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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Retrouvez aussi le quotidien de l'info antiraciste sur notre blog d'actus :

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Sur les réseaux sociaux : 

    

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Pour correspondre avec nous, nous proposer des articles ou des informations,

pour toute question : 

contact@memorial98.org

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 23:59

 

Léonarda Dibrani

 

 

Les mobilisations qui se sont développées ces derniers jours autour des cas de jeunes expulsés représentent d’ores et déjà un acquis important de la lutte anti-raciste.

L’ampleur atteinte par la révolte contre les expulsions de Léonarda Dibrani et Khatchik Kachatryan, constitue un tournant dans l’attitude d’une partie importante de la jeunesse et de la gauche à l’égard de la politique du ministre de l’Intérieur, soutenu en sous-main par Hollande.

 

 

La mobilisation des enseignants de Pontarlier, les manifestations de lycéens ont rapidement mis en accusation la « ligne Valls-Hollande », déjà ébranlée par des prises de position antérieures au sein du Parti socialiste et  des Verts membres du gouvernement.

Les mots d’ordre des lycéens furent limpides : «  Halte à la Valls des expulsions, Valls démission, retour immédiat de Khatchik (il s’agit du lycéen arménien expulsé qui constitue le premier motif de leur mobilisation et dont les médias parlent peu) et de Léonarda ».

Les revendications des enseignants de Pontarlier mobilisés pour Leonarda et les autres enfants de la famille Dibrani sont tout aussi claires:

 

" Nous, professeurs du collège André Malraux et du lycée Toussaint Louverture (de Pontarlier NDLR), sommes profondément choqués par les méthodes utilisées pour renvoyer des enfants issus de la minorité rom vers des pays qu'ils ne connaissent pas et dont ils ne parlent pas la langue. Nous, professeurs du collège André Malraux et du lycée Toussaint Louverture, sommes choqués de voir comment les efforts d'intégration fournis par ces enfants à l'école sont réduits à néant par des politiques aveugles et inhumaines.

Nous demandons le retour immédiat des enfants en France pour leur sécurité.

Les enseignants du collège André Malraux et du lycée Toussaint Louverture "

 

 

Ces mobilisations sont, à nos yeux, beaucoup plus importantes pour l’avenir que l’opération de communication qui s’est organisée autour de Manuel Valls pour justifier la mauvaise action commise contre Leonarda , contre Khatchik et contre tant d’autres.

Rien n’aura été épargné : la publication d’un rapport à caractère policier sur la vie de sa famille, la mise en cause de son père censée justifier l’expulsion de la fille, le défi lui enjoignant de revenir seule alors que qu’elle a été descendue de son car scolaire, prétendument au nom de  regroupement familial d’expulsion.

Il s’agissait et il s’agit toujours de déshumaniser des jeunes en voie d’intégration et de les projeter dans un collectif décrit comme louche et menaçant.

Il faut rappeler que Valls avait entamé une véritable guerre policière et idéologique contre les Roms et contre les valeurs de la gauche, y compris celles proclamées auparavant par le  Parti socialiste, en déclarant le 24 septembre dernier : « Ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation» «C’est illusoire de penser qu’on règlera le problème des populations roms à travers uniquement l’insertion… pas d’autre solution que de démanteler ces campements progressivement et de reconduire (ces populations) à la frontière «les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie » 

 

Il avait aussi organisé une opération de communication par une déclaration de soutien à son action signée par des maires membres du PS. Il s’agissait d’une escalade aggravant l’ action entamée dès sa nomination (voir Roms : les mauvaises actions du gouvernement. )

Au sein même du gouvernement la réponse de Montebourg (qui depuis prétend soutenir Valls et approuver ses mesures)  fut alors  immédiate : « je considère qu'il n'existe pas de théorie selon laquelle tel peuple, telle personne de telle origine ne pourrait jamais au grand jamais s'intégrer. On a dit ça des Italiens, on a dit ça des Espagnols, on a dit ça des Portugais, on a dit ça des Arabes. Décréter par avance que c'est impossible me paraît excessif et mérite d'être corrigé.» 

 

D’autres dirigeants socialistes ont marqué, plus ou moins clairement, leur désaccord avec Valls alors que Hollande le soutient. Il pratique ainsi de la même manière que Lionel Jospin qui approuva les imprécations de Chevènement contre les sans-papiers et des « sauvageons » et se retrouva éliminé du 2e tour de la présidentielle de 2001, au profit de Le Pen.

 

 

Ceux qui mènent campagne pour que la gauche applique une politique dure contre les étrangers au prétexte de la lutte contre la progression de Marine Le Pen dans les sondages et les urnes nous entraînent vers une catastrophe encore plus grande. Accepter les règles et les diktats de l’adversaire xénophobe constitue non seulement une faute morale, mais aussi la garantie de l’échec et le signe qu’on ne croit pas à ses propres idées.

Dans les mois à venir, il est plus que jamais nécessaire de soutenir les associations anti-racistes, de dénoncer la récidive de la droite qui veut détruire le droit du sol en transformant des milliers d’enfants en  apatrides

(voir nos articles détaillés qui rappellent l'historique des tentatives de la droite et du Front National sur ce terrain  Copé : au-delà de la provocation

Nationalité : Copé et l’UMP en embuscade.

 

 

Un enjeu particulier est de démonter minutieusement le danger que représente le Front National. Ce parti d’extrême-droite, raciste et antisémite, vient encore de s’illustrer par le énième dérapage d’une de ses candidates assimilant Christiane Taubira à un singe, alors même que Marine Le Pen prétendait interdire le qualificatif "extrême-droite" à propos de son parti.

Pour notre part, nous nous y emploierons, avec les associations antiracistes (voir déclaration link) avec le Réseau Education Sans Frontières (site link ) avec la Coordination Nationale contre l’Extrême droite (CONEX) dont nous sommes membres (voir Antifascisme: regroupement des forces ) .

voir aussi

Avec les Roms : rendez vous à la Bastille 5 et 6 octobre 

Estrosi : aux origines de la haine.

Un suicide pour appeler à la violence.

Premier mai: agir contre la xénophobie en Europe.

Danger: les dirigeants européens encouragent le racisme 

 

Memorial 98

 

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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 22:21

Alors que le Front National menace, il est important que la commémoration du 17 Octobre constitue cette année un rappel de ce que furent réellement le colonialisme et le racisme. Memorial 98 s’associe comme chaque année au rassemblement unitaire au pont Saint-Michel à Paris, appelle à y participer et soutient aussi toutes les autres initiatives, notamment à Nanterre et Bezons. Nous rappelons particulièrement le rôle joué par le préfet de police Papon, qui avait déjà contribué à la déportation des Juifs de Bordeaux. Sa carrière de massacreur « de bureau » s’est conclue par une certaine impunité puisqu’il ne purgea même pas sa peine. 

 (voir 17 Octobre: la mémoire d'un massacre à Paris

17 Octobre 1961 : 50e anniversaire du massacre des Algériens.

Mort de Papon: hommage à Michel Slitinsky

Sarkozy encense Maurice Druon, ami et soutien de Papon

Druon : mort d’un soutien de Papon.

Michel Slitinsky: hommage à un combattant.

 

Sur Facebook suivez l'actualité quotidienne de la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme de Memorial 98 à l'adresse http://www.facebook.com/groups/348947755137242/ 

Memorial 98  

Appel pour le 17 octobre 2013

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par Maurice Papon, préfet de police de Paris. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés –notamment par la "force de police auxiliaire" - ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrême des forces de police.

52 ans après, la Vérité est en marche. Cependant, la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menées, - en particulier la Guerre d’Algérie - non plus que dans le cortège de drames et d’horreurs qu’elles ont entraînés, comme ce crime d’Etat que constitue le 17 octobre 1961. L’an dernier, le Président de la République a certes fait un premier pas important, en déclarant "Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes." Mais le terme de crime n’est pas repris, et la responsabilité, sous-entendue, n’est pas clairement définie, Certains osent encore aujourd’hui continuer à parler des "bienfaits de la colonisation", à célébrer le putsch des généraux à Alger contre la République, à "honorer" les criminels de l’OAS.

Dans ce domaine, il est donc nécessaire que des mesures significatives soient prises :

- Redéfinition de la "Fondation pour la mémoire de la Guerre d’Algérie ", (dotée de plus de 7 millions d’euros), créée en application de l’article 3 de la loi du 23 février 2005 (dont l’abrogation est demandée sous sa forme actuelle) vantant les "aspects positifs de la colonisation". Cette Fondation est sous la coupe d’associations nostalgiques de l’Algérie Française qui voudraient exiger des historiens qu’ils se plient à la mémoire de "certains" témoins.

- Pour êtres fidèles à leur mission scientifique, les historiens ont besoin de pouvoir accéder librement aux archives, échapper aux contrôles des pouvoirs ou des groupes de pression et travailler ensemble, avec leurs homologues de l’autre rive de la Méditerranée.

- La vérité doit être dite sur l’organisation criminelle de l’OAS que certains, au sein de l’ancienne majorité présidentielle ont voulu réhabiliter.

Ce n’est qu’à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la Guerre d’Algérie, à savoir le racisme dont sont victimes aujourd’hui nombre de citoyennes et citoyens, ressortissants d’origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières.

