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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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6 juillet 2024 6 06 /07 /juillet /2024 15:33

 

Texte intégral de la tribune collective publiée dans Le Monde par des membres du Réseau d'Actions contre l'Antisémitisme et tous les Racismes , du collectif  Golem et des JJR (Juifs et Juives révolutionnaires)
Depuis la rédaction de cette tribune, son contenu a été abondamment illustré et validé par la découverte de dizaines de candidat-es du RN ayant publié des propos antisémites, négationnistes, racistes et homophobes.
Jordan Bardella président du Rassemblement national, lui-même auteur d'une tentative de nier l'antisémitisme de Jean-Marie Le Pen,   reconnaît « quatre ou cinq brebis galeuses » parmi les candidatures de son parti.
Il soutient en réalité au moins 106 aspirants députés aux propos scandaleux ( voir leur portrait collectif publié par Mediapart ci-dessous), comme l'ont établi les enquêtes de différents médias.
L’exemple qui a le plus marqué les esprits est celui de Ludivine Daoudi, candidate RN dans le Calvados, désinvestie après la publication de la photo sur laquelle elle porte une casquette nazie.  Mais tous les autres restent investis.
 

 

Texte de la tribune: Après son score historique lors des élections européennes et l’horizon des élections législatives du 30 juin et 7 juillet, le Rassemblement national (RN) représente un danger immédiat.
C’est un ennemi mortel de nos libertés et de la démocratie, qui utilise le racisme comme instrument de propagande.
Dans ce cadre de division et de haine organisée, le RN prétend être au premier rang du combat contre l’antisémitisme. Depuis le début des années 2000, sa stratégie de dédiabolisation a fait de la dissimulation de l’antisémitisme la clé de voûte de sa course au pouvoir. Ainsi le 12 novembre 2023, Marine Le Pen et Jordan Bardella défilaient à la marche contre l’antisémitisme et se plaçaient en protecteurs des juifs. Nous ne sommes pas dupes.
L’antisémitisme est consubstantiel au RN, à son histoire comme à sa matrice idéologique. Il continue de façonner la vision du monde qu’il déploie et il suinte régulièrement des propos de ses cadres et ses militants, comme l’a montré une enquête récente de Libération sur les candidats aux élections législatives. Selon le rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) de 2022, l’électorat du RN est celui dans lequel les préjugés antisémites sont les plus répandus.
Jordan Bardella avait déclaré dans l’émission « Le Grand Jury », sur RTL, le 27 mars 2022, qu’en cas de victoire de Marine Le Pen, les viandes casher et halal seraient interdites, alors que la menace d’une interdiction du voile et de la kippa dans l’espace public continue de planer dans les déclarations du RN, ce qui souligne la matérialité du danger pour les juifs et les musulmans que représenterait son arrivée au gouvernement.
Imposture
Ces tentatives de l’extrême droite de se faire passer pour des soutiens des juifs sont une imposture qui se mesure tant par les positions des membres du RN que par ses références et son programme politique. Cette utilisation de la lutte contre l’antisémitisme n’a pas d’autre objectif que de s’attaquer aux musulmans et aux étrangers. Les juifs servent de prétexte pour continuer de distiller la haine de l’autre et trouver des boucs émissaires.
Lorsqu’un parti xénophobe et raciste tel que le RN prétend s’emparer d’un thème antiraciste, c’est évidemment pour le vider de sa substance. Nous refusons cette manipulation conduite par un parti qui place la préférence nationale au cœur de son programme et de son action. Nous refusons la mise en concurrence des minorités et de leurs mémoires traumatiques, celle de la Shoah, celle de l’esclavage, celle de la colonisation, qui n’a d’autre but que celui de conduire ces communautés à se considérer comme ennemies.
Le Front national, prédécesseur du RN, est un parti fondé en 1972 à l’initiative d’Ordre nouveau, groupuscule fasciste, ensuite animé par Jean-Marie Le Pen, multicondamné pour antisémitisme et contestation de crimes contre l’humanité, et par Pierre Bousquet, ancien officier Waffen SS.
Lire aussi (1986) | Article réservé à nos abonnés M. Le Pen condamné pour antisémitisme
Le RN n’a jamais rompu avec cet héritage politique. Marine Le Pen déclarait encore, le 23 novembre 2023, « tout assumer » de l’histoire de son parti. Elle assumait ainsi le négationnisme et l’antisémitisme, qui restent largement répandus dans les rangs du RN et dans son électorat.
C’est toute l’idéologie déployée par le RN qui développe une vision complotiste et antisémite. En 2020, Nicolas Bay, eurodéputé et alors membre de la direction du RN, proposait que la France quitte la Cour européenne des droits de l’homme car celle-ci serait « guidée par George Soros et son agenda visant à imposer une société ouverte ». Philanthrope juif d’origine hongroise, M. Soros a créé en 1984 le réseau Open Society Foundations, qui est un important donateur d’ONG de défense des droits, notamment de ceux des migrants et des réfugiés.
Faire front commun
George Soros est désigné par l’extrême droite et la sphère complotiste qui lui est attachée comme le nouveau dirigeant d’un prétendu complot juif qui aurait infiltré les institutions de pouvoir pour promouvoir les intérêts d’une « élite mondialisée », désignant explicitement les juifs. On ne dénonce plus les « youpins » mais les « cosmopolites ». On ne parle plus de « juiverie internationale » mais de « finance internationale ». Les termes changent mais leurs significations sont connues de tous et permettent de s’attaquer aux juifs en toute légalité.
George Soros est également accusé de financer le « wokisme » et le « lobby LGBT » dans le but de détruire la famille hétérosexuelle traditionnelle. En France, la Manif pour tous, a ainsi constitué un moment crucial d’articulation entre antisémitisme, antiféminisme et LGBTphobie. A chaque mouvement dans lequel l’extrême droite s’infiltre et participe, comme le mouvement des « gilets jaunes » ou les manifestations contre le passe sanitaire, on constate une recrudescence des propos et actes antisémites, montrant ainsi les répercussions immédiates de l’idéologie portée par le RN à l’encontre des juifs de France.
Lire notre décryptage : Article réservé à nos abonnés Chez les juifs français, la peur et le sentiment d’un grand isolement : « Il n’y a pas beaucoup de monde pour nous soutenir »
Au niveau européen, les positions des alliés politiques du RN révèlent également l’orientation idéologique profonde de ce parti. Ainsi, le FPÖ en Autriche multiplie les déclarations nostalgiques du IIIe Reich. Viktor Orban réhabilite Miklos Horthy, le « Pétain hongrois », qui a fait passer des lois antisémites et s’est allié avec l’Allemagne nazie. Son régime envoya 100 000 hommes aux travaux forcés. Près de 40 000 d’entre eux y trouvèrent la mort.
Marine Le Pen est également considérée comme proche de Vladimir Poutine. Celui-ci verse dans le révisionnisme de l’histoire nazie et stalinienne pour justifier l’invasion de l’Ukraine, dont le président serait, à ses dires, celui que « les Etats occidentaux ont placé, un juif ethnique, avec des racines juives, avec des ancêtres juifs, à la tête de l’Ukraine moderne ».
L’extrême droite constitue un danger mortel pour la démocratie, elle doit être combattue sans relâche. Plus que jamais, nous appelons la gauche et tous les antiracistes à faire front commun contre le racisme et l’antisémitisme.
Signataires : Laura Cohen, membre du collectif Juifs et Juives révolutionnaires (JJR) ; Nessi Gerson, membre du mouvement des juifs et juives de gauche contre l’antisémitisme Golem ; Julie Haouzi, membre de Golem ; Albert Herszkowicz, membre du Réseau d’actions contre l’antisémitisme et tous les racismes (RAAR) ; Martine Leibovici, membre du RAAR ; Lorenzo Leschi, membre de Golem ; Frédérique Reibell, membre du RAAR ; Emmanuel Sanders, membre du JJR ; Alice Timsit, membre de Golem ; Miléna Yesnou, membre du RAAR
MEMORIAL 98

