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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Retrouvez aussi le quotidien de l'info antiraciste sur notre blog d'actus :

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Sur les réseaux sociaux : 

    

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Pour correspondre avec nous, nous proposer des articles ou des informations,

pour toute question : 

contact@memorial98.org

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 18:16

octobre-61.jpgCinquante trois ans après le massacre du 17 octobre 1961, cet été, à Wissous, petite ville tranquille de la grande couronne parisienne, Richard Trinquier maire de la commune, apologue assumé de l'OAS , enclenchait une campagne de peur contre ses administrés musulmans: après avoir vainement tenté d'interdire les femmes voilées de piscine, lui et son équipe allaient publier par voie d'affiche les identités des femmes qui avaient osé contester sa mesure discriminatoire en justice, et appeler sur Facebook à la violence contre l'ensemble des musulmans.

 

Ceci  entraina effectivement le harcèlement de nombreuses habitantes. A ce jour, Richard Trinquier n'a pas été exclu de l'UMP.

 

Cet épisode, comme tant d'autres, illustre l'héritage toujours vivant et toujours nuisible de la guerre d'Algérie et des pro-Algérie française: il n'est pas anodin qu'une partie des maires FN nouvellement élus,tels Fabien Engelmann de Hayange, revendiquent leurs ascendants colons. Il n'est pas anodin non plus que le nombre de stèles rendant hommage à l'OAS soit en hausse depuis le début des années 2000. Il est à noter que Richard Trinquier prolonge explicitement  les "valeurs" de son père, le tristement célèbre colonel Roger Trinquier, qui s'est illustré en tortionnaire puis en militant OAS lors de la guerre d'Algérie. Trinquier père était un ami personnel de Jean-Marie Le Pen et comptait se présenter aux législatives de 1986 sous l'étiquette FN; il est décédé juste avant.

 

Dans un pays où l'accusation de "communautarisme agressif" est si couramment répandue envers les Français d'origine algérienne, cette accusation peut-être facilement retournée contre toutes celles et ceux qui montent sur les grands chevaux de l'Histoire dès que des gamins soutiennent l'équipe de foot algérienne. C'est d'ailleurs la seule équipe pour laquelle on supprime des écrans géants dans les communes dans les soirs de match, pour les remplacer "préventivement" par des escadrons de CRS.

 

Cette année, deux Algériens au moins sont morts alors qu'ils étaient dans les mains de la police française: Abdelhak Goradia , sans-papiers décédé d'une asphyxie pendant une tentative d'expulsion, et Hocine Bouras tué d'un coup de feu par la gendarmerie lors d'un transfert entre la prison et le tribunal de Colmar. Ces crimes ont eu lieu dans l'indifférence médiatique et politique qui accompagne la perpétuation de l'arbitraire policier, d'une zone grise, hors du droit,  qui perdure dans ses rapports avec certaines parties de la population.

 

Cinquante trois ans après un massacre survenu lors d'une manifestation pacifique, le racisme anti-algérien et sa virulence témoignent toujours d'un passé qui ne passe décidément pas. Ce passé continue d'inspirer les politiques et les discours tenus contre l'ensemble des immigrés et des issus de l'immigration. En témoigne, parmi d'autres exemples, l'omniprésence médiatique d'un Eric Zemmour, qui lorsqu'il n'est pas occupé à réhabiliter l'antisémitisme d'Etat de Vichy, déverse à longueur de tribune sa haine contre les jeunes d'origine d'algérienne .

 

Ce 17 octobre, Memorial 98 se joint donc à l'appel du Collectif 17 octobre 1961 : rassemblons-nous à Paris sur le Pont Saint Michel, ainsi que dans les autres commémorations, en mémoire des camarades assassinés par la police française ce jour là, en mémoire aussi de l'espoir qui les animait, eux et tant d'autres, celui d'un monde d'égalité.

 

Le rassemblement sera suivi à Paris d'un colloque en hommage à Jean Luc Einaudi , historien et témoin lors du procès contre Maurice Papon  ( coordonnées en bas de l'appel ci-dessous )

 

Rassemblement le 17 Octobre 2014 à 17h30 au Pont Saint Michel à PARIS

 

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement àParis contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait étéimposé par Maurice Papon, préfet de police de Paris et le Gouvernement de l’époque.

Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés –notamment par la "force de police auxiliaire" - ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police.

 

53 ans après, la Vérité est en marche. Cependant, la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menées, - en particulier la Guerre d’Algérie - non plus que dans le cortège de drames et d’horreurs qu’elles ont entraînés, comme ce crime d’Etat que constitue le 17 octobre 1961. Le17 octobre 2012, le Président de la République a certes fait un premier pas important, en déclarant "Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes."Mais le terme de crime n’est pas repris, et la responsabilité, sous entendue, n’est pas clairement définie.

 

Nous demandons une parole claire aux autorités de la République, au moment où certains osent encore aujourd’hui continuer àparler des "bienfaits de la colonisation", à célébrer le putsch des généraux àAlger contre la République, à"honorer" les criminels de l’OAS.

 

Dans ce domaine, il est donc nécessaire que des mesures significatives soient prises :

 

- Redéfinition de la "Fondation pour la mémoire de la Guerre dAlgérie ", créée en application de l’article 3 de la loi du 23 février 2005 (dont l’abrogation est demandée sous sa forme actuelle) vantant les "aspects positifs de la colonisation". Cette Fondation est sous la coupe d’associations nostalgiques de l’Algérie Française qui voudraient exiger des historiens qu’ils se plient àla mémoire de "certains" témoins.

 

- Que la création d’un lieu de mémoire voué à cet événement, demandée dans la résolution votée par le Sénat en octobre 2012 qui reconnaissait elle aussi ce massacre, soit rapidement mise en œuvre par les autorités de l’Etat, de la Ville de Paris et la Région Ile-de-France

 

- Pour être fidèles à leur mission scientifique, les historiens ont besoin de pouvoir accéder librement aux archives, échapper aux contrôles des pouvoirs ou des groupes de pression et travailler ensemble, avec leurs homologues de l’autre rive de la Méditerranée.

 

- La vérité doit être dite sur l’organisation criminelle de l’OAS que certains, au sein de l’ancienne majorité présidentielle ont voulu réhabiliter.

 

Ce nest qu’à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la Guerre dAlgérie, à savoir le racisme dont sont victimes aujourdhui nombre de citoyennes et citoyens, ressortissants dorigine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières.


On ne construit pas la démocratie sur des mensonges et des occultations. Après un demi-siècle, il est temps  :

- Que le Président de la République, au nom de la France, confirme, par un geste symbolique, la reconnaissance et la condamnation de ce crime d’état

- que la Fondation pour la Mémoire de la Guerre d’Algérie soit redéfinie sur des bases totalement différentes.

- que l’Etat français reconnaisse sa responsabilité dans l’internement arbitraire, pendant la Guerre d’Algérie, d’Algériens dans des camps.

- que l’Etat français reconnaisse sa responsabilité dans l’abandon des harkis, les massacres et l’enfermement dans les camps en France en 1962.

- que la liberté d’accès aux archives soit effective pour tous, historiens et citoyens.

- que la recherche historique sur ces questions soit encouragée, dans un cadre franco-algérien, international et indépendant.

A l’occasion de ce 53ème anniversaire, nous exigeons Vérité et Justice.

 

Rassemblement le 17 Octobre 2014 à 17h30 au Pont Saint Michel à PARIS

 

Signataires (au 29 septembre 2014) :

Associations :17 octobre contre l’oubli, 4ACG (Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre), 93 Au Cœur de la République, ACCA (Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui), Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Féraoun et de leurs compagnons, ANPROMEVO (Association Nationale pour la Protection de la Mémoire des Victimes de l’OAS), ARAC (Association Républicaine des Anciens Combattants), Au nom de la Mémoire, FNACA de Paris (Fédération Nationale des Anciens Combattants d’Algérie), LDH (Ligue des Droits de l’Homme), MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples), Réseau Féministe "Ruptures", Sortir du Colonialisme, Memorial 98

A 19h, Hommage à Jean-Luc Einaudi avec différents auteurs et témoins, Salle Jean Dame, 2 Rue Léopold Bellan 75002 Paris – s’inscrire : hommage@einaudi2014.fr

 Voir aussi sur ce site:

17 octobre 1961: un massacre colonial.

17 Octobre: la mémoire d'un massacre à Paris

17 Octobre 1961 : 50e anniversaire du massacre des Algériens.

A propos de Papon:

Michel Slitinsky: hommage à un combattant 

 

 

Memorial 98

 

 

 

 

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 00:51

 

 
Mise à jour du 11 mars 2020 ( voir les autres mises à jour à la suite de l'article )
 
Procès intenté à Zemmour: l’UEJF (union des étudiants juifs) assigne Éric Zemmour en justice pour contestation de crime contre l’humanité. Cela fait suite à ses propos le 21 octobre dernier lors de son émission quotidienne sur CNews où il réaffirmait face à BH Lévy  que "Pétain avait sauvé les Juifs français". Première audience aujourd’hui.
Notons que la présence de BH Lévy, comme celle d'autres invités dont la ministre Schiappa, légitime la scandaleuse émission quotidienne de Zemmour.
Depuis qu'il a obtenu cette tribune quotidienne, ce dernier multiplie les tirades racistes violentes contre lesquelles nous avons appelé à saisir le CSA  ( voir ici http://info-antiraciste.blogspot.com/2020/01/zemmour-recidive-et-escalade-agissons.html )
MEMORIAL 98
 
 
 

  

Il ne faut pas s’y tromper : le succès de librairie du énième pamphlet de Zemmour  Le Suicide français représente un phénomène notable et inquiétant.

Certes, l’omniprésence du polémiste d'extrême-droite dans les médias audiovisuels et le parfum de scandale qui l’entoure viennent au secours de ce succès.

De plus Zemmour manifeste une remarquable capacité de synthèse, d'absorption et d’expression de tout ce qui fait sens à l’extrême-droite. Chaque semaine, son activité consiste à lire l'intégralité des thèmes de propagande développés par les différents médias d'extrême-droite, afin de choisir les deux ou trois angles d'attaque les plus en phase avec l'air du temps et de les exprimer en moins de quinze minutes sur ITélé ou chez Ruquier ou à la radio. Entre-temps il en aura euphémisé la forme, sans l’affadir.

Ce que Soral exprime en 20 minutes, il le dit en 2. Le fascisme adapté au format talk-show, édito du matin, ou billet d'humeur du samedi n'est pas si simple à mettre en œuvre. Cela nécessite d’abord d'avoir des médias qui sont en demande de ce genre de compétence, mais il faut aussi pas mal de travail pour la maîtriser.

Il faut regarder la réalité en face: Zemmour se nourrit des succès du Front National et en retour alimente ces mêmes succès. C'est le même mécanisme que nous avons décrit, dans un autre registre, concernant Dieudonné : "... Dieudonné surfe sur la radicalisation de la droite réactionnaire qui a manifesté contre le mariage gay. Dieudonné le « libertaire » a ainsi qualifié le mariage gay de « "projet sioniste qui vise à diviser les gens" Il se sent surtout conforté par les sondages favorables au Front National et les perspectives de percée de celui-ci lors des prochains scrutins… » 

 

Les thèses habituelles de Zemmour sont connues : xénophobie, islamophobie, misogynie, haine des valeurs de gauche.

Il réalise cette fois-ci une véritable escalade en entamant une réhabilitation du régime de Vichy et de Pétain. Ce dernier aurait contribué à "sauver" des Juifs français. Il trouve ainsi dans l’attitude de Pétain une justification supplémentaire de la « préférence nationale ».

Pour lui, Pétain a eu raison de livrer aux nazis les Juifs étrangers afin de sauvegarder plus de Juifs de nationalité française. Le propos est d'autant plus choquant que Pétain a personnellement aggravé les mesures du statut des Juifs, comme le montrent les documents annotés de sa main .

 

Lorsqu’il est mis en cause, Zemmour utilise une méthode de défense habituelle: se faire passer comme celui qui combat une prétendue "doxa majoritaire" et faire référence à un livre d'un auteur à priori insoupçonnable.

Le succès des livres de Zemmour est en effet lié à son habileté phénoménale pour repérer le document et l'individu qui lui permettra de développer sa propagande réactionnaire.

Dans ce cas, il s'agit d'un certain Alain Michel, qui se présente comme historien et rabbin israélien d'origine française. Zemmour s'appuie sur son livre " Vichy et la Shoah – Enquête sur le paradoxe français" .

 

Or cet Alain Michel développe depuis des années une unique obsession: attaquer les travaux de Robert Paxton et Serge Klarsfeld sur la responsabilité de Vichy dans la déportation des Juifs de France.

Il désire à tout prix obtenir une « confrontation »  avec eux.  Sur son blog du Monde intitulé " Vichy et la Shoah" il écrit ainsi, le 23 octobre 2012: "Quand la mémoire klarsfeldienne (sic!) piétine l’histoire. La France, depuis 40 ans vit non seulement au rythme du « politiquement correct », mais surtout, en ce qui concerne l’application de la Solution Finale en France, à l’heure du mémoriellement correct... La consécration de cette lecture, sa « panthéonisation », a été réalisée par le discours de Jacques Chirac en été 1995, qui citait presque intégralement les mots que les gardiens du Temple (resic !) lui avaient soufflés, au premier rang d’entre eux Serge Klarsfeld… Mais Serge Klarsfeld a un compte personnel à régler avec le régime de Vichy (resic!) ".

Ce texte, dont le contenu est omniprésent chez Alain Michel, indique que celui-ci se place dans la lignée de la droite radicale, qu’elle soit carrément pétainiste ou liée à ceux qui comme Sarkozy rejettent la "repentance française" et le discours de Chirac de 1995.

La droite pétainiste apprécie d’ailleurs le travail d’Alain Michel et lui rend hommage.

