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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Retrouvez aussi le quotidien de l'info antiraciste sur notre blog d'actus :

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Sur les réseaux sociaux : 

    

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Pour correspondre avec nous, nous proposer des articles ou des informations,

pour toute question : 

contact@memorial98.org

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 21:29

   

 

Un premier ministre utilise l'insulte xénophobe et sexiste comme  argument:

«Je pense que cette dame n'a pas une culture très ancienne de la tradition française, de l'histoire française et des valeurs françaises».

En une phrase lancée contre Eva Joly, candidate à la présidentielle,  Fillon a choisi de  basculer dans le camp des dirigeants UMP qui font leurs les campagnes et obsessions du Front National. 

Il symbolise ainsi la dérive d’une droite à bout de souffle, dont le seul ressort semble être l’escalade xénophobe.

Fillon s'empare de thématiques élaborées par l'extrême-droite depuis des dizaines d'années: dénonciation des "Français de papier" et de la bi-nationalité, lourdes plaisanteries sur les accents, traque des origines...

En effet lors de la précédente présidentielle, en 2007, JM  Le Pen avait systématiquement mis en cause les « 3 grands parents étrangers de Sarkozy ».

Ainsi, dans une interview au Parisien du 15 Avril  2007, il faisait référence aux origines hongroises du candidat :  " …Je dis à M. Sarkozy qu'il n'a pas ce passé qui constitue la structure de la nation" car un président, " … est en charge d'une incarnation du peuple et de la nation, et le fait d'avoir trois grands-parents étrangers n'est pas ce qui vous qualifie le plus pour cette fonction exceptionnelle".

À la question de savoir pourquoi il prenait autant pour cible Sarkozy, Le Pen répondait dans une autre déclaration : "…Il se trouve que Sarkozy a trois grands-parents étrangers sur quatre. Il peut être Français, ministre et même Premier ministre. Mais la fonction présidentielle a une dimension quasi-religieuse".

L’insistance sur les grands-parents et la « dimension quasi-religieuse » nous avait permis de comprendre et  révéler qu’il s’agissait pour le chef du FN d’une référence codée au statut des Juifs de  Pétain, prévoyant l’exclusion de la vie publique pour ceux qui avaient 3 grands-parents juifs, comme le montre le texte de ce statut:

 «  LOI portant statut des juifs

Source : Journal officiel, 18 octobre 1940, p. 5323.

Nous, Maréchal de France, chef de l'État français, Le conseil des ministres entendu,

Décrétons :

Article l". - Est regardé comme juif, pour l'application de la présente loi, toute personne issue de trois grands-parents de race juive ou de deux grands-parents de la même race, si son conjoint lui-même est juif.

Art. 2. - L'accès et l'exercice des fonctions publiques et mandats énumérés ci-après sont interdits aux juifs :

1. Chef de l'État, membre du Gouvernement, conseil d'État, conseil de l'ordre national de la Légion d'honneur, cour de cassation, cour des comptes, corps des mines, corps des ponts et chaussées, inspection générale des finances, cours d'appel, tribunaux de première instance, justices de paix, toutes juridictions d'ordre professionnel et toutes assemblées issues de l'élection..... »

 

Après l’élection de Sarkozy Le Pen avait creusé ce sillon:   en juin 2007 il s’en était pris à Rachida Dati, alors ministre de la Justice, en ces termes : " question à Mme Dati: est ce que vous avez la nationalité marocaine, ou est-ce que vous avez la nationalité française ? vous devez choisir. Si vous choisissez la nationalité étrangère, vous serez des étrangers, respectés en France, mais selon le statut des étrangers, sans les avantages que moi je crois devoir réserver aux Français… »

Dès que la candidature d’Eva Joly a été connue, en Juillet 2010, JM Le Pen l’avait ainsi immédiatement attaquée :  "…C'est une question de bon sens et de pudeur, une question de bienséance, on ne se présente pas à la présidence de la République d'un pays avec lequel on n'a pas de lien direct, même pas celui de la naissance" (conférence de presse du 14 juillet 2010)

Marine Le Pen, censée rompre avec l’extrémisme de son père, lui a emboîté le pas. Elle dénonce à son tour Eva Joly, en raison de sa double nationalité et lui conteste le droit de se présenter à l'élection présidentielle de 2012. Elle utilise pour cela la rhétorique classique de l’extrême-droite française en déclarant en janvier dernier :

"Quand on est candidat à la présidentielle (...) il faut avoir un lien charnel avec notre pays, avec notre peuple. Je trouve profondément indécent que quelqu'un qui est devenu français à 20 ans, qui a la double nationalité, puisse poser sa candidature... Il faut supprimer la double nationalité"

C’est à ce discours que se rallient Fillon et les autres chefs de l’UMP qui évoquent même « l’anti-France », selon une terminologie issue directement de l’extrême-droite des années 1930. C’est le cri classique du nationalisme français : «  Dehors les métèques ! »

Il y avait déjà avait eu une première salve contre Strauss-Kahn, à l’époque favori des sondages.

Pour le dissuader  de se présenter, les dirigeants UMP se sont montrés prêts à recourir à des attaques fortement teintées d’antisémitisme.

La première offensive est  venue de Christian Jacob, président des députés UMP et proche de Copé en février dernier. Elle faisait référence aux « terroirs » dont DSK serait exclu, selon le modèle des attaques contre Léon Blum et Pierre Mendès-France

Puis, pour montrer qu’il ne s’agissait pas d’une simple plaisanterie, est ensuite venue l'explication de texte d’un « intellectuel » du gouvernement lors du pèlerinage « chrétien » de Sarkozy au Puy-en-Velay le 3 mars dernier.

L. Wauquiez, alors   ministre des affaires européennes et agrégé d’histoire plongeait carrément dans l’univers des références du poujadisme, puisqu’il s'agissait pour lui des "racines"des uns et des autres ; il déclarait  :"...Son discours (de DSK) est celui d'une mondialisation sans couleur, ni saveur, qui se joue dans des grandes capitales internationales, c'est très loin de nous tout ça... Dominique Strauss-Kahn, c'est Washington… C'est pas la Haute-Loire et c'est pas ces racines-là". C'est le mot "racines" qui livrait la clé du propos, visant à disqualifier celui qui en serait privé, selon le stéréotype historique  du Juif errant, issu directement de l'anti-judaïsme de l'Eglise catholique.

Pourquoi tant de haine? décryptage

Dans le cas d’Eva Joly, il y a une dimension supplémentaire : en tant que juge, elle a osé défier  la compagnie pétrolière ELF  et les turpitudes financières dans  cette affaire de l’ex-ministre mitterrandiste Roland Dumas, qui la poursuit depuis de sa vindicte.

