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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Pour correspondre avec nous, nous proposer des articles ou des informations, pour toute question :

memorial98@protonmail.com

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Articles Récents

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    Appel unitaire, dont Memorial 98 est signataire, pour un rassemblement vendredi 1er mai de 9h30 à 11h au Pont du Carrousel à Paris. Le 1er mai 1995, Brahim Bouarram était assassiné, jeté dans la Seine par des militants d’extrême droite sortis d’un défilé...
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29 avril 2026 3 29 /04 /avril /2026 12:51

Appel unitaire, dont Memorial 98 est signataire, pour un rassemblement vendredi 1er mai de 9h30 à 11h au Pont du Carrousel à Paris.

Le 1er mai 1995, Brahim Bouarram était assassiné, jeté dans la Seine par des militants d’extrême droite sortis d’un défilé du Front national. Ce crime n’était pas un fait divers. C’était le produit d’un racisme politique.

Depuis d’autres noms, d’autres vies, se sont ajoutés à cette liste tragique. Et derrière chaque nom, il y a des familles brisées, des silences imposés, des injustices qui perdurent. Plus de trente ans, rien n’est réglé. Le racisme ne recule pas : il avance, il s’affiche, il s’impose. L’extrême droite dicte l’agenda, contamine les discours, infiltre les politiques.

Islamophobie décomplexée, stigmatisation des immigré-e-s, chasse aux exilé-e-s, lois liberticides : ce qui tuait hier est aujourd’hui banalisé. Diviser pour mieux dominer. Fabriquer des boucs émissaires pour masquer les responsabilités dans la précarité, les inégalités et la violence sociale.

Nommons les choses : nous faisons face à un processus de fascisation.

Face à cela, il n’y a pas de neutralité. Il n’y a pas de compromis possible. Nous refusons de nous taire. Nous refusons de nous habituer. Nous refusons de laisser faire. Se souvenir de Brahim Bouarram et de toutes les victimes de crimes racistes, ce n’est pas commémorer passivement. C’est continuer la lutte. Contre le racisme d’en haut comme d’en bas. Contre l’extrême droite et ceux qui reprennent ses idées. Contre un système qui exploite, exclut et attise la haine.

Pas de mémoire sans justice. Pas de justice sans rapport de force.

Le 1er mai, faisons front.

Rassemblement – Le vendredi 1er mai de 9h30 à 11h, Pont du Carrousel à Paris

Signataires :

ATMF ; Mrap ; LDH (Ligue des droits de l’Homme) ; Action Antifasciste Paris –Banlieue ; Action Justice Climat Paris ; ACORT ; Act Up-Paris ; AFAPREDESA ; AMDH-Paris ;  AMF ; APCV ; Asdhom ; ASIAD ; Assemblée des Quartiers ; ATF ; Attac France ; CADTM France ; Cedetim/ Ipam ; Collectif « D’Ailleurs Nous Sommes d’Ici » ; Collectif des Musulmans Anticapitalistes ; Collectif les Mères Déters ; Collectif Vietnam-Dioxine ; Collectif de lutte antifasciste contre le racisme et l'antisémitisme ( CLARA);  Comité Adama ; Coordination Pas sans Nous ; COPAF ; CORENS ; Coudes à coudes ; CRDLHT ; DAL ; Droit devant ; Fasti ; Femmes Egalité ; Femmes Plurielles ; Fondation Frantz Fanon ; Front de mères ; FTCR ; FUIQP ; Gisti ; Jeunesse Populaire ; Ka Ubuntu ; L’Institut Mehdi Ben Barka-Mémoire vivante ; Mémorial 98 ; Raar ; REMCC ; Réseau Féministe « Rupture » ; Résister Aujourd’hui ; Solidarités Asie France ; Tsedek ; UJFP ; Union Générale des Vietnamiens de France ; UTAC ; UTIT ; VISA ; CNT ; UD CGT ; UL CGT Paris 18e ; Union Syndicale Solidaires ; EELV ; La France Insoumise ; l’Après – l’Alliance pour une République écologique et sociale ; Les Verts populaires NPA-A ; PCF ; PCOF ; PEPS-Pour une Ecologie Populaire et Solidaire ; Révolution Permanente ; URCommuniste.


À Memorial 98, nous nous souvenons que le 1er mai 1995, ce jeune Marocain de 29 ans a été jeté dans la Seine par des militants d'extrême-droite qui participaient à un défilé du Front National.

Comme chaque année, nous nous retrouverons à Paris avec les proches de Brahim, sur le pont du Carrousel le 1er mai à 9h30 pour honorer sa mémoire.
 
 
Nous rappelons à quel point les assassins de Brahim Bouarram ont été traités avec indulgence par la police et la justice. C'est d'ailleurs le cas habituel pour les auteurs de violences fascistes.  
 
Le 1er mai 1995 Brahim Bouarram est jeté à la Seine, en marge d'un défilé du FN, par des militants néo-nazis, dont il sera très vite établi qu'ils avaient des liens habituels avec le parti d'extrême-droite. Plusieurs d'entre eux étaient en effet utilisés régulièrement comme membres du service d'ordre par les responsables du FN de leur département d'origine, la Haute- Marne. 
 
Moins d'un an après le meurtre, plusieurs des co-accusés sont libérés pendant l'instruction alors en cours. Quatre témoins ont d'abord relaté des faits accablants et concordants démontrant que l'ensemble des néo-nazis cherchait activement une victime en scrutant les berges de la Seine, bien avant de tomber sur Brahim Bouarram. Mais en quelques mois, ces quatre personnes se sont toutes rétractées, notamment une jeune femme qui apparaît muette et terrorisée au cours des audiences. Le juge, pourtant, ne tient aucun compte du caractère troublant de ces rétractations tardives générales, et relâche les co-accusés. L'un des présents à la ratonnade a d'ailleurs été relâché bien avant, comme si la possibilité de pression sur les témoins n'avait aucune importance
 
Par ailleurs, le responsable du service d’ordre central du FN ( nommé DPS) comme celui du FN de la Haute Marne ne seront jamais inquiétés. Ils avaient pourtant attendu une semaine avant de donner l'identité des accusés à la police et s’étaient auparavant rendus au domicile de ces derniers, ce qui leur a laissé tout le temps pour se débarrasser d'éléments compromettants et élaborer une stratégie de défense.
 
