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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Retrouvez aussi le quotidien de l'info antiraciste sur notre blog d'actus :

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 01:12

10 Mars 2017

Marine Le Pen est parrainée par son père en vue de la présidentielle d'avril 2017. Ce geste s'ajoute donc au prêt de "6 millions" d'euros (voir ci-dessous la signification de ce chiffre)

Depuis les assises du FN à Lyon, le 4 février, le président d'honneur du parti est en effet très satisfait du tournant identitaire et droitier pris par la campagne de  Marine Le Pen: « Il y a un retour à l'orthodoxie de la ligne du FN. Désormais, il pense qu'elle peut se qualifier au second tour », précise un proche

La candidate prétendument "apaisée et dédiabolisée" du FN bénéficie donc du parrainage d'un élu négationniste, antisémite, condamné plusieurs fois pour ses propos dans ce sens. Ainsi pour Marine Le Pen également, les chambres à gaz ne sont qu'"un détail de l'Histoire"

Memorial 98

 

Actualisation du 1er mars 2017

 

La cour d'appel de Paris a confirmé ce 1er mars la condamnation de Le Pen à 30 000 euros d'amende pour avoir qualifié les chambres à gaz de "détail" de l'histoire.  Il y a moins de deux ans, le 2 avril 2015, face au journaliste Jean-Jacques Bourdin qui lui demandait s'il regrettait d'avoir qualifié les chambres à gaz de « détail », Jean-Marie Le Pen avait répondu : « Pas du tout. Ce que j'ai dit correspondait à ma pensée que les chambres à gaz étaient un détail de l'histoire de la guerre, à moins d'admettre que ce soit la guerre qui soit un détail des chambres à gaz. »

La veille de sa condamnation à Paris,  le 27 février,  la cour d'appel d'Aix-en-Provence l'a de nouveau reconnu coupable de provocation à la haine et à la discrimination pour des propos sur des Roms tenus à Nice lors d'une conférence de presse en 2013. "Vous avez quelques soucis, paraît-il, avec quelques centaines de Roms qui ont dans la ville une présence urticante et disons odorante. Ceci n'est que le petit morceau de l'iceberg", avait notamment déclaré Jean-Marie Le Pen."Ce sont des termes que je maintiens parce que je les ai pensés", a--t-il déclaré.

 

Le prêt des " 6 millions" d'euros à sa fille en revêt une signification encore plus sinistre. La prétendue dédiabolisation du FN apparaît encore plus comme une farce au moment où Marine Le Pen elle-même tient des propos fascisants dans un discours à Nantes le 25 février.

Elle menace directement les juges et tous les fonctionnaires. En cas où elle accéderait au pouvoir, elle purgerait la Fonction publique de ceux qu'elle décréterait comme manquant de "patriotisme". Le succès de Trump monte à la tête de la cheffe du FN. 

Le danger est grave et imminent.

MEMORIAL 98

Actualisation du 13 février 2017

Jean-Marie Le Pen a été mis en examen le 9 Février pour provocation à la haine dans l'affaire de la "fournée".

Rappelons qu'il finance la campagne présidentielle de sa fille par un "prêt" de 6 millions d'Euros. On peut d'ailleurs s'interroger sur cette somme de 6 millions: chiffre au hasard ou allusion codée et négationniste aux nombre de morts juifs de la Shoah, dont il considère qu'il s'agit d'un "détail" ? Il s'agirait alors d'une illustration supplémentaire de l'obsession antisémite et négationniste du fondateur et président d'honneur du Front National.

Nous avions révélé en 2007 lors de la campagne présidentielle que la référence constante de Le Pen aux " trois grands-parents étrangers" de Sarkozy constituait une référence directe et  codée au statut des Juifs de 1940 édicté par Pétain.

 

Marine Le Pen connait évidemment tout cela et la signification du chiffre des 6 millions. Dans son enfance son père lui avait déjà interdit ainsi qu'à ses autres enfants de regarder la série télévisée « Holocauste ». Malgré cela, elle a conservé le nom et l'idéologie du parti fondé par son père et d'autres nostalgiques de Pétain. De la même manière elle a sollicité le financement par Jean-Marie Le Pen et accepte volontiers ses "6 millions".

MEMORIAL 98

Actualisation du 25 octobre 2016

Jean-Marie Le Pen n'est plus protégé par son immunité parlementaire européenne, et pourra être jugé par la justice française, notamment dans l'affaire Bruel (voir ci-dessous). Les eurodéputés ont en effet estimé le 25 octobre que les faits reprochés au président d'honneur du Front national -des propos concernant plusieurs artistes et plus particulièrement Patrick Bruel - n'avaient pas de lien avec son activité parlementaire. Ils ont donc accepter de lever son immunité.

