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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Retrouvez aussi le quotidien de l'info antiraciste sur notre blog d'actus :

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Sur les réseaux sociaux : 

    

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Pour correspondre avec nous, nous proposer des articles ou des informations,

pour toute question : 

contact@memorial98.org

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 23:57


L'Assemblée Nationale a voté le 12 octobre 2006, une loi pénalisant la négation du génocide des Arméniens. Ce texte est depuis près de cinq ans bloqué par la majorité au Sénat.
 
Le 24 avril 2007, Nicolas Sarkozy, alors candidat UMP aux élections présidentielles, avait indiqué, dans une lettre adressée à la communauté arménienne de France :
 
« Je partage pleinement votre volonté que la France s’oppose au négationnisme d’État, à une propagande qui vous meurtrit, une propagande indigne. Et la France doit non seulement condamner le négationnisme par la loi, mais ne jamais accepter une quelconque propagande d’État. »
 
Pourtant, un télégramme rendu public par WikiLeaks le 19 décembre 2010, a révélé qu’un conseiller diplomatique de l’Elysée, dépêché à Ankara le 29 mai 2007 par le Président Sarkozy nouvellement élu, avait confié à ses interlocuteurs turcs, que « Sarkozy s’assurera que le projet de loi du génocide arménien [pénalisant le négationnisme] meurt au Sénat français. »

Les associations arméniennes réunies, à l’instar de nos partenaires du Collectif VAN (vigilance arménienne contre le négationnisme) http://www.collectifvan.org, au sein du CCAF, appellent à la ratification de la loi du 12 octobre 2006, loi destinée non pas à museler les historiens, mais au contraire à les protéger des attaques des faussaires de l’Histoire.

La Turquie mène en effet un négationnisme d’Etat avec des moyens humains et financiers considérables visant à intimider les universitaires, les journalistes et le monde associatif.
 
L’une des armes du gouvernement turc consiste à faire plier ses opposants par des procès qui peuvent déboucher sur des dommages financiers colossaux (aux Etats-Unis, les sommes se chiffrent même en millions de dollars) ou au moins sur une perte de temps et d’énergie importante pour les personnes poursuivies.
 
En France, les historiens, les journalistes, les responsables associatifs, les hommes politiques, dès lors qu’ils travaillent sur le génocide arménien hors des sentiers balisés par l’historiographie officielle de l’Etat turc, s’attirent des insultes et des appels à la haine, diffusés à grande échelle sur internet. Ces textes émanent le plus souvent des animateurs du site négationniste Turquie News, qui menacent de procès quiconque les traiterait de négationnistes.
 
Aux Etats-Unis, pays de la liberté d’expression s’il en est, les chercheurs de l’Université du Minnesota font face en ce moment même à un procès intenté par la Turkish Coalition of America. Est particulièrement visé par cette procédure, le Professeur français Bruno Chaouat, Directeur du Centre d’études de l’Holocauste et des génocides de l’Université du Minnesota et collaborateur de l’Arche, Revue du Judaïsme français [voir la pétition de soutien : http://soutien-chercheurs-minnesota.org/fr/index.php].
 
Ceux qui nient, justifient ou minimisent les génocides, utilisent le levier de la liberté de recherche et d’expression pour se poser en victimes de la censure alors que la réalité est tout autre : ce sont eux qui, pour bâillonner la vérité historique, portent plainte dès lors qu’ils sont désignés comme négationnistes du fait de leurs provocations permanentes.
La nouvelle vedette de l'UMP, Eric Zemmour, fraîchement condamné pourprovocation à la haine raciale( Zemmour en procès : l’objet du scandale) a d'ailleurs attaqué cette lois lors de son intervention lors du colloque de ce parti à l'Assemblée nationale le 2 mars dernier.

Sous les applaudissements il a réclamé:

"Supprimez les lois sur la discrimination raciale, supprimez les lois mémorielles…Pendant que vous y êtes, si vous pouviez supprimer les subventions [des associations antiracistes], ça ferait du bien au budget de l’Etat et à la liberté." Supprimer les lois mémorielles constitue une idée dangereuse pour Serge Klarsfeld, indigné, mais pas surpris, par les propos de l’éditorialiste. "Nous les attendions.  Pour l’historien, sans la loi Gayssot, "les attaques antisémites se multiplieront".

"Ces lois ont été votées par la gauche. De Nicolas Sarkozy à François Bayrou, ils s’étaient tous abstenus." Le défenseur des fils et filles de déportés juifs de France met toutefois en garde : "Si cette dérive se confirme, nous saurons nous en souvenir." S. Klarsfeld sera présent lors du rassemblement du 12 Mars.


En raison des sommes colossales dépensées par l’Etat turc pour faire prospérer dans tous les milieux la négation du génocide arménien de 1915 (dans la perspective de son centenaire en 2015), le domaine de la recherche historique et celui de la presse risquent d’être de plus en plus touchés. Il est du devoir de l’Etat français de protéger les citoyens, car « le législateur français ne fait pas l'histoire, mais prend acte de faits historiques incontestables et les rend opposables à toutes les personnes placées sous la juridiction de la France, au nom du principe absolu de respect de la dignité humaine. » ( Code Dalloz n°29 du 3 Août 2006, p. 1980).
 
« Le négationnisme est un crime, pour le punir il faut une loi. »

Trois manifestations sont organisées le samedi 12 mars 2011, à Paris, Valence et Marseille : nous appelons à y participer

Paris : Rendez-vous le samedi 12 mars 2011 à 15h, face au Sénat - Rue de Tournon - Paris 75006.
Valence : Rendez-vous le samedi 12 mars à 11 h devant la Préfecture de la Drôme -12 rue de la Cécile 26000 Valence.
Marseille : Rendez-vous le samedi 12 mars à 11 h devant la Mairie, quai du port.

voir aussi

Négationnisme: ensemble le 25 avril à Paris

Arménie-Turquie: ouverture ou illusion ?