Dumas , maintenant compagnon de route du Front national, a auparavant, dans sa fonction de président du Conseil Constitutionnel, rendu de distingués services aux dirigeants de la droite.

Il a ainsi fait valider les comptes de campagne d’Edouard Balladur en 1997, malgré les très lourds soupçons qui pesaient et pèsent toujours sur son financement ; Balladur était à l’époque soutenu par Sarkozy, Fillon, Pasqua…

Puis Dumas a fait adopter l’impunité des présidents pendant leur mandat, ce qui a permis à Chirac d’échapper à toute mise en cause judiciaire pendant de longues années.

Pour la droite et l’extrême-droite, Eva Joly est décidément une femme à abattre.

(voir aussi sur ce site

Marine Le Pen récidive contre Eva Joly.

Sarkozy-Le Pen: l’apocalypse ?

Qui veut se faire piéger par Marine Le Pen ?

Un dirigeant UMP salit à nouveau la Shoah.

Déchéance de la nationalité : quand Pétain sévissait

Sarkozy : jusqu’où l'escalade ?

Europe : une marée brune ?

Succès du Front National: quelles conséquences?

Sarkozy, Gaudin, Estrosi: l'ombre du Front National

Balladur et Sarkozy: de la préférence nationale à l'Identité nationale

Le Pen récidive contre Rachida Dati

Sarkozy et le Front National: une liaison dangereuse

Le Pen et les "3 grands-parents étrangers" de Sarkozy

Le Monde cite Mémorial 98)

 

MEMORIAL 98

 

 

 

 

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 23:36

 

 

 

 

 

 

 

Casques bleus à Srebrenica face à la foule en juillet 1995

 

 

Mise à jour du 27 juin 2017: nouvelle et importante décision judiciaire contre l'impunité des autorités néerlandaises.

 

Six ans après ses premiers verdicts (voir ci-dessous) la justice néerlandaise prend en appel une décision importante et positive, bien qu'incomplète.

Elle juge que les autorités néerlandaises ont laissé se dérouler le génocide de Srebrenica, sans permettre le sauvetage des personnes qui tentaient de se réfugier dans l'enclave des Casques Bleus. C'est le résultat d'une longue bataille des victimes et de leurs avocats avec le soutien d'ONG néerlandaises et internationales, mobilisées pour la justice et contre l'impunité.

Cette reconnaissance est importante car elle trace la responsabilité des gouvernements qui laissent se dérouler des génocides et crimes contre l'humanité et n'interviennent pas pour sauver des vies humaines.

 

Le jugement résonne d'une part avec l'actualité immédiate face aux crimes du régime Assad et de Poutine en Syrie. D'ailleurs, en décembre dernier (2016), lors du siège et des massacres d'Alep, des enfants des victimes de Srebrenica avaient lancé un appel de solidarité avec les habitants d'Alep. Memorial 98 avait diffusé cet appel ( à écouter ici et à lire ici)

 

La condamnation des autorités néerlandaises concerne aussi le débat sur les responsabilités des autorités et de l'armée française dans le déroulement du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, un an à peine avant le génocide de Srebrenica. Des révélations confirment l'implication des pouvoirs publics et de hauts personnages de l'Etat dans sa mise en oeuvre. Toute la vérité doit être faite et les coupables éventuels doivent être jugés.

 

Enfin, la décision du tribunal d'appel représente un soutien aux victimes, rescapés et familles de victimes du génocide. Elles sont encore la cible du négationnisme des chefs serbes, soutenus par Poutine. La condamnation récente du génocidaire Karadzic a représenté un début de justice pour ce dernier génocide d'un 20e siècle qui en a tant connu  . La décision du tribunal d'appel représente une étape supplémentaire,  mais elle reste frappée par une absurdité évidente. Le jugement exonère en effet les autorités néerlandaises de 70% de leurs responsabilités, sous le prétexte pervers que même réfugiées dans l'enclave ONU, les victimes auraient été tuées. Ce calcul macabre représente une incitation à la non-prise de responsabilité de la part de ceux qui peuvent au moins tenter de sauver des vies en s'opposant aux génocidaires.  

L'impunité des auteurs de ces tueries et massacres représente un facteur évident de récidive et de perpétuation des actes génocidaires. C'est pourquoi, plus que jamais,  la mémoire des génocides nourrit nos combats. 

La décision judiciaire: 

L'Etat néerlandais est tenu "partiellement responsable" du décès de 350 musulmans lors du massacre de Srebrenica en 1995, selon un jugement de la Cour d'appel de La Haye rendu mardi."

La Cour juge que l'Etat néerlandais a agi illégalement" et "condamne l'Etat à verser une compensation partielle" aux familles des victimes, a déclaré la juge . Les Casques bleus néerlandais ont "facilité la séparation des hommes et des garçons musulmans tout en sachant qu'il y avait un risque réel qu'ils subissent un traitement inhumain ou qu'ils soient exécutés par les Serbes de Bosnie", a-t-elle expliqué.

Environ 8.000 hommes et garçons musulmans ont perdu la vie en 1995 lors du génocide de Srebrenica, théâtre des pires atrocités commises en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les troupes néerlandaises, connues sous le nom de "Dutchbat", retranchées dans leur base, avaient recueilli des milliers de réfugiés dans l'enclave des Nations unies.

Mais elles avaient d'abord fermé les portes aux nouveaux arrivants, puis permis aux troupes serbes de Bosnie d'évacuer les réfugiés. Les hommes et les garçons avaient alors été séparés et mis dans des bus puis massacrés.

"Dutchbat aurait dû prévenir ces hommes des risques qu'ils couraient et aurait dû leur laisser le choix de rester dans l'enclave pendant que leur famille était évacuée", a poursuivi la juge.

Toutefois, la Cour d'appel condamne l'Etat néerlandais à verser seulement 30% des dommages et intérêts réclamés par les familles des victimes car elle "n'est pas certaine que ces personnes n'auraient pas été tuées plus tard même si elles étaient restées dans l'enclave."

Une cour inférieure avait déjà statué en 2014 que l'Etat néerlandais était responsable du décès de ces 350 hommes et garçons bosniaques.

L'Etat néerlandais avait fait appel du verdict, en disant que personne n'aurait pu prévoir un génocide. Plus de 200 Casques Bleus demandent également des dommages et intérêts au gouvernement pour les avoir envoyé à Srebrenica remplir "une mission irréaliste, dans des circonstances impossibles", selon les mots prononcés l'année dernière par la ministre de la Défense.

