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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Retrouvez aussi le quotidien de l'info antiraciste sur notre blog d'actus :

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Sur les réseaux sociaux : 

    

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Pour correspondre avec nous, nous proposer des articles ou des informations,

pour toute question : 

contact@memorial98.org

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 22:46

Sur Facebook suivez l'actualité quotidienne de la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme de Memorial 98 à l'adresse http://www.facebook.com/groups/348947755137242/

 Nous tenons à faire connaître le plus largement possible cet exemple de mobilisation unitaire en Lorraine contre Dieudonné et sa propagande. C’est un premier pas qui représente un exemple de rassemblement antiraciste et antifasciste. Les sections et fédérations locales de ces associations, partis et syndicats dans les autres villes et départements ainsi que leurs coordiantions nationales pourraient et devraient  s’inspirer de cette unité afin d'agir. L'exemple de Metz démontre qu'au delà de leurs débats et différences d'approche, les organisations et les personnes peuvent se retrouver pour une action contre la supercherie de Dieudonné et de ses alliés d'extrême-droite.


Post-scriptum: un rassemblement a bien eu lieu sur la place de la Préfecture à Metz; voir le reportage link

2e Post-scriptum (25/1/14):  Mobilisation aussi à Limoges ce soir , avec une référence forte à la résistance au nazisme. La région limousine fut à la fois le siège de massacres particuliers (Oradour, Tulle) et un haut-lieu de la Résistance.

link

MEMORIAL 98

 

 

 

LA MOSELLE N’EST PAS RACISTE

 

Communiqué commun à : LICRA, MRAP, SOS Racisme, LDH, Réseau Education Sans Frontières Metz, ISM Est, Couleurs Gaies, ACAT Marly, Cercle Jean Macé, CRIF, Bnai Brith, CFDT, FSU, UNSA, UNEF, MJS, PS, PCF, Re-génération

 

"Tous les citoyens sont les garants de la démocratie et des droits de l’homme.

 

Si la liberté d’expression est infiniment précieuse, la loi prévoit qu’elle ne peut être utilisée pour bafouer et mettre en danger ces droits. Le racisme et l’antisémitisme font partie des ces fléaux qui peuvent, l’histoire l’a montré, remettre en cause l’humanité dans son essence même.

 C’est pourquoi, nous, associations et organisations démocratiques, nous ne pouvons nous taire dans le débat national actuel. Dieudonné, ancien comique, est devenu le représentant emblématique de milieux d’extrême droite qui, à travers lui, font revivre publiquement l’idéologie antisémite la plus ignoble. Son succès, appuyé tantôt sur la naïveté, tantôt sur la perversité, ne peut nous laisser indifférents.

 La justice l’a déjà maintes fois condamné et nous appelons les instances de l’Etat à prendre les mesures nécessaires pour garantir la vie en commun dans la République.

 

Pour notre part, nous utiliserons tous les moyens démocratiques pour donner l’occasion aux citoyens de montrer leur attachement aux valeurs fondamentales de notre société.

 

 

Signatures :

 

LICRA, MRAP, SOS Racisme, LDH, RESF, ISM Est, Couleurs Gaies, ACAT Marly, Cercle Jean Macé, CRIF, Bnai Brith, CFDT, FSU, UNSA, UNEF, MJS, PS, PCF, Re-génération

 

 

Suite au communiqué ci-dessus, publié cette semaine, des associations réunies ce soir 15 janvier 2014 ont décidé de procéder à un

 

Dépôt de gerbe symbolique,

 

le dimanche 19 janvier à 16h,

 

Place de la préfecture à METZ,

devant la plaque qui rend hommage aux résistants morts pendant la deuxième guerre mondiale.

Le texte suivant sera lu :

 « Tous les citoyens sont les garants de la démocratie et des droits de l’homme. C’est à ce titre qu’aujourd’hui des associations et des organisations démocratiques rendent hommage, devant cette plaque, aux innombrables victimes de la barbarie nazie.

 

  Les idées racistes et antisémites ne doivent plus avoir droit de cité dans notre société, sous quelques prétextes ou forme que ce soit.

 

Notre vigilance sera sans faille et nous prendrons d’autres initiatives pour défendre et faire prévaloir les valeurs humanistes fondamentales, unis pour la liberté, l’égalité et la fraternité. »

 

Toutes les personnes et structures qui se sentent concernées sont invitées à faire circuler cette invitation à y participer.

Samedi 18 janvier 2014.
Post-scriptum: un rassemblement a bien eu lieu sur la place de la Préfecture à Metz; voir le reportage link
Voir aussi
A voir aussi l'enquête de Canal + sur Soral qui confirme tout à fait la posture et la fonction  politique de Soral et Dieudonné: ramener des électeurs  vers le FN. link

 

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 23:05

En pleine affaire Dieudonné, nous publions un article à caractère  historique de l’association Memorial 98. Sa première parution date de juin 1998 dans la revue antifasciste « Mauvais Temps »(éditions Syllepse).

Ce texte intitulé « Un siècle de combats contre l’antisémitisme » rend compte de la continuité  de ce combat et aussi de ses difficultés au sein de la gauche. Il accompagne aussi la création de  l’association Mémorial 98.

Notre association avait organisé le 17 janvier 1998 sa première activité publique : une journée d’étude retraçant les relations complexes entre la gauche et la lutte contre l’antisémitisme.

En ce cent seizième anniversaire de la mobilisation du 17 janvier 1898, ce texte garde toute  son actualité et inspire notre engagement contre le racisme, l’antisémitisme et tous les négationnismes.

C'est aussi l'occasion d'appeler nos lecteurs et ceux qui se reconnaissent dans ses combats à faire connaître ce blog et ses articles. Le blog est complété par un groupe Facebook qui vit au rythme de l'actualité quotidienne et permet de partager de nombreux débats et informations.

Si vous visitez ce blog pour la première fois, nous vous proposons de vous y abonner afin de recevoir tous les articles à leur parution.

 

Memorial 98  

 

Le centenaire de la parution du J'accuse de Zola (le 13 Janvier 1998) a donné lieu à de nombreuses commémorations et prises de position.

On connaît moins l'engagement des militants de gauche qui se jetèrent très tôt dans la bataille pour la défense de Dreyfus, contre l'antisémitisme et le nationalisme.

Le 17 janvier 1898, quatre jours après la publication par Émile Zola de son J'accuse, protestant contre la condamnation de Dreyfus, au paroxysme de ce qu'il était alors convenu d'appeler l'Affaire, les antisémites ripostaient violemment.

Dans toute la France des cortèges, pogromistes déferlaient sur les quartiers juifs aux cris de « Conspuez Zola! » et de « Mort aux juifs! ». A Paris une réunion publique était programmée par l'aile la plus dure de l'antidreyfusisme, dans la salle dite du Tivoli‑Vauxhall; plusieurs milliers de personnes s'y pressaient.

Une centaine de militants ouvriers parisiens, allemanistes et anarchistes principalement, vinrent apporter une contradiction musclée à ce meeting.Les orateurs prévus dont Dubuc, président de la jeunesse antisémite, Jules Guérin, président de la Ligue antisémitique de France et directeur du journal l'"Antijuif", ne purent ce soir-là déverser leur poison en toute liberté. L'estrade fut prise d'assaut et la grande messe antijuive tourna court.

Cette action connut à l'époque un important retentissement; elle figurait en première page de tous les quotidiens parisiens et fut fièrement revendiquée par ses initiateurs. Ce sursaut fut, dans le mouvement ouvrier de l'époque, la première réaction publique de rejet de l'antisémitisme, alors que l'extrême droite tentait comme aujourd'hui, souvent dans les mêmes termes, d'orienter sa propagande vers les milieux populaires.

Un siècle, jour pour jour après ces événements, l'association Mémorial 98 a voulu rendre hommage à ces pionniers de la lutte antiraciste et réfléchir à cette occasion aux rapports entre le mouvement ouvrier et le combat contre l'antisémitisme.

Il ne s'agissait néanmoins pas d'une commémoration.

En effet, deux années plus tôt en 1996, alors que le mouvement des sans‑papiers se développe avec le soutien de la notoriété de l'abbé Pierre, débute l'affaire Garaudy. Cet ancien dirigeant du Parti communiste fait paraître aux éditions de la Vieille Taupe, spécialisées dans le négationnisme, un livre, qui sous prétexte de dénoncer « les Mythes fondateurs de la politique israélienne », reprend tous les clichés négationnistes. Le scandale s'aggrave lorsque l'abbé Pierre déclare son soutien à Roger Garaudy et multiplie les prises de position antisémites. On apprend à cette occasion que depuis plusieurs années il a défendu ce genre de thèses.