Il a été ainsi invité à présenter son livre sur Radio Courtoisie, média d'extrême-droite très marqué par l'antisémitisme, le 7 juin 2012 : “Jacques Trémolet de Villers recevait Alain Michel, rabbin, historien de Vichy et la Shoah". Ce Trémolet de Villers est aussi connu comme l’avocat et ami du milicien de Vichy Paul Touvier, condamné pour crime contre l'humanité, dont il prononça l'oraison funèbre en juillet 1996.

D'une certaine manière, et bien qu’issu d’un courant dit « massorati »  en principe plus moderne, Alain Michel fait écho aux prétendus rabbins ou membres de la secte ultra-orthodoxe et antisioniste Neturei Karta qui collaborent avec Dieudonné et Ahmadjinedjad.

 

Zemmour quant à lui, attaque violemment les travaux de l’historien « américain » Paxton. Il l’accuse d’avoir voulu porter atteinte à l’ « identité française » et d’avoir ainsi contribué à empêcher qu’on applique aux immigrés les lois que Zemmour et ses amis rêvent de mettre en œuvre. Car le polémiste, qui se présente comme indépendant de tous les partis, a derrière lui une longue carrière à la droite de la droite.

Il a  beaucoup fréquenté Charles Pasqua et ses acolytes. Il fut particulièrement proche de William Abitbol, conseiller politique de Pasqua et rédacteur de ses discours et aussi ancien militant du groupe fasciste Occident

Zemmour s’inspire aujourd’hui encore de la doctrine exprimée par Pasqua dans le magazine Valeurs actuelles du 2 mai 1988 à la veille de  présidentielle de 1988  : « Sur l'essentiel, le Front national se réclame des mêmes préoccupations, des mêmes valeurs que la majorité ».

Dans cet esprit, la  réhabilitation de Pétain est nécessaire afin d’assurer la victoire de la droite dure. Car comme l’écrivait  Patrick Devedjian dans le Monde du 10 avril 2007 en définissant les enjeux de la candidature Sarkozy : "La droite est sortie honteuse de la guerre. Depuis la Libération, la gauche exerce un magistère moral sur l'histoire, distribuant les bons et les mauvais points : à gauche le parti des fusillés, à droite les collaborateurs. »On comprend donc qu’il est crucial de déconstruire et d’exposer les racines et les intentions de la propagande de Zemmour.

 

Voir aussi:

La réponse de l'historien Robert Paxton à Zemmour et Alain Michel: link

 

Vel d'Hiv: le document

Allez voir la Rafle!

Antisémitisme: le double anniversaire du 3 Octobre

Déchéance de la nationalité : quand Pétain sévissait

Le Pen s'en prend aux enfants, dans la lignée de Laval

Mise à jour du 22 mars 2019: Zemmour avec Wauquiez et Marion Maréchal
 
Wauquiez reçoit très chaleureusement Zemmour lors d'un débat au siège de son parti LR et affirme d'emblée: " Eric (Zemmour) est ici chez lui..." 
 
Le prétendu gaulliste Wauquiez converge ainsi avec celui qui veut réhabiliter Pétain et qui milite ouvertement pour une alliance de la droite et de l'extrême-droite. 
Zemmour est d'ailleurs intervenu très récemment dans l'"école" de Marion Maréchal, nommée ISSEP. Lors de cette conférence du 14 novembre dernier, la disciple de Maurras et le propagandiste de Pétain ont manifesté une grande connivence, comme en témoignent ceux qui y ont assisté.
https://www.issep.fr/le-progres-revient-sur-la-conference-deric-zemmour-a-lissep/
 
Wauquiez a encore aggravé sa posture en faisant référence au pape Urbain II (1042-1099). Il l'a présenté comme un "visionnaire  géopolitique" et Zemmour a bien sûr approuvé. Or ce pape est celui qui a lancé l'appel à la première croisade en 1095. Celle-ci a donné lieu à de multiples massacres de Juifs et de Musulmans tout au long de son parcours. Dans l'histoire juive, cette croisade est souvent considérée comme le point de départ d'un grand mouvement de persécution qui porte le nom de Gezerot Tatnou c'est à dire " Lois de persécution de (4)856, selon l'année hébraïque correspondante" 
Le chef LR  est un récidiviste. A peine élu  président de région Auvergne-Rhône-Alpe, il s'était attaqué à la mémoire de la Shoah en baissant la subvention régionale  pour la " Maison d’Izieu" (Ain), haut lieu de la mémoire de la persécution des enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale 
Il avait agit de même à l'encontre du centre national de la Mémoire Arménienne à Décines. Dans ces deux cas Wauquiez avait du reculer face au scandale.
 
Sa posture identitaire et de soutien aux thèses racistes du " Grand Remplacement" l'entraînent vers les valorisation des croisades et de leur cortège de guerre et de massacres antisémites. 
Wauquiez est décidément en route vers une "Union des droites" bâtie sur le nationalisme et les thèses les plus réactionnaires de l'Histoire du pays.
 
Mise à jour du 20 septembre 2018:
 
 
Zemmour est de nouveau présent partout: sur RTL dont il est prétendument écarté, il défend, à propos de Maurice Audin, la torture durant la guerre d'Algérie et estime que le "France n'a rien fait de mal" Puis il en rajoute dans l'abjection en déclarant que Audin "aurait mérité 12 balles dans la peau"  Il suit la ligne de Marine Le Pen, héritière de son père qui a torturé en Algérie. 

Sur CNews, en promotion pour son énième pavé Destin français, il insulte gravement la présentatrice Hapatou Sy en raison de son prénom "pas français", selon sa vieille obsession mensongère.
A nouveau, comme pour RTL, la direction de la chaîne et Thierry Ardisson le soutiennent et invitent celle qui a été victime de l'injure raciste à quitter rapidement leur antenne
 
Honte à eux.
 
MEMORIAL 98

 

Actualisation du 21 juin 2016 :

 

Zemmour a été invité à débattre le 1er juin dernier à la grande synagogue de la rue de la Victoire, à Paris lors d'une conférence-débat intitulée « Qu'est-ce qu’être Français et Juif aujourd'hui ? », animée par Yves Thréard du Figaro et avec pour autre participant le Grand Rabbin Gilles Bernheim.

« Une belle affiche » selon l’hebdomadaire Actualité Juive, qui co-organisait l’évènement avec le Consistoire. 

Comme on pouvait s'y attendre, Zemmour a de nouveau développé ses thèses révisionnistes concernant le rôle de Pétain, connues depuis 2014 (voir ci-dessous).

Il en a même rajouté en déclarant: " « À l’époque, on estime que les Juifs ont pris trop de pouvoir, qu’ils ont trop trop de puissance, qu’ils dominent excessivement l’économie, les medias, la culture françaie comme d’ailleurs en Allemagne et en Europe. Et d’ailleurs c’est en partie vrai."

Honte aux responsables de l'institution qui ont estimé légitime d'inviter ce raciste et pétainiste à se produire au sein même du plus prestigieux lieu de culte du judaïsme de France.

La tribune qui lui a été ainsi offerte constitue une abjection.

Tous les antisémites du pays s'en réjouissent d'ailleurs et reproduisent ses propos, comme sur le site du néo-nazi Soral.

 

 

Memorial 98

 

 

 

 

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 23:55

Au moment où se multiplient les récits de jeunes hommes et femmes se radicalisant de manière très rapide et extrême, nous  publions un réflexion sur ce phénomène, à partir des témoignages issus du livre « Les Français djihadistes» (éditions Les Arènes) par David Thomson.Thomson est un ancien correspondant de France 24 et RFI en Tunisie.

 

 

Un monde de silhouettes de papier auquel rien ne les a jamais rattachés, et la mort, la leur et celle du monde comme seule manière de donner un sens à l'existence.

 

C'est le message que délivrent Clémence, Yassine, Alexandre, Sirine, jeunes français, djihadistes en partance ou partis vers la Syrie, lorsqu'ils choisissent de parler à ce journaliste.

 

Ils ont des vies et des itinéraires différents. Néanmoins, qu'ils soient chômeurs ou salariés confortablement rémunérés, qu'ils aient ou non des enfants, des parents, unE conjointE, des ami(e)s, tout ceci ne semble revêtir à leurs propres yeux  aucune espèce de réalité, d'échanges, de rapports sociaux porteurs de sens.

 

Étrangers absolus à la société qui les entoure, ils le sont d'abord et aussi à ce qu'est l'islam en tant que réalité concrète. Qu'ils soient ou non issus de l'immigration, tous ou presque se sont convertis seuls face à un écran d'ordinateur. Tous ou presque justifient leur choix par une possibilité qu'ils n'ont pas trouvée dans les autres religions : pouvoir entrer dans un autre monde par la magie d'une phrase prononcée en tête à tête avec soi-même.

 

L'irruption d'êtres humains de chair et de sang dans ce processus magique et solitaire les dérange et les déçoit. Ainsi ils n'aiment pas les mosquées où ils ne se sentent pas mieux qu'ailleurs dans la société.  Ils ont  aussi été déçus par le "salafisme quiétiste" , qui ne leur proposait encore une fois que de vivre, d'une autre manière, mais de vivre quand même. Ils voulaient « partir », mais la « hijra » l'émigration vers un pays musulman ne les a finalement pas attirés non plus, dès lors qu'il s'agissait d'aller construire une autre vie.

 

 En revanche, partir en Syrie, c'est partir pour la mort. D'ailleurs dans leur esprit , la Syrie réelle n'existe pas. Elle est remplacée par " Al Shâm", cet endroit mythique où débutera la fin du monde, où un Califat sera instauré puis défait par les forces du Mal, ce qui annoncera le début du Jugement dernier. Partir pour le djihad, c'est donc partir vers la Fin. En effet, là-bas, les combattantEs partis instaurer le Califat ne triompheront pas, ils seront vaincus ici-bas, mais leur perte ne sera que temporaire, parce que leur mort ouvre les portes de l'Autre Monde.

 

Discours de propagande délivré à un journaliste en toute connaissance de cause ? Sans doute, mais il paraît aussi profondément intériorisé, correspondant à une expérience intime du réel et de ce qui ne l'est pas.

 

Car, pour ces jeunes gens, bien avant le Paradis, un autre monde est bien plus réel que celui dans lequel ils vivent. Les réseaux sociaux ont été pour eux la seule source de rapports perçus comme « vrais », parce que créant de l'émotion. Lorsqu'ils parlent de leurs liens avec leur femme, avec leurs parents, avec leurs amis, avec les collègues, tous évoquent en clair ou en creux un mur immense, infranchissable entre leur moi profond et leur moi social. Le « moi social » blague au travail, téléphone aux parents, fait des enfants, des fêtes, vend de la drogue ou écoute du rap, mais le moi profond, le « vrai », est seul, isolé, totalement absent et muet au monde.

 

Il ne se connecte que par le biais de la médiation virtuelle. On pleure devant la vidéo d'un imam; en lisant un hadith sur l'écran, on éprouve le sentiment d'une révélation qui n'est jamais venue dans le réel, même à la mosquée. Les rapports avec les autres êtres humains constituent toujours un poids et une souffrance, le virtuel est le seul moyen de les dépasser. Ce qui frappe est que cette attitude ne disparaît pas lorsqu'ils partent, lorsqu'ils sont enfin sur la terre du djihad. Leur premier geste est de poster une photo sur Facebook et de se géolocaliser. Tous passeront le temps (hors des combats) branchés sur You Tube, seuls devant leur caméra, tous montrent avec fierté au journaliste le nombre de like sur leurs vidéos, beaucoup ont une fois là-bas ouvert des blogs. Mais presque aucun ne parle de la Syrie réelle, si ce n'est pour expliquer que les Syriens ont pour la plupart des habitudes de mécréants, ne sont pas du tout conscients d'être sur la terre du Shâm et de la proximité du Jugement dernier.

 

Les seuls instants décrits comme un moment de communion collective, sont ceux où la mort est présente. Un jeune homme se remémore sa joie, lorsqu'il a appris la mort de deux de ses amis en Afghanistan. Il décrit l'annonce de cette mort comme le moment où il a compris que son rêve pouvait devenir réalité. Des jeunes femmes imaginent entre elles, sur un mur Facebook, le moment merveilleux que sera la mort de leur compagnon, si et seulement si elles ont la chance d'être là lors de ses derniers instants. Un jeune homme souhaite que ce soit son frère, un « incroyant », qui lise sa lettre d'adieux lors de la cérémonie qui suivra l'annonce de sa mort en France. Dans cette lettre,  il parle avec moult détails de la réunion de famille heureuse et apaisée qui aura lieu au paradis, grâce à lui qui sera mort en martyr.

 

Alors qui sont ces jeunes, à quoi les rattacher ?

 

C'est toute la difficulté ouverte par leur témoignage car leur rejet de la société environnante est intégral. Tous tiennent à expliquer longuement qu'ils n'ont rien à voir avec la quasi-totalité des musulmans réels, leurs parents, leurs familles, les « traîtres » dont la liste est détaillée et jamais finie. Cette liste va des chiites aux Frères Musulmans en passant même par les salafistes proches de l'Arabie Saoudite, ou ceux qui en Tunisie, ne « vont pas assez loin » dans le djihad, ou ceux qui en Syrie n'appartiennent pas à la même brigade qu'eux. La formalisation de ce point de vue est nommée par leurs prédicateurs «  l'Alliance et le Désaveu ». Selon ce principe,  un vrai musulman est celui qui manifeste son inimitié totale avec le monde des mécréants. La haine passive du monde tel qu'il est ne suffit pas, et le djihad, dans ce contexte est la mort de tous et la sienne propre. Il constitue le seul comportement qui vaille pour être membre de la communauté des « vrais » croyants... qui ne sont plus que des croyants en la Mort.

 

Bien évidemment, les prédicateurs, les chefs des organisations combattantes comme ISIS en Syrie ont eux bien d'autres préoccupations que ces jeunes gens qui les rejoignent. Politiciens ou généraux, ils portent des stratégies de pouvoir, des objectifs militaires et économiques, des projets bien ancrés dans le réel de leurs pays d'origine.

