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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Retrouvez aussi le quotidien de l'info antiraciste sur notre blog d'actus :

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 00:30

Actualisation du 12 décembre 2016

Le 12 décembre 1941 se déroule la  troisième rafle 3e rafle anti-juive à Paris, après celles du 14 mai (3 747 juifs étrangers internés à Beaune-la-Rolande et Pithiviers) et du 20 au 25 août (4 232 juifs français et étrangers internés à Drancy).

Cette fois il s’agit de la « rafle des notables » car les nazis ont ciblé des responsables de la communauté, des chefs d'entreprise et des membres de professions libérales : 743 Juifs de nationalité française sont arrêtés à leur domicile, tôt le matin.  Ils sont enfermés à l'Ecole militaire de Paris ( une plaque minuscule en rend compte) puis transportés au camp de Royallieu, près de Compiègne. Nombre d'entre eux seront déportés en mars 1942.


 

 

 

 

 

De décembre 1941 à juillet 1942, les rafles sont interrompues par manque de trains.

Mais la première déportation se produit néanmoins le 27 mars 1942, le premier convoi de déportés quitte la gare du Bourget.

Dans les wagons de 3ème classe (à partir du 2ème convoi, il n'y aura que des wagons à bestiaux) sont enfermés 1 112 hommes, en partie des internés de Drancy, pris dans la rafle du 20 août 1941 et  en partie des Juifs français, internés à Royallieu, lors de la rafle du 12 décembre 1941.
Le convoi est escorté jusqu'à la frontière allemande par des gendarmes français et un officier SS.
Théodore Dannecker, chef SS chargé des affaires juives en France et représentant d'Eichmann ( voir ici)
conduit le convoi jusqu'à Auschwitz.

MEMORIAL 98

 

 

Actualisation du 19 aout 2016:

La commémoration du 17 juillet de la rafle du Vel d'Hiv a rencontré cette année peu d'écho, en raison de l'actualité de l'attentat de Nice.

Memorial 98 rend compte des prises de parole qui ont eu lieu à cette occasion ( à lire en fin d'article).

Memorial 98

 

Ce jour-là, en plein Paris, les policiers français soutenus par les militaires allemands, arrêtent 4232 Juifs afin de les envoyer vers le camp de Drancy, qui vient d’ouvrir ses portes.

Le matin du 20 août 1941, des policiers français, accompagnés par des Allemands en uniforme, ont envahi les rues du XIe arrondissement de Paris.

Tous les hommes, français ou étrangers, sont contrôlés et les Juifs envoyés vers la place Voltaire. Toutes les entrées des stations de métro entre République et Nation sont bouclées.

Ceux des Juifs qui étaient allés s’enregistrer dans les  commissariats, conformément à l’ordonnance allemande du 27 septembre 1940 publiée en zone occupée, ont déjà été appréhendés directement chez eux.

L'ordre stipulait que « toute personne juive devra se présenter jusqu’au 20 octobre auprès du sous-préfet de l’arrondissement dans lequel elle a son domicile habituel pour se faire inscrire sur un registre spécial » 

Même sort pour ceux qui étaient « connus » comme faisant partie des familles juives du quartier, même non répertoriées. Les femmes sont épargnées; personne ne sait vers où les Juifs sont emmenés.

Cette rafle « surprise » utilise comme prétexte un simple contrôle d’identité à la préfecture de Police, contrairement à celle qui l’a déjà précédée le 14 mai et qu'on a nommée " rafle du billet vert" (voir ci-dessous) en raison de la couleur de la convocation de ses victimes, .

Les  4232 personnes arrêtées ont toutes été conduites dans des autobus de la régie des transports parisiens à partir de la place Voltaire, en direction du camp de Drancy, « inauguré » à cette occasion.

Aucune différence n'est faite entre citoyens français et étrangers.

Du jour de son ouverture le 20 août 1941 jusqu'à sa libération le 18 août 1944, plus de 70.000 Juifs, dont 11.000 enfants (le plus jeune est un bébé de 15 jours) sont passés par le camp de Drancy, avant d'être déportés à Auschwitz.  En effet à partir de Mars 1942 le camp de Drancy devient un camp de transit dont la population est tout simplement redirigée vers les camps, afin d’y être exterminée.

Seuls 2.500 d'entre eux ont survécu.

 

 

Ces premières rafles avaient sans doute pour but de fournir de la main d’œuvre aux nazis. C’est ce qui explique que beaucoup des Juifs qui en ont fait partie furent libérés. En effet, la rafle ayant été faite de manière systématique, une majorité des personnes raflées était inadaptée aux travaux que les nazis prévoyaient,  en raison de la malnutrition subies et des maladies. Certains furent donc libérés assez rapidement (malades, handicapés, vieillards…),

 

 

Cette rafle d’août 1941 a eu lieu onze mois avant celle du Vel d’Hiv de Juillet 1942 (voir Vel d'Hiv: le document.)

Souvent absente des manuels d’histoire, elle est le résultat du zèle du gouvernement de l’État français, dirigé  par le maréchal Pétain.