Militants antiracistes engagés dans le soutien aux sans‑papiers, nous sommes alors surpris par la gêne, voire la complaisance qui se manifeste à l'égard de l'abbé. Son discours antisémite est traité ‑ y compris par ceux qui sont en principe les plus vigilants dans la lutte contre le racisme - comme un dérapage, une foucade un peu obscène mais pas très grave.

C'est à ce moment que se cristallise le projet qui devait mener à la création de l'association Mémorial 98.

Notre attention avait déjà été attirée sur cette première mobilisation ouvrière contre l'antisémitisme par quelques phrases d'une brochure de l'organisation Alternative libertaire intitulée « La mauvaise conscience » et qui traitait de l'antisémitisme dans la gauche.

Ce document reprenait les informations de Michel Winock (« La gauche et les juifs » paru dans Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France)1 qui décrit ainsi la situation en janvier 1898 :

« Le 19 janvier après que les poursuites ont été lancées contre Zola un manifeste est lancé par 32 députés socialistes qui se déclarèrent "au-dessus de la mêlée". Les élections législatives devaient avoir lieu en mai 1898, Or les socialistes parlementaires sont sensibles à la pénétration des mots d'ordre nationalistes et antisémites dans les couches populaires.

C'est moins du côté du Parlement qu'on retrouve le premier foyer de résistance au nationalisme et les premiers bataillons dreyfusards que dans les tendances antiparlementaires du mouvement ouvrier: dans le groupe dit allemaniste et dans les colonnes de son journal "Le Parti ouvrier" et chez les anarchistes qui entourent Sébastien Faure et le Libertaire. Dès la fin de l'année 1897 ils ont fait leur choix [...]. Le 17 janvier, Jules Guérin ayant organise une réunion antisémite les anarchistes de Faure et les allemanistes pren­nent d'assaut l'estrade et dispersent la réunion. »

Le mouvement ouvrier français a longtemps hésité à s'engager dans la bataille démocratique et antiraciste. L'évolution de ses dirigeants vers la cause dreyfusarde n'est pas linéaire.

La gangrène antisémite a largement touché le mouvement ouvrier français du XIXe siècle. Bien entendu, elle était antérieure à celui-ci et n'avait pas épargné la philosophie des Lumières. Voltaire rédigeait ainsi l'article « Juifs » de son Dictionnaire philosophique: « Vous ne trouverez en eux qu'un peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition". »

Néanmoins, la Révolution a reconnu dès 1789 les Juifs comme citoyens français, puis a émancipé ceux d'Alsace et de Lorraine en 1791. Sous Louis‑Philippe, la presse souligne la fortune colossale accumulée par la famille Rothschild, à laquelle on ne tarde pas à assimiler tous les Juifs...

Un antisémitisme à prétention sociale allait dès lors renforcer l'antisémitisme d'origine chrétienne.

Des figures marquantes du mouvement ouvrier français cèdent à la tentation d'amalgamer le Juif et l'usurier, ou d'habiller leur antisémitisme d'un sentiment athéiste. Proudhon, un des pères de l'anarchisme français, écrit à propos de la « race juive » :

« Demander son expulsion de France, à l'exception des individus mariés avec des Françaises; abolir les synagogues, ne les admettre à aucun emploi [...]  Le Juif est l'ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie ou l'exterminer  »2

Le jeune Marx lui‑même tient un discours douteux dans La question juive écrite en 1844 alors qu'il séjournait en France:

« L'argent est le dieu jaloux d'Israël, devant qui nul autre dieu ne doit subsister, »

En 1891, un délégué juif américain demande au congrès international socialiste de Bruxelles de condamner l'antisémitisme. Mais la motion retenue renvoie dos-à-dos « les excitations antisémitiques et philosémitiques ». C'est notamment à la demande de deux délégués français que ce dernier mot a été ajouté.

Édouard Drumont, l'auteur antisémite du best-seller absolu de l'époque "La France juive", n'hésite pas à se parer d'un vocabulaire anticapitaliste :

« Avec le sémite, tout part de la Bourse, tout revient à la Bourse, toute action se résume à une spéculation. [...] Sur qui pèse le régime actuel? Sur l'ouvrier révolutionnaire et sur le conservateur chrétien. L’un est atteint dans ses intérêts vitaux ; l'autre blessé dans ses croyances les plus chères. »3

 

DU CÔTÉ DES ANARCHISTES...

 

Lorsque commence l'affaire Dreyfus, les anarchistes français sont affaiblis par la répression. Beaucoup d'entre eux sont contaminés par l'antisémitisme à prétention sociale. En novembre 1894, au début de l'affaire Dreyfus, Pouget écrit dans son journal "Le Père peinard" :

« Un youtre alsacien, Dreyfus, grosse légume au ministère de la Guerre, a bazardé un tas de secrets militaires en Allemagne. Ohé, bourgeois, ne vous épatez donc pas; les militaires ont ça dans le sang. »4

Les anarchistes qui, comme Bernard Lazare, défendent la cause de Dreyfus sont au début très isolés. Pourquoi défendre un officier, fils de bourgeois... et un « youtre » ?

Bernard Lazare s'engage aux côtés de Dreyfus dès le début de 1895, bien avant Zola, Il essaye de convaincre les autres révolutionnaires d'en finir avec leurs préjugés dans un texte intitulé : « Antisémitisme et révolution ». Mais il faut attendre janvier 1898 pour que le mouvement anarchiste commence à basculer, notamment grâce à Sébastien Faure. Dans son journal, "Le Libertaire", celui-ci écrit : « Dreyfus est l'enchaîné de vos lois, monde chrétien et société bourgeoise! ». En février, il répond à Pouget que l'affaire Dreyfus « porte à l'ordre du jour la question sociale toute entière dans ses complexités ». Peu à peu, Émile Pouget et d'autres libertaires finissent par s'engager dans ce que Jean Grave, dirigeant anarchiste, appelle «la lutte entre clarté et obscurantisme». Mais Sébastien Faure sera, après coup, l'objet de nombreuses critiques de la part de ses camarades qui lui reprocheront une « compromission avec les partis politiques  ».

LES SOCIALISTES : DE L’ABSTENTION AU DREYFUSISME

Le socialisme français est fortement divisé à cette époque. Le Parti ouvrier français de Guesde et de Lafargue est le plus organisé. Les socialistes révolutionnaires d'Allemane, implantés dans le mouvement syndical, viennent de se séparer des possibilistes de Brousse. Millerand incarne l'aile droite du mouvement, les socialistes indépendants. Depuis 1893, une quarantaine de socialistes sont députés; parmi eux Jaurès, Guesde et Millerand.

Tous ont longtemps rechigné à s'engager, à l'exception des allemanistes et notamment de Lucien Herr qui mobilisera largement les intellectuels aux côtés de Dreyfus.

Avant l'affaire Dreyfus, Jaurès entretenait des relations somme toute cordiales avec des antisémites notoires comme Drumont et l'ancien communard Rochefort. En mai 1895, à l'issue de courtes vacances en Algérie et après la condamnation et la déportation de Dreyfus à l'île du Diable, Jaurès publie deux articles dans La Dépêche de Toulouse; il écrit : « Sous la forme un peu étroite de l'antisémitisme se propage en Algérie un véritable esprit révolutionnaire »,. Et Jaurès de reprendre à son compte les arguments du lobby antisémite contre la « puissance juive ». Il n'a vu que « l'usure juive » qui réconcilie contre elle «  l'Européen » et « l'Arabe ».

Lorsque Zola lance son "J'accuse", le 13 janvier 1898, les choses vont évoluer... mais lentement. Le Parti ouvrier socialiste révolutionnaire d'Allemane s'est engagé dès décembre 1894 contre le conseil de guerre qui avait condamné Dreyfus.

« Étrangère à l'antisémitisme, c'est la coopérative d'impri­merie, dirigée par Allemane, qui publie en 1898 la belle Lettre des ouvriers juifs de Paris au Parti socialiste français : cessez de nous prendre pour des Rothschild! »5

Comme on l'a vu, les parlementaires socialistes n'en sont pas du tout là. Le plus droitier d'entre eux, Millerand, ne se ralliera au camp dreyfusard qu'au tout dernier moment, le 31 août 1898, après le suicide du commandant Henry, auteur confondu du faux accablant Dreyfus; la révision du procès devenant inévitable, le pragmatique Millerand s'y rallia.

L'évolution de Jaurès est plus rapide, mais non exempte d'ambiguïtés. En juin 1898, déjà acquis à la cause dreyfusarde, il déclare encore :

« Nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n'est pas par la fièvre du prophétisme, nous savons bien qu'elle manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de cor­ruption et d'extorsion. Mais nous disons, nous : ce n'est pas la race qu'il faut briser; c'est le mécanisme dont elle se sert, et dont se servent comme elle les exploiteurs chrétiens. »6

L'adhésion au dreyfusisme n'évacue pas tout antisémitisme.

