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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Retrouvez aussi le quotidien de l'info antiraciste sur notre blog d'actus :

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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 16:31

 

"Si des diplomates et de hauts responsables de l'Onu sont trop timides pour dénoncer les atrocités au moment où elles se déroulent, quel espoir reste-t-il d'éviter de futures entreprises d'extermination ? » ( selon le Times de Londres)

Le silence et les mensonges de l'ONU ont permis au régime srilankais de massacrer des milliers de civils tamouls réfugiés dans le Nord du pays.

Malgré les tentatives du gouvernement srilankais et de ses protecteurs, parmi lesquels la Chine est encore au premier rang, la vérité commence à se faire jour. Il y a bien eu des bombardements massifs de civils Tamouls. Le chiffre des morts est proche de 20000 personnes, bien loin de celui de 2800 avancé par le gouvernement et cautionné par l'ONU.
Le personnel de l'ONU écœuré par cette attitude fait connaître ses constats sur le terrain.

Impunité garantie ?

Le régime srilankais cherche maintenant l'impunité. Celle-ci est le pendant  et la condition première du négationnisme et c'est pourquoi nous y revenons dans ce site dédié à la lutte contre les négationnismes (voir notre article précédent Sri Lanka: Tamouls en danger )

Le Conseil des droits de l'homme de l'Onu a décidé le 27 mai de ne pas enquêter sur les victimes civiles de la guerre du côté tamoul.
Cette décision provoque la colère des associations de défense des droits de l'homme dont Human Rights Watch, particulièrement mobilisée et incisive.

Au premier rang de la défense du gouvernement srilankais: la  Chine mais aussi un front à priori surprenant : l'Afrique du Sud, le  Brésil, Cuba, l'Inde, le Pakistan, l'Uruguay, l'Arabie Saoudite...  
La résolution votée se focalise uniquement sur les violations des droits de l'homme dont s'est rendu coupable la rébellion des Tigres tamouls (LTTE).

Adoptée à une majorité de 29 voix pour, 12 contre et 6 abstentions, elle ne réclame pas d'enquête, comme l'ont pourtant demandé tardivement le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et la Haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, Navi Pillay.

Dans son allocution d'ouverture devant le Conseil, Mme Pillay avait appelé à une enquête "internationale, indépendante et crédible".

"Il y a de fortes raisons de penser que les deux parties (au conflit) ont grossièrement bafoué le principe fondamental de l'inviolabilité des civils", avait-elle affirmé, citant notamment "l'utilisation d'artillerie contre des régions densément peuplées" par les forces gouvernementales srilankaises.

À l'inverse, la résolution insiste sur "le respect de la souveraineté" du Sri Lanka et sur "le principe de non-ingérence" dans les affaires intérieures mentionné par la Charte des Nations unies. On peut donc massacrer impunément, selon ce principe qui revient pour la circonstance sur le devant de la scène.

De plus, le texte voté "loue" les autorités de Colombo ( capitale du Sri-Lanka) pour leurs mesures envers les déplacés à l'intérieur du pays, au nombre de 300.000 selon l'ONU, et "accueille favorablement" le Sri Lanka pour ses "efforts" dans le domaine des droits de l'homme.

Silences de l'ONU: la récidive

Tout au long de la campagne militaire, la hiérarchie de l'ONU a gardé le silence, bien qu'elle ait disposé d'éléments accablants sur la conduite de l'armée srilankaise.
Le refus de l'ONU de publier le bilan des victimes est révélateur. Une cellule onusienne a pourtant collecté et recoupé des données auprès d'employés locaux de l'ONU, d'ONG's, de médecins ou de prêtres.

Son total, entre le 20 janvier et le 13 mai (une semaine avant l'assaut final), est de 7 720 morts (dont 678 enfants) et 18 465 blessés (dont 2 384 enfants). Mais ces chiffres n'ont pas été rendus publics car il y a eu "une tentative de suppression systématique de ce matériel", affirme un officiel onusien.

Mi-avril, lorsqu'il arrive pour sa première mission au Sri Lanka, Vijay Nambiar délivre aux responsables onusiens locaux un message étonnant : l'ONU devrait garder "un profil bas" et jouer "un rôle d'appui", "compatible avec le gouvernement", explique-t-il. À cette époque, les morts et les blessés se comptent par milliers. À son retour, l'ONU annonce que Colombo accepte la venue d'une mission humanitaire dans la zone des combats. Elle ne verra jamais le jour.
Le 11 mai, après la mort de plus de 100 enfants, le porte-parole de l'ONU à Colombo, Gordon Weiss, évoque enfin un "bain de sang". Le gouvernement le somme de s'expliquer. Sa hiérarchie le lâche.  Le 17 mai, sur Al-Jazira, Amin Awad, chef local du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) abondant dans le sens des déclarations victorieuses du gouvernement, affirme qu'il ne reste presque aucun déplacé dans la zone de combat. "C'était donner un chèque en blanc au gouvernement pour lâcher un tapis de bombes sur la zone", déplore un responsable onusien. C'est  exactement ce que le gouvernement a fait.

Il y a des précédents à cette passivité de l'ONU: les plus significatives sont celles adoptées face au génocide des Tutsis au Rwanda et à celui des Musulmans bosniaques de
Srebrenica.
 
