de la grande couronne parisienne, Richard Trinquier maire de la commune, apologue assumé de l'OAS , enclenchait une campagne de peur contre ses administrés musulmans: après avoir vainement tenté d'interdire les femmes voilées de piscine, lui et son équipe allaient publier par voie d'affiche les identités des femmes qui avaient osé contester sa mesure discriminatoire en justice, et appeler sur Facebook à la violence contre l'ensemble des musulmans.

 

Ceci  entraina effectivement le harcèlement de nombreuses habitantes. A ce jour, Richard Trinquier n'a pas été exclu de l'UMP.

 

Cet épisode, comme tant d'autres, illustre l'héritage toujours vivant et toujours nuisible de la guerre d'Algérie et des pro-Algérie française: il n'est pas anodin qu'une partie des maires FN nouvellement élus,tels Fabien Engelmann de Hayange, revendiquent leurs ascendants colons. Il n'est pas anodin non plus que le nombre de stèles rendant hommage à l'OAS soit en hausse depuis le début des années 2000. Il est à noter que Richard Trinquier prolonge explicitement  les "valeurs" de son père, le tristement célèbre colonel Roger Trinquier, qui s'est illustré en tortionnaire puis en militant OAS lors de la guerre d'Algérie. Trinquier père était un ami personnel de Jean-Marie Le Pen et comptait se présenter aux législatives de 1986 sous l'étiquette FN; il est décédé juste avant.

 

Dans un pays où l'accusation de "communautarisme agressif" est si couramment répandue envers les Français d'origine algérienne, cette accusation peut-être facilement retournée contre toutes celles et ceux qui montent sur les grands chevaux de l'Histoire dès que des gamins soutiennent l'équipe de foot algérienne. C'est d'ailleurs la seule équipe pour laquelle on supprime des écrans géants dans les communes dans les soirs de match, pour les remplacer "préventivement" par des escadrons de CRS.

 

Cette année, deux Algériens au moins sont morts alors qu'ils étaient dans les mains de la police française: Abdelhak Goradia , sans-papiers décédé d'une asphyxie pendant une tentative d'expulsion, et Hocine Bouras tué d'un coup de feu par la gendarmerie lors d'un transfert entre la prison et le tribunal de Colmar. Ces crimes ont eu lieu dans l'indifférence médiatique et politique qui accompagne la perpétuation de l'arbitraire policier, d'une zone grise, hors du droit,  qui perdure dans ses rapports avec certaines parties de la population.

 

Cinquante trois ans après un massacre survenu lors d'une manifestation pacifique, le racisme anti-algérien et sa virulence témoignent toujours d'un passé qui ne passe décidément pas. Ce passé continue d'inspirer les politiques et les discours tenus contre l'ensemble des immigrés et des issus de l'immigration. En témoigne, parmi d'autres exemples, l'omniprésence médiatique d'un Eric Zemmour, qui lorsqu'il n'est pas occupé à réhabiliter l'antisémitisme d'Etat de Vichy, déverse à longueur de tribune sa haine contre les jeunes d'origine d'algérienne .

 

Ce 17 octobre, Memorial 98 se joint donc à l'appel du Collectif 17 octobre 1961 : rassemblons-nous à Paris sur le Pont Saint Michel, ainsi que dans les autres commémorations, en mémoire des camarades assassinés par la police française ce jour là, en mémoire aussi de l'espoir qui les animait, eux et tant d'autres, celui d'un monde d'égalité.

 

Le rassemblement sera suivi à Paris d'un colloque en hommage à Jean Luc Einaudi , historien et témoin lors du procès contre Maurice Papon  ( coordonnées en bas de l'appel ci-dessous )

 

Rassemblement le 17 Octobre 2014 à 17h30 au Pont Saint Michel à PARIS

 

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement àParis contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait étéimposé par Maurice Papon, préfet de police de Paris et le Gouvernement de l’époque.

Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés –notamment par la "force de police auxiliaire" - ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police.

 

53 ans après, la Vérité est en marche. Cependant, la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menées, - en particulier la Guerre d’Algérie - non plus que dans le cortège de drames et d’horreurs qu’elles ont entraînés, comme ce crime d’Etat que constitue le 17 octobre 1961. Le17 octobre 2012, le Président de la République a certes fait un premier pas important, en déclarant "Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes."Mais le terme de crime n’est pas repris, et la responsabilité, sous entendue, n’est pas clairement définie.

 

Nous demandons une parole claire aux autorités de la République, au moment où certains osent encore aujourd’hui continuer àparler des "bienfaits de la colonisation", à célébrer le putsch des généraux àAlger contre la République, à"honorer" les criminels de l’OAS.

 

Dans ce domaine, il est donc nécessaire que des mesures significatives soient prises :

 

- Redéfinition de la "Fondation pour la mémoire de la Guerre dAlgérie ", créée en application de l’article 3 de la loi du 23 février 2005 (dont l’abrogation est demandée sous sa forme actuelle) vantant les "aspects positifs de la colonisation". Cette Fondation est sous la coupe d’associations nostalgiques de l’Algérie Française qui voudraient exiger des historiens qu’ils se plient àla mémoire de "certains" témoins.

 

- Que la création d’un lieu de mémoire voué à cet événement, demandée dans la résolution votée par le Sénat en octobre 2012 qui reconnaissait elle aussi ce massacre, soit rapidement mise en œuvre par les autorités de l’Etat, de la Ville de Paris et la Région Ile-de-France

 

- Pour être fidèles à leur mission scientifique, les historiens ont besoin de pouvoir accéder librement aux archives, échapper aux contrôles des pouvoirs ou des groupes de pression et travailler ensemble, avec leurs homologues de l’autre rive de la Méditerranée.

 

- La vérité doit être dite sur l’organisation criminelle de l’OAS que certains, au sein de l’ancienne majorité présidentielle ont voulu réhabiliter.

 

Ce nest qu’à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la Guerre dAlgérie, à savoir le racisme dont sont victimes aujourdhui nombre de citoyennes et citoyens, ressortissants dorigine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières.


On ne construit pas la démocratie sur des mensonges et des occultations. Après un demi-siècle, il est temps  :

- Que le Président de la République, au nom de la France, confirme, par un geste symbolique, la reconnaissance et la condamnation de ce crime d’état

- que la Fondation pour la Mémoire de la Guerre d’Algérie soit redéfinie sur des bases totalement différentes.

- que l’Etat français reconnaisse sa responsabilité dans l’internement arbitraire, pendant la Guerre d’Algérie, d’Algériens dans des camps.

- que l’Etat français reconnaisse sa responsabilité dans l’abandon des harkis, les massacres et l’enfermement dans les camps en France en 1962.

