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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Retrouvez aussi le quotidien de l'info antiraciste sur notre blog d'actus :

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 14:15

 Affiche UKIP, avec son dirigeant Nigel Farage

 

Mise à jour du 1er juin 2017

 

 

A quelques jours des élections législatives en Grande-Bretagne, Farage rattrapé par le scandale des élections présidentielles US.

 

Nigel Farage est désormais considéré comme « person of interest » (personne d’intérêt dans le cadre d’une enquête) par le FBI américain dans son enquête sur d’éventuels liens entre la campagne de Donald Trump et la Russie, révèle le  journal britannique de gauche Guardian. A ce stade, M. Farage n’est pas considéré comme suspect, mais ce statut signifie que les enquêteurs américains considèrent qu’il détient, au minimum, des informations pouvant les intéresser.

 

Les enquêteurs étudient notamment les relations entre  Farage, plusieurs membres de l’entourage de Donald Trump, et Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, qui avait publié les documents piratés au comité national démocrate pendant la campagne. « Si vous triangulez la Russie, WikiLeaks, Assange et les proches de Trump, la personne qui est au centre du schéma est Nigel Farage », a révélé une source anonyme proche de l’enquête au Guardian.

 

Nigel Farage avait rendu visite le 9 mars à Julian Assange de Wikileaks, qui vit toujours dans l’ambassade d’Equateur à Londres . La visite devait être secrète, mais le fondateur du UKIP avait été reconnu par un passant qui avait diffusé sa photographie à l’entrée de l’ambassade. 

Des liens avec tous les proches conseillers de Trump

Farage avait aussi été l’un des tout premiers élus étrangers à rendre visite à Donald Trump après son élection (voir ci-dessous). Il est également proche de Roger Stone, l’un des conseillers de Donald Trump qui a reconnu avoir été en contact avec "Guccifer 2.0," le hackeur qui a revendiqué le piratage des documents du Parti démocrate, et que les services américains considèrent comme un faux nez des services de renseignement russes. M. Stone avait annoncé, avant qu’elle ait lieu, la publication par WikiLeaks des courriels volés à l’équipe démocrate durant la campagne. Enfin, Farage connaît bien Steve Bannon, l’ancien directeur de la campagne de Donald Trump: il écrit régulièrement pour son site Breitbart, spécialisé dans les "fake news" et les campagnes racistes.

L'internationale facho se dévoile.

 

MEMORIAL 98

 

Actualisation du 27 décembre 2016: Les fascistes aiment le Brexit

 

L e maire Front National de Beaucaire, Julien Sanchez, veut faire baptiser "rue du Brexit" une des voies de sa commune.

Au delà de la recherche du "buzz" de publicité, le fasciste municipal revendique la campagne raciste britannique du Brexit. Il y trouve une inspiration pour ses actions discriminatoires, notamment à l'encontre des commerçants maghrébins de sa ville (voir ici )

Notons que Sanchez, vieil apparatchik FN, a embauché Damien Rieu, dirigeant du groupe violent d'extrême droite Génération identitaire, qu'il a nommé directeur adjoint de la communication de la ville.

MEMORIAL 98

 

Actualisation du 2 décembre

 

Nigel Farage chef britannique du parti Ukip et très proche de Trump prévoit un soutien à Marine Le Pen, dans le cas où celle-ci figurerait au second tour de la présidentielle en France.

Il n'est donc plus gêné comme auparavant par le passé antisémite du FN, qui constituait pour lui un motif de non-collaboration avec le parti frontiste. L'Ukip pourrait même adhérer au groupe parlementaire européen du FN.

C'est une nouvelle manifestation de l'Internationale "noire" qui se construit autour de Trump et Farage avec Poutine en toile de fond.

MEMORIAL 98

 

Actualisation du 14 novembre

 

 

 

 

 

 

Trump et Farage le 12 novembre devant la Trump Tower

 

Brexit puissance 3 (dixit Trump tout au long de sa campagne)

 

Nigel Farage, dirigeant ultra-raciste du parti Ukip et vainqueur du Brexit, est le premier responsable politique étranger reçu par Trump le 12 novembre dans sa tour.