Au procès lui-même, les peines des co-accusés du meurtre de Bouarram permettront à trois d'entre eux de ne pas retourner en prison, la peine ferme d'un an étant couverte par la détention préventive, et les trois ans restants étant du sursis. Un seul co-accusé, David Halbin, fera un an de prison, mais seulement parce qu'il était resté libre le temps de l'instruction. Quant à celui qui a poussé Brahim Bouarram dans la Seine, Mickaël Freyminet, il écopera d'un jugement très modéré de huit ans de prison ferme.  
 
Sept ans plus tard, on retrouvera son nom cité dans une autre affaire de meurtre : en septembre 2002, une bande de néo-nazis tabasse François Chenu à Reims, le jette à l’eau, puis le repêche pour l'achever à coup de rangers. François Chenu était homosexuel, le seul mobile du meurtre. Après les faits, les jeunes néo-nazis avaient passé de nombreux coups de fil à leur mentor un peu plus âgé qui n'était autre que le meurtrier de Brahim Bouarram. Mickaël Freyminet. Celui-ci, qui avait déclaré avoir abjuré ses croyances et avait osé demander pardon à la compagne de Brahim Bouarram s'était dès sa libération, immédiatement relancé dans l'activisme néo-nazi . Il avait d’ailleurs rencontré les trois meurtriers de François Chenu lors d’un camp organisé par cette mouvance. 
Le rassemblement du 1er mai sera l'occasion de réaffirmer notre volonté de combattre tous les crimes racistes et de lutter contre le RN/FN raciste, antisémite, anti-social, fasciste ainsi que  ses idées et le poison qu'il déverse quotidiennement.
 
Memorial 98
 
 
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19 avril 2026 7 19 /04 /avril /2026 13:51

                           Combattant-es du Ghetto. Mordehai Anilewicz en était le dirigeant

C'est au génocide des Tutsi au Rwanda que revient le triste privilège d'ouvrir les commémorations du mois d'avril, au cours duquel est honorée la mémoire des victimes de trois génocides majeurs du XXe siècle : celui des Tutsi du Rwanda le 7 avril (date du début des massacres en avril 1994), celui de la Shoah le 19 avril (correspondant au début de la révolte du ghetto de Varsovie le 19 avril 1943), celui des Arméniens le 24 avril (correspondant aux premières arrestations des intellectuels arméniens à Constantinople/Istanbul en avril 1915).

 

Nous y associons les actions génocidaires en Bosnie à Srebrenica, au Darfour, le génocide nazi des Roms, les actions génocidaires du régime khmer rouge au Cambodge et la récente tentative d’extermination des Yézidis d’Irak par Daech, le premier des génocides du 20e siècle contre les peuples Herero et Nama, l'Holodomor en Ukraine récemment reconnu par le Parlement européen ainsi que l'Assemblée nationale en France, le génocide des Ouïghours ...

 

Le 19 avril, date du début du soulèvement du ghetto de Varsovie en 1943, symbolise l'extermination des Juifs d'Europe par les nazis
La révolte d'avril 1943 se produisit dans les conditions terribles d'un ghetto déjà en partie vidé de ses habitants. 
En effet, depuis le 23  juillet 1942, jour après jour, cinq à six mille personnes étaient emmenées par les nazis, du ghetto vers la "Umschlagplatz"  ou "place du transbordement" puis déportées vers le camp d'extermination de Treblinka. 
 
Le début du ghetto

                      L'enfermement dans le ghetto.

 
Le ghetto de Varsovie a été instauré le 12 octobre 1940, date qui correspondait cette année-là à la grande fête juive de Yom Kippour.
Les nazis, dans leur rage antisémite, utilisaient souvent les dates des fêtes religieuses juives afin de procéder à des persécutions particulières ou de marquer leur "connaissance" du judaïsme.
Les nazis annoncèrent à la population juive qu'elle devait déménager dans ce "quartier juif" exigu qui fut ceint de barbelés. Le 16 novembre, on y transfère de force les Juifs, soit un tiers de la population de la ville, qui doivent se concentrer sur sur 2,4 % de sa superficie : 450 000 personnes sont alors coupées du reste du monde.
   
L"Aktion" comme l’appelaient les nazis, de déportation vers la mort, débuta le 22 juillet 1942. Cette date correspondait au jour de Tish'a Beav, qui commémore par le deuil et le jeûne la destruction du Temple juif de Jérusalem par l'armée romaine en l'an 70 de notre ère.
 
Chaque 22 juillet à Varsovie, une marche démarre du monument de l'"Umschlagplatz", lieu d'où partaient les convois de déportés puis parcourt l'ancien espace du ghetto, dont il ne subsiste strictement rien.
Elle se termine devant le centre culturel et de mémoire dédié à Emmanuel Ringelblum, héroïque historien du ghetto et animateur du réseau "Oneg Shabbat" qui en préserva la mémoire. 

 

Une révolte préparée

La déportation des Juifs de Varsovie s’inscrivait dans le cadre de la plus vaste "Aktion Reinhardt", organisée par les nazis en Pologne occupée; celle-ci inclut la construction des camps d'extermination de Belzec (mars 1942), Sobibor (mai 1942) et Treblinka (juillet 1942). 

Ce dernier camp joue un rôle particulier dans l'extermination des Juifs de Varsovie. 280 000 Juifs déportés de la capitale polonaise y seront assassinés. 
 
L'Aktion de Varsovie prit fin temporairement le 21 septembre suivant, à nouveau durant le jour de la plus importante fête juive, Yom Kippour.
Après cette grande déportation, le ghetto de Varsovie est réduit à un camp de travail où 36 000 Juifs survivent officiellement et où 20 à 25 000 clandestins se cachent. Son sursis tenait d’une part à la pénurie de main-d’œuvre gratuite dont l'administration nazie voulait disposer, et d'autre part à la nécessité d’une pause afin de recenser et d’expédier vers le Reich les biens volés dans le ghetto. 
 
Quelques jours après le début de la déportation de juillet, la résistance juive s’unifia dans un « Bloc antifasciste » et se dota d’une branche armée, l’Organisation juive de combat (OJC), fondée le 28 juillet 1942. Cette démarche déboucha plusieurs mois plus tard sur le soulèvement du ghetto
Les premières opérations de l'OJC furent dirigées contre les responsables de la "police juive" et autres collaborateurs.
 
En janvier 1943, une seconde Aktion visant à liquider le reste du ghetto fut interrompue par les nazis eux-mêmes au bout de quatre jours, face à la résistance et au fait que la population se cache dans un réseau souterrain creusé durant des mois.
Heinrich Himmler, en déplacement à Varsovie, ordonna alors la destruction du ghetto et de ses habitants. Au même moment le ghetto de Cracovie fut liquidé en Mars 1943.
 