- que la liberté d’accès aux archives soit effective pour tous, historiens et citoyens.

- que la recherche historique sur ces questions soit encouragée, dans un cadre franco-algérien, international et indépendant.

A l’occasion de ce 53ème anniversaire, nous exigeons Vérité et Justice.

 

Rassemblement le 17 Octobre 2014 à 17h30 au Pont Saint Michel à PARIS

 

Signataires (au 29 septembre 2014) :

Associations :17 octobre contre l’oubli, 4ACG (Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre), 93 Au Cœur de la République, ACCA (Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui), Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Féraoun et de leurs compagnons, ANPROMEVO (Association Nationale pour la Protection de la Mémoire des Victimes de l’OAS), ARAC (Association Républicaine des Anciens Combattants), Au nom de la Mémoire, FNACA de Paris (Fédération Nationale des Anciens Combattants d’Algérie), LDH (Ligue des Droits de l’Homme), MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples), Réseau Féministe "Ruptures", Sortir du Colonialisme, Memorial 98

A 19h, Hommage à Jean-Luc Einaudi avec différents auteurs et témoins, Salle Jean Dame, 2 Rue Léopold Bellan 75002 Paris – s’inscrire : hommage@einaudi2014.fr

 Voir aussi sur ce site:

17 octobre 1961: un massacre colonial.

17 Octobre: la mémoire d'un massacre à Paris

17 Octobre 1961 : 50e anniversaire du massacre des Algériens.

A propos de Papon:

Michel Slitinsky: hommage à un combattant 

 

 

Memorial 98

 

 

 

 

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 00:51

 

 

 

Il ne faut pas s’y tromper : le succès de librairie du énième pamphlet de Zemmour " Le Suicide français" représente  un phénomène notable et inquiétant.

Certes l’omniprésence du polémiste d'extrême-droite dans les médias audiovisuels et le parfum de scandale qui l’entoure viennent au secours de ce succès.

De plus Zemmour manifeste une remarquable capacité de synthèse, d'absorption et d’expression de tout ce qui fait sens à l’extrême-droite. Chaque semaine, son activité consiste à lire l'intégralité des thèmes de propagande développés par les différents médias d'extrême-droite, afin de choisir les deux ou trois angles d'attaque les plus en phase avec l'air du temps et de les exprimer en moins de quinze minutes sur ITélé ou chez Ruquier ou à la radio. Entre-temps il en aura euphémisé la forme, sans l’affadir.

Ce que Soral dit en 20 minutes, il le dit en 2. Le fascisme adapté au format talk-show, édito du matin, ou billet d'humeur du samedi n'est pas si simple à mettre en œuvre. Cela nécessite d’abord d'avoir des médias qui sont en demande de ce genre de compétence, mais il faut aussi pas mal de travail pour la maîtriser.

 

Il faut regarder la réalité en face: Zemmour se nourrit des succès du Front National et en retour alimente ces mêmes succès. C'est le même mécanisme que nous avons décrit, dans un autre registre, concernant Dieudonné : "... Dieudonné surfe sur la radicalisation de la droite réactionnaire qui a manifesté contre le mariage gay. Dieudonné le « libertaire » a ainsi qualifié le mariage gay de « "projet sioniste qui vise à diviser les gens" Il se sent surtout conforté par les sondages favorables au Front National et les perspectives de percée de celui-ci lors des prochains scrutins… » 

 

Les thèses habituelles de Zemmour sont connues : xénophobie, islamophobie, misogynie, haine des valeurs de gauche.

Il réalise cette fois-ci une véritable escalade en entamant une réhabilitation du régime de Vichy et de Pétain. Ce dernier aurait contribué à "sauver" des Juifs français. Il trouve ainsi dans l’attitude de Pétain une justification supplémentaire de la « préférence nationale ».

Pour lui, Pétain a eu raison de livrer aux nazis les Juifs étrangers afin de sauvegarder plus de Juifs de nationalité française. Le propos est d'autant plus choquant que Pétain a personnellement aggravé les mesures du statut des Juifs, comme le montrent les documents annotés de sa main .

 

 

Lorsqu’il est mis en cause, Zemmour utilise sa méthode de défense habituelle: se faire passer comme celui qui combat une prétendue "doxa majoritaire" et faire référence à un livre d'un auteur à priori insoupçonnable.

Le succès des livres de Zemmour est en effet lié à son habileté phénoménale pour repérer le document et l'individu qui lui permettra de développer sa propagande réactionnaire.

Dans ce cas, il s'agit d'un certain Alain Michel, qui se présente comme historien et rabbin israélien d'origine française. Zemmour s'appuie sur son livre " Vichy et la Shoah – Enquête sur le paradoxe français" .

 

Or cet Alain Michel développe depuis des années une unique obsession: attaquer les travaux de Robert Paxton et Serge Klarsfeld sur la responsabilité de Vichy dans la déportation des Juifs de France.

Il désire à tout prix obtenir une « confrontation »  avec eux.  Sur son blog du Monde intitulé " Vichy et la Shoah" il écrit ainsi, le 23 octobre 2012: "Quand la mémoire klarsfeldienne (sic!) piétine l’histoire. La France, depuis 40 ans vit non seulement au rythme du « politiquement correct », mais surtout, en ce qui concerne l’application de la Solution Finale en France, à l’heure du mémoriellement correct... La consécration de cette lecture, sa « panthéonisation », a été réalisée par le discours de Jacques Chirac en été 1995, qui citait presque intégralement les mots que les gardiens du Temple (resic !) lui avaient soufflés, au premier rang d’entre eux Serge Klarsfeld… Mais Serge Klarsfeld a un compte personnel à régler avec le régime de Vichy (resic!) ".

Ce texte dont le contenu est omniprésent chez Alain Michel indique que celui-ci se place dans la lignée de la droite radicale, qu’elle soit carrément pétainiste ou liée à ceux qui comme Sarkozy rejettent la "repentance française" et le discours de Chirac de 1995.

La droite pétainiste apprécie d’ailleurs le travail d’A. Michel et lui rend hommage.

Il a été ainsi invité à présenter son livre sur Radio Courtoisie, média d'extrême-droite très marqué par l'antisémitisme, le 7 juin 2012 : “Jacques Trémolet de Villers recevait Alain Michel, rabbin, historien de Vichy et la Shoah". Ce Trémolet de Villers est aussi connu comme l’avocat et ami du milicien de Vichy Paul Touvier, condamné pour crime contre l'humanité, dont il prononça l'oraison funèbre en juillet 1996.