On ne construit pas la démocratie sur des mensonges et des occultations. Après un demi-siècle, il est temps  :

- Que le Président de la République, au nom de la France, confirme, par un geste symbolique, la reconnaissance et la condamnation de ce crime d’état

- Que la Fondation pour la Mémoire de la Guerre d’Algérie soit redéfinie sur des bases totalement différentes.

- Que l’Etat français reconnaisse sa responsabilité dans l’internement arbitraire, pendant la Guerre d’Algérie, d’Algériens dans des camps.

- Que l’Etat français reconnaisse sa responsabilité dans l’abandon des harkis, les massacres et l’enfermement dans les camps en France en 1962.

- Que la liberté d’accès aux archives soit effective pour tous, historiens et citoyens.

- Que la recherche historique sur ces questions soit encouragée, dans un cadre franco-algérien, international et indépendant.

À l’occasion de ce 52e anniversaire, nous exigeons Vérité et Justice.

 Rassemblement le 17 Octobre 2013 à 18h au Pont Saint Michel à PARIS

Signataires

Associations : 4ACG (Anciens Appelés àla Guerre d’Algérie et leurs Amis contre la Guerre),17 Octobre Contre l’Oubli, 93 A Cœur de la République, ACCA (Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hu), Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Féraoun et leurs Compagnons, AHDH (Association Harkis droits de l’Homme),ANPROMEVO (Association Nationale pour la Protection de la Mémoire des Victimes de l’OAS),Au Nom de la Mémoire, ARAC (Association Républicaine des Anciens Combattants),Comité Vérité et Justice pour Charonne, FNACA Paris (Fédération Nationale des Anciens Combattants AFN), LDH (Ligue des Droits de l’Homme),MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié des Peuples), Réseau Féministe Ruptures, Sortir du Colonialisme, Memorial 98

Syndicats  :FSU, Fédération SUD Education, Union régionale IDF CGT

 

MEMORIAL 98

 

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 01:55

 

Après les torrents de boue déversés contre les Roms notamment par Le Pen, Estrosi et Manuel Valls, il est temps d’affirmer notre solidarité avec ceux qui sont désignés comme les boucs émissaires de la crise sociale qui traverse l’Europe. En France, une population en difficulté de moins de 20000 personnes serait responsable de l’insécurité et des graves problèmes des quartiers populaires. Le pays serait envahi. Contre cette vague de haine, de nombreuses initiatives locales de solidarité se développent.

A l’échelle européenne, la 3e Roma Pride permet de montrer un courant de solidarité avec les Roms.

C’est pourquoi l’association Memorial 98 appelle, comme les années précédentes, à participer aux initiatives parisiennes et à  soutenir la journée européenne.

Des informations et articles sur les Roms sont publiés quotidiennement  dans le groupe Facebook Memorial 98 que nous vous invitons à rejoindre (il suffit de cliquer dans la colonne de gauche de cette page)

 

Voir aussi Estrosi : aux origines de la haine.

Premier mai: agir contre la xénophobie en Europe.

Roms : les mauvaises actions du gouvernement.

Au côté des Roms, contre la violence.

Agents RATP face au tramway de la honte

"Non intégrables?" un enfant Rom du bidonville du Moulin Galant dans l'Essonne heureuse de montrer son cahier d'école (photo Serge Guichard, D.R)

enfant-ROM-ecole.jpg

Pourquoi les Roms ? Décryptage

 

MEMORIAL 98

 

Programme Roma Pride à Paris  

Samedi 5 octobre

 

Représentation exceptionnelle et gratuite du Cirque Romanès, le seul cirque tsigane d'Europe . Place de la Bastille, à 19h30.

Les artistes seront heureux de vous rencontrer après la représentation. La meilleure manière de commencer la Nuit blanche, et pour les familles de faire découvrir aux plus jeunes une partie de la culture tsigane... voir le cirque : http://www.youtube.com/watch?v=lS64lBZ0QJQ.

 

Dimanche 6 octobre

 

Simultanément dans 15 pays européens, grande mobilisation pour la dignité des Roms et des gens du voyage !

 

Rendez-vous à partir de 14h, place de la Bastille : prises de paroles militantes et grand concert !

Au programme du show présenté cette année par Yvan Le Bolloc'h, fanfare tsigane, danse flamenca, slam gitan, et bien d'autres merveilles vous attendent. Pour vous tenir au courant des dernières informations concernant la Roma Pride, rendez-vous sur le groupe Facebook:https://www.facebook.com/events/596921450351380/?ref_dashboard_filter=calendar.

 

Soyons nombreux à nous mobiliser pour la dignité des Roms et des gens du voyage ! Ci-dessous, l'appel signé par de nombreuses personnalités de différents horizons.

 

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Pour la dignité des Roms et des gens du voyage !

 

Comme chaque année depuis 2010, l’été a marqué le début de violentes attaques racistes contre les Roms étrangers et les gens du voyage, citoyens français, qui s’accélèrent avec l’entrée dans la campagne des élections municipales.

 

Cette année, c’est Jean-Marie Le Pen qui a lancé les hostilités en juillet en qualifiant la présence de Roms à Nice d’« odorante » et d’« urticante », avant que Christian Estrosi ne joue la surenchère en lançant un « appel à la révolte », véritable appel à la haine, contre les gens du voyage. Gilles Bourdouleix, député-maire de Cholet a poursuivi cette saison de la haine en regrettant que l’extermination des tsiganes par les Nazis n’ait pas été totale, puis Régis Cauchet, maire de Croix, a renchéri dans l’escalade en soutenant par avance les meurtriers de Roms, avant que Nathalie Kosciusko-Morizet n’alimente la stigmatisation nauséabonde

Cette déliquescence du débat public est la conséquence de la stigmatisation dont les les Roms et les gens du voyage ont continuellement été la cible par Nicolas Sarkozy et du fait que la logique impulsée alors n’ait pas été inversée depuis.

Par bien des aspects en effet, la politique menée aujourd’hui à l’encontre des Roms est la poursuite de celle menée par Sarkozy.

 Tout d’abord, exemple le plus marquant, la violente et absurde politique d’expulsions : depuis mai 2012, c’est l’équivalent de la totalité des 15 000 à 20 000 Roms étrangers présents sur le territoire national qui ont été expulsés de leurs lieux de vie.

Violente, car cette politique entraîne traumatismes psychologiques, précarité sociale et déscolarisation. Absurde car elle a pour présupposé leur fantasmatique nomadisme et pour conséquence l’aggravation de la situation sur le terrain, sans offrir aucune perspective de solutions.

De nouveau, ces populations miséreuses et discriminées, cibles de nombreux stéréotypes éculés et de représentations stigmatisantes, sont instrumentalisées à des fins politiques. Loin de rétablir l’ordre républicain, cette politique entraîne plus d’injustice et plus de désordre, d’autant plus que l’obligation de toujours proposer des solutions de relogement, promesse électorale de François Hollande et mesure-clef de la circulaire interministérielle du 28 août 2012, n’est pas respectée.

Un terme doit être enfin mis à cette absurde et violente politique d’expulsions !

Ces actions sont en lien avec une non-rupture des discours. En effet, s’il n’y a heureusement pas eu de nouveau discours de Grenoble, de nombreuses déclarations, venant de différents bords politiques, s’inscrivent dans la même veine. Par exemple, celles qui affirment que « les Roms ne souhaitent pas s’intégrer en France pour des raisons culturelles » et qu’ils ont « vocation à vivre en Roumanie » ont des relents nauséabonds. Elles signifient qu’il serait bien inutile d’intégrer des individus qui ne seraient que de passage dans notre pays, alors que ces Européens sont chez eux en France.

Elles favorisent les silences qui accueillent les passages à l’acte violents, comme l’agression quasi-mortelle d’un Rom en juillet à Saint Denis ou la ratonnade anti-Roms à Marseille en septembre 2012, alors justifiée et soutenue par la sénatrice-maire Samia Ghali.

Il est urgent qu’un discours républicain fort soit enfin porté par les plus hautes autorités de l’Etat, afin de rétablir le respect des valeurs de la République.

 Ces actions sont également en lien avec une non-rupture des visions : la « stratégie nationale d’intégration » des Roms, qui guide officiellement l’action du gouvernement actuel, reste celle élaborée par Sarkozy. Par conséquent, ce sont des dizaines de millions d’euros du budget européen destinés à des projets d’insertion qui ne sont pas utilisés.

Il est impératif qu’une stratégie digne de ce nom soit enfin définie, en concertation avec la société civile et dans une perspective d’intégration. Régler ces problèmes ne demande pas des moyens supplémentaires, mais simplement une volonté politique nette.

La loi Alur sur le logement, qui fait notamment entrer l’habitat nomade des « gens du voyage » dans le droit commun, est à ce titre un exemple : préparée dans la concertation, elle montre comment il est possible de résoudre concrètement les problèmes les plus exposés médiatiquement.

Un certain renoncement politique pourrait aussi entraîner le maintien de la discriminatoire loi de 1969.

