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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Retrouvez aussi le quotidien de l'info antiraciste sur notre blog d'actus :

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 15:50

Mise à jour du 6 juin 2017 

Le chef de l’entité serbe de Bosnie, Milorad Dodik, en faveur du négationnisme, à quelques semaines du 22e anniversaire du génocide de Srebrenica.

Il vient de décider que les écoliers serbes de Bosnie ne trouveront pas mention dans leurs livres scolaires de l'acte de génocide commis à Srebrenica ou du siège de Sarajevo (voir ci-dessous)

Pour la justice internationale, le massacre par les forces serbes de Bosnie de quelque 8.000 hommes et adolescents bosniaques musulmans en juillet 1995, constitue un acte de génocide. C'est la pire tuerie commise sur le sol européen depuis la Deuxième Guerre mondiale.

De plus, durant la guerre intercommunautaire de 1992-95, Sarajevo a été soumise à un siège par les forces serbes de Bosnie, durant lequel bombes et snipers ont fait quelque 10.000 morts.

"Ces affirmations ne sont pas vraies et de tels livres ne seront pas étudiés ici, que cela plaise ou non", a prévenu Milorad Dodik, le président de la "Republika Srpska", dans des propos rapportés par la télévision de cette entité des Serbes de Bosnie.

Dodik soutient ainsi son ministre de l'Education Dane Malesevic qui a annoncé l'interdiction de livres scolaires, édités dans la Fédération croato-musulmane, l'autre entité composant la Bosnie. Selon les médias locaux, sont concernés les ouvrages faisant mention d'un génocide commis par des Serbes à Srebrenica ou du siège de Sarajevo.

"Nous avons des critères convenus avec l'OSCE (organisation pour la sécurité en Europe) et qui ne prévoient pas que de telles choses soient étudiées" en Republika Srpska, a insisté Milorad Dodik, qui s'exprimait à Banja Luka, capitale de l'entité serbe.

Il a dénoncé une volonté de tromper les élèves en voulant faire "enseigner dans nos écoles que nous avons commis un génocide". "Qui accepterait une telle chose?", s'est-il interrogé.

"Nous ne le permettrons pas. S'ils veulent étudier ce genre d'histoire qu'ils le fassent dans la Fédération" croato-musulmane, a ajouté le président de l'entité serbe.

Milorad Dodik a nié à plusieurs reprises qu'un acte de génocide ait été commis à Srebrenica. "Je vous le dis, nous ne reconnaîtrons pas le génocide. Le génocide n'a pas eu lieu", avait-il répété en juillet 2016 (voir ci-dessous).

Autrefois favori des Occidentaux qui ont facilité son accession au pouvoir, Milorad Dodik s'en est beaucoup éloigné.

Il estime que les institutions de la Bosnie, qui divisent le pays en deux entités largement autonomes, ne sont pas viables. Par le passé, il a brandi la menace d'un référendum d'autodétermination de son entité.

Plus que jamais, nous exprimons notre solidarité à la population bosniaque de Srebrenica, victime du génocide et du négationnisme ainsi qu'aux Serbes qui travaillent à l’établissement d'une mémoire partagée et respectueuse

MEMORIAL 98

 

 

 

 

 

Actualisation du 19 décembre 2016

 

Srebrenica solidaire avec Alep

Lors du rassemblement parisien de solidarité avec Alep le 19 décembre, un membre de Memorial 98 a présenté l'appel des " Enfants de Srebrenica " ci-dessous; à voir et à entendre ici 

Alep/ Srebrenica: appel bouleversant de survivants du génocide de Srebrenica (Bosnie) en 1995 à propos d'Alep: 

"Nous regardons avec effroi ce qui se passe à Alep, en Syrie. Des enfants, des femmes, des civils sont victimes d’atrocités. Des enfants, des femmes, des civils sont pris au piège dans un quartier de la ville assiégée, sans eau, sans nourriture, sans médicaments, sans électricité. Chacun de nous peut voir ces appels à l’aide désespérés qui viennent d’Alep, mais ce n’est pas suffisant de cliquer sur Facebook ou Twitter, de regarder, de partager sur nos murs, alors que pas un gouvernement ne bouge le petit doigt pour changer la situation. Il semble que les intérêts économiques et politiques de nos gouvernements sont plus importants que la vie des innocents.