D'une certaine manière, et bien qu’issu d’un courant dit « massorati »  en principe plus moderne, Alain Michel fait écho aux prétendus rabbins ou membres de la secte ultra-orthodoxe et antisioniste Neturei Karta qui collaborent avec Dieudonné et Ahmadjinedjad.

 

 

Zemmour quant à lui, attaque violemment les travaux de l’historien « américain » Paxton. Il l’accuse d’avoir voulu porter atteinte à l’ « identité française » et d’avoir ainsi contribué à empêcher qu’on applique aux immigrés les lois que Zemmour et ses amis rêvent de mettre en œuvre. Car le polémiste, qui se présente comme indépendant de tous les partis, a derrière lui une longue carrière à la droite de la droite.

Il a  beaucoup fréquenté Charles Pasqua et ses acolytes. Il fut particulièrement proche de William Abitbol, conseiller politique de Pasqua et rédacteur de ses discours et aussi ancien militant du groupe fasciste Occident

 

 

Zemmour s’inspire aujourd’hui encore de la doctrine exprimée par Pasqua dans le magazine Valeurs actuelles du 2 mai 1988 à la veille de  présidentielle de 1988  : « Sur l'essentiel, le Front national se réclame des mêmes préoccupations, des mêmes valeurs que la majorité ».

Dans cet esprit, la  réhabilitation de Pétain est nécessaire afin d’assurer la victoire de la droite dure. Car comme l’écrivait  Patrick Devedjian dans le Monde du 10 avril 2007 en définissant les enjeux de la candidature Sarkozy : "La droite est sortie honteuse de la guerre. Depuis la Libération, la gauche exerce un magistère moral sur l'histoire, distribuant les bons et les mauvais points : à gauche le parti des fusillés, à droite les collaborateurs. » 

 

 

On comprend donc qu’il est crucial de déconstruire et d’exposer les racines et les intentions de la propagande de Zemmour.

 

Voir aussi:

La réponse de l'historien Robert Paxton à Zemmour et Alain Michel: link

 

Vel d'Hiv: le document

Allez voir la Rafle!

Antisémitisme: le double anniversaire du 3 Octobre

Déchéance de la nationalité : quand Pétain sévissait

Le Pen s'en prend aux enfants, dans la lignée de Laval

 

 

Actualisation du 21 juin 2016 :

 

Zemmour a été invité à débattre le 1er juin dernier à la grande synagogue de la rue de la Victoire, à Paris lors d'une conférence-débat intitulée « Qu'est-ce qu’être Français et Juif aujourd'hui ? », animée par Yves Thréard du Figaro et avec pour autre participant le Grand Rabbin Gilles Bernheim.

« Une belle affiche » selon l’hebdomadaire Actualité Juive, qui co-organisait l’évènement avec le Consistoire. 

Comme on pouvait s'y attendre, Zemmour a de nouveau développé ses thèses révisionnistes concernant le rôle de Pétain, connues depuis 2014 (voir ci-dessous).

Il en a même rajouté en déclarant: " « À l’époque, on estime que les Juifs ont pris trop de pouvoir, qu’ils ont trop trop de puissance, qu’ils dominent excessivement l’économie, les medias, la culture françaie comme d’ailleurs en Allemagne et en Europe. Et d’ailleurs c’est en partie vrai."

Honte aux responsables de l'institution qui ont estimé légitime d'inviter ce raciste et pétainiste à se produire au sein même du plus prestigieux lieu de culte du judaïsme de France.

La tribune qui lui a été ainsi offerte constitue une abjection.

Tous les antisémites du pays s'en réjouissent d'ailleurs et reproduisent ses propos, comme sur le site du néo-nazi Soral.

 

 

Memorial 98

 

 

 

 

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 23:55

Au moment où se multiplient les récits de jeunes hommes et femmes se radicalisant de manière très rapide et extrême, nous  publions un réflexion sur ce phénomène, à partir des témoignages issus du livre « Les Français djihadistes» (éditions Les Arènes) par David Thomson.Thomson est un ancien correspondant de France 24 et RFI en Tunisie.

 

 

Un monde de silhouettes de papier auquel rien ne les a jamais rattachés, et la mort, la leur et celle du monde comme seule manière de donner un sens à l'existence.

 

C'est le message que délivrent Clémence, Yassine, Alexandre, Sirine, jeunes français, djihadistes en partance ou partis vers la Syrie, lorsqu'ils choisissent de parler à ce journaliste.

 

Ils ont des vies et des itinéraires différents. Néanmoins, qu'ils soient chômeurs ou salariés confortablement rémunérés, qu'ils aient ou non des enfants, des parents, unE conjointE, des ami(e)s, tout ceci ne semble revêtir à leurs propres yeux  aucune espèce de réalité, d'échanges, de rapports sociaux porteurs de sens.

 

Étrangers absolus à la société qui les entoure, ils le sont d'abord et aussi à ce qu'est l'islam en tant que réalité concrète. Qu'ils soient ou non issus de l'immigration, tous ou presque se sont convertis seuls face à un écran d'ordinateur. Tous ou presque justifient leur choix par une possibilité qu'ils n'ont pas trouvée dans les autres religions : pouvoir entrer dans un autre monde par la magie d'une phrase prononcée en tête à tête avec soi-même.

 

L'irruption d'êtres humains de chair et de sang dans ce processus magique et solitaire les dérange et les déçoit. Ainsi ils n'aiment pas les mosquées où ils ne se sentent pas mieux qu'ailleurs dans la société.  Ils ont  aussi été déçus par le "salafisme quiétiste" , qui ne leur proposait encore une fois que de vivre, d'une autre manière, mais de vivre quand même. Ils voulaient « partir », mais la « hijra » l'émigration vers un pays musulman ne les a finalement pas attirés non plus, dès lors qu'il s'agissait d'aller construire une autre vie.

 

 En revanche, partir en Syrie, c'est partir pour la mort. D'ailleurs dans leur esprit , la Syrie réelle n'existe pas. Elle est remplacée par " Al Shâm", cet endroit mythique où débutera la fin du monde, où un Califat sera instauré puis défait par les forces du Mal, ce qui annoncera le début du Jugement dernier. Partir pour le djihad, c'est donc partir vers la Fin. En effet, là-bas, les combattantEs partis instaurer le Califat ne triompheront pas, ils seront vaincus ici-bas, mais leur perte ne sera que temporaire, parce que leur mort ouvre les portes de l'Autre Monde.

 

Discours de propagande délivré à un journaliste en toute connaissance de cause ? Sans doute, mais il paraît aussi profondément intériorisé, correspondant à une expérience intime du réel et de ce qui ne l'est pas.