 

MEMORIAL 98

 

20.000 personnes se sont rassemblées ce lundi 11 juillet au mémorial Potočari, dans le contexte de l’arrestation récente et fort tardive du commandant du massacre, Ratko Mladic. (voir Mladic: un génocidaire enfin arrêté.)

Cette année, 613 victimes identifiées ont été enterrées dans le cimetière où reposent déjà plus de 4.500 victimes.. En juillet 1995, environ 8.000 hommes Musulmans, adultes et adolescents, ont été tués en à peine quelques jours par les forces serbes de Bosnie. Un génocide selon la justice internationale.

Le 5 juillet, 16 ans jour pour jour après les faits, le gouvernement des Pays-Bas a été pour la première fois jugé coupable de la mort de trois Musulmans en juillet 1995 à Srebrenica. En 2008, lors du jugement en première instance, les Pays-Bas avaient été jugés non coupables.

Le bataillon des casques bleus néerlandais était chargé de protéger, face aux menaces serbes, l’enclave musulmane déclarée zone protégée par l’Onu.

Le 11 juillet 1995, les forces des Serbes de Bosnie qui encerclaient Srebrenica, sous les ordres de  Mladic ont pénétré dans la ville.

Les casques bleus néerlandais se sont alors retirés dans leur base, où presque 5.000 réfugiés trouvèrent protection. Mais 27.000 autres restèrent à la merci des Serbes.

8.000 hommes ont été tués et jetés dans les fosses communes par les forces serbes.Parmi les réfugiés du camp néerlandais,il y avait le traducteur du bataillon, avec toute sa famille (père, mère et petit frère),et l’électricien. Le 13 juillet, l’électricien et le petit frère du traducteur furent chassés du camp par les militaires néerlandais. Le père du traducteur les suivit. Les trois hommes furent massacrés avec les autres, et à la fin de la guerre, leurs proches déposèrent  une plainte contre le gouvernement des Pays-Bas.

L’Etat néerlandais s’est défendu en soutenant que le bataillon n’était pas sous son contrôle, mais qu’il était commandé par l’ONU. Le tribunal a rejeté cette thèse, jugeant qu’« à cause de la situation extrêmement difficile et périlleuse », le gouvernement néerlandais avait progressivement repris le contrôle de ses hommes. Le tribunal a également estimé que le bataillon connaissait les risques et les dangers de la situation. En conséquence, les militaires néerlandais savaient qu’en excluant les trois hommes, ils les condamnaient à une mort certaine.

Sur cette base, les Pays-Bas ont été reconnus responsables de la mort des trois Bosniaques.

L’État a décidé de se pourvoir en cassation. Ce jugement pourrait en tout cas faire jurisprudence pour les 6.000 survivants et les proches des victimes.

Mais la plaie est encore ouverte, d’autant qu’aucun représentant serbe ne participait cette année aux cérémonies commémoratives

(voir Srebrenica : l’impunité jusqu’à quand ?

Halte au massacre du peuple syrien !

Rwanda : faire la lumière sur le génocide.

Bosnie:les parias de la solidarité

L'étrange procès de Florence Hartmann

Sri Lanka : ONU silencieuse, régime impuni.)

MEMORIAL 98

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 22:28

 

L’histoire  se répète tragiquement : face à d’immenses manifestations, face aux massacres perpétrés à  l’arme lourde, face à la dictature, les gouvernements assistent sans réagir au massacre du peuple syrien.

Le prétexte pour le quasi-silence face à la guerre menée contre le peuple, est que le régime syrien constituerait un « facteur d’équilibre »  au Moyen-Orient.

C’est la vieille antienne qui considère que pour des impératifs « géopolitiques » certains peuples n’ont pas droit à la justice et à la liberté, ni même aux droits élémentaires.

 Le pays est  dominé par l’armée et les services secrets ; la famille Assad et ses alliés ont fait main basse sur l’économie, la police politique espionne toute activité, les enfants même sont menacés, battus, torturés.

Le soutien apporté par Chavez à cette dictature sanglante, comme à celle de Kadhafi, est  un crime impardonnable.

Qu’attend la gauche française, qu’attendent les associations de défense des droits de l’homme pour organiser des initiatives de soutien au peuple syrien ?

voir aussi

Libye : qu’attendent-ils pour agir ?

Libye : mettre fin au massacre !

Tunisie, Algérie : solidarité

Chine : le silence complice de Sarkozy

Dictateurs africains: célébration de l’impunité ?

Ouïgours : révolte et massacre

Sri Lanka : ONU silencieuse, régime impuni.

 

MEMORIAL 98

 

 

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 00:20

 

 

 

 

 

Mladic (à gauche) et Karadzic

 

Pourquoi cette arrestation survient-elle si tardivement? Quelles sont les responsabilités internationales dans le massacre génocidaire de Srebrenica, commis quasiment sous les yeux des troupes de l'ONU?

A l'occasion de l'arrestation de Mladic, nous publions un article mis en ligne sur notre site en  juillet dernier.
Memorial 98

 

La responsabilité de L’ONU et des grandes puissances.


Le 11 juillet 1995, alors que les milices serbes de Bosnie approchent de l'enclave de Srebrenica, des dizaines de milliers de civils prennent la route de Potocari, à 8 kilomètres de distance. C'est là qu'est basé le quartier général du bataillon néerlandais de soldats de la Forpronu (Force de protection des Nations unies). Quatre cent cinquante hommes y sont chargés d'assurer la protection des quelque 40 000 habitants de Srebrenica, en majorité des musulmans de Bosnie. 
 Quand les miliciens serbes de Bosnie séparent les hommes des femmes, les soldats néerlandais regardent et laissent faire. Les hommes sont entassés dans des cars et seront exécutés. On dénombre environ 8 000 victimes à l'issue de ce massacre, qualifié de génocide par la Cour Internationale de Justice et par le TPIY.
Parmi les hommes qui ont choisi de se placer sous la protection des Nations unies, pratiquement aucun n'a survécu. Ceux des habitants de Srebrenica qui se sont réfugiés dans les forêts, eux, ont eu un peu plus de chances de survie.
 