Le 19 avril 1943, correspondant cette année là au début de la fête juive de Pessah,  les unités SS chargées de liquider le ghetto furent repoussées par les combattants. Ceux-ci ne disposent que de quelques revolvers et grenades. Quand le millier de soldats allemands pénètrent en force dans le ghetto, les résistants les attendent  barricadés dans leurs bunkers et leurs caves. Au nombre de 1000 environ, ils sont regroupés principalement dans l'Organisation des Combattants Juifs, (OJC, ZOB en polonais) commandée par le jeune Mordehaï Anilewicz, membre de l’organisation de jeunesse Hachomer Hatzaïr.
Dès l’invasion de la Pologne par les nazis, Anilewicz avait  rejoint avec des membres de son groupe l’est de la Pologne, pour aider à retarder l'avance allemande. Après l'invasion de ces régions orientales de la Pologne par les armées de Staline, à la suite du pacte germano-soviétique, les Soviétiques l'arrêtent et l'emprisonnent. Il est libéré peu de temps après, et retourne alors à  Varsovie
 
Face à l'insurrection, le commandant allemand est relevé de ses fonctions, le général SS Jürgen Stroop lui succède. Il est lui-même est pris de court par la rébellion des "sous-hommes" ainsi que les nazis qualifiaient les Juifs. Dès lors, les troupes SS vont incendier systématiquement les immeubles et propulser du gaz dans les souterrains afin d'en déloger les résistants. 
Ces derniers vont tenir pendant un mois, malgré leur très faible niveau d'armement et de nourriture. Plus de deux mille SS, soutenus par de l‘artillerie et des blindés, incendient le ghetto, maison après maison. Les Juifs sont asphyxiés, carbonisés, enterrés vivants dans les abris où ils sont retranchés. 
Six mille Juifs présents dans le ghetto trouvent la mort dans les combats ou se suicident. Sept mille sont fusillés sur place. Les autres sont déportés. Une poignée de miraculés échappe à la mort en s'enfuyant par les égouts.

Le 16 mai 1943, Stroop fait dynamiter la grande synagogue du ghetto. Il  annonce à Himmler : « Il n’existe plus de quartier juif à Varsovie. »
 
                                
Cette photo célèbre provient du rapport adressé par le général SS Stroop à Himmler  après l'écrasement de la révolte. Elle a donc été prise et diffusée dans le cadre de la propagande nazie.
Elle porte la mention " forcés hors de leurs caves" 
 
Le testament de Mordehaï Anilewicz
 
La rébellion se termine à la mi-mai. Mordehaï Anilewicz se suicide le 8 mai avec une partie de la direction de l'OJC ; il a 24 ans. 
 Le 23 avril 1943, il avait écrit dans une dernière lettre :
«Les Allemands ont fui par deux fois du ghetto. L'une de nos compagnies a résisté 40 minutes et une autre s'est battue pendant plus de six heures... Nos pertes en vies humaines sont faibles et ceci est également une réussite...
Grâce à notre radio, nous avons entendu une merveilleuse émission relatant notre lutte. Le fait que l'on parle de nous hors du ghetto nous donne du courage.
Soyez en paix, mes amis de l'extérieur ! Peut-être serons-nous témoins d'un miracle et nous reverrons-nous un jour. J'en doute ! J'en doute fort !
Le rêve de ma vie s'est réalisé. L'auto-défense du ghetto est une réalité. La résistance juive armée et la vengeance se matérialisent. Je suis témoin du merveilleux combat des héros juifs...»

 
Quelques jours plus tard, le 12 mai, Szmuel Zygielbojm, représentant du mouvement ouvrier juif Bund dans le gouvernement polonais en exil à Londres, se suicide dans cette ville.
Il proteste ainsi contre l’inaction des gouvernements alliés, dûment avertis de la situation en Europe de l'Est et notamment en Pologne.
Lui-même avait alerté publiquement sur l'extermination en cours.
Il laissa une lettre dont voici des extraits :
« Derrière les murs du ghetto se déroule à présent le dernier acte d’une tragédie sans précédent dans l’Histoire. La responsabilité du forfait consistant à exterminer la totalité de la population juive de Pologne retombe au premier chef sur les exécutants; mais, indirectement, elle rejaillit également sur l’humanité tout entière. Les nations et les gouvernements alliés n’ont entrepris jusqu’ici aucune action concrète pour arrêter le massacre. 
En acceptant d’assister passivement à l’extermination de millions d’êtres humains sans défense - les enfants, les femmes et les hommes martyrisés - ces pays sont devenus les complices des criminels.[...]. Mes camarades du ghetto de Varsovie ont succombé, l’arme au poing, dans un dernier élan héroïque. Il ne m’a pas été donné de mourir comme eux, ni avec eux. Mais ma vie leur appartient et j’appartiens à leur tombe commune. Par ma mort, je désire exprimer ma protestation la plus profonde contre la passivité avec laquelle le monde observe et permet l’extermination du peuple juif.

Je suis conscient de la valeur infime d’une vie humaine, surtout au moment présent. Mais comme je n’ai pas réussi à le réaliser de mon vivant, peut-être ma mort pourra-t-elle contribuer à arracher à l’indifférence ceux qui peuvent et doivent agir pour sauver de l’extermination — ne fût-ce qu’en ce moment ultime — cette poignée de juifs polonais qui survivent encore. Ma vie appartient au peuple juif de Pologne et c’est pourquoi je lui en fais don… »
 (Londres, mai 1943)

Nos pensées vont vers les victimes de cette extermination et vers ceux qui au cœur des ténèbres, entamèrent la préparation de leurs actes héroïques qui apparurent au grand jour dans les mois qui suivirent. 
83 ans ans après les déportations de Varsovie, le nazisme est défait mais son héritage et ses nostalgiques sont plus que jamais à combattre.

Ses héritiers rêvent toujours de massacrer des Juifs.
 
En Pologne même, l’antisémitisme et le racisme sont fortement stimulés par le pouvoir de droite radicale du PiS. Celui-ci a franchi une nouvelle étape dans sa tentative visant à réécrire l’histoire du pays.

Il a promulgué en février 2018 une loi sur la "mémoire". Sous prétexte de mise en cause du terme "camp de la mort polonais", le texte menace de prison quiconque évoque la collaboration de Polonais avec le nazisme, voire le massacre des Juifs de Jedwabne, perpétré par leurs voisins polonais. Les protestations se sont multipliées dans le monde entier mais à ce jour le pouvoir maintient l’arme révisionniste de cette loi. Le premier ministre israélien Netnayahou s’est en revanche compromis dans un accord avec le gouvernement polonais, contre l’avis des responsables du mémorial de Yad Vashem. 
 
