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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Pour correspondre avec nous, nous proposer des articles ou des informations, pour toute question :

memorial98@protonmail.com

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Articles Récents

  • Soutien au peuple iranien
    Depuis des dizaines d’années, le peuple iranien lutte pour sa liberté, d’abord face au régime du Shah, puis face au régime de la république islamique qui, à de très nombreuses reprises, a écrasé dans le sang les mouvements ouvriers, féministes, populaires...
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    Suite à la publication des fichiers Epstein, les pires tropes supplantent l’indignation légitime. Sans prétendre faire œuvre journalistique, quelques constats politiques s’imposent : Jeffrey Epstein dirigeait un système international de trafic sexuel...
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    Des groupes d'extrême-droite bloquent des convois d'aide humanitaire destinés à la population de Gaza La justice française a récemment émis un mandat d'amener contre deux franco-israéliennes poursuivies pour complicité de génocide suite à une plainte...
2 mars 2026 1 02 /03 /mars /2026 11:30

 

Depuis des dizaines d’années, le peuple iranien lutte pour sa liberté, d’abord face au régime du Shah, puis face au régime de la république islamique qui, à de très nombreuses reprises, a écrasé dans le sang les mouvements ouvriers, féministes, populaires et démocratiques ainsi que les minorités d’Iran. Un nouveau soulèvement populaire massif a donné lieu à une répression terrible et à des milliers de victimes le 8 et 9 janvier.

Le régime iranien est l’un des protagonistes depuis des décennies de massacres de masse au Proche et au Moyen-Orient, notamment à travers son soutien au régime de Bachar El Assad en Syrie. Sa chute ne fera pleurer aucune personne sincèrement attachée à la liberté des peuples.

Les puissances qui l’affrontent aujourd’hui ont cependant elles aussi le sang des peuples de la région sur les mains depuis des décennies. La liberté pour tous les peuples de la région, qu’elles brandissent parfois comme justification, n’est certainement pas leur priorité. Cette liberté ne pourra découler que de la fin de toutes les dictatures, de toutes les menées impérialistes et de toutes les formes de colonialisme.

Depuis ce samedi 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé une nouvelle attaque contre l’Iran, qui a causé la mort du dictateur Khamenei et d’une partie des dirigeants du régime ainsi que de civils. Si la fin d’un tyran responsable de tant de morts dans tout le Moyen-Orient est une bonne nouvelle, la reprise de la guerre n’en est pas une, et celles et ceux qui l’ont infligée sont également responsables d’un nombre considérable de victimes dans la région. De nombreux civils paient et paieront le prix de cette fuite en avant guerrière.

La liberté du peuple iranien n’est certes pas l’objectif des criminels et des impérialistes au pouvoir à Tel-Aviv ou à Washington, qui sont également des obstacles à cette liberté. Le soutien qu’ils apportent au descendant du Shah, de sinistre mémoire, en est la preuve.

La liberté ne pourra être obtenue que par la mobilisation populaire et démocratique. Nous apportons à nouveau tout notre soutien au peuple iranien qui s’est soulevé il y a quelques semaines et qui risque aujourd’hui d’être pris en étau entre les bombes et la dictature.

Déclaration commune de Memorial 98 et Juives et Juifs Révolutionnaires

Voir notre appel précédent lors du soulèvement de janvier https://www.memorial98.org/2026/01/iran-soutien-et-solidarite-au-peuple-iranien-souleve-contre-la-dictature.html

 

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28 février 2026 6 28 /02 /février /2026 13:47

Mélenchon récidive et escalade à propos de l'affaire Epstein, à la fois dans les allusions antisémites et dans la protection renouvelée de la Russie de Poutine.


Ses propos en meeting à Lyon le 26 février en témoignent :
"L'affaire Epstein... Ah, je voulais dire 'Epstine', pardon ! Ça fait plus russe, 'Epstine'", a lancé le leader insoumis lors de son discours. "Alors maintenant, vous direz 'Epstine' au lieu d''Epstein', 'Frankenstine' au lieu de 'Frankenstein', a-t-il poursuivi, avant d'ajouter devant une salle hilare
: "Eh bien voilà, tout le monde comprend comment il faut faire".
 

Pourquoi Mélenchon s'abaisse-t-il ainsi à jouer avec les noms et leur prononciation, comme le font si souvent les dirigeants d'extrême droite ?


Il s'agit pour lui de démentir le lien éventuel d'Epstein/Epstine avec la Russie et Poutine, toujours protégées par le chef LFI et d'accentuer la tonalité israélienne/ juive du nom du pédocriminel, qui serait un espion du Mossad, selon des théories complotistes antisémites largement répandues.


Il ne s'agit pas d'une mise au point linguistique sur la meilleure manière de prononcer ce nom, comme prétendent l'expliquer a posteriori Mélenchon et sa garde rapprochée, mais de suggérer que « certains » imposeraient une fausse prononciation de ce nom maléfique, afin d'accuser la Russie et d'innocenter les Juifs.


La dimension complotiste de ce propos converge avec sa tonalité antisémite. 

Nous avons alerté le 10 février sur ce type de dangers autour du scandale Epstein, conduisant à l’effacement des victimes

En effet, le caractère antisémite des propos de Mélenchon nuit à la cause de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et à la lutte féministe en général, en sortant de l'analyse des rapports de domination patriarcale d'âge, de genre et de classe qui garantissent l'impunité des pédocriminels et des agresseurs.