Le mandat de l'ONU en Bosnie prévoyait pourtant  clairement un recours à la force en cas de besoin. Le 10 juillet, la veille du massacre, le commandant du bataillon néerlandais avait demandé au général français Bernard Janvier, qui assumait le commandement militaire des Nations unies en ex-Yougoslavie, de lancer des frappes contre les forces serbes de Bosnie. Mais il n'a pas été entendu.
Deux avions de l'ONU ont bien décollé, mais sans effectuer de frappes significatives.
En France, une mission parlementaire s'interrogea en 2001 sur les raisons de cette « erreur » du général Janvier et conclut que « Srebrenica est aussi un échec pour la France ». « La mission d'information est convaincue qu'en effectuant des frappes massives sur la route sud, la seule qui menait à Srebrenica, l'ONU et l'Otan auraient pu arrêter l'offensive », estimaient les auteurs du rapport.
Le général Janvier avait rencontré Ratko Mladic, le chef militaire des Serbes de Bosnie, un mois avant le massacre. À l'époque, plusieurs centaines de Casques bleus étaient retenus en otages par les milices serbes. La commission parlementaire française n'exclut pas l'hypothèse qu'une entente ait été trouvée entre les deux hommes : la libération des otages contre la non-intervention de l'ONU à Srebrenica.
Une autre hypothèse met en cause les autorités néerlandaises de l'époque. Le 11 juillet, le ministre de la Défense néerlandais aurait téléphoné au commandement de la Forpronu pour demander que les avions de l'ONU, qui avaient déjà décollé, regagnent leur base. Il aurait craint pour la vie des Casques bleus néerlandais.
 
L'affaire est extrêmement sensible aux Pays-Bas, au point qu'elle a contraint un Premier ministre à la démission. En 2002, un rapport officiel a été publié, estimant que les soldats néerlandais ont été confrontés à une « mission impossible » à Srebrenica, car ils étaient trop faiblement armés. Une plainte a également été déposée contre l'ONU par les familles des victimes de Srebrenica. Mais le tribunal néerlandais qui avait été saisi s'est dit incompétent, car l'ONU bénéficie de l'immunité.
Les Nations unies ont reconnu leur responsabilité dans le massacre de Srebrenica en 1999. Un rapport présenté par son secrétaire général, Kofi Annan, reconnaissait alors la « faillite de la politique dans des zones de sécurité ». 
Le rapport ajoute : « La communauté des nations, en décrétant un embargo sur les armes, a laissé les Serbes dans une position de supériorité militaire écrasante et a, en fait, privé la République de Bosnie-Herzégovine de son droit de légitime défense, consacré dans la Charte des Nations unies ». « La fourniture d'une aide humanitaire n'était pas une initiative suffisante face aux opérations de ´´nettoyage ethnique´´ et de génocide ». « Srebrenica a été le révélateur d'une vérité que l'ONU et le reste du monde ont comprise trop tard, à savoir que la Bosnie était une cause morale autant qu'un conflit militaire. La tragédie de Srebrenica hantera à jamais notre histoire »

(voir sur la faillite de l'ONU au Rwanda, en Bosnie et au Sri-Lanka: Sri Lanka : ONU silencieuse, régime impuni.

Bosnie:les parias de la solidarité )



Quinze ans après, n’oublions pas le génocide !
 
Dimanche 11 juillet 2010, plusieurs dizaines de milliers de personnes se recueilleront sur place et partageront leur douleur et leur colère face à l’impunité. Une délégation des associations de solidarité francophones sera présente.
 À dix jours de la commémoration des 15 ans des massacres à Srebrenica, un nouveau charnier vient d'être localisé à proximité de la ville. Les experts légistes supposent que la fosse contient des restes de victimes tuées dans un entrepôt agricole à Kravic; c’est  là que plus de mille hommes ont été tués,  parmi un total 8.000 hommes et adolescents bosniaques massacrés en quelques jours. Un crime qualifié de génocide par la Cour Internationale de Justice (CIJ)
Près de 6.800 personnes ont déjà été identifiées, exhumées d’une centaine de fosses communes.
Le 11 juillet, un enterrement collectif de 700 victimes nouvellement identifiées aura lieu au centre mémorial de Potocari, près de Srebrenica
La reconnaissance du génocide Srebrenica ne doit pas occulter le reste de la Bosnie-Herzégovine, les autres massacres de masse perpétrés ne l’ont pas été, malgré la saisine de la CIJ par la Bosnie-Herzégovine.
De plus, la CIJ n’a pas reconnu l’Etat serbe de l’époque comme responsable du génocide perpétré contre les non-serbes mais seulement de n’avoir pas empêché les massacres des Bosniaques (Musulmans) après la chute de Srebrenica.
Or, les preuves existaient : les comptes-rendus du Conseil Suprême de Défense de la Serbie Monténégro de Milosevic en témoignent. Mais certaines pages ont été soustraites par des juges du Tribunal International pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) au procès de Milosevic, afin qu’elles ne soient pas connues de la CIJ.
C’est pour avoir publié le contenu de deux décisions confidentielles de la chambre d'appel du TPIY, qui refusait de rendre publics certains documents que Florence Hartman ancienne porte-parole de la procureure, a été condamnée à 7000 euros d’amende par le TPIY . Elle a fait appel de ce jugement inique ; nous soutenons son combat, avec le collectif des associations(voir L'étrange procès de Florence Hartmann )
 
L'arrêt de la CIJ exigeait aussi de la Serbie qu'elle punisse les auteurs du génocide et cette obligation continue de s'imposer puisque les autorités de Belgrade n'ont toujours pas livré à la justice internationale le chef de l'armée des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, qui aux dires mêmes du Procureur en chef du TPIY, se trouve encore sur le territoire de la Serbie.
Mladic doit être livré et jugé !
Dans ces conditions le déni prévaut encore et toujours dans les opinions publiques serbes, dans l’entité serbe de Bosnie, comme en Serbie même où quelques progrès sont toutefois constatés. Ainsi une reconnaissance partielle et une demande de pardon a été récemment formulée par les autorités, dans un contexte de demande d’adhésion à l’Union Européenne.
 
 

MEMORIAL 98

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 22:05

Mise à jour du 15 mai 2018:

Lars Von Trier de retour au Festival de Cannes et à nouveau pour le pire. Il a été à  invité malgré ses déclarations de 2011 , quand il avait exprimé  sa "sympathie " pour Hitler lors de la conférence de presse de son film "Melancholia" (voir ci-dessous notre alerte de l'époque).

Alors que  festival est censé mettre les femmes à l'honneur, suite à la mobilisation du mouvement #Metoo, celles-ci sont particulièrement brutalisées dans le film ultra-violent de Von Trier "The House that Jack Built". Sept ans après le scandale de ses propos sur Hitler, l'Allemagne nazie est aussi brièvement évoquée à travers des images d'avions allemands et même d'Hitler, alors que Jack parle de ce qu'il considère comme des "icônes".