 

Mais si leur propagande a touché ces jeunes, elle ne les a pas créés. Dans  leur propre témoignage, la découverte de la possibilité concrète du djihad est toujours l'aboutissement d'un parcours en solitaire dans la société française et nulle part ailleurs. Personne n'est venu les chercher, ni dans leur entourage familial, ni à l'école, ni à la mosquée. Ils sont en cela très différents des générations précédentes. Les djihadistes français plus âgés en parlent d'ailleurs abondamment dans l'ouvrage; eux ont tous suivi un long parcours au sein de l'islam avant de rencontrer physiquement une branche dissidente. Ils perçoivent bien la différence fondamentale avec ces jeunes gens dont certains se sont convertis en trois mois et n'ont qu'une impatience : tuer et surtout mourir en martyrs.

 

Étrangement ou pas, le vécu raconté par ces « dhijadistes » en rappelle un autre, celui de ces autres jeunes gens, qui dans les années 1980, dans toute l'Europe, ont basculé dans la consommation d'héroïne. Presque tout y est : d'abord le détachement vis-à-vis de la société, un détachement qui n'est pas du tout une révolte. Pour se révolter, encore faut-il percevoir l'utilité de la révolte, une faille possible dans le monde tel qu'il est, qui pourrait survenir grâce à une action de l'intéressé. Or la France telle que la décrivent ces jeunes gens est un tout compact et totalement étranger, où rien, pas même les rapports sociaux immédiats avec la famille ou les proches, ne peut être changé.

 

Ainsi Yacine interprète-t-il le racisme et l'impossibilité de l'intégration comme la volonté d'Allah , qui a ainsi empêché une perversion des jeunes par la société française, et a permis que d'aucuns , comme lui s'en séparent totalement. Ainsi Souleymane et Clémence, jeune couple ouvrier précisent-t-ils qu'il ont attendu longtemps avant de partir, car ils auraient souhaité auparavant profiter d'un certain nombre de biens de consommation, comme une « très grande télé ». Mais ils se sont aperçus qu'ils n'arriveraient jamais à se la payer, ils ont alors décidé de ne plus attendre.

 

Dans les deux cas (héroïne et djihad), on ne retrouve aucune trace, même partielle d'une tentative de révolte inaboutie ou ratée contre le racisme structurel ou l'exploitation économique capitaliste. On se heurte à la perception de la société comme une donnée tellement intangible que rien ne peut réellement troubler de l’intérieur son fonctionnement.

 

Ainsi, avant d'être destruction de cette société de l'extérieur, la perspective du djihad est d'abord destruction du soi, volonté d'effacement par le vide de tout ce qu'on a pu être auparavant. La plupart de ces jeunes décrivent avec minutie la vente de leurs maigres bien matériels, l'abandon de leur emploi, du domicile familial, la rupture du lien avec l'épouse, avec la fratrie, le vidage du compte en banque. Cette description est accompagnée d'une insistance marquée sur la réaction d'incompréhension et de refus de l'entourage, réaction interprétée comme un élément de plus validant la justesse du choix effectué. Or ce processus de désaffiliation volontaire ressemble trait pour trait à celui des jeunes usagers d'héroïne. Dans ce dernier cas  les parents et les proches perçoivent  un comportement addictif absolument négatif et destructeur, alors que l'auto-destruction est revendiquée par celui qui la vit comme un choix volontaire et porteur de sens.

 

« Choisir son futur . Choisir la vie ? Mais pourquoi ferais-je quelque chose comme ça ? Je choisis de ne pas choisir la vie. Je choisis quelque chose d'autre. Les raisons ? Il n'y a pas de raison. Qui a besoin de raisons quand on peut avoir l'héroïne?  » lance le héros du film  Trainspotting (qui décrit d'un groupe de jeunes heoïnomane écossais- 1996)  en guise de manifeste.

 

Quelques dizaines d'années plus tard, remplacer « héroïne » par « djihad » n’a rien d'incongru, même au regard de la réaction sociale suscitée par les deux phénomènes.

 

Dans les deux cas, Etat et commentateurs officiels répètent les mêmes condamnations incantatoires, la drogue, c'est mal et dangereux, le djihad aussi. Les drogués tueraient père et mère pour une dose, les djihadistes sont des assassins. C'est la réalité, et malheureusement, le potentiel de dangerosité des jeunes djihadistes est bien plus grand que celui des jeunes usagers de drogue. Et si les premiers n'ont jamais intéressé personne, les seconds sont effectivement une arme redoutable pour certains courants politiques, des machines à tuer peu coûteuses et déterminées, recrutables par le premier chef intégriste ou fasciste venu. Capables de tuer de sang-froid, y compris des enfants.

 

Comme dans les années 80, la répression est le corollaire de la condamnation : en arrêtant des jeunes prêts à partir, ou quelques recruteurs, le pouvoir estime avoir rempli son office, comme il estimait le faire en chassant les usagers et en arrêtant régulièrement quelques dealers de moyenne importance.

 

Cette politique a montré son inefficacité concernant la « fameuse guerre à la drogue ».

Il en va de même pour la guerre aux « djihad » et de manière bien plus grave. En effet la comparaison entre la génération tombée massivement dans l'héroïne et celle qui aujourd'hui est attirée par ce qui est appelé « djihad » rencontre ses limites.

 

Le cheminement vers l'auto-destruction comme réponse individuelle à une société mortifère faisait écho à l'état de la société dans les années 80.  Le mouvement social, ouvrier, révolutionnaire était alors affaibli en Europe, mais son influence culturelle demeurait présente, même sous des formes neutralisées et impuissantes, dans le conscient et l'inconscient collectif de toute une jeune génération. Le pessimisme et l'anomie dominantes s'accompagnaient néanmoins de la persistance d'une conscience progressiste, en rupture humaniste avec le fonctionnement capitaliste, notamment dans les métropoles.

 

Aujourd'hui, ce qui domine objectivement, même de manière temporaire, c'est une autre forme de rejet issu de l’influence de la réaction et du fascisme. Ce qu'une partie de la jeune génération perçoit comme « contre-culture », ce dans quoi elle baigne, même sans s'y reconnaître formellement, est , en tout cas en France, le discours émanant de toutes les extrême-droites, avec une très forte prégnance de l'antisémitisme, du conspirationnisme et de l'irrationnel.

 

Bien sûr, les théories de la domination juive du monde ne sont pas énoncées seulement par les mouvements fascistes occidentaux. Parmi les prédicateurs islamistes intégristes, elles tiennent souvent une place de choix. Mais en pensant que ce sont ces prédicateurs qui les imposent aux jeunes djihadistes, on oublie de se poser la  question suivante : pourquoi des jeunes d’ici , dont la plupart adhèrent très vite aux thèses de ces prédicateurs y sont-ils aussi sensibles, pourquoi surtout en font-ils une dimension essentielle de leurs cibles  lorsqu'ils passent à l'acte en France ? 

 

Sans nul doute, parce que l'antisémitisme est devenu banal, notamment en France : il est commun aux jeunes de toutes origines qui admirent Dieudonné, qu'ils soient issus des quartiers populaires ou membres bourgeois des organisations catholiques du « Printemps Français ». Réalité massive et réalité française, cet antisémitisme revêt désormais tous les attributs d'une culture de masse, se diffusant aussi bien sous la forme du divertissement que dans les prises de position de sportifs célèbres adeptes de la "quenelle".

 

C'est dans ce bouillon de culture-là que grandissent les jeunes tueurs et c'est évidemment une des raisons pour lesquelles leur intégration dans les sectes meurtrières est si facile. C'est aussi la raison pour laquelle, parmi  toutes les cibles possibles, ils choisissent des victimes juives. Ce faisant, ce n'est pas seulement la reconnaissance d'organisations implantées en Syrie ou en Afghanistan qu'ils recherchent, mais bien celle d'une partie de la société française gangrenée par le racisme et l'antisémitisme.

 

Ils représentent de manière troublante une prophétie, qui à force d'être répétée, s'est auto réalisée: désignés depuis le 11 septembre 2001 comme des terroristes en puissance, devenir ce qu'on les a accusés d'être représente finalement la seule forme d'intégration possible dans un modèle social qui leur semble indépassable.

 

Ils sont aussi le produit d'une société qui peut glisser vers le fascisme. À ce titre ils ne sont pas les enfants d'un Orient fantasmé, mais bien ceux de nos pays capitalistes.

Ceux-ci sont ravagés par l'injustice sociale, par l'absence d'avenir érigée comme une normalité absolue pour une partie de la population, par les idéologies de la haine, au rang desquels le vieil antisémitisme tient une place de choix, notamment en tant qu'outil de déshumanisation absolue de l'Autre.

Dans les pays en guerre, il est des djihadistes qui choisissent de se faire sauter dans des bases militaires, d'attaquer des cibles du pouvoir en place, de réaliser des prises d'otages barbares et spectaculaires, comme la prise d'un centre commercial ou celle d'une université entière. Les nôtres pensent que tuer quelques civils Juifs et même des enfants, au hasard, à bout portant est un acte héroïque, qui leur apportera la reconnaissance sociale.

 

A ce titre ce que disent les otages qui ont croisé, pendant leur capivité en Syrie, Mehdi Nemmouche, l'assassin présumé des victimes de la tuerie au Musée Juif de Bruxelles, est significatif : le jeune homme comptait bien s'adonner à la tuerie antisémite, mais la rétribution symbolique qui l'obsédait était d’obtenir que lui soit consacrée une séance de l'émission « Faites entrer l'accusé » .

 

Les jeunes djihadistes sont les monstres idéaux pour faire oublier ce qui les produit. L'horreur de leurs actes ne peut qu'évidemment déclencher la stupéfaction, la colère et la peur. Et favoriser une réaction de déni protectrice: il est plus simple pour chacun d'entre nous de se dire qu'ils sont d' « ailleurs », et que ce sont de lointains pays, où se tiennent de très lointaines barbaries, qui les engendrent.

 

En réalité, les organisations intégristes qui sévissent en Irak ou en Syrie se contentent de venir récolter que ce nos sociétés ont semé. Il faudra bien s'attaquer à la racine du mal pour qu'il n'y ait plus de fruits pourris à récupérer.

 

 

MEMORIAL 98

 

 

 

 

 

 

 

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 00:50

 

On peut lire dans l’Humanité du  26 septembre 2014, sous la plume de Pierre Barbancey, un article intitulé : « Obama : du Nobel de la paix au chef de guerre ».

La Syrie y est citée pas moins de 8 fois. Non pas pour informer sur le regain d’exactions du régime syrien contre sa population, ni pour déplorer l’aide apportée de longue date par la dictature aux terroristes de Daech-Etat islamique (EILL) .

Il convient de rappeler les termes de cette aide : sorties massives des djihadistes des  prisons du régime dès le début de la révolte populaire en  2011 afin de les positionner sur le terrain, filières de libre entrée en Syrie de terroristes étrangers, voie libre à l’ÉILL dès lors que la secte s’engageait à traquer les opposants au régime et à les livrer à Damas, consignes à l’armée de l’air de ne pas bombarder les positions de l’ÉILL, et même facilités pour installer des camps d’entraînement .

Pas un mot sur tout cela dans cet article. Concernant l'aide de Assad à Daech, nos amis syriens détiennent de multiples témoignages que l'on peut trouver sur le site http://souriahouria.com.

Pierre Barbancey craint surtout que « l’un des buts non avoués de la Coalition contre  Daech soit de faire tomber Bachar Al-Assad en Syrie »,  et qu’elle en profite « pour " régler " la question syrienne ». Heureusement pour faire bon poids, Barbancey appelle à l’aide  « Vladimir Poutine, dont les liens avec Damas ne se sont pas démentis, (qui) entend bien jouer lui aussi sa carte dans ce réaménagement, et en tout cas ne pas se trouver marginalisé. Il va renforcer sa flotte en Mer Noire, continue à livrer des armes au gouvernement syrien ». Peu importe que Poutine ait le soutien de milieux de la droite radicale et de toute l’extrême-droite en France comme en Europe.

Pour Pierre Barbancey, l’explication est simple :« Derrière les raisons officielles de cette nouvelle guerre au Moyen-Orient – détruire " l’État islamique " – les pays occidentaux, États-Unis et France en tête, poursuivent en réalité un objectif majeur : en finir avec Bachar Al Assad et installer, comme partout dans la région, un régime plus favorable à leurs intérêts. Un régime qui ne saurait rien leur refuser ».

Merci pour les populations syriennes fracassées par les bombardements, lorsque les missiles Katiouchas largués depuis les avions russes Soukhoï (dont l’Humanité ne dit mot) éventrent les immeubles. Merci pour les 200000 morts, souvent sous la torture (motus !). Merci pour la dévastation du pays et les sites archéologiques détruits.

Cet article s’inscrit dans une longue cohorte d’écrits de l’Humanité complaisants envers le régime syrien. Mais aussi dans la scandaleuse invitation d’orateurs pro-Assad à la place des opposants démocrates lors de débats officiels sur la Syrie à la récente  Fête de l’Humanité. Une affligeante complicité qui doit être dénoncée pour ce qu’elle est.

 

Gérard Lauton pour Memorial 98

 

Voir aussi Syrie: un an de combat et de débat. avec dès 2012 une lettre ouverte à l’Humanité co-signée par Gérard Lauton et d’autres militants de la solidarité avec le peuple syrien.

Syrie: soutenons le peuple martyrisé!

Syrie : le sens de notre soutien.

Syrie : aux côtés du peuple martyrisé.

Quand une association France-Israël soutient le régime syrien.

 

MEMORIAL 98

 

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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 22:22

Nous poursuivons nôtre série d'articles analysant la gestion du FN dans les mairies, débutée ici  Béziers : radiographie d’une ville sous influence.

Un article du journaliste de droite Pierre-Antoine Delhommais dans le magazine Le Point du 19 juin dernier comporte porte le titre provocateur suivant: «L’idéologie lepéno-cégétiste ». Il fait suite aux propos de Marine Le Pen concernant le service public ferroviaire, dans lesquels la dirigeante frontiste prétend défendre un service public en danger.