Mélenchon a choisi de patauger dans cette boue.
Sa diatribe a aussi pour but de garantir qu'il n'y aura pas d'union possible à gauche.
Nous condamnons ces propos et appelons tous les antiracistes, les féministes et la gauche à rejeter ces dérives antisémites et complotistes.

Signataires : Fatima Bendahmane, Bernard Bloch, Philippe Corcuff, Nicole Garosi, Isabelle Hamou, Albert Herszkowicz, Pablo Krasnopolsky, Martine Leibovici, Aurélie Pavis, Alain Policar, Jean Paul Ravaux, Frédérique Reibell

 

 

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23 février 2026 1 23 /02 /février /2026 20:17
Photo de Leïla Shahid

Photo de Leïla Shahid

Nous saluons la mémoire de la femme qui, durant des décennies, a incarné la cause palestinienne, tout particulièrement dans notre pays où, par sa dignité et son incessante recherche du débat, elle en a exprimé la légitimité.

Militante infatigable du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et des droits humains en général, Leïla Shahid a combattu avec la même vigueur, aussi bien la politique d’occupation illégale, d’oppression et de déni du droit international du gouvernement de l’État d’Israël, que l’orientation islamiste et profondément réactionnaire de mouvements tels que le Hamas, les corruptions qui gangrènent certains secteurs de l’Autorité palestinienne et l’instrumentalisation de la haine anti-juive par une partie des défenseurs de la cause palestinienne. C’est ainsi qu’elle a toujours pris soin de mettre en garde ses soutiens contre tout accommodement avec l’antisémitisme. « Tout acte contre la religion ou le peuple juifs est un crime contre la cause palestinienne », ne cessait-elle de répéter.

Avec la disparition de Leila Shahid, nous perdons un être d'exception. Partisans de la réconciliation palestino-israélienne, nous tenant sur une ligne de crête entre le soutien au peuple palestinien opprimé et martyrisé et la lutte sans compromis contre l'antisémitisme et tous les racismes, nous nous sentons un peu plus seul-es.

Sans Leïla Shahid, la pente est plus escarpée pour les femmes et les hommes qui, comme elle, placent la commune humanité avant les appartenances singulières.

Nous exprimons notre admiration pour cette grande figure et la profonde peine que nous inspire sa mort. Nous considérons que la République française s’honorerait en rendant hommage à celle qui fut la voix de la Palestine en France et en Europe.

Signataires : Fatima Ben Dahmane, Bernard Bloch, Philippe Corcuff, Jan Feigenbaum, Nicole Garosi, Albert Herszkowicz, Pablo Krasnopolsky, Martine Leibovici, Pierre Lenel, Aurélie Pavis, Alain Policar, Jean Paul Ravaux, Frédérique Reibell

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10 février 2026 2 10 /02 /février /2026 12:00
Affaire Epstein: antisémitisme et complotisme effacent la mémoire des victimes
 
 
Suite à la publication des fichiers Epstein, les pires tropes supplantent l’indignation légitime. Sans prétendre faire œuvre journalistique, quelques constats politiques s’imposent :

Jeffrey Epstein dirigeait un système international de trafic sexuel impliquant des milliers de femmes, dont un grand nombre de mineures. Ce système reposait sur le recrutement en chaîne, l’exploitation de la précarité, la collusion avec des responsables économiques et politiques et sur des dispositifs de chantage. Après une première condamnation en 2008, Epstein est à nouveau arrêté en 2019, puis retrouvé mort en détention avant son procès. Sa compagne Ghislaine Maxwell est quant à elle condamnée en 2022 pour complicité de trafic sexuel. Depuis des années, des victimes témoignent des viols, des agressions sexuelles, des menaces, de l’organisation du trafic et de l’impunité dont ont bénéficié leurs agresseurs.

En plus d’être profondément patriarcal, structuré autour d’une prédation pédocriminelle, ce système était également suprémaciste et eugéniste. Dès les années 2000, Epstein confiait à des scientifiques son projet d’« ensemencer la race humaine » avec son propre ADN en fécondant simultanément des femmes dans son ranch du Nouveau-Mexique : une logique transhumaniste directement héritée des fantasmes de « race supérieure ». Il assumait par ailleurs un racisme anti-noirs explicite et des liens avec la « race science » et la droite identitaire. De nombreux témoignages décrivent un langage racialisé ainsi que des traitements pseudo-scientifiques infligés à des femmes racisées.

L’affaire Pélicot en 2024, comme le viol collectif d’un enfant de 5 ans à Lille en 2025, rappellent avec une violence extrême que ces crimes ne sont pas des anomalies : ils s’inscrivent dans un système patriarcal et une culture du viol fondés sur l’impunité et la protection des agresseurs, et ce dans tous les espaces sociaux.
Ce qui distingue l’affaire Epstein n’est pas la nature des crimes, tristement répandus, mais l’ampleur du système, son inscription dans des réseaux de pouvoir suprémacistes et les défaillances institutionnelles qui ont longtemps permis leur impunité.

Pourtant, sur les réseaux sociaux, un autre glissement s’opère : l’affaire est relue à travers un prisme antisémite. Epstein y est réduit à sa judéité, afin d’alimenter des récits complotistes. Au lieu d’interroger les rapports de domination patriarcaux, raciaux et de classe, on recycle les vieux mythes — perversité sexuelle supposée des Juifs, crimes rituels, complot mondial — hérités des Protocoles des sages de Sion.