Héritière de celle de 1912 relative au contrôle des nomades, qui avait notamment instauré des carnets anthropométriques et permis la persécution des tsiganes en France pendant la Seconde Guerre mondiale, très partiellement censurée l’année dernière par le Conseil Constitutionnel, la loi de 1969 oblige toujours les gens du voyage à posséder des passeports intérieurs (titres de circulation) à faire viser régulièrement par les forces de l’ordre, et impose des quotas de population (3% maximum par commune).

Alors qu’elle a été officiellement présentée, la loi de suppression intégrale de la loi de 1969 pourrait voir son examen et son vote être repoussés à après les cantonales de septembre, autrement dit aux calendes grecques. En effet, la gauche, qui porte cette initiative, ne sera alors probablement plus majoritaire au Sénat, rendant impossible de fait son adoption. Ceux qui instrumentalisent les peurs et les haines contre les gens du voyage auraient alors gain de cause. La campagne des municipales ne doit pas être un alibi pour les reculades démocratiques !La loi de 1969 doit être intégralement supprimée, c’est une urgence républicaine !

C’est pour porter ensemble toutes ces revendications marquées du sceau de la dignité et de l’égalité que nous vous engageons à nous rejoindre dimanche 6 octobre, place de la Bastille à Paris simultanément avec 15 pays, pour la troisième édition de la « Roma Pride – Jour pour la dignité des gens du voyage »

 

Paul Max Morin, Directeur Exécutif du Mouvement Antiraciste Européen EGAM, Alain Daumas, Président de l'Union Française des Associations Tsiganes - UFAT, avec le MRAP, la LDH, SOS-Racisme, de nombreuses associations Roms, Tsiganes et de gens du voyage, Memorial 98

 

Memorial 98

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 01:30

 

Cet article revêt une forme inhabituelle en raison de la gravité de la situation et de ses évolutions rapides. Il comprend d’une part l’analyse de la situation crée par l’utilisation de l’arme chimique aux mains du régime syrien et d’autre part un texte très intense d’interpellation de la gauche par Nad Iam (dont vous pouvez retrouver souvent les textes dans le groupe FB Memorial 98), publié ici avec son accord.

Plusieurs liens extérieurs sont recensés ainsi que le rappel des articles déjà publiés par le site. Des informations et articles sur la Syrie sont publiés quotidiennement  dans le groupe Facebook Memorial 98 que nous vous invitons à rejoindre à l'adresse http://www.facebook.com/groups/348947755137242/

 

Memorial 98

 

Nous sommes évidemment en faveur d'une discussion sérieuse et d'un vote au Parlement sur la situation en Syrie. La décision du gouvernement et du PS d'éviter un vote du Parlement en arguant de la Constitution est absurde. Cette Constitution gaulliste de 1958 n'est pas démocratique, elle écrase les droits du Parlement, que F. Hollande avait promis au contraire de développer. Le vote au Parlement britannique et celui qui est à venir au Congrès des USA rendent encore plus scandaleuse la procédure choisie par F. Hollande.

De plus, un débat suivi d’un vote permettrait de mettre chaque parti devant ses responsabilités et de le contraindre à formuler des propositions de soutien au peuple syrien ou à se positionner aux côtés du régime, comme c’est déjà le cas pour le Front National et les courants les plus droitiers de l’UMP.

On pourrait ainsi y rappeler que le 14 juillet 2008 Bachar El Assad figurait au premier rang des invités de Sarkozy pour le défilé du 14 juillet. À l’époque les militants des droits de l’homme et la gauche qui manifestaient contre sa présence ne lui reprochaient "que" sa dictature et les assassinats commis par ses envoyés au Liban ( voir  http://www.youtube.com/watch?v=QVGe8R2drj4 Présence de Bachar El Assad au défilé du 14 juillet.)

Depuis il a fait massacrer 110 000 personnes dont des milliers d’enfants syriens, a provoqué le déplacement/déracinement de 4 millions de personnes en a précipité plus de 2 millions d’autres vers l'exil.

Pourraient s'exprimer ouvertement aussi ceux qui plaident depuis des mois pour la « non-intervention » et la préservation du statu quo qui profite au dictateur.

Ils ont évoqué tour à tour l'illégitimité de toute intervention ou aide dans le « bourbier syrien », défendu  la « laïcité » du régime syrien, la sécurité qu'il apporterait aux minorités, la coopération contre les "terroristes islamistes", sa capacité de déstabilisation des Etats du Proche-Orient et au delà  (c’est d’ailleurs la menace que formule directement El Assad lui-même dans le Figaro http://www.lefigaro.fr/international/2013/09/02/01003-20130902ARTFIG00532-la-mise-en-garde-d-el-assad-a-la-france.php)

Ils ont aussi évoqué  le soutien que lui accordent ses protecteurs russes et iraniens, effectivement aussi résolus à l'armer que les gouvernements occidentaux sont hésitants pour envoyer des armes à la rébellion. En ignorant les aspirations à la liberté des Syriens, en réduisant la contestation à une conspiration menée par les Frères Musulmans, en repoussant continuellement les échéances, ils ont aussi contribué au sentiment d’impunité de Assad.

Ils ont refusé de faire confiance aux aspirations citoyennes des protestataires. Ils se sont opposés à la fourniture à l'Armée Syrienne Libre des armes qui lui auraient permis d'aller de l'avant dans le changement de régime et de prévenir l'apparition des Jihadistes. Ils se sont abstenus d'exercer sur le pouvoir syrien de véritables pressions et ils ont parfois continué à entretenir avec lui, sous le manteau, des relations secrètes.

Que faire maintenant ?

Il y a d’abord une immense tâche d’explication et de réfutation de la propagande pro-Assad qui s’appuie sur de nombreux sites Internet qui prétendent « décrypter » la situation en Syrie. L’extrême-droite, qui tout entière soutient Assad et Poutine, déploie un zèle intense. Elle trouve des relais en agitant le spectre des islamistes. Certains courants qui se réclament de la gauche nationaliste ou souverainiste entretiennent traditionnellement des relations avec des régimes autoritaires « laïcs », d’autres, issus du stalinisme le plus dégénéré, pensent être dans le camp du progrès comme ils ont soutenu l’invasion de l’Afghanistan par les troupes de Brejnev.  

Dans la cacophonie actuelle, chacun d'entre nous peut contribuer à poser les vraies questions: pourquoi et comment le peuple syrien s'est-il révolté en mars 2011? quelle a été la réponse de ce régime? Quelle est la légitimité d'un pouvoir militaire qui n'a jamais été élu, qui procède par succession dynastique et qui règne par la terreur? Qu'ont fait les gouvernements occidentaux pour empêcher la livraison d'armes de destruction par Poutine? Ont-ils de leur côté fourni à la population syrienne révoltée les moyens de se défendre?  Quelle est la légitimité d’un Conseil de sécurité de l’ONU dans lequel siège un régime chinois qui ne représente d’aucune manière son peuple. Il est aussi nécessaire de mettre à jour le sentiment qui consiste à renvoyer dos-à-dos ces "Arabes/musulmans" qui s'entretuent; il ne faut pas se cacher la face devant les conséquences de la xénophobie produite par les gouvernements et les partis qui l’instrumentalisent.

Nous rejetons l’intervention militaire prévue par les USA et la France et qui se fixe comme objectif de « punir » Assad, sans le renverser (voir http://alencontre.org/moyenorient/syrie/les-etats-unis-ont-la-hantise-dun-effondrement-de-letat-syrien.html.

Nous ne faisons pas confiance à Obama, Cameron et Hollande qui ont laissé le peuple syrien se faire massacrer. En particulier, malgré ses demandes répétées, ils n'ont pas fourni à la résistance les armes lui permettant de faire face aux tanks et avions d'Assad.

C’est cette exigence que nous continuons à porter : donnez au peuple syrien les moyens de se défendre et de riposter.  Fournissez lui une aide massive en moyens d’obtenir une exclusion aérienne et une neutralisation des capacités militaires destructrices du régime. La communauté internationale doit apporter une telle aide à l’ASL, sans prétendre remplacer les Syriens dans leur action propre pour aboutir à la chute du régime et pour formuler en toute indépendance leurs choix pour une alternative à la dictature.

Memorial 98

 

Nad Iam

 

Ce soir, camarade, tu iras manifester « contre la guerre ».

 

Quand on est de gauche anticapitaliste, on manifeste contre les guerres. On refuse les bombardements, les massacres des populations civiles , la course à l'armement. Quand on est de gauche anticapitaliste on se doit de ne pas cautionner le bellicisme de sa bourgeoisie. Alors bien sûr, tu seras là ce soir, sûr d'être au bon endroit, au bon moment. Tu vas à toutes les manifs contre la guerre, d'ailleurs.

 

Toutes ? En fait, non. La semaine dernière , par exemple, tu n'étais pas à la manifestation contre la guerre en Syrie. Oui, il y avait une manifestation, contre tous les massacres commis par un dictateur depuis trente mois, contre le massacre à l'arme chimique commis à la fin du mois d'août, pour la solidarité avec les démocrates et les progressistes de Syrie.

 

Tu n'y étais pas, parce que ton parti n'y était pas. Parce que les sites que tu consultes pour savoir quelles manifestations soutenir ne l'annonçaient pas.