Des propagandistes de la haine déversent des flots de propos complotistes et racistes, grâce à la complaisance des grandes plates-formes et à l'indulgence de juges qui les protègent en reculant devant l’application des lois limitant le négationnisme, comme dans le cas de Soral et Dieudonné
 
Nous en appelons plus que jamais au combat contre les idéologies et actes racistes et antisémites,  quels que soient leur prétextes, ainsi que pour la mémoire des génocides et crimes contre l'humanité
 
Memorial 98

 

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11 avril 2026 6 11 /04 /avril /2026 11:49

 

C'est le 11 avril 1961 que ce procès historique s'ouvrit à Jérusalem, quelques jours avant le dix-huitième anniversaire de la révolte du Ghetto de Varsovie, qui débuta le 19 avril 1943 et symbolise le massacre génocidaire des Juifs d'Europe durant la Shoah. 

Après la Seconde Guerre mondiale, le criminel de guerre nazi Adolf Eichmann s'enfuit d'Autriche et parvint en Argentine, où il vécut sous un nom d’emprunt, sans se cacher, en bénéficiant à l'époque de protections et de la passivité de l’état allemand.

En mai 1960, des agents du Service de renseignement israélien s'emparèrent d'Eichmann et le transportèrent à Jérusalem, afin qu'il y soit jugé.Le procès d'Eichmann entraina une immense émotion et connut des scènes terribles lors de certains témoignages de rescapé.e.s.
Il révéla à une partie du grand public l'ampleur des atrocités nazies.
De nombreux survivants de la Shoah se sentirent enfin capables de raconter leur histoire.

Le procès représente une étape importante dans la reconnaissance et la prise en compte du génocide des Juifs, mis en œuvre systématiquement dans toute l’Europe par les nazis et leurs collaborateurs.

L'acte d'accusation, rédigé par le procureur général d'Israël, Gideon Hausner, comportait quinze chefs d'accusation, dont ceux de crimes contre le peuple juif et de crimes contre l'humanité. 

Contrairement à différentes descriptions, dont celle de Hannah Arendt évoquant la" banalité du mal" et réduisant l'accusé à un rôle bureaucratique, Eichmann, mû par l'antisémitisme des SS dont il faisait partie, s'acharna à exterminer le plus grand nombre possible de victimes juives.

Après la conférence de Wansee de janvier 1942 à Berlin, qui systématisa et organisa le projet génocidaire, Eichmann fut chargé de coordonner les déportations de Juifs d'Allemagne et d'Europe de l'Ouest, du Sud et de l'Est vers les camps de mise à mort.

Il agissait par le biais de ses représentants, parmi lesquels Aloïs Brunner (lequel finit sa sinistre carrière auprès du régime Assad en Syrie) Theodor Dannecker présent notamment en France, Rolf Günther, Dieter Wisliceny et d'autres au sein de la Gestapo. 

Eichmann dressait les plans de déportation jusque dans les moindres détails. Travaillant avec d'autres organismes allemands, il gérait aussi la confiscation des biens des déportés et s'assurait que son service en bénéficie. Il organisa également la déportation de dizaines de milliers de Tsiganes


                                   

                                                             

                                                        Eichmann en uniforme SS

 

Une des ses principales missions maléfiques se déroula à la fin de la guerre, en mars-décembre 1944, à Budapest, en Hongrie. Il y organisa de sa propre initiative la déportation et l'extermination des Juifs hongrois : sur 400.000 déportés, 275.000 périrent.

Eichmann fut aussi accusé d'appartenance à des organisations criminelle dont les Sections d'assaut (SA), les SS, les Services de sécurité (SD) et la Gestapo qui avaient été toutes été qualifiées de criminelles lors du procès de Nuremberg en 1948.

Déclaré coupable de tous les chefs d'accusation, Eichmann fut condamné à mort. Il fut pendu le 1er juin 1962. Son corps fut incinéré et ses cendres dispersées dans la mer, au-delà des eaux territoriales d'Israël. Ce fut le dernier cas d'application de la peine capitale dans l'histoire de l’État d’Israël. Une seule autre exécution avait eu lieu auparavant.

A l'heure où l'extrême-droite se développe partout et veut faire oublier l'horreur du nazisme, la mémoire du procès Eichmann rappelle ce furent ses crimes imprescriptibles.

Ni oubli ni pardon pour les crimes nazis et le négationnisme. 

MEMORIAL 98

Lire aussi:


http://www.memorial98.org/2020/04/avril-1933-les-nazis-attaquent-les-juifs-d-allemagne.html
https://www.memorial98.org/2024/04/80-ans-apres-la-rafle-d-izieu-le-sort-des-enfants-juifs-face-au-nazisme.html
http://info-antiraciste.blogspot.com/2020/02/alerte-en-allemagne-lextreme-droite.html

 
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1 avril 2026 3 01 /04 /avril /2026 14:39

Avec le collectif CLARA -Collectif de lutte antifasciste contre le racisme et l’antisémitisme- soutenu par Memorial 98, mobilisons nous contre le racisme et en soutien à Bally Bagayoko.

 

Communiqué commun co-signé avec FSU, LDH, MRAP, SOS Racisme, Union syndicale Solidaires et appel à rassemblement le samedi 4 avril 2026, à 14h, devant la mairie de Saint-Denis

Le nouveau maire de Saint-Denis et Pierrefitte-sur-Seine, M. Bally Bagayoko, fait l’objet de la part de l’extrême droite d’une campagne raciste d’une rare virulence, s’agissant d’un élu de la République. D’autres maires sont également visés par des propos racistes.

Nos organisations rappellent que la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 ainsi que la Constitution de 1958 proclament l’égalité de toutes et tous devant la loi. L’élection de ces maires est la concrétisation de cette promesse républicaine d’égalité.

Nous appelons donc toutes celles et tous ceux qui sont attaché-e-s à l’égale dignité des êtres humains et au respect de leurs droits fondamentaux à se joindre le samedi 4 avril 2026, à 14h, au rassemblement contre le racisme, les discriminations et la haine de l’autre qui se tiendra devant la mairie de Saint-Denis.