Il y a seulement vingt et un ans, à Srebrenica, en Bosnie-Herzégovine, nous étions comme les gens d’Alep. Nos pères, nos frères, nos enfants étaient horriblement massacrés et d’autres le furent plus loin, dans le silence et nous regardions comme nous regardons Alep aujourd’hui. Nous lancions des appels désespérés à la communauté internationale. Nous imaginions que l’Europe ne permettrait jamais que cela arrive. Nous pensions que nous avions appris depuis l’Holocauste, depuis les camps de concentration et de la mort. Nous avions tort : c’est arrivé de nouveau. Et c’est arrivé sous le drapeau des Nations unies, dans une enclave protégée par les soldats de la paix des Nations unies. 8 329 personnes tuées, leurs corps jetés dans des fosses communes. Ce fut ce qui est connu dans le monde entier sous le nom de génocide de Srebrenica, le pire massacre survenu en Europe depuis la période nazie.

Aujourd’hui, nous ne pouvons plus rester silencieux devant ce qui arrive en Syrie et à Alep. Pendant des années, nous avons répété en chœur « Plus jamais ça » à chaque commémoration du génocide. Pendant des années, des ministres, des représentants de nos gouvernements ont demandé pardon pour leur responsabilité et répété « Plus jamais ça ». Avons-nous appris quelque chose de Srebrenica ? Combien faut-il de Srebrenica pour que nous comprenions quelque chose ? Combien d’innocents doivent-ils mourir pour que nos yeux s’ouvrent ? Combien d’enfants doivent-ils devenir orphelins pour toucher nos cœurs ?

Il est temps que l’humanité montre qu’elle a appris quelque chose. Il est temps de construire des ponts d’espoir entre tous les êtres humains. Il est temps d’abattre les murs des préjugés qui ont été érigés pour nous séparer. Il est temps de démilitariser nos pays. Chacun de nous est victime et responsable de la situation actuelle, chacun de nous a le pouvoir de la changer, de rendre ce monde meilleur. Si ce monde ne change pas maintenant, si ce monde n’ouvre pas ses portes et ses fenêtres, s’il ne construit pas la paix – une paix véritable – pour que nos enfants aient une chance d’y vivre, alors nous sommes incapables d’expliquer pourquoi il y a eu Srebrenica.

Peu d’entre nous ont survécu, et peu d’entre nous ont trouvé le courage de revenir vivre à Srebrenica. Mais aujourd’hui, il est de notre responsabilité d’appeler les gouvernements à nous écouter. Il faut arrêter la guerre en Syrie, il faut prendre en charge tous les civils victimes d’atrocité, il faut commencer un nouveau processus démocratique de construction de la paix. Aujourd’hui, il est de notre responsabilité d’appeler l’humanité entière à nous écouter. De pousser nos gouvernements à commencer la démilitarisation de nos pays. De fermer les usines d’armement. Nous appelons l’humanité toute entière à devenir humaine, sensible, à comprendre les besoins de l’autre et à être solidaire.

Vendredi 23 décembre, nous organiserons une manifestation pacifique au mémorial et au cimetière de Potočari où sont enterrés beaucoup de nos êtres chers tués durant le génocide de Srebrenica. Nous appelons une fois de plus le monde à ouvrir les yeux devant la situation en Syrie. Il y a 21 ans, le monde a fermé les yeux et nous a laissé nous faire massacrer comme des animaux. Nous espérons que tous ont tiré des leçons de cette douloureuse expérience. Nous espérons que le monde ne fermera pas les yeux une nouvelle fois. Nous espérons qu’il n’y aura plus jamais de Srebrenica, pour personne et nulle part au monde.

 

Les enfants de Srebrenica.