 

Cette rencontre a eu lieu quatre jours avant le début du procès du meurtrier de la députée britannique Jo Cox.
Thomas Mair, en lien de longue date avec l’extrême droite violente de par le monde et  notamment les néo-nazis américains, a assassiné la députée travailliste le 16 juin, alors que la rhétorique anti-immigrés de la campagne du Brexit était à son paroxysme. Nigel Farage l'acolyte de Trump et Boris Johnson, actuel ministre des Affaires étrangères, sont responsables du climat à l'origine de ce meurtre.

 

Au lendemain de la victoire de Donald Trump, Farage s'était dit «absolument heureux» à la radio britannique. Il avait invité Trump  à défaire les mesures «répugnantes» de Barack Obama.

Il a aussi tourné en dérision les accusations d'agression sexuelle qui visent Donald Trump, lui recommandant d'«amadouer» tant qu'il voudrait Theresa May, mais de ne pas la toucher. Farage a confié à la BBC qu'il était désireux d'aider le gouvernement de Theresa May à créer des liens avec le nouveau président des Etats-Unis.

Donald Trump comme Nigel Farage ont souligné les similitudes entre l'électoral américain et britannique, marqués selon eux par un fort mécontentement à l'égard de la classe politique et demandeurs de changement. En termes clairs cela signifie qu'ils ont tout deux mené une campagne dominée par le racisme.

Ils  ont réussi à convaincre nombre  de votants que leurs difficultés sociales étaient provoquées par les "étrangers" plutôt que par leur propres classes dominantes.

C'est une nouvelle mouture de la propagande classique du nationalisme. Celui-ci désigne les minorités opprimées, les étrangers et les habitants des autres pays comme responsables des maux d'une société déchirée par les inégalités . 

Ainsi, selon ces démagogues, les bas salaires et la précarité imposée ne relèveraient- ils pas de la responsabilité du patronat mais de celle de ceux et celles, souvent étrangers, qui sont contraints de les accepter.

L'élection aux Etats-Unis d'un candidat raciste, sexiste, antisémite complotiste, démagogue fascisant soutenu par l'extrême-droite dans le monde entier, représente un coup sévère supplémentaire, après le Brexit et dans sa continuité.

Les forces racistes se trouvent encouragées, comme le symbolise la satisfaction du Ku Klux Klan et des néo-nazis, qui ont fait campagne pour lui.  D'ores et déjà les actes et paroles racistes sont en forte augmentation aux USA, comme lors du Brexit

En France ce sont sans surprise les  Le Pen et le FN qui exultent ainsi que les "Trumpistes" de la droite, dont Sarkozy et le président des LR, Laurent Wauquiez
 
Bien d'autres vont maintenant trouver des vertus au prétendu "candidat du peuple", comme lors du Brexit. Il s'agit en effet d'un mécanisme semblable: des millions de votes se sont portés sur voté sur un milliardaire raciste parce qu'il a promis de taper sur les Noirs, les Latinos, les musulmans, les immigrés. Parce qu'il a promis des armes, des morts, le pouvoir d'opprimer en toute liberté.
 
Il est temps de comprendre qu'en répétant que finalement l'extrême-droite représenterait un vote de résistance à l'injustice sociale, on encourage ceux qui savent très bien ce qu'ils font.
 
La vague de manifestations anti-Trump qui a débuté dès le lendemain aux USA de l'élection montre une volonté de s'opposer aux mauvais coups que préparent déjà Trump et ceux qui le soutiennent.  
 
 
 
Memorial 98

 

 

Actualisation du 23 octobre

Les statistiques policières confirment le développement des violences xénophobes

En Juillet 2016, 41% d'augmentation des attaques racistes signalées par des victimes, en septembre 2016, 58% d'augmentation, par rapport à l'année précédente.
Plusieurs meurtres, mais aussi des milliers d'agressions contre les personnes et les biens, avec par exemple une journée du 1er juillet où 200 victimes ont subi une violence raciste.

La violence homophobe, lesbophobe et transphobe a également fortement augmenté dans le sillage des agressions xénophobes.