 

Tu n'y étais pas et pourtant toutes les raisons qui te font être contre la guerre étaient là : un dictateur qui a été soutenu et porté par ta bourgeoise des années durant, et qui l'est encore par sa fraction réactionnaire et fascisante. Des morts par centaines de milliers, tués par des armes que ta bourgeoisie et d'autres lui ont vendues. Des morts, des blessés, des réfugiés, tués dans le silence complice de toutes les bourgeoisies du monde.

 

Tu n'as pas manifesté contre la guerre, mais tu manifesteras ce soir, et les jours prochains.

 

Si tu es sincère, pourtant, tu ne rentreras pas content de ta manifestation. D'ailleurs tu y vas avec une certaine appréhension. Tu n'en parles pas, parce que ton parti, ton organisation n'en parle pas, mais tu as vu sur internet que toute l'extrême-droite est aussi mobilisée « contre la guerre impérialiste ». Avec les mêmes mots et les mêmes argumentaires. Tu voudrais bien balayer ça, comme Mélenchon l'a fait avec un « On a bien le droit d'avoir un point de vue FRANCAIS ». Sauf que cette phrase de Mélenchon, elle te laisse gêné aux entournures. Parce que toi, tu penses manifester contre le capitalisme français, entre autres, alors comment pourrais-tu avoir un « point de vue FRANCAIS », en commun avec l'extrême-droite, la pointe la plus dure des capitalistes ?

 

Bon, tu pourrais ne plus penser à la phrase de Mélenchon, surtout si tu n'es pas au Front de Gauche. Seulement voilà, ce soir et les jours qui viennent, tu sais déjà que certains aspects de la manifestation vont t'y ramener.

 

Cette lourde insistance de certains militantEs sur Israël, les « lobbies » qui manipulent les chancelleries dans l'ombre, le « Nouvel Ordre Mondial de l'Oligarchie qui ne dit pas son nom ».

Ces tracts, qui affirment que les massacres ne sont pas ce que l'on en dit, et que peut-être ils n'ont jamais existé, comme « d'autres avant dans l'Histoire ». Ce vocabulaire dont tu sais bien qu'il n'est pas celui de la gauche, ces insinuations dont tu sais très bien qu'elles ne font pas seulement référence à la guerre d'Irak. Ces militants, qui vont t'accoster, et qui te diront au bout de cinq minutes que Bachar El Assad n'est pas du tout le monstre que l' « Occident américano sioniste » décrit, ou que Kadhafi était un grand homme pour son peuple. Ce qui t'emmerdera plus que tout, c'est que les camarades, dans leur immense majorité feront semblant de ne pas entendre ce que disent et écrivent ces militants. Ou te diront, au mieux, de laisser tomber, qu'il y a « toujours des connards partout, mais que ça n'est pas représentatif ».

 

Et puis, il y aura aussi, rentré chez toi, cette question qui te pèsera sur l'estomac : admettons que pour une fois, la mobilisation fonctionne, et qu'il n'y ait pas « la guerre »....Mais qu'est ce qui se passera en Syrie, où tu sais très bien qu'il y a déjà la guerre ?

 

Oh bien sûr, Mélenchon et les autres ont une réponse en bas du tract. « Nous sommes aux côtés des démocrates syriens pour une solution politique et l'arrêt des massacres ».

 

Seulement, ils n'étaient pas à la manifestation de samedi dernier, avec les démocrates syriens pour l'arrêt de la guerre et des massacres. Bien sûr, il leur est arrivé d'en parler, de la Syrie, à la page douze du journal, il leur est même arrivé quelquefois de diffuser une vague protestation contre un massacre particulièrement massif, ces trois dernières années. Les protestations version « minimum syndical », celles où il n'y a aucun rendez-vous concret à la fin. Celles assorties de réserves , sur les manipulations possibles de l'opinion, sur les intérêts des « Occidentaux et d'Israël » qu'il convient quand même de dénoncer dans cette affaire, sur l'opposition syrienne qui est loin d'être composée uniquement de gentils ( non, vraiment?). Le genre de protestations, qui après les avoir lues , te donnent surtout le sentiment qu'il ne faut pas se mêler de cette affaire...

 

Aujourd'hui, camarade, tu vas donc t'en mêler. Pour combien de temps ? Pour combattre quelle guerre et laisser finalement faire quelle autre guerre ?

 

En d'autres temps, en d'autres occasions, pourtant, tu agis et pense différemment.

 

Combien de fois as-tu vitupéré contre ce syndicat bidon qui manifeste une fois tous les deux ans « pour de nouveaux droits », mais refuse de participer aux grèves quotidiennes ?

 

Combien de fois as-tu répété qu'il fallait se méfier de ces partis politiques qui débarquent en période électorale, pour t'entraîner sur une mobilisation symbolique ayant pour but non avoué de promouvoir tel ou tel parti, dont il convient de faire oublier la passivité lorsqu'il était au pouvoir ? Et qu'il fallait plutôt , toujours, être avec ceux qui mènent les combats sur la durée.

 

Dans toute la France, depuis trente mois, des gens manifestent et se battent contre la guerre en Syrie, sur la durée. Toutes les semaines, tous les jours, en lien avec des progressistes syriens, avec celles et ceux qui se sont révoltés contre le dictateur il y a trente mois.

 

Ce soir, et dans les jours qui viennent, vont se mêler dans les rues celles et ceux qui ne combattent concrètement que certains bombardements et certains capitalistes, et celles et ceux qui soutiennent, ouvertement ou implicitement la dictature syrienne.

 

A toi de voir où est ta place, toi qui n'aimes pas la guerre.

 

Ci-dessus une photos de Homs, en juillet , avant LA guerre, enfin, celle qui n'a pas encore eu lieu, l'autre, ma foi...

 

A voir aussi sur ce site

Syrie : le sens de notre soutien.

Quand une association France-Israël soutient le régime syrien.

Syrie: 2 ans déjà, manifestons avec eux le 16 mars!

Syrie : l’année de la libération ?

Syrie: mobilisation internationale le 20 octobre

Syrie: appel urgent de solidarité.

Syrie: le déchirement

Pour le peuple syrien: vague blanche le 17 avril

Syrie: un an de combat et de débat.

Syrie: un permis de tuer?

Syrie: agir contre la tuerie !

Syrie urgence: arrêter enfin le massacre!

Syrie: violences à Paris contre les manifestants

Halte au massacre du peuple syrien !

 

http://alencontre.org/moyenorient/syrie/dix-remarques-pour-les-progressistes-qui-discutent-de-la-syrie.html

 

http://www.infodelasyrie.fr/dim-01062013-1350/comment-d%C3%A9fendre-bashar-al-assad-en-dix-le%C3%A7ons-faciles

 

Memorial 98

 

 

 

 

 

 

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 23:56

 

 

 

 

 Trois jours après que Jean-Marie Le Pen ait à sa manière mis en cause la présence des Roms à Nice   le maire de Nice, vice-président de l'UMP et ancien ministre a tenu le 7 juillet des propos d’une violence inouïe contre les gens du voyage en décrivant un prétendu dialogue avec eux  :  “Je suis allé les voir, je leur ai dit ‘vous allez partir’.

– Non non, on est là pour trois semaines. Et c’est nous, monsieur le maire, qui vous imposerons de rester là pendant trois semaines.

– Bon, on va voir, j’en ai maté d’autres et je vous materai. Et la première chose que je fais c’est de mettre des caméras partout, pour surveiller vos faits et gestes dans les quelques heures qui viennent, on va noter ceux qui rentrent, ceux qui sortent, à quelle minute, à quel moment, et ce que vous allez faire partout dans la ville, dans la métropole, etc. Je sais que vous aimez pas beaucoup ces choses-là, mais on va noter. Je vais relever les plaques d’immatriculation les unes après les autres. Je fais un référé devant le tribunal à titre conservatoire pour pouvoir saisir les véhicules, vous savez ces belles et grosses voitures avec lesquelles ils tirent leurs belles et grosses caravanes pour lesquelles les Français, il faudrait quelquefois toute une vie pour se payer les mêmes...”

 La violence du propos de Christian Estrosi est particulièrement évidente quand on visualise l’enregistrement vidéo, car on perçoit alors la gestuelle et la tonalité qui l’accompagnent. On perçoit la volonté de calomnier, de procéder par sous-entendus et langage codé pour insinuer qu'il s'agit d'"envahisseurs" et de voyous  http://www.lepoint.fr/video/video-estrosi-veut-mater-les-roms-08-07-2013-1701794_738.php. C’est ainsi qu’avait procédé avant lui Sarkozy lors du fameux discours de Grenoble en juillet 2010 (voir Pourquoi les Roms ? Décryptage )

Estrosi qui se présente volontiers comme un « gaulliste social »,  a en  réalité un passé de compagnonnage avec le Front National et de formation politique dans un cercle marqué par la bataille pour l’Algérie française.

Lors de la grande vague d’alliances entre la droite et le FN dans les conseils régionaux en avril 1998Estrosi a mené une  bataille acharnée pour  qu’une une telle alliance voie le jour  dans sa région PACA. Son collègue Gaudin avait déjà dirigé cette région avec le FN de 1986 à 1992.

