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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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2 mai 2022 1 02 /05 /mai /2022 12:51

Mise à jour du 6 mai: Manipulation autour d'"excuses" de Poutine

Le président russe Vladimir Poutine aurait présenté ses excuses au Premier ministre israélien Naftali Bennett pour les propos de son chef de la diplomatie, selon un communiqué du bureau du dirigeant israélien publié jeudi 5 mai. "Le Premier ministre a accepté les excuses du président Poutine pour les remarques de Lavrov et l'a remercié d'avoir mis au clair son attitude concernant le peuple juif et la mémoire de l'Holocauste", est-il écrit.

Mais du côté russe, nul mention d'excuses ou même d'une référence à cette affaire.

Qui dit vrai?

Memorial 98

 

Attaque antisémite du pouvoir russe contre Zelensky, comparé à Hitler, dans une théorie ultra-complotiste

 Sergueï Lavrov : « Et alors, si Zelensky est juif ? Même Hitler ‘avait du sang juif' »
 
Dans une tentative de défendre ses déclarations sur la "dénazification" l'Ukraine, le ministre des Affaires étrangères russe déclare que "certains des pires antisémites sont juifs"
 
 
Sergueï Lavrov a déclaré dimanche 1er mai que le fait que le président ukrainien soit Juif ne contredisait pas les affirmations de Moscou selon lesquelles cette invasion avait été lancée pour « dénazifier » le pays, affirmant que même Hitler « avait du sang juif. »
 
Dans une interview  à la chaîne d’information italienne Zona Bianca, durant laquelle il a été demandé à Lavrov comment le président russe Vladimir Poutine pouvait prétendre qu’il essayait de « dénazifier » l’Ukraine alors que Volodymyr Zelensky, le président démocratiquement élu du pays, était Juif.
« Et alors, si Zelensky est juif ? Cela ne change rien à la présence d’éléments nazis en Ukraine. Il me semble qu’Hitler avait aussi du sang juif », a déclaré M. Lavrov, ajoutant que « certains des pires antisémites sont juifs ».
Des théories complotistes selon lesquelles Hitler aurait eu des ancêtres juifs, ce qui aurait été une des causes de son antisémitisme et aurait conduit au meurtre de six millions de Juifs, ont été démenties à de nombreuses reprises par les historiens.
Poutine avait déclaré, au moment où il a lancé l’invasion, que cette « opération militaire spéciale » viserait à « dénazifier » son voisin souverain. La presse russe tente depuis de dépeindre l’Ukraine comme étant alignée au nazisme, sans pour autant apporter la moindre preuve à l’appui de ces accusations.
Le directeur du musée israélien de la Shoah Yad Vashem, Dani Dayan, a condamné les remarques de M. Lavrov, faites la semaine, au moment même où Israël commémorait la Shoah, estimant qu’il s’agissait de « propos sans fondement, délirants et dangereux qui méritent d’être condamnés ».
Yad Vashem et d’autres groupes représentant les survivants de la Shoah avaient déjà condamné les affirmations de la Russie selon lesquelles l’Ukraine devait être « dénazifiée » comme n’étant « pas fondées sur des faits, elles déforment et banalisent la Shoah, et nous les déplorons. »

 

"Depuis le 24 février 2022, les forces armées de la Fédération de Russie sont engagées dans une agression militaire de l’Ukraine que rien ne justifiait. Cette attaque s’inscrit dans le prolongement de l’annexion de la péninsule de Crimée par la Russie en 2014 et de sa forte implication dans le conflit armé dans la région du Donbass.

L’attaque russe fait suite aux accusations formulées par le président russe Vladimir Poutine de crimes contre l’humanité et de génocide1 qui auraient été commis par le gouvernement ukrainien dans le Donbass. La propagande russe présente régulièrement les dirigeants élus de l’Ukraine comme des nazis et des fascistes qui opprimeraient la population locale d’origine russe, qui devrait donc être libérée. Le président Poutine a déclaré que l’un des objectifs de son « opération militaire spéciale »2 contre l’Ukraine est la « dénazification »3 du pays.