Memorial 98

Actualisation du 6 octobre

Nouvelle escalade xénophobe de Theresa May qui veut mettre en place une "préférence nationale"

 

Le gouvernement de Theresa May veut inciter les entreprises à publier la liste de leurs employés étrangers. Que cherche à obtenir la Première ministre britannique avec cette mesure ?

Il s'agit de  réduire par trois le nombre de travailleurs immigrés entrants  et de les faire passer de 330 000 à seulement 100 000 par an.

 

La ministre de l'Intérieur, Amber Rudd, a dévoilé ce nouveau plan de restrictions pour les entreprises qui seront poussées à publier une liste de leurs employés non-britanniques et à privilégier la main d'oeuvre nationale.

 "Ce n'est pas parce que je suggère que les étrangers prennent les emplois des britanniques que je suis raciste", s'est-elle défendue (sic!). 

Quant au ministre de Commerce international, Liam Fox, il a souligné qu'il était hors de question à ce stade de garantir les futurs droits des trois millions de citoyens européens déjà établis au Royaume-Uni. "C'est l'une des nos principales cartes lors des négociations à venir sur le Brexit. On ne va pas l'abattre dès maintenant", a-t-il indiqué avec cynisme. 

Comme nous l'avions indiqué au lendemain de la campagne du Brexit, la désignation de May annonçait cette vague de mesures xénophobes inspirées également par les positions du parti d'extrême-droite Ukip (voir ci-dessous)

Le gouvernement britannique encourage ainsi la vague raciste qui traverse le pays.

 

 

Memorial 98

 

Actualisation du 4 septembre

 

 

Violences xénophobes à proximité de Londres

Deux Polonais ont été agressés dans la nuit du 3 au 4 septembre dans la ville de Harlow, au nord-est de Londres.

 

Cette nouvelle attaque intervient quelques heures après une veillée organisée dans cette ville en hommage à un de leurs compatriotes, Arek Jozwik, tué par une bande de jeunes. Le motif xénophobe est l’une des pistes poursuivies, avait affirmé la police

 

Les deux dernières victimes, âgées d’une trentaine d’années, ont été attaquées et blessées à la tête et au nez dans la nuit par un groupe de cinq à six hommes, selon la police de l’Essex. Il s’agit potentiellement d’un « crime de haine », a annoncé Trevor Roe, un responsable local de la police.

 

Memorial 98

 

 

 

Actualisation du 18 août:

Quand Brexit rime avec discrimination ethnique

La Grande-Bretagne  doit prendre des mesures "urgentes" face à l'augmentation des agressions racistes depuis le vote sur le Brexit et la persistance des discriminations touchant les minorités ethniques, a estimé le 18 août une commission gouvernementale britannique.

La "Commission sur l'égalité et les droits de l'homme" a publié un rapport présenté comme le plus vaste jamais réalisé sur les minorités ethniques au Royaume-Uni.

Si leur situation s'est parfois améliorée au cours des cinq dernières années, la vie est pour beaucoup devenue plus dure, en particulier pour les jeunes Noirs, souligne la commission.

De manière générale, les "Noirs sont bien plus susceptibles d'être victimes de crimes ou d'être traités plus durement par le système judiciaire", écrit-elle ajoutant ...'' vous avez plus de deux fois plus de chance d'être tué si vous êtes noir".

Les délits xénophobes ont en outre connu un "pic sans précédent" en Angleterre et au pays de Galles après le vote des Britanniques en faveur d'une sortie de l'Union européenne, le 23 juin, et une campagne référendaire dont la limitation de l'immigration a été le thème central.

Inégalités dans les salaires

"La réputation durement gagnée de notre pays pour la tolérance fait très certainement face à la plus grande menace qu'elle ait connue depuis des décennies, avec des partisans de la sortie (de l'UE) qui se servent du résultat du référendum pour légitimer leurs points de vue", met en garde le rapport. Les inégalités concernent également le milieu du travail, les chercheurs d'emploi diplômés venant des minorités ayant deux fois et demi moins de chance d'en trouver un qu'un Blanc, selon le rapport.Quant aux salaires, les Noirs diplômés sont en moyenne payés 23,1 % de moins que les Blancs. "La combinaison de la hausse des crimes de haine post-Brexit et d'une profonde inégalité ethnique au Royaume-Uni est très préoccupante et doit être traitée de toute urgence", déclare le président de la commission, David Isaac, dans un communiqué. "Si vous êtes Noir ou issu d'une minorité ethnique (...), vous avez souvent la sensation de vivre dans un autre monde", regrette-t-il, appelant le gouvernement conservateur de Theresa May à "redoubler d'efforts".