Sa tentative a finalement échoué face à la résistance de dirigeants locaux de la droite, tel François Léotard, ainsi que par la révélation de ces manœuvres secrètes. Dans un entretien à "Minute" en date du 11 mars 1998, Estrosi avait d’ailleurs annoncé la couleur en déclarant :

« Dire "moi je suis là pour empêcher M. Le Pen d'exercer des responsabilités parce qu'il est xénophobe" ne me semble pas la meilleure méthode pour être crédible et efficace».

En effet c’est le chef du FN qui était la tête de liste de son parti dans la région et qui aurait accédé à la présidence régionale Cet épisode, à la recherche d’une alliance avec le dirigeant antisémite et négationniste, n’empêche pas Estrosi de se présenter comme un « grand ami » de la communauté juive; il avait été jusqu’à déclarer en Novembre 2007 que «Sarkozy est le candidat naturel des électeurs juifs».

 Il agit en fait dans l’esprit celui qui fut son mentor et initiateur.

L’histoire politique d’Estrosi a débuté sous les auspices de Jacques Médecin, maire de Nice pendant des dizaines d’années. Benjamin du conseil municipal de Nice en 1983, il a été rangé parmi les « bébés Médecin » et a bénéficié de l’appui de ce dernier, y compris après la fuite de Médecin vers l'Uruguay en 1990 pour éviter la justice française qui finira par le faire extrader, puis le juger et le condamner pour corruption.

 Ainsi le 24 octobre 1991, M. Médecin envoya un appel de soutien à M. Estrosi depuis son exil : «…Je vous dis: faites confiance à ces hommes et à ces femmes qui se sont rassemblés aujourd'hui autour de M. Estrosi… »

Jacques Médecin a constamment flirté avec le Front National. Lors du débat sur le projet de loi autorisant l'interruption volontaire de grossesse, défendu par Simone Veil en 1974, il déclare notamment que « l'avortement, c'est un meurtre », et que l'autorisation de cet acte pourrait déboucher sur "l'autorisation de l'homicide volontaire". La même année, il projette de jumeler Nice avec Le Cap, en Afrique du Sud, alors sous le régime de l'apartheid. En 1981, il vote contre l'abolition de la peine de mort, et demande par la suite son rétablissement, notamment lors d'une manifestation, en 1985. Estrosi reprendra d’ailleurs cette position 6 ans plus tard.  Le 11 décembre 1991, il dépose à l'Assemblée nationale une proposition de loi visant à rétablir la peine de mort : Proposition de loi tendant à rétablir la peine de mort pour certains crimes, n° 243023.

J.Médecin soutenait l’apartheid en Afrique du Sud et se situait à la lisière du Front National dont il avait déclaré, dans l’organe de celui-ci National Hebdo, partager « 99,9 % des idées ».

Avant sa fuite, il avait en 1990  réagi violemment au refus des membres de la communauté juive niçoise de cautionner son rapprochement avec Le Pen,   notamment lors de la venue de l’ancien Waffen SS allemand Schoenhuber pour un congrès du FN à Nice.  Après la démission de trois conseillers municipaux, il éructa :  « Ce sont les juifs qui sont partis» (Le Monde du 5 avril 1990)

Il avait  ensuite dénoncé les  «Israélites qui ne refusaient jamais un cadeau»; il justifia ainsi cette diatribe :« J'étais de toutes les fêtes de la communauté, de tous leurs défilés, de toutes leurs manifestations. Mes propos ont été déformés, délibérément. En parlant, j'évoquais un problème de politesse. Et l’on m'a lynché dans le monde entier. » C’est le même type de justification qu’ont produit Georges Frêche et Claude Goasguen après des déclarations antisémites

(voir 

Frêche: raciste et antisémite

Qui manipule l’étoile jaune ?

Connaitra un jour les réels sentiments d'Estrosi à l’égard de ces "autres gens du voyage" que sont les Juifs ? Estrosi symbolise les dirigeants de la droite dure du Midi, tournés vers la glorification de l’Algérie française et qui recyclent massivement les thèmes de l’extrême droite ainsi que  les responsables locaux de celle-ci.

 A voir aussi sur ce site

Sarkozy, Gaudin, Estrosi: l'ombre du Front National

 Gaudin: l'impensé colonial

Des "collègues" du FN à la tête de l'UMP

 Front National: on recycle?

Succès du Front National: quelles conséquences?

 

MEMORIAL 98

 

 

 

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 21:03

 

Depuis la mort de Clément Méric, nous avons appelé à une large mobilisation unitaire (voir Pour repousser l’extrême droite : passer à la vitesse supérieure ). Celle-ci est d’autant plus nécessaire que le Front National, qui constitue la grande force d’extrême-droite dans le pays, semble poursuivre son expansion, nourrie par la crise sociale et l’utilisation de la xénophobie.

Une journée nationale de mobilisation et de manifestations est organisée par un large collectif unitaire d’associations (dont Memorial 98), d’organisations syndicales et de partis le dimanche 23 juin à Paris et dans tout le pays. Nous devons tout faire pour que se rassemblent ce jour-là le plus grand nombre de ceux et celles qui veulent affirmer leur rejet de l’extrême-droite et de ses alliés.Cette échéance sera suivie d'autres intiatives unitaires afin d'enraciner le combat antifasciste dans la durée.

Nous vous demandons de diffuser le plus largement possible l’appel unitaire ci-dessous.

Voir aussi sur ce site:

  Extrême-droite : assez de crimes, assez de violences !

Un suicide pour appeler à la violence.

Après les manifestations du 12 mai : poursuivre la mobilisation.

Premier mai: agir contre la xénophobie en Europe.

Antifascisme: regroupement des forces

Hitler ? Pff, une banalité ! ... par Souâd Belhaddad

Copé : au-delà de la provocation

Copé: le visionnaire facho.

Quand N.Morano collectait des signatures pour Le Pen

 


Suivez sur Facebook l'actualité quotidienne de la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme de Memorial 98 à l'adresse http://www.facebook.com/groups/348947755137242/

 

Memorial 98   

 

 

 

 

 Appel

 

Le fascisme tue. Ensemble, combattons-le !

 

Le 5 juin, des militants d’extrême-droite ont tué Clément Méric, syndicaliste étudiant et militant antifasciste. Ce meurtre nous indigne et nous révolte ; il s’inscrit dans la suite de très nombreuses agressions commises par des groupes d’extrême-droite ces derniers mois. La situation exige des actes forts, permettant de mettre un coup d’arrêt à la propagation de ces idées et pratiques nauséabondes.

 

Dans le respect de leurs différences, les organisations soussignées appellent à s’unir pour rendre hommage à Clément et pour éliminer la haine fasciste.

 

Confortés par des partis qui reprennent des propos et des pratiques de l'extrême droite, les groupes fascistes refont surface. Les dernières actions contre le mariage pour tous et toutes ont été l'occasion pour eux d'être mis sur le devant de la scène. Nous dénonçons la banalisation du FN et de ses idées xénophobes et racistes.

 

L'exclusion, le rejet de l'autre, la fermeture des frontières, la désignation de boucs émissaires, la dénonciation de l'immigration comme responsable de tous les maux sont des attitudes qui, l'histoire en témoigne, conduisent au pire. L’Etat entretient un climat délétère en organisant des expulsions massives qui participent à la stigmatisation des immigré-es et des Roms. Au contraire, il est nécessaire d’agir avec détermination contre les commandos fascistes.

 

Odieux et inacceptable en lui-même, le meurtre de Clément dépasse le drame individuel. Agressions contre les lesbiennes, bi-es, gays et les personnes trans, contre les immigré-es et les personnes issu-es de l'immigration, les musulman-es, actes antisémites, violences envers des militant-es antifascistes et des organisations progressistes, se sont multipliées dans toute la France comme à travers toute l'Europe. Le mensonge, la haine, la violence, la mort, voilà ce que porte l’extrême-droite, de tout temps et en tous lieux.

 

Ce n’est pas une question morale ; le fascisme se nourrit des peurs face à l’avenir : 5 millions de chômeurs et chômeuses, 8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, 3,5 millions de mal logé-es, accroissement de la précarité, conditions de travail dégradées, licenciements, fermetures d’entreprises...  Face à l’explosion des inégalités et aux politiques d’austérité, il faut reconstruire l’espoir collectif en une société plus juste. La question de la répartition des richesses que nous produisons est fondamentale. L’extrême-droite est à l’opposé de ces valeurs.

 

Utiliser la mort de Clément serait méprisable. A contrario, c’est honorer sa mémoire que de dire publiquement et ensemble ses engagements syndicaux et antifascistes, et de poursuivre encore plus nombreux-euses et déterminés-es ses combats pour la liberté et une autre société.

 

Unité contre le fascisme et l’extrême-droite !

Manifestation à Paris, dimanche 23 juin à 15h

Des manifestations seront aussi organisées en commun dans d’autres villes.

Nos organisations se réuniront de nouveau après la manifestation : éradiquer la menace fasciste nécessite un travail dans la durée et l’organisation de collectifs locaux. Nos organisations sont différentes, mais elles ont un point commun essentiel : le refus de l’intolérance, du nationalisme, de la haine, et de l’exclusion ; tout le contraire de ce que veut imposer l’extrême-droite !