 

Répondons à cet appel en participant aux mobilisations pour la population d'Alep (voir ici)

 

MEMORIAL 98

 

 

Actualisation du 18 octobre 2016

 

 

Le nouveau maire de Srebrenica. Mladen Grujicic, est Serbe et ne reconnaît pas qu’un génocide s’est produit en juillet 1995 contre les musulmans bosniaques.

La ville-martyre de la guerre en Bosnie était dirigée sans interruption par des maires musulmans bosniaques depuis 1999.

Le candidat bosniaque musulman Camil Durakovic ne reconnaît toujours pas sa défaite, dénonçant des irrégularités.

Les Bosniaques de la villes s'étaient inquiétés des conséquences de cette victoire électorale en  reprochant au nouveau maire serbe  de ne pas reconnaître que le massacre de plus de 8.000 hommes et adolescents bosniaques en juillet 1995, était un acte de génocide comme l'ont décidé la justice internationale et l'ONU (voir ci-dessous)  

Le nouveau maire serbe ne nie pas entièrement le crime commis contre les Bosniaques. Mais il rejette la qualification de génocide et affirme "vouloir tourner la page".

L'incitation au négationnisme vient de haut en l’occurrence de  Milorad Dodik, chef de la Republika Srpska, l'entité serbe de Bosnie ( ci-dessous)

Nous sommes plus que jamais solidaires de la population bosniaque de Srebrenica, victime du génocide et du négationnisme ainsi que des Serbes qui travaillent à l’établissement d'une mémoire partagée et respectueuse

 

 

Memorial 98

 

Actualisation du 11 juillet 2016 : recueillement et négationnisme maintenu.

 

Des milliers de personnes ont rendu hommage lundi 11 juillet à Srebrenica aux victimes et particulièrement aux 127 personnes dont les restes y ont été enfin inhumés à l'occasion du 21e anniversaire du génocide.

En tout  8.372 hommes et adolescents ont été assassinés en quelques jours et jetés dans 77 fosses communes, Plus de mille corps sont encore recherchés, selon l'Institut bosnien pour les personnes disparues. Plus de 6.400 victimes sont enterrées à Srebrenica et 230 ailleurs.

Le même jour Milorad Dodik, chef de la Republika Srpska, l'entité serbe de Bosnie, a de nouveau nié ce génocide : "Je vous le dis, nous ne reconnaîtrons pas le génocide. Le génocide n'a pas eu lieu", a-t-il déclaré.

 

Actualisation du 9 juillet :

 

Nous commémorons le 21e anniversaire du dernier génocide du 20e siècle et rendons hommage aux victimes.

L'année 2016 est celle qui a vu enfin la condamnation de  Radovan Karadzic (voir ci-dessous).

C'est aussi lors de cette année que la reconnaissance du génocide arménien a connu des avancées, notamment lors du vote du Parlement allemand en mai dernier

Le combat pour le justice, contre le négationnisme et l'impunité se poursuit plus que jamais.

 

Memorial 98

 

 

 

 

 

Actualisation du 24 Mars 2016:

 

Plus de vingt ans après le massacre génocidaire de Srebrenica et le siège sanglant de Sarajevo, Radovan Karadzic est reconnu coupable à La Haye (Tribunal international) et condamné à 40 ans de prison, trois jours après la condamnation par la Cour Pénale internationale d'un autre auteur de crimes contre l'humanité .

Il s'agit d'un événement historique dans la lutte contre les génocides et les crimes contre l'Humanité.

Memorial 98 salue le verdict de La Haye, malgré son caractère incomplet.

La lutte contre le négationnisme des dirigeants serbes constitue plus que jamais un enjeu crucial.

 

MEMORIAL 98

 

 

Le 11 juillet 2015, nous commémorons le 20e anniversaire de ce qui a constitué le dernier génocide d'un 20e siècle qui en connut tellement.