Alors que Jules Guesde l'« orthodoxe » a vu dans J’accuse « le plus grand acte révolutionnaire du siècle », son parti publie néanmoins, fin juillet 1898, un manifeste qui tranche : « Les prolétaires n'ont rien à voir dans cette bagarre ». Seules comptent la lutte de la classe et la révolution sociale.

Derrière ce discours simpliste, se cache la déception électorale de mai 1898 : Jaurès et Guesde ont été battus dans leurs circonscriptions, alors que Drumont est élu à Alger sur la base d'une campagne dont les thèmes sont à la fois « républicains » et antisémites : « Vive l'Armée! Vive la République! À bas les juifs! ».

L'antidreyfusisme ouvrier persiste, notamment chez les travailleurs de l'habillement concurrencés par le nouveau prolétariat juif originaire d'Europe central. Et « l’on compterait 10 % d'ouvriers, en particulier des cheminots, parmi les 100 000 premiers adhérents de la Ligue de la patrie française »7.

Tout de même, l'ensemble du mouvement socialiste finira par entrer dans la bataille. Le mouvement ouvrier pèsera de tout son poids contre les ligues nationalistes, dans un contexte de remontée de la combativité : entre 1898 et 1900, le nombre de jours de grève passe de 1,2 à 3,7 millions. Dans les manifestations dreyfusardes, « les prolétaires font masse, ils contribuent, avec les étudiants, à dynamiser » le mouvement8.

Dreyfusard très tardif, Millerand deviendra ministre du Bloc des gauches. Il s'attachera à convaincre Jaurès de se contenter d'une grâce présidentielle et d'abandonner la bataille pour la révision du procès.

L'affaire Dreyfus a montré que la lutte contre le racisme ou pour les droits de l'homme en général n'était pas étrangère à la lutte des classes. Dreyfusard de la première heure, Bernard Lazare écrira en 1901 :

« On ne pourra Jamais détruire l'antisémitisme; on pourra momentanément en enrayer les manifestations violentes, mais on le verra réapparaître selon les circonstances. Le Juif est trop nécessaire aux peuples chrétiens, l'antisémitisme trop utile pour les possédants, les chefs d'État, les dirigeants des nations chrétiennes. Le Juif n'existerait pas pour qu'on puisse détourner sur lui les colères de ceux dont'on spolie et sauver ainsi les coffres‑forts qu'ondoya l'eau du baptême, qu'assurément on l'inventerait.  »9

Notes:

1) WINOCK (Michel), « La gauche et les juifs », Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France, Points Histoire, Le Seuil.

2)PROUDHON (P.J.), Carnets, 1858.

3)DRUMONT (Édouard), La France juive, 1886.

4)CRANIGUES (Jean), « Les anarchistes », L'Affaire Dreyfus de A à Z, sous la direction de M. Drouin, Flammarion, 1994.

5)REBÉRIOUX (Madeleine), « Jaurès et les socialistes », L'Affaire Dreyfus de A à Z, op. cit.

6)Ibid note 1.

7)PIGENET (M.), « Les ouvriers et leurs organisations » in L'Affaire Dreyfus de A à Z, op. cit.

 8) Ibid.

9)ORIOL (Philippe), « Bernard Lazare », L'Affaire Dreyfus de A à Z, op cit.

voir aussi ces articles qui représentent une petite sélection parmi 334 articles publiés depuis 2007: 

Dieudonné : au-delà de la quenelle, l’escalade meurtrière.

Dieudonné: " la guerre c'est la paix" , et autres saluts nazis non-inversés

9 Novembre: commémoration du 76ème anniversaire de la Nuit de Cristal

Rwanda: enfin une stèle du souvenir à Paris.

17 octobre 1961: pour la vérité historique, contre le racisme.

Zemmour réhabilite Pétain: pour qui, pourquoi?

D'où viennent les jeunes djihadistes?

Retrait de l'école: l'entreprise politique et commerciale des JRE

De Brahim Bouarram à Clément Méric, l'ordinaire de l'indulgence judiciaire pour les militants d'extrême-droite.

" Dans un lycée de prestige, un antisémitisme d'une certaine classe".

Ghetto de Varsovie: 70 ans après la révolte

Génocide des Tutsi : pour une reconnaissance des responsabilités françaises

Hitler ? Pff, une banalité ! ... par Souâd Belhaddad

Michel Slitinsky: hommage à un combattant.

La rafle du Vel d’Hiv et la mémoire de la Shoah

Srebrenica : la brûlure de la mémoire

Badinter : la confusion des arguments

Rwanda : une claque aux négationnistes

Génocide arménien: la justice enfin?

Antisémitisme: le double anniversaire du 3 Octobre

Le centenaire d'Hergé, antisémite et collaborateur des nazis

 

MEMORIAL 98

 

 

 

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 01:26

 

Quelle est la différence entre la déclaration du maire UDI de Cholet, Bourdouleix,  éructant en juillet dernier contre les gens du voyage: « "Hitler n'en a peut-être pas tué assez » et celle de Dieudonné éructant  dans son  théâtre, à propos du journaliste à patronyme juif Patrick Cohen: « Moi, tu vois, quand je l'entends parler, Patrick Cohen, j'me dis, tu vois, les chambres à gaz… Dommage. » ?

La vraie différence est que Dieudonné est un multirécidiviste et que ses propos sont diffusés à grande échelle.

Face à l’emballement médiatique et institutionnel en cours et afin de déterminer les axes de la riposte antiraciste, la première question qu’il faut se poser est la suivante : pourquoi Dieudonné radicalise-t-il à nouveau son propos en appelant à l’extermination du journaliste Patrick Cohen dans une chambre de gaz (dont il a par ailleurs nié l’existence, avec son ami Faurisson)  ? 

Voici les propos de Dieudonné : « Tu vois, lui, si le vent tourne, je ne suis pas sûr qu'il ait le temps de faire sa valise », commence Dieudonné, accoudé à un comptoir de briques. « Moi, tu vois, quand je l'entends parler, Patrick Cohen, j'me dis, tu vois, les chambres à gaz… Dommage. » Rires dans la salle. 

 

 4 raisons  expliquent cette escalade:

 

1) Depuis 2001 Dieudonné a sans cesse procédé ainsi, en testant et en lançant de nouvelles provocations

Dieudonné n'est pas du tout un bouffon, même s'il utilise des techniques tirées de cet univers.

Il poursuit un combat politique dont la motivation essentielle est l'antisémitisme et, de manière de plus en plus ouverte,  la référence à l'univers nazi.

Au passage il construit son empire médiatique et économique, dont la gestion donne lieu à concurrence et dénonciations.

Au moins depuis les attentats du 11 septembre 2001, après lesquels il a déclaré son admiration pour Ben Laden, Dieudonné n'a plus cessé de radicaliser  un propos s'inscrivant dans la tradition antisémite et complotiste de l'extrême-droite française et européenne.

En même temps il se réjouissait du soutien que lui apportaient les "idiots utiles" qu'il méprise tant et à qui il jetait parfois un os à ronger, sous forme d’ « antisionisme » ou de « bataille pour la liberté d’expression » ( voir Tariq Ramadan avec Dieudonné et Soral : vers l'antisémitisme?).

Notons que Dieudonné n'est absolument pas motivé par le sort du peuple palestinien et par ses aspirations légitimes. Il soutient ainsi actuellement, avec tous ses amis fascistes, le régime syrien de Assad qui massacre les Palestiniens, notamment ceux du camp Yarmouk de Damas.

Le geste de la quenelle, d’emblée et explicitement antisémite, (sous le vocable « antisioniste » en l’occurrence purement cosmétique) lui a apporté une visibilité inespérée.

Son usage est devenu  systématique lors des apparitions publiques de Dieudonné au cours de la compagne de la «liste antisioniste», explicitement antisémite, qu’il a présentée en Ile-de-France lors des européennes de 2009, au côté d’Alain Soral, ex-plume de Jean-Marie Le Pen, devenu gourou idéologique de l’ex-humoriste.

A l’époque, Dieudonné se réjouissait ainsi: « l’idée de glisser ma petite quenelle dans le fond du fion du sionisme est un projet qui me reste très cher», «, comme il l’avait déclaré à Libération.

Lors de cette même campagne, le financier de l’entreprise , Yahia Gouasmi, porteur des 3 millions d’euros fournis par le régime de Téhéran (dixit Soral lui-même) déclarait notamment: « : A chaque divorce, moi je vous le dis, il y a un sioniste derrière….» ce qui démontre évidemment qu'il ne s'agit pas de quelconques "sionistes" mais bien des Juifs de France et d'Europe ( voir  Interdire les listes de Dieudonné ? )

2) Dieudonné surfe sur la radicalisation de la droite réactionnaire qui a manifesté contre le mariage gay.