MEMORIAL 98


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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 00:13

 

 

Il aura donc fallu que paraisse un sondage plaçant la nouvelle chef du Front National en tête du premier tour de la prochaine présidentielle pour qu’on se rende compte de la gravité de la situation vers laquelle nous entraîne l’hôte actuel de l’Elysée.

Face à la chute abyssale de sa popularité à 15 mois de la présidentielle, Sarkozy se tourne une fois de plus vers le registre qu’il utilise depuis le début de sa carrière politique nationale, en l’adaptant aux conditions du moment, dans le contexte des révolutions et soulèvements dans les pays arabes.

Le lancement par l’UMP d’un soi-disant "débat sur l’Islam" vise à aggraver la tension et à tenter de dénouer la crise politique par des solutions extrêmes, semblables au 21 avril 2002.

En ce sens les calculs de Sarkozy et Copé ouvrent la voie à Marine Le Pen, pariant peut-être sur un deuxième tour face à elle ou sur de futurs accommodements avec son parti. 

Depuis le début de sa carrière politique, Sarkozy applique le principe de son mentor et  inspirateur Charles Pasqua. Celui-ci a résumé sa doctrine, à la veille de la présidentielle de 1988 qui opposait Mitterrand à Chirac, dans le magazine Valeurs actuelles du 2 mai 1988 en proclamant: « Sur l'essentiel, le Front national se réclame des mêmes préoccupations, des mêmes valeurs que la majorité ».

Au long de son compagnonnage avec Balladur, puis avec Madelin, à travers le choix de ses conseillers, Sarkozy s’en tient à cette ligne qui combine le libéralisme économique absolu et son pendant sécuritaire et xénophobe.

C’est ainsi qu’il présente et se représente la clé de son succès de 2007, qui a consisté à rassembler toute la droite et l’extrême-droite autour de valeurs de la droite radicale.

Ainsi le montre un extrait du livre « Les hommes d’Etat » de B. Le Maire, ministre du gouvernement actuel et ex-directeur de  cabinet de Villepin, qui retrace le déroulement de la période 2006/2007, vu de l'intérieur du gouvernement.

« …13 juin 2006, en présence de Le Maire, de Villepin, alors premier ministre, reçoit à déjeuner Nicolas Sarkozy, qui fait le point sur la situation politique ; il commente :
«Le Pen, en ce moment, il engrange. Il engrange un maximum. Moi, je dis jamais du mal des électeurs de Le Pen, jamais. Les électeurs de Le Pen, je dis toujours que c'est des victimes. Des victimes de quoi? J'en sais rien. Mais c'est des victimes. Pour nous, l'élection de 2007 se jouera sur les électeurs de Le Pen. On les prend, on gagne. On les prend pas, on perd...»

Depuis cela n’a jamais cessé, avec une escalade dans les derniers mois(voir Sarkozy : jusqu’où l'escalade ? ).

Face aux mobilisations sociales et à l’accumulation de scandales dans son entourage, Sarkozy est dans une situation catastrophique.

Il choisit de radicaliser encore son propos d’autant qu’au sein même de l’UMP, Copé surenchérit dans la posture xénophobe et anti-islam (voir Succès du Front National: quelles conséquences?  et  Un dirigeant UMP salit à nouveau la Shoah.)       

Sarkozy s’inspire aussi des campagnes contre l’immigration dans les différents pays d’Europe et notamment du référendum suisse sur les minarets de 2009 qui a marqué un véritable tournant. La preuve était faite qu’on pouvait capitaliser sur le rejet des musulmans

(voir Suisse : nouvelle victoire de l’extrême-droite.

Danger:les dirigeants européens encouragent le racisme

Europe : une marée brune ?)

La furie destructrice de l’UMP ne s’arrête pas aux musulmans ; elle vise aussi à faire peur à la gauche et notamment à Strauss-Kahn qui apparaît comme le favori des sondages.

Pour le dissuader  de se présenter, les dirigeants UMP sont prêts à recourir à des attaques fortement teintées d’antisémitisme.

La première salve est  venue de Christian Jacob, président des députés UMP et proche de Copé. Elle faisait référence aux « terroirs » dont DSK serait exclu, selon le modèle des attaques contre Léon Blum et Pierre Mendès-France

Puis pour montrer qu’il ne s’agissait pas d’une simple plaisanterie, est ensuite venue l'explication de texte d’un « intellectuel » du gouvernement lors du pèlerinage « chrétien » de Sarkozy au Puy-en-Velay.

Laurent  Wauquiez  ministre des affaires européennes et agrégé d’histoire plonge carrément dans l’univers des références du poujadisme et des années 1930 puisqu’il s'agit pour lui des "racines"des uns et des autres.

Il déclare ainsi  :"...Son discours (de DSK) est celui d'une mondialisation sans couleur, ni saveur, qui se joue dans des grandes capitales internationales, c'est très loin de nous tout ça. Avoir le Président chez nous en Haute-Loire est  un vrai geste de reconnaissance. Dominique Strauss-Kahn, c'est Washington, c'est sûrement une très belle maison qui donne sur le Potomac. C'est pas la Haute-Loire et c'est pas ces racines là". C'est le mot "racines" qui est crucial, visant à disqualifier celui qui en serait privé, selon le stéréotype historique  du "Juif errant" et sans racines , issu directement de l'anti-judaïsme de l'Eglise catholique. 

Wauquiez récuse au passage une autre tradition de son département: celle des Protestants du Chambon-sur-Lignon qui à 30 kilomètres du Puy-en-Velay ont accueilli et caché des Juifs pendant l'occupation, sans se préoccuper de leurs "racines".