Ces constats officiels confirment l'analyse de Memorial 98 concernant la campagne du Brexit et ses conséquences.

 

Memorial 98

 

 

 

Actualisation du 21 juillet:

Nigel Farage prétendument "retiré de la politique" est néanmoins présent à la convention républicaine de Cleveland afin de soutenir Trump, dont la campagne raciste converge avec celle qu'il a lui-même mené.

Le dirigeant xénophobe néerlandais Geert Wilders (allié du Front National)  est également présent et se félicite de ses convergences avec Trump.

Une internationale raciste s'organise ouvertement.

Memorial 98

 

La nomination de Theresa May comme nouvelle chef du gouvernement britannique constitue un symbole de la situation créée par la campagne du Brexit et ses conséquences.

Celle qui a été été six années d'affilée au poste de ministre de l'Intérieur a déjà annoncé qu'elle allait réduire drastiquement le nombre de visas d'entrée au Royaume-Uni. Elle veut aussi remettre en cause la convention européenne des droits de l'homme qui offre des garanties aux migrants. Elle poursuit ainsi la ligne qu'elle a mis en oeuvre dans son ministère et celle de David Cameron qui n'a jamais hésité à reprendre le thème de l"identité nationale".

 

 

Nigel Farage, chef du parti d'extrême-droite Ukip, a donc pu se retirer avec la satisfaction d'avoir gagné. Il a réussi a diffuser le poison du racisme dans de nombreux secteurs de la société britannique et à renforcer la xénophobie organisée dans toute l'Europe.

Le premier ministre hongrois Orban s'est immédiatement engouffré dans la brèche et a annoncé l'organisation d'un référendum anti-immigration le 2 octobre prochain. Le même jour se tiendra aussi l'élection présidentielle en Autriche, avec à nouveau un risque de victoire du parti d'extrême-droite FpÖ.

L'explosion de joie de toute l'extrême-droite européenne et mondiale après le vote britannique  montre bien l'ampleur des défis de la situation actuelle;  des chefs du FN  à Orban, de Trump au gouvernment ultra-réactionnaire polonais, de l'AfD allemande à Wilders aux Pays-Bas, ils ont tous exulté. 

En Grande-Bretagne même, la multiplication des paroles et discours xénophobes durant la campagne a conduit à une explosion des actes de violence durant celle-ci et au lendemain du scrutin.

 

Violences racistes et assassinat politique

Durant les semaines qui ont précédé le scrutin, la haine a été attisée en permanence  et une députée a été assassinée par un fasciste criant «la Grande-Bretagne d’abord!» (Britain First), soit l’un des principaux thèmes de la campagne dominante pour la sortie de l’UE.

L’assassinat de Jo Cox est le le résultat direct du climat provoqué par la campagne du référendum.

Jo Cox défendait les réfugiés et était partisane de la campagne pour rester au sein de l’UE. 

L'atmosphère et la tension créés par la campagne de Nigel Frage et  Boris Johnson ont  non seulement renvoyé la Grande-Bretagne des décennies en arrière en termes de racisme et de xénophobie, mais ont aussi créé les conditions pour qu’un fanatique d’extrême droite, qui était en lien avec des néos-nazis et suprématistes blancs, abatte Jo Cox

Dans les quatre jours suivant le scrutin, la police a enregistré une hausse de 57 % des plaintes pour des délits liés à la haine xénophobe ou raciale. A Huntingdon, dans le centre de l'Angleterre, quelque deux cents Polonais ont reçu un message glaçant : « Halte à la vermine polonaise. ».