Dieudonné le « libertaire » a ainsi qualifié le mariage gay de: «projet sioniste qui vise à diviser les gens" . Il  reprend d’ailleurs, dans le même" spectacle" filmé par "Complément d'enquête", les attaques animalières contre Christiane Taubira qu’il traite de « sheetah », comme les plus extrémistes des anti-mariage gay.

3) Il se sent surtout conforté par les sondages favorables au Front National et les perspectives de percée de celui-ci lors des prochains scrutins.  

Le Front National est le parti de Dieudonné au moins depuis 2006 (voir Dieudonné, Faurisson, Le Pen : décryptage. )

Cela a débuté par Bruno Gollnisch, le négationniste qu'il défend officiellement et ouvertement depuis mars 2005 et de JM Le Pen à qui il va rendre visite officiellement à la fête du FN en 2006, avant de l’honorer comme parrain de son enfant (Le Pen et Dieudonné: la grande famille des antisémites.)

Le Pen et Golnisch ainsi que Florian Philippot le lui rendent bien; Golnisch vient encore de faire la propagande de Dieudonné lors d’une séance du Conseil régional de Rhône-Alpes (qu’il a co-dirigé avec Charles Milon en 1998 ) en concluant par une référence codée  mais claire au fameux  « détail » des chambres à gaz ( écoutez bien ses derniers mots)  . 

Le seul parti dont Dieudonné et Soral sont proches est le Front National. Soral a été membre de son comité central sur intervention directe de Jean-Marie Le Pen; leur propagande antisémite trouve son débouché politique parmi les militants et sympathisants de ce parti et dans la propagande "souterraine" que ceux-ci développent sur ce thème.

Au-delà de la prétendue "dédiabolisation" affichée par Marine Le Pen, l'antisémitisme demeure puissamment ancré dans les représentations portées par le nationalisme et la xénophobie du FN.

De nombreuses remontées de terrain nous parviennent sur un antisémitisme très répandu parmi les jeunes qui gravitent autour du FN, associée à une islamophobie omniprésente.

Un autre témoignage public dans ce sens est celui porté par le député Modem Jean Lassalle qui a réalisé un "Tour de France " et qui le raconte. Il note la présence de la "parole antisémite liée à l'argent" http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/12/13/jean-lassalle-depute-modem-et-temoin-du-rejet-de-l-autre_4333792_823448.html

4) Dieudonné  se sent aussi conforté par l’impunité dont il jouit avec son acolyte  Soral qui vient de publier un livre de débat avec la vedette télévisuelle Eric Naulleau, partenaire de Zemmour.

 Face à cette situation inquiétante, correspondant à une poussée de l’extrême-droite en Europe, nous en appelons à une mobilisation immédiate de toutes les forces antiracistes et antifascistes, attachées à la lutte pour l’égalité et au refus de l’antisémitisme et du néo-nazisme, afin de se rassembler localement et nationalement.

Le collectif unitaire qui a appelé aux rassemblements après l’assassinat de Clément Méric par un membre du groupe de Serge Ayoub, ami et complice de Dieudonné, le collectif qui a organisé récemment  les manifestations du  30 novembre (voir Contre le racisme : mobilisation unitaire le 30 Novembre! ) doivent  prendre des initiatives unitaires sous toutes les formes : rassemblements, manifestations, pétitions.

Nous soutenons toutes les démarches locales visant à s’opposer aux « meetings d’extrême-droite » que représentent désormais les prestations de Dieudonné, comme à Orléans avec le collectif antifasciste du Loiret voir http://www.youtube.com/watch?v=qCRwylZNK8w&feature=share et http://comiteantifa45.blogspot.fr/2013/10/dieudonne-orleans-pas-de-zenith-pour.html.

Avec eux nous exigerons des maires qu’ils prennent des mesures contre ces manifestations de haine et d’apologie du nazisme.

Nous n’allons pas commenter sans fin les déclarations d'un Ministre de l'Intérieur, par ailleurs pas très propre sur lui, qui promet d'interdire tous les spectacles de Dieudonné comme il a promis il y a six mois de s'en prendre au site d'Alain Soral ( Egalité et Réconciliation, qui est toujours là), comme il a promis il y a deux mois de s'en prendre sévèrement et pour de bon aux discours racistes ( le site Fdesouche est toujours là).

La démarche de Valls est un coup de pub, car il sait très bien qu'il ne peut pas y avoir d'interdiction générale des réunions de Dieudonné, même une loi nouvelle serait censurée par le Conseil Constitutionnel.

C’est au mouvement social, aux associations unies, de prendre l’offensive et par la même occasion d’éradiquer la puanteur antisémite qui traîne depuis si longtemps dans la société française.

voir aussi sur ce site: 

Extrême-droite: récidive violente.

Marine Le Pen: un dérapage?

Extrême-droite : assez de crimes, assez de violences !

Un suicide pour appeler à la violence.

Peste brune : non à la parade de l'extrême-droite le 12 mai

Pour repousser l’extrême droite : passer à la vitesse supérieure

30 janvier 1933 : le désastre. Hitler ?

Pff, une banalité ! ... par Souâd Belhaddad

Le Pen et le "détail": décryptage

Le Pen manipule la mémoire et les banlieues

et par nos amis d'Opération Poulpe

link 

voir aussi

http://www.slate.fr/story/4903/comment-dieudonn%C3%A9-est-devenu-antis%C3%A9mitisme-fn-soral


 

 

Albert Herszkowicz pour

Memorial 98 

 

 

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 23:46

 

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« L’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui, depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles… Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès. »

Il s'agit du passage le plus connu et le plus répugnant du discours de Sarkozy à Dakar le 26 juillet 2007; en voici un autre extrait : «  La colonisation n'est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l'Afrique. Elle n'est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n'est pas responsable des génocides. Elle n'est pas responsable des dictateurs. Elle n'est pas responsable du fanatisme. Elle n'est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n'est pas responsable des gaspillages et de la pollution…. »

Ainsi, Sarkozy qui a prononcé ces phrases méprisantes et méprisables, participera aux obsèques de Nelson Mandela, en tant qu'invité de François Hollande. On peut se demander comment celui qui dès 2007 a insulté l'Afrique toute entière dans ce discours de Dakar qui faisait la leçon aux Africains "non entrés dans l'Histoire" a le culot d'aller se pavaner à l'enterrement de Nelson Mandela qui symbolise l'inverse absolu de la morgue  sarkozyste (voir Sarkozy: service minimum sur la Shoah et insultes pour les Africains ) .

Mais l'ancien président nous a habitué à ses perverses tentatives de récupération auprès d'un Aimé Césaire encore vivant  ou carrément en direction de personnages décédés qui ne pouvaient donc pas échapper à ses manipulations: Jaurès, Guy Moquet et tant d'autres... et maintenant Melson Mandela

(voir Guy Moquet et l'"identité nationale": contre la manipulation

Sarkozy salit la mémoire de Guy Moquet .

Résistants des Glières contre Sarkozy  

Les obsèques de Nelson Mandela constitueront dans leur partie internationale un grand rendez-vous de l’hypocrisie politique en raison de la présence de chefs d’Etat et de gouvernements qui mettent en œuvre des politiques totalement contraires aux idéaux d’égalité et de lutte contre l’apartheid.

Sarkozy figurera très haut dans ce classement de l’infamie avec dans sa besace la création d’un Ministère de l'Identité nationale et de l’Immigration (voir Identité nationale : comment l’idée vint à Eric Besson!  le discours de Grenoble contre les Roms (voir  Pourquoi les Roms ? Décryptage) et son acharnement à ne pas reconnaître la responsabilité des autorités françaises dans les crimes coloniaux et dans la déportation des Juifs de ce pays

voir Sarkozy jette aux orties la reconnaissance de la participation de la France à la Shoah

Sarkozy boycotte le 8 Mai

 

Honte à Sarkozy!


MEMORIAL 98

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 22:11

 

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Face au déferlement de propos et d’actes racistes, un rassemblement d’organisations syndicales et d’associations de défense des droits de l’homme s’est formé et appelle à organiser des « Marches contre le racisme » le samedi 30 Novembre, partout dans le pays (voir texte d'appel ci-dessous). Nous nous joignons à cette initiative que nous souhaitions et appelons tous nos lecteurs à participer à ces marches.

Il s’agit bien sûr de montrer que nous sommes très nombreux à rejeter la xénophobie, mais aussi d’affirmer les revendications d’égalité des droits portées par le mouvement antiraciste. Il s’agit notamment du refus des expulsions touchant des jeunes scolarisés ici et le retour de ceux qui ont été expulsés, du droit de vote des étrangers, de la régularisation des sans-papiers, du refus des discriminations.

30 ans après la grande marche pour l'Egalité de novembre-décembre 1983, ce combat est toujours aussi actuel et vital.

Alors que l’extrême-droite se gargarise déjà de ses succès à venir, il est important que se rassemble un front antiraciste et antifasciste. Celui-ci doit poursuivre son activité commune au delà de la marche unitaire du 30. Mais  pour l’instant il reste 10 jours afin de réussir le rendez-vous du 30 Novembre.