 

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29 juin 2024 6 29 /06 /juin /2024 23:49

Avec le Réseau d'Actions contre l'Antisémitisme et tous les Racismes

Le Rassemblement National constitue un risque mortel pour le pays

 

Ce parti diffuse le racisme et, quoiqu’il en dise, demeure un vecteur d’antisémitisme.

Comme l’ont révélé plusieurs enquêtes récentes, nombre de ses candidat·e·s ont exprimé des positionnements antisémites, négationnistes, complotistes, sexistes, homophobes, transphobes, et violemment racistes.

 

Son projet d’exclusion de certaines fonctions des personnes ayant une double nationalité a des relents pétainistes. La proposition de revenir sur le droit du sol et l’attachement indéfectible du parti à la « préférence nationale » représentent un danger considérable pour nombre d’habitant·e·s en France, citoyen·ne·s ou non.

Faire barrage au Rassemblement National est donc une urgence à laquelle nul·le ne peut se dérober. Surtout pas celles et ceux qui comme nous sont attaché·e·s à la lutte contre l’antisémitisme et tous les racismes, et gardent en mémoire l’histoire du RN, dont nombre des fondateurs étaient liés au fascisme et à la collaboration, mais aussi à la défense du colonialisme français. A l’inverse, nous considérons que renvoyer dos à dos « les extrêmes », voire appeler à un « front républicain » contre la gauche, est une faute politique et morale qui favorise de fait le RN.

Ces dernières semaines la question de l’antisémitisme s’est retrouvée au premier plan de l’actualité avec l’horrible viol, accompagné d’antisémitisme, d’une enfant à Courbevoie. Dans ce contexte, il y a eu de nombreuses accusations visant la France Insoumise et, à travers elle, le Nouveau Front Populaire. Il estaberrant de mettre sur le même plan un parti comme LFI et l’extrême-droite, dont la matrice est structurellement raciste et antisémite.

Cependant, et nous l’avons dénoncé à de nombreuses reprises ces dernières années, le chef de LFI Jean-Luc Mélenchon et un certain nombre de responsables de ce parti se sont rendus coupables de propos à tonalité antisémite. Cette dérive s’est accentuée ces dernières semaines, allant même jusqu’à nier l’ampleur de l’antisémitisme, considéré comme « résiduel ». Ce n’est pas acceptable.

Le programme du Nouveau Front Populaire a pris en compte cette question en affirmant, comme nous le demandons depuis longtemps, la nécessité de combattre l’antisémitisme et tous les racismes ainsi que les discriminations. C’est positif et cela permet à la gauche d’agir dans ce domaine. C’est pourquoi nous avons interpellé le Nouveau Front populaire afin que soit immédiatement engagée une campagne d’actions contre l’antisémitisme et tous les racismes.

Le RAAR (Réseau d’Actions contre l’Antisémitisme et tous les Racismes) a exprimé son soutien au Nouveau Front Populaire en même temps que sa vigilance quant à la nécessité de riposter à tout acte antisémite comme aux autres actes racistes. Vigilance aussi à l’égard des dérives d’une partie de la gauche.

Pour ces raisons, et parce qu’il y a urgence, nous appelons à faire barrage dès le 30 juin à l’extrême droite xénophobe et haineuse, par le vote Nouveau Front Populaire.