Paris, le 31 mars 2026

 

Premiers signataires : Fédération syndicale unitaire (FSU), LDH (Ligue des droits de l’Homme), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), SOS Racisme, Union syndicale Solidaires: Collectif de lutte antifasciste contre le racisme et l’antisémitisme (Clara), Memorial 98, Vigilance et initiatives syndicales antifascistes (Visa)

 

Tribune collective COSIGNée par le Collectif CLARA « Jusqu’à quand CNews va-t-elle insulter quotidiennement les noirs, les immigrés et leurs enfants, les musulmans ou les arabes ? » publiée sur Libération

A l’occasion des dernières élections municipales, plusieurs villes françaises, et singulièrement en Ile-de-France, ont vu une nouvelle génération de maires émerger. Souvent plus jeunes que les édiles qu’ils ont parfois battus à la surprise générale, ils ont également la particularité d’avoir des aïeux venus du Maghreb ou de l’Afrique subsaharienne.

Une des victoires les plus emblématiques fut celle, dès le premier tour du scrutin, obtenue par Bally Bagayoko à Saint-Denis, deuxième plus grande ville de l’Ile-de-France derrière Paris. Pour la première fois dans l’histoire de cette ville héritière de maintes vagues de migrations nationales et internationales, le premier magistrat était issu d’une immigration extra-européenne.

Aussitôt, une vague de racisme s’abattait sur Bally Bagayoko et, à travers lui, sur une ville présentée comme le lieu d’une France envahie et, de ce fait, en voie de décivilisation.

A peine avait-il prononcé quelques mots le soir de sa victoire en évoquant « la ville des rois » que les personnalités d’extrême droite prétendaient, à des fins malveillantes, qu’il avait présenté Saint-Denis comme « la ville des noirs ». Les clichés racistes qui voudraient que Bally Bagayoko – réduit à sa condition d’homme noir – ait pu prononcer cette phrase sont tellement ancrés que cette accusation fantaisiste a rapidement débordé des réseaux sociaux et des médias de Vincent Bolloré. En effet, cette accusation s’est invitée sur les plateaux de chaînes habituellement traversées par une exigence déontologique qui a subitement fait défaut.

Cette première polémique raciste a fait long feu tant elle était grossière. Mais, dans les médias de Vincent Bolloré, le racisme a trouvé rapidement d’autres véhicules.

Après deux semaines durant lesquelles les maires issus des immigrations maghrébine et subsaharienne ont été un sujet obsessionnellement ressassé sur CNews, cette chaîne a été le cadre d’expression d’un racisme antinoir particulièrement débridé.

Interrogé vendredi dernier sur CNews afin qu’il dise si Bally Bagayoko essayait de « pousser les limites », le psychologue Jean Doridot déclarait : « Nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes. Et par conséquent, dans toute collectivité, dans toute tribu – nos ancêtres chasseurs-cueilleurs vivaient en tribus -, il y a un chef qui a pour mission d’installer son autorité. »

Le lendemain sur la même chaîne, Michel Onfray prêtait au maire de Saint-Denis l’attitude d’un « mâle dominant » à qui il conviendrait de rappeler que nous ne sommes pas dans une « tribu primitive ».

Après que Jean Doridot a parlé dans un même raisonnement de Bally Bagayoko et d’un « singe » auquel le racisme pseudoscientifique a souvent renvoyé les noirs, Michel Onfray place M. Bagayoko et les Dyonisiens au sein de « tribus primitives » au comportement digne de primates. Dans les deux séquences incriminées, les propos relèvent de l’animalisation et du déni de civilisation. Il n’est même pas besoin de spécifier la couleur de peau de M. Bagayoko. Les personnes sur le plateau et les auditeurs sont suffisamment en connivence pour apprécier la nature raciste des tirades.

Quel que soit l’avis que l’on a sur l’appartenance politique de monsieur Bagayoko ou sur celles – au demeurant diverses – d’autres élus également visés par le racisme depuis leur récente élection, ces attaques doivent être qualifiées pour ce qu’elles sont : inacceptables au regard des principes que la République proclame, destructrices du lien social et attentatoires à la dignité, à la quiétude et à l’effectivité des droits des personnes visées.

Alors que l’extrême droite rêve de s’emparer du pouvoir exécutif dans quelques mois afin de mettre en pratique un programme traversé par le racisme et la xénophobie, nous ne pouvons accepter que la nécessaire condamnation du racisme devienne évanescente ou soit considérée comme une activité suspecte.

A cet égard, nous appelons l’ensemble des responsables politiques à cesser de courir derrière l’extrême droite et son programme. Alors que Bally Bagayoko subit des assauts racistes, il n’est pas très digne qu’un ministre, à l’exemple de David Amiel, nourrisse une polémique dont nul ne saurait ignorer l’intention raciste.

Nous appelons également les responsables des médias à donner à la parole antiraciste l’espace qu’elle mérite, loin de la marginalisation dans laquelle elle se trouve jetée au moment même où elle n’a jamais été aussi utile.

Nous interpellons enfin l’Arcom qui, en tant que régulateur de l’audiovisuel, a récemment renouvelé l’agrément de CNews malgré l’évidente volonté de cette chaîne de propager le racisme dans le pays. Que l’on en juge : sur cette chaîne d’opinion camouflée en chaine d’information, il a pu être dit que « Pétain a sauvé les juifs français », que « les mineurs étrangers sont tous des violeurs » ou qu’Aya Nakamura est une « énorme chanteuse malienne », sans parler de la réalité parallèle dans laquelle cette chaîne installe ses auditeurs par des obsessions xénophobes qui constituent l’architecture fondamentale de nombre de ses émissions. Nous constatons également que ces transgressions manifestes de la convention qui lie CNews à l’Arcom n’entraînent que des réponses – blâmes ou amendes – à l’inefficacité avérée. Alors, nous posons une question simple au régulateur de l’audiovisuel : jusqu’à quand CNews va-t-elle pouvoir insulter quotidiennement les noirs, les immigrés et leurs enfants, les musulmans ou les Arabes ? Si le racisme ne se combat pas par les seules sanctions, il se trouve que celles-ci font partie de l’éventail des modalités par lesquelles le racisme, l’antisémitisme, le négationnisme ou la xénophobie sont combattus. Alors, nous demandons à l’Arcom de prendre enfin des sanctions dignes de ce nom à l’endroit d’une chaîne qui, pour le malheur de nombreux citoyens et pour celui de la santé de notre démocratie, enfreint quotidiennement, massivement et volontairement les engagements auxquels elle est tenue en vertu de la loi et de sa convention d’agrément.