Merci de diffuser largement cet appel autour de vous.

Memorial 98

voir sur ce site  Extrême-droite: récidive violente.

Marine Le Pen: un dérapage?

Halte à la Valls des expulsions!

23 juin: journée nationale antifasciste.

Extrême-droite : assez de crimes, assez de violences !

Premier mai: agir contre la xénophobie en Europe.

Antifascisme: regroupement des forces

 

 

Marchons contre le racisme

 

Appel unitaire à manifester le 30 novembre.

 

Un climat nauséabond s’installe dans notre pays. Le garde des Sceaux, Ministre de la Justice, Christiane Taubira, a subi ces dernières semaines des attaques racistes venues de temps obscurs que l’on croyait révolus. Les déclarations racistes d’une candidate du Front national, les invectives d’enfants, téléguidés par leurs parents, traitant la ministre de la Justice de « guenon », sont une souillure pour la République.

 

Ces propos attaquent frontalement des millions d’êtres humains originaires d’Afrique, des Caraïbes, des Amériques, de l’Océan indien, citoyens français ou non et dont les aïeux ont été jadis martyrisés du fait de leur couleur de peau. Ils constituent une atteinte violente contre toutes et tous car ils visent au cœur le pacte républicain.

 

Nous condamnons solennellement cette dérive raciste, de même que les actes et propos qui en ont permis la maturation. Nous n’admettons pas que des millions de personnes soient déniées dans leur humanité et leur citoyenneté, que ce soit en raison de leurs origines, de leur situation sociale, de leur culture, de leur religion... Nous ne supportons pas que des boucs émissaires soient désignés comme les responsables de nos maux et comme des menaces sur notre avenir.

 

Alors que la France doit affronter les énormes défis liés à la dégradation économique, au chômage et aux inégalités, face à ceux et à celles qui veulent aviver les souffrances sociales, les peurs et les colères, nous nous dressons pour affirmer avec force : la République n’a d’avenir qu’égale, solidaire et fraternelle.

 

C’est pourquoi nous appelons toutes celles et tous ceux qui ont à cœur les valeurs de l’humanité, toutes celles et ceux qui veulent opposer l’égalité et la fraternité aux visages hideux du racisme à participer à une marche le 30 novembre 2013 à Paris, dont le rendez-vous est donné à 14h30, place de la République, ainsi que partout en France métropolitaine et dans les Dom.

 

Signataires :

 Collectifdom - CM 98

Ligue des droits de l’Homme - Licra - Mrap - SOS Racisme

CFDT - CFTC - CGT - FSU - UNSA - Union syndicale Solidaires UEJF (Union des étudiants Juifs de France) - FIDL - UNEF - UNL - UFAT (Union Française des associations Tziganes) - R=(Respect) - EGAM - FNASAT - Banlieues du Monde - France Terre d’asile - Ni Pute Ni soumise - Collectif des écrivains nègres - Association ultramarine de France - Les amis du PPM en France - Haut Conseil des Maliens de France - Association pour la Promotion de la Langue et de la culture Soninké (APS) - Association culturelle de musulmans de Drancy - Conseil de Coordination des organisations arméniennes - La Maison des potes - Mémorial 98 - Le Syndicat des Avocats de France (SAF) - Le Syndicat de la Magistrature - Les Marianne de la diversité - RESF - Fédération des Mutuelles de France - Mouvement pour la paix - Fondation Copernic - SNES - FCPE - CIMADE - SNEP - SNUEP - DAL (Droit au logement) - Ligue de l’enseignement

 

Paris, le 19 novembre 2013

 

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 21:29

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L’extrême-droite a tenté à nouveau de s’imposer par la violence lors de l’anniversaire de la fin de la 1e guerre mondiale.

Pourtant, la  date du 11 novembre sonne la condamnation absolue de la logique du nationalisme guerrier qui constitue l’essence de ses positions.

C’est au nom de ces « valeurs »  que des dizaines de millions de personnes ont été massacrées dans cette guerre barbare.

C’est un militant d’extrême droite qui  assassine Jean Jaurès le 31 juillet 1914,  alors que celui-ci tente, à sa manière, de stopper la marche à la guerre qui éclatera le 3 août. Le 14 juillet, au congrès extraordinaire de la SFIO (parti socialiste) il avait soutenu la motion qui préconisait l’appel à la grève en cas de conflit imminent : « plutôt l’insurrection que la guerre », à quoi Jaurès ajoute que cette grève devra être « simultanément et internationalement organisée ».

 Cette position lui vaut d’être attaqué par le journal des classes possédantes Le Temps, qui le 18 juillet l’accuse de soutenir la "thèse abominable qui conduirait à désarmer la nation, au moment où elle est en péril"

Le tueur de Jaurès est Raoul Villain, adhérent de la Ligue des jeunes amis de l’Alsace-Lorraine, groupement d’étudiants nationalistes, partisans de la guerre et proche de l’Action française royaliste. Il est arrêté et déclare avoir agi en solitaire pour « supprimer un ennemi de son pays ». Sans avoir jamais vu Jaurès, il s’est peu à peu mis en tête de tuer  « le traître, l’Allemand » 

Cette thèse de l’acte isolé est reprise telle quelle dans l’acte d’accusation dressé le 22 octobre 1915.

Pourtant depuis de longs mois, voire des années, la presse nationaliste et les représentants des Ligues « patriotes » (comme Léon Daudet ou Charles Maurras) s’étaient déchaînés contre les déclarations pacifistes de Jaurès et son internationalisme. Ils l’avaient désigné comme l’homme à abattre, en raison de son engagement passé en faveur du capitaine Dreyfus. Les déclarations assassines abondent dans les semaines précédentes son assassinat. Ainsi dans l’Echo de Paris du 17 juillet :

 « Dites-moi, à la veille d’une guerre, le général qui commanderait […] de coller au mur le citoyen Jaurès et de lui mettre à bout portant le plomb qui lui manque dans la cervelle, pensez-vous que ce général n’aurait pas fait son plus élémentaire devoir ? »

Raoul Villain est incarcéré en attente de son procès durant toute la Première Guerre mondiale... Il ne sera jugé qu’en 1919, dans un climat d’ardent nationalisme. C'est ainsi qu'il est acquitté le 29 mars 1919 par onze voix sur douze, un juré ayant même estimé qu’il avait rendu service à sa patrie : « Si l’adversaire de la guerre, Jaurès, s’était imposé, la France n’aurait pas pu gagner la guerre. » La veuve de Jaurès est condamnée aux dépens (paiement des frais du procès).

En réaction, Anatole France écrit : « Travailleurs, Jaurès a vécu pour vous, il est mort pour vous. Un verdict monstrueux proclame que son assassinat n’est pas un crime. Ce verdict vous met hors la loi, vous et tous ceux qui défendent votre cause. Travailleurs, veillez ! » Une manifestation est organisée le 6 avril suivant par les sections socialistes et syndicales de Paris pour protester contre le verdict et honorer Jaurès le pacifiste. 100 000 personnes défilent, et les affrontements avec la police causent deux morts.

Après la mort de Jaurès, une grande partie la gauche française se rallia à la guerre au nom de « l’Union Nationale » et sous le prétexte de lutter contre les régimes impériaux. Certains des « antimilitaristes » les plus irréductibles basculent. Ainsi, le journal La Guerre sociale de Gustave Hervé sort une édition spéciale avec trois titres : " Défense nationale d'abord !, Ils ont assassiné Jaurès, Nous n’assassinerons pas la France."  À la salle Wagram, le 2 août, à la réunion du Parti socialiste qu’avait convoquée Jaurès avant sa mort, Édouard Vaillant, le vieux révolutionnaire de la Commune, déclare : « En présence de l’agression, les socialistes rempliront tout leur devoir. Pour la Patrie, pour la République, Pour l’Internationale ».

La guerre éclate le 3 août.

Le 4 août au matin, les obsèques officielles de Jaurès sont célébrées. C’est la première manifestation officielle de l’Union nationale. Léon Jouhaux, le secrétaire général de la CGT lance un appel aux armes. Il prononce ces mots funestes et hypocrites :

 « Jaurès a été notre réconfort dans notre action passionnée pour la paix; ce n’est pas sa faute si la paix n’a pas triomphé. […C’est celle des empereurs d’Allemagne et d’Autriche-Hongrie…]. Nous prenons l’engagement de sonner le glas de vos règnes. Avant d’aller vers le grand massacre, cet engagement, je le prends au nom des travailleurs qui sont partis, et de ceux qui vont partir. »

 On connaît la suite, la destruction et le massacre, puis l'apocalypse fasciste et nazie.