Marine Le Pen ne peut que se féliciter de ces mises en cause proche de son univers et de celle de son père (voir Marine Le Pen récidive contre Eva Joly.

Le Pen : l’antisémitisme jusqu'au bout.

Qui veut se faire piéger par Marine Le Pen ?

Le Pen et les "3 grands-parents étrangers" de Sarkozy

Dans ce cadre il est inquiétant qu’une partie de la gauche, particulièrement Jean-Luc Mélenchon, critique vivement ceux qui ont perçu la tonalité antisémite de ces mises en cause. Il écrit sur son site :

« …J’en profite pour dire que la façon de surévaluer deux phrases de C.Jacob sur un tel thème, dans ce registre, de cette façon, aggrave le mal qu’elle prétend dénoncer. Qui a intérêt à incriminer d’antisémitisme dans une déclaration de cette sorte ? Pour menacer tous ceux qui s’opposeraient à Strauss Kahn d’antisémitisme? La ficelle est grosse! Surtout que l’accusation est particulièrement vicieuse. Sachant que l’antisémitisme n’est pas une opinion mais un délit en France grâce à la loi Gayssot (PCF) (erreur embarassante, la loi Gayssot condamne la négation de la Shoah et pas l’antisémitisme NDLR)   on voit quel procédé inquisitorial et venimeux est ainsi mis en scène... Christian Jacob n’est pas un antisémite. C’est juste un gros agrarien archaïque !... »

Nous y sommes déjà: les prochaines échéances verront, face à la gauche, un Front national offensif et rajeuni et une droite dure et xénophobe, qui se sent portée par une vague européenne. Nous l'annoncions et le confirmons. Il faut  enfin se donner les moyens du combat unitaire et de la riposte.

 

MEMORIAL 98

 

 

 

 

 

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 22:52

 

L’ONU fait déjà état de milliers de morts et Kadhafi tente encore de prolonger les massacres.

Pourtant les gouvernements des grandes puissances ne prennent aucune mesure concrète pour protéger la population libyenne.

Ils se mobilisent pour  évacuer  leurs ressortissants, menacent Kadhafi de sanctions futures mais n’agissent pas. Ils se préoccupent de l’approvisionnement en pétrole et agitent le spectre de grands flux migratoires mais se gardent de toute mesure pratique qui puisse faire cesser les tueries.

Les assassinats, les crimes contre l’humanité se commettent  devant nos yeux  et nos gouvernements dissertent sur une future inculpation du dictateur devant la Cour pénale internationale.

 Ils déclarent aussi préparer un embargo sur les armes à destination de la Libye ce qui signifie que les milliers de morts sont actuellement tués par des armes fournies par les grandes puissances dans le cadre des contrats en place.

Ils se réfugient derrière le refus de l’ingérence, mais comment peut-on laisser un dictateur faire massacrer des centaines, voire des milliers de personnes?

Le régime actuel n’a aucune légitimité, il s’agit d’une organisation criminelle qui met en œuvre un bain de sang annoncé et revendiqué.

 Il n’y a pas en Libye  de guerre civile mais une terreur de masse qui s’appuie aussi sur des mercenaires.

Dès lors la communauté internationale et en pratique l’ONU doit envoyer une force de protection afin d’empêcher la poursuite des exactions.

Ne pas le faire revient à prolonger la passivité qui s’est déjà exercée lors des massacres de Srebenica (voir Srebrenica : l’impunité jusqu’à quand ? ,) lors du génocide des Tutsis du Rwanda (voir Génocide rwandais : un anniversaire particulier . ) et plus récemment lors des crimes de guerre au Sri-Lanka(voir Sri Lanka : ONU silencieuse, régime impuni.)

La funeste guerre d’Irak ainsi que les autres aventures impérialistes ne doivent pas servir de prétexte à l’inaction des gouvernements et ne doivent pas paralyser les défenseurs des droits de l'homme.

L'urgence aujourd’hui est de tout faire pour empêcher la poursuite du massacre en Libye.

(voir aussi Libye : mettre fin au massacre !

Abattre toutes les dictatures

Tunisie, Algérie : solidarité

Chine : le silence complice de Sarkozy

Dictateurs africains: célébration de l’impunité ?

Droits de l'Homme: un combat nécessaire )

MEMORIAL 98

 

 

 

 

 

 

 

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 23:53

Dans la vague de soulèvements et de révolutions qui touchent les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, la Libye se distingue par la violence de sa caste dirigeante et de son dictateur Kadhafi.

Au pouvoir depuis 41 ans, celui-ci a confisqué la rente pétrolière et entend la défendre y compris par le massacre de la population insurgée.

Les gouvernements européens portent une lourde responsabilité dans le maintien de  cet assassin. Ils se contentent de protestations verbales et veillent au rapatriement de leurs ressortissants, abandonnant les Libyens aux balles et aux bombardements.

Kadhafi a accordé à ces gouvernements et aux grandes entreprises de leurs pays les gages nécessaires à son intégration dans le cercle de la respectabilité et des affaires.      

La liste de ses « amis » est impressionnante : Sarkozy qui l’a reçu en grande pompe à Paris car le dictateur avait enfin accepté de libérer contre une énorme rançon des infirmières bulgares et un médecin palestinien maintenus en détention pendant des années.

Berlusconi quant à lui ne tarit pas d’éloges sur son « copain » qu’il refuse encore  de critiquer pour « ne pas le déranger ».   

Les gouvernements britanniques de Gordon Brown et écossais se sont aussi déshonorés en libérant en 2009 « pour raisons médicales » Abdelbaset Ali Mohamed Al-Megrahi, le Libyen condamné en 2001 pour l'attentat de Lockerbie, contre un Boeing 747 de la compagnie américaine Pan Am, qui avait explosé le 21 décembre 1998,   faisant 270 morts. Al-Megrahi a été accueilli triomphalement en Libye après que le fils de Kadhafi a proclamé que sa libération avait été obtenue en échange de contrats commerciaux.