 

Car, pour ces jeunes gens, bien avant le Paradis, un autre monde est bien plus réel que celui dans lequel ils vivent. Les réseaux sociaux ont été pour eux la seule source de rapports perçus comme « vrais », parce que créant de l'émotion. Lorsqu'ils parlent de leurs liens avec leur femme, avec leurs parents, avec leurs amis, avec les collègues, tous évoquent en clair ou en creux un mur immense, infranchissable entre leur moi profond et leur moi social. Le « moi social » blague au travail, téléphone aux parents, fait des enfants, des fêtes, vend de la drogue ou écoute du rap, mais le moi profond, le « vrai », est seul, isolé, totalement absent et muet au monde.

 

Il ne se connecte que par le biais de la médiation virtuelle. On pleure devant la vidéo d'un imam; en lisant un hadith sur l'écran, on éprouve le sentiment d'une révélation qui n'est jamais venue dans le réel, même à la mosquée. Les rapports avec les autres êtres humains constituent toujours un poids et une souffrance, le virtuel est le seul moyen de les dépasser. Ce qui frappe est que cette attitude ne disparaît pas lorsqu'ils partent, lorsqu'ils sont enfin sur la terre du djihad. Leur premier geste est de poster une photo sur Facebook et de se géolocaliser. Tous passeront le temps (hors des combats) branchés sur You Tube, seuls devant leur caméra, tous montrent avec fierté au journaliste le nombre de like sur leurs vidéos, beaucoup ont une fois là-bas ouvert des blogs. Mais presque aucun ne parle de la Syrie réelle, si ce n'est pour expliquer que les Syriens ont pour la plupart des habitudes de mécréants, ne sont pas du tout conscients d'être sur la terre du Shâm et de la proximité du Jugement dernier.

 

Les seuls instants décrits comme un moment de communion collective, sont ceux où la mort est présente. Un jeune homme se remémore sa joie, lorsqu'il a appris la mort de deux de ses amis en Afghanistan. Il décrit l'annonce de cette mort comme le moment où il a compris que son rêve pouvait devenir réalité. Des jeunes femmes imaginent entre elles, sur un mur Facebook, le moment merveilleux que sera la mort de leur compagnon, si et seulement si elles ont la chance d'être là lors de ses derniers instants. Un jeune homme souhaite que ce soit son frère, un « incroyant », qui lise sa lettre d'adieux lors de la cérémonie qui suivra l'annonce de sa mort en France. Dans cette lettre,  il parle avec moult détails de la réunion de famille heureuse et apaisée qui aura lieu au paradis, grâce à lui qui sera mort en martyr.

 

Alors qui sont ces jeunes, à quoi les rattacher ?

 

C'est toute la difficulté ouverte par leur témoignage car leur rejet de la société environnante est intégral. Tous tiennent à expliquer longuement qu'ils n'ont rien à voir avec la quasi-totalité des musulmans réels, leurs parents, leurs familles, les « traîtres » dont la liste est détaillée et jamais finie. Cette liste va des chiites aux Frères Musulmans en passant même par les salafistes proches de l'Arabie Saoudite, ou ceux qui en Tunisie, ne « vont pas assez loin » dans le djihad, ou ceux qui en Syrie n'appartiennent pas à la même brigade qu'eux. La formalisation de ce point de vue est nommée par leurs prédicateurs «  l'Alliance et le Désaveu ». Selon ce principe,  un vrai musulman est celui qui manifeste son inimitié totale avec le monde des mécréants. La haine passive du monde tel qu'il est ne suffit pas, et le djihad, dans ce contexte est la mort de tous et la sienne propre. Il constitue le seul comportement qui vaille pour être membre de la communauté des « vrais » croyants... qui ne sont plus que des croyants en la Mort.

 

Bien évidemment, les prédicateurs, les chefs des organisations combattantes comme ISIS en Syrie ont eux bien d'autres préoccupations que ces jeunes gens qui les rejoignent. Politiciens ou généraux, ils portent des stratégies de pouvoir, des objectifs militaires et économiques, des projets bien ancrés dans le réel de leurs pays d'origine.

 

Mais si leur propagande a touché ces jeunes, elle ne les a pas créés. Dans  leur propre témoignage, la découverte de la possibilité concrète du djihad est toujours l'aboutissement d'un parcours en solitaire dans la société française et nulle part ailleurs. Personne n'est venu les chercher, ni dans leur entourage familial, ni à l'école, ni à la mosquée. Ils sont en cela très différents des générations précédentes. Les djihadistes français plus âgés en parlent d'ailleurs abondamment dans l'ouvrage; eux ont tous suivi un long parcours au sein de l'islam avant de rencontrer physiquement une branche dissidente. Ils perçoivent bien la différence fondamentale avec ces jeunes gens dont certains se sont convertis en trois mois et n'ont qu'une impatience : tuer et surtout mourir en martyrs.

 

Étrangement ou pas, le vécu raconté par ces « dhijadistes » en rappelle un autre, celui de ces autres jeunes gens, qui dans les années 1980, dans toute l'Europe, ont basculé dans la consommation d'héroïne. Presque tout y est : d'abord le détachement vis-à-vis de la société, un détachement qui n'est pas du tout une révolte. Pour se révolter, encore faut-il percevoir l'utilité de la révolte, une faille possible dans le monde tel qu'il est, qui pourrait survenir grâce à une action de l'intéressé. Or la France telle que la décrivent ces jeunes gens est un tout compact et totalement étranger, où rien, pas même les rapports sociaux immédiats avec la famille ou les proches, ne peut être changé.

 

Ainsi Yacine interprète-t-il le racisme et l'impossibilité de l'intégration comme la volonté d'Allah , qui a ainsi empêché une perversion des jeunes par la société française, et a permis que d'aucuns , comme lui s'en séparent totalement. Ainsi Souleymane et Clémence, jeune couple ouvrier précisent-t-ils qu'il ont attendu longtemps avant de partir, car ils auraient souhaité auparavant profiter d'un certain nombre de biens de consommation, comme une « très grande télé ». Mais ils se sont aperçus qu'ils n'arriveraient jamais à se la payer, ils ont alors décidé de ne plus attendre.

 

Dans les deux cas (héroïne et djihad), on ne retrouve aucune trace, même partielle d'une tentative de révolte inaboutie ou ratée contre le racisme structurel ou l'exploitation économique capitaliste. On se heurte à la perception de la société comme une donnée tellement intangible que rien ne peut réellement troubler de l’intérieur son fonctionnement.