Premiers signataires :

Dominique Sopo, Président de SOS Racisme – Émile Ackermann, Rabbin et formateur à la lutte contre l’antisémitisme – Christiane Ahouefa Fagbemi, Présidente de Cité des Chances – Chirinne Ardakani, Avocate et militante des droits humains – Hanna Assouline, Présidente des Guerrières de la Paix – Julia Basile, Avocate au Barreau de Paris – Amina Béji-Bécheur, Professeure des universités, Université Gustave Eiffel – Nadia Bendjaballah, Musicienne, soeur de Djamel Bendjaballah – Rachid Benzine, Politologue et écrivain – Magali Bessone, Professeure de philosophie, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne – Nawelle Beyahia-Djelloul, Directrice des relations publiques de Cité des Chances – Sophie Binet, Secrétaire générale de la Confédération générale du travail – Nassim Bourzoufi, Professeur, cousin de Djamel Bendjaballah – Nicolas Cadène, Cofondateur et vice-président de la Vigie de la laïcité – Erika Campelo, Déléguée nationale de VoxPublic – Philippe Corcuff, Professeur de science politique à Sciences Po Lyon – Lionel Crusoé, Avocat au Barreau de Paris – Marie  Darrieussecq, Autrice – Etienne Deshoulières, Avocat de Stop Homophobie – Julie Ferrua, Co-déléguée générale de l’Union syndicale Solidaires – Kaltoum Gachi, Co-présidente du Mrap – Emmanuel Gordien, Virologue, Président du CM98 – Murielle Guilbert, Co-déléguée générale de l’Union syndicale Solidaires – Bérénice Hahn de Bykhovetz, Avocate au barreau de Paris – Nassurdine Haidari, Président du Conseil représentatif des associations noires de France – Sacha Halgand, Responsable du projet « Salam Shalom Salut » – Jonathan Hayoun, Réalisateur – Albert Herszkowicz, Président du Collectif CLARA (Collectif de lutte antifasciste contre le racisme et l’antisémitisme) – Tayeb Khouira, Secrétaire national de l’Union syndicale Solidaires – Smaïn Laacher, Professeur d’Université – Fatym Layachi, Membre des Guerrières de la Paix – Marylise Léon, Secrétaire genérale de la CFDT – Lorenzo Leschi, Porte-parole du collectif Golem – Yannick L’Horty, Economiste – Marie-Anne Matard-Bonucci, Professeure d’Histoire contemporaine à l’université Paris 8, Présidente d’ALARMER – Dominique Meda, Professeure d’université – Romain Montbeyre-Soussand, Responsable du projet « Salam Shalom Salut » – Manon Moret, Secrétaire Générale de l’UNEF – Victoria Moulin, Avocate au Barreau de Paris – Suzanne Nijdam, Présidente de la FAGE – Marion Ogier, Avocate au barreau de Paris – Mathieu Petresco, Avocat au Barreau de Paris – Camille Pichol-Thievend, Avocate au barreau de Paris – Lucie Rain, Avocate au Barreau de Paris – Frédérique Reibell, Vice-présidente du Collectif CLARA (Collectif de lutte antifasciste contre le racisme et l’antisémitisme) – Sebastian Roché, Directeur de Recherche au CNRS – Serge Romana, Professeur de médecine, fondateur de CM98 – Saena Sadighiyan, Sociologue et artiste calligraphe – Nour-Eddine Skiker, Président de Jalons pour la paix – Leïla Slimani, Ecrivaine – Benjamin Stora, ancien président du musée de l’immigration – Aïda Tavakoli, Co-présidente de We are Iranian Students et membre des Guerrières de la Paix – Nathalie Tehio, Présidente de la LDH (Ligue des droits de l’Homme) – Dominique Tricaud, Avocat au Barreau de Paris, Ancien membre du Conseil de l’ordre – Fadela Vaillant, Vice-présidente des Guerrières de la Paix – Michel Wieviorka, Sociologue – Alice Zeniter, Ecrivaine.

 

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15 mars 2026 7 15 /03 /mars /2026 12:51

                      Des centaines de candidat-es RN & Reconquête diffusent des contenus racistes et antisémites

Pas d'abstention

Élections municipales : les fascistes ne doivent rien gagner !

Les élections municipales approchent. L'extrême-droite y est très présente et semble en capacité de gagner plusieurs mairies importantes.

Nous sommes conscient·es que l'antisémitisme et le racisme sont loin de se limiter à l'extrême-droite.

Nous répétons notre conviction qu'il faut les combattre d’où qu'ils viennent, y compris lorsqu'ils s'expriment au sein de la gauche.

Pour autant, l'extrême-droite en reste la plus importante force de diffusion.

De manière générale, chaque progression des héritiers de Vichy et de l'OAS met un peu plus en danger les Juif·ves, les Musulman·es, les personnes LGBTQI, les Voyageurs·euses, et les membres de toutes les minorités.

Chaque mairie gagnée par le Rassemblement National et par ses alliés correspond à autant d'associations réprimées et de politiques sociales détruites.

C'est pour cela que nous estimons que la priorité absolue doit être la lutte contre le Rassemblement National et ses alliés.

Nous appelons donc toutes et tous à faire vivre le barrage antifasciste face à l'extrême-droite, particulièrement dans les villes susceptibles d'être gagnées par celle-ci. Et surtout : ne votez pas pour elle !

Déclaration commune: Memorial 98, JJR, UJRE, RAAR

voir les précédents textes de Memorial 98 et  les déclarations unitaires:

https://www.memorial98.org/2023/11/jean-marie-le-pen-pas-antisemite-bardella-pulverise-la-dediabolisation-du-rn.html

 

https://www.memorial98.org/2024/07/l-antisemitisme-est-consubstantiel-au-rn-a-son-histoire-comme-a-sa-matrice-ideologique.html

 

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12 mars 2026 4 12 /03 /mars /2026 16:07
CESSEZ LE FEU IMMÉDIAT ET AUTO-DÉTERMINATION DU PEUPLE IRANIEN 

Mobilisation contre la guerre en Iran à l'initiative de collectifs iraniens avec le soutien des organisations françaises

Déclaration communE dont MEMORIAL 98 est signataire et appel à rassemblement vendredi 13 mars à 18h30 à Paris, Place des fêtes.

Depuis le 28 février 2026, les Etats-Unis et Israël poursuivent des bombardements sans relâche en Iran. Le bilan de ces opérations militaires est déjà lourd : plus d’un milliers de victimes civiles, des centaines de blessé-e-s dont de nombreux enfants, des destructions d’infrastructures, un pays mis à l’arrêt et une escalade des hostilités dans l’ensemble du Moyen-Orient et tout particulièrement au Liban.

Cette guerre engagée unilatéralement, est une guerre impérialiste qui met un coup d’arrêt au droit des Iraniennes et Iraniens à décider de leur avenir.