 Le même fils du dictateur que les médias ont parfois présenté comme un réformateur est celui qui appelle au massacre des opposants et promet des « rivières de sang ». Il a aussi été  très proche du dirigeant d’extrême-droite autrichien Jorge Haider (voir Nuit de cristal : 70 ans après(I) Terrible Autriche ).

La dictature libyenne doit immédiatement être mise hors d’état de nuire, y compris par l’envoi de forces internationales de l’ONU garantissant la sécurité et la vie du peuple libyen.

(voir aussi Abattre toutes les dictatures

Tunisie, Algérie : solidarité

Chine : le silence complice de Sarkozy

Dictateurs africains: célébration de l’impunité ?

Chine: la défaite, 20 ans après

Sri Lanka : ONU silencieuse, régime impuni.)

MEMORIAL 98

 

 

 

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 19:53

Après Sarkozy, Merkel, Berlusconi, c'est le tour de David Cameron, premier ministre conservateur britannique d'attiser la flamme de la xénophobie, dans discours tenu à Munich (!).

A la veille d'une manifestation fortement médiatisée de l'organisation d' extrême-droite English Defence League (EDL) dans la ville de Luton qui constitue son bastion, Cameron vient de reprendre les termes de Sarkozy et Besson pour prôner une "identité nationale".

Le British National Party (BNP) principal parti d'extrême-droite britannique, s'est vivement félicité de ce discours; son dirigeant Griffin a évoqué une "griffinisation" de la position des conservateurs.

Au moment même où se développe une grande vague démocratique dans les pays arabes

(voir Tunisie, Algérie : solidarité

Abattre toutes les dictatures )

les chefs de la droite européenne en grande difficulté suite à leurs politiques d'austérité,  attaquent leurs populations issues de l'immigration et de la colonisation.


Le rapport annuel de la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI) paru le 8 juillet dernier dénonçait déjà cette orientation. Nous en  publions  des extraits ci-dessous (voir aussi http://www.coe.int/t/dghl/monitoring/ecri/default_FR.asp? avec un rapport spécifique sur la France.)

Ce rapport officiel, issu du Conseil de l'Europe  qui regroupe 47  pays, met en cause les responsables politiques du continent en indiquant : « ... L'opinion publique, dont l'attitude négative est alimentée par un discours politique de plus en plus xénophobe, rend les immigrés responsables du chômage et de la détérioration de la sécurité.... »

Ce rapport semble avoir été écrit presque sur mesure pour les gouvernement français et italien, pour Sarkozy et Berlusconi et maintenant pour Merkel et Cameron.

Ces régimes ont multiplié les initiatives désignant les populations étrangères et les minorités comme responsables des problèmes de leurs pays.

Le gouvernement français avait de plus mis en place un « ministère de la xénophobie » dit de l'Identité nationale et lancé une campagne officielle sur le même thème. Il comporte en son sein un ministre condamné par la justice pour injure raciale et a fait passer une loi criminalisant le port du niquab islamique.

(voir notamment
Europe : une marée brune ?
Hortefeux doit partir !

Centres de rétention : barbarie quotidienne

Europe: contre l'enfermement des étrangers

Identité nationale : comment l’idée vint à Eric Besson

Italie: danger fasciste? )

 

Extraits du rapport officiel du Conseil de l'Europe:
"... L'ECRI a rendu public aujourd'hui son rapport annuel, qui étudie les grandes tendances observées en matière de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie, d'antisémitisme et d'intolérance en Europe.
 

Dans le rapport, elle se dit préoccupée par les conséquences de la crise économique pour les groupes vulnérables - surtout l'augmentation du chômage et la réduction des services sociaux.

L'opinion publique, dont l'attitude négative est alimentée par un discours politique de plus en plus xénophobe, rend les immigrés responsables du chômage et de la détérioration de la sécurité.

L'ECRI appelle les Etats européens à appliquer scrupuleusement leur législation visant à prévenir et à combattre le racisme, l'intolérance et la xénophobie, et à combler les vides juridiques qui perdurent. Si elle reconnaît que certains Etats ont adopté une législation adaptée, l'ECRI souligne néanmoins que l'application des textes « reste souvent un défi ».

L'ECRI est également préoccupée par la persistance du recours généralisé au profilage racial par la police, par les abus dans la lutte contre le terrorisme et par les brutalités policières contre des groupes vulnérables. Le rapport conclut en ces termes  :

* Les Roms et les Gens du voyage restent en butte à une hostilité ouverte et à l'exclusion sociale ; ils sont victimes de meurtres et de raids contre leurs campements.

* Le racisme anti-Noirs perdure en Europe et se traduit souvent par des attaques organisées contre la communauté noire et par de fréquentes injures liées à la couleur de peau lors des manifestations sportives.

* La discrimination envers les musulmans persiste dans les domaines de l'emploi, du maintien de l'ordre, de l'urbanisme, de l'immigration et de l'éducation. Depuis peu, les musulmans sont également visés par des restrictions spécifiques d'ordre juridique. Les Etats doivent faire plus pour encourager la tolérance à l'égard de la diversité religieuse.

* L'antisémitisme perdure en Europe. Les actes de vandalisme visant des synagogues et des cimetières juifs restent, avec le négationnisme, des sujets de préoccupation... "

 Ce dernier paragraphe sur le négationnisme s'applique particulièrement au gouvernement français, qui en assimilant les médias indépendants à une « presse collaborationniste", banalise la Shoah et le régime de Vichy

(voir Qui joue avec le fascisme ?

Qui manipule l’étoile jaune ?