La façade du centre culturel polonais de Hammersmith, à Londres, était barbouillée d’un grand « Go home ! » à la peinture jaune. « Ce centre existe depuis les années 1960. Pourquoi maintenant ?, s’interroge Elzbieta Pagor, la bibliothécaire. Le référendum a tout simplement fait exploser les gens. »

Les services de police eux-même alertent : « Les procès-verbaux qui nous remontent témoignent d’une recrudescence des tensions locales visant directement des communautés de migrants depuis le référendum », a confirmé Sara Thornton, chef du Conseil national des responsables policiers.

 

Les ressorts de la  campagne

 

Le « non » britannique représente un motif d'inquiétude pour les antiracistes, car il signe une victoire des forces xénophobes à l’œuvre aujourd’hui en Europe.

Le débarquement des « hordes de migrants » a représenté un argument déterminanat des tenants du Brexit, comme le montre l'affiche ci-dessus du parti Ukip dirigé par Nigel Farage.

La droite conservatrice et l’extrême droite ont réussi à convaincre une majorité de votants que leurs difficultés sociales étaient provoquées par les immigrés plutôt que par leur propres classes dominantes.

C'est une nouvelle mouture de la propagande classique du nationalisme. Celui-ci désigne les étrangers et les habitants des autres pays comme responsables des maux d'une société déchirée par les inégalités . 

Ainsi, selon ces démagogues, les bas salaires et la précarité imposée ne relèveraient- ils pas de la responsabilité du patronat mais de celle de ceux et celles, souvent étrangers, qui sont contraints de les accepter.

Ainsi la crise du système de santé britanique (NHS) ne relèverait pas des choix du gouvernement Cameron qui a taillé dans les dépenses publiques mais d'un prétendu afflux d'Européens de l'Est venus se soigner, voire apportant des maladies. On retrouvait dans ce cas un thème mis en avant par le Front National.

Des millions de personnes qui ont voté pour le Brexit l’ont fait parce qu’elles ont intégré  l’argument selon lequel la détérioration des niveaux de vie et des services publics étaient provoqués par l’immigration et non par l’austérité imposée par le gouvernement.

A ce titre on peut considérer que la campagne nationale du Brexit a été la plus réactionnaire de l’histoire politique britannique.

Le référendum a rendu légitimes le racisme et la xénophobie comme jamais auparavant.

En d’autres termes, des millions de travailleurs souffrant de la pauvreté et des inégalités croissantes ont été amenés lors de la campagne à une conclusion entièrement fausse: sévir contre les immigrants leur permettrait de «reprendre le contrôle»  et de résoudre leurs problèmes.

Le slogan phare pro-« Brexit » se résumait à deux mots : « Take Control » c'est à dire « Reprenons le contrôle de notre pays » en l'occurence des frontières.
 
La presse dite "populaire", a joué un rôle énorme dans ce sens. Les tabloïds qui s'adressent aux couches populaires mènent depuis des années une campagne nationaliste et xénophobe. 
Ainsi par exemple Le Daily Express, qui tire à plus de 430000 exemplaires par jour, a titré en une pendant 17 jours successifs sur le «thème» de l'envahissement par la migration.

Il est dramatique de voir des courants de gauche minimiser les composantes racistes de la campagne pour le Brexit et de son résultat. On retrouve ici l'aveuglement qui a parfois conduit certains à gauche à confondre l'antisémitisme avec un sentiment anticapitaliste.

La gauche française en particulier est traversée par cette dérive qui pactise avec le nationalisme et le rejet des minorités, au nom d'un combat contre le "système". 

Face aux résultats du référendum, d'importantes mobilisations de solidarité antiraciste se mettent en place en Grande-Bretagne, afin notamment de protéger les 3 millions de personnes issues d'Europe de l'Est et qui sont menacées.

Dans d'autres pays, il semble que se fasse jour une prise de conscience des dangers d'une vague raciste. Ainsi en Allemagne, le parti d'extrême-droite AfD retombe sous la barre des 10% dans les sondages alors qu'il se trouvait en développement constant. 

Néanmoins, faute d'une rupture et d'une réorientation européenne vers des solutions de solidarité, de justice sociale, de démocratie, d'accueil des migrants, les nationalistes et les fascistes (faussement baptisés "populistes") continueront à prospérer.

La catastrophe deviendrait alors possible.

 

Memorial 98

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Published by memorial98
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