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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Retrouvez aussi le quotidien de l'info antiraciste sur notre blog d'actus :

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 02:05

Raymond et Lucie Aubrac au Palais de Justice de Lyon

 

Nous rendons hommage à Raymond Aubrac, résistant de la première heure au nazisme. Il fut torturé puis calomnié par Klaus Barbie et l'avocat de ce dernier, Jacques Vergès.

 

 

 

Le 21 juin 1943 Aubrac est arrêté par la Gestapo, à Caluire en compagnie de Jean Moulin.

Emprisonné à la prison lyonnaise de Montluc il doit subir les interrogatoires menés par Klaus Barbie, le chef du SD-Sipo de Lyon.

 

En décembre 2011, interrogé par des collégiens à Saint-Aignan (Loir-et-Cher), Raymond Aubrac était revenu sur l'emprisonnement lyonnais, et la torture. À la question des collégiens: "Avez-vous été torturé ?", il répondit :

 "Oui, durant une semaine, tous les jours, par Klaus Barbie, à la matraque, les menottes dans le dos. J'avais la chance de perdre connaissance. Mais le pire, c'est de retourner en cellule en sachant que cela va reprendre le lendemain, que peut-être on dira tout..."

Son tortionnaire de 1943 a aussi tenté de la calomnier 47 ans plus tard.

En 1983, Klaus Barbie est extradé de Bolivie. Il est jugé à Lyon en 1987, non pas pour les arrestations de Caluire ou les crimes perpétrés dans le cadre de la lutte contre la Résistance — pour lesquels il bénéficie de la prescription — mais pour des crimes contre l'humanité, dont la déportation des enfants juifs réfugiés à Izieu. Il est condamné à la peine maximale, la réclusion à perpétuité.

Le 4 juillet 1990, Barbie demande à comparaître devant un juge, accompagné de son avocat Jacques Vergès. Il remet au magistrat un texte de 63 pages que l'on appellera « le testament de Barbie » et qui circulera dans les salles de rédaction dès la mort de Barbie en 1991.

Dans ce « testament» Barbie présente Aubrac comme un agent à son service, qui aurait été « retourné » lors de sa première arrestation en mars 1943. Toujours selon ce document de Barbie, Lucie Aubrac aurait été l'agent de liaison entre Aubrac et lui-même; elle aurait averti Barbie par téléphone la date et le lieu de la réunion de Caluire. Ainsi, 47 ans après avoir torturé Raymond Aubrac, Barbie tentait encore de le salir.

On note le rôle particulier de l'avocat Jacques Vergès lors de ce procès et dans ses suites. Il mit en oeuvre une campagne antisémite relayée par le régime algérien de l'époque, comme l'avait noté l'historien Pierre Vidal-Naquet. Cette orientation était soutenue par l'écrivain Jean Gênet qui adressa le message suivant à Vergès avant le procès : " J'apprends que vous défendez Barbie. Plus que jamais, vous êtes mon ami"

 

Klaus Berbie et Vergès lors du procès à Lyon

 

Au lendemain de la guerre, Klaus Barbie, recherché pour ses crimes, a été récupéré et protégé par l’armée américaine, dès 1947. Puis quand à  partir de 1948 la France réclame son extradition, le Counter Intelligence Corps américain qui l’emploie, refuse puis l’exfiltre vers l’Argentine avec le concours des réseaux d’évasion de la hiérarchie de l’Eglise catholique.

On connaît la suite et le combat victorieux de Serge et Beate Klarsfeld pour son extradition de Bolivie et son jugement.

Le combat antisémite de Barbie et ses amis s’est poursuivi durant son procès. 

Pierre Vidal Naquet dans son livre « Les Assassins de la mémoire » (Point Collection Essais) rappelle cette période et le rôle de l’avocat J. Vergés, très proche du régime algérien de l'époque :

« … Le procès de Klaus Barbie (11 mai - 4 juillet 1987) allait mettre à l'épreuve ce changement des valeurs. La guerre d'Algérie lui servit (à Vergès NDLR) de rampe de lancement… A un hebdomadaire algérien de Paris qui consacrait un numéro au 25e anniversaire du pogrom du 17 octobre 1961 (voir 17 Octobre 1961 : 50e anniversaire du massacre des Algériens), il déclarait, après avoir rappelé qu'il venait de porter plainte au nom de clients algériens pour « crimes contre l'humanité », que la cour de cassation devrait dire « si le crime contre l'humanité est seulement le crime commis par des nazis contre des Juifs, ou bien s'il concerne le crime beaucoup plus grave, beaucoup plus actuel, beaucoup plus effrayant pour l'avenir, le crime commis par les impérialistes contre les peuples en lutte pour leur libération ».

Des nazis, des Juifs; les mots n'étaient pas choisis au hasard, ils relevaient de la réfection de l'histoire Cette campagne, J. Vergès alla la poursuivre en Algérie en avril 1987, ce qui entraîna d'avril à juin 1987, dans les hebdomadaires algériens (officiels) Algérie Actualité et Révolution africaine, de violentes attaques antisémites, dirigées en particulier contre Jean Daniel… » ( voir Algérie: proclamation antisémite du régime

Algérie, antisémitisme: un texte de Souâd Belhaddad)

Aubrac et les Glières

La tentative de récupération de la Résistance par Sarkozy, notamment par un déplacement sur le plateau des Glières, provoqua une vive réaction des anciens résistants locaux mais aussi de Raymond Aubrac qui participe aux rassemblements de protestation et parraine l’association qui les organise. 

(voir Résistants des Glières contre Sarkozy

Sarkozy boycotte le 8 Mai 

http://www.citoyens-resistants.fr/)

 

Le hasard a fait que l’ex-milicien et toujours fasciste François Brigneau est mort le même jour que Raymond Aubrac. Nous citons ici une seule phrase de ce fondateur du Front National et antisémite forcené. Lors du premier procès de Paul Touvier, autre milicien et tortionnaire caché pendant des décennies par les catholiques intégristes, il déclara : «  Quant à moi, après ma mort, je voudrais qu’une plaque fût apposée sur ma maison. On lirait ces mots : “Ici, pendant la chasse à l’homme, Paul Touvier et les siens furent reçus chaque fois qu’ils le désirèrent”… »( voir Les intégristes encouragés par le pape.

 Benoît XVI : le pape révisionniste. )


MEMORIAL 98

 

 

 

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