Un dirigeant UMP salit à nouveau la Shoah.
Sarkozy et la presse "collaborationniste": un recyclage ) 

Les dirigeants de la droite européenne, pour une fois unis, ont recours à la xénophobie pour tenter de détourner la colère de ceux qui subissent les frais de la crise. Ils ouvrent ainsi la voie à l'extrême-droite avec laquelle ils envisagent d'ailleurs de coopérer.

MEMORIAL 98

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 20:53

Une fois de plus Marine Le Pen marche dans les pas de son père. Elle dénonce à nouveau  Eva Joly, d'origine norvégienne, en raison de sa double nationalité et lui conteste le droit de se présenter à l'élection présidentielle de 2012. Elle utilise pour cela la rhétorique classique de l’extrême-droite française en déclarant :

"Quand on est candidat à la présidentielle (...) il faut avoir un lien charnel avec notre pays, avec notre peuple. Je trouve profondément indécent que quelqu'un qui est devenu français à 20 ans, qui a la double nationalité, puisse poser sa candidature...Il faut supprimer la double nationalité"

La nouvelle présidente du Front National reprend ainsi le style et le contenu des diatribes de son père.

 Lors de la précédente présidentielle, en 2007 celui-ci avait d’abord à plusieurs reprises mis en cause les « 3 grands parents étrangers de Sarkozy ». Nous avions alors révélé qu’il s’agissait d’une référence codée au statut des Juifs  de  Pétain prévoyant l’exclusion de la vie publique pour ceux qui avaient 3 grands-parents juifs  ( Le Pen et les "3 grands-parents étrangers" de Sarkozy )

 Puis en juin 2007 il s’en était pris à Rachida Dati dans ces termes : " question à Mme Dati: est ce que vous avez la nationalité marocaine, ou est-ce que vous avez la nationalité française ? vous devez choisir. Si vous choisissez la nationalité étrangère, vous serez des étrangers, respectés en France, mais selon le statut des étrangers, sans les avantages que moi je crois devoir réserver aux Français… » (Le Pen récidive contre Rachida Dati)

Tradition délatrice

Les Le Pen père et fille s’inscrivent ainsi dans la longue  tradition de l’extrême droite française consistant à dénoncer des personnes en raison de leur religion ou de leur origine et à  dresser dans ce but des « listes de noms ».

Le dirigeant du FN avait souvent fait huer des noms à consonance juive de journalistes  lors des fêtes de son parti.

Il avait inauguré la mise en cause de la nationalité de ses contradicteurs dès 1989.

Le 5 décembre de cette année-là, à la télévision (sur la chaîne de l’époque « la 5 »), Le Pen est censé débattre avec Lionel Stoleru, alors secrétaire d'Etat chargé du Plan, sur le thème du travail au noir:

Le Pen commence par demander à son interlocuteur s'il a une double nationalité, faisant ainsi allusion à ses origines juives

Stoleru répond:

- "Être juif, ce n'est pas une nationalité... Jusqu'à présent, c'est une religion."

En Europe, la droite et l’extrême droite contre la double nationalité

La remise en cause en cause de la double nationalité n'est pas limitée aux  vitupérations de Le Pen. Dans notre pays, de Villiers avait inscrit à son programme présidentiel de 2007 " l'interdiction de la double nationalité". Dans plusieurs pays d’Europe, la droite met en cause les élus et responsables qui se trouvent dans ce cas. En Allemagne le parti  démocrate-chrétien CDU-CSU, correspondant de l’UMP et membre du même parti européen (PPE), mène depuis des années une campagne contre le droit à la double nationalité des personnes issues de l’immigration.(voir Europe : une marée brune ?)

Marine Le Pen tente ainsi d’exploiter et d’approfondir sa popularité auprès des franges xénophobes de l’électorat UMP, agité par les orientations que lui ont distillées Sarkozy, Besson et Hortefeux.(voir

Qui veut se faire piéger par Marine Le Pen ?

Succès du Front National: quelles conséquences?

 

Notons que Marine Le Pen réalise aussi une opération de soutien à l’ex-ministre mitterrandiste Roland Dumas, compagnon de route du Front national depuis 2007; voir Impunité de l'antisémite Barre et actuellement soutien de Laurent Gbagbo. Dumas poursuit de sa haine Eva Joly, qui avait mis à jour ses turpitudes financières dans l’affaire Elf.

Albert Herszkowicz pour

MEMORIAL 98

 

 

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 20:53

 

Une fois de plus Marine Le Pen marche dans les pas de son père. Elle dénonce à nouveau  Eva Joly, d'origine norvégienne, en raison de sa double nationalité et lui conteste le droit de se présenter à l'élection présidentielle de 2012. Elle utilise pour cela la rhétorique classique de l’extrême-droite française en déclarant :

"Quand on est candidat à la présidentielle (...) il faut avoir un lien charnel avec notre pays, avec notre peuple. Je trouve profondément indécent que quelqu'un qui est devenu français à 20 ans, qui a la double nationalité, puisse poser sa candidature...Il faut supprimer la double nationalité"

La nouvelle présidente du Front National reprend ainsi le style et le contenu des diatribes de son père.

 Lors de la précédente présidentielle, en 2007 celui-ci avait d’abord à plusieurs reprises mis en cause les « 3 grands parents étrangers de Sarkozy ». Nous avions alors révélé qu’il s’agissait d’une référence codée au statut des Juifs  de  Pétain prévoyant l’exclusion de la vie publique pour ceux qui avaient 3 grands-parents juifs  ( Le Pen et les "3 grands-parents étrangers" de Sarkozy )

 Puis en juin 2007 il s’en était pris à Rachida Dati dans ces termes : " question à Mme Dati: est ce que vous avez la nationalité marocaine, ou est-ce que vous avez la nationalité française ? vous devez choisir. Si vous choisissez la nationalité étrangère, vous serez des étrangers, respectés en France, mais selon le statut des étrangers, sans les avantages que moi je crois devoir réserver aux Français… » (Le Pen récidive contre Rachida Dati)

Tradition délatrice

 Les Le Pen père et fille s’inscrivent ainsi dans la longue  tradition de l’extrême droite française consistant à dénoncer des personnes en raison de leur religion ou de leur origine et à  dresser dans ce but des « listes de noms ».