MEMORIAL 98

 

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15 juin 2024 6 15 /06 /juin /2024 02:02
Samedi 15 juin: partout dans le pays, participons aux manifestations unitaires.
A Paris rendez-vous avec le Réseau d'Actions contre l'Antisémitisme et tous les Racismes, Golem et JJR à partir 13h30 au 52 Rue René Boulanger pour marcher ensemble contre le racisme et l’antisémitisme
MEMORIAL 98

 

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6 juin 2024 4 06 /06 /juin /2024 12:52

 

Urgence absolue: lors  des élections européennes, risque grave de vague d’extrême droite en France et dans toute l'Europe
Il y a certes beaucoup à dire sur les raisons de cette situation funeste et sur les responsabilités des uns et des autres, notamment sur celle, écrasante, d'Emmanuel Macron avec la funeste loi immigration qui a ouvert un boulevard à la propagande du RN et de Reconquête
Mais dans l'immédiat Il est urgent et crucial de mobiliser contre l'abstention à gauche, qui favorise fortement le RN.
Aller voter le 9 juin constitue un acte antiraciste et antifasciste.
MEMORIAL 98
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30 avril 2024 2 30 /04 /avril /2024 19:40

 

Vingt-neuf ans après l'assassinat de Brahim Bouarram, nous nous souvenons que le 1er mai 1995, ce jeune Marocain de 29 ans a été jeté dans la Seine par des militants d'extrême-droite qui participaient à un défilé du Front National.

Comme chaque année, nous nous retrouverons à Paris avec les proches de Brahim et les associations antiracistes, sur le pont du Carrousel le 1er mai à 11h pour honorer sa mémoire et rappeler que le FNRN est un parti dont le racisme conduit à la violence et à la mort.
C'est d'autant plus important à quelques semaines des élections européennes du 9 juin. Selon les sondages actuels, la liste de Bardella est très largement en tête.
Dans de nombreux autres pays d'Europe, l'extrême-droite est à l'offensive en exploitant sans cesse les thèmes du nationalisme et du racisme ainsi que du complotisme de la complaisance à l'égard de Poutine dans sa guerre d'agression contre l'Ukraine. Les régimes russes et chinois soutiennent et financent les partis d'extrême-droite et les groupes fascistes dans toute l'Europe, comme vient encore de le démonter l'implication de la tête de liste du parti allemand AfD Maximilian Krah dans la propagande voire l'espionnage pour Poutine et la dictature chinoise.
Nous en appelons à une large mobilisation antifasciste qui passe également par les urnes. L'abstention lors du scrutin du 9 juin s'annonce à ce stade comme très élevée, ce qui favoriserait le Rassemblement national. Un effort de conviction est donc nécessaire afin de barrer la route à ce parti et à ses acolytes
 
Nous rappelons à quel point les assassins de Brahim Bouarram ont été traités avec indulgence par la police et la justice. C'est d'ailleurs le cas habituel pour les auteurs de violences fascistes.  
 
Le 1er mai 1995 Brahim Bouarram est jeté à la Seine, en marge d'un défilé du FN, par des militants néo-nazis, dont il sera très vite établi qu'ils avaient des liens habituels avec le parti d'extrême-droite. Plusieurs d'entre eux étaient en effet utilisés régulièrement comme membres du service d'ordre par les responsables du FN de leur département d'origine, la Haute- Marne. 
Moins d'un an après le meurtre, plusieurs des co-accusés sont libérés pendant l'instruction alors en cours. Quatre témoins ont d'abord relaté des faits accablants et concordants démontrant que l'ensemble des néo-nazis cherchait activement une victime en scrutant les berges de la Seine, bien avant de tomber sur Brahim Bouarram. Mais en quelques mois, ces quatre personnes se sont toutes rétractées, notamment une jeune femme qui apparaît muette et terrorisée au cours des audiences. Le juge, pourtant, ne tient aucun compte du caractère troublant de ces rétractations tardives générales, et relâche les co-accusés. L'un des présents à la ratonnade a d'ailleurs été relâché bien avant, comme si la possibilité de pression sur les témoins n'avait aucune importance
 
Par ailleurs, le responsable du service d’ordre central du FN ( nommé DPS) comme celui du FN de la Haute Marne ne seront jamais inquiétés. Ils avaient pourtant attendu une semaine avant de donner l'identité des accusés à la police et s’étaient auparavant rendus au domicile de ces derniers, ce qui leur a laissé tout le temps pour se débarrasser d'éléments compromettants et élaborer une stratégie de défense.
Au procès lui-même, les peines des co-accusés du meurtre de Bouarram permettront à trois d'entre eux de ne pas retourner en prison, la peine ferme d'un an étant couverte par la détention préventive, et les trois ans restants étant du sursis. Un seul co-accusé, David Halbin, fera un an de prison, mais seulement parce qu'il était resté libre le temps de l'instruction. Quant à celui qui a poussé Brahim Bouarram dans la Seine, Mickaël Freyminet, il écopera d'un jugement très modéré de huit ans de prison ferme.  
 
Sept ans plus tard, on retrouvera son nom cité dans une autre affaire de meurtre : en septembre 2002, une bande de néo-nazis tabasse François Chenu à Reims, le jette à l’eau, puis le repêche pour l'achever à coup de rangers. François Chenu était homosexuel, le seul mobile du meurtre. Après les faits, les jeunes néo-nazis avaient passé de nombreux coups de fil à leur mentor un peu plus âgé qui n'était autre que le meurtrier de Brahim Bouarram. Mickaël Freyminet. Celui-ci, qui avait déclaré avoir abjuré ses croyances et avait osé demander pardon à la compagne de Brahim Bouarram s'était dès sa libération, immédiatement relancé dans l'activisme néo-nazi . Il avait d’ailleurs rencontré les trois meurtriers de François Chenu lors d’un camp organisé par cette mouvance. 
Le rassemblement du 1er mai sera l'occasion de réaffirmer notre volonté de combattre tous les crimes racistes et de lutter contre le RN/FN raciste, antisémite, anti-social, fasciste ainsi que  ses idées et le poison qu'il déverse quotidiennement.