Si le syndicalisme, au travers de ses militants et syndiqués, n’est pas plus que d’autres organisations épargné par le racisme, l’antisémitisme et des positions nationalistes, il est évidemment outrancier et mensonger d’assimiler CGT et Front National.

Néanmoins, l’article du Point en question met le doigt sur une réelle évolution du discours du FN sur les questions sociales. Le FN  mettait en avant une ligne lde droite conservatrice au niveau social et économique du temps de Jean-Marie Le Pen ; depuis il a évolué, dans le discours.

Cela témoigne d’une volonté d’attirer plus de sympathisants et d’électeurs (après tout, il y a plus de salariés et de chômeurs que de chefs d’entreprise), cela montre aussi que le Front National prend en compte la revendication de politiques plus « sociales ».

C’est un signe de l’évolution du Front National, de parti d’extrême-droite en un parti fasciste. Quelle différence ?

Le fascisme n’hésite pas à puiser des thèmes au départ classés à gauche, en les pervertissant : défense des travailleurs pauvres, défense du service public....

Mais les différences sont de taille: là où les revendications progressistes concernant les libertés individuelles et les droits sociaux exigent l’égalité sans nier les différences, le fascisme se place quant à lui dans le cadre d’une « communauté nationale » à laquelle chaque individu doit s’intégrer et s’identifier. Les éléments jugés extérieurs à la communauté nationale (étrangers ou minorités issues de l’immigration, bien sûr, mais aussi nationaux jugés non-conformes, comme les chômeurs et précaires, les défenseurs des sans-papiers…) sont stigmatisés, pointés comme responsables des problèmes et exclus, si le niveau de pouvoir atteint par l’extrême-droite le permet.

Ceux qui adhèrent à ce type de vision soutiennent des mesures dont ils estiment qu’elles ne les concerneront jamais et leur apporteront une « plus grosse part du gâteau » des aides sociales, moins d’impôts… Alors que le gâteau est en fait en train de tomber en miettes et qu’il  ne restera bientôt plus rien pour personne. 

 La politique sociale menée dans les mairies tenues par le FN ou assimilés montre bien ce phénomène.

À Béziers (voir) , le budget de l’action sociale a été diminué de 365 000 euros, et le maire réserve l'accueil périscolaire, le matin entre 7h35 et 8h30, mais aussi le midi et le soir après la classe, aux élèves de primaire dont les parents travaillent. Haro sur les chômeurs.

L’épicerie sociale qui dépend du Centre d’action sociale (CCAS) utilise  désormais un nouveau critère discriminatoire pour ses bénéficiaires de l’aide alimentaire : prouver «un an de séjour minimum à Béziers.»

Au Pontet, il n’y aura plus de gratuité des cantines, ce qui représentait 25 à 30 000 euros par an (0,05 % du budget municipal).

De même à Villers-Cotterêts (Aisne), le maire prétexte qu’"il faut différencier solidarité et assistanat", et augmente pour les plus précaires le prix du repas à la cantine de près de 1 euro. Tout en admettant que cette mesure ne permettra de faire que "très peu d’économies"…

À Mantes la Ville (78), une baisse des subventions aux associations a été décidée, pour une durée d’un an.

À Marseille, le maire d’arrondissement Stéphane Ravier vote contre les aides de la communauté d’agglomération à la construction : "Les logements sociaux, je ne suis pas contre, mais je souhaite qu'ils bénéficient à nos compatriotes d'abord." Déclare-t-il. Tandis qu’une autre élue, Élisabeth Philippe estime cette position justifiée en raison des flux de "populations migrantes africaines et subsahariennes mais aussi des Roms"...

 

À Fréjus (Var) , le budget alloué aux écoles pour l’achat de manuels et de fournitures a diminué de 7 euros, soit 16%, passant de 43 à 36 euros par enfant. Pour le financement des sorties scolaires en bus, la baisse est de 20%, et le budget pour les » classes découverte » passe purement et simplement à la trappe. Trois centres sociaux ont vu leurs subventions diminuer, parfois de deux tiers.

Que nous apprennent ces décisions ? D’abord, qu’elles ne sont pas dictées par la volonté de faire des économies comme le prétendent souvent les élus FN, mais bien par les positions politiques du FN.

Certaines mettent en oeuvre la version locale de la « préférence nationale », comme le critère d’un an de résidence dans la commune pour bénéficier de l’aide alimentaire à Béziers ou la position des élus FN à Marseille sur le logement.

Les critères restreignant l’accès à l’épicerie sociale de Béziers ne toucheront peut-être pas un très grand nombre de personnes, même si des sans domicile fixe, les étrangers sans papiers ou des personnes en situation de précarité s’installant sur Béziers se retrouveront exclus faute d’avoir la durée de présence requise ou les justificatifs correspondant,. Le but de ces restrictions est d’ancrer une logique qui n’a plus rien avoir avec celle des droits sociaux et du service public. Ce n’est plus une situation matérielle objective (le niveau des ressources et des charges, la précarité de l’emploi, du logement…) qui ouvre des droits, mais cette appartenance à la « communauté » évoquée au début de l’article.

D’autres décisions pénalisent concrètement les ménages ayant des faibles revenus (c’est le cas à Fréjus) ou les chômeurs (à Béziers).

En effet, il n’est pas uniquement question de favoriser les ressortissants nationaux. C’est la mise en œuvre d’un renversement complet de ce qui fonde une politique sociale collective. Dans celle-ci, la communauté a des devoirs envers les plus fragiles de ses membres (malades, personnes âgées, précaires, migrants), parce que cela concourt au bien-être de tous. Il est en effet rassurant de savoir qu’il existe des filets de sécurité en cas de situation difficile, même si on n’y fera peut-être jamais appel. Dans l’univers FN comme dans les autres courants de la droite radicale qui s'inspirent des mêmes raisonnements, l’individu est au service de sa communauté, et ne reçoit d’aide qu’à condition d’être « productif ». Un chômeur ou une personne âgée ne peuvent pas être productifs. Or ce sont avant tout les précaires (avec ou sans emploi) et les personnes âgées qui vont être affectées par les baisses de subvention des CCAS, puisque ce sont les publics de ces structures.

 

On dispose,  à partir de cette analyse, de pistes pour combattre ce type de politique, et se prémunir de la récupération de revendications sociales par le FN ou d’autres organisations fascistes. Il s’agit de porter en permanence une exigence d’égalité dans l’accès aux droits, quelle que soit la situation de la personne, vis-à-vis de la nationalité notamment, mais aussi de l’orientation sexuelle, de l’emploi, du lieu et du type d’habitation, de la parentalité.

voir aussi

Jean Jaurès: assassiné par l'extrême-droite il y a 100 ans

Le Pen : la passion génocidaire

Marine Le Pen: un dérapage?

Balladur et Sarkozy: de la préférence nationale à l'Identité nationale

 

Memorial 98

NB: nous sommes interrogés par des lecteurs et sympathisants à propos de nos analyses sur la situation au Moyen-Orient; celles-ci sont présentées quasi-quotidiennement sur le groupe Facebook de Memorial 98, complément indispensable de ce site.

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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 23:33

Jean Jaurès prend la parole le 25 mai 1913 au Pré Saint-Gervais, contre l'allongement du service militaire.

 

Le  31 juillet 1914, Jean Jaurès était assassiné à la veille même du déchaînement de la première guerre mondiale, qui fit entrer le 20e siècle dans l'ère de la barbarie.

A cette occasion nous voulons rappeler ici les circonstances historiques de sa mort et son dernier combat afin d'éviter cette guerre.

Son engagement pour tenter d'empêcher le déchaînement de la guerre des impérialismes se plaçait dans la continuité des ses différents combats pour la fraternité des peuples et pour le soutien des nationalités et minorités opprimées.

Ce fut le cas pour les Arméniens victimes déjà de l'Empire ottoman, avant même le génocide de 1915, durant la guerre. Ce fut le cas aussi du rôle central que prit Jaurès dans l'affaire Dreyfus , en surmontant ses propres préjugés antisémites. 

Nous reproduisons aussi ci-dessous un court texte de Jaurès publié en 1912 et dénonçant les campagnes "sécuritaires" de l'époque.

 

La guerre de 14-18 se fit au nom du nationalisme guerrier, du chauvinisme, de la "patrie".

La propagande officielle des différents États dépeignait le peuple d'en face comme l'ennemi héréditaire et ses habitants comme  des "sauvages sanguinaires".

C’est au nom de ces « valeurs » que des dizaines de millions de personnes ont été massacrées dans cette guerre barbare.

C’est un militant d’extrême droite qui assassine Jean Jaurès le 31 juillet 1914,  alors que celui-ci tente, à sa manière, de stopper la marche à la guerre, qui éclatera le 3 août.

Le 14 juillet, lors du congrès extraordinaire de la SFIO (parti socialiste) il avait soutenu la motion qui préconisait l’appel à la grève en cas de conflit imminent : « plutôt l’insurrection que la guerre », à quoi Jaurès ajoute que cette grève devra être « simultanément et internationalement organisée ».

 

Cette position lui vaut d’être attaqué par le journal des classes possédantes, Le Temps, qui, le 18 juillet, l’accuse de soutenir la " thèse abominable qui conduirait à désarmer la nation, au moment où elle est en péril"

 

Le tueur de Jaurès est Raoul Villain, adhérent de la Ligue des jeunes amis de l’Alsace-Lorraine, groupement d’étudiants nationalistes, partisans de la guerre et proche de l’Action française royaliste.

Il est arrêté et déclare avoir agi en solitaire pour « supprimer un ennemi de son pays ». Sans avoir jamais vu Jaurès, il s’est peu à peu mis en tête de tuer  « le traître, l’Allemand »

 

Cette thèse de l’acte isolé est reprise telle quelle dans l’acte d’accusation dressé le 22 octobre 1915.

 

Pourtant depuis de longs mois, voire des années, la presse nationaliste et les représentants des Ligues « patriotes » (comme Léon Daudet ou Charles Maurras) s’étaient déchaînés contre les déclarations pacifistes de Jaurès et son internationalisme. Ils l’avaient désigné comme l’homme à abattre, en raison de son engagement passé en faveur du capitaine Dreyfus.

Les déclarations assassines abondent dans les semaines précédentes son assassinat. Ainsi dans le quotidien  l’Écho de Paris du 17 juillet :

« Dites-moi, à la veille d’une guerre, le général qui commanderait […] de coller au mur le citoyen Jaurès et de lui mettre à bout portant le plomb qui lui manque dans la cervelle, pensez-vous que ce général n’aurait pas fait son plus élémentaire devoir ? »

 

Raoul Villain est incarcéré en attente de son procès durant toute la Première Guerre mondiale...

Il ne sera jugé qu’en 1919, dans un climat d’ardent nationalisme au lendemain de la guerre.

C'est ainsi qu'il est acquitté le 29 mars 1919 par onze voix sur douze, un juré ayant même estimé qu’il avait rendu service à sa patrie : « Si l’adversaire de la guerre, Jaurès, s’était imposé, la France n’aurait pas pu gagner la guerre. » La veuve de Jaurès est condamnée aux dépens (paiement des frais du procès).

 

En réaction, Anatole France écrit : « Travailleurs, Jaurès a vécu pour vous, il est mort pour vous. Un verdict monstrueux proclame que son assassinat n’est pas un crime. Ce verdict vous met hors la loi, vous et tous ceux qui défendent votre cause. Travailleurs, veillez ! » Une manifestation est organisée le 6 avril suivant par les sections socialistes et syndicales de Paris pour protester contre le verdict et honorer Jaurès le pacifiste.

100 000 personnes défilent et les affrontements avec la police causent deux morts.

 

Après la mort de Jaurès, une grande partie la gauche française se rallia à la guerre, au nom de « l’Union Nationale » et sous le prétexte de lutter contre les régimes impériaux.

Certains des « antimilitaristes » les plus irréductibles basculent. Ainsi, le journal "La Guerre sociale" de Gustave Hervé sort une édition spéciale avec trois titres : " Défense nationale d'abord ! Ils ont assassiné Jaurès, Nous n’assassinerons pas la France." 

À la salle Wagram, le 2 août, à la réunion du Parti socialiste qu’avait convoquée Jaurès avant sa mort, Édouard Vaillant, le vieux révolutionnaire de la Commune de Paris, déclare : « En présence de l’agression, les socialistes rempliront tout leur devoir. Pour la Patrie, pour la République, Pour l’Internationale ».

 

La guerre éclate le 3 août.

 

Le 4 août au matin, les obsèques officielles de Jaurès sont célébrées. C’est la première manifestation officielle de l’Union nationale. Léon Jouhaux, secrétaire général de la CGT, lance un appel aux armes.

Il prononce ces mots funestes et hypocrites :

 

 « Jaurès a été notre réconfort dans notre action passionnée pour la paix; ce n’est pas sa faute si la paix n’a pas triomphé. […C’est celle des empereurs d’Allemagne et d’Autriche-Hongrie…]. Nous prenons l’engagement de sonner le glas de vos règnes. Avant d’aller vers le grand massacre, cet engagement, je le prends au nom des travailleurs qui sont partis, et de ceux qui vont partir. »

 

On connaît la suite, la destruction et le massacre, puis l'apocalypse fasciste et nazie.

 

Cent ans après, le combat contre le nationalisme et le chauvinisme, pour la solidarité internationale, demeurent d'une actualité brûlante.