L’affaire réactive également le fantasme de crimes rituels prêtés aux Juifves, selon lequel des enfants chrétiens seraient sacrifiés pour l’usage de leur sang dans le pain azyme.
Plutôt que de questionner les collusions entre milieux d’affaires et sphères politiques, les réseaux sociaux se saturent d’accusations d’un prétendu complot juif international dont Epstein serait l’instrument — reprise presque littérale des thèses des Protocoles, qui désignent les Juifves comme une menace pour l’humanité, animés d’un projet de domination du monde.

Le mécanisme raciste qui consiste à souligner l’identité ethnique supposée des coupables plutôt que les rapports de domination de genre à l’œuvre dans les crimes sexuels, n’est pas nouveau. On l’a vu à l’œuvre à maintes reprises contre les Roms, les musulmans ou les étrangers en général. Le violeur serait toujours l’Autre, l’Étranger ; jamais le proche, en dépit de toutes les.données disponibles.
Ce discours est notamment porté en France par le collectif raciste Némésis, désormais présent chaque année lors des manifestations du 25 novembre et du 8 mars, sous protection policière.

L’antisémitisme empêche ainsi une lecture politique des violences sexuelles et des rapports de domination : en imposant une grille de lecture complotiste, il détourne l’attention des structures sociales et politiques — patriarcales et capitalistes — qui rendent ces crimes possibles et en prolongent l’impunité. Pendant ce temps, les victimes s’effacent de nouveau : anonymat brisé, parole instrumentalisée, violences reléguées au second plan. Tandis que les analyses complotistes et les rhétoriques antisémites se multiplient, le patriarcat traverse la scène sans être inquiété.
Déclaration commune : Collectif Golem, Memorial 98, Juives et Juifs révolutionnaires, Réseau d'Actions contre l'Antisémitisme et tous les Racismes (RAAR)

                     Un exemple parmi d'autres de la propagande antisémite autour de l'affaire Epstein. sans  surprise on y retrouve Soral  MEMORIAL 98 

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6 février 2026 5 06 /02 /février /2026 14:46
Des groupes d'extrême-droite bloquent des convois d'aide humanitaire destinés à la population de Gaza
Des groupes d'extrême-droite bloquent des convois d'aide humanitaire destinés à la population de Gaza

Des groupes d'extrême-droite bloquent des convois d'aide humanitaire destinés à la population de Gaza

La justice française a récemment émis un mandat d'amener contre deux franco-israéliennes poursuivies pour complicité de génocide suite à une plainte émanant de plusieurs organisations françaises et palestiniennes.

Nili Kupfer-Naouri dirige l'organisation d'extrême-droite Israel is forever ; Rachel Touitou est quand à elle la porte-parole du groupe Tsav 9.

Toutes deux ont organisé le blocage physique de camions de nourriture destinés à Gaza et la destruction de cette aide (voir ci-dessus).

Plusieurs ONG israéliennes, dont Standing Together, se sont mobilisées sur place contre ce blocage, mettant en lumière la complicité et la passivité des forces de l'ordre face à cette action criminelle.

 

Indépendamment des désaccords que nous pouvons avoir avec certaines organisations à l'origine des plaintes, nous saluons cette décision et espérons que cette procédure aboutisse. En effet, alors que plusieurs dizaines de milliers de Gazaoui·es ont été assassiné·es et que l'armée israélienne continue ses exactions malgré le soi-disant cessez-le-feu, nous réaffirmons notre conviction que celles et ceux qui prennent  part à ces crimes ou qui en font l'apologie doivent comparaître devant la justice.

Cela est vrai pour ces deux militantes d'extrême-droite ; pour celles et ceux qui ont prétendu qu'il n'y avait "pas de civils innocents à Gaza" ; mais surtout pour les dirigeant·es israélien·nes qui ont ordonné le massacre : leur place est devant un tribunal international, rappelons que Benyamin Netanyahu et Yoav Gallant sont sous le coup d'un mandat d'arrêt émis par la Cour Pénale Internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Les criminel·les contre l'humanité doivent rendre des comptes, d'où qu'ils viennent. Cette exigence de justice ne doit pas connaître d'exception.

 

Signataires : Juives et Juifs Révolutionnaires, Memorial 98

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29 janvier 2026 4 29 /01 /janvier /2026 15:53

Contrairement à ses intentions affichées, la proposition de loi “visant à lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme”, portée par la députée Caroline Yadan, et soutenue par la droite et l’extrême droite, ne vise pas l’antisémitisme qu’elle prétend combattre, et, de surcroît, représente un risque considérable pour les libertés d’expression et d’association.

 

La lutte contre l’antisémitisme est absolument nécessaire et légitime, d’autant que l’on observe, depuis le 7 octobre 2023, une hausse inquiétante des actes antisémites. Mais cette lutte ne saurait être fondée sur la notion vague du “nouvel antisémitisme”. Trop souvent mal définie, cette notion est la plupart du temps utilisée de manière indue pour assimiler l’hostilité à l’égard de l’Etat d’Israël à celle à l’égard des Juif·ves, créant une sorte d’équivalence entre les deux. Or, c'est précisément ce qui se passe dans la proposition de loi Yadan, qui nous explique que “la haine antijuive se nourrit de la haine obsessionnelle à l’égard d’Israël, régulièrement délégitimé dans son existence et criminalisé”.

 

Il faut le rappeler ici de la manière la plus nette : l’hostilité à l’égard de la politique d’Israël, la “criminalisation” de ses actions, tout cela peut certes s’exprimer de façon antisémite, mais ce n’est pas nécessairement le cas. Cette remarque vaut d’ailleurs aussi pour l’antisionisme, surtout lorsqu’il vise la construction d’un Etat binational et démocratique en Palestine. S’agit-il à chaque fois d’antisémitisme ? C’est un pas qu’on ne saurait franchir sans une argumentation plus élaborée.