 

Ainsi, avant d'être destruction de cette société de l'extérieur, la perspective du djihad est d'abord destruction du soi, volonté d'effacement par le vide de tout ce qu'on a pu être auparavant. La plupart de ces jeunes décrivent avec minutie la vente de leurs maigres bien matériels, l'abandon de leur emploi, du domicile familial, la rupture du lien avec l'épouse, avec la fratrie, le vidage du compte en banque. Cette description est accompagnée d'une insistance marquée sur la réaction d'incompréhension et de refus de l'entourage, réaction interprétée comme un élément de plus validant la justesse du choix effectué. Or ce processus de désaffiliation volontaire ressemble trait pour trait à celui des jeunes usagers d'héroïne. Dans ce dernier cas  les parents et les proches perçoivent  un comportement addictif absolument négatif et destructeur, alors que l'auto-destruction est revendiquée par celui qui la vit comme un choix volontaire et porteur de sens.

 

« Choisir son futur . Choisir la vie ? Mais pourquoi ferais-je quelque chose comme ça ? Je choisis de ne pas choisir la vie. Je choisis quelque chose d'autre. Les raisons ? Il n'y a pas de raison. Qui a besoin de raisons quand on peut avoir l'héroïne?  » lance le héros du film  Trainspotting (qui décrit d'un groupe de jeunes heoïnomane écossais- 1996)  en guise de manifeste.

 

Quelques dizaines d'années plus tard, remplacer « héroïne » par « djihad » n’a rien d'incongru, même au regard de la réaction sociale suscitée par les deux phénomènes.

 

Dans les deux cas, Etat et commentateurs officiels répètent les mêmes condamnations incantatoires, la drogue, c'est mal et dangereux, le djihad aussi. Les drogués tueraient père et mère pour une dose, les djihadistes sont des assassins. C'est la réalité, et malheureusement, le potentiel de dangerosité des jeunes djihadistes est bien plus grand que celui des jeunes usagers de drogue. Et si les premiers n'ont jamais intéressé personne, les seconds sont effectivement une arme redoutable pour certains courants politiques, des machines à tuer peu coûteuses et déterminées, recrutables par le premier chef intégriste ou fasciste venu. Capables de tuer de sang-froid, y compris des enfants.

 

Comme dans les années 80, la répression est le corollaire de la condamnation : en arrêtant des jeunes prêts à partir, ou quelques recruteurs, le pouvoir estime avoir rempli son office, comme il estimait le faire en chassant les usagers et en arrêtant régulièrement quelques dealers de moyenne importance.

 

Cette politique a montré son inefficacité concernant la « fameuse guerre à la drogue ».

Il en va de même pour la guerre aux « djihad » et de manière bien plus grave. En effet la comparaison entre la génération tombée massivement dans l'héroïne et celle qui aujourd'hui est attirée par ce qui est appelé « djihad » rencontre ses limites.

 

Le cheminement vers l'auto-destruction comme réponse individuelle à une société mortifère faisait écho à l'état de la société dans les années 80.  Le mouvement social, ouvrier, révolutionnaire était alors affaibli en Europe, mais son influence culturelle demeurait présente, même sous des formes neutralisées et impuissantes, dans le conscient et l'inconscient collectif de toute une jeune génération. Le pessimisme et l'anomie dominantes s'accompagnaient néanmoins de la persistance d'une conscience progressiste, en rupture humaniste avec le fonctionnement capitaliste, notamment dans les métropoles.

 

Aujourd'hui, ce qui domine objectivement, même de manière temporaire, c'est une autre forme de rejet issu de l’influence de la réaction et du fascisme. Ce qu'une partie de la jeune génération perçoit comme « contre-culture », ce dans quoi elle baigne, même sans s'y reconnaître formellement, est , en tout cas en France, le discours émanant de toutes les extrême-droites, avec une très forte prégnance de l'antisémitisme, du conspirationnisme et de l'irrationnel.

 

Bien sûr, les théories de la domination juive du monde ne sont pas énoncées seulement par les mouvements fascistes occidentaux. Parmi les prédicateurs islamistes intégristes, elles tiennent souvent une place de choix. Mais en pensant que ce sont ces prédicateurs qui les imposent aux jeunes djihadistes, on oublie de se poser la  question suivante : pourquoi des jeunes d’ici , dont la plupart adhèrent très vite aux thèses de ces prédicateurs y sont-ils aussi sensibles, pourquoi surtout en font-ils une dimension essentielle de leurs cibles  lorsqu'ils passent à l'acte en France ? 

 

Sans nul doute, parce que l'antisémitisme est devenu banal, notamment en France : il est commun aux jeunes de toutes origines qui admirent Dieudonné, qu'ils soient issus des quartiers populaires ou membres bourgeois des organisations catholiques du « Printemps Français ». Réalité massive et réalité française, cet antisémitisme revêt désormais tous les attributs d'une culture de masse, se diffusant aussi bien sous la forme du divertissement que dans les prises de position de sportifs célèbres adeptes de la "quenelle".

 

C'est dans ce bouillon de culture-là que grandissent les jeunes tueurs et c'est évidemment une des raisons pour lesquelles leur intégration dans les sectes meurtrières est si facile. C'est aussi la raison pour laquelle, parmi  toutes les cibles possibles, ils choisissent des victimes juives. Ce faisant, ce n'est pas seulement la reconnaissance d'organisations implantées en Syrie ou en Afghanistan qu'ils recherchent, mais bien celle d'une partie de la société française gangrenée par le racisme et l'antisémitisme.

 

Ils représentent de manière troublante une prophétie, qui à force d'être répétée, s'est auto réalisée: désignés depuis le 11 septembre 2001 comme des terroristes en puissance, devenir ce qu'on les a accusés d'être représente finalement la seule forme d'intégration possible dans un modèle social qui leur semble indépassable.

 

Ils sont aussi le produit d'une société qui peut glisser vers le fascisme. À ce titre ils ne sont pas les enfants d'un Orient fantasmé, mais bien ceux de nos pays capitalistes.

Ceux-ci sont ravagés par l'injustice sociale, par l'absence d'avenir érigée comme une normalité absolue pour une partie de la population, par les idéologies de la haine, au rang desquels le vieil antisémitisme tient une place de choix, notamment en tant qu'outil de déshumanisation absolue de l'Autre.

Dans les pays en guerre, il est des djihadistes qui choisissent de se faire sauter dans des bases militaires, d'attaquer des cibles du pouvoir en place, de réaliser des prises d'otages barbares et spectaculaires, comme la prise d'un centre commercial ou celle d'une université entière. Les nôtres pensent que tuer quelques civils Juifs et même des enfants, au hasard, à bout portant est un acte héroïque, qui leur apportera la reconnaissance sociale.