 

 

Jaurès en 1912 à propos de la justice et des campagnes sécuritaires de l'époque:

"Quelle abjection dans cette propagande de la peur ! On lit sur les murs de Paris d'ignobles affiches qui apprennent au monde que toutes les boutiques sont forcées, que toutes les existences sont menacées, qu'au coin de toutes les rues le passant est guetté par le couteau d'un apache. « Défendons-nous », hallucinons les cerveaux, affolons les coeurs ; demandons à la société française de répudier toutes les lois humaines sur le sursis, sur la libération conditionnelle, que ce fut son honneur de promulguer ; dénonçons comme des lâches, comme des traîtres, les jurés qui ont cru équitable, après examen des circonstances, un verdict de pitié. Faisons que la loi pénale fonctionne toujours automatiquement avec le maximum de rigueur. Appliquons, s'il le faut, la torture aux condamnés ; arrachons les ongles aux transportés par le rétablissement des poucettes ; et frappons, flétrissons comme des complices des assassins, tous les hommes qui demanderont à la nation de ne pas s'affoler, de ne pas se dégrader. « Défendons-nous, défendons-nous. »

« Une Honte », Jean Jaurès, L'Humanité (ISSN 0242-6870), nº 2945, 10 mai 1912, p. 1

Mise à jour du 3 janvier 2019 :

Jaurès et l'anticolonialisme: une mise au point bienvenue par l'historien Gilles Manceron

Quand on évoque la pensée de Jaurès sur la question coloniale, on cite immanquablement une conférence qu’il a donnée à l’âge de 24 ans et qui reprenait les idées colonialistes de Jules Ferry. Or il a évolué, de 1898 à sa mort, vers un anticolonialisme résolu, comme il a rejeté l'antisémitisme (voir ci-dessus) 

 MEMORIAL 98

 

 

 

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 18:25

 

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Actualisation 20 mai 2016:

Une illustration des méthodes utilisées par JRE

 

 

Farida Belghoul, a été condamnée le 19 mai  pour diffamation à l’encontre d’une institutrice de maternelle de Joué-les-Tours.

En mars 2014, du programme scolaire expérimental ABCD de l’égalité entre hommes et femmes, la mère d’un petit garçon de trois ans, d’origine tchétchène, avait été manipulée et aurait rapporté des propos de son enfant selon lequel sa maîtresse l’avait déculotté, ainsi qu’une petite fille de la classe, afin d’échanger des caresses sexuelles et des « bisous ».

La correspondante locale de JRE, Dalila Hassan contactait le 28 mars 2014 Farida Belghoul, qui était dès le lendemain devant l’école de Joué-les-Tours, commune populaire de la banlieue de Tours, et recueillait le prétendu « témoignage » filmé de cette militante. La vidéo, mise le soir même sur YouTube et toujours accessible, se présentait comme une interview de Mme Hassan, dont les enfants n’étaient pas scolarisés dans l’école mise en cause, rapportant ces accusations. L'institutrice calomniée a subi les conséquences de cette campagne ede diffamation et a du changer d'école.

 

Memorial 98

 

 

En renonçant aux  "ABCD de l'égalité", le ministre de l’Education nationale Benoît Hamon cède aux fascistes proches de Farida Belghoul et Alain Soral ainsi qu’aux catholiques intégristes de Civitas.

 

 

De plus, il répond par le mépris aux mobilisations de toutes celles et ceux qui, depuis des mois, ont marqué des points contre les organisateurs des Journées de retrait de l'école (JRE). Les enseignants ont organisé des réunions d'information collective et des rendez-vous individuels avec les parents apeurés par les rumeurs. Les parents d'élèves, spontanément ou au sein de leurs organisations, ont contré les ragots propagés par d'autres parents. Les lycéens et lycéennes ont directement défendu leurs établissements en manifestant contre les intégristes venus provoquer jusqu'à l'entrée des écoles.

 

Benoît Hamon relance ainsi la mobilisation intégriste au moment où elle commençait justement à stagner, grâce au barrage mis en place par les progressistes. Les militants des JRE auront beau jeu d’utiliser des arguments tels que « il n'y a pas de fumée sans feu » ou « seuls les coupables se rétractent », vis-à-vis des parents qui douteraient de la véracité de leurs élucubrations sur les "ABCD de l'égalité".

 

L'objectif de la mobilisation JRE ne consiste pas seulement à déstabiliser l'école publique et à  faire pression sur le contenu des programmes. Inciter les parents à « retirer les enfants de l'école » ne constitue pas seulement un moyen, mais aussi une fin en soi. La diffusion d'une rumeur anxiogène, l'exacerbation des préjugés et de la peur ont permis de faire franchir à de nombreux parents un palier important et grave. En effet priver ses enfants d'école, les mettre objectivement en difficulté vis-à-vis de celle-ci, n'est à priori pas habituel, surtout dans les milieux populaires, où l'accès à l'école publique demeure un des seuls espoirs d'ascension sociale.

 

Mais Farida Belghoul et ses amis d’extrême-droite sont des manipulateurs expérimentés dont l'objectif est, depuis très longtemps,  de s'approprier les enfants en utilisant les carences de l'école publique, ses inégalités, les angoisses des parents devant l'échec scolaire. Depuis des années Farida Belghoul tente de créer une véritable entreprise consacrée à l'école à domicile ; elle n'est pas la seule dans ce cas au sein de la direction du réseau JRE.

 

Dès la deuxième moitié des années 2000, Mme Belghoul, qui avait animé des actions antiracistes en 1984, a opéré un retour remarqué sur la scène médiatique. Utilisant sa notoriété et ses réseaux, elle écume les médias pour présenter le REID ( « Remédiation éducative »), une association visant à donner des cours à la maison pour les « jeunes déscolarisés ». À l’époque, en plein mandat Sarkozy, elle a calibré son message pour obtenir le soutien des gauches. Tout en mettant en avant son expérience avec ses propres filles retirées de l'école, elle avançait surtout des arguments sociaux et quasi-humanitaires : il s'agissait de « sauver » des jeunes déjà exclus de l'institution scolaire, de les faire « revenir » vers le savoir pour qu'ils puissent ensuite reprendre des études dans le cursus ordinaire… Le tout devait être facturé à la modique somme de 250 000 euros pour une année et pour une dizaine de « jeunes », qui selon elle étiaent déjà impatients de suivre ces cours. La publicité pour le REID sera relayée par Libération, par des intellectuels de gauche connus pour leurs prises de position sur l'éducation comme Bertrand Gaufryau, mais aussi par le Forum Social des Quartiers Populaires  et bien d'autres pendant tout le courant de l'année 2009. On retrouve sur son blog, les traces de nombreux donateurs enthousiastes devant son l'initiative.

 

Puis toute activité sur le blog s'arrête brusquement. Impossible de savoir ce qu'il est advenu des dons réellement effectués, la fameuse initiative révolutionnaire n'aura donc pas vu le jour. Mais l'association « REID », alors créée et dirigée par F. Belghoul, engrange maintenant les bénéfices tirés du « livre pour enfants » publié par les JRE, vendu quinze euros l'unité.

 

Éclairées par cette initiative passée, les Journées de Retrait de l'Ecole, apparaissent donc bien comme un prolongement du projet initial : tout est mis en place pour amener doucement et sûrement les parents recrutés et formatés suite à la propagande de cette année, à retirer leurs enfants de l'école publique pour alimenter des réseaux se présentant comme « une aide à la scolarisation à domicile ».

 

De quoi s'agit-il exactement ?

 

Lors de la conférence de fondation de la FAPEC, la « fédération de parents d'élèves courageux » récemment lancée par les JRE, un certain Rémy Wiedmann était présent aux côtés de Belghoul et du président de CIVITAS.

   

Wiedmann, ancien militant du Modem de Bayrou, se présente désormais comme le « coach des parents » et anime le site Internet intitulé «  L'école à la maison ».

Dès l'abord, le lecteur attiré sur le site est confronté à un discours anxiogène et paranoïaque.

Les articles gratuits, accessibles à tous, reproduisent invariablement la même thèse : l'école publique est génératrice de problèmes insolubles mettant volontairement en danger les enfants. Tout serait fait volontairement pour générer malaise et échec scolaire, des méthodes d'éducation choisies par le Ministère à l'ambiance générale dans les écoles. Un des cinq articles mis en avant porte comme titre : « 10 raisons objectives pour lesquelles votre enfant ne peut pas réussir à l'école’ , mais pour accéder à l'intégralité de l'article, il faut d'emblée renseigner son adresse mail et donc donner la possibilité aux responsables du site de contacter directement les parents.

 

D'autres articles en consultation libre sont destinés à captiver immédiatement l'attention de certains parents, identifiés comme fragiles et immédiatement accessibles à la propagande : ceux dont les enfants ont déjà des problèmes et des souffrances en milieu scolaire. Notamment ceux qui sont en situation de dyslexie.

 Cette méthode est fréquemment utilisée par diverses sectes: on prétend à la fois que le problème n'existe pas et en même temps qu'on peut le résoudre. L'énoncé est apparemment illogique : mais en fait, il permet d'abord de générer un sentiment de reconnaissance vis-à-vis du locuteur qui nous débarrasse momentanément de l'angoisse. Ce sentiment de reconnaissance incite ensuite à la confiance pour traiter la source de l'angoisse, ce qui rejaillit sur la durée du « traitement ». C'est la méthode de tous les charlatans qui prétendent guérir le cancer, le sida ou d'autres pathologies graves. On commence par affirmer au sujet: « vous n'êtes pas malade, car cette maladie est une invention des médecins », puis «  nous allons soigner les dégâts causés par les traitements prescrits par ces mêmes médecins ».

Dans le discours de Weidmann, la dyslexie est ainsi dénoncée comme une invention des médecins, et ses symptômes comme un résultat des méthodes d'apprentissage scolaire.

Dans le corps même de l'article, les liens insérés renvoient directement vers des sites sectaires, notamment l'un lié à la mouvance « holistique » qui prétend que l'autisme et les dyslexies sont dus au « brouillard toxique » que le cerveau reçoit du fait de notre alimentation et qui propose entre autre aux familles de réaliser des « hydrothérapies du colon » et des stages de « réalimentation ».

 

A toute personne éloignée des milieux sectaires, ce genre de propos apparaîssent pour ce qu'elle sont, en l’occurrence des fadaises obscurantistes. En revanche, pour des parents vulnérabilisés par les difficultés de leur enfant, la perception peut-être très différente, surtout lorsque la famille est isolée du reste du monde. Dans un contexte où effectivement l'école publique n'est pas forcément en mesure de résoudre les inégalités sociales, la baisse de moyens et d'effectifs conduit beaucoup de parents à se sentir abandonnés.

 

En effet, l'objectif premier du site est d'amener les parents à retirer les enfants de l'école, de toutes les écoles. Le site déconseille ainsi les écoles privées sous contrat avec l’Education nationales, accusées elle aussi de faire partie du « grand complot contre les enfants ». Pas étonnant, puisque tous les animateurs des JRE sont en concurrence avec les représentants officiels des grandes religions, pas assez réactionnaires à leurs yeux. Civitas attaque sans relâche l'Eglise catholique, et F. Belghoul ne ménage ses attaques contre l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) accusée de constituer un repère de vendus au « sionisme », aux francs-maçons et au lobby LGBT

 

Pour parvenir à ses fins, Weidmann s'appuie là aussi sur des techniques bien connues. Le site s'adresse surtout aux mères et «  mamans » et offre tout un panel de vidéos similaires : il s'agit d'abord de les flatter en les investissant d'un « rôle primordial et vital » dans l'avenir des enfants, en leur assurant qu'elles n'auront aucun problème pour être aussi « performantes » et même bien plus qu'un enseignant. Ensuite, on les érige en détentrices de la Vérité révélée qui vont devoir, au besoin par la ruse, convaincre un environnement hostile ou s'en détacher. Des articles sont consacrés à la nécessité de ne tenir aucun compte des avis de l'entourage ou à la manière de faire le forcing si le conjoint est contre le retrait de l'école.

 

Une fois la maman appâtée et convaincue, son isolement est désormais garanti: en effet, éduquer son ou ses enfants à domicile, c'est renoncer à son activité professionnelle si on en a une, et également à une partie de sa vie sociale. C'est se retrouver investie d'une responsabilité énorme et évidemment confrontée également à des problèmes très concrets. L'enseignement et la pédagogie ne sont pas des techniques qu'on peut improviser. D'autre part, les enfants peuvent très mal vivre le fait d'être coupés de l'école. Le rêve promis par Weidmann et Belghoul va vite se transformer en cauchemar mais à ce stade, les « conseils » et l' « aide » vont cesser d'être gratuits.

 

L'"Ecole à la Maison" fait d'abord la promotion de cours par correspondance, délivrés par des instituts catholiques privés, comme le Cours Sainte Anne (jusqu'à 1835 euros par an) ou le CEFOP ( 2000 euros pour un enfant de sixième). Dans la page des liens, des sites moins chers et moins orientés sont proposés mais dans les commentaires du site, à chaque question d'un parent, ce sont ces cours tenus par des « collègues » qui sont conseillés.

 

Mais l'Ecole à la Maison représente aussi un site de promotion de son animateur qui se présente comme « coach des parents », un « coach méthode Erickson » qui déclenchera chez vous un « dialogue intérieur » vous permettant de faire face à la « complexité de votre personnalité » et de résoudre progressivement les problèmes rencontrés, à raison de 500 Euros les trois séances.

 

La « méthode Erickson » fait partie des méthodes fondées sur la « programmation neurolinguistique », une théorie non scientifique élaborée par des soi-disant « enseignants en marketing mental » aux Etats-unis dans les années 1970. Depuis elle est utilisée à toutes les sauces ; partout dans les pays développés prolifèrent des « instituts de développement » et des « centres de formation" , proposant des titres ronflants et des qualifications dépourvues de toute réalité. Celles-ci sont décernées après des stages de quelques semaines à des individus, qui ensuite s'auto dénomment « psychothérapeutes » ou « coachs » dans des domaines variés. La PNL est utilisée par de nombreuses sectes, d'où les mises en gardes de la  Mission de Lutte Interministérielle contre les Sectes à son sujet dès 2002..

 

En quelques mois, des familles peuvent donc se retrouver dans un engrenage dangereux: coupées de leur entourage à qui elles ne voudront pas faire part de leurs difficultés face à un choix dont elles se sentiront coupables, confrontées en tête-à-tête quotidien aux difficultés de leurs enfants sans pouvoir les résoudre, et en totale dépendance vis-à-vis de celui qui se présente comme leur sauveur.