100 ans après, le combat contre le nationalisme et le chauvinisme, pour la solidarité internationale, demeurent d'une actualité brûlante.

voir

9 Novembre : 75 ans après la « Nuit de Cristal »

Extrême-droite : assez de crimes, assez de violences !

Peste brune : non à la parade de l'extrême-droite le 12 mai

Après les manifestations du 12 mai : poursuivre la mobilisation.

Un suicide pour appeler à la violence.

30 janvier 1933 : le désastre.

Mémoire de lutte contre l'antisémitisme: 110 ans après (Jaurès et l'affaire Dreyfus)

Deux livres recommandés (Jaurès et la lutte arménienne)


 Memorial 98

 

 

 

 

 

 

 

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 14:18

 

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Le terme de « Nuit de Cristal » est censé évoquer le bruit des vitres des magasins appartenant à des propriétaires juifs, brisées lors des manifestations anti-juives de la nuit du 9 novembre 1938 sur  tout le territoire du Reich allemand. Mais ce terme est fort douteux car il minimise la portée de ce qui s’est déroulé lors de cette nuit ; il évacue les morts, les incendies, les destructions de synagogues, les déportations qui ont lieu. Le terme de  « Novemberpogrome » (pogrom de novembre) utilisé dans des publications allemandes est plus explicite.

 

Nuit de Cristal: les SA et la Gestapo en action

 

Les nazis guettaient une occasion pour lancer une étape supplémentaire de ce qui deviendra, selon leur terminologie, la « solution finale du problème juif en Europe ».

Le premier acte en sera un vaste pogrom organisé dans tous les territoires sous domination allemande, destiné à terroriser les populations juives et à les forcer à quitter l'Allemagne.

L'attentat à Paris contre le conseiller d’ambassade allemand Vom Rath leur offre un prétexte idéal.

 Herschel Grynzspan était un jeune Juif polonais qui, le 7 novembre 1938, dans un geste de protestation contre le sort des Juifs en Allemagne et l'expulsion de milliers d'entre eux vers la Pologne, avait abattu à Paris le conseiller d'ambassade Vom Rath.

 

Hitler prépare alors une mise en scène destinée à démontrer que les Allemands du Grand Reich sont menacés par les Juifs. Le quotidien du parti nazi le "Völkischer Beobatcher", dirigé par  Goebbels, écrit ainsi le 8 novembre, alors que Vom Rath est encore vivant :

  "…Il est clair que le peuple allemand tirera les conclusions de cette nouvelle action. On ne peut plus tolérer que des centaines de Juifs règnent encore à l'intérieur de nos frontières sur des rues entières de magasins, qu'ils peuplent nos lieux de distractions, que des propriétaires étrangers empochent l'argent des locataires allemands tandis que leurs frères de race incitent au-dehors à la guerre contre l'Allemagne et tuent des fonctionnaires allemands"

 

Parallèlement, dès le 8 novembre, les nazis prennent la précaution de confisquer chez les Juifs  tout objet que ceux-ci pourraient utiliser pour se défendre.

 Lorsque Vom Rath décède, le 9 novembre, l’organisation de la terreur est en place.

 Au moment où la nouvelle parvient à Hitler, ce dernier se trouve à Munich, avec la « vieille garde » des Sections d’assaut du parti nazi (SA). Ils sont réunis comme chaque année pour commémorer la tentative de putsch nazi de 1923.

 Contrairement aux habitudes, Hitler quitte l'assemblée sans prononcer de discours et déclare:

"Il faut laisser le champ libre aux SA (Sections d'Assaut)"

 C'est Goebbels, ministre de la Propagande, qui se charge d'annoncer publiquement le décès de Vom Rath devant l'assemblée des SA, et également d'inciter au pogrom.

 Les principaux chefs nazis quittent ensuite la réunion à 23 heures et téléphonent des instructions à leurs sections régionales.

 Pour les SA, il s'agit d’abord  d'incendier les synagogues, sans laisser les pompiers intervenir, sauf pour empêcher la propagation du feu vers les maisons alentour, de détruire les magasins juifs, et d’y apposer des pancartes  "Mort à la juiverie internationale" ainsi que de tuer sur place les Juifs trouvés en possession d'une arme.

 Dans le même temps, un message secret est diffusé dès 23 h 55 depuis la direction de la Gestapo (police secrète d’Etat) de Berlin à tous ses services locaux.

 Pour la Gestapo, il s'agit d'incendier les synagogues, mais d'empêcher les pillages, de mettre en lieu sûr les archives trouvées dans les synagogues, de préparer l'arrestation de 20 à 30 000 Juifs parmi les plus fortunés, de traiter avec une « extrême rigueur » les Juifs trouvés avec des armes.

 Dans son Journal, Goebbels confirme qu'il présente un rapport sur la situation à Hitler; ce dernier décide de laisser les manifestations se poursuivre et donc de faire retirer la police.

  Goebbels commente : « Les Juifs doivent sentir pour une fois la colère du peuple. »

  Goebbels décrit ensuite précisément son action, il donne des ordres, motive les indécis. Il est ovationné par les dirigeants du parti. Tous se précipitent sur leurs téléphones. Le bataillon des SA « Hitler » part attaquer les Juifs de  Munich.

Selon les directives de Goebbels, la seule réserve est de ne pas apparaître en tant qu'organisation officielle. La fiction de la « réaction populaire » doit être maintenue.

 Aussi, les SA et les SS s'habillent en civil et passent à l'acte dès 1 heure de matin.

Du nord au sud de l'Allemagne, incluant l'Autriche annexée, synagogues, maisons communautaires, asiles de vieillards, hôpitaux juifs, maisons d'enfants, logements privés et magasins juifs subissent l'assaut.

Les synagogues sont pillées, saccagées, détruites, incendiées, sans que les pompiers n'interviennent, se contentant d'empêcher la propagation des incendies aux maisons alentour. Des groupes de SA attaquent les magasins juifs qui sont facilement reconnaissables, depuis qu'une ordonnance nazie a exigé que le nom du propriétaire soit peint sur la vitrine en grandes lettres.

La teneur des messages des chefs de SA et de celui de la Gestapo montre  l'existence d'un véritable plan d'ensemble dont l'instigateur est Hitler lui-même.

 Le silence officiel de Hitler et Goebbels lors des événements des 7 et 8 novembre confirme ce plan : officiellement, il ne s’agit pas d’une action organisée par l’Etat mais d’une explosion de colère populaire contre les Juifs.

 Dans son journal, Goebbels écrit à propos de l'attentat, lorsqu'il relate la journée du 8 novembre : « A Paris, un juif polonais du nom de Grynzspan a tiré dans l'ambassade sur un diplomate allemand Vom Rath, le blessant grièvement. Il voulait venger les Juifs. La presse allemande jette maintenant des hauts cris. Nous allons mettre les points sur les i... En Hesse, grandes manifestations antisémites. On brûle des synagogues. Si seulement on pouvait déchaîner la colère du peuple ».

 

Les conséquences

 

En Allemagne, 2000 à 2500 personnes ont trouvé la mort lors du pogrom ou dans les camps de concentration vers lesquels elles ont été expédiées. Lorsque trois mois plus tard, certains sont libérés, c'est à la condition d'émigrer immédiatement. Rendus responsables du pogrom, les Juifs d'Allemagne devront verser collectivement une amende d'un milliard de marks, et devront payer eux-mêmes les réparations, sans pouvoir bénéficier des indemnisations dues par leurs assurances. Des milliers de Juifs d'Allemagne, privés de tous leurs biens, tentent de traverser clandestinement les frontières et d'obtenir le statut de réfugiés politiques dans les pays avoisinants.

 

En France

 

 Lors de la conférence internationale d'Évian de juillet 1938, réunie pour tenter de trouver des lieux d'asile notamment pour les réfugiés juifs et qui a abouti à un échec, le gouvernement français a exposé sa position négative : la France ne veut plus accueillir de réfugiés.

 Par ailleurs, lors des accords de Munich le 30 septembre de la même année, la France a cédé aux exigences allemandes. Une partie de la Tchécoslovaquie, les Sudètes sont annexées au Reich nazi, la paix est « sauvée ». La France tourne le dos ouvertement à ses principes  de pays de droits de l'homme, car le gouvernement recherche à tout prix l'apaisement avec son voisin allemand, notamment à travers  des négociations secrètes menées par Georges Bonnet, ministre des affaires étrangères depuis le 10 avril 1938. Bonnet ne veut pas que les évènements de la Nuit de Cristal compromettent sa politique. Il choisit d'ignorer le rapport de George Von, nouvel ambassadeur de France à Berlin, qui lui écrit : "Le traitement infligé en Allemagne aux Juifs que les nazis tentent d'extirper complètement, comme des bêtes malveillantes, éclaire la grande distance qui sépare la conception hitlérienne du monde du patrimoine spirituel des nations démocratiques". Bonnet sera ensuite pétainiste, membre du Conseil national de Vichy.