 

A ce titre ce que disent les otages qui ont croisé, pendant leur capivité en Syrie, Mehdi Nemmouche, l'assassin présumé des victimes de la tuerie au Musée Juif de Bruxelles, est significatif : le jeune homme comptait bien s'adonner à la tuerie antisémite, mais la rétribution symbolique qui l'obsédait était d’obtenir que lui soit consacrée une séance de l'émission « Faites entrer l'accusé » .

 

Les jeunes djihadistes sont les monstres idéaux pour faire oublier ce qui les produit. L'horreur de leurs actes ne peut qu'évidemment déclencher la stupéfaction, la colère et la peur. Et favoriser  une réaction de déni protectrice: il est plus simple pour chacun d'entre nous de se dire qu'ils sont d' « ailleurs », et que ce sont de lointains pays, où se tiennent de très lointaines barbaries, qui les engendrent.

 

En réalité, les organisations intégristes qui sévissent en Irak ou en Syrie se contentent de venir récolter que ce nos sociétés ont semé. Il faudra bien s'attaquer à la racine du mal pour qu'il n'y ait plus de fruits pourris à récupérer.

 

Sur Facebook suivez l'actualité quotidienne de la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme de Memorial 98.

Le groupe Facebook est le prolongement de ce site et rend compte de l'activité antiraciste et antifasciste.

 

 

MEMORIAL 98

 

 

 

 

 

 

 

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 00:50

 

On peut lire dans l’Humanité du  26 septembre 2014, sous la plume de Pierre Barbancey, un article intitulé : « Obama : du Nobel de la paix au chef de guerre ».

La Syrie y est citée pas moins de 8 fois. Non pas pour informer sur le regain d’exactions du régime syrien contre sa population, ni pour déplorer l’aide apportée de longue date par la dictature aux terroristes de Daech-Etat islamique (EILL) .

Il convient de rappeler les termes de cette aide : sorties massives des djihadistes des  prisons du régime dès le début de la révolte populaire en  2011 afin de les positionner sur le terrain, filières de libre entrée en Syrie de terroristes étrangers, voie libre à l’ÉILL dès lors que la secte s’engageait à traquer les opposants au régime et à les livrer à Damas, consignes à l’armée de l’air de ne pas bombarder les positions de l’ÉILL, et même facilités pour installer des camps d’entraînement .

Pas un mot sur tout cela dans cet article. Concernant l'aide de Assad à Daech, nos amis syriens détiennent de multiples témoignages que l'on peut trouver sur le site http://souriahouria.com.

Pierre Barbancey craint surtout que « l’un des buts non avoués de la Coalition contre  Daech soit de faire tomber Bachar Al-Assad en Syrie »,  et qu’elle en profite « pour " régler " la question syrienne ». Heureusement pour faire bon poids, Barbancey appelle à l’aide  « Vladimir Poutine, dont les liens avec Damas ne se sont pas démentis, (qui) entend bien jouer lui aussi sa carte dans ce réaménagement, et en tout cas ne pas se trouver marginalisé. Il va renforcer sa flotte en Mer Noire, continue à livrer des armes au gouvernement syrien ». Peu importe que Poutine ait le soutien de milieux de la droite radicale et de toute l’extrême-droite en France comme en Europe.

Pour Pierre Barbancey, l’explication est simple :« Derrière les raisons officielles de cette nouvelle guerre au Moyen-Orient – détruire " l’État islamique " – les pays occidentaux, États-Unis et France en tête, poursuivent en réalité un objectif majeur : en finir avec Bachar Al Assad et installer, comme partout dans la région, un régime plus favorable à leurs intérêts. Un régime qui ne saurait rien leur refuser ».

Merci pour les populations syriennes fracassées par les bombardements, lorsque les missiles Katiouchas largués depuis les avions russes Soukhoï (dont l’Humanité ne dit mot) éventrent les immeubles. Merci pour les 200000 morts, souvent sous la torture (motus !). Merci pour la dévastation du pays et les sites archéologiques détruits.

Cet article s’inscrit dans une longue cohorte d’écrits de l’Humanité complaisants envers le régime syrien. Mais aussi dans la scandaleuse invitation d’orateurs pro-Assad à la place des opposants démocrates lors de débats officiels sur la Syrie à la récente  Fête de l’Humanité. Une affligeante complicité qui doit être dénoncée pour ce qu’elle est.

 

Gérard Lauton pour Memorial 98

 

Voir aussi Syrie: un an de combat et de débat. avec dès 2012 une lettre ouverte à l’Humanité co-signée par Gérard Lauton et d’autres militants de la solidarité avec le peuple syrien.

Syrie: soutenons le peuple martyrisé!

Syrie : le sens de notre soutien.

Syrie : aux côtés du peuple martyrisé.

Quand une association France-Israël soutient le régime syrien.

 

MEMORIAL 98

 

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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 22:22

Nous poursuivons nôtre série d'articles analysant la gestion du FN dans les mairies, débutée ici  Béziers : radiographie d’une ville sous influence.

Un article du journaliste de droite Pierre-Antoine Delhommais dans le magazine Le Point du 19 juin dernier comporte porte le titre provocateur suivant: «L’idéologie lepéno-cégétiste ». Il fait suite aux propos de Marine Le Pen concernant le service public ferroviaire, dans lesquels la dirigeante frontiste prétend défendre un service public en danger.

Si le syndicalisme, au travers de ses militants et syndiqués, n’est pas plus que d’autres organisations épargné par le racisme, l’antisémitisme et des positions nationalistes, il est évidemment outrancier et mensonger d’assimiler CGT et Front National.

Néanmoins, l’article du Point en question met le doigt sur une réelle évolution du discours du FN sur les questions sociales. Le FN  mettait en avant une ligne lde droite conservatrice au niveau social et économique du temps de Jean-Marie Le Pen ; depuis il a évolué, dans le discours.

Cela témoigne d’une volonté d’attirer plus de sympathisants et d’électeurs (après tout, il y a plus de salariés et de chômeurs que de chefs d’entreprise), cela montre aussi que le Front National prend en compte la revendication de politiques plus « sociales ».

C’est un signe de l’évolution du Front National, de parti d’extrême-droite en un parti fasciste. Quelle différence ?

Le fascisme n’hésite pas à puiser des thèmes au départ classés à gauche, en les pervertissant : défense des travailleurs pauvres, défense du service public....

Mais les différences sont de taille: là où les revendications progressistes concernant les libertés individuelles et les droits sociaux exigent l’égalité sans nier les différences, le fascisme se place quant à lui dans le cadre d’une « communauté nationale » à laquelle chaque individu doit s’intégrer et s’identifier. Les éléments jugés extérieurs à la communauté nationale (étrangers ou minorités issues de l’immigration, bien sûr, mais aussi nationaux jugés non-conformes, comme les chômeurs et précaires, les défenseurs des sans-papiers…) sont stigmatisés, pointés comme responsables des problèmes et exclus, si le niveau de pouvoir atteint par l’extrême-droite le permet.