La complaisance à l'égard de Von Trier lui permet ainsi de bénéficier d'une publicité maximale 

Memorial 98 

 

Ayons l’obsession de la mémoire de l’anti-nazisme

Une réaction de Souâd Belhaddad.

 

Lars Von Trier, aujourd’hui. John Galliano, hier. Et peut-être (sans doute ?) d’innombrables anonymes, au comptoir d’un bar, dans un salon privé, exprimant des propos analogues : « Hitler a fait des mauvaises choses mais… », «  I love Hitler… »

Combien de fois ai-je entendu que « bon, la Shoah, ça va, on en parle trop » ? Mais si, aujourd’hui, en 2011, ce que nous entendons publiquement, dans un café ou à une prestigieuse tribune cannoise est possible, à quoi cela a-t-il donc servi de « trop » en parler ?

 Pour ma part, je pense qu’il faut en parler encore. Plus que jamais en cette période où l’Europe marque une croissance de l’extrême droite, où la France permet l’expression d’une parole raciste qui menace notre cohésion, il faut en parler. 

Continuer de (tenter…) transmettre cette mémoire. Il faut en faire une obsession.

On le sait (ou ne veut-on pas le savoir ?): derrière ce nom de Hitler, c‘est le fascisme qui est relativisé – celui-là même qui reprend beaucoup de terrain en Europe. C’est le génocide des Juifs et des Roms et l’antisémitisme qui sont relativisés.  C’est la banalité du mal qui est  consacrée. La banalité du mal, nous y voilà désormais !  « Je pense qu’il a fait de mauvaises chosesIl n’est pas vraiment un brave type, mais je comprends beaucoup de lui et je sympathise un peu avec lui » dit Lars Von Trier à propos de Hitler  – sans que personne de son équipe à ses côtés ne se lève pour quitter cette conférence de presse, même sans un mot, ne serait-ce que par signe de désapprobation.

Dans le café où Galliano a sévi, il s’agissait de  clients anonymes autour.

Dans le cas de Vo

n Trier, ce sont des acteurs et actrices de renommée internationale, des journalistes… et donc la possibilité d’être vus par le monde entier, à travers leur réaction. Mais pas de réaction.

Des « mauvaises choses », cela s’appelle un génocide. Un génocide, c’est la planification puis la mise à exécution de l’extermination d’un peuple. Mais ces « mauvaises choses », c’est ce qui n’apparaît plus si important dans ce XXIe siècle, porteur d’une  parole qui se libère de façon effrayante. Tout peut se dire désormais sur les Noirs, les Arabes,les Roms, les musulmans, les femmes.

Maintenant Hitler… La boîte de Pandore est désormais dangereusement ouverte. Prochaine étape ?

Avec une grande tristesse, je pense aux derniers rescapés des camps. Plus de soixante après la Shoah, beaucoup sont proches de disparaître. Bientôt, ils ne seront plus là pour dire, témoigner que «  ces mauvaises choses » ont été les pires de l’Humanité. Un rescapé de génocide, par définition, est toujours seul «  avec ça », cette tragédie. Aujourd’hui, comme ils doivent se sentir encore plus seuls.

 

 Souâd Belhaddad

Auteur de SurVivantes, Rwanda dix ans après

La fleur de Stéphanie, Rwanda entre déni et réconciliation

(voir aussi Algérie, antisémitisme: un texte de Souâd Belhaddad

France-Rwanda: escalade et négation)

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 23:47

 

Ciné Histoire est une association qui s’attache à montrer des films et des aspects peu connus de l’Histoire. Créée en 2004, l’association, outre son action pédagogique vers les scolaires, organise des journées grand public, dont des projections.

Les rendez-vous CINE HISTOIRE à Paris

Au cinéma La Pagode Tous les 1ers samedi du mois à 10h30

57 bis, rue de Babylone 75007 Paris

Métro : St.François Xavier/Sèvres Babylone

Tarif unique à 6 €

Le cinéma est un moyen privilégié de rendre audible, visible, la réalité d’une époque à ceux qui ne l’ont pas connue.

Le réalisateur développe sa vision singulière, il est donc prévu d’accompagner les projections par un débat avec des historiens et des témoins qui répondent aux questions du  

La thématique actuelle des projections-débat porte sur « l’histoire occultée et l’histoire manipulée »

 Le 7 mai prochain, à la veille du 66e anniversaire de la fin de la 2e guerre mondiale, sera projeté le film  « Autopsie d’un mensonge » de Jacques Tarnero, en présence du réalisateur.

  Ce film est basé sur de nombreux entretiens avec des historiens, des philosophes, des sociologues et des écrivains pour revenir aux sources et au développement des thèses négationnistes ; il comprend aussi des témoignages de survivants de la Shoah.

Les théories négationnistes, qui s’inscrivent dans le paysage politique depuis la 2e guerre mondiale, débordent largement les frontières de quelques groupuscules néonazis.

Le négationnisme s’est improvisé « science » et risque d’être banalisé via Internet

 

La projection suivante aura lieu le 4 juin et porte sur le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994 avec l’intéressant film « Kigali , des images pour un massacre »  de J.C. Klotz

Nous soutenons cette action en la faisant connaître à nos lecteurs parisiens. 

 

A l’occasion du 8 mai voir aussi sur ce site:

Sarkozy boycotte le 8 Mai

Sarkozy jette aux orties la reconnaissance de la participation de la France à la Shoah

Sarkozy: service minimum sur la Shoah et insultes pour les Africains

Guy Moquet et l'"identité nationale": contre la manipulation

Shoah en Belgique: la mémoire trouble de la droite flamande 

Document exceptionnel: entretien avec Raul Hilberg

Berlin : hommage à une Juste allemande

Vel d'Hiv: le document

Déchéance de la nationalité : quand Pétain sévissait

 

MEMORIAL 98


 

 

 

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 16:14

 

 

Alors que le FN semble caracoler dans les sondages et que Marine Le Pen entend porter la veine "sociale" du fascisme, il  est important de rappeler la continuité de ce parti, dont l'idéologie est basée sur la désignation de boucs émissaires.

Le combat contre la xénophobie, pour des politiques sociales inégratrices et non excluantes est un enjeu européen, alors que les extrêmes-droites prétendent se porter en défense des acquis sociaux, comme récemment en Finlande avec le parti des "vrais Finlandais".

A la veille du 1er mai et de la parade lepéniste qui a lieu ce jour là, nous  nous souvenons que le 1er mai 1995 Brahim BOUARRAM, jeune marocain de 29 ans, a été assassiné par des militants d'extrême droite qui participaient à un cortège du Front National.