 

La France est ainsi la seule grande démocratie à ne pas dénoncer officiellement les massacres perpétrés dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938.

 

 De plus, le 12 novembre 1938, deux jours après la Nuit de Cristal, une loi autorise en France l'internement des "indésirables" dans des camps de concentration. Les réfugiés juifs allemands et autrichiens entrés illégalement en France sont désormais directement menacés et seront internés puis plus tard livrés aux nazis.

 

Mussolini avait pris les devants

 

Quelques semaines avant la Nuit de Cristal, des "lois raciales" dirigées notamment contre les personnes de religion juive sont proclamées par Mussolini le 18 septembre 1938 depuis le balcon de l'hôtel de ville de Trieste, ville où vivait l'une des plus importantes communautés juives d'Italie.

 

Le spectre de la Shoah

 

À compter de 1938, le cadre de l’extermination de masse des Juifs, déjà présent dans les premiers programmes du parti nazi dès les années 1920 et dans le livre "Mein Kampf "( Rééditer Mein Kampf ?) , se profile à l’horizon. Il sera martelé par Hitler le 30 janvier 1939 dans un discours au Reichstag :

« Aujourd’hui, je serais encore un prophète : si la finance juive internationale en Europe et hors d’Europe devait parvenir encore une fois à précipiter les peuples dans une guerre mondiale, alors le résultat ne serait pas la bolchevisation du monde, donc la victoire de la juiverie, au contraire, ce serait l’anéantissement de la race juive en Europe »

 

Voir sur ce site :

30 janvier 1933 : le désastre.

Hitler ? Pff, une banalité ! ... par Souâd Belhaddad

Nuit de cristal : 70 ans après Terrible Autriche

Ghetto de Varsovie: 70 ans après la révolte.

Michel Slitinsky: hommage à un combattant.

La rafle du Vel d’Hiv et la mémoire de la Shoah

Allemagne: qui protège les néos-nazis?

Collard insulte la mémoire des enfants d'Izieu

Les nouveaux amis d'Hitler.

Le Pen : l’antisémitisme jusqu'au bout.

Antisémitisme: le double anniversaire du 3 Octobre

Simone Veil: tragique méprise

Benoît XVI : le pape révisionniste.

voir sur l'excellent site PHDN link

 

MEMORIAL 98



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 00:57

 

Dans sa déclaration sur les otages libérés (link) Marine Le Pen n’a pas « dérapé ».

Elle a pensé pouvoir réaliser un coup d’éclat, voire révéler un « complot médiatique » qui aurait dissimulé la conversion à l’Islam des otages, ce qui à ses yeux constituerait la turpitude suprême et aurait d’ailleurs mérité selon elle qu’on laisse pourrir en captivité ces otages devenus des traîtres.

 

Dans le contexte actuel, qui a vedettarisé la présidente du FN, il s’agit d’un emballement qui mélange ses 2 thématiques principales: la recherche permanente du « complot » et la croisade contre les musulmans.

Elle s’est jetée sur  l’image des otages « barbus » dans l’espoir de souffler sur les braises de la haine des musulmans. Il y a certes matière à comprendre l’enchaînement des rumeurs et de la paranoïa dans son entourage  qui a cru déceler ce « complot » maquillé en « malaise » mais le fond de commerce est déjà établi.

Le Front National et tous les partis d’extrême-droite se sentent en guerre contre une partie de la population de la planète et de notre pays. En décembre 2010, à Lyon, Marine Le Pen avait déjà fait appel à une rhétorique de guerre contre les musulmans qui occuperaient le territoire en établissant un parallèlle avec le souvenir de l’Occupation et donc du nazisme Elle avait  déclaré,  en référence aux prières musulmanes,  : “... Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la seconde guerre mondiale, s’il s’agit de parler d’occupation, on pourrait en parler pour le coup. C’est une occupation de pans de territoire. Certes, il n’y a pas de blindés, il n’y a pas de soldats, mais elle pèse sur les habitants.”
(voir Qui veut se faire piéger par Marine Le Pen ? )

Les tactiques de Copé et Fillon.

 

Face à cette explosion de la parole lepéniste, Copé joue sa carte: il sait que le FN mène campagne contre lui personnellement en raison de ses doubles origines juives et roumaines, comme le montrent aujourd’hui les révélations sur la page Facebook d’un responsable FN, candidat FN aux municipales à Mitry Mory (77).

Le Parisien a relevé jeudi 31 octobre 2013 ces propos, tenus à l'égard de Jean-François Copé (link :) « Copelovici de son vrai nom », se moque un internaute, quand un autre affirme : « on ne mange pas de porc chez ces gens-là ». La page Facebook du candidat frontiste, dont Le Parisien a fait une capture d'écran, a depuis disparu.

 

Copé sait  aussi que Jean-Marie Le Pen a mené campagne contre les « 3 grands-parents étrangers de   Sarkozy »  en 2007. Nous avions montré à l‘époque qu’il s’agissait d’une référence codée au statut des Juifs, instauré par Pétain et prévoyant l’exclusion de la vie publique pour ceux qui avaient 3 grands-parents juifs (voir Le Pen et les "3 grands-parents étrangers" de Sarkozy

Le Monde cite Mémorial 98.)

Copé  prétend  donc  condamner  et marginaliser le FN tout en reprenant ses thèmes, y compris les plus abjects, comme le droit du sol et le fameux « pain au chocolat »

(Copé : au-delà de la provocation

Copé: le visionnaire facho.)

Il s’agit pour lui de reproduire la tactique Sarkozy de 2007, dite de la "droite décomplexée" ( Sarkozy et le Front National: une liaison dangereuse ) .

François Fillon développe une tactique différente mais tout aussi cynique: après avoir voué le FN aux gémonies, il est maintenant prêt à appeler à voter pour lui contre un candidat PS.

Il fournit ainsi des gages au parti lepéniste. Il ne craint pas de campagne FN contre sa personne et prévoit des accords avec l’extrême-droite d’abord au plan local puis sans doute au plan national. Il se place dans la continuité de Giscard d'Estaing et Balladur considérés  par le Front National comme "hommes de dialogue" (voir  Balladur et Sarkozy: de la préférence nationale à l'Identité nationale

L’UMP s’est ainsi transformée en un abcès putride dont la décomposition nourrit le Front National.

L'importance de l'activité d'explication antiraciste et antifasciste s'en trouve décuplée.

 voir aussi Marine Le Pen récidive contre Eva Joly.

Le Pen : l’antisémitisme jusqu'au bout.

A propos du parcours de Copé voir aussi:

Copé/Fillon: le démon des origines

Nationalité : Copé et l’UMP en embuscade.

Sarkozy et Copé aux côtés du Front National.

Woerth, Copé et le Front National : décryptage

Succès du Front National: quelles conséquences?

 

MEMORIAL 98

 

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 23:59

 

Léonarda Dibrani

 

 

Les mobilisations qui se sont développées ces derniers jours autour des cas de jeunes expulsés représentent d’ores et déjà un acquis important de la lutte anti-raciste.

L’ampleur atteinte par la révolte contre les expulsions de Léonarda Dibrani et Khatchik Kachatryan, constitue un tournant dans l’attitude d’une partie importante de la jeunesse et de la gauche à l’égard de la politique du ministre de l’Intérieur, soutenu en sous-main par Hollande.

 

 

La mobilisation des enseignants de Pontarlier, les manifestations de lycéens ont rapidement mis en accusation la « ligne Valls-Hollande », déjà ébranlée par des prises de position antérieures au sein du Parti socialiste et  des Verts membres du gouvernement.

Les mots d’ordre des lycéens furent limpides : «  Halte à la Valls des expulsions, Valls démission, retour immédiat de Khatchik (il s’agit du lycéen arménien expulsé qui constitue le premier motif de leur mobilisation et dont les médias parlent peu) et de Léonarda ».

Les revendications des enseignants de Pontarlier mobilisés pour Leonarda et les autres enfants de la famille Dibrani sont tout aussi claires:

 

" Nous, professeurs du collège André Malraux et du lycée Toussaint Louverture (de Pontarlier NDLR), sommes profondément choqués par les méthodes utilisées pour renvoyer des enfants issus de la minorité rom vers des pays qu'ils ne connaissent pas et dont ils ne parlent pas la langue. Nous, professeurs du collège André Malraux et du lycée Toussaint Louverture, sommes choqués de voir comment les efforts d'intégration fournis par ces enfants à l'école sont réduits à néant par des politiques aveugles et inhumaines.

Nous demandons le retour immédiat des enfants en France pour leur sécurité.

Les enseignants du collège André Malraux et du lycée Toussaint Louverture "

 

 

Ces mobilisations sont, à nos yeux, beaucoup plus importantes pour l’avenir que l’opération de communication qui s’est organisée autour de Manuel Valls pour justifier la mauvaise action commise contre Leonarda , contre Khatchik et contre tant d’autres.