 Le dirigeant du FN avait souvent fait huer des noms à consonance juive de journalistes  lors des fêtes de son parti.

 Il avait inauguré la mise en cause de la nationalité de ses contradicteurs dès 1989.

Le 5 décembre de cette année-là, à la télévision (sur la chaîne de l’époque « la 5 »), Le Pen est censé débattre avec Lionel Stoleru, alors secrétaire d'Etat chargé du Plan, sur le thème du travail au noir:

Le Pen commence par demander à son interlocuteur s'il a une double nationalité...

Réponse de Stoleru:

- "Être juif, ce n'est pas une nationalité... Jusqu'à présent, c'est une religion."

Après les hésitations de Le Pen, la discussion porte sur le contrôle du travail clandestin:

Lionel Stoleru : "Sur ce problème du travail au noir, j'ai moi-même organisé des descentes dans le Sentier, des opérations coup de poing..."

Jean-Marie Le Pen : "Vraiment ? Vous pourriez faire une rafle, c'est le cas de le dire..."

Cette agression antisémite provoqua à l’époque un tollé.

 

En Europe, la droite et l’extrême droite contre la double nationalité

 La remise en cause en cause de la double nationalité n'est pas limitée aux  vitupérations de Le Pen. Dans notre pays, de Villiers avait inscrit à son programme présidentiel de 2007 " l'interdiction de la double nationalité". Dans plusieurs pays d’Europe, la droite met en cause les élus et responsables qui se trouvent dans ce cas. En Allemagne le parti  démocrate-chrétien CDU-CSU, correspondant de l’UMP et membre du même parti européen (PPE), mène depuis des années une campagne contre le droit à la double nationalité des personnes issues de l’immigration.(voir Europe : une marée brune ?)

Marine Le Pen tente ainsi d’exploiter et d’approfondir sa popularité auprès des franges xénophobes de l’électorat UMP, agité par les orientations que lui ont distillées Sarkozy, Besson et Hortefeux.(voir

Qui veut se faire piéger par Marine Le Pen ?

Succès du Front National: quelles conséquences?

Notons que Marine Le Pen réalise aussi une opération de soutien à l’ex-ministre mitterrandiste Roland Dumas, compagnon de route du Front national depuis 2007;voir(Impunité de l'antisémite Barre) et présentement soutien de Laurent Gbagbo. Dumas poursuit de sa haine Eva Joly qui avait mis à jour ses turpitudes financières dans l’affaire Elf.

Albert Herszkowicz pour

MEMORIAL 98

 

 

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 16:11

 

                                          Alliot-Marie propose l'aide de la police française à Ben Ali

 

Les révolutions tunisienne et égyptienne en cours, après le soulèvement réprimé en Iran, montrent avec éclat l’aspiration des peuples à la liberté, la démocratie et la justice.

 Elles démontrent ainsi qu’aucune nation n’est condamnée par la fatalité ou le poids de l’histoire à vivre sous le joug dictatorial.

La contagion démocratique prend certes un relief particulier dans le monde arabe, au sein duquel règnent  le plus souvent l’arbitraire, la répression et la torture, voire la succession héréditaire comme forme de pouvoir.

Mais au-delà, on peut penser et espérer que dans les dizaines de pays répartis sur tous les continents et dans lesquels les populations vivent sans les libertés essentielles, le vent est à l’écoute, à l’information et à la révolte qui gronde.

La liberté d’information, d’association, de créer des syndicats indépendants, de tenir des élections libres représentent l’avenir et l’oxygène des peuples.

Actuellement les dictatures qui n’ont aucune légitimité sont étrangement qualifiées par des termes qui relèvent en principe du vocabulaire démocratique.

On parle ainsi du « gouvernement chinois » ou « président chinois » alors qu’il s’agit d’une organisation criminelle régnant par la force et qui a sur les mains le sang des millions de personnes victimes de la répression. (voir Chine: la défaite, 20 ans après

Ouïgours : révolte et massacre)

Cet exemple, particulièrement frappant s’agissant d’une puissance mondiale, s’applique  évidemment à  tous les cas dans lesquels les libertés démocratiques ne sont pas respectées (voir Droits de l'Homme: un combat nécessaire .  Russie/ un an après les assassinats Droits de l'Homme: un combat nécessaire .)

On ne peut pas prévoir où surgira de nouveau la flamme de la liberté ; on constate en revanche que tous ces régimes autoritaires suivent avec inquiétude et terreur les événements actuels en Tunisie et en Egypte.

Le gouvernement français actuel s’illustre particulièrement par son appui aux dictatures : après le silence sur le prix Nobel chinois, puis le soutien jusqu’au bout à Ben Ali c’est maintenant Moubarak qui est soutenu. (voir Tunisie, Algérie : solidarité  

Chine : le silence complice de Sarkozy

Dictateurs africains: célébration de l’impunité ? La menace islamiste est brandie comme une massue pour faire passer l’état d’urgence en place depuis 30 ans et les tirs à balles réelles sur les manifestants.

Ce soutien aux dictatures doit être sanctionné: est-il tolérable que se maintienne un gouvernement comportant un ministre de l’intérieur condamné pour injures raciales (voir Hortefeux doit partir !) et une ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, qui a proposé à la dictature tunisienne de l’aider à réprimer le soulèvement démocratique?