                      Sur le pont du Carrousel, en mémoire de Brahim Bouarram

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6 avril 2024 6 06 /04 /avril /2024 15:48
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6 avril 2024 6 06 /04 /avril /2024 14:44

                      Les enfants d'Izieu à l'été 1943

La commémoration de la rafle des enfants d'Izieu revêt cette année une importance particulière puisqu'il s'agit du 80e anniversaire de ce moment particulier de la persécution des enfants juifs par les nazis  

Le 6 avril 1944, se nouait le sort tragique de 44 enfants et 7 adultes juifs raflés dans ce village de l'Ain qui devait constituer un refuge.

Ils furent tous massacrés à Auschwitz, après être passés par Drancy, gazés dès leur arrivée, à l’exception de deux adolescents et de Miron Zlatin, fusillés à Reval (actuelle ville de Tallinn) en Estonie. Seule une éducatrice, Léa Feldblum, survécut. 

Le récit de la rafle en décrit l'horreur:

"Nous sommes au premier jour des vacances de Pâques. Il est environ 8 h 30. Les 44 enfants déjeunent au rez-de-chaussée dans le réfectoire.

L'institutrice Gabrielle Perrier est rentrée chez ses parents la veille. Avant de monter à l'infirmerie, Léon Reifman croise une dernière fois le regard de ses parents, de sa sœur et de son neveu. Mis à part le brouhaha des enfants, tout est calme en ce jeudi 6 avril 1944. Soudain deux camions et une voiture s'arrêtent devant la maison. La rafle est exécutée avec une rapidité effrayante. Trois hommes en civil, dont deux officiers de la Gestapo de Lyon, et une quinzaine de soldats de la Wehrmacht, rentrent brutalement dans la maison. Ils regroupent avec violence tous les occupants sur le palier. Prévenu par sa sœur, seul Léon Reifman échappe à l'arrestation en sautant par une fenêtre du premier étage. Les voisins Eusèbe Perticoz et Julien Favet sont les témoins impuissants de la rafle. Les enfants et les adultes sont jetés dans les camions comme de vulgaires marchandises. Les cris et les pleurs se font entendre. Le convoi quitte le hameau de Lélinaz. Comme un acte de résistance, les enfants chantent en chœur : "Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine." A la faveur d'un arrêt, à Brégnier-Cordon, les Allemands font descendre du camion, à la demande d'une habitante, le seul enfant non juif de la colonie, René Wucher (huit ans). Dans cette opération, seule l'arrestation des juifs intéresse les nazis. Puis, le convoi prend la route de Lyon. Pour les enfants et leurs éducateurs, c'est le début de l'engrenage qui mène à l'extermination.

Sabine Zlatin apprend la terrible nouvelle à Montpellier par le biais d'un simple télégramme que lui transmet Marie-Antoinette Cojean, secrétaire en chef à la sous-préfecture de Belley. Le message est le suivant : "Famille malade, Maladie contagieuse"

La colonie d’Izieu, ouverte par Sabine et Miron Zlatin accueillit de mai 1943 à avril 1944 plus de cent enfants pour les soustraire aux persécutions antisémites. Absente au moment de la rafle, Sabine Zlatin, désormais surnommée « la Dame d'Izieu » a consacré le reste de son existence à son combat pour la mémoire des enfants.

Le Musée-mémorial d’Izieu est l’un des trois lieux de la mémoire nationale des « victimes des persécutions racistes et antisémites et des crimes contre l’humanité » commis avec la complicité du gouvernement de Vichy reconnus par le décret du 3 février 1993, avec l’ancien Vélodrome d’hiver de Paris et l’ancien camp d’internement de Gurs.

 

Cet épisode tragique symbolise le sort des enfants durant la Shoah

Ainsi en France, 11458 enfants furent déportés et massacrés. 

On estime généralement qu'un million et demi d'enfants ont été tués durant la Shoah.   

Il y a cinq ans lors du soixante-quinzième anniversaire, le 6 avril 2019 avait été marqué par deux événements particuliers:

D'une part, à Izieu même, une cérémonie eut lieu. Il y a été notamment dévoilé le portrait de Mme Rosa-Ida Halaunbraunner, qui manifesta à la Paz en Bolivie avec Beate Klarsfeld en mars 1972 ( voir ci-dessous), en pleine dictature militaire, pour exiger  que Klaus Barbie soit jugé. Il était directement responsable de la mort de son mari et de trois de ses enfants. Ses deux filles Claudine, cinq ans, et Mina, neuf ans, faisaient partie des quarante-quatre enfants juifs raflés à Izieu par la Gestapo. Elle témoigna également lors du procès Barbie, jugé en 1987 après avoir été extradé en 1983, 11 ans après la manifestation de La Paz

 

La Paz ( Bolivie) 1972: malgré la dictature militaire, Béate Klarsfeld et Rosa-Ida Halaunbraunner protestent et  s’enchainent sur un banc afin de réclamer le jugement de Klaus Barbie 
 

D'autre part à Lyon la stèle en mémoire d'Izieu, qui a été restaurée après une profanation, a été réinstallée

La tragédie d'Izieu continue de résonner dans l'histoire actuelle. C'est en effet la preuve de l'implication directe de Klaus Barbie dans cette déportation des enfants qui est à l'origine de sa condamnation à la perpétuité lors de son procès en 1987.  Il bénéficiait de la prescription pour ses autres crimes perpétrés dans le cadre de la lutte contre la Résistance. Le Mémorial d'Izieu conserve d'ailleurs le photostat du télégramme de Barbie relatif à la rafle d'Izieu. Ce document historique et juridique essentiel annonce la rafle de la colonie, dénombre les personnes arrêtées et mentionne leur transport à Drancy le 7 avril 1944. Ce document avait été produit au procès de Nuremberg et y a servi à établir le crime contre l’humanité.