 

Pour être antisémite, la critique d’Israël doit en réalité reproduire les modèles typiques de la vision du monde antisémite, en transformant Israël en “Juif des nations” (selon l’expression de Léon Poliakov). L’hostilité à l’égard d’Israël n’a pas de raison d’être stigmatisée comme antisémite si elle ne reproduit pas les éléments structurants de cette idéologie spécifique qu’est l’antisémitisme. Loin de dissiper la confusion, on voit donc que la proposition de loi Yadan la renforce. De surcroît, au lieu de viser l’extrême droite dont le logiciel nationaliste, raciste et antisémite demeure inchangé, elle vise la gauche, le mouvement social et les antiracistes.

 

Nous dénonçons fermement la confusion entre l’antisémitisme et l’expression d’une opinion politique à l’égard de la politique d’un État. Cette confusion représente un véritable danger pour la lutte contre l’antisémitisme. En outre en limitant ainsi le droit à la condamnation de la politique d’un État, on réduit considérablement la liberté de manifester toute solidarité avec le peuple palestinien.

 

Nous déplorons également que, dans cette proposition de loi, aucune référence ne soit faite à la lutte contre d’autres racismes, notamment à celle contre l’islamophobie, alors que les actes anti-musulmans ont cru de 75 % durant les six premiers mois de l’année 2025, d'après le ministère de l'intérieur. Enfin, nous exprimons notre accord général avec le communiqué intersyndical et associatif, et, comme lui, nous regrettons que la proposition de loi étende “les incriminations d’apologie du terrorisme (déjà sortie de la loi de 1881 sur la liberté de la presse) ou de “négationnisme”, au mépris du principe de légalité qui impose une définition claire et précise pour éviter l’arbitraire”.

 

Fondée sur une analyse erronée de l’antisémitisme, acharnée à limiter la liberté d’expression, indifférente à la lutte contre tous les racismes, la proposition de loi Yadan doit être fermement condamnée. Nous appelons résolument les député·es à la rejeter définitivement.

 

Signataires : Alain Policar, Albert Herszkowicz, Aurélie Pavis, Bernard Bloch, Billal Boufenara, Fatima Bendahmane, Frédérique Reibell, Jan Feigenbaum, Jean-Paul Ravaux, Martine Leibovici, Nicole Garosi,Olia Maruani, Pablo Krasnopolsky, Philippe Corcuff, Yann Kermann

 

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22 janvier 2026 4 22 /01 /janvier /2026 00:34

 

Memorial 98 vous invite à une journée de visite et de débat dans cadre de la maison Emile Zola et du Musée Dreyfus à Médan ( Yvelines), en coopération avec la Ligue des Droits de l'Homme. 

Les informations pratiques figurent ci-dessous.

Les amis de Memorial 98 sont invités à s'inscrire directement à l'adresse suivante : memorial98@protonmail.com. Indiquez nous si vous voulez participer aux visites du matin et/ou au débat de l'après-midi  sur "la lutte contre l'antisémitisme, de l'Affaire Dreyfus à aujourd'hui".

Ce débat résonne fortement avec l'actualité, qui nécessite une mobilisation d'ensemble contre l'antisémitisme et sa progression ainsi que contre tous les racismes.

Nous nous chargeons de la transmission à la LDH.

MEMORIAL 98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme, a été créé en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite ( voir texte ci-dessous). Nous sommes donc heureux de pouvoir participer à cette rencontre dans un lieu historique.

MEMORIAL 98

 

 

 

Le centenaire de la parution du J'accuse de Zola (le 13 Janvier 1998) a donné lieu à de nombreuses commémorations et prises de position.

On connaît moins l'engagement des militants de gauche qui se jetèrent très tôt dans la bataille pour la défense de Dreyfus, contre l'antisémitisme et le nationalisme.

Le 17 janvier 1898, quatre jours après la publication par Émile Zola de son J'accuse, protestant contre la condamnation de Dreyfus, au paroxysme de ce qu'il était alors convenu d'appeler l'Affaire, les antisémites ripostaient violemment.

Dans toute la France des cortèges, pogromistes déferlaient sur les quartiers juifs aux cris de « Conspuez Zola! » et de « Mort aux juifs! ».

A Paris une réunion publique était programmée par l'aile la plus dure de l'antidreyfusisme, dans la salle dite du Tivoli‑Vauxhall à proximité immédiate de l'actuelle place de la République; plusieurs milliers de personnes s'y pressaient.

Une centaine de militants ouvriers parisiens, allemanistes et anarchistes principalement, vinrent apporter une contradiction musclée à ce meeting.

Les orateurs prévus dont Dubuc, président de la jeunesse antisémite, Jules Guérin, président de la Ligue antisémitique de France et directeur du journal l'"Antijuif", ne purent ce soir-là déverser leur poison en toute liberté.

L'estrade fut prise d'assaut et la grande messe antijuive tourna court.

Cette action connut à l'époque un important retentissement; elle figurait en première page de tous les quotidiens parisiens et fut fièrement revendiquée par ses initiateurs.

Ce sursaut fut, dans le mouvement ouvrier de l'époque, la première réaction publique de rejet de l'antisémitisme, alors que l'extrême droite tentait comme aujourd'hui, souvent dans les mêmes termes, d'orienter sa propagande vers les milieux populaires.