MEMORIAL 98

 

 

 

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 20:46

Le Pen et son supporter Dieudonné. 

 

 

 

 

 

Jusqu’au dernier moment du congrès d’intronisation de sa fille Marine à Tours, Jean-Marie Le Pen a tenu a marquer l‘importance de son engagement antisémite, au côté de ses attaques contre l'immigration.

Ainsi après que le service d’ordre ait agressé un journaliste portant un nom juif, Jean-Marie Le Pen a déclaré: " ... il a cru bon de dire qu'il était juif et que c'est pour cette raison qu'on l'avait expulsé, ce qui ne se voyait ni sur sa carte ni, si j'ose dire, sur son nez...".

Il est aussi revenu longuement sur  ses différents « dérapages » en se présentant en victime: « ….Parallèlement, le Front National a été victime d’une véritable persécution judiciaire et médiatique orchestrée par la police de la pensée.« Durafour crématoire », « détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale », « inégalité des races »… Tous mes propos ont été détournés de leur sens réel afin de me juger en sorcellerie parce que je refusais de me soumettre à la dictature de la Police de la pensée..."

À la veille de passer partiellement la main, Le Pen tient à marquer profondément la matrice antisémite de son mouvement.

Pour lui, la revanche de la Deuxième guerre mondiale et des années 30 est toujours d’actualité. C’est le sens de l’obsession du « détail » que représenterait la Shoah, reprise  régulièrement depuis 1987 .

C’est aussi le sens de références codées  à Laval ou, à propos de Sarkozy et des ses "trois grand-parents étrangers" au statut des Juifs promulgué par Pétain 

Dans un provocation passée inaperçue, fin 2008, Le Pen présentant ses vœux de Noël à la radio et à la télévision récitait le poème « Noël en taule » " de  Robert Brasillach écrit dans la prison de Fresnes où, ce fasciste déclaré qui ne cessa de dénoncer nommément des Juifs et des résistants, attendait son procès à l’issue duquel il fut fusillé pour intelligence avec l’ennemi.

Pour le président d’ honneur du FN, les Juifs demeurent les ennemis éternels du nationalisme car ils sont les  porteurs du « mondialisme » abhorré. En cela Le Pen est un héritier des thèses nazies.

De plus à l'approche de sa retraite politique, Le Pen tente de justifier son échec personnel en l'attribuant à la puissance du « lobby juif ».
En effet, le chef du FN n'a  pas réussi à concrétiser les extraordinaires succès électoraux de son parti, alors qu'il se voyait aux portes de la participation au pouvoir.
 Sa présence au deuxième tour de la présidentielle de 2002 est finalement restée sans lendemain. Même les alliances établies avec la droite lors des élections régionales de 1998 se sont effondrées dans le chaos.

Face à ce bilan d'échec de sa propre trajectoire et au moment de passer le relais à sa fille, Le Pen fait appel, avec une violence accrue, à deux explications déjà utilisées à de maintes reprises et répétées dans son long discours de passage de témoin: celle de la « décadence de la France » et  celle de la responsabilité sous-entendue du « lobby juif » qui a bloqué son ascension.

C'est le sens de ses propos dans une interview au journal « Bretons » en avril 2008; évoquant à nouveau le « détail «  il déclarait  alors:  «... C'est le sujet qui est important, je crois. J'aurais parlé, même de très loin, du génocide vendéen, personne n'aurait été choqué... Est-ce un pays de liberté où une phrase, si contestable soit-elle - et prononcée par un homme public -, mérite 150 millions d'amende et la mise à l'index de l'individu et de son parti ?"

Le Pen voudrait faire passer le message suivant: " j'ai échoué car j'ai osé toucher au tabou de la Shoah; les juifs m'ont harcelé et marginalisé"

Cette thématique a été martelée pendant des années, en mettant en cause les patronymes juifs des journalistes de l'audiovisuel, en évoquant « l'internationale juive » ou un soi-disant pacte des partis de droite avec la fantasmatique organisation juive Bnai-Brith pour interdire les alliances entre la droite et l'extrême-droite.


C'est aussi ce que Le Pen a exprimé quand il a évoqué à plusieurs reprises pendant la campagne présidentielle de 2007 les « trois grands-parents étrangers de Sarkozy »
.

Nous avions alors démontré et révélé que ces " trois grands-parents étrangers" constituaient une référence directe, bien que codée, au statut des Juifs de 1940 lequel fixait justement ce même critère de filiation des « 3 grands parents » pour exclure les juifs ainsi définis, des fonctions publiques et électives (voir encore Le Pen et les "3 grands-parents étrangers" de Sarkozy

Ainsi pour Le Pen, c'est le « lobby juif » qui est maintenant au pouvoir à travers Sarkozy. Cette thématique antisémite est d'ailleurs largement présente chez les Dieudonné, Soral et autres agitateurs antisémites sévissant sur Internet.

Les réactions dans le FN


Une grande partie de l'appareil se retrouve autour de Louis Alliot, proche conseiller de Marine Le Pen pour se préoccuper avant tout de l'électorat FN. Ce dernier se sent moins motivé par l'engagement antisémite et négationniste générique du FN que par sa ligne xénophobe et anti-immigrés. Alliot déclareainsi « ... Dans la situation actuelle marquée par une augmentation de la pauvreté sans précédent, par l'accentuation des flux migratoires, par les dégâts considérables initiés par la mondialisation économique, par l'installation durable d'un islam radical sur notre sol, les Français attendent des solutions concrètes et une vision crédible de l'avenir que nous leur proposons. Concentrons-nous sur l'essentiel: les combats électoraux à venir... »

Mais la présence de Le Pen fait que dans l’avenir du FN, le « tabou » négationniste n’a pas fini de se manifester et son poison d’être diffusé.