Or au lendemain de la guerre, Klaus Barbie, déjà recherché pour ses crimes, a été récupéré et protégé dès 1947 par l’armée américaine. Puis, quand à partir de 1948 la France réclame son extradition, le Counter Intelligence Corps américain qui l’emploie refuse de le remettre aux autorités, puis l’exfiltre vers l’Argentine avec le concours des réseaux d’évasion de la hiérarchie de l’Église catholique.

On connaît la suite et le combat acharné, d'abord désespéré puis victorieux de Serge et Beate Klarsfeld, pour son extradition de Bolivie en 1983 et son jugement. La manifestation en 1972, à la Paz, de Beate Klarsfeld et de Mme Rosa-Ida Halaunbraunner, mère de deux  enfants déportés d'Izieu, constitue un véritable acte d'héroïsme. La Bolivie est alors sous le contrôle d'une dictature militaire qui protège Barbie, intégré dans son appareil répressif. 

Lors de son procès en 1987 à Lyon, Barbie est défendu par Jacques Vergès et tente encore de calomnier les résistants et notamment Raymond Aubrac. Vergès est en cela le modèle de son ami antisémite Roland Dumas.

Le souvenir d'Izieu réapparaîtra notamment en 1998, lors de la vague d'alliances entre la droite et le FN pour la gestion des conseils régionaux.    

En région Rhône-Alpes, Charles Million, ancien ministre de la défense de Chirac et Juppé, se faisait élire président de la région en Mars 1998 grâce à une alliance avec le Front National.
Son allié et compère était Bruno Gollnisch, chef régional du FN et négationniste avéré. Un autre pilier de l’alliance était Pierre Vial, fasciste et antisémite bien connu, animateur du courant dit "païen" dans le FN, qui fut nommé vice-président de la commission culture du conseil régional.
Face au choc provoqué par les alliances droite-FN dans cinq régions, la résistance s’organisa, notamment contre Millon. Ainsi à Izieu, dans l’Ain dont il était à l’époque député, Charles Millon fut conspué le dimanche 19 juillet 1998 lors d'une cérémonie à Izieu. 

La présidente régionale de l’Amicale des déportés d’Auschwitz, Simone Lagrange, déportée à treize ans, lui demandait publiquement de quitter les lieux. Millon ne partit qu’à la fin de la cérémonie, bafouant ainsi la mémoire des disparus, des survivants et de leurs familles. Fin novembre 1998, il fut exclu de l’association du mémorial des enfants d’Izieu puis finalement démis de ses fonctions de président de région.

Le sort tragique de ces 44 enfants demeure encore une plaie vivante qui renforce notre volonté de lutter contre les nostalgiques du nazisme et les laudateurs de Pétain.

A travers le drame particulier de la rafle d'Izieu en avril 1944, c'est le sort des enfants face à la Shoah et à tous les génocides qui est ici rappelé

 
Les enfants du Vel' d'Hiv'
 
Lors de la rafle du Vel d'Hiv' en juillet 1942, ce sont d'abord les couples sans enfants et les célibataires (1989 hommes et 3003 femmes) qui sont internés au camp de Drancy.  
Puis du 19 au 22 juillet, les familles du Vél’ d’Hiv’ sont quant à elles transportées dans les camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande (Loiret) gérés par l’administration française.
Adultes et adolescents sont alors déportés en premier, par 4 convois, entre le 31 juillet et le 7 août 1942.
 
Le sort des enfants 
 
Brutalement séparés de leurs parents, environ 3000 enfants en bas-âge sont laissés sur place à Phitiviers  et Beaune-la-Rolande dans une détresse affreuse. Leurs parents ont été rapidement déportés vers Auschwitz, alors que les nazis n’ont pas encore donné leur réponse quant au sort des enfants. 
La période durant laquelle les enfants internés dans les camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande ont vécu séparés de leurs parents déjà déportés est décrite par les témoins comme un des moments les plus insupportables. Âgés de 2 à 15 ans, ceux-ci restent seuls durant plusieurs semaines.
Désorientés par l’absence de leurs parents et vivant dans des baraques inadaptées à la présence d’enfants, ils vivent dans des conditions d’hygiène catastrophiques. Huit d'entre eux meurent durant cette période.
 

Le 13 août 1942, les services d’Eichmann décident que les enfants doivent également être déportés: ils sont alors transférés vers Drancy et, de là, embarqués dans les convois partant pour Auschwitz entre le 17 et 31 août 1942. La déportation d'enfants seuls est interdite par Eichmann. Il s'agit de faire croire aux cheminots français et allemands et à tous ceux qui pourraient s'approcher de ces trains que les enfants sont déportés avec leurs parents. Ainsi, Le 17 août 1942, le convoi n°20 emporte 1000 Juifs vers Auschwitz-Birkenau. Parmi eux, 580 enfants. Leurs parents ont déjà été déportés. Les convois constitués exclusivement d’enfants étant interdits  ils sont donc, à Drancy, mélangés à des adultes.

Aucun d’entre eux n’est revenu.