Comme chaque année nous nous retrouverons avec plusieurs associations  sur le pont du Carrousel le 1er mai à 11h pour honorer sa mémoire.

Extrait du texte d’appel :

« …Oui, il faut barrer la route à l'extrême droite, barrer la route aux idées de haine qui ont tué Brahim Bouarram. C'est pourquoi toutes les organisations qui, depuis le 4 septembre 2010, se sont réunies « contre la politique du pilori et contre la xénophobie » appellent à un rassemblement le 1er mai 2011, à Paris à 11h au pont du Carrousel et dans le plus grand nombre possible de villes de France :• Pour rendre hommage à la mémoire de Brahim Bouarram et à toutes les victimes des crimes racistes• Pour dénoncer les discours et les lois xénophobes qui mettent en danger les étrangers et discriminent les citoyens selon leurs origines ou leurs croyances• Pour appeler à en finir avec tout ce qui, depuis des années, défigure la République… »

(voir Sarkozy et Copé aux côtés du Front National.

Sarkozy-Le Pen: l’apocalypse ?

Danger:les dirigeants européens encouragent le racisme

Marine Le Pen récidive déjà.

Le Pen : l’antisémitisme jusqu'au bout.

Qui veut se faire piéger par Marine Le Pen ?

Europe : une marée brune ?

Succès du Front National: quelles conséquences?

 

Arménie

 Le 4 mai prochain au Sénat, le Parti socialiste utilisera une niche parlementaire concernant la Proposition de loi tendant à réprimer la contestation de l'existence du génocide des Arméniens en 1915, en attente au Sénat depuis 5 ans après le vote de l'Assemblée nationale. Il est demandé de contacter en urgence le sénateur de votre territoire afin de mettre fin à ce blocage.

Voir

http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/fr/9genocide1915/e_penalisation02texte01.htm

ainsi que l'excellent documentaire sur le génocide arménien projeté récemment sur Arte, à retrouver maintenant sur YouTube link

  Compte-rendu par nos amis du collectif VAN de la journée du 25 avril contre les négationnismes, avec la participation de Mémorial 98 http://www.collectifvan.org/article.php?r=0&id=53747

 

(voir aussi sur ce site Le 25 avril: contre tous les négationnismes.)

 

MEMORIAL 98

 

 

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 16:06

 

Le mois d’avril est marqué par la mémoire des 3 génocides majeurs du vingtième siècle :  les Tutsi du Rwanda le 7 avril, la Shoah avec la révolte du Ghetto de Varsovie qui débute le 19 avril 1943, le génocide arménien. Nous y associons les actions génocidaires en Bosnie à Srebrenica, au Darfour, le génocide des Roms, les actions génocidaires du régime khmer rouge au Cambodge.

Pour la 4e année consécutive, nous participons à l’initiative de nos  amis du collectif VAN http://www.collectifvan.org

 

Dans cette période de vague de xénophobie politique en Europe, nous avons à  cœur de dénoncer la continuité des idées et des postures qui ont déjà conduit à des catastrophes.

Nous appelons nos amis parisiens à participer la journée du 25 avril.

 

MEMORIAL 98

 

25 avril 2011 : Journée de sensibilisation aux génocides et à leur négation -

 

7ème journée annuelle de sensibilisation aux génocides et à leur négation soutenue par 20 associations de défense des droits de l’homme

 

Lundi 25 avril 2011 de 10h00 à 20h00 sur le Parvis de Notre-Dame de Paris

 

Une exposition en plein air a lieu le lundi 25 avril 2011( Pâques), de 10h00 à 20h00 sur le Parvis de Notre-Dame de Paris, et s’inscrit dans le cadre des commémorations du 96ème anniversaire du génocide arménien.

 

 Elle s'intitule : « 1915/2011 - Le négationnisme ne connaît pas la crise » .

 

 L’action du Collectif VAN associe les peuples arménien, juif, tutsi, darfouri, mais aussi toutes les minorités de Turquie, victimes de génocides passés ou en cours.

 

Vingt associations françaises et internationales, dont le Collectif Urgence Darfour, Ibuka France, l'Arche, la Licra, MEMORIAL 98, SOS Racisme, l’UEJF, et l’IHD de Turquie [Association des Droits de l’Homme affiliée à la FIDH] apportent, cette année encore, leur soutien au Collectif VAN*. Le Collectif VAN a l’honneur de compter parmi ses nouveaux partenaires The Institute on the Holocaust and Genocide [Jerusalem].

 

L'exposition du Collectif VAN met en scène huit stèles géantes pour huit visages d’hommes, de femmes et d’enfants qui interpellent le public sur la réalité des minorités de Turquie : juifs et chrétiens qui représentaient 25% de la population de Turquie en 1914, et qui ne sont plus que 0,2% aujourd'hui, musulmans non turcs (essentiellement kurdes) ou non sunnites (près de 43% de la population de la Turquie dont les Alévis) dont les droits sont bafoués au quotidien.

 

Au recto des stèles, les peintures originales de Dibasar, Laurent Nissou, Marc Aram, Marguerite Mateossian et Vatché, artistes-peintres de l’APAF [Artistes Plasticiens Arméniens de France] sont consacrées aux victimes arméniennes, juives, tutsi et darfouries de génocides passés ou en cours.

 

Une neuvième stèle rend hommage au journaliste arménien de Turquie Hrant Dink, rédacteur en chef de l’hebdomadaire arménien de Turquie,  Agos.

 

Depuis son assassinat le 19 janvier 2007 à Istanbul, des intellectuels turcs œuvrent avec courage pour la reconnaissance du génocide perpétré en 1915 contre les Arméniens, les Grecs, et les Assyro-Chaldéen-Syriaques. Tout comme les Justes turcs qui, en 1915, ont sauvé des familles arméniennes au péril de leur vie, des militants turcs et kurdes risquent, aujourd’hui, de longues peines d’emprisonnement pour leurs prises de position : ils méritent tout notre respect.

Au-delà des sphères d’influence habituelles de la diplomatie turque, chaque citoyen est concerné. Car la Turquie ne se contente plus de faire pression sur les milieux économiques et politiques pour imposer son négationnisme d’Etat : elle a désormais enclenché une politique résolument offensive. Depuis 2010, en France et aux USA, des universitaires, des journalistes, des hommes politiques, des acteurs de la société civile et membres d’associations sont visés par des procès intentés de manière systématique lorsqu’ils dénoncent publiquement des faits ou des écrits négationnistes.