Nous sommes des spécialistes des processus génocidaires, de la Shoah et de la Seconde Guerre mondiale. Nos vies professionnelles sont dédiées à l’étude du fascisme et du nazisme, et à la commémoration de leurs victimes. Nombre d’entre nous sont activement engagés dans la lutte contre les héritiers actuels de ces régimes maléfiques et contre tous ceux qui tentent de nier ou de dissimuler leurs crimes.

Nous rejetons fermement l’utilisation cynique par le gouvernement russe du terme génocide, de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah, ainsi que l’assimilation de l’État ukrainien au régime nazi pour justifier son agression unilatérale. Cette rhétorique est erronée sur le plan des faits, moralement répugnante et profondément offensante pour la mémoire des millions de victimes du nazisme et de ceux qui l’ont courageusement combattu, notamment les soldats russes et ukrainiens de l’Armée rouge.

Nous n’idéalisons pas la société et l’État ukrainiens. Comme tout autre pays, il compte des groupuscules d’extrême droite extrémistes et des groupes xénophobes violents. L’Ukraine doit aussi mieux faire face aux chapitres les plus sombres de son histoire douloureuse et compliquée. Pourtant, rien de tout cela ne justifie l’agression russe et cette manière écœurante de qualifier l’Ukraine. En ce moment crucial, nous nous unissons à l’Ukraine libre, indépendante et démocratique et rejetons fermement l’utilisation abusive par le gouvernement russe de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale comme légitimation de sa propre violence." Ce texte a été publié en anglais et en russe avec la liste des signataires le 27 février 2022 dans le Jewish Journal  ici.

L'attaque brutale de Lavrov, acolyte dévoué de Poutine, constitue une escalade antisémite alors que jusqu'à ce jour le nom juif n'était pas apparu malgré

Au demeurant, Vladimir Poutine, au fil de ses interventions sur l’Ukraine,

Pourtant, le mot « juif » n’apparaît dans aucun de ces textes, pas plus que le mot « génocide » appliqué à la seconde guerre mondiale.

« En Russie, à l’instar de ce qui se passait en URSS, explique l'historienne spécialiste  Marlène Laruelle, à aucun moment on ne dit clairement que le nazisme est une idéologie de la race, qui veut détruire d’autres races. On le présente toujours comme une création des capitalistes contre l’URSS et contre les Slaves. La Shoah n’est pas niée, mais les juifs sont mentionnés avant tout comme des citoyens soviétiques, et l’accent est mis sur le nombre de Soviétiques morts, plus que sur la spécificité de la Shoah. » Dénoncer le nazisme sans mettre en avant son crime principal, qui définit sa place dans l’histoire : ultime paradoxe de la « dénazification » poutinienne.

Poutine poursuit ainsi le silence sur le caractère spécifiquement antisémite du nazisme et de ses crimes

Celui-ci demeura longtemps camouflé par Staline et ses acolytes, dont le chef du Kremlin défend la mémoire  Pour  atténuer la portée spécifique d'extermination génocidaire et antisémite des Juifs. Staline interdit d'ailleurs la parution du " Livre noir de l'extermination des Juifs  en URSS et Pologne" rédigé par Vassili Grossman  et Ilya Ehrenbourg. Il fit ensuite assassiner les animateurs du Comité Antifasciste Juif et inventa le  prétendu complot antisémite des Blouses Blanches qui devait mener à une déportation de masse des Juifs d'URSS.
 

 

 

 Ce déni est particulièrement sensible en Ukraine  où eu lieu dès 1941 le grand massacre de Babi Yar .

Le 29 et 30 septembre 1941, trente-trois mille sept cents Juifs ukrainiens de tous âges et des deux sexes ont été tués par les nazis au lieu-dit Babi Yar (le «ravin de la vieille femme» en russe) à proximité de Kiev. 