Un siècle, jour pour jour après ces événements, l'association Mémorial 98 a voulu rendre hommage à ces pionniers de la lutte antiraciste et réfléchir à cette occasion aux rapports entre le mouvement ouvrier et le combat contre l'antisémitisme.

Il ne s'agissait néanmoins pas d'une commémoration.

En effet, deux années plus tôt en 1996, alors que le mouvement des sans‑papiers se développe avec le soutien de la notoriété de l'abbé Pierre, débute l'affaire Garaudy. Cet ancien dirigeant du Parti communiste fait paraître aux éditions de la Vieille Taupe, spécialisées dans le négationnisme, un livre, qui sous prétexte de dénoncer « les Mythes fondateurs de la politique israélienne », reprend tous les clichés négationnistes. Le scandale s'aggrave lorsque l'abbé Pierre déclare son soutien à Roger Garaudy et multiplie les prises de position antisémites. On apprend à cette occasion que depuis plusieurs années il a défendu ce genre de thèses.

Militants antiracistes engagés dans le soutien aux sans‑papiers, nous sommes alors surpris par la gêne, voire la complaisance qui se manifeste à l'égard de l'abbé. Son discours antisémite est traité ‑ y compris par ceux qui sont en principe les plus vigilants dans la lutte contre le racisme - comme un dérapage, une foucade un peu obscène mais pas très grave.

C'est à ce moment que se cristallise le projet qui devait mener à la création de l'association Mémorial 98.

Notre attention avait déjà été attirée sur cette première mobilisation ouvrière contre l'antisémitisme par quelques phrases d'une brochure de l'organisation Alternative libertaire intitulée « La mauvaise conscience » et qui traitait de l'antisémitisme dans la gauche.

Ce document reprenait les informations de Michel Winock (« La gauche et les juifs » paru dans Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France)1 qui décrit ainsi la situation en janvier 1898 :

« Le 19 janvier après que les poursuites ont été lancées contre Zola un manifeste est lancé par 32 députés socialistes qui se déclarèrent "au-dessus de la mêlée". Les élections législatives devaient avoir lieu en mai 1898.

 Or les socialistes parlementaires sont sensibles à la pénétration des mots d'ordre nationalistes et antisémites dans les couches populaires.

C'est moins du côté du Parlement qu'on retrouve le premier foyer de résistance au nationalisme et les premiers bataillons dreyfusards que dans les tendances antiparlementaires du mouvement ouvrier: dans le groupe dit allemaniste et dans les colonnes de son journal "Le Parti ouvrier" et chez les anarchistes qui entourent Sébastien Faure et le Libertaire.

Dès la fin de l'année 1897 ils ont fait leur choix [...]. Le 17 janvier, Jules Guérin ayant organise une réunion antisémite les anarchistes de Faure et les allemanistes pren­nent d'assaut l'estrade et dispersent la réunion. »

Le mouvement ouvrier français a longtemps hésité à s'engager dans la bataille démocratique et antiraciste. L'évolution de ses dirigeants vers la cause dreyfusarde n'est pas linéaire.

La gangrène antisémite a largement touché le mouvement ouvrier français du XIXe siècle.

Bien entendu, elle était antérieure à celui-ci et n'avait pas épargné la philosophie des Lumières. Voltaire rédigeait ainsi l'article « Juifs » de son Dictionnaire philosophique: « Vous ne trouverez en eux qu'un peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition". »

Néanmoins, la Révolution a reconnu dès 1789 les Juifs comme citoyens français, puis a émancipé ceux d'Alsace et de Lorraine en 1791. Sous Louis‑Philippe, la presse souligne la fortune colossale accumulée par la famille Rothschild, à laquelle on ne tarde pas à assimiler tous les Juifs...

Un antisémitisme à prétention sociale allait dès lors renforcer l'antisémitisme d'origine chrétienne.

Des figures marquantes du mouvement ouvrier français cèdent à la tentation d'amalgamer le Juif et l'usurier, ou d'habiller leur antisémitisme d'un sentiment athéiste. Proudhon, un des pères de l'anarchisme français, écrit à propos de la « race juive » :

« Demander son expulsion de France, à l'exception des individus mariés avec des Françaises; abolir les synagogues, ne les admettre à aucun emploi [...]  Le Juif est l'ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie ou l'exterminer  »2

Le jeune Marx lui‑même tient un discours douteux dans La question juive écrite en 1844 alors qu'il séjournait en France:

« L'argent est le dieu jaloux d'Israël, devant qui nul autre dieu ne doit subsister, »

En 1891, un délégué juif américain demande au congrès international socialiste de Bruxelles de condamner l'antisémitisme. Mais la motion retenue renvoie dos-à-dos « les excitations antisémitiques et philosémitiques ». C'est notamment à la demande de deux délégués français que ce dernier mot a été ajouté.

Édouard Drumont, l'auteur antisémite du best-seller absolu de l'époque "La France juive", n'hésite pas à se parer d'un vocabulaire anticapitaliste :

« Avec le sémite, tout part de la Bourse, tout revient à la Bourse, toute action se résume à une spéculation. [...] Sur qui pèse le régime actuel? Sur l'ouvrier révolutionnaire et sur le conservateur chrétien. L’un est atteint dans ses intérêts vitaux ; l'autre blessé dans ses croyances les plus chères. »3

 

DU CÔTÉ DES ANARCHISTES...