Rien n’aura été épargné : la publication d’un rapport à caractère policier sur la vie de sa famille, la mise en cause de son père censée justifier l’expulsion de la fille, le défi lui enjoignant de revenir seule alors que qu’elle a été descendue de son car scolaire, prétendument au nom de  regroupement familial d’expulsion.

Il s’agissait et il s’agit toujours de déshumaniser des jeunes en voie d’intégration et de les projeter dans un collectif décrit comme louche et menaçant.

Il faut rappeler que Valls avait entamé une véritable guerre policière et idéologique contre les Roms et contre les valeurs de la gauche, y compris celles proclamées auparavant par le  Parti socialiste, en déclarant le 24 septembre dernier : « Ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation» «C’est illusoire de penser qu’on règlera le problème des populations roms à travers uniquement l’insertion… pas d’autre solution que de démanteler ces campements progressivement et de reconduire (ces populations) à la frontière «les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie » 

 

Il avait aussi organisé une opération de communication par une déclaration de soutien à son action signée par des maires membres du PS. Il s’agissait d’une escalade aggravant l’ action entamée dès sa nomination (voir Roms : les mauvaises actions du gouvernement. )

Au sein même du gouvernement la réponse de Montebourg (qui depuis prétend soutenir Valls et approuver ses mesures)  fut alors  immédiate : « je considère qu'il n'existe pas de théorie selon laquelle tel peuple, telle personne de telle origine ne pourrait jamais au grand jamais s'intégrer. On a dit ça des Italiens, on a dit ça des Espagnols, on a dit ça des Portugais, on a dit ça des Arabes. Décréter par avance que c'est impossible me paraît excessif et mérite d'être corrigé.» 

 

D’autres dirigeants socialistes ont marqué, plus ou moins clairement, leur désaccord avec Valls alors que Hollande le soutient. Il pratique ainsi de la même manière que Lionel Jospin qui approuva les imprécations de Chevènement contre les sans-papiers et des « sauvageons » et se retrouva éliminé du 2e tour de la présidentielle de 2001, au profit de Le Pen.

 

 

Ceux qui mènent campagne pour que la gauche applique une politique dure contre les étrangers au prétexte de la lutte contre la progression de Marine Le Pen dans les sondages et les urnes nous entraînent vers une catastrophe encore plus grande. Accepter les règles et les diktats de l’adversaire xénophobe constitue non seulement une faute morale, mais aussi la garantie de l’échec et le signe qu’on ne croit pas à ses propres idées.

Dans les mois à venir, il est plus que jamais nécessaire de soutenir les associations anti-racistes, de dénoncer la récidive de la droite qui veut détruire le droit du sol en transformant des milliers d’enfants en  apatrides

(voir nos articles détaillés qui rappellent l'historique des tentatives de la droite et du Front National sur ce terrain  Copé : au-delà de la provocation

Nationalité : Copé et l’UMP en embuscade.

 

 

Un enjeu particulier est de démonter minutieusement le danger que représente le Front National. Ce parti d’extrême-droite, raciste et antisémite, vient encore de s’illustrer par le énième dérapage d’une de ses candidates assimilant Christiane Taubira à un singe, alors même que Marine Le Pen prétendait interdire le qualificatif "extrême-droite" à propos de son parti.

Pour notre part, nous nous y emploierons, avec les associations antiracistes (voir déclaration link) avec le Réseau Education Sans Frontières (site link ) avec la Coordination Nationale contre l’Extrême droite (CONEX) dont nous sommes membres (voir Antifascisme: regroupement des forces ) .

voir aussi

Avec les Roms : rendez vous à la Bastille 5 et 6 octobre 

Estrosi : aux origines de la haine.

Un suicide pour appeler à la violence.

Premier mai: agir contre la xénophobie en Europe.

Danger: les dirigeants européens encouragent le racisme 

 

Memorial 98

 

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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 22:21

Alors que le Front National menace, il est important que la commémoration du 17 Octobre constitue cette année un rappel de ce que furent réellement le colonialisme et le racisme. Memorial 98 s’associe comme chaque année au rassemblement unitaire au pont Saint-Michel à Paris, appelle à y participer et soutient aussi toutes les autres initiatives, notamment à Nanterre et Bezons. Nous rappelons particulièrement le rôle joué par le préfet de police Papon, qui avait déjà contribué à la déportation des Juifs de Bordeaux. Sa carrière de massacreur « de bureau » s’est conclue par une certaine impunité puisqu’il ne purgea même pas sa peine. 

 (voir 17 Octobre: la mémoire d'un massacre à Paris

17 Octobre 1961 : 50e anniversaire du massacre des Algériens.

Mort de Papon: hommage à Michel Slitinsky

Sarkozy encense Maurice Druon, ami et soutien de Papon

Druon : mort d’un soutien de Papon.

Michel Slitinsky: hommage à un combattant.

 

Sur Facebook suivez l'actualité quotidienne de la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme de Memorial 98 à l'adresse http://www.facebook.com/groups/348947755137242/ 

Memorial 98  

Appel pour le 17 octobre 2013

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par Maurice Papon, préfet de police de Paris. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés –notamment par la "force de police auxiliaire" - ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrême des forces de police.

52 ans après, la Vérité est en marche. Cependant, la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menées, - en particulier la Guerre d’Algérie - non plus que dans le cortège de drames et d’horreurs qu’elles ont entraînés, comme ce crime d’Etat que constitue le 17 octobre 1961. L’an dernier, le Président de la République a certes fait un premier pas important, en déclarant "Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes." Mais le terme de crime n’est pas repris, et la responsabilité, sous-entendue, n’est pas clairement définie, Certains osent encore aujourd’hui continuer à parler des "bienfaits de la colonisation", à célébrer le putsch des généraux à Alger contre la République, à "honorer" les criminels de l’OAS.

Dans ce domaine, il est donc nécessaire que des mesures significatives soient prises :

- Redéfinition de la "Fondation pour la mémoire de la Guerre d’Algérie ", (dotée de plus de 7 millions d’euros), créée en application de l’article 3 de la loi du 23 février 2005 (dont l’abrogation est demandée sous sa forme actuelle) vantant les "aspects positifs de la colonisation". Cette Fondation est sous la coupe d’associations nostalgiques de l’Algérie Française qui voudraient exiger des historiens qu’ils se plient à la mémoire de "certains" témoins.

- Pour êtres fidèles à leur mission scientifique, les historiens ont besoin de pouvoir accéder librement aux archives, échapper aux contrôles des pouvoirs ou des groupes de pression et travailler ensemble, avec leurs homologues de l’autre rive de la Méditerranée.

- La vérité doit être dite sur l’organisation criminelle de l’OAS que certains, au sein de l’ancienne majorité présidentielle ont voulu réhabiliter.

Ce n’est qu’à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la Guerre d’Algérie, à savoir le racisme dont sont victimes aujourd’hui nombre de citoyennes et citoyens, ressortissants d’origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières.

On ne construit pas la démocratie sur des mensonges et des occultations. Après un demi-siècle, il est temps  :

- Que le Président de la République, au nom de la France, confirme, par un geste symbolique, la reconnaissance et la condamnation de ce crime d’état

- Que la Fondation pour la Mémoire de la Guerre d’Algérie soit redéfinie sur des bases totalement différentes.

- Que l’Etat français reconnaisse sa responsabilité dans l’internement arbitraire, pendant la Guerre d’Algérie, d’Algériens dans des camps.

- Que l’Etat français reconnaisse sa responsabilité dans l’abandon des harkis, les massacres et l’enfermement dans les camps en France en 1962.

- Que la liberté d’accès aux archives soit effective pour tous, historiens et citoyens.

- Que la recherche historique sur ces questions soit encouragée, dans un cadre franco-algérien, international et indépendant.

À l’occasion de ce 52e anniversaire, nous exigeons Vérité et Justice.

 Rassemblement le 17 Octobre 2013 à 18h au Pont Saint Michel à PARIS

Signataires

Associations : 4ACG (Anciens Appelés àla Guerre d’Algérie et leurs Amis contre la Guerre),17 Octobre Contre l’Oubli, 93 A Cœur de la République, ACCA (Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hu), Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Féraoun et leurs Compagnons, AHDH (Association Harkis droits de l’Homme),ANPROMEVO (Association Nationale pour la Protection de la Mémoire des Victimes de l’OAS),Au Nom de la Mémoire, ARAC (Association Républicaine des Anciens Combattants),Comité Vérité et Justice pour Charonne, FNACA Paris (Fédération Nationale des Anciens Combattants AFN), LDH (Ligue des Droits de l’Homme),MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié des Peuples), Réseau Féministe Ruptures, Sortir du Colonialisme, Memorial 98

Syndicats  :FSU, Fédération SUD Education, Union régionale IDF CGT

 

MEMORIAL 98

 

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