Ceux qui adhèrent à ce type de vision soutiennent des mesures dont ils estiment qu’elles ne les concerneront jamais et leur apporteront une « plus grosse part du gâteau » des aides sociales, moins d’impôts… Alors que le gâteau est en fait en train de tomber en miettes et qu’il  ne restera bientôt plus rien pour personne. 

 La politique sociale menée dans les mairies tenues par le FN ou assimilés montre bien ce phénomène.

À Béziers (voir) , le budget de l’action sociale a été diminué de 365 000 euros, et le maire réserve l'accueil périscolaire, le matin entre 7h35 et 8h30, mais aussi le midi et le soir après la classe, aux élèves de primaire dont les parents travaillent. Haro sur les chômeurs.

L’épicerie sociale qui dépend du Centre d’action sociale (CCAS) utilise  désormais un nouveau critère discriminatoire pour ses bénéficiaires de l’aide alimentaire : prouver «un an de séjour minimum à Béziers.»

Au Pontet, il n’y aura plus de gratuité des cantines, ce qui représentait 25 à 30 000 euros par an (0,05 % du budget municipal).

De même à Villers-Cotterêts (Aisne), le maire prétexte qu’"il faut différencier solidarité et assistanat", et augmente pour les plus précaires le prix du repas à la cantine de près de 1 euro. Tout en admettant que cette mesure ne permettra de faire que "très peu d’économies"…

À Mantes la Ville (78), une baisse des subventions aux associations a été décidée, pour une durée d’un an.

À Marseille, le maire d’arrondissement Stéphane Ravier vote contre les aides de la communauté d’agglomération à la construction : "Les logements sociaux, je ne suis pas contre, mais je souhaite qu'ils bénéficient à nos compatriotes d'abord." Déclare-t-il. Tandis qu’une autre élue, Élisabeth Philippe estime cette position justifiée en raison des flux de "populations migrantes africaines et subsahariennes mais aussi des Roms"...

 

À Fréjus (Var) , le budget alloué aux écoles pour l’achat de manuels et de fournitures a diminué de 7 euros, soit 16%, passant de 43 à 36 euros par enfant. Pour le financement des sorties scolaires en bus, la baisse est de 20%, et le budget pour les » classes découverte » passe purement et simplement à la trappe. Trois centres sociaux ont vu leurs subventions diminuer, parfois de deux tiers.

Que nous apprennent ces décisions ? D’abord, qu’elles ne sont pas dictées par la volonté de faire des économies comme le prétendent souvent les élus FN, mais bien par les positions politiques du FN.

Certaines mettent en oeuvre la version locale de la « préférence nationale », comme le critère d’un an de résidence dans la commune pour bénéficier de l’aide alimentaire à Béziers ou la position des élus FN à Marseille sur le logement.

Les critères restreignant l’accès à l’épicerie sociale de Béziers ne toucheront peut-être pas un très grand nombre de personnes, même si des sans domicile fixe, les étrangers sans papiers ou des personnes en situation de précarité s’installant sur Béziers se retrouveront exclus faute d’avoir la durée de présence requise ou les justificatifs correspondant,. Le but de ces restrictions est d’ancrer une logique qui n’a plus rien avoir avec celle des droits sociaux et du service public. Ce n’est plus une situation matérielle objective (le niveau des ressources et des charges, la précarité de l’emploi, du logement…) qui ouvre des droits, mais cette appartenance à la « communauté » évoquée au début de l’article.

D’autres décisions pénalisent concrètement les ménages ayant des faibles revenus (c’est le cas à Fréjus) ou les chômeurs (à Béziers).

En effet, il n’est pas uniquement question de favoriser les ressortissants nationaux. C’est la mise en œuvre d’un renversement complet de ce qui fonde une politique sociale collective. Dans celle-ci, la communauté a des devoirs envers les plus fragiles de ses membres (malades, personnes âgées, précaires, migrants), parce que cela concourt au bien-être de tous. Il est en effet rassurant de savoir qu’il existe des filets de sécurité en cas de situation difficile, même si on n’y fera peut-être jamais appel. Dans l’univers FN comme dans les autres courants de la droite radicale qui s'inspirent des mêmes raisonnements, l’individu est au service de sa communauté, et ne reçoit d’aide qu’à condition d’être « productif ». Un chômeur ou une personne âgée ne peuvent pas être productifs. Or ce sont avant tout les précaires (avec ou sans emploi) et les personnes âgées qui vont être affectées par les baisses de subvention des CCAS, puisque ce sont les publics de ces structures.

 

On dispose,  à partir de cette analyse, de pistes pour combattre ce type de politique, et se prémunir de la récupération de revendications sociales par le FN ou d’autres organisations fascistes. Il s’agit de porter en permanence une exigence d’égalité dans l’accès aux droits, quelle que soit la situation de la personne, vis-à-vis de la nationalité notamment, mais aussi de l’orientation sexuelle, de l’emploi, du lieu et du type d’habitation, de la parentalité.

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Memorial 98

NB: nous sommes interrogés par des lecteurs et sympathisants à propos de nos analyses sur la situation au Moyen-Orient; celles-ci sont présentées quasi-quotidiennement sur le groupe Facebook de Memorial 98, complément indispensable de ce site.

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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 23:33

Jean Jaurès prend la parole le 25 mai 2013 au Pré Saint-Gervais, contre l'allongement du service militaire

 

Mise à jour du 28 mai 2016:

 

A l'occasion de la commémoration du centenaire de l'immense boucherie de la bataille de Verdun, nous rendons hommage à Jaurès et à son combat contre cette guerre.

 

Memorial 98

 

 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 31 juillet 1914, Jean Jaurès était assassiné à la veille même du déchaînement de la première guerre mondiale, qui fit entrer le 20e siècle dans l'ère de la barbarie.

 

A cette occasion nous voulons rappeler ici les circonstances historiques de sa mort et son dernier combat afin d'éviter cette guerre.

 

Son engagement pour tenter d'empêcher le déchaînement de la guerre des impérialismes se plaçait dans la continuité des ses différents combats pour la fraternité des peuples et pour le soutien des nationalités et minorités opprimées.

Ce fut le cas pour les Arméniens victimes déjà de l'Empire ottoman, avant même le génocide de 1915, durant la guerre. Ce fut le cas aussi du rôle central que pris Jaurès dans l'affaire Dreyfus.

 

Nous reproduisons aussi un court texte de Jaurès publié en 1912 et dénonçant les campagnes "sécuritaires" de l'époque.