 

Dans des milieux socioprofessionnels aisés, la problématique sera peut-être moins grave car la possibilité de trouver des portes de sortie est forcément plus grande. Mais prenons le cas d'une famille issue d'un milieu employé ou ouvrier : elle a retiré son enfant de l'école publique, ce qui lui a valu un regard très négatif de l'institution. Elle aura évidemment peur de retourner se confronter à cette institution, peur également de s’adresser à des travailleurs sociaux ou à tout autre représentant de l'Etat. Ces familles craignent à la fois leur jugement très négatif et des possibilités réelles d'enquête sociale et de placement. Sans compter évidemment l’adhésion aux thèses paranoïaques développées par Belghoul et les siens, où chaque enseignant, chaque travailleur social, est de toute façon un pion au service du Grand Complot Juif, LGBT, franc-maçon.

 

La crainte de l'échec pour son enfant, des contrôles des inspecteurs de l'Education nationale, prévus en cas d'instruction à domicile, l'amènera possiblement la famille à tout donner financièrement pour s'en sortir.

 

Avant le retentissement médiatique des JRE, des gens comme Weidmann et son réseau agissaient somme toute dans un cercle d'audience restreint ; l'alliance opérée avec Civitas et les réseaux de Belghoul changent la donne. La création d'une fédération de parents d'élèves leur permet de décupler leurs forces en les unissant. Leur objectif sera donc double : perturber l'école publique, stopper en son sein toute velléité progressiste, mais aussi recruter des victimes pour leurs entreprises respectives. La FAPEC annonce d'ailleurs des activités de cours à domicile et de « soutien scolaire » dès la rentrée.

 

Le tout procède d'un mélange des genres entre entreprise sectaire et organisation politique fasciste, les méthodes de manipulation sectaire renforçant l'adhésion aux idées fascistes, et les initiatives politiques fascistes étant un point d'entrée dans le milieu sectaire.

 

Depuis plusieurs années, le groupe « Egalité et Réconciliation » de Soral s'est allié avec divers charlatans, de Corinne Gouget et sa croisade « anti-additifs alimentaires » à Sylvie Simon défunte thérapeute en médecine douce et en « remèdes spirituels » comme alternatives aux « vaccins de la mort ». Dieudonné a de son côté consacré des sketches et un film entier ( "Métastases") à un discours conspirationniste antisémite contre la médecine « qui crée les cancers ». Alain Soral propose aussi sur son site les conférences de « thérapeutes dissidents ».

 

En s'attaquant aux enfants, les JRE franchissent évidemment un pas supplémentaire, rendu possible par la montée en puissance de l'extrême-droite mais aussi par la démission du gouvernement face à leurs attaques.

 

La riposte doit agir sur plusieurs fronts : le travail d'alerte, de diffusion sur ce que sont réellement les JRE sera crédible s'il s'accompagne d'un combat sans ambiguïtés contre la destruction de l'école publique. Il faut aussi agir contre la stigmatisation des parents des quartiers populaires, sans cesse accusés de laxisme, de démission, soupçonnés en permanence  d'intégrisme ou de « refus d'intégration ». Nous devons défendre l'école publique dans ce qu'elle a de progressiste,  mais nous devons aussi savoir combattre les inégalités, le racisme qu'elle peut générer aujourd'hui. Ce ne sont certes pas ses personnels qui sont en cause mais bien les politiques de casse sociale et de stigmatisation menées depuis des années.

 

MEMORIAL 98

 

A propos de Soral et Dieudonné voir notamment:

Dieudonné : au-delà de la quenelle, l’escalade meurtrière.

L’escalade antisémite de Dieudonné : décryptage

Interdire les listes de Dieudonné ?

link vers le blog Luftmenschen

Tariq Ramadan avec Dieudonné et Soral : vers l'antisémitisme?

Dieudonné, Faurisson, Le Pen : décryptage.

 

 

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 18:59

 

Mise à jour du 5 juin 2017: 

 

Samuel Dufour est ce militant fasciste qui, après avoir participé à l’agression qui a conduit au meurtre de Clément Méric, avait envoyé des SMS accablants sur sa participation aux faits. Il a été libéré, sous contrôle judiciaire, un an tout juste après les faits. Parmi ses SMS, certains avaient comme destinataire Serge Ayoub, leader du groupe  « Troisième Voie ». Celui-ci dénonçait d'ailleurs au mois de février, sur le site Rue 89 qui lui laissait complaisamment la parole, la détention provisoire de Dufour comme un prétendu scandale, notamment en raison de la « poursuite des études » du jeune fasciste. Il a été écouté.

 

Katia Veloso, la compagne du principal mis en cause Esteban Morillo, qui avait téléphoné à des militants d’extrême-droite pour qu'ils viennent rejoindre les jeunes néo-nazis déjà sur place, a été mise totalement hors de cause.

 

Si cet état de fait est révoltant, et augure plutôt mal de la suite du procès du meurtre de Clément Méric, il n'est malheureusement pas surprenant, au regard d'autres affaires de ce type.

 

En 1995 Brahim Bouarram est jeté à la Seine, en marge d'un défilé du FN, par des militants néo-nazis, dont il sera très vite établi qu'ils avaient des liens habituels avec le parti d'extrême-droite. Plusieurs d'entre eux étaient en effet utilisés régulièrement comme membres du service d'ordre par les responsables du FN de leur département d'origine .

 

Moins d'un an après le meurtre, plusieurs des co-accusés sont libérés pendant l'instruction alors en cours. Quatre témoins ont d'abord relaté des faits accablants et concordants démontrant que l'ensemble des néo-nazis cherchait activement une victime en scrutant les berges de la Seine, bien avant de tomber sur Brahim Bouarram. Mais en quelques mois, ces quatre personnes se sont toutes rétractées, notamment une jeune femme qui apparaît muette et terrorisée au cours des audiences. Le juge, pourtant, ne tient aucun compte du caractère troublant de ces rétractations tardives générales, et relâche les co-accusés. L'un des présents à la ratonnade a d'ailleurs été relâché bien avant, comme si la possibilité de pression sur les témoins n'avait aucune importance

 

Par ailleurs, le responsable du service d’ordre du FN (le DPS) comme celui du FN de la Haute Marne ne seront jamais inquiétés. Ils avaient pourtant attendu une semaine avant de donner l'identité des accusés à la police et s’étaient auparavant rendus au domicile de ces derniers, ce qui leur a laissé tout le temps pour se débarrasser d'éléments compromettants et élaborer une stratégie de défense.

 

Au procès lui-même, les peines des co-accusés du meurtre de Bouarram permettront à trois d'entre eux de ne pas retourner en prison, la peine ferme d'un an étant couverte par la détention préventive, et les trois ans restants étant du sursis. Un seul co-accusé, David Halbin, fera un an de prison, mais seulement parce qu'il était resté libre le temps de l'instruction. Quant à celui qui a poussé Brahim Bouarram dans la Seine, Mickaël Freyminet, il écopera d'un jugement très modéré, de huit ans ferme.

 

Sept ans plus tard, on retrouvera son nom cité dans une autre affaire de meurtre : en septembre 2002, une bande de néo-nazis tabasse François Chenu à Reims, le jette à l’eau, puis le repêche pour l'achever à coup de rangers. François Chenu était homosexuel, le seul mobile du meurtre. Après les faits, les jeunes néo-nazis avaient passé de nombreux coups de fil à leur mentor un peu plus âgé, qui n'était autre que le meurtrier de Brahim Bouarram. Mickaël Freyminet. Celui-ci, qui avait déclaré avoir abjuré ses croyances et avait osé demander pardon à la compagne de Brahim Bouarram, s'était à sa libération immédiatement relancé dans l'activisme néo-nazi. Il avait d’ailleurs rencontré les trois meurtriers de François Chenu lors d’un camp organisé par cette mouvance.

 

Esteban Morillo, l'assassin présumé de Clément Méric, déclare déjà aujourd'hui qu'il a renoncé à ses idées , et le redira sans doute lors du procès. Il est d’ailleurs fréquent que la justice fasse mine de croire ces paroles. Elle prête une oreille attentive aux avocats de la défense toujours prompts à plaider la nécessité de ne « pas briser définitivement la vie » des jeunes fascistes avec des peines trop lourdes. Naturellement, l'argument est encore plus entendu quand le prévenu est sorti de prison bien en amont du procès : contrairement aux jeunes des quartiers populaires, les militants d'extrême-droite ont le réseau et les relations pour retrouver très vite un emploi et une « insertion ». Ainsi nul doute que Samuel Dufour se présentera en salarié modèle le jour où les audiences débuteront. Maxime Brunerie, qui avait tiré sur Jacques Chirac n'avait-il pas retrouvé un emploi à la mairie UMP de Courcouronnes, dès sa sortie de prison ?

 

D'autres affaires en cours donnent également des raisons de craindre que les assassins de Clément Méric fassent l'objet d'une grande clémence judiciaire : par exemple le non-lieu délivré à Christophe Lavigne,. En mars 2014 . Lavigne, militaire de carrière , toujours pas rayé des cadres de l'armée, avait lui même reconnu planifier un attentat meurtrier contre la mosquée de Vénissieux. Il déclarait avoir tout préparé pour tirer dans la foule à la sortie de la prière, pendant le Ramadan 2013. L'homme , sympathisant actif de l'extrême-droite identitaire et néo-nazie, était déjà passé à l'acte quelques temps auparavant en jetant un cocktail Molotov sur la mosquée de Libourne. Il répondra prochainement de ce dernier acte en justice , mais comparaîtra libre et n'aura en tout cas jamais à se justifier de son projet d'attentat.

 

A quoi attribuer cette indulgence pour les actes et même les crimes de l'extrême-droite, dans une période où pourtant les longues peines et la détention préventive allongée constituent les règles ordinaires ?

 

Tous les juges ne sont certes pas des fascistes, mais dans le fonctionnement actuel du système judiciaire, beaucoup d'éléments sont favorables à ces derniers. Les réseaux de l'extrême-droite permettent un soutien financier extrêmement important, décisif dans une procédure. Cela ouvre la possibilité de se concerter régulièrement et longuement avec son avocat, celle de faire des recours réitérés pour demander une libération, de contester des expertises. Toutes ces démarches pèsent fortement. Le temps joue aussi: quand l'attention médiatique s'éloigne, quand la solidarité avec les victimes s'amenuise, les débats et les décisions se font avec moins de pression sur les accusés; des juges déjà prompts à considérer d'un œil compatissant des jeunes gens d'extrême-droite pourront d'autant plus se le permettre.

 

Il faut donc beaucoup d'acharnement, de solidarité et de combats pour obtenir que justice soit rendue. C’est le cas, parfois, pour certaines agressions. Ainsi les jeunes néo-nazis qui avaient tabassé Nourredine Rachedi en 2008 à Guyancourt (78), après l’avoir interrogé pour savoir s'il était musulman, ont fini par être condamnés au moins à une peine de dix-huit mois de prison avec sursis en 2012, par la Cour d'Appel. C'est incroyablement peu au regard de la gravité de l'agression, mais en première instance, ils avaient été relaxés ; seul le courage de la victime et la solidarité ont permis que cette relaxe ne soit pas définitive.

 

Il est donc essentiel de ne pas laisser l'instruction se dérouler en silence concernant le meurtre de Clément Méric. Dans le contexte actuel d’offensive de l'extrême-droite, les antiracistes et les progressistes doivent faire largement connaître les enjeux de ce qui se déroule au plan judiciaire. C’est le seul moyen d’obtenir un minimum de justice.

 

Memorial 98

 

Voir sur le site:

 

Contre la haine : ensemble, tout simplement (déclaration de Memorial 98 diffusée lors des manifestations de Juin 2014 commémorant l'assassinat de Clément Méric)


Extrême-droite : assez de crimes, assez de violences !

 

 

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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 00:49

 

Sur Facebook suivez l'actualité quotidienne de la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme de Memorial 98.

Le groupe Facebook est le prolongement de ce site et rend compte de l'activité antiraciste et antifasciste.

 

Cet article inaugure une nouvelle rubrique du site et un nouvel axe de travail de Memorial 98. Il s’agit d’analyser les politiques menées par les nouvelles municipalités d’extrême-droite. Au-delà des mesures spectaculaires et des gadgets, nous étudions en profondeur les conséquences sociales de l’orientation mise en œuvre.    

Béziers est sans doute la commune dirigée par l’extrême-droite qui fait le plus parler d’elle. La liste conduite par Robert Ménard n’était pas officiellement FN, mais juste « soutenue » par le parti des Le Pen. Le cabinet de Robert Ménard compte deux membres du très radical  Bloc identitaire, dont un proche du très droitier maire d'Orange, Jacques Bompard. Robert Ménard compte aussi dans son cabinet un ancien socialiste. Il s’est allié à l’UMP pour diriger l’agglomération et a fait appel à un ancien membre du PC communiste (et présentateur météo) pour organiser un festival du vin.

Mais la politique menée à Béziers ne laisse aucun doute sur l’orientation de l’équipe municipale.

 En quelques mois, plusieurs arrêtés municipaux  ont été pris dont le couvre-feu pour les mineurs après 23h, interdiction d’étendre du linge aux fenêtre dans le centre ville. Les effectifs de la police municipale vont êtres augmentés, et ses agents devraient prochainement être armés. En attendant, les policiers municipaux ont pour consigne d’être particulièrement présents en centre-ville. Un centre-ville où l’habitat s’est dégradé, et où vivent donc des populations à bas revenus, et notamment les populations d’origine immigrée qui doivent faire face aux discriminations à l’emploi et au logement...