Sans mandat des Nations unies et en violation du droit international, cette guerre est menée sous le fallacieux prétexte de permettre au peuple iranien de se libérer de la dictature islamique. Mais la réalité apparaît bien plus sordide : cette guerre a été voulue par Trump afin de disposer d’un pouvoir à sa main à la tête de l’Iran, sans aucun souci de démocratisation.

Au-delà de ces faux-semblants, aucune démocratie n’a jamais été construite sur la base d’une attaque militaire visant à éliminer un dictateur ou un régime. Une agression militaire sur un pays souverain est, quelles qu’en soient les motifs et justifications, une violation du droit international, de la souveraineté des Etats et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Toutes les violations présumées, notamment les attaques aveugles, disproportionnées, ciblant délibérément les populations et infrastructures civiles, les structures médicales et les écoles, doivent faire l’objet d’enquêtes rapides, indépendantes et transparentes.

Nous, organisations de défense des droits, qui avons manifesté pour dénoncer les massacres du régime des mollahs contre sa propre population, exprimons notre solidarité avec le peuple iranien face à cette nouvelle épreuve dans la lutte pour le choix de leur avenir :

– nous condamnons fermement les attaques contre l’Iran menées conjointement par les armées américaine et israélienne ;

– nous dénonçons les violations du droit international et appelons à des enquêtes rapides, indépendantes et transparentes sur les crimes commis en Iran ;

– nous appelons toutes les parties à cesser immédiatement les hostilités, et à ce qu’un processus s’engage en vue d’une transition démocratique s’appuyant sur le respect des droits humains et du droit international 

– nous appelons les autorités iraniennes à libérer immédiatement toutes les personnes arbitrairement détenues et les prisonnières et prisonniers politiques.

Nous appelons à rejoindre la Marche contre les guerres d’agression et en solidarité avec les peuples d’Iran, vendredi 13 mars à 18h30 à Paris, Place des fêtes.

Solidarité avec les luttes en Iran pour la justice et l’égalité ! 

Ni trône ni guide suprême !

Femmes, vie, liberté ! 

Vive la solidarité internationale entre les peuples!

Paris, le 12 mars 2026

Premiers signataires: LDH (Ligue des droits de l’Homme), Memorial 98, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), RESU (Comité français du réseau européen de solidarité avec l’Ukraine), Solidaires, SOS Racisme, Ukraine CombArt

Articles précédents de Memorial 98 sur l'Iran:

 https://www.memorial98.org/2026/03/soutien-au-peuple-iranien.html

https://www.memorial98.org/2026/01/iran-soutien-et-solidarite-au-peuple-iranien-souleve-contre-la-dictature.html

 

 

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7 mars 2026 6 07 /03 /mars /2026 12:15
Contre le racisme et la xénophobie, mobilisons-nous !

Appel unitaire dont Memorial 98 est signataire:

Quand les discours racistes prolifèrent jusque dans la bouche des représentants de la Nation,

Quand les pires préjugés s’expriment dans les institutions censées garantir l’accès aux droits,

Quand tant de personnes aujourd’hui, du fait de leur origine, de leur couleur de peau, de leur religion sont victimes de comportements racistes et xénophobes dans leur quotidien,

Quand de nombreux médias se font les porte-voix de la haine contre les étranger-e-s et leurs enfants, les musulman-e-s notamment, installant et construisant des discours de haine qui se banalisent dans la société

Quand des manifestations d’extrême-droite suintent la haine de l’Autre, avec des saluts nazis,

Quand le racisme et l’antisémitisme s’amplifient dans la société,

Quand le nombre d’actes racistes et antisémites augmente dans des proportions alarmantes,

Quand 1,2 million d’individus estiment avoir été victimes de racisme en 2022 mais que seulement 3% l’ont signalé,

Quand les discriminations à caractère raciste restent massives dans l’accès à l’emploi et au logement, dans les rapports avec les institutions, notamment la police et la justice,

Quand les crimes racistes se multiplient mais ne semblent plus susciter de mobilisations massives,

Quand des Juifs vivent dans l’inquiétude,

Quand des musulman-e-s se demandent si la haine qui les cible témoigne de l’impossibilité de notre pays de les accepter pleinement un jour, et que l’islamophobie s’exprime de manière toujours plus violente dans certains médias comme au sein de formations politiques,

Quand les restrictions drastiques des conditions d’accueil pour les demandeur-euse-s d’asile attentent à leurs droits et à leur dignité,

Quand les conditions de recours devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) ne garantissent plus pleinement le droit à un procès équitable,

Quand les refus de régularisation et de renouvellement de titres de séjour détruisent des vies, que les préfectures « fabriquent » des sans-papiers,

Quand les obligations de quitter le territoire français (OQTF) deviennent systématiques afin d’agiter des chiffres visant à créer un « problème étranger »,

Quand la remise en cause des allocations logement (APL) pour les étudiant-e-s étranger-e-s précarise de nombreux jeunes,

Quand des dizaines de milliers de personnes étrangères perdent tout ce qu’elles ont construit à cause de la loi immigration du 26 janvier 2024, de la circulaire Retailleau du 23 janvier 2025, et des autres lois xénophobes qui les ont précédées,

Nous avons, plus que jamais, le devoir et le besoin de retrouver le chemin de l’égalité et du refus des haines.

Nous ne voulons pas d’une société raciste. Ensemble, construisons la société dans laquelle nous voulons vivre, une société de solidarité, de justice, et de respect des libertés.

Les organisations du collectif Né-es ici ou venu-es d’ailleurs, actrices de la société civile, appellent en toute indépendance vis à vis des formations politiques à une large mobilisation de la société, dans toute sa diversité, pour les mobilisations autour de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale entre le 14 et le 21 mars, partout en France. Défendons le projet d’une société antiraciste, c’est-à-dire une société humaniste, solidaire et égalitaire.

 

Premiers signataires : Attac, CGT, Femmes Egalité, FSU, Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigré·es), LDH (Ligue des droits de l’Homme), Memorial 98, Mrap, Solidaires, SOS Racisme.

 

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2 mars 2026 1 02 /03 /mars /2026 11:30

 

Depuis des dizaines d’années, le peuple iranien lutte pour sa liberté, d’abord face au régime du Shah, puis face au régime de la république islamique qui, à de très nombreuses reprises, a écrasé dans le sang les mouvements ouvriers, féministes, populaires et démocratiques ainsi que les minorités d’Iran. Un nouveau soulèvement populaire massif a donné lieu à une répression terrible et à des milliers de victimes le 8 et 9 janvier.

Le régime iranien est l’un des protagonistes depuis des décennies de massacres de masse au Proche et au Moyen-Orient, notamment à travers son soutien au régime de Bachar El Assad en Syrie. Sa chute ne fera pleurer aucune personne sincèrement attachée à la liberté des peuples.