                                         

                                  La plaque portant les noms des enfants d'Izieu déportés

 

Lors de cet anniversaire de la rafle d'Izieu, nous rappelons également le méfait de Laurent Wauquiez. Une de ses premières mesures en tant que président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a consisté à diminuer la subvention attribuée au Mémorial des enfants d'Izieu ( voir ici). Il avait agit de même à l'encontre du centre national de la Mémoire Arménienne à Décines. Dans ces deux cas Wauquiez avait du reculer face au scandale.

Récemment, le 13 janvier dernier, il reçoit très chaleureusement Eric Zemmour lors d'un débat au siège de son parti et affirme d'emblée: " Eric (Zemmour) est ici chez lui..." Il a ainsi convergé avec celui qui veut réhabiliter Pétain et qui milite ouvertement pour une alliance de la droite et de l'extrême-droite. Zemmour était d'ailleurs intervenu peu de temps auparavant dans l'"école" de Marion Maréchal.

Cinquante ans après, le génocide des Tutsi du Rwanda

La coïncidence des dates fait que cinquante ans jour pour jour après la rafle d'Izieu débutait un autre génocide. 

Le 7 avril 1994 marque le début du génocide des Tutsi du Rwanda et des "jours de sang" du mois d'avril:

C'est à ce génocide que revient en effet le triste privilège d'ouvrir les commémorations du mois d'avril, au cours duquel est honorée la mémoire des victimes des trois génocides majeurs du XXe siècle : celui des Tutsi du Rwanda le 7 avril, date du début des massacres en avril 1994, celui de la Shoah le 19 avril correspondant au début de la révolte du ghetto de Varsovie le 19 avril 1943 celui des Arméniens le 24 avril correspondant aux premières arrestations des intellectuels arméniens à Constantinople/Istanbul en avril 1915.

Nous y associons le premier génocide du XXe siècle commis en 1904 par l'Allemagne impériale  contre les peuples Herero et Nama en Afrique australe, les actions génocidaires en Bosnie à Srebrenica, au Darfour, le génocide des Roms, les actions génocidaires du régime khmer rouge au Cambodge et la récente tentative d’extermination des Yézidis d’Irak par Daech, les actions génocidaires contre les Rohingya en Birmanie ...

 Alors qu'un parti héritier du fascisme et du nazisme se présente en France comme une alternative crédible, il est plus que jamais urgent de rappeler ce à quoi mènent les doctrines de l'exclusion et de la haine.

Memorial 98

 

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14 mars 2024 4 14 /03 /mars /2024 10:52

                      Poutine et Assad sur des panneaux officiels en Syrie.

 

Syrie-Ukraine: le combat commun des victimes des crimes de Poutine.
A l'occasion du 13e anniversaire du début du soulèvement en Syrie contre la dictature de Bachar-el-Assad , débutée en Mars 2011, appel à manifester ensemble samedi 16 mars à Paris .
Depuis 2015 la population syrienne subit la présence militaire russe qui maintient en place le régime de Assad, bourreau de son peuple.
L'aviation de Poutine bombarde sans cesse les villes comme Idlib après avoir sévi à Alep et cible préférentiellement les hôpitaux et structures de santé.
L'armée russe et ses généraux se sont entrainés en Syrie avant de s'attaquer à l'Ukraine en reproduisant les mêmes massacres et les mêmes crimes de guerre.

Du côté des soutiens de Poutine en France, le Rassemblement national a choisi l'eurodéputé Thierry Mariani comme porte-parole officiel de ce parti dans le premier débat des élections européennes sur la chaine publique LCP. A la différence des autres listes, le RN a refusé d'y envoyer sa tête de liste Bardella.Or

Or Mariani est identifié comme le lobbyiste officiel non seulement de Poutine mais aussi et surtout de Bachar El Assad auprès duquel il a multiplié les voyages d'obédience ( voir les deux acolytes ci-dessous) ainsi que de la dictature d' Azerbaidjan , a donc représente à la télévision à la fois le parti d'extrême-droite et son maître Poutine.

                       Mariani avec Assad

Malheureusement on constate à gauche que les partis La France Insoumise et PCF, qui ont refusé de soutenir la résistance syrienne, sont aussi en pleine dérive à propos de l'Ukraine.
Prenant prétexte des déclarations de Macron sur l'intensification du soutien à l'Ukraine et l'envoi de troupes au sol, les députés LFI et PCF ont voté contre le soutien à l'accord de sécurité avec l'Ukraine;
Bompard et Mélenchon escaladent  dans le mensonge en qualifiant dorénavant le Donbass et la Crimée de «territoires disputés» avec la Russie, or ces territoires ukrainiens ont été arrachés par Poutine et annexés illégalement dès 2014.
C'est une nouvelle trahison du droit international et des valeurs de la gauche.
Pour notre part, nous poursuivons plus que jamais notre soutien aux Syriens, aux Ukrainiens, aux victimes des attaques du 7 octobre et aux habitant-es de Gaza ainsi qu'à toutes les victimes d'oppression et d'invasions.

Appel à un rassemblement

 le samedi 16 mars 15h30 Place de la République – Paris

Pour la Paix, la Liberté et la Démocratie en Syrie

 

2011 – 2024 : Une Syrie martyrisée,

 mais un peuple fier de sa révolution 

 

Il y a 13 ans, les Syriens sont descendus dans la rue par millions, dans toutes les villes, pour exiger malgré 40 années de dictature de la famille Assad leur droit à la liberté et à la démocratie.

La seule réponse du pouvoir à ces manifestations pacifiques fut une répression meurtrière qui, en les plaçant en légitime défense, a amené le peuple syrien à résister par la lutte armée.

Bachar Al Assad a libéré en août 2011 des centaines d’extrémistes des prisons syriennes. Il a ainsi semé les graines de l’horreur dont Daech a été le fruit vénéneux, et un pseudo alibi pour qualifier de "terroristes" toutes les forces d’opposition. Et sa barbarie s’est appuyée sur celles de la Russie et de l’Iran.