 

La guerre de 14-18 se fit au nom du nationalisme guerrier, du chauvinisme, de la "patrie".

La propagande officielle des différents Etats dépeignait le peuple d'en face comme l'ennemi héréditaire et ses habitants comme  des "sauvages sanguinaires".

C’est au nom de ces « valeurs »  que des dizaines de millions de personnes ont été massacrées dans cette guerre barbare

C’est un militant d’extrême droite qui assassine Jean Jaurès le 31 juillet 1914,  alors que celui-ci tente, à sa manière, de stopper la marche à la guerre qui éclatera le 3 août.

Le 14 juillet, lors du congrès extraordinaire de la SFIO (parti socialiste) il avait soutenu la motion qui préconisait l’appel à la grève en cas de conflit imminent : « plutôt l’insurrection que la guerre », à quoi Jaurès ajoute que cette grève devra être « simultanément et internationalement organisée ».

 

Cette position lui vaut d’être attaqué par le journal des classes possédantes "Le Temps", qui, le 18 juillet, l’accuse de soutenir la " thèse abominable qui conduirait à désarmer la nation, au moment où elle est en péril"

 

Le tueur de Jaurès est Raoul Villain, adhérent de la Ligue des jeunes amis de l’Alsace-Lorraine, groupement d’étudiants nationalistes, partisans de la guerre et proche de l’Action française royaliste.

Il est arrêté et déclare avoir agi en solitaire pour « supprimer un ennemi de son pays ». Sans avoir jamais vu Jaurès, il s’est peu à peu mis en tête de tuer  « le traître, l’Allemand »

 

Cette thèse de l’acte isolé est reprise telle quelle dans l’acte d’accusation dressé le 22 octobre 1915.

 

Pourtant depuis de longs mois, voire des années, la presse nationaliste et les représentants des Ligues « patriotes » (comme Léon Daudet ou Charles Maurras) s’étaient déchaînés contre les déclarations pacifistes de Jaurès et son internationalisme. Ils l’avaient désigné comme l’homme à abattre, en raison de son engagement passé en faveur du capitaine Dreyfus.

Les déclarations assassines abondent dans les semaines précédentes son assassinat. Ainsi dans le quotidien  l’Echo de Paris du 17 juillet :

« Dites-moi, à la veille d’une guerre, le général qui commanderait […] de coller au mur le citoyen Jaurès et de lui mettre à bout portant le plomb qui lui manque dans la cervelle, pensez-vous que ce général n’aurait pas fait son plus élémentaire devoir ? »

 

Raoul Villain est incarcéré en attente de son procès durant toute la Première Guerre mondiale...

Il ne sera jugé qu’en 1919, dans un climat d’ardent nationalisme au lendemain de la guerre.

C'est ainsi qu'il est acquitté le 29 mars 1919 par onze voix sur douze, un juré ayant même estimé qu’il avait rendu service à sa patrie : « Si l’adversaire de la guerre, Jaurès, s’était imposé, la France n’aurait pas pu gagner la guerre. » La veuve de Jaurès est condamnée aux dépens (paiement des frais du procès).

 

En réaction, Anatole France écrit : « Travailleurs, Jaurès a vécu pour vous, il est mort pour vous. Un verdict monstrueux proclame que son assassinat n’est pas un crime. Ce verdict vous met hors la loi, vous et tous ceux qui défendent votre cause. Travailleurs, veillez ! » Une manifestation est organisée le 6 avril suivant par les sections socialistes et syndicales de Paris pour protester contre le verdict et honorer Jaurès le pacifiste.

100 000 personnes défilent et les affrontements avec la police causent deux morts.

 

Après la mort de Jaurès, une grande partie la gauche française se rallia à la guerre, au nom de « l’Union Nationale » et sous le prétexte de lutter contre les régimes impériaux.

Certains des « antimilitaristes » les plus irréductibles basculent. Ainsi, le journal "La Guerre sociale" de Gustave Hervé sort une édition spéciale avec trois titres : " Défense nationale d'abord ! Ils ont assassiné Jaurès, Nous n’assassinerons pas la France." 

À la salle Wagram, le 2 août, à la réunion du Parti socialiste qu’avait convoquée Jaurès avant sa mort, Édouard Vaillant, le vieux révolutionnaire de la Commune de Paris, déclare : « En présence de l’agression, les socialistes rempliront tout leur devoir. Pour la Patrie, pour la République, Pour l’Internationale ».

 

La guerre éclate le 3 août.

 

Le 4 août au matin, les obsèques officielles de Jaurès sont célébrées. C’est la première manifestation officielle de l’Union nationale. Léon Jouhaux, secrétaire général de la CGT, lance un appel aux armes.

Il prononce ces mots funestes et hypocrites :

 

 « Jaurès a été notre réconfort dans notre action passionnée pour la paix; ce n’est pas sa faute si la paix n’a pas triomphé. […C’est celle des empereurs d’Allemagne et d’Autriche-Hongrie…]. Nous prenons l’engagement de sonner le glas de vos règnes. Avant d’aller vers le grand massacre, cet engagement, je le prends au nom des travailleurs qui sont partis, et de ceux qui vont partir. »

 

On connaît la suite, la destruction et le massacre, puis l'apocalypse fasciste et nazie.

 

Cent ans après, le combat contre le nationalisme et le chauvinisme, pour la solidarité internationale, demeurent d'une actualité brûlante.

 

 

Jaurès en 1912 à propos de la justice et des campagnes sécuritaires de l'époque:

"Quelle abjection dans cette propagande de la peur ! On lit sur les murs de Paris d'ignobles affiches qui apprennent au monde que toutes les boutiques sont forcées, que toutes les existences sont menacées, qu'au coin de toutes les rues le passant est guetté par le couteau d'un apache. « Défendons-nous », hallucinons les cerveaux, affolons les coeurs ; demandons à la société française de répudier toutes les lois humaines sur le sursis, sur la libération conditionnelle, que ce fut son honneur de promulguer ; dénonçons comme des lâches, comme des traîtres, les jurés qui ont cru équitable, après examen des circonstances, un verdict de pitié. Faisons que la loi pénale fonctionne toujours automatiquement avec le maximum de rigueur. Appliquons, s'il le faut, la torture aux condamnés ; arrachons les ongles aux transportés par le rétablissement des poucettes ; et frappons, flétrissons comme des complices des assassins, tous les hommes qui demanderont à la nation de ne pas s'affoler, de ne pas se dégrader. « Défendons-nous, défendons-nous. »

« Une Honte », Jean Jaurès, L'Humanité (ISSN 0242-6870), nº 2945, 10 mai 1912, p. 1

 

 MEMORIAL 98

 

 

 

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