Le 11 juillet 1995, alors que les milices serbes de Bosnie approchent de l'enclave de Srebrenica, des dizaines de milliers de civils prennent la route de Potocari, à 8 kilomètres de distance. C'est là qu'est basé le quartier général du bataillon néerlandais de soldats de la Forpronu (Force de protection des Nations unies). Quatre cent cinquante hommes y sont chargés d'assurer la protection des quelque 40 000 habitants de Srebrenica, en majorité des musulmans de Bosnie.  

Quand les miliciens serbes de Bosnie séparent les hommes des femmes, les soldats néerlandais regardent et laissent faire. Les hommes sont entassés dans des cars et seront exécutés. On dénombre environ 8 000 victimes à l'issue de ce massacre, qualifié de « génocide » par la Cour Internationale de Justice et par le TPIY. Parmi les hommes qui ont choisi de se placer sous la protection des Nations unies, pratiquement aucun n'a survécu. Ceux des habitants de Srebrenica qui se sont réfugiés dans les forêts, eux, ont eu un peu plus de chances de survie ».

Le mandat de l'ONU en Bosnie prévoyait pourtant  clairement un recours à la force en cas de besoin. Le 10 juillet, la veille du massacre, le commandant du bataillon néerlandais avait demandé au général français Bernard Janvier, qui assumait le commandement militaire des Nations unies en ex-Yougoslavie, de lancer des frappes contre les forces serbes de Bosnie. Mais il n'a pas été entendu.
Deux avions de l'ONU ont bien décollé, mais sans effectuer de frappes significatives. En France, une mission parlementaire s'interrogea en 2001 sur les raisons de cette « erreur » du général Janvier et conclut que « Srebrenica est aussi un échec pour la France ». « La mission d'information est convaincue qu'en effectuant des frappes massives sur la route sud, la seule qui menait à Srebrenica, l'ONU et l'Otan auraient pu arrêter l'offensive », estimaient les auteurs du rapport.
Le général Janvier avait rencontré Ratko Mladic, le chef militaire des Serbes de Bosnie, un mois avant le massacre. À l'époque, plusieurs centaines de Casques bleus étaient retenus en otages par les milices serbes. La commission parlementaire française n'exclut pas l'hypothèse qu'une entente ait été trouvée entre les deux hommes : la libération des otages contre la non-intervention de l'ONU à Srebrenica.
Une autre hypothèse met en cause les autorités néerlandaises de l'époque. Le 11 juillet, le ministre de la Défense néerlandais aurait téléphoné au commandement de la Forpronu pour demander que les avions de l'ONU, qui avaient déjà décollé, regagnent leur base. Il aurait craint pour la vie des Casques bleus néerlandais.

L'affaire est extrêmement sensible aux Pays-Bas, au point qu'elle a contraint un Premier ministre à la démission. En 2002, un rapport officiel a été publié, estimant que les soldats néerlandais ont été confrontés à une « mission impossible » à Srebrenica, car ils étaient trop faiblement armés. Le débat suscité par cette interprétation Une plainte a également été déposée contre l'ONU par les familles des victimes de Srebrenica. Mais le tribunal néerlandais qui avait été saisi s'est dit incompétent, car l'ONU bénéficie de l'immunité.
Les Nations unies ont reconnu leur responsabilité dans le massacre de Srebrenica en 1999. Un rapport présenté par son secrétaire général, Kofi Annan, reconnaissait alors la « faillite de la politique dans des zones de sécurité ».  
Le rapport ajoute : « La communauté des nations, en décrétant un embargo sur les armes, a laissé les Serbes dans une position de supériorité militaire écrasante et a, en fait, privé la République de Bosnie-Herzégovine de son droit de légitime défense, consacré dans la Charte des Nations unies ». « La fourniture d'une aide humanitaire n'était pas une initiative suffisante face aux opérations de ´´nettoyage ethnique´´ et de génocide ». « Srebrenica a été le révélateur d'une vérité que l'ONU et le reste du monde ont comprise trop tard, à savoir que la Bosnie était une cause morale autant qu'un conflit militaire. La tragédie de Srebrenica hantera à jamais notre histoire ».

L'inertie de l'Onu  au Rwanda.

Les Nations unies ont laissé le génocide se dérouler. Dans son premier rapport qui date du 28 juin 1994, alors sur le terrain au moment des faits, René Dégni Ségui, ancien rapporteur spécial pour le Rwanda, souligne l'inertie des Nations Unies qui pourtant étaient « alertées et amplement informées de ce génocide », lors de sa préparation. Dès janvier 1994, le Général Dallaire  alors commandant des Casques bleus à Kigali signale à l'Onu les camps d'entraînement hutus. Il cite même un ancien chef de sécurité du président Habyarimana qui vante les mérites de ses hommes pouvant tuer « 1 000 Tutsis en 20 minutes ».
Le 15 avril, une semaine après le début du génocide, le Conseil de sécurité de l'Onu prend la décision de réduire son contingent à 500 hommes. Pendant les 100 jours qui ont causé la mort de 800 000 Tutsis et Hutus modérés, le Conseil de sécurité n'est même jamais intervenu pour renforcer la présence des Casques bleus dans le pays et pour essayer de mettre un terme aux exactions. Pire encore, au plus fort des massacres, il a refusé d'autoriser l'envoi de nouvelles troupes. Dans ce cas aussi, Kofi Annan finit par reconnaître la faillite de son institution.

La situation au Sri Lanka est une nouvelle illustration de la paralysie onusienne face aux massacres.

Seule  la solidarité de l'opinion internationale, des ONG, des peuples, peut empêcher la reproduction de tels événements et faire émerger une véritable institution internationale garante de la paix et des droits de l'homme.

MEMORIAL 98
 

 

 

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