Ce génocide est encore mal connu et reconnu, notamment en Serbie où la pression négationniste est forte. Le parallèle avec la position de l’État turc à l'égard du génocide arménien est frappante: les autorités serbes font des déclarations de contrition et de regret, reconnaissant des crimes, mais s'arc-boutent pour nier qu'il y ait eu un génocide commis par les milices serbes. Du coup, la population serbe est encouragée dans sa position de déni, comme c'est aussi le cas pour une grande partie de la population turque. Une réconciliation ne peut avoir lieu sans que soit reconnu le caractère génocidaire, exterminateur du massacre. Il ne s'agit pas d'arguties juridiques mais de la compréhension du processus d'"épuration ethnique" mis en oeuvre à l'égard des musulmans bosniaques et qui a fini par culminer dans le génocide. De ce point de vue on en est encore  loin du compte.

Ainsi le Parlement serbe a adopté une déclaration et ses responsables se sont recueillis au mémorial où sont enterrées les victimes de Srebrenica. Mais le gouvernement refuse obstinément d'accepter qu'un génocide ait été commis à Srebrenica, en Bosnie en 1995.

Le 7 juillet dernier, le Premier ministre serbe Aleksandar Vucic a annoncé qu'il se rendrait le 11 juillet à Srebrenica pour assister à la cérémonie marquant le 20e anniversaire du massacre. Mais le même Vucic, ancien ultra-nationaliste devenu "pro-européen" convaincu, refuse lui aussi de reconnaître qu'un génocide a été perpétré à Srebrenica. Sa visite sera donc vécue comme une provocation par les familles des victimes. Si la brutalité de ce massacre n'est pas remise en question par la population serbe, comme le montre un récent sondage réalisé en Serbie où 54 % des personnes interrogées l'ont condamné, la réalité d'un génocide est en revanche niée par 70 % des interviewés, intoxiqués par le négationnisme officiel.

Encore récemment, le président de l'entité des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik, a affirmé que le génocide de Srebrenica était un « mensonge ».

En 2010, le président serbe de l'époque, le "pro-européen" Boris Tadic, plutôt connu comme non-nationaliste et démocrate, s'était déplacé à Srebrenica pour rendre hommage aux victimes et le Parlement avait adopté une déclaration condamnant « le crime commis (...) à Srebrenica » encore une fois sans que le mot-clé de génocide soit employé. « Je m'agenouille et demande que la Serbie soit pardonnée pour le crime commis à Srebrenica », a de nouveau déclaré son successeur Tomislav Nikolic en 2013 toujours sans prononcer le terme, après avoir carrément nié au début de son mandat, qu'un génocide se soit produit à Srebrenica.

Le Conseil de sécurité de l'ONU soumis au veto de Poutine

L'historien serbe Cedomir Antic estime « compréhensible » la position des dirigeants de Belgrade. « Accepter qu'un génocide a eu lieu équivaudrait à accepter l'accusation d'être un peuple génocidaire (position totalement contraire à ce que revendiquent les dirigeants musulmans bosniaques qui rejettent la notion de responsabilité collective comme le montre la déclaration citée plus bas NDLR ) et vous n'êtes plus alors un interlocuteur, personne ne négocie avec vous, la Serbie ne peut donc reconnaître cela. Entre autres, la survie de la Republika Srpska (RS) serait en question », a-t-il déclaré.

La Bosnie a en effet été divisée après la guerre en deux entités, la Republika Srpska (serbe) et la Fédération croato-musulmane. Les musulmans de Bosnie ont demandé à plusieurs reprises le démantèlement de la RS, fondée à la suite d'un génocide.

C'est la que réside le nœud des calculs politiques du régime de Belgrade et de Poutine, qui soutient le gouvernement serbe, quelques semaines après avoir assisté le 19 avril à la commémoration du génocide des Arméniens à Erevan. Le régime russe n'en est pas à une contradiction près, d'autant qu'il soutient aussi la répression par le gouvernement arménien de la grande révolte de la population du pays après l'augmentation brutale des tarifs de l'électricité. Il s'agit en fait toujours de la politique "néo-impériale" de Poutine qui s'étend de l'Ukraine à la Serbie et de la Crimée à la Géorgie. Les dirigeant serbes s'appuient sur Poutine afin de résister aux conséquences de la reconnaissance du génocide.