Le fascisme et l’extrême-droite ne sont pas des courants politiques avec lesquels on dialogue ou on compose. Leur système est basé sur la violence physique, la haine, l’asservissement des peuples.

 

Premiers signataires (au 13 juin) :

 

AC !, Act Up Paris, Action antifasciste Paris Banlieue, Alternative Libertaire, APEIS, ATTAC France, CADAC, CEDETIM/IPAM, CGT Educ’action Versailles, CGT Educ’action Créteil, CNDF, CNT, Collectif Antifasciste Paris Banlieue, Collectif CIVG Tenon, CONEX (Coordination nationale contre l’extrême droite), Collectif de Saint Denis contre le FN et l’extrême droite, Confédération paysanne, Convergence et Alternative, DAL, DIDF, EELV, FA, FASE, FASTI , Fédération Anarchiste, FIDL, FSU, Fondation Copernic, Gauche Anticapitaliste, Gauche Unitaire, GISTI, Jeudi Noir, Justice et Libertés, L’appel et la pioche, La Horde, La LMDE, Les Alternatifs, Lesbian and Gay Pride Lyon, Les Debunkers, Marche Mondiale des femmes, Marches européennes contre le chômage, MRAP, Mémorial 98, MJCF, MNCP, M’PEP, NPA, PCF, PCOF, PG, Pink Bloc Paris, Ras l’Front Marne-la-Vallée, Ras l’Front 38, République et Socialisme, Réseau pour un avenir sans fascisme, SGEN-CFDT Académie de Versailles, SLU (Sauvons l’université), SNESUP-FSU, Solidaires Etudiant-Es, SOS Racisme, Sortir du colonialisme, Syndicat des avocats de France, Syndicat de la magistrature, UNEF, Union syndicale Solidaires, UNSP, VISA (Vigilance et initiatives syndicales antifascistes)…

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 00:02

 

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Quatre jours se sont écoulés depuis l’assassinat de Clément Méric. De nombreux rassemblements de protestation et de deuil ont eu lieu et se poursuivront dans les jours à venir.

Pour notre part, il nous semble que ces réactions sont très en deçà de ce qui serait nécessaire et réalisable dans la situation actuelle, afin de  mettre un coup d’arrêt à la vague de violences et marquer un rapport de force face à l’extrême-droite et à ses tentacules. Ce sont des centaines de milliers de personnes qu’il faut mobiliser, c’est un réseau de « comités de vigilance » qu’il faut mettre en place, dans un esprit de rassemblement et  d’unité.  La mobilisation de la jeunesse représente un enjeu particulier alors que les droites radicales ont instrumentalisé un simulacre de révolte pour la défense de l’ « ordre naturel », contre l’extension des droits

Depuis plusieurs mois, les différents groupes et sous-groupes  de cette mouvance multiplient les attaques. Celles-ci ciblent les lieux de culte et particulièrement les mosquées, les locaux associatifs ou politiques, les militants (e)s de gauche, les gays, les couples « mixtes »  comme récemment à Lyon (agression d'un couple franco-asiatique). Elles sont anonymes ou signées d'une croix gammée, d'une croix celtique, du sigle du GUD ou des Jeunesses Nationalistes. Il ne s’agit pas d’actes dérisoires, aux marges de la vie politique. Les groupes les plus radicaux se nourrissent de la progression du Front national et de la porosité  entre celui-ci et la direction de l’UMP. Lorsque le président de ce dernier parti invente une histoire de « pain au chocolat » , la publie dans un livre-manifeste de la « droite décomplexée » et la martèle dans ses meetings, ne contribue-t-il pas à légitimer la xénophobie et la violence ? (voir Copé : au-delà de la provocation )

L’attitude du gouvernement Ayrault est aussi fautive: un des exemples en est  la place prise par Manuels Valls et ses diverses expressions contre les Roms (voir  Roms : les mauvaises actions du gouvernement.) et le droit de vote des étrangers 

Dans ce contexte qu’on qualifie de « malsain » comme s’il s’agissait d’une fatalité, certains médias portent ainsi une responsabilité particulière en réduisant ce nouveau crime à un incident entre « extrémistes ».

Il est temps d’élargir le cadre de la mobilisation ; après les premières initiatives organisées dans l’urgence, c’est maintenant  une large mobilisation unitaire qui est nécessaire.

Autour des associations à caractère national et des organisations syndicales peuvent s’organiser de  grandes manifestations qui redonneront confiance à tous ceux qui pensent assister à une montée inexorable de l’extrême-droite.

Des comités de vigilance unitaires locaux peuvent rassembler les forces de tout le camp antifasciste et combattre la xénophobie sur le terrain.

Une telle mobilisation démontrera  à quel point les exigences de justice sociale, de solidarité d’égalité sont fortes et ancrées, beaucoup plus que ne le laisse penser le déroulement de ces dernières semaines.

La mémoire de Clément Méric mérite que se mette en place ce grand mouvement antifasciste.

(voir Extrême-droite : assez de crimes, assez de violences !

Un suicide pour appeler à la violence.

Après les manifestations du 12 mai : poursuivre la mobilisation.

Peste brune : non à la parade de l'extrême-droite le 12 mai

Premier mai: agir contre la xénophobie en Europe. )

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 15:16

Nous rendons hommage à Clément Méric, militant antifasciste, étudiant à Sciences Po où il militait au syndicat Sud, qui  a été tué hier en plein Paris par un groupe de militants d’extrême droite manifestement lié au groupe JNR (Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires).

Violemment frappé au sol, il a été déclaré en état de mort cérébrale à l’hôpital Salpetrière.

Nous adressons nos condoléances à sa famille et ses camarades.

Nous en appelons aux organisations antiracistes, aux syndicats et aux partis de gauche afin qu’ils organisent ensemble des manifestations de grande ampleur dans toutes les villes du pays pour affirmer la force et la détermination du combat contre l’extrême-droite.

Dans l’immédiat nous appelons à participer aux différentes initiatives prévues et demandons qu’elles revêtent un caractère unitaire et rassembleur.

Le crime d’hier est lié au contexte politique de radicalisation à droite que nous avons mis en lumière ces dernières semaines, notamment autour des manifestations contre le mariage pour tous et de l’« auto-exécution » de Dominique Venner (voir  Peste brune : non à la parade de l'extrême-droite le 12 mai .

Après les manifestations du 12 mai : poursuivre la mobilisation.

Un suicide pour appeler à la violence.)

Les groupes les plus radicaux se sont sentis galvanisés par l'élan violent des manifestations homophobes et de la cohabitation droite-FN, symbolisée par la présence de Gilbert Collard au premier rang des cortèges au côté des députés UMP. Dans la foulée, l’extrême-droite n'hésitait pas à passer à l'attaque physique contre les manifestations ou les militants: le 1er mai dernier, un cortège en hommage à Brahim Bouaram, lui-même assassiné par des bonheads issus d’un défilé du Front National le 1er mai 1995, a été attaqué par une quarantaine de néo-fascistes armés. Les forces de police présentes sur place ont fait preuve de passivité et ont laissé l’attaque se dérouler, intervenant uniquement quand les antifascistes ont commencé à riposter.

ll ne s’agit pas ici de « groupuscules » sans importance ou anecdotiques: ces groupes sont parfaitement intégrés et tolérés, aussi bien dans les manifestations homophobes soutenues par l'UMP que  dans les défilés du FN « dédiabolisé". C'est bien au sein du défilé du FN du 1er mai, au vu et au su de son service de sécurité, qu'ont par exemple été diffusées et collées des affiches comportant l'adresse personnelle de journalistes et d'intellectuels désignés comme les cibles à abattre.

Depuis des mois, c'est le laisser faire quasi-total, alors que se multiplient les actes de violences contre les membres des « minorités », ainsi que les attaques signées d'une croix gammée, d'une croix celtique, du sigle du GUD ou des Jeunesses Nationalistes contre les lieux de culte, les locaux associatifs ou politiques. Ainsi  lors des manifestations homophobes contre le mariage pour tous, les divers groupes fascistes  et intégristes s'en sont donnés à cœur joie dans le style du fantasme de  « Février 1934 ». 

Partout en Europe, l'ascension de l'extrême-droite « légale » va de pair avec celle des courants qui prônent ouvertement la violence et assument publiquement l'héritage des fascismes du XXe siècle.

Partout en Europe, la dédiabolisation de l'extrême-droite légale va de pair avec la tolérance sur les agissements de l'extrême-droite radicale et violente, présentée par les pouvoirs publics, de droite ou hélas de gauche comme un « épiphénomène ».

En France comme ailleurs,ces deux branches de l'extrême-droite sont liées organiquement et au quotidien : ainsi le mercredi 15 mai, l'invité de « 3ème Voie » au local parisien de Serge Ayoub, responsable des fameuses Jeunesse nationalistes révolutionnaires (JNR) mises en cause dans l'assassinat d'hier, est Robert Ménard, journaliste reçu sur de nombreuses chaînes de télé et de nombreux médias radiophoniques. Il annoncé sa probable candidature aux municipales à Béziers, dans le cadre du Rassemblement Bleu Marine, censé constituer l'aile « modérée » du FN.