En effet, le gouvernement de Pétain est allé au-delà des directives de l’ordonnance allemande du 27 septembre 1940; il a  promulgué le premier "Statut des Juifs" dès le 4 octobre 1940 (voir Antisémitisme: le double anniversaire du 3 Octobre)

 

 

À la même date, la machine d’extermination nazie est déjà intensément à l’œuvre en Europe de l’Est ; ainsi, pour cette seule journée du 20 août 1941, on note les massacres suivants :

  - La Gestapo assassine 350 Juifs de Koretz (Ukraine).

  - Après l'entrée des nazis à Minsk (Biélorussie), où vivent 60000 juifs, un ghetto est créé, comme première étape vers l'extermination.

  - Après la déportation des 3 000 juifs du Banat à Tasmajdan, près de Belgrade, les nazis déclarent le Banat yougoslave, situé entre la rivière Tisa (Theiss), à l'ouest et la frontière roumaine, à l'est, « purifié de ses juifs » (Judenrein).

  - Un convoi quitte Vienne (Autriche) avec 997 juifs à destination du camp de concentration de Theresienstadt (Tchécoslovaquie).

  - La déportation des juifs de Radzin (province de Lublin en Pologne) au camp d'extermination de Treblinka débute.

 - 2000 Juifs de Rembertov (province de Varsovie) sont déportés au camp d'extermination de Treblinka. Tous sont tués par les SS.

 - Durant quatre jours à compter du 21 août, 21 000  Juifs sont déportés du ghetto de Kielce (Pologne) au camp d'extermination de Treblinka. Le ghetto se trouve ainsi pratiquement liquidé. Les 2000 juifs restants sont regroupés dans un camp de travail forcé.

Dans cette même ville de Kielce un pogrom se déroulera après la guerre, le 4 juillet 1946. Quarante juifs rescapés de la Shoah y seront massacrés par la foule, après des rumeurs me,songères selon lesquelles un enfant aurait été tué par des Juifs.

-  Un convoi de 1 000 Juifs, hommes et femmes, quitte le ghetto de Theresienstadt (Tchécoslovaquie)  en direction de "l'Est". Sa destination reste à ce jour encore inconnue, car on ne signale aucun survivant. Il semble que les déportés furent assassinés dans la région de Minsk (Biélorussie) par les SS.

 

La rafle du " billet vert"

Le 14 mai 1941, 3700 hommes juifs sont arrêtés à Paris lors de la rafle dite du "billet vert" et transférés dans les camps de Beaune-la-Rolande et de Pithiviers dans le Loiret.

Des milliers de Juifs étrangers, dont la liste a été établie grâce au fichier du recensement effectué à partir de septembre 1940 par les autorités françaises sur ordre allemand, reçoivent une convocation, le « billet vert » : ils sont « invités à se présenter », le 14 mai, dans divers lieux de rassemblement « pour examen de situation ».

Dès le 8 mai1942, 289 d’entre eux sont transférés au camp de Compiègne-Royallieu, d’où ils sont majoritairement déportés le 5 juin 1942, par le convoi 2.

En juin - juillet 1942, la quasi-totalité des internés est déportée.

Trois convois partent directement vers Auschwitz : le 25 juin et le 17 juillet 1942 de Pithiviers, le 28 juin de Beaune-La-Rolande. Ainsi, avant la rafle du Vel d'Hiv' de juillet 1942, il y en a eu a plusieurs autres, souvent peu connues.

 

 

Souvenons nous !

(voir aussi 

Déchéance de la nationalité : quand Pétain sévissait

Allez voir la Rafle!

Sarkozy boycotte le 8 Mai

Sarkozy jette aux orties la reconnaissance de la participation de la France à la Shoah

 

Dimanche 17 juillet 2016

Commémoration de la rafle du Vel d'Hiv du 17 juillet 1942

 

Ce matin du 17 juillet 1942, à Paris, "les bus de la honte" , ont déversé, à l'intérieur du Vélodrome, leur contingent de Juifs étrangers munis de leurs maigres affaires rassemblées à la hâte. La police française vient d'arrêter, sans état d'âme, 13152 hommes, femmes et enfants de tous âges parqués dans le vélodrome, dans des conditions déplorables.

Ils seront acheminés vers les camps d'internement de Drancy, Beaune la Rolande et Pithiviers puis déportés vers le camp d'extermination d'Auschwitz.

 

 

Cérémonie officielle, devant le monument du Mémorial de la Shoah, sur le lieu de l'ancien Vél d'Hiv.

 

Je viens de prendre place, avec un ami, qui, en attendant, me raconte me raconte "son plus ancien souvenir".

Le 16 juillet 1942, il a exactement 2 ans et trois mois. Lui et sa sœur, plus âgée de 16 mois, sont dans la chambre du petit appartement qu'ils occupent et voient, par l'entrebâillement de la porte, leur mère dans la pièce à côté; elle parlemente en pleurant avec deux policiers français.

Ils lui demandent de se préparer mais, compatissants, repartent sans les emmener.