 

Lorsque commence l'affaire Dreyfus, les anarchistes français sont affaiblis par la répression. Beaucoup d'entre eux sont contaminés par l'antisémitisme à prétention sociale. En novembre 1894, au début de l'affaire Dreyfus, Pouget écrit dans son journal "Le Père peinard" :

« Un youtre alsacien, Dreyfus, grosse légume au ministère de la Guerre, a bazardé un tas de secrets militaires en Allemagne. Ohé, bourgeois, ne vous épatez donc pas; les militaires ont ça dans le sang. »4

Les anarchistes qui, comme Bernard Lazare, défendent la cause de Dreyfus sont au début très isolés. Pourquoi défendre un officier, fils de bourgeois... et un « youtre » ?

Bernard Lazare s'engage aux côtés de Dreyfus dès le début de 1895, bien avant Zola, Il essaye de convaincre les autres révolutionnaires d'en finir avec leurs préjugés dans un texte intitulé : « Antisémitisme et révolution ».

Mais il faut attendre janvier 1898 pour que le mouvement anarchiste commence à basculer, notamment grâce à Sébastien Faure. Dans son journal, "Le Libertaire", celui-ci écrit : « Dreyfus est l'enchaîné de vos lois, monde chrétien et société bourgeoise! ».

En février, il répond à Pouget que l'affaire Dreyfus « porte à l'ordre du jour la question sociale toute entière dans ses complexités ». Peu à peu, Émile Pouget et d'autres libertaires finissent par s'engager dans ce que Jean Grave, dirigeant anarchiste, appelle «la lutte entre clarté et obscurantisme». Mais Sébastien Faure sera, après coup, l'objet de nombreuses critiques de la part de ses camarades qui lui reprocheront une « compromission avec les partis politiques  ».

LES SOCIALISTES : DE L’ABSTENTION AU DREYFUSISME

Le socialisme français est fortement divisé à cette époque. Le Parti ouvrier français de Guesde et de Lafargue est le plus organisé.

Les socialistes révolutionnaires d'Allemane, implantés dans le mouvement syndical, viennent de se séparer des possibilistes de Brousse.

Millerand incarne l'aile droite du mouvement, les socialistes indépendants.

Depuis 1893, une quarantaine de socialistes sont députés; parmi eux Jaurès, Guesde et Millerand.

Tous ont longtemps rechigné à s'engager, à l'exception des allemanistes et notamment de Lucien Herr qui mobilisera largement les intellectuels aux côtés de Dreyfus.

Avant l'affaire Dreyfus, Jaurès entretenait des relations somme toute cordiales avec des antisémites notoires comme Drumont et l'ancien communard Rochefort.

En mai 1895, à l'issue de courtes vacances en Algérie et après la condamnation et la déportation de Dreyfus à l'île du Diable, Jaurès publie deux articles dans La Dépêche de Toulouse; il écrit : « Sous la forme un peu étroite de l'antisémitisme se propage en Algérie un véritable esprit révolutionnaire ».

Et Jaurès de reprendre à son compte les arguments du lobby antisémite contre la « puissance juive ». Il n'a vu que « l'usure juive » qui réconcilie contre elle «  l'Européen » et « l'Arabe ».

Lorsque Zola lance son "J'accuse", le 13 janvier 1898, les choses vont évoluer... mais lentement. Le Parti ouvrier socialiste révolutionnaire d'Allemane s'est engagé dès décembre 1894 contre le conseil de guerre qui avait condamné Dreyfus.

« Étrangère à l'antisémitisme, c'est la coopérative d'impri­merie, dirigée par Allemane, qui publie en 1898 la belle Lettre des ouvriers juifs de Paris au Parti socialiste français : cessez de nous prendre pour des Rothschild! »5

Comme on l'a vu, les parlementaires socialistes n'en sont pas du tout là.

Le plus droitier d'entre eux, Millerand, ne se ralliera au camp dreyfusard qu'au tout dernier moment, le 31 août 1898, après le suicide du commandant Henry, auteur confondu du faux accablant Dreyfus; la révision du procès devenant inévitable, le pragmatique Millerand s'y rallia.

L'évolution de Jaurès est plus rapide, mais non exempte d'ambiguïtés. En juin 1898, déjà acquis à la cause dreyfusarde, il déclare encore :

« Nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n'est pas par la fièvre du prophétisme, nous savons bien qu'elle manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de cor­ruption et d'extorsion. Mais nous disons, nous : ce n'est pas la race qu'il faut briser; c'est le mécanisme dont elle se sert, et dont se servent comme elle les exploiteurs chrétiens. »6

L'adhésion au dreyfusisme n'évacue pas tout antisémitisme.

Alors que Jules Guesde l'« orthodoxe » a vu dans J’accuse « le plus grand acte révolutionnaire du siècle », son parti publie néanmoins, fin juillet 1898, un manifeste qui tranche : « Les prolétaires n'ont rien à voir dans cette bagarre ». Seules comptent la lutte de la classe et la révolution sociale.

Derrière ce discours simpliste, se cache la déception électorale de mai 1898 : Jaurès et Guesde ont été battus dans leurs circonscriptions, alors que Drumont est élu à Alger sur la base d'une campagne dont les thèmes sont à la fois « républicains » et antisémites : « Vive l'Armée! Vive la République! À bas les juifs! ».

L'antidreyfusisme ouvrier persiste, notamment chez les travailleurs de l'habillement concurrencés par le nouveau prolétariat juif originaire d'Europe central. Et « l’on compterait 10 % d'ouvriers, en particulier des cheminots, parmi les 100 000 premiers adhérents de la Ligue de la patrie française »7.

Tout de même, l'ensemble du mouvement socialiste finira par entrer dans la bataille.