 Après le « suicide » de Dominique Venner,  la réaction immédiate de Marine Le Pen a consisté à revendiquer une continuité avec le théoricien fasciste le plus marquant de la période d’après-guerre en déclarant: «Tout notre respect à Dominique Venner dont le dernier geste, éminemment politique, aura été de tenter de réveiller le peuple de France.». Des responsables de la droite de l’UMP comme Thierry Mariani mais aussi Hervé Mariton, héraut parlementaire du combat contre le mariage pour tous ont eux aussi rendu hommage à Venner, en passant sous silence son engagement fasciste enraciné. Nous avions mis en garde sur l’appel à la violence que constituait cet acte mis en scène.

La démocratie, c'est la protection du droit de chacun à vivre en paix ; elle ne consiste à pas autoriser les appels à la violence contre une partie de la population, même sous couvert de liberté d'expression. Ça suffit. Nous refusons de vivre dans la peur des violences qui entourent ces défilés de la haine.

Nous exigeons des pouvoirs publics qu'ils mettent un terme à cette agitation haineuse permanente et qu'ils prennent les mesures nécessaires pour rendre l'espace public à tous et à toutes.

Nous demandons à toutes les  organisations progressistes et antiracistes et notamment aux plus importantes d’entre elles de prendre la mesure de la gravité de la situation et de  mobiliser en conséquence.

 Nous continuerons à ne rien laisser passer, à dénoncer inlassablement l’extrême-droite et ses idées de xénophobie et de haine, à montrer au gouvernement de gauche que celles et ceux qui l'ont porté au pouvoir n'acceptent pas les parades fascistes comme un mal nécessaire.

(voir aussi Premier mai: agir contre la xénophobie en Europe.

Néo-nazisme: procès explosif à Munich.

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 01:21

 

 

La mise à mort spectaculaire et théâtralisée exécutée sur lui-même par le vétéran fasciste Dominique Venner en pleine Cathédrale Notre-Dame de Paris revêt un caractère particulier en cette période de radicalisation à droite et à l’extrême-droite, notamment dans les manifestations contre le mariage pour tous.

C’est d’ailleurs aux manifestants LMPT du 26 mai et particulièrement aux plus jeunes d’entre eux que s’adresse son dernier article publié sur son blog quelques heures avant de se tirer une balle dans la bouche, et dont nous reproduisons ici une partie.

Il est important de lire attentivement cette prose et d’analyser les thèmes qu’elle porte, à commencer par le « blogueur algérien » qui l’ouvre et qui constitue une référence directe au long combat de Venner pour l’Algérie Française, y compris dans sa version terroriste de l’OAS : 

 Extrait:  « La manif du 26 mai et Heidegger

Les manifestants du 26 mai auront raison de crier leur impatience et leur colère. Une loi infâme, une fois votée, peut toujours être abrogée.

Je viens d’écouter un blogueur algérien: « De toute façon, disait-il, dans quinze ans les islamistes seront au pouvoir en France et il supprimeront cette loi ». Non pour nous faire plaisir, on s’en doute, mais parce qu’elle est contraire à la charia (loi islamique).

C’est bien le seul point commun, superficiellement, entre la tradition européenne (qui respecte la femme) et l’islam (qui ne la respecte pas). Mais l’affirmation péremptoire de cet Algérien fait froid dans le dos. Ses conséquences serraient autrement géantes et catastrophiques que la détestable loi Taubira.

Il faut bien voir qu’une France tombée au pouvoir des islamistes fait partie des probabilités. Depuis 40 ans, les politiciens et gouvernements de tous les partis (sauf le FN), ainsi que le patronat et l’Église, y ont travaillé activement, en accélérant par tous les moyens l’immigration afro-maghrébine. Depuis longtemps, de grands écrivains ont sonné l’alarme, à commencer par Jean Raspail dans son prophétique Camp des Saints dont la nouvelle édition connait des tirages record.

Les manifestants du 26 mai ne peuvent ignorer cette réalité. Leur combat ne peut se limiter au refus du mariage gay. Le « grand remplacement » de population de la France et de l’Europe, dénoncé par l’écrivain Renaud Camus, est un péril autrement catastrophique pour l’avenir.

Il ne suffira pas d’organiser de gentilles manifestations de rue pour l’empêcher. C’est à une véritable « réforme intellectuelle et morale », comme disait Renan, qu’il faudrait d’abord procéder. Elle devrait permettre une reconquête de la mémoire identitaire française et européenne, dont le besoin n’est pas encore nettement perçu.

Nous entrons dans un temps où les paroles doivent être authentifiées par des actes. Il faudra certainement des gestes nouveaux, spectaculaires et symboliques pour ébranler les somnolences, secouer les consciences anesthésiées et réveiller la mémoire de nos origines… »

En allant à l’essentiel, le message de Venner se résume à un thème unique : contre l’ « envahissement » par les musulmans, une nouvelle croisade débute (et dans son propre cas se poursuit depuis des dizaines d’années) ; il faut  donc « agir » c’est-à-dire utiliser la violence, les armes.

Dans sa situation particulière (âge, état de santé), il choisit de se supprimer lui-même afin de donner l’exemple et d’inciter à dépasser les « gentilles manifestations de rue »

Malgré des circonstances tout à fait différentes, l'acte de Venner fait penser au massacre mis en oeuvre par Anders Breivik en Norvège (voir Norvège : comprendre l’horreur.) 

Leur idées étaient fort ressemblantes, elles portaient sur l'"envahissement" de l'Europe par des populations immigrées et la lutte contre le « multiculturalisme ». On notera d’ailleurs la mise en garde de l' avocat qui a accepté de défendre Breivik, Geir Lippestad. En tant qu’avocat et que membre du parti social-démocrate, il a défendu le droit de l'extrémiste à s'exprimer, estimant que le débat ouvert reste l'arme la plus efficace contre son discours.

Lippestad s'inquiète, dans un livre récent, de voir le tueur d'Oslo devenir un "personnage culte. Il écrit : "…Quand on voit des images de Russie, des Etats-Unis, d'Angleterre, d'Allemagne, de Grèce, de Suède et d'autres pays où il a des supporters, Breivik est indubitablement en train de devenir un modèle qui peut influencer d'autres personnes à avoir des pensées, des idées et des projets qui à terme peuvent muer des jeunes gens en terroristes et non pas en citoyens respectueux de la loi"

On notera à ce propos que le dernier ouvrage paru de Dominique Venner a été publié l'an dernier par Pierre Guillaume de Roux, éditeur qui s'était fait connaître en publiant aussi en août 2012 l'Eloge littéraire d'Anders Breivik, essai polémique de Richard Millet présentant favorablement le tueur norvégien d'extrême-droite. Dominique Venner devait publier en juin chez ce même éditeur  son prochain livre, intitulé Un samouraï dOccident, Le bréviaire des insoumis.

Il est probable que ceux, qui dans les mouvances radicales de droite, ont la sensation de vivre un combat historique contre la « décadence » prendront au sérieux cet appel et chercheront à s’initier aux thèmes développés par Venner

Notons ainsi que les oeuvres d'un autre fasciste suicidé, l'écrivain Drieu la Rochelle, qui fut membre du parti pronazi PPF de Doriot (comme le père de Dominique Venner) se diffusent bien au-delà des cercles d'extrême-droite, soixante ans après sa mort, notamment en raison de l'aura romantique lié à son suicide, à la fin de la guerre le 15 mars 1945. Il y a fort à parier d'ailleurs, que parmi les motivations de Venner, figurait aussi celle de laisser un nom dans l'Histoire, et de ne pas être confiné à ce qu’il fut longtemps, c’est-à-dire une éminence grise uniquement connue des historiens spécialisés et de sa propre mouvance politique.

Dominique Venner a joué un rôle crucial à l'extrême-droite. Il fonde en 1954, avec Pierre Sidos, symbole pétainiste, le mouvement ultra-violent "Jeune Nation". Ce mouvement s’investit totalement dans le combat pour l'Algérie française et se fait dissoudre le 15 mai 1958. Ses militants rejoignent l'OAS. Dominique Venner et Pierre Sidos seront incarcérés. En 1963, à sa sortie de prison, il fonde le mouvement "Europe-Action" qui aura une influence déterminante sur la Fédération des étudiants nationalistes (FEN), la matrice dont sortira le groupe Occident.

Déjà à cette époque Dominique Venner exerce un magistère intellectuel sur de futurs cadres de l'extrême droite de la fin des années 1960, qui se nomment François d'Orcival, Alain Madelin, Gérard Longuet. Il fut ensuite l’inventeur et l’esprit central de la Nouvelle Droite dans les années 1970, qui prône l'anti-égalitarisme et l'opposition au multiculturalisme. Il a joué un rôle important dans le GRECE, chargé de diffuser la pensée racialiste d’extrême-droite dans les milieux politiques et intellectuels et qui fut notamment à l’origine des initiatives contre le droit du sol (voir sur ce thème Copé : au-delà de la provocation )

Les élégies complaisantes à propos de Venner n’ont pas tardé. Elles rendent compte des vieilles solidarités qui ont vu des militants d’extrême-droite investir des journaux comme Le Figaro. Mais l’élément essentiel est lié au contexte politique de radicalisation à droite que nous avons mentionnée. C’est ainsi que s’explique  la réaction immédiate de Marine Le Pen, qui consiste à revendiquer une continuité avec le théoricien fasciste le plus marquant de la période d’après-guerre en déclarant: «Tout notre respect à Dominique Venner dont le dernier geste, éminemment politique, aura été de tenter de réveiller le peuple de France.».