Vingt ans après cette extermination que les institutions internationales n'ont pas empêché, le régime russse a bloqué par son veto  l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU  d'une résolution reconnaissant le massacre de Srebrenica comme un génocide. Le projet de résolution déclarait que l'ONU « condamne le plus fermement possible le génocide commis à Srebrenica » et affirmait que la reconnaissance de ce dernier est « une condition préalable à la réconciliation » en Bosnie. Pour le pouvoir russe, auprès de qui des responsables serbes de Bosnie sont intervenus, la résolution insiste trop lourdement sur les méfaits commis par les Serbes de Bosnie et risque d'aggraver les divisions.

Le veto russe est perçu comme une nouvelle provocation par les victimes du génocide, comme si le sort des populations bosniaques faisait une nouvelle fois les frais des interêts politiques de l'axe Belgrade-Moscou. Le travail de mémoire, qui inclut les visites sur le site, le retour à Srebrenica, la recherche des charniers et des corps manquants afin de pouvoir les inhumer dignement est ainsi bafoué. Mirsada Colakovic, ambassadrice de Bosnie-Herzégovine à l'ONU, dénonce l'insulte aux victimes en déclarant:

« Cette résolution du Conseil de sécurité est une nouvelle trahison envers Srebrenica. Et une nouvelle fois le Conseil de sécurité est désuni. Il y a un an, cette même instance avait adopté à l'unanimité des résolutions similaires sur la prévention des génocides, c'était à propos du Rwanda. Et aujourd'hui, sur le même sujet, nous nous trouvons face à un déni. Le déni est le dernier stade du génocide. Et le déni est une insulte faite aux victimes. Ce que nous voulions dire avec cette résolution, tout comme le Royaume-Uni, c'est que la faute n'est pas collective, ni nationale, mais qu'elle est individuelle. C'est pour cela que nous appelions à cette résolution », rappelle l'ambassadrice.

Pourtant les fait sont clairs. Ils constituent un terrible acte d'accusation contre les dirigeant des Serbes de Bosnie mais aussi contre les gouvernements occidentaux qui ont abandonné la population de Srebrenica.

Les récentes révélations de Florence Hartmann, ancienne porte-parole de la procureure du TPIY, dont nous soutenons depuis 2009 le combat pour la vérité, apportent de preuves éclairantes de cet abandon qui a d'ailleurs déjà été jugé aux Pays-Bas en 2011.

Dès le mois de mars 1995, un ordre est signé par le chef des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic à l'intention du chef militaire Mladic. C'est la fameuse "directive n° 7" , qui ordonnait aux soldats bosno-serbes de « créer une situation insupportable d’insécurité totale sans aucun espoir de survie ou de vie pour les habitants de Srebrenica ».

Le 11 juillet 1995, alors que les milices serbes de Bosnie approchent de l'enclave de Srebrenica, des dizaines de milliers de civils musulmans prennent la route de Potocari, à 8 kilomètres de distance de la ville. C'est là qu'est basé le quartier général du bataillon néerlandais de soldats de la (Force de protection des Nations unies (Forpronu). Quatre cent cinquante casques bleus y sont chargés d'assurer la protection des quelque 40 000 habitants de Srebrenica, en majorité des Musulmans .

Parmi les réfugiés du camp néerlandais, il y avait le traducteur du bataillon, avec toute sa famille (père, mère et petit frère), et l’électricien. Le 13 juillet, l’électricien et le petit frère du traducteur furent chassés du camp par les militaires néerlandais. Le père du traducteur les suivit. Les trois hommes furent massacrés avec les autres, et à la fin de la guerre, leurs proches déposèrent une plainte contre le gouvernement des Pays-Bas.