Les résultats de cette politique de terreur ce sont plus de 500.000 morts, des dizaines de milliers de disparus, des dizaines de milliers de tués sous la torture, 4 millions de réfugiés.

Et pourtant, la société civile est l’honneur du peuple syrien. Elle maintient la flamme de la révolution syrienne en gardant le cap vers une Syrie libre et démocratique, débarrassée du régime de Bachar Al-Assad dans un combat exemplaire contre l’impunité pour les responsables de crimes contre le peuple syrien.

 2020 : En Allemagne, première plainte pour crimes contre l’humanité visant les attaques chimiques du régime syrien. Après l’Allemagne, la France et la Suède ont ouvert une procédure judiciaire sur l’usage d’armes chimiques.

 2021 : La Syrie a perdu son droit de vote au sein de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC)

 2023 

 Bachar Al-Assad est visé par un mandat d’arrêt international de la justice française après les attaques chimiques de 2013 en Syrie

 Des accusations de torture à l’encontre du régime de Bachar Al-Assad ont conduit le Canada et les Pays-Bas à saisir la Cour internationale de justice (CIJ).

 Le 29 mars, deux juges d’instruction françaises ont pris une décision historique en mettant en accusation trois hauts responsables du régime de Bachar Al-Assad, afin qu’ils soient jugés aux assises pour la mort des deux franco-syriens arrêtés en 2013 et déclarés morts par le régime en 2018.

- 2024 : À Washington, une loi anti-normalisation avec le régime Assad a été approuvée à une écrasante majorité à la Chambre des représentants. Elle permet également de prolonger jusqu’en 2032 la loi Caesar, votée en 2019, qui sanctionne toute personne ou entité apportant un soutien au régime syrien.

Nous avons un devoir de solidarité vis-à-vis des Syriens pour qu’ils reprennent en main leur destinée face à ce régime narco-trafiquant qui pratique le terrorisme d’État et qui commet des crimes contre l'humanité.

Collectif pour une Syrie Libre et Démocratique, soutenu par Memorial 98

Textes de Memorial 98 en rapport avec l'Ukraine, la Syrie, Poutine ( sélection) :

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 
 
 
 

 

Appel à un rassemblement

 le samedi 16 mars 15h30 Place de la République – Paris

Pour la Paix, la Liberté et la Démocratie en Syrie

 

2011 – 2024 : Une Syrie martyrisée,

 mais un peuple fier de sa révolution 

 

Il y a 13 ans, les Syriens sont descendus dans la rue par millions, dans toutes les villes, pour exiger malgré 40 années de dictature de la famille Assad leur droit à la liberté et à la démocratie.

La seule réponse du pouvoir à ces manifestations pacifiques fut une répression meurtrière qui, en les plaçant en légitime défense, a amené le peuple syrien à résister par la lutte armée.

Bachar Al Assad a libéré en août 2011 des centaines d’extrémistes djihadistes des prisons syriennes. Il a ainsi semé les graines de l’horreur dont Daech a été le fruit vénéneux, et un pseudo alibi pour qualifier de "terroristes" toutes les forces d’opposition. Et sa barbarie s’est appuyée sur celles de la Russie et de l’Iran.

Les résultats de cette politique de terreur ce sont plus de 500.000 morts, des dizaines de milliers de disparus, des dizaines de milliers de tués sous la torture, 4 millions de réfugiés.

Et pourtant, la société civile est l’honneur du peuple syrien. Elle maintient la flamme de la révolution syrienne en gardant le cap vers une Syrie libre et démocratique, débarrassée du régime de Bachar Al-Assad, dans un combat exemplaire contre l’impunité pour les responsables de crimes contre le peuple syrien.

 2020 : En Allemagne, première plainte pour crimes contre l’humanité visant les attaques chimiques du régime syrien. Après l’Allemagne, la France et la Suède ont ouvert une procédure judiciaire sur l’usage d’armes chimiques.

 2021 : La Syrie a perdu son droit de vote au sein de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC)

 2023 

 Bachar Al-Assad est visé par un mandat d’arrêt international de la justice française après les attaques chimiques de 2013 en Syrie

 Des accusations de torture à l’encontre du régime de Bachar Al-Assad ont conduit le Canada et les Pays-Bas à saisir la Cour internationale de justice (CIJ).

 Le 29 mars, deux juges d’instruction français ont pris une décision historique en mettant en accusation trois hauts responsables du régime de Bachar Al-Assad, afin qu’ils soient jugés aux assises pour la mort des deux franco-syriens arrêtés en 2013 et déclarés morts par le régime en 2018.

- 2024 : À Washington, une loi anti-normalisation avec le régime Assad a été approuvée à une écrasante majorité à la Chambre des représentants. Elle permet également de prolonger jusqu’en 2032 la loi Caesar, votée en 2019, qui sanctionne toute personne ou entité apportant un soutien au régime syrien.

Nous avons un devoir de solidarité vis-à-vis des Syriens pour qu’ils reprennent en main leur destinée face à ce régime qui pratique le terrorisme d’État et qui commet des crimes contre l'humanité.

 

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6 mars 2024 3 06 /03 /mars /2024 21:23

 

Face à la catastrophe en cours, celles et ceux qui combattent pour la justice, la solidarité internationale, qui luttent  contre l'antisémitisme et tous les racismes, ont besoin de se retrouver et de discuter de la situation et des initiatives possibles.