Des responsables de la droite de l’UMP comme Thierry Mariani mais aussi Mariton, hérault parlementaire du combat contre le mariage pour tous ont eux aussi rendu hommage à Venner, en passant sous silence son engagement fasciste enraciné.

La période actuelle nécessite un combat de fond contre les idées et les forces d’extrême-droite. Nous y prenons  notre place (voir notamment les textes ci-dessous)

Peste brune : non à la parade de l'extrême-droite le 12 mai

Après les manifestations du 12 mai : poursuivre la mobilisation.

Antifascisme: regroupement des forces

Hitler ? Pff, une banalité ! ... par Souâd Belhaddad

Copé: le visionnaire facho.

Nationalité : Copé et l’UMP en embuscade.

Marine Le Pen récidive déjà.

Le Pen : l’antisémitisme jusqu'au bout.

Qui veut se faire piéger par Marine Le Pen ?

Succès du Front National: quelles conséquences?

Albert Herszkowicz (avec NI et BS) pour

 

MEMORIAL  98

 

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 22:35

Cet article est publié en commun avec nos camarades du blog Opération Poulpe avec qui nous avions lancé l'appel pour le 12 mai (voir Peste brune : non à la parade de l'extrême-droite le 12 mai.) Nous vous invitons à consulter leur blog http://operationpoulpe.blogspot.fr/

 

MEMORIAL 98

 

 Sur Facebook suivez l'actualité quotidienne de la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme à l'adresse du groupe Memorial 98  http://www.facebook.com/groups/348947755137242/ .

Ainsi ces derniers jours nous avons révélé que Vialatte député-maire de Six-Fours dans le Var qui, à propos des incidents du PSG a lancé des propos xénophobes et insultants à l égard des « descendants d’esclaves », est un récidiviste proche de l’extrême-droite: en 2008, il avait organisé dans sa ville l’accueil dans une salle municipale d’un congrès rassemblant la fine fleur de l’extrême-droite et du négationnisme. Nous l’avions alors dénoncé, avec les associations locales (voir Soutenir la mobilisation contre le négationnisme! )

 

 

Ne pas laisser passer: tel était pour nous le sens de l'exigence lancée à la Préfecture de Police et à la Mairie de Paris pour qu'elles prennent les mesures nécessaires afin que néo-nazis, nostalgiques de Vichy et fascistes du 3e millénaire ne défilent pas une nouvelle fois dans le centre de Paris le 12 mai.

 

Nous ne sommes pas naïfs: en une année de gouvernement de gauche, seules deux manifestations de l'extrême-droite ont été interdites et ce en début de mandat : une à Lyon et une à Paris, toutes deux organisées par la branche jeunesse de l'Oeuvre Française, les Jeunesses Nationalistes

 

Depuis, c'est le laisser faire quasi-total, alors même que se multiplient les actes de violences contre les membres des « minorités », ainsi que les attaques signées d'une croix gammée, d'une croix celtique, du sigle du GUD ou des Jeunesses Nationalistes contre les lieux de culte, les locaux associatifs ou politiques.  Ainsi  lors des manifestations homophobes contre le mariage pour tous, les divers groupes fascistes  et intégristes s'en sont donnés à cœur joie dans le style du fantasme de  « Février 1934 ».

 

 

Cette semaine de mobilisation annuelle des groupes fascistes s’est inscrite dans ce contexte. Outre les manifestations parisiennes du 12 mai autorisées par la préfecture de Police, des actions ont été organisées le jeudi 9 mai, à Lyon, à Rennes et dans d'autres régions par les Jeunesses Nationalistes.

 

 

Les  forces de police ont bien mis en oeuvre des mesures répressives :  pas contre   les fascistes, mais contre celles et ceux qui ont, fort légitimement, tenté de s'opposer aux parades néo-nazies.

 

 Ainsi à Lyon, une contre-manifestation antifasciste le 9 mai a donné lieu à l'arrestation immédiate de 25 militantEs, dont six ont vu leur garde-à-vue prolongée après les premières 24H, tandis que leurs soutiens venus manifester au commissariat voyaient leur identité contrôlée. Pendant ce temps, les Jeunesses Nationalistes manifestaient, sous protection policière.

 

À Rennes le même jour, c'est la mobilisation des antifascistes et pas celle des pouvoirs publics qui a empêché la tenue du rassemblement des Jeunesses Nationalistes,

À Paris, la Préfecture de Police qui trouve parfaitement normal et conforme à l'ordre public de laisser défiler des milices néo-pétainistes et des jeunes gens vêtus de noir faisant le salut fasciste a infligé une garde-à-vue de 9 heures aux Femen venues déployer une banderole anti-nazie, sous le prétexte de s’être livrées à une  « exhibition sexuelle ».  On notera au passage le parallélisme de cette qualification policière et les nombreuses insultes sexistes et vulgaires proférées à l’encontre des Femen par les manifestants d'extrême-droite.

 

L’attitude des autorités face à notre appel apporte un triste démenti  à celles et ceux qui objecteraient l'existence d' « autres méthodes  plus respectueuses des règles » pour empêcher l'exhibition publique de la haine raciste, antisémite, sexiste, homophobe. En effet, notre appel a connu une diffusion  importante, à la fois sur les réseaux sociaux, sur les sites de collectifs et d'organisations antiracistes. Le journal l'Humanité a relayé notre appel dans son intégralité. Nous remercions notamment la LDH Toulon, Ras l'Front Rouen, le collectif antifasciste de Bordeaux et tant d’autres qui ont diffusé et publié cet appel . De très nombreux  mails  ont été envoyés, à la Préfecture de Police, au Ministère de l'Intérieur, au Maire de Paris. 

 

Les différentes autorités ont autorisé les différents défilés et ont de surcroît préféré opposer un silence quasi-total à nos demandes. L'exception concerne le cabinet du Maire de Paris, qui a prétendu avec une certaine hypocrisie n'être aucunement concerné par nos messages,  en nous renvoyant vers  la Préfecture de Police. Pourtant, en 2008, le Maire de Paris avait lui-même demandé au Préfet l'interdiction de ces mêmes manifestations et l’avait obtenue. Il est vrai qu'à l'époque, il s'agissait d’un  gouvernement de droite ; la dénonciation de sa complaisance face à l'extrême-droite offrait des avantages politiques plus immédiats à la veille d'élections municipales.

 

C'est grâce à la mobilisation de tous ceux qui refusent le silence et la passivité face à l'offensive fasciste que l’atmosphère peut se modifier et entraîner aussi les grandes organisations antiracistes: ainsi SOS Racisme nous a fait savoir qu’elle avait de son côté demandé l'interdiction mais sans juger utile, à notre connaissance,   de communiquer publiquement sur le sujet.

 

«  Ils n'étaient que quelques centaines, et même moins que l'année dernière » lit-on ici et là en guise de commentaire face aux parades du 12 mai.  Mais l'examen attentif de la situation dans l'Hexagone montre, certes que les néo-nazis et fascistes assumés ne sont souvent que « quelques centaines », voire « quelques dizaines » lors de leurs actions.  Mais ces actions se démultiplient sur le territoire, et  se déroulent  chaque semaine.

 

D'autres encore affirment qu'il s'agit là d'une mouvance, certes dangereuse, mais isolée. La réalité est cependant autre : les Jeunesses Nationalistes sont parfaitement intégrées aux manifestations homophobes, il arrive même, comme à Lyon le 5 mai dernier , qu’en alliance avec le GUD, elles prennent la tête d'une de ces manifestations et en chassent Frigide Barjot.

 

Partout en Europe, l'ascension de l'extrême-droite « légale », va de pair avec celle des courants qui prônent ouvertement la violence et assument publiquement l'héritage des fascismes du XXe siècle. Partout en Europe, la dédiabolisation de l'extrême-droite légale va de pair avec la tolérance sur les agissements de l'extrême-droite radicale et violente, présentée par les pouvoirs publics, de droite ou hélas de gauche comme un « épiphénomène ».

 

En France comme ailleurs, d'ailleurs ces deux extrême-droite sont liées organiquement et au quotidien : ainsi ce mercredi 15 mai, l'invité de « 3ème Voie » au local parisien de Serge Ayoub est Robert Ménard, journaliste reçu sur de nombreuses chaînes de télé et de nombreux médias radiophoniques et qui a déjà annoncé sa probable candidature aux municipales à Béziers dans le cadre du Rassemblement Bleu Marine, censé constituer l'aile « modérée » du FN.

 

 Nous continuerons à ne rien laisser passer, à dénoncer inlassablement l’extrême-droite et ses idées de xénophobie et de haine, à montrer au gouvernement de gauche que celles et ceux qui l'ont porté au pouvoir n'acceptent pas les parades fascistes comme un mal nécessaire.

 

MEMORIAL 98

OPERATION POULPE

 

 

 

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