Le mouvement ouvrier pèsera de tout son poids contre les ligues nationalistes, dans un contexte de remontée de la combativité : entre 1898 et 1900, le nombre de jours de grève passe de 1,2 à 3,7 millions. Dans les manifestations dreyfusardes, « les prolétaires font masse, ils contribuent, avec les étudiants, à dynamiser » le mouvement8.

Dreyfusard très tardif, Millerand deviendra ministre du Bloc des gauches.

Il s'attachera à convaincre Jaurès de se contenter d'une grâce présidentielle et d'abandonner la bataille pour la révision du procès.

L'affaire Dreyfus a montré que la lutte contre le racisme ou pour les droits de l'homme en général n'était pas étrangère à la lutte des classes. Dreyfusard de la première heure, Bernard Lazare écrira en 1901 :

« On ne pourra Jamais détruire l'antisémitisme; on pourra momentanément en enrayer les manifestations violentes, mais on le verra réapparaître selon les circonstances. Le Juif est trop nécessaire aux peuples chrétiens, l'antisémitisme trop utile pour les possédants, les chefs d'État, les dirigeants des nations chrétiennes. Le Juif n'existerait pas pour qu'on puisse détourner sur lui les colères de ceux dont'on spolie et sauver ainsi les coffres‑forts qu'ondoya l'eau du baptême, qu'assurément on l'inventerait.  »9

Notes:

1) WINOCK (Michel), « La gauche et les juifs », Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France, Points Histoire, Le Seuil.

2)PROUDHON (P.J.), Carnets, 1858.

3)DRUMONT (Édouard), La France juive, 1886.

4)CRANIGUES (Jean), « Les anarchistes », L'Affaire Dreyfus de A à Z, sous la direction de M. Drouin, Flammarion, 1994.

5)REBÉRIOUX (Madeleine), « Jaurès et les socialistes », L'Affaire Dreyfus de A à Z, op. cit.

6)Ibid note 1.

7)PIGENET (M.), « Les ouvriers et leurs organisations » in L'Affaire Dreyfus de A à Z, op. cit.

 8) Ibid.

9)ORIOL (Philippe), « Bernard Lazare », L'Affaire Dreyfus de A à Z, op cit.

 

 
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14 janvier 2026 3 14 /01 /janvier /2026 11:25

 

Mise à jour du 16 janvier, à diffuser.
Mobilisation Iran à Paris le 17 janvier à 15h: information importante et urgente.
Le Panthéon est bien le rendez-vous confirmé par toutes les organisations.
De là partira une marche en direction de la place d'Italie, point d'arrivée de la manifestation.
Soyons nombreux-ses en solidarité.
Memorial 98
 
 
Immenses manifestations dans tout le pays.
Devant l'ampleur de la révolte, la dictature utilise les seules réponses qu'elle connaît: la violence et la censure.
Face à elle, le peuple iranien luttant pour ses droits marche vers la liberté.
Le retour d'un roi, héritier du bourreau du peuple iranien renversé en 1979, constituerait une régression terrible
Liberté, démocratie, république sociale représentent l'avenir.
Soutien et solidarité au peuple iranien soulevé contre la dictature.
 
Memorial 98

Appel à rassemblement  le samedi 17 janvier 2026, à 15h, au Panthéon à Paris, et partout en France

Le 28 décembre, les Iraniennes et les Iraniens sont descendus dans la rue, d’abord pour dénoncer le coût de la vie et rapidement pour se libérer du joug de la dictature criminelle, théocratique, militarisée et patriarcale de Khamenei.

À Téhéran, à Chiraz, à Yazd, dans de grandes villes et de petits villages, des centaines de milliers de personnes manifestent et crient leur aspiration collective à la liberté, la démocratie et la dignité.

Devant l’ampleur de la révolte, la dictature a choisi une fois de plus de répondre par la violence et la terreur.

Depuis le 9 janvier, face à la détermination des manifestants qui résistent malgré les morts, les blessés, les arrestations arbitraires et les disparitions forcées, le régime a imposé la coupure d’internet, du téléphone et des messageries dans tout le pays afin de pouvoir massacrer son peuple à huis clos.

Face au régime sanguinaire au pouvoir, les Iraniennes et Iraniens opposent le courage et la détermination d’un peuple à manifester et à s’exprimer pacifiquement ainsi qu’ils l’avaient fait en 1979 pour renverser la dictature du Shah.

Liberté, démocratie, dignité sont l’avenir que les Iraniennes et Iraniens sont en train d’écrire eux-mêmes, sans sauveur suprême, ni libérateur étranger.

Les Iraniens et les Iraniennes sont seul·es maîtres de leur destin qu’ils choisiront aux termes d’élections libres.

Nous appelons les autorités françaises et les institutions européennes à exiger du régime iranien qu’il respecte le droit de manifester et d’exprimer ses opinions et cesse immédiatement la répression à l’encontre des manifestant-es.

Nous, acteurs de la société civile, exprimons notre entière solidarité avec la lutte des Iraniennes et Iraniens contre l’oppression et la tyrannie.

Nous appelons à une mobilisation massive en soutien au peuple iranien samedi 17 janvier 2026, à 15h, au Panthéon à Paris, et partout en France.

Solidarité avec les Iranien-ne-s en lutte pour la démocratie et la liberté. 

À bas les dictateurs ! 

Femmes, vie, liberté vit et vaincra !