Ce massacre est le plus important de cette première phase de la Shoah; il dépasse même les chiffres des tueries quotidiennes dans les camps de la mort.
 
Ce crime de masse survient dix jours après l'entrée des troupes nazies dans ce qui était alors la capitale de l'Ukraine soviétique. La ville de Kiev comptait 900.000 habitants, dont environ 120.000 Juifs .
 
Ces derniers ont été convoqués par les autorités allemandes à Babi Yar le 28 septembre, veille cette année là de la grande fête juive de "Yom Kippour"  et menacés d'exécution sur place en cas de désobéissance. 
 
Croyant d'abord à un départ vers un camp quelconque, les Juifs sont immédiatement conduits par groupes de dix vers le bord du ravin, obligés de se dévêtir et massacrés à la mitrailleuse. Les rescapés de ce premier massacre vont être tués à leur tour et jetés dans le ravin au cours des mois suivants, au rythme de deux jours de tuerie par semaine.

Le site de Babi Yar a été jusqu'en 1943 le théâtre d'exécutions massives: jusqu'à 100.000 personnes y ont été tuées, parmi lesquelles des Juifs, des Roms, des combattants de la résistance et des prisonniers de guerre soviétiques.

 
Après la guerre, la mémoire de ce début de la Shoah fut longtemps masquée.
 
Le carnage des 29 et 30 septembre 1941 a certes été révélé lors des grands procès de Nuremberg en 1946, mais les dirigeants de l'URSS, dont l'Ukraine faisait  alors partie, ont toujours cherché à minimiser ce drame, pour ne pas avoir à admettre que les victimes étaient juives. 

En effet, les autorités soviétiques staliniennes niaient et dissimulaient le caractère antisémite des exactions nazies, ajoutant ainsi une occultation au génocide lui-même. 
Dans le cas de Babi Yar , les victimes juives étaient présentées comme des « citoyens soviétiques pacifiques » sans mention de leur judéité et de l'acharnement des nazis contre elles.  
Pendant des décennies, les rassemblements de commémoration furent interdits dans le ravin.
En 1966, les autorités soviétiques érigèrent sur place un monument qui passait encore sous silence les victimes juives. 
Ce n’est qu’en 1991, après la chute de l'URSS, que le gouvernement ukrainien autorisa la création d'un monument spécifique à ces victimes. Ce monument fut inauguré 10 ans plus tard, en septembre 2001, soit soixante ans après les faits. Le débat sur la mémoire de Babi Yar se poursuit comme le montre le dossier de Lisa Vapné  .
Le site de Babi Yar a d'ailleurs été bombardé par l'armée russe le 1er mars dernier

La diatribe antisémite de Lavrov doit être condamnée. Elle éclaire la manipulation complotiste de la guerre d'invasion de Poutine dont l'armée multiplie les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité, comme à Boutcha (ci-dessous)  et à Marioupol. Cela fut déjà le cas dès 1999 en Tchétchénie et se poursuit en Syrie.

 

Plus que jamais nous sommes aux côtés de la population ukrainienne qui se défend contre la sale guerre déclenchée par le maître impérialiste du Kremlin. Avec le mouvement de soutien en France auquel nous participons, nous réclamons notamment la livraison des armes demandées par l'Ukraine.

Les positions d'une partie de la gauche française ( LFI et PCF notamment) sont indignes face à un nécessaire engagement internationaliste et à la nécessité de soutenir le droit de se défendre face à la guerre impérialiste et criminelle de Poutine.

Ce combat se poursuivra jusqu'au retrait total des troupes russes de toute l'Ukraine et au jugement de Poutine pour ses crimes de guerrehttps://information.tv5monde.com/info/guerre-en-ukraine-sur-le-site-du-massacre-de-babi-yar-une-frappe-russe-qui-remue-les-symboles devant la Cour pénale internationale

 MEMORIAL 98

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