C'est la quatrième fois que l'immunité parlementaire de Jean-Marie Le Pen, qui siège à Strasbourg depuis 1984, est levée. Elle l'avait été en décembre 1989, à la demande de la France, pour avoir surnommé Michel Durafour, alors ministre du Travail, "Durafour crématoire". En mars 1990, elle l'a été pour des propos sur "l'internationale juive". Le Pen l'avait également perdue en octobre 1998 à la demande de l'Allemagne, lorsqu'il avait qualifié les chambres à gaz nazies de "détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale".

Suite à cette décision logique, Le Pen en rajoute dans l'insulte  sur Twitter, en dénonçant "la lâcheté parlementaire" . "En effet, c'est à main levée que mon immunité parlementaire a été levée, dans l'affaire de la fournée : une vraie fournée de larves".

Nous demandons et attendons que Le Pen le multi-récidiviste soit enfin condamné à une peine de prison ferme et ne bénéficie pas encore une fois du sursis, comme ses proches acolytes Soral, qui l'héberge sur son site, et Dieudonné

MEMORIAL 98

 

Le Pen n’a évidemment pas « dérapé » ni commis un lapsus.

Son « trait d’esprit » consistant à faire une « fournée » pour Patrick Bruel était préparé, comme le montre sa jubilation lorsque son faire-valoir Marie d‘Herbais lui soumet le nom du chanteur

Son "intervieweuse" est d'ailleurs elle-même proche de l’aile la plus la plus antisémite et « quenellière » du FN.

Le Pen connaît très bien Bruel, dont l’opposition au FN est ancienne et de notoriété publique, tout autant que sa judéité. Il ment effrontément en prétendant « n’avoir pas su que Bruel est juif ».

La preuve de ce mensonge est flagrante, car déjà en 1995, il le dénonçait en utilisant son patronyme de naissance Benguigui ainsi que son nom de chanteur, quand Bruel avait décidé de ne pas chanter à Toulon, alors dirigée par le FN : 

« Toulon devra se passer des vocalises du chanteur Benguigui, qui a décidé de ne pas honorer ses contrats. Je ne crois pas qu'on en mourra à Toulon [...]. Ceux qui aiment Patrick Bruel pourront aller dans la ville à côté. Ces jappements de chiots mal lavés et mal élevés n'empêcheront pas le FN de continuer son action politique en faveur des Françaises et des Français, traités comme des parias dans leur propre pays » (Le Pen, 21 juin 1995 http://www.ina.fr/video/CAB95038432 )

Le Pen connaît aussi parfaitement la portée du mot « fournée », prononcé dans un éclat de rire, car il a déjà utilisé le « four » dans cette autre « blague » « Durafour crématoire »  qu’il vient encore de revendiquer le 27 avril dernier à Saint-Étienne. Il y a déclaré ne pas regretter sa "formule banale" sur Michel Durafour.

Pour Le Pen, il s’agit donc non seulement d’antisémitisme, mais d’une aspiration à pouvoir utiliser les méthodes génocidaires du nazisme à l’égard des Juifs ainsi que des Roms, également stigmatisés régulièrement par Le Pen.

Le Pen multiplie d’ailleurs les séquences génocidaires. Ainsi, mardi 20 mai dernier, avant un meeting à Marseille, avec sa fille Marine Le Pen, il déclare à propos de l’immigration africaine: "Monseigneur Ebola peut régler ça en trois mois". "Ça", c'est selon lui, "l'explosion démographique" dans le monde, le "risque de submersion" de la France par l'immigration, "le remplacement de la population qui est en cours", a-t-il expliqué, reprenant les thèmes du xénophobe Renaud Camus. Ebola est un virus qui provoque une fièvre hémorragique. Le virus a déjà  massacré des populations en Afrique et réapparaît ces derniers mois en Guinée. Marine Le Pen l’a défendu en prétendant qu’il s’agissait d’une « réflexion sur les épidémies »

Concernant les Africains, que Le Pen méprise profondément et considère comme des "sauvages", le virus Ebola suffira à les exterminer. S’agissant des Juifs, qu’il hait tout autant, mais considère sans doute  comme plus  difficiles à  éliminer, Le Pen fait appel au génocide actif , au « four », alors même qu’il met en question l’existence des chambres à gaz, d’où provenaient les cadavres brûlés dans les « fours ». Le Pen rejoint ainsi son grand copain Dieudonné, qui avec Faurisson, nie l’existence des chambres à gaz mais voudrait néanmoins que le journaliste Patrick Cohen y soit exécuté.