Une situation proche du centre-ville de Toulon, ville gagnée par le FN en 1996. Là aussi, une politique avait été entreprise en matière d’urbanisme dans le centre-ville, en imposant par exemple un « nuancier  de couleurs  provençales » pour les bâtiments. Même si aujourd’hui la ville de Toulon est dirigée par l’UMP, la politique de reconquête du centre-ville s’est poursuivie, de manière similaire à d’autres communes: les bâtiments dégradés sont vidés de leurs habitants, détruits ou réhabilités, et évidemment, ce ne sont plus les mêmes populations qui y vivent après réhabilitation ou reconstruction, ni les mêmes loyers.

Signalons une autre mesure visant les précaires : la garderie périscolaire est réservée aux enfants dont les deux parents travaillent.

La mesure la plus récente, la suppression des allocations du CCAS (centre communal d’action sociale) en cas d’absence à un "rappel à l’ordre", montre qu’il y a une vraie logique dans les mesures prises par la mairie de Béziers.

Regardons déjà d’un peu plus près en quoi consiste cette mesure de « rappel à l’ordre » (Voirpour les détails http://www.prevention-delinquance.interieur.gouv.fr/fileadmin/user_upload/00-Page_d_accueil/guide_rappel_ordre_2.pdf)

Voici ce que dit la fiche du ministère de l’Intérieur sur cette mesure créée en 2007 : « En agissant sur les comportements individuels et le plus en amont possible, le maire doit avoir pour objectif de mettre un terme à des faits qui, s’ils neconstituent pas des crimes ou des délits, peuvent y conduire…A titre indicatif, peuvent notamment être concernés : l’absentéisme scolaire, la présence constatée de mineurs non accompagnés dans des lieux publics à des heures tardives, les incivilités commises par des mineurs, les incidents aux abords des établissements scolaires, les conflits de voisinage, les bruits ou tapages injurieux ou nocturnes, certaines atteintes légères à la propriété publique, l’abandon d’ordures, déchets, matériaux ou autres objets, la divagation d’animaux dangereux, etc. » Sont également visés les faits passibles de contravention, notamment en cas de non-respect des arrêtés municipaux.

Le maire de Béziers, par ses arrêtés, crée lui-même des occasions de verbaliser, il renforce  aussi la police municipale qui ne va pas manquer de constater des incidents et contraventions, alimentant ainsi les rappels à l’ordre. Le cercle est ainsi bouclé et la machine bureaucratique s'alimente elle-même.

Dans le guide offciel du rappel à l’ordre, rien n’évoque la possibilité de « sanction » pécuniaire prise par le maire. Ce qui est préconisé constitue une optique sécuritaire classique : lien avec le parquet, pour le tenir informé, pour vérifier que les faits n’ont pas déjà donné lieu à une procédure judiciaire ; ainsi que l’orientation vers des dispositifs comme le signalement à des structures partenaires comme l’aide sociale à l’enfance, pour d’éventuelles mesures de suivi.

Les familles convoquées à un rappel à l’ordre se verront donc privées des aides facultatives du CCAS. Cela  tombe bien car, tout comme la précédente municipalité, Ménard baisse de 5 % le budget du CCAS.

On a vu des critiques minimiser les effets de cette mesure (tout en critiquant le fond), en avançant  deux arguments : elle ne concernerait que des aides facultatives, pas les allocations familiales ou le RSA; de plus sa mise en oeuvre nécessiterait de créer un fichier qui pourrait être retoqué par la CNIL.

Ainsi  Jean-Michel Du Plaa, chef de l'opposition municipale de gauche, cité dans le quotidien local, (http://www.midilibre.fr/2014/06/13/crottes-de-chiens-et-linge-au-balcon,1006916.php) déclare: "Il s'agit souvent d'aides d'urgence, versées de façon ponctuelle. Pour sanctionner les bénéficiaires, il faudrait qu'ils ne se présentent pas à un rappel à l'ordre au moment où ils demandent l'aide. Ou alors, il faut ouvrir un fichier pour garder les noms de ceux qui ne se sont pas présentés et les sanctionner a posteriori, lorsqu'ils font une demande. Mais la légalité d'un tel fichier me semble hasardeuse", 

Ce commentaire témoigne d’une mauvaise connaissance du fonctionnement réel du monde de l’action sociale et néglige le manque de moyens de la CNIL bien incapable de contrôler tous les fichiers informatiques,

 De plus le maire de la commune d’implantation, en l'ocurrence Béziers,  peut siéger ou se faire représenter dans les commissions d’attribution des logements sociaux: on en trouve confirmation sur le site du bailleur Hérault Habitat (http://www.herault-habitat.com/traitement_du_dossier.html) ou d’ICF (http://www.icfhabitat.fr/commissions-d-attribution). Sans compter qu’il existe un Office HLM Béziers Méditerranée.

De même, deux infirmières travaillant pour le CCAS de Béziers sont conventionnées pour le suivi santé des allocataires du RSA (http://www.ville-beziers.fr/solidarite-et-sante/actions-sociales/accompagnement-social-de-proximite), et le CCAS est partie prenante du dispositif RSA.

Le CCAS est également habilité à instruire les demandes du Fonds de Solidarité Logement, du Fonds de Solidarité Energie, du Fonds d’Aide aux Jeunes. Instruire les demandes ne signifie pas simplement remplir le dossier et le transmettre: un avis est généralement exprimé, par le travailleur social ou le responsable de la structure, par écrit dans le dossier même et/ou par oral dans la commission d’attribution.

Évidemment, l’argument de l’absence à une convocation pour un rappel à l’ordre ne manquera pas d’être invoqué, le cas échéant. Même sans cela, l’avis du CCAS, qui reflète les orientations de la municipalité (la suppression des aides facultatives a été votée à l’unanimité par le CCAS !) se fait entendre dans de multiples structures, et a donc des conséquences sur la vie des habitants précaires de Béziers.

 Robert Ménard sait jouer sur la haine des minorités: les mesures qu’il a prises n’améliorent pas concrètement la situation sociale et économique des Biterrois, à part une baisse des impôts locaux, dont la moitié des habitants étaient déjà exonérés. Mais stigmatiser les minorités et les précaires, mettre en oeuvre une politique sécuritaire jusque dans le social, voilà qui suffit à réjouir les racistes, tous ceux qui ont adopté le discours sur la fraude et le « parasitisme » social, quand bien ils sont eux aussi bénéficiaires de telle aide ou  de tel dispositif. Robert Ménard se paie même le luxe de jouer la carte de la proximité et de l’accessibilité, en recevant tous les mercredis après-midi des habitants de la ville. Cela dit, si le compte-rendu du conseil municipal du 16 avril fait 85 pages, celui du 27 mai n’en fait plus que 8 et ne reprend que l’intitulé des décisions et les votes, sans le moindre détail.

De quoi compliquer le travail antifasciste d’analyse de la politique concrète menée par la mairie de Béziers. Les informations disponibles proviennent de la communication officielle de la municipalité, comme pour le « rappel à l’ordre », diffusé dans la presse à partir du communiqué du maire, ou du travail de l’opposition, à condition que celle-ci soit active. Reste évidemment la mobilisation de chacun : les conseils municipaux sont publics.  Et au-delà, s’exprimer sur la réalité des politiques menées, sur le quotidien, est important.

Les informations rassemblées ici sont mises à la disposition des associations locales et des habitants (e) s de la ville.

Nous invitons aussi les structures antifascistes locales et les habitants à nous faire part de leurs informations et de leurs mobilisations.

Memorial 98

P.S: Michel Cardoze, ancien membre du PC, ancien présentateur de la météo, vient  de renoncer à sa nouvelle fonction, mercredi 18 juin.


 

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 01:12

Voir les mises à jour en fin d'article:

Jean-Marie Le Pen n’a évidemment pas « dérapé » ni commis un lapsus.

Son « trait d’esprit » consistant à faire une « fournée » pour Patrick Bruel était préparé, comme le montre sa jubilation lorsque son faire-valoir Marie d‘Herbais lui soumet le nom du chanteur

Son "intervieweuse" est d'ailleurs elle-même proche de l’aile la plus la plus antisémite et « quenellière » du FN.

Le Pen connaît très bien Bruel, dont l’opposition au FN est ancienne et de notoriété publique, tout autant que sa judéité. Il ment effrontément en prétendant « n’avoir pas su que Bruel est juif ».

La preuve de ce mensonge est flagrante, car déjà en 1995, il le dénonçait en utilisant son patronyme de naissance Benguigui ainsi que son nom de chanteur, quand Bruel avait décidé de ne pas chanter à Toulon, alors dirigée par le FN : 

« Toulon devra se passer des vocalises du chanteur Benguigui, qui a décidé de ne pas honorer ses contrats. Je ne crois pas qu'on en mourra à Toulon [...]. Ceux qui aiment Patrick Bruel pourront aller dans la ville à côté. Ces jappements de chiots mal lavés et mal élevés n'empêcheront pas le FN de continuer son action politique en faveur des Françaises et des Français, traités comme des parias dans leur propre pays » (Le Pen, 21 juin 1995 http://www.ina.fr/video/CAB95038432 )

Le Pen connaît aussi parfaitement la portée du mot « fournée », prononcé dans un éclat de rire, car il a déjà utilisé le « four » dans cette autre « blague » « Durafour crématoire »  qu’il vient encore de revendiquer le 27 avril dernier à Saint-Étienne. Il y a déclaré ne pas regretter sa "formule banale" sur Michel Durafour.

Pour Le Pen, il s’agit donc non seulement d’antisémitisme, mais d’une aspiration à pouvoir utiliser les méthodes génocidaires du nazisme à l’égard des Juifs ainsi que des Roms, également stigmatisés régulièrement par Le Pen.

Le Pen multiplie d’ailleurs les séquences génocidaires. Ainsi, mardi 20 mai dernier, avant un meeting à Marseille, avec sa fille Marine Le Pen, il déclare à propos de l’immigration africaine: "Monseigneur Ebola peut régler ça en trois mois". "Ça", c'est selon lui, "l'explosion démographique" dans le monde, le "risque de submersion" de la France par l'immigration, "le remplacement de la population qui est en cours", a-t-il expliqué, reprenant les thèmes du xénophobe Renaud Camus. Ebola est un virus qui provoque une fièvre hémorragique. Le virus a déjà  massacré des populations en Afrique et réapparaît ces derniers mois en Guinée. Marine Le Pen l’a défendu en prétendant qu’il s’agissait d’une « réflexion sur les épidémies »

Concernant les Africains, que Le Pen méprise profondément et considère comme des "sauvages", le virus Ebola suffira à les exterminer. S’agissant des Juifs, qu’il hait tout autant, mais considère sans doute  comme plus  difficiles à  éliminer, Le Pen fait appel au génocide actif , au « four », alors même qu’il met en question l’existence des chambres à gaz, d’où provenaient les cadavres brûlés dans les « fours ». Le Pen rejoint ainsi son grand copain Dieudonné, qui avec Faurisson, nie l’existence des chambres à gaz mais voudrait néanmoins que le journaliste Patrick Cohen y soit exécuté.

Dieudonné a d'ailleurs été condamné dès 2009 au Québec pour y avoir diffamé et calomnié Patrick Bruel.

Que cherche le Pen ? 

Même s’il a tout fait pour que sa fille Marine lui succède, le président d’honneur du FN ne renonce pas à  marquer profondément la matrice antisémite de son mouvement.

Sa rancune a certainement été stimulée par les déclarations de différents partis de l’extrême-droite européenne, qui justifient leur refus d’alliance avec par le FN par les déclarations antisémites de son fondateur et président d’honneur. C’est notamment le cas du parti UKIP britannique.

Le Pen rejette aussi la « dédiabolisation » qui impliquerait un jugement négatif sur sa propre carrière.

A l'approche de sa retraite politique, Le Pen tente de justifier son échec personnel en l'attribuant à la puissance du « lobby juif ».

En effet, le fondateur du FN n'a jamais réussi à concrétiser les succès électoraux de son parti, alors qu'il se voyait aux portes de la participation au pouvoir.

Sa présence au deuxième tour de la présidentielle de 2002 est restée sans lendemain.

Même les alliances établies avec la droite lors des élections régionales de 1998 se sont effondrées dans le chaos.

Face à ce bilan d'échec, Le Pen fait appel, avec une violence accrue, à deux explications déjà utilisées à de maintes reprises: celle de la « décadence de la France » et  celle de la responsabilité du « lobby juif » qui a bloqué son ascension. C'est le sens de ses propos dans l'interview du magazine « Bretons »  en Avril 2008 à propos du « point de détail » «... C'est le sujet qui est important, je crois. J'aurais parlé, même de très loin, du génocide vendéen, personne n'aurait été choqué... Est-ce un pays de liberté où une phrase, si contestable soit-elle - et prononcée par un homme public -, mérite 150 millions d’amendes et la mise à l'index de l'individu et de son parti ?" Le Pen cherche  faire passer le message suivant: " j'ai échoué car j'ai osé toucher au tabou de la Shoah; les Juifs m'ont harcelé et marginalisé"

 Cette thématique a déjà été martelée pendant des années, en mettant en cause le patronyme juif des journalistes de l'audiovisuel, en évoquant « l'internationale juive » ou un soi-disant pacte des partis de droite avec la fantasmatique organisation juive Bnai-Brith pour interdire les alliances entre la droite et l'extrême-droite.

 

L’hypocrisie des dirigeants du FN

 

Aucun des dirigeants du FN ne veut dénoncer la nature antisémite et génocidaire des propos de Le Pen; ils critiquent la « forme » de sa déclaration et l’exploitation qui est en faite par les adversaires du FN. Marine Le Pen parle ainsi d'une « faute politique » dont elle serait la victime. Ces dirigeants sont particulièrement irrités par le timing de ces déclarations, en pleine négociation pour la création d’un groupe au Parlement européen. Ils pensaient aussi pouvoir exploiter la tuerie antisémite de Bruxelles afin de minimiser la tradition antisémite et négationniste de leur parti. Marine Le Pen dénonçait, il y a quelques jours, le CRIF qui « manipulerait » les Juifs français et les dresserait contre le FN.