 

Plus que jamais, il importe de sensibiliser la société civile européenne au négationnisme protéiforme qui envahit l’espace citoyen. Le combat pour la vérité et la justice se doit de réunir les êtres humains, au-delà des clivages partisans : il est le seul garant de relations pacifiées.

(voir sur ce site Négationnisme:justice pour les Arméniens!

Négationnisme: ensemble le 25 avril à Paris

Pourquoi les Roms ? Décryptage

Danger:les dirigeants européens encouragent le racisme

Europe : vague de racisme, les gouvernements responsables

Srebrenica : l’impunité jusqu’à quand ? )

 

 

*L’action du Collectif VAN bénéficie du soutien de 20 associations des Droits de l’Homme :

 

Allemagne : AGA [Working Group Recognition Against genocide for international understanding - Berlin] - SKD [Association of opponents to genocides Soykırım Karsıtları Derneği - Ali Ertem Francfort sur le Main]- France : Aircrige [Association internationale de recherche sur les crimes contre l'humanité et les génocides] - L'Arche [Le mensuel du judaïsme français] – Centre Simon Wiesenthal - Collectif Urgence Darfour - CM98 - CPCR [Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda] - Communauté Chypriote de France - Communauté Rwandaise de France [CRF] - IACS [Institut Assyro-Chaldéen-Syriaque] - Ibuka France - Institut Kurde de Paris – Licra - Mémorial 98 - SOS Racisme - UEJF - Vigilance Soudan – Israël : The Institute on the Holocaust and Genocide [Jerusalem] – Turquie : IHD [İnsan Hakları Derneği, Association des droits de l’Homme de Turquie, affiliée à la FIDH].

 

MEMORIAL 98

 

 

 

 

 

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 21:40

 

 

À la veille du début des commémorations du génocide des Tutsi, nous publions le programme des événements organisés dans les différentes villes ainsi qu’une prise de position de l’association Survie sur les responsabilités françaises que certains tentent encore d’étouffer.

 

MEMORIAL 98

 

PROGRAMME DES 17es COMMEMORATIONS 2011 DU GENOCIDE DES TUTSI DU RWANDA EN 1994

 

IBUKA Section France

 Maison des Associations - 23 rue Greneta - 75002 – Paris

 Site Web:http://www.ibuka-france.org/

MEMOIRE, JUSTICE et SOUTIEN aux RESCAPÉS

 

À PARIS:

Jeudi 7 avril

 

15h: Rassemblement et prises de paroles suivi d'une Marche (de17h à 18h) vers le Parvis des Droits de l'Homme Lieu: Mur de la Paix (Place du Champ de Mars 75007 - métro: Ecole Militaire), fin au Trocadéro

 

19h30 :Veillée du souvenir en hommage à la mémoire des disparus

 Lieu: Siège de Médecins du Monde (62 rue Marcadet 75018 - métro: Marcadet Poissonniers)

 

Mercredi 6 avril à 19h30, la Compagnie du Théâtre du BlizArt, association Traciture (Montargois) offre une lecture d'extraits des ouvrages de Jean Hatzfeld : "Dans le nu de la vie", "Une saison de machettes" et "La stratégie des antilopes" (Editions du Seuil.)

 Lieu: Mémorial de la Shoah 17 rue Geoffroy L'Asnier 75004 - métros: Saint Paul, Pont Marie

 

À CLUNY, le Samedi 9 avril :

11h - Messe à la Chapelle des Récollets

12h - Plantation d'un Gingko-biloba, inauguration d'une stèle commémorative et prises de paroles

16H Conférence débat animée par M. Kabanda Marcel sur le thème du génocide des Tutsi au Rwanda (Théâtre de Cluny)

 

À LYON Vendredi 22 avril

18h à 23h: Conférence sur " La justice face aux présumés génocidaires” . Lieu: Salle des Familles de la Maison Ravier (7 rue Ravier 69007)

 

Samedi 23 avril 14h: Cérémonie commémorative avec témoignages, discours, chants, poèmes et un dépôt de gerbe de fleurs

Lieu: au Site Mémorial (Place Antonin Poncet 69002)

18h :Veillée traditionnelle rwandaise, avec projections d'extraits de film, témoignages, prises de paroles, poèmes, chants et discussions Lieu: Maison des Passages (salle du 1er étage au 44 rue St Georges, 69005)

 

Mercredi 25 mai (Journée Mondiale de l'Afrique) - lieu et horaires à préciser ultérieurement  

18h: Conférence : La femme pendant le génocide des Tutsi au Rwanda et la femme rescapée du génocide des Tutsi au Rwanda. Avec projection de film, témoignages, prises de paroles et débats, en partenariat avec l'ONG "Regards de femmes"

 Samedi 9 juillet 14h: Conférence organisée sur le thème du « négationnisme » suivi de la clôture des manifestations des commémorations en France

Lieu: Salle des Familles de la Maison Ravier (7 rue Ravier 69005)

À BORDEAUX Jeudi 7 avril

18h: Cérémonie commémorative sur le Pont de Pierre, puis marche jusqu'à la mairie de Bordeaux Vendredi 8 avril

Projection du film "Rwanda le cri d'un silence inouï" d'Anne Lainé au Lycée François Mauriac Samedi 16 avril

Projection du film "Sometimes in April "de Raoul Peck dans le cadre de cinépalabre à la médiathèque de Bordeaux (sous réserve)

 À NANTES Samedi 16 avril

17h: Lecture de textes, poèmes (Certains des textes lus sont issus du spectacle de la compagnie Kossiwa de Flora Théfaine "La pluie et les larmes"). Accueil à partir de 16 heures. Lieu : salle La Mano, 3 rue Eugène Thomas, Nantes (Tram - Ligne 2 Arrêt : Chêne des Anglais)

 

Extraits de la déclaration de l'association Survie survie.org/

 

Le 7 avril 2011 marquera le 17e anniversaire du déclenchement du génocide des Tutsi au Rwanda. Aujourd’hui encore, la place de certains responsables politiques ou militaires français dans le puzzle de cette histoire doit être connue.

 

Des citoyens, des journalistes, des chercheurs tentent depuis 17 ans de faire la lumière sur ces faits et se heurtent à des dénégations ou à des poursuites émanant de témoins ou d’acteurs de cette époque.

 Chaque année depuis 2006, un collectif de citoyens publie une revue, La Nuit Rwandaise (link) présentant leur travail d’enquête sur l’implication des autorités françaises dans ce génocide.