Dieudonné a d'ailleurs été condamné dès 2009 au Québec pour y avoir diffamé et calomnié Patrick Bruel.

 Que cherche le Pen ? 

Même s’il a tout fait pour que sa fille Marine lui succède, le président d’honneur du FN ne renonce pas à  marquer profondément la matrice antisémite de son mouvement.

Sa rancune a certainement été stimulée par les déclarations de différents partis de l’extrême-droite européenne, qui justifient leur refus d’alliance avec par le FN par les déclarations antisémites de son fondateur et président d’honneur. C’est notamment le cas du parti UKIP britannique.

Le Pen rejette aussi la « dédiabolisation » qui impliquerait un jugement négatif sur sa propre carrière.

A l'approche de sa retraite politique, Le Pen tente de justifier son échec personnel en l'attribuant à la puissance du « lobby juif ».

En effet, le fondateur du FN n'a jamais réussi à concrétiser les succès électoraux de son parti, alors qu'il se voyait aux portes de la participation au pouvoir.

Sa présence au deuxième tour de la présidentielle de 2002 est restée sans lendemain.

Même les alliances établies avec la droite lors des élections régionales de 1998 se sont effondrées dans le chaos.

Face à ce bilan d'échec, Le Pen fait appel, avec une violence accrue, à deux explications déjà utilisées à de maintes reprises: celle de la « décadence de la France » et  celle de la responsabilité du « lobby juif » qui a bloqué son ascension. C'est le sens de ses propos dans l'interview du magazine « Bretons »  en Avril 2008 à propos du « point de détail » «... C'est le sujet qui est important, je crois. J'aurais parlé, même de très loin, du génocide vendéen, personne n'aurait été choqué... Est-ce un pays de liberté où une phrase, si contestable soit-elle - et prononcée par un homme public -, mérite 150 millions d’amendes et la mise à l'index de l'individu et de son parti ?" Le Pen cherche  faire passer le message suivant: " j'ai échoué car j'ai osé toucher au tabou de la Shoah; les Juifs m'ont harcelé et marginalisé"

 Cette thématique a déjà été martelée pendant des années, en mettant en cause le patronyme juif des journalistes de l'audiovisuel, en évoquant « l'internationale juive » ou un soi-disant pacte des partis de droite avec la fantasmatique organisation juive Bnai-Brith pour interdire les alliances entre la droite et l'extrême-droite.

 

L’hypocrisie des dirigeants du FN

 

Aucun des dirigeants du FN ne veut dénoncer la nature antisémite et génocidaire des propos de Le Pen; ils critiquent la « forme » de sa déclaration et l’exploitation qui est en faite par les adversaires du FN. Marine Le Pen parle ainsi d'une « faute politique » dont elle serait la victime. Ces dirigeants sont particulièrement irrités par le timing de ces déclarations, en pleine négociation pour la création d’un groupe au Parlement européen. Ils pensaient aussi pouvoir exploiter la tuerie antisémite de Bruxelles afin de minimiser la tradition antisémite et négationniste de leur parti. Marine Le Pen dénonçait, il y a quelques jours, le CRIF qui « manipulerait » les Juifs français et les dresserait contre le FN.

 Racistes, fascistes, antisémites, le Front National et ses agents recruteurs sont à combattre quotidiennement et sur tous les terrains, comme nous l'avons encore fait samedi 7 juin en participant à la manifestation en mémoire de Clément Méric, assassiné par un fasciste il y a un an.

 

Memorial 98

 Voir ici plusieurs articles qui analysent l'antisémitisme du FN:

Le Pen : l’antisémitisme jusqu'au bout.

L’escalade antisémite de Dieudonné : décryptage

Le Pen et le "détail": décryptage

Le Pen et Dieudonné: la grande famille des antisémites.

Le Pen et les "3 grands-parents étrangers" de Sarkozy

Le Pen s'en prend aux enfants, dans la lignée de Laval

L'antisémitisme "drôle" de le Pen

Marine Le Pen: un dérapage?

Un suicide pour appeler à la violence

Copé/Fillon: le démon des origines

Collard insulte la mémoire des enfants d'Izieu

 

 

 

 

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