Dans le cadre du Réseau d'Actions contre l'Antisémitisme et tous les Racismes (RAAR) soutenu par Memorial 98, une nouvelles rencontre poursuit la réflexion déjà entamée lors de précédentes rencontres

 Vous êtes invités à participer en vous inscrivant ( présentiel ou Zoom) dans un esprit d'ouverture et de confrontations des idées et des ressentis.

Nous reproduisons ci-dessous les déclarations récentes du RAAR, à retrouver également sur le site internet https://raar.info/

MEMORIAL 98

Rencontre/débat du RAAR
 
Israël/Palestine: faire face à la tragédie actuelle
Avec Denis Charbit, Professeur de science politique à l'Université ouverte d'Israël, militant pour une paix juste au Moyen-Orient
A partir de la situation tragique actuelle, nous aborderons l’histoire du conflit israélo-palestinien et discuterons certains de ses concepts fondamentaux, comme ceux de sionisme ou d’antisionisme, ainsi que leurs usages passés et présents.
Il s’agira également de réfléchir aux répercussions de la guerre en cours sur la lutte contre l’antisémitisme et tous les racismes.
Inscription obligatoire: raarevenements@gmail.com
 

Pour un cessez-le-feu immédiatement

Le drame qui s’est produit ce 29 février à Gaza, amenant la mort d’une centaine de personnes, dont certaines tuées par des soldats israéliens, lors d’une distribution de vivres, montre dans quelle situation catastrophique se trouve la population de Gaza. L’événement ne peut qu’inquiéter sur le comportement des soldats israéliens et leur encadrement. Il y a aujourd’hui 30 000 morts, en grande majorité des civil.es, beaucoup d’enfants parmi eux. C’est insupportable.
Nous avons condamné avec force le 7 octobre, massacre anti-israélien et antisémite à la fois. Mais l’action militaire israélienne qui a suivi donne lieu à un massacre et à une catastrophe humanitaire. Elle doit s’arrêter sans délai.
Le RAAR se joindra aux actions menées pour exiger un cessez-le-feu, qui permette à la population de Gaza de revivre et aux otages encore détenu.es d’être libéré.es. Il y a urgence.

 

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23 février 2024 5 23 /02 /février /2024 23:52

 

Face à l'agression impérialiste de Poutine à l'encontre de l'Ukraine, face également à l'assassinat de ses opposants dont le dernier en date est Alexei Navalny, une partie de la gauche française et internationale a perdu la boussole de la solidarité.
Alors que toute la gauche devrait se trouver à la tête du combat pour l'Ukraine et contre le fascisme poutinien, on assiste à une dérive délétère.
Nationalisme et alignement sur un camp décrété progressiste ("campisme") conduisent a l'attitude catastrophique de certains partis de gauche, comme LFI et le PCF.
Ces partis rejettent ainsi l'adhésion de l'Ukraine à l'Union Européenne sous prétexte, déclare LFI, que  "l'entrée de l'Ukraine en Europe "menacerait nos droits sociaux, notre industrie et notre agriculture"

Mélenchon lui-même, qui considère que Poutine et la Russie sont "des partenaires", en rajoute en exigeant qu'on supprime le soutien ( qu'il nomme privilèges" ) à une agriculture ukrainienne qui fait face à la guerre et qui subit de nombreux blocages pour écouler sa production

 

Ces partis, souvent complaisants avec Poutine et la dictature chinoise, ainsi qu'avec le bourreau syrien Bachar-El-Assad, n'apportent aucun soutien à la population ukrainienne agressée et massacrée par l'impérialisme de Poutine.
Actuellement, Fabien Roussel chef du PCF et Manuel Bompard, coordonnateur de LFI,  passent leur temps à dénoncer ceux qui à gauche sont engagés dans le soutien à l'Ukraine.
Une campagne est ainsi déclenchée contre Raphaël Glucksmann, tête de liste PS-Place Publique aux européennes, en raison de sa prise de position sur l'Ukraine.
Il a appelé à mettre en place au niveau européen une "économie de guerre" afin de produire les munitions dont manquent cruellement les soldats ukrainiens.
Ceux-ci doivent défendre leur territoire, malgré la pénurie de matériel et de munitions qui les handicapent quotidiennement, alors que l'armée russe croule sous les armes et matériels sophistiqués..
Ces propos sont manipulés afin de faire croire que Glucksmann appelle à entrer directement en guerre contre la Russie. Fabien Roussel évoque ainsi les "millions de morts" de la première guerre mondiale, qui fut rappelons-le, une guerre entre deux blocs impérialistes également coupables. Tout autre est la situation de l'Ukraine qui se défend face à une invasion et à d'innombrables crimes de guerre.
Les injures personnelles pleuvent sur ce tête de liste, reprenant des thèmes directement issus de l'extrême-droite, laquelle se découvre également " pacifiste". Celle-ci s'aligne sur les positions de Trump, qui comme son acolyte Poutine, la soutient partout
Nous ne partageons pas bien de positions de Raphaël Glucksmann mais nous le soutenons face aux calomnies qui le visent et nous souvenons de son rôle dans les campagnes pour la reconnaissance du génocide des Ouïgours en Chine, eux aussi abandonnés par  LFI et PCF, qui n'ont pas voté à l’Assemblée nationale en faveur de cette reconnaissance.
A l'inverse de ces divisions délétères, les huit confédérations  syndicales du pays se sont unies  aux côtés de la population ukrainienne et notamment des salarié.es de ce pays qui subissent le poids de la guerre imposée par Poutine ( ci-dessous).
Avec ce front syndical et toutes les associations et personnes qui se mobilisent quotidiennement en soutien à l'Ukraine  syndicales nous continuerons à marcher dans tout le pays avec cette exigence internationaliste :
"Poutine assassin, Russie hors d'Ukraine"

 

 

MEMORIAL 98

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