Premiers signataires : Iran Justice, LDDHI (Ligue des droits de l’Homme en Iran), Alliance des femmes pour la démocratie (AFD), Cedetim Ipam, Comité français du réseau européen de solidarité avec l’Ukraine, Confédération générale du travail (CGT), Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), France Kurdistan, Institut Ouïghour d’Europe, LDH (Ligue des droits de l’Homme), Memorial 98, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), Russie-Libertés, SOS Racisme, Ukraine CombArt.

Paris, le 13 janvier 2026

 
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12 décembre 2025 5 12 /12 /décembre /2025 23:01

 

 

Récit de la confrontation avec une provocation antisémite dans une manifestation de soutien aux Palestiniens
En cette fin novembre, dans une manifestation internationale de solidarité avec le peuple palestinien, une personne a fait porter à un enfant une étoile jaune « juive » à six branches, marquée du mot “Pelištīm”.
En tant que militant antifasciste, lorsque j’ai aperçu cette grande étoile dans le cortège j’ai tout de suite averti mon camarade Albert afin que l’on puisse venir interpeler l’adulte qui accompagnait cet enfant. Déjà sur la défensive, celui-ci, qui avait repris son étoile, nous affirma qu’il s’agissait du « symbole des génocides ».
Nous avons donc immédiatement sollicité le service d’ordre du cortège dans lequel nous nous trouvions (cortège unitaire au mot d'ordre d'une paix juste et durable en Israël/Palestine) qui après quelques hésitations s’est chargé de le faire sortir du cortège.
Cette étoile jaune n’est pas un détail. Ce n’est pas une maladresse anodine.
C’est une instrumentalisation mémorielle grave, contraire à toute lutte antifasciste, antiraciste et anticoloniale.
L’étoile jaune n’est pas un symbole universel : c’est le symbole d’un génocide précis
L’étoile jaune n’a jamais représenté “les génocides”.
Elle représente un seul génocide, celui des Juifves d’Europe, décidé et mis en œuvre par le régime nazi qui a contraint les Juifs à porter cette étoile comme signe de marquage annonçant le massacre. La brandir comme un symbole générique, c’est effacer l’histoire réelle, déposséder le peuple juif de son propre traumatisme et transformer un instrument de persécution antisémite en outil rhétorique interchangeable.
Cette confusion voulue n’est pas neutre : elle vise à banaliser la Shoah et affaiblit la lutte contre l’antisémitisme.
Faire porter ce symbole à un enfant est moralement indécent
Un enfant ne connaît pas la Shoah.
Il ne comprend pas les génocides.
Il ne peut pas saisir le sens d’un symbole traumatique utilisé comme arme politique.
C’est l’instrumentaliser, le mettre en scène comme justification de sa propre indignation.
Cette mise en scène est dangereuse : le devoir des adultes est de protéger les enfants, pas de s’en servir.
Lier la Shoah et les crimes commis à Gaza est un raccourci antisémite
Porter l’étoile jaune pour évoquer Gaza, c’est dire implicitement :
« Vous (Juifs) qui avez subi un génocide, vous en commettez un autre. »
Ce glissement est un procédé antisémite connu :
il consiste à essentialiser les juifves en les imaginant porteur.euse.s d’une responsabilité transhistorique, héréditaire ou morale, comme si un peuple pouvait “reproduire” un génocide qu’il a subi.
C’est un raisonnement raciste :
il attribue collectivement à des millions de juifves vivant.e.s partout dans le monde, une responsabilité dans les crimes commis à Gaza.
Or les responsables ne sont pas “les Juifs” :
ce sont des politiques coloniales, des gouvernements d’extrême droite, des suprémacistes, des colons armés, des fanatiques religieux, des dirigeants qui utilisent la violence d’État comme instrument.
Mêler la Shoah à Gaza, est donc complètement faux : c’est un détournement qui éloigne du vrai terrain politique, celui des structures coloniales, racistes et militaristes qui oppriment les Palestiniens.
Le génocide n’enseigne rien : il détruit
Dire qu’un peuple victime d’un génocide devrait être “meilleur”, “plus moral” ou “avoir appris” de celui-ci afin qu’il ne reproduise jamais ce qu’on lui a fait, c’est ignorer que le génocide n’a jamais eu aucune vertu pédagogique et qu’il ne construit pas de sagesse : il détruit des vies, des familles, des cultures, des mondes entiers. Aucun être humain, aucun peuple n’est jamais sorti grandi après avoir subi un massacre ou un asservissement.
Les Juifves d’aujourd’hui ne sont redevables d’aucune leçon tirée de la Shoah.
Iels ne portent ni une pureté politique, ni une responsabilité éternelle. Essentialiser un peuple est déjà sortir du terrain de l’antifascisme.
Pelištīm” n'a rien à voir avec les Palestiniens d’aujourd’hui
L’inscription “Pelištīm” n’est pas une marque d’érudition. C’est un artifice pseudo-historique.
“Pelištīm” est l’orthographe hellénisée des Philistins, peuple venu de l’Égée et de Chypre.
Rien à voir avec les Palestiniens contemporains, la Gaza moderne ou la lutte anticoloniale actuelle.
Confondre Philistins et Palestiniens, c’est nier l’histoire propre de la Palestine moderne, dépolitiser la lutte réelle contre l’occupation coloniale et embrouiller volontairement les consciences.
Le confusionnisme invisibilise les peuples et écrase leurs histoires
Ce confusionnisme efface tout le monde :
– il efface l’histoire juive en transformant l’étoile jaune en symbole générique ;
– il efface l’histoire palestinienne en lui imposant des références bibliques étrangères ;