 Racistes, fascistes, antisémites, le Front National et ses agents recruteurs sont à combattre quotidiennement et sur tous les terrains, comme nous l'avons encore fait samedi 7 juin en participant à la manifestation en mémoire de Clément Méric, assassiné par un fasciste il y a un an.

 

 

 

Mise à jour du 18 mai 2018 :

 

Bonne nouvelle: Le Pen débouté face à Ardisson.

 

Jean-Marie Le Pen a perdu le 15 mai le procès en diffamation qu'il avait intenté à l'animateur à propos de la "fournée". En août 2014, sur le plateau de l'émission "Salut les terriens !" ce dernier avait évoqué la condamnation de l'animateur Laurent Ruquier pour avoir montré un arbre généalogique de Marine Le Pen en forme de croix gammée , ce pourquoi Ruquier avait finalement été relaxé en appel.

 

Alors que Robert Ménard présent sur le plateau estimait que cette croix gammée était "à égalité dans le mauvais goût" avec les propos de Jean-Marie Le Pen sur la "fournée" destinée à Patrick Bruel, Thierry Ardisson avait répliqué: "Non, c'est plus grave de dire qu'il faut mettre les Juifs dans les fours que de faire une croix gammée".

 

Les magistrats de la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris ont estimé que si les propos de Thierry Ardisson étaient bien diffamatoires, l'animateur pouvait être relaxé au bénéfice de la bonne foi.

L'animateur disposait d'une "base factuelle suffisante pour évoquer des propos antisémites" de Le Pen ont estimé les juges, à juste titre.

MEMORIAL 98

 

Mise à jour du 5 avril 2018

 

Jean-Marie Le Pen, rejoint le parti européen fasciste Alliance pour la paix et la liberté 

 

Cette formation  compte dans ses rangs le parti néonazi allemand NPD, le parti néofasciste italien Forza Nuova,  allié de la Ligue /Lega aux législatives italiennes du début de mars, et le parti  d’extrême droite tchèque (DSSS, Parti ouvrier de justice sociale). Le Pen est à sa place dans ce ramassis de néo-nazis.

Nous n'oublions pas la complaisance des dirigeants du Front National à son égard, documentée ci-dessous

 

Memorial 98

 

Mise à jour du 27 mars 2018: voir d'autres mises à jour ci-dessous et en fin d'article

Bonne nouvelle judiciaire .

La Cour de cassation a validé  le 27 mars la condamnation de Jean-Marie Le Pen à 30 000 euros d'amende pour avoir de nouveau qualifié les chambres à gaz de "détail" de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale en avril 2015, rendant cette sentence définitive.

La haute juridiction, qui juge la bonne application du droit, a rejeté le pourvoi du cofondateur du Front national qui contestait sa condamnation pour contestation de crime contre l'humanité, prononcée le 1er mars 2017 par la cour d'appel de Paris.

Le 2 avril 2015, au journaliste Jean-Jacques Bourdin, qui lui demandait s'il regrettait d'avoir qualifié les chambres à gaz de "détail", Jean-Marie Le Pen avait répondu : "Pas du tout. Ce que j'ai dit correspondait à ma pensée que les chambres à gaz étaient un détail de l'histoire de la guerre, à moins d'admettre que ce soit la guerre qui soit un détail des chambres à gaz."

Le journaliste l'avait alors relancé, demandant si "des millions de morts" pouvaient être qualifiés de "point de détail". Il avait répondu: "C'est pas un million de morts ( sic NDLR) , c'est les chambres à gaz""moi je parle de choses précises. Je n'ai pas parlé de nombre de morts. J'ai parlé d'un système. J'ai dit que c'était un détail de l'histoire de la guerre", avait insisté l'ancien leader frontiste.

 

Mise à jour du 6 mars 2018 :

Jean-Marie Le Pen procède actuellement à la promotion de ses mémoires. Il est invité dans de nombreux médias. Profitant des tribunes qui lui sont complaisamment offertes il défend ses thèmes éternels. Dans ce cadre il a aussi lancé un nouveau crachat négationniste et antisémite: pour lui les chambres à gaz ont seulement "semble-t-il" été utilisées à Auschwitz. Selon lui il ne s'agit donc pas seulement d'un "détail" mais d'une éventualité douteuse.

Le jour même de cette nouvelle prestation négationniste a été annoncée une bonne nouvelle judiciaire le concernant:  la Cour de cassation a rejeté son pourvoi dans l'affaire de ses insultes contre les Roms ( voir ci-dessous à la date du 17 mars 2017) Elle confirme ainsi l’arrêt de la cour d’appel d’Aix-en-Provence le reconnaissant coupable de provocation à la haine et à la discrimination et le condamnant à verser 5 000 euros d’amende.

 

MEMORIAL 98

Mise à jour du 22 juillet 2017

Louis Alliot soutient Jean Marie Le Pen et considère que la référence à la "fournée" c'est à dire aux fours crématoires des camps d'extermination nazis est un " propos d'opinion" 

Numéro 2 du FN  et  compagnon de Marine Le Pen, Louis Aliot critique le renvoi en correctionnelle de Jean-Marie Le Pen.  Le député FN des Pyrénées-Orientales considère que "poursuivre un homme de 90 ans pour des propos provocateurs est très moyen" 

Louis Aliot ajoute :

"Je pense qu'en France, il y a une liberté d'expression et que ce sont les électeurs qui doivent juger et pas les juges sur ces propos précisément d'opinion"  en quelque sorte.

Et Louis Aliot d'estimer que la justice ferait mieux de s'occuper des "voyous" et des "racailles" qui circulent dans les rues.

Mise à jour du 18 juillet 2017

Jean-Marie Le Pen est renvoyé en correctionnelle pour ses déclarations sur la "fournée" après sa mise en examen le 9 février dernier pour provocation à la haine raciale (voir ci-dessous) Nous attendons une condamnation ferme pour ce multi-récidiviste de la haine et de la violence.

On notera que Jean-François Jalkh, vice-président du FN, est renvoyé devant le tribunal  pour le même motif en tant que directeur de publication du site FN.com où avaient été diffusés initialement ces propos. Or c'est ce même Jalkh que Marine Le Pen avait désigné comme président intérimaire du FN durant la campagne présidentielle , avant que ne soient découvertes ses déclarations niant l'existence de chambres à gaz.  

Memorial 98

Mise à jour du 25 avril 2017:

Pour les besoins de la campagne, Marine Le Pen prétend ne plus être la dirigeante du FN. Mais son remplaçant temporaire à la présidence du parti, Jean-François Jalkh, a défendu des thèses négationnistes en "doutant" de l'utilisation du Zyklon B dans les chambres à gaz.  Il a été très proche de Jean-Marie Le Pen.

Il faut évidemment tout faire afin de battre les fascistes du FN et réduire leur influence électorale. Il s'agit donc de voter massivement pour Emmanuel Macron, sans aucunement approuver son programme ou ses projets.

MEMORIAL 98

Mise à jour du 17 avril 2017 :

La confirmation est venue très rapidement. Le 9 avril dernier Marine Le Pen a tombé le masque et affirmé son antisémitisme. 

Elle veut minimiser la mémoire de Vichy et de la collaboration, car cette mémoire empêcherait la mise en place de la « préférence nationale »    

 Il s'agit manifestement d'un choix stratégique car elle redoublait le propos identique de Florian Philippot tenu quelques jours auparavant
 
Dans l’émission « Le Grand Jury RTL-LeFigaro-LCI » du 9 avril, le journaliste Olivier Mazerolle l’a interrogée sur son programme prônant « la promotion du roman national et le refus de repentance ». Il lui a demandé si Jacques Chirac avait eu tort de prononcer son discours de 1995 sur le Vél’ d’Hiv, dans lequel il avait reconnu la responsabilité de la France concernant la déportation des Juifs de France.  « Je pense que la France n’est pas responsable du Vél’ d’Hiv », a t-elle répondu, se plaçant ainsi en opposition à cette reconnaissance. 
 
MEMORIAL 98

Mise à jour du 10 Mars 2017

Marine Le Pen est parrainée par son père en vue de la présidentielle d'avril 2017. Ce geste s'ajoute donc au prêt de "6 millions" d'euros (voir ci-dessous la signification de ce chiffre)

Depuis les assises du FN à Lyon, le 4 février, le président d'honneur du parti est en effet très satisfait du tournant identitaire et droitier pris par la campagne de  Marine Le Pen: « Il y a un retour à l'orthodoxie de la ligne du FN. Désormais, il pense qu'elle peut se qualifier au second tour », précise un proche

La candidate prétendument "apaisée et dédiabolisée" du FN bénéficie donc du parrainage d'un élu négationniste, antisémite, condamné plusieurs fois pour ses propos dans ce sens. Ainsi pour Marine Le Pen également, les chambres à gaz ne sont qu'"un détail de l'Histoire"

 

Actualisation du 1er mars 2017

La cour d'appel de Paris a confirmé ce 1er mars la condamnation de Le Pen à 30 000 euros d'amende pour avoir qualifié les chambres à gaz de "détail" de l'histoire.  Il y a moins de deux ans, le 2 avril 2015, face au journaliste Jean-Jacques Bourdin qui lui demandait s'il regrettait d'avoir qualifié les chambres à gaz de « détail », Jean-Marie Le Pen avait répondu : « Pas du tout. Ce que j'ai dit correspondait à ma pensée que les chambres à gaz étaient un détail de l'histoire de la guerre, à moins d'admettre que ce soit la guerre qui soit un détail des chambres à gaz. »

La veille de sa condamnation à Paris, le 27 février, la cour d'appel d'Aix-en-Provence l'a de nouveau reconnu coupable de provocation à la haine et à la discrimination pour des propos sur des Roms tenus à Nice lors d'une conférence de presse en 2013:  "Vous avez quelques soucis, paraît-il, avec quelques centaines de Roms qui ont dans la ville une présence urticante et disons odorante. Ceci n'est que le petit morceau de l'iceberg", avait notamment déclaré Jean-Marie Le Pen."Ce sont des termes que je maintiens parce que je les ai pensés", a--t-il déclaré.

Le prêt des " 6 millions" d'euros à sa fille en revêt une signification encore plus sinistre. La prétendue dédiabolisation du FN apparaît encore plus comme une farce au moment où Marine Le Pen elle-même tient des propos fascisants dans un discours à Nantes le 25 février.

Elle menace directement les juges et tous les fonctionnaires. En cas où elle accéderait au pouvoir, elle purgerait la Fonction publique de ceux qu'elle décréterait comme manquant de "patriotisme". Le succès de Trump monte à la tête de la cheffe du FN. 

Le danger est grave et imminent.

Actualisation du 13 février 2017

Jean-Marie Le Pen a été mis en examen le 9 Février pour provocation à la haine dans l'affaire de la "fournée".

Rappelons qu'il finance la campagne présidentielle de sa fille par un "prêt" de 6 millions d'Euros. On peut d'ailleurs s'interroger sur cette somme de 6 millions: chiffre au hasard ou allusion codée et négationniste aux nombre de morts juifs de la Shoah, dont il considère qu'il s'agit d'un "détail" ? Il s'agirait alors d'une illustration supplémentaire de l'obsession antisémite et négationniste du fondateur et président d'honneur du Front National.

Nous avions révélé en 2007 lors de la campagne présidentielle que la référence constante de Le Pen aux " trois grands-parents étrangers" de Sarkozy constituait une référence directe et  codée au statut des Juifs de 1940 édicté par Pétain.

Marine Le Pen connait évidemment tout cela et la signification du chiffre des 6 millions. Dans son enfance son père lui avait déjà interdit ainsi qu'à ses autres enfants de regarder la série télévisée « Holocauste ». Malgré cela, elle a conservé le nom et l'idéologie du parti fondé par son père et d'autres nostalgiques de Pétain. De la même manière elle a sollicité le financement par Jean-Marie Le Pen et accepte volontiers ses "6 millions".

Actualisation du 25 octobre 2016

Jean-Marie Le Pen n'est plus protégé par son immunité parlementaire européenne, et pourra être jugé par la justice française, notamment dans l'affaire Bruel (voir ci-dessous). Les eurodéputés ont en effet estimé le 25 octobre que les faits reprochés au président d'honneur du Front national -des propos concernant plusieurs artistes et plus particulièrement Patrick Bruel - n'avaient pas de lien avec son activité parlementaire. Ils ont donc accepter de lever son immunité.

C'est la quatrième fois que l'immunité parlementaire de Jean-Marie Le Pen, qui siège à Strasbourg depuis 1984, est levée. Elle l'avait été en décembre 1989, à la demande de la France, pour avoir surnommé Michel Durafour, alors ministre du Travail, "Durafour crématoire". En mars 1990, elle l'a été pour des propos sur "l'internationale juive". Le Pen l'avait également perdue en octobre 1998 à la demande de l'Allemagne, lorsqu'il avait qualifié les chambres à gaz nazies de "détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale".

Suite à cette décision logique, Le Pen en rajoute dans l'insulte  sur Twitter, en dénonçant "la lâcheté parlementaire" . "En effet, c'est à main levée que mon immunité parlementaire a été levée, dans l'affaire de la fournée : une vraie fournée de larves".

Nous demandons et attendons que Le Pen le multi-récidiviste soit enfin condamné à une peine de prison ferme et ne bénéficie pas encore une fois du sursis, comme ses proches acolytes Soral, qui l'héberge sur son site, et Dieudonné

Memorial 98

 

Voir ici plusieurs articles qui analysent l'antisémitisme du FN:

Le Pen : l’antisémitisme jusqu'au bout.

L’escalade antisémite de Dieudonné : décryptage

Le Pen et le "détail": décryptage

Le Pen et Dieudonné: la grande famille des antisémites.

Le Pen et les "3 grands-parents étrangers" de Sarkozy

Le Pen s'en prend aux enfants, dans la lignée de Laval

L'antisémitisme "drôle" de le Pen

Marine Le Pen: un dérapage?

Un suicide pour appeler à la violence

Copé/Fillon: le démon des origines

Collard insulte la mémoire des enfants d'Izieu

 

 

 

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