En août 2008, ils relaient le communiqué du ministre de la Justice rwandais rendant publiques les conclusions de la Commission Mucyo « chargée de faire la lumière sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi de 1994 ». Cette commission a réalisé une synthèse des travaux de recherche existants et recueilli de nombreux témoignages. Ce travail l’a amenée à dresser une liste de personnalités françaises « les plus impliquées dans le génocide ».

 

Le collectif de La Nuit Rwandaise est aujourd’hui inquiété par une plainte pour diffamation concernant la simple reproduction de ce communiqué sur son site Internet..

 

Soutien aux assignés du Collectif Girondin pour le Rwanda

 En janvier 2010, un groupe de citoyens bordelais a organisé un rassemblement devant l’hôpital de Villeneuve-sur-Lot pour attirer l’attention sur Sosthène Munyemana, un médecin rwandais qui y exerce. Cet homme est recherché par Interpol depuis 2006 et il a été condamné à la prison à vie au Rwanda, pour sa participation au génocide des Tutsi. Les manifestants entendaient s’opposer à l’inertie des autorités françaises qui ont attendu le 20 janvier 2010 pour s’emparer de ce cas, alors que le médecin réside dans la région bordelaise depuis la fin de l’année 1994. En 1995, une plainte avait pourtant été déposée contre lui pour « tortures et mauvais traitements » puis « crime de génocide ».

 

Aujourd’hui, ces militants sont assignés par Sosthène Munyemana pour « atteinte à la présomption d’innocence », pour les messages qui auraient été diffusés lors de cette manifestation. Survie affirme son soutien à ces citoyens qui luttent pour l’avancée de la justice pour les victimes du génocide et appelle à signer la pétition qu’ils proposent.

 La connaissance de la vérité progresse, malgré tout

 L’année qui vient de s’écouler a vu plusieurs avancées dans la recherche sur l’histoire du génocide et la complicité française.

 Le journaliste Jean-François Dupaquier a ainsi publié en septembre 2010 L’Agenda du génocide : la déclaration de Richard Mugenzi, ex-espion rwandais.

Le témoignage de Mugenzi rappelle utilement la préparation minutieuse de ce génocide au cours des années précédant son exécution. Il décrédibilise ainsi encore un peu plus les thèses révisionnistes. Il apporte surtout un éclairage nouveau sur l’implication de la France dans ce génocide.

Mugenzi, ancien espion, a en effet été formé par des militaires français de « l’Opération Noroît », envoyés par François Mitterrand pour former l’armée du régime du président Habyarimana. Il a notamment appris à mettre en œuvre un certain nombre de techniques de guerre psychologique, diffusant un grand nombre de messages de désinformation, et tout particulièrement les faux télégrammes visant à faire croire que l’attentat contre Juvénal Habyarimana, signal de déclenchement du génocide, avait été commis par le FPR.

 

Aujourd’hui encore, la vérité doit être exposée. Ni les crimes commis par le FPR, ni la réalité du pouvoir rwandais, où Paul Kagamé se maintient depuis 17 ans, n’exemptent un certain nombre de personnalités françaises de premier plan de leurs responsabilités dans le génocide des Tutsi.

 

Aujourd’hui encore, les citoyens français doivent exiger des explications sur l’implication de notre pays dans ce crime des crimes et la justice doit être rendue.

(voir aussi Génocide rwandais : un anniversaire particulier .

Rwanda: quatorzième anniversaire du génocide)

MEMORIAL 98

 

 

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 17:59

 

Après les résultats des cantonales et les déclarations de Guéant , une thérapie s’impose.

Quoi de mieux qu’un éclat de rire ?

Souâd Belhaddad, contributrice de ce site

(voir

Algérie, antisémitisme: un texte de Souâd Belhaddad

France-Rwanda: escalade et négation )

nous soigne sur scène, à Paris cette fois ci.

 

BEAUCOUP DE CHOSES À VOUS DJIRE

SPECTACLE HUMOURISTCHIQUE de et par SOUÂD BELHADDAD

reprise du 24 mars au 10 avril 2011

du jeudi au samedi à 20h30 , les dimanches à 17h

Confluences

Maison des Arts Urbains 190 Bd de Charonne 
75020 Paris

www.confluences.net link (tous les détails et un extrait du spectacle)

Réservation vivement conseillée

 

01 40 24 16 46 ou resa@confluences.net

 

 

La françitude, l’algéritude, l’identité pluri-nationale ? Les boucheries musulmanes, les épouses du président de la république, le mariage entre les noirs et les catholiques ?... Fatchima (la mère) a un avis sur tout-tout-tout !

 

 Hayat  (la fille) diplômée de Sciences Po, concours de l’Ena, est chargée de com’ au ministère de la Visibilité. Et va devenir, selon les directives gouvernementales, une « discrimination positive » à elle seule. Comment ne pas mettre son job en péril  alors que sa cousine Fairouz, qu’elle adore, a besoin de prolonger son visa ?....

 

DEBATS A L'ISSUE DE REPRESENTATIONS:

 

 - dimanche 3 avril 2011:préjugé, pré...judice

 

avec ROKHAYA DIALLO des INDIVISIBLES et MARC CHEB SUN de RESPECT MAGAZINE

 

 

- samedi 9 avril 2011: Endiguer la vague raciste?

 

 avec PIERRE HASKI de RUE 89, BENJAMIN ABTAN de SOS RACISME, 

 

De fil en pelote

 

 «  La vérité Monique ? Tu veux que je me réveille le matin et que je me dise : “ Est-ce que je suis Fatchima d’ici ou Fatchima de là-bas ? ” Nan ! Je me réveille, le matin et je me dis : «  Hou là, la qu’est ce que j’ai envie d’un café ! ” Comme toi Monique ! »…

 

 Le ton est donné et Fatchima va nous dire ses mondes, son identité, sa dualité, son «  entre deux je ». Ici, là-bas…

 

Fatchima, sa fausse naïveté et son franc parler, son bon sens et son avis sur tout ?

 

 Avec Monique sa confidente, avec Monsieur Bernard «  le bras droit de la tête du directeur », avec la « sousoulogue » et ses questions qui fatiguent, avec Freddy, le voisin qui dit «  chez nous «  pour la France, pour l’Algérie mais aussi pour Tel Aviv, avec tous ces petits riens qui font le quotidien de l’humain…Ici, là-bas. Chez elle.

 

Fatchima et avec elle, toutes les voix de ces femmes anonymes, étonnamment libres et drôles dans leurs verbes, qui surgissent de l’ombre du silence et de la soumission où on a voulu les maintenir.

MEMORIAL 98

 

 

 

 

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