Quand les miliciens serbes de Bosnie commencent à séparer les hommes des femmes, les soldats néerlandais le voient et laissent faire. Les hommes sont entassés dans des cars et seront exécutés. 8.000 hommes ont été tués et jetés dans les fosses communes par les forces serbes. Ce massacre a été, à juste titre, qualifié de génocide par la Cour Internationale de Justice et par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). L'ordre écrit donné en amont plusieurs mois en avance, puis sa réalisation par le tri et la séparation des hommes ainsi que leur extermination massive, "industrielle", portent les caractères du génocide.

Parmi les hommes qui ont choisi de se placer sous la protection des Nations unies, pratiquement aucun n'a survécu. Seuls ceux des habitants de Srebrenica qui se sont réfugiés dans les forêts ont eu un peu plus de chances de survie.

Le mandat de l'ONU en Bosnie prévoyait pourtant clairement un recours à la force en cas de besoin. Le 10 juillet, la veille du massacre, le commandant du bataillon néerlandais avait demandé au général français Bernard Janvier, qui assumait le commandement militaire des Nations unies en ex-Yougoslavie, de lancer des frappes contre les forces serbes de Bosnie. Mais il n'a pas été entendu.
 

Les Nations unies ont reconnu leur responsabilité dans le massacre de Srebrenica en 1999. Un rapport présenté par son secrétaire général d'alors, Kofi Annan, reconnaissait alors la « faillite de la politique dans des zones de sécurité ».
Le rapport ajoute : « La communauté des nations, en décrétant un embargo sur les armes, a laissé les Serbes dans une position de supériorité militaire écrasante et a, en fait, privé la République de Bosnie-Herzégovine de son droit de légitime défense, consacré dans la Charte des Nations unies ». « La fourniture d'une aide humanitaire n'était pas une initiative suffisante face aux opérations de ´´nettoyage ethnique´´ et de génocide ». « Srebrenica a été le révélateur d'une vérité que l'ONU et le reste du monde ont comprise trop tard, à savoir que la Bosnie était une cause morale autant qu'un conflit militaire. La tragédie de Srebrenica hantera à jamais notre histoire ». Comme au Rwanda mais aussi au Sri-Lanka, autres lieux de faillite de l'ONU.

 

Nos pensées vont aux victimes du génocide de Srebrenica, à leurs familles marquées à jamais et dont la souffrance est entretenue et intensifiée par le négationnisme. Nous rendons aussi un hommage particulier aux militantEs serbes qui luttent pour la justice et la reconnaissance du génocide, dans des conditions particulièrement difficiles. C'est le cas notamment des "Femmes en noir", une association pacifiste dont la branche serbe fut créée au début des guerres de Yougoslavie et qui organise des rassemblements commémoratifs. C'est le cas aussi de l’association de jeunes "Youth Initiative for Human Rights" (YIHR) qui a mené dès 2005 une première campagne de sensibilisation en occupant la moitié des panneaux d’affichage de Belgrade. On y voyait s’étaler des photographies des victimes de Srebrenica accompagnées des mots : « Pour voir, pour savoir, pour se souvenir. ». Enfin, ces derniers mois, le journaliste et militant Dusan Masic a lancé l’initiative « 7 000 ». Son projet est de  rassembler à Belgrade 7 000 personnes et les faire s’allonger symboliquement devant le Parlement serbe. Masic doute de pouvoir atteindre l’objectif. Mais, souligne-t-il, « si nous parvenons à rassembler ne serait-ce que 70 ou 700 personnes, ce sera tout de même le plus grand événement à la mémoire des victimes de Srebrenica jamais organisé en Serbie ». La police de Belgrade a interdit cette manifestation. Des organisations ultranationalistes avaient annoncé qu’elles empêcheraient par la force la tenue du rassemblement. Masic est personnellement la cible quotidienne de messages de menaces et de haine.

 

Pour faire face au négationnisme et à ses conséquences mortifères, les familles de Srebrenica, les Bosniaques, les combattants contre le négationnisme en Serbie, ont tous besoin de la solidarité de l'opinion internationale, afin de bâtir un autre futur.

 

MEMORIAL 98

 

 

 

 

 

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