Les puissances qui l’affrontent aujourd’hui ont cependant elles aussi le sang des peuples de la région sur les mains depuis des décennies. La liberté pour tous les peuples de la région, qu’elles brandissent parfois comme justification, n’est certainement pas leur priorité. Cette liberté ne pourra découler que de la fin de toutes les dictatures, de toutes les menées impérialistes et de toutes les formes de colonialisme.

Depuis ce samedi 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé une nouvelle attaque contre l’Iran, qui a causé la mort du dictateur Khamenei et d’une partie des dirigeants du régime ainsi que de civils. Si la fin d’un tyran responsable de tant de morts dans tout le Moyen-Orient est une bonne nouvelle, la reprise de la guerre n’en est pas une, et celles et ceux qui l’ont infligée sont également responsables d’un nombre considérable de victimes dans la région. De nombreux civils paient et paieront le prix de cette fuite en avant guerrière.

La liberté du peuple iranien n’est certes pas l’objectif des criminels et des impérialistes au pouvoir à Tel-Aviv ou à Washington, qui sont également des obstacles à cette liberté. Le soutien qu’ils apportent au descendant du Shah, de sinistre mémoire, en est la preuve.

La liberté ne pourra être obtenue que par la mobilisation populaire et démocratique. Nous apportons à nouveau tout notre soutien au peuple iranien qui s’est soulevé il y a quelques semaines et qui risque aujourd’hui d’être pris en étau entre les bombes et la dictature.

Déclaration commune de Memorial 98 et Juives et Juifs Révolutionnaires

Voir notre appel précédent lors du soulèvement de janvier https://www.memorial98.org/2026/01/iran-soutien-et-solidarite-au-peuple-iranien-souleve-contre-la-dictature.html

 

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28 février 2026 6 28 /02 /février /2026 13:47

Mélenchon récidive et escalade à propos de l'affaire Epstein, à la fois dans les allusions antisémites et dans la protection renouvelée de la Russie de Poutine.


Ses propos en meeting à Lyon le 26 février en témoignent :
"L'affaire Epstein... Ah, je voulais dire 'Epstine', pardon ! Ça fait plus russe, 'Epstine'", a lancé le leader insoumis lors de son discours. "Alors maintenant, vous direz 'Epstine' au lieu d''Epstein', 'Frankenstine' au lieu de 'Frankenstein', a-t-il poursuivi, avant d'ajouter devant une salle hilare
: "Eh bien voilà, tout le monde comprend comment il faut faire".
 

Pourquoi Mélenchon s'abaisse-t-il ainsi à jouer avec les noms et leur prononciation, comme le font si souvent les dirigeants d'extrême droite ?


Il s'agit pour lui de démentir le lien éventuel d'Epstein/Epstine avec la Russie et Poutine, toujours protégées par le chef LFI et d'accentuer la tonalité israélienne/ juive du nom du pédocriminel, qui serait un espion du Mossad, selon des théories complotistes antisémites largement répandues.


Il ne s'agit pas d'une mise au point linguistique sur la meilleure manière de prononcer ce nom, comme prétendent l'expliquer a posteriori Mélenchon et sa garde rapprochée, mais de suggérer que « certains » imposeraient une fausse prononciation de ce nom maléfique, afin d'accuser la Russie et d'innocenter les Juifs.


La dimension complotiste de ce propos converge avec sa tonalité antisémite. 

Nous avons alerté le 10 février sur ce type de dangers autour du scandale Epstein, conduisant à l’effacement des victimes

En effet, le caractère antisémite des propos de Mélenchon nuit à la cause de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et à la lutte féministe en général, en sortant de l'analyse des rapports de domination patriarcale d'âge, de genre et de classe qui garantissent l'impunité des pédocriminels et des agresseurs.

Mélenchon a choisi de patauger dans cette boue.
Sa diatribe a aussi pour but de garantir qu'il n'y aura pas d'union possible à gauche.
Nous condamnons ces propos et appelons tous les antiracistes, les féministes et la gauche à rejeter ces dérives antisémites et complotistes.

Signataires : Fatima Bendahmane, Bernard Bloch, Philippe Corcuff, Nicole Garosi, Isabelle Hamou, Albert Herszkowicz, Pablo Krasnopolsky, Martine Leibovici, Aurélie Pavis, Alain Policar, Jean Paul Ravaux, Frédérique Reibell

 

 

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23 février 2026 1 23 /02 /février /2026 20:17
Photo de Leïla Shahid

Photo de Leïla Shahid

Nous saluons la mémoire de la femme qui, durant des décennies, a incarné la cause palestinienne, tout particulièrement dans notre pays où, par sa dignité et son incessante recherche du débat, elle en a exprimé la légitimité.

Militante infatigable du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et des droits humains en général, Leïla Shahid a combattu avec la même vigueur, aussi bien la politique d’occupation illégale, d’oppression et de déni du droit international du gouvernement de l’État d’Israël, que l’orientation islamiste et profondément réactionnaire de mouvements tels que le Hamas, les corruptions qui gangrènent certains secteurs de l’Autorité palestinienne et l’instrumentalisation de la haine anti-juive par une partie des défenseurs de la cause palestinienne. C’est ainsi qu’elle a toujours pris soin de mettre en garde ses soutiens contre tout accommodement avec l’antisémitisme. « Tout acte contre la religion ou le peuple juifs est un crime contre la cause palestinienne », ne cessait-elle de répéter.

Avec la disparition de Leila Shahid, nous perdons un être d'exception. Partisans de la réconciliation palestino-israélienne, nous tenant sur une ligne de crête entre le soutien au peuple palestinien opprimé et martyrisé et la lutte sans compromis contre l'antisémitisme et tous les racismes, nous nous sentons un peu plus seul-es.

Sans Leïla Shahid, la pente est plus escarpée pour les femmes et les hommes qui, comme elle, placent la commune humanité avant les appartenances singulières.

Nous exprimons notre admiration pour cette grande figure et la profonde peine que nous inspire sa mort. Nous considérons que la République française s’honorerait en rendant hommage à celle qui fut la voix de la Palestine en France et en Europe.

Signataires : Fatima Ben Dahmane, Bernard Bloch, Philippe Corcuff, Jan Feigenbaum, Nicole Garosi, Albert Herszkowicz, Pablo Krasnopolsky, Martine Leibovici, Pierre Lenel, Aurélie Pavis, Alain Policar, Jean Paul Ravaux, Frédérique Reibell

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