Avec les deux enfants elle s'empresse de quitter le quartier au plus vite, échappant ainsi à la rafle. C'est ce "miracle" m'explique mon ami, qu'il tient chaque année à venir commémorer, conscient du destin tragique auquel il a échappé.

Obligés de se réfugier dans le minuscule appartement qui leur servait d'atelier, ses parents furent arrêtés en février 1943, déportés à Auschwitz sans retour.

Les deux enfants, qui dormaient chez un voisin de palier d'origine polonaise, purent être remis à un couple ami des parents, qui les cacha en province et devint leur tuteur.

 

 

Témoignage de Monsieur J-M R,  témoin de la rafle.

 

 

A la manière de l’écrivain Georges Perec (dont la mère fut déportée à Auschwitz ou elle fut gazée en 1943), J-M.R. introduit son témoignage par la formule bien connue de ce dernier  : "Je me souviens" répété trois fois. 

 Le ton grave empreint des images de ce souvenir fait écho au grand silence de l'assemblée.

Il est sept heures du matin ce 16 juillet 1942.

C'est depuis la fenêtre de l'appartement où il s'est caché pour la nuit avec sa mère qu'il voit les autres familles juives monter dans les bus stationnés au coin de la rue du Faubourg St Denis et de la rue d'Enghien. Parmi eux, son copain Simon W., qu'il n'a jamais revu.

 Quand il scande d'une manière appuyée : " J'avais huit ans, Oui, je m'en souviens", rien ne bouge dans l'auditoire.

Un des locataires a vu la concierge montrer du doigt aux policiers, l'escalier C où étaient regroupées ces familles.

Ce jour là, il réalise que les jardins et le dernier wagon du métro sont interdits "aux Juifs et aux chiens", le couvre feu est à 20 heures pour eux au lieu de 22 heures pour les autres. ˝L'étoile jaune, que j'arborais presque avec fierté sur ma blouse grise d'écolier est devenue alors l'étoile de la honte. Ce jour là, j'ai perdu ma légèreté d'enfant, J'ai compris ce qu'est la peur de chaque jour".

 

Allocution du président du comité français pour Yad Vashem (Association fondée en 1981 afin de faire reconnaître et honorer ceux et celles qui en France sont venus en aide aux Juifs pendant la guerre).

 

˝Le 16 juillet 1942 la France, patrie des Lumières et des droits de l'homme, manquait à sa devise : Liberté, Egalité, Fraternité˝.

: ˝ Pendant six semaines jusqu'au 30 août 1942 vingt mille Juifs ont été déportés. Six semaines encore et quarante mille Juifs de France ont été arrêtés soit 2/3 de la population française. Les nazis avaient pris soin de donner l'ordre à la police française de ne laisser aucun enfant derrière eux."

 

Le 23 août 1942 l'Archevêque de Toulouse, Monseigneur Saliège, a lu sa fameuse lettre pastorale de protestation, déclarant notamment " ... Dans notre diocèse, des scènes d’épouvante ont eu lieu dans les camps de Noé et de Récébédou. Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain. Ils sont nos Frères comme tant d’autres. Un chrétien ne peut l’oublier..."

Bon nombre de français ont sauvé des familles, parfois au péril de leur vie, Beaucoup de ces bienfaiteurs ont reçu le titre de "Justes parmi les Nations",  décerné par Yad Vashem et par l'État d'Israël. Il a fallu cinquante ans pour que Jacques Chirac reconnaisse la responsabilité du gouvernement de Vichy dans la déportation des Juifs de France (17 juillet 1995).

 

Témoignage d’une arrière petite- fille de "Justes parmi les Nations "

 

Ses arrières grands-parents tenaient la boulangerie d'un petit village en Isère (qui n'était plus en zone libre à ce moment là). Ils ont caché sans hésitation deux enfants de  5 et 7 ans.

Ces enfants possédaient des papiers d'identité avec un nom d'emprunt

Un de  ces  enfants, Jacques D. le petit garçon d'alors, assiste à la cérémonie.

C'est tardivement, qu'elle, leur arrière petite fille, et sa famille ont eu connaissance de cet épisode survenu sous l'occupation. Ses arrière-grands parents ont été reconnus "Justes parmi les Nations".

 

Chaque intervenant appelle de ses vœux à une lutte sans relâche contre les négationnistes pour que perdure la transmission, à l'heure où les témoins directs disparaissent.

 

 

 

Memorial 98

 

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Published by memorial98 - dans memorial98 Shoah
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commentaires

Gebe 14/10/2016 11:48

Merci a ce blog de ranimer la memoire de cette rafle. Mon grand-père, tres malade a été raflé avec son fils ainé, prisonnier évadé de Narwick, revenu chez lui.
Mon grand père a été relâché mais mon oncle est parti avec le convoi n°4 en mai 42 et décédé en aout 42

memorial98 29/12/2016 01:00

Merci à vous pour ce témoignage personnel. Nous ne sommes pas seulement un blog mais surtout une association de lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Memorial 98

tipanda 24/08/2011 00:48



Merci de cette piqure de rappel. Cette rafle-là est effectivement moins connue que les autres.