MEMORIAL 98

voir aussi sur ce site

 Qui veut se faire piéger par Marine Le Pen ?

Estrosi: quand il voulait s’allier avec le Front National.

Eric Woerth : quand il s’alliait avec le Front National

L’escalade antisémite de Dieudonné : décryptage

Succès du Front National: quelles conséquences?

Le Pen et Dieudonné: la grande famille des antisémites.

Sarkozy, Gaudin, Estrosi: l'ombre du Front National

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 ( voir plus d'articles en utilisant la fonction Recherche du site)

 

 

 

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 22:01

Le scandale médiatique fut provoqué  en mars 2010 par les déclarations de celui qui en répond aujourd’hui devant la justice. Sur le plateau de l'émission de Canal+ "Salut les Terriens", le 6 mars 2010, Zemmour, avait déclaré lors d'un débat sur les contrôles de police au faciès : "Mais pourquoi on est contrôlé dix-sept fois ? Pourquoi ? Parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes ! C'est comme ça, c'est un fait..." Lors de l'émission "L'hebdo", diffusée le même jour sur la chaîne France Ô, il avait répondu à une question concernant la discrimination à l'embauche que les employeurs "ont le droit" de refuser des Arabes ou des Noirs. Il est condamné pour incitation à la discrimination raciale à une amende de 2000 euros avec sursis.

Depuis, Zemmour a radicalisé son propos, plaide pour une alliance entre la droite et le Front National,  défend la personne et  les propos de Marine Le Pen, y compris lorsqu’elle trace un parallèle entre l’Occupation nazie et les prières de musulmans (voir Qui veut se faire piéger par Marine Le Pen ? )

Il est ravi : il se trouve au cœur d’une tempête médiatique et il renforce ainsi sa posture de porte-parole de la droite musclée, celui qui « dit tout haut ce que les autres pensent tout bas ».

Ce slogan vous rappelle quelque chose ? C’est bien le Pen qui l’a largement fait connaître. Les supporters de Zemmour, et au premier rang les incontournables croisés de « Riposte Laïque »,  utilisent beaucoup cette formule pour le défendre. 

Zemmour se présente comme un esprit rebelle, à la parole libre, mais il est en fait installé au cœur du système médiatique ( France 2, RTL, Le Figaro…)

De plus ,loin d'être un néophyte en politique, il a derrière lui une longue carrière à la droite de la droite; il a  beaucoup fréquenté Charles Pasqua et ses acolytes.

Il fut particulièrement proche de William Abitbol, conseiller politique de Pasqua et rédacteur de ses discours et aussi ancien militant du groupe fasciste Occident (comme Gérard Longuet, Devedjian, Hervé Novelli...)

La judéité des deux compères Zemmour et Abitbol ne le a jamais empêché de nager dans les eaux de la droite la plus radicale, celle qui brandit la xénophobie et l'antisémitisme comme étendards.

Zemmour dit il autre chose que Copé, Besson, Hortefeux, Morano, Longuet, Gaudin et tant d’autres dirigeants de la droite ?

Le cœur de cette argumentation est qu’il y a en France des populations non intégrables, dont l’origine étrangère, voire la « race », les propulse vers la criminalité. La police a donc ainsi tout à fait raison de pratiquer des contrôles au faciès et les employeurs ont raison de ne pas les embaucher.

  ( voir

 

Hortefeux : le retour du refoulé

 

De Villiers et son faux témoin

 

Morano : récidive d’une collaboratrice du Front National

 

Identité nationale : comment l’idée vint à Eric Besson

 

Gaudin: l'impensé colonial )

 

Vieilles théories recyclées.

 

Les propos de Zemmour, qui se présentent comme iconoclastes et novateurs, recyclent en fait les vieilles théories du Front National, installées dans la panoplie de la droite au milieu des années 80, par l’intermédiaire du Club de l’Horloge.

 Ce club, qui se positionnait comme une des passerelles idéologiques entre le FN et la droite, écrivait alors : «  Aujourd'hui le code de la nationalité est une machine à fabriquer des "Français de papier", qui n'ont ni assimilé ni notre culture ni affirmé leur attachement à la patrie. Pour maintenir notre identité nationale, il est urgent de réformer cette législation. Le Club de l'Horloge, qui a lancé ce débat dans l'opinion, décrit ici la réforme qu'il faudra réaliser tôt ou tard… »

La mise en pratique de  ces théories se fit en 1986, lors du retour de la droite aux affaires.  Elle fut symbolisée par la tentative de supprimer le traditionnel droit du sol et le droit à la nationalité française pour les enfants nés en France et issus de parents étrangers. "Être Français, ça se mérite" disait Pasqua,  « La carte  nationale d'identité n'est pas la Carte orange (carte Ratp de l’époque) », écrivait Le Pen dans l'exposé des motifs de sa proposition de loi n 82 « tendant à modifier le code de la nationalité française ».

  Dans cette bataille du code de nationalité, le gouvernement Chirac-Pasqua fut contraint de reculer fin 1986, en raison des grandes mobilisations étudiantes et de la mort du jeune Malik Oussekine, battu à mort par la police le 6 décembre de cette année.

 Cela n’empêcha pas Pasqua de faire référence à des « valeurs communes » de la droite et de l’extrême droite lors de la campagne présidentielle de 1988.

  (voir  Balladur et Sarkozy: de la préférence nationale à l'Identité nationale

Sarkozy et le Front National: une liaison dangereuse )

 

La lamentation réactionnaire de Zemmour, sa haine du féminisme et de l’universalité n’ont de moderne que leur adaptation à la forme télévisuelle dominante.

 Mais les dégâts en sont ainsi démultipliés, dans un contexte de renforcement du Front National (voir  Succès du Front National: quelles conséquences? )

 

 


MEMORIAL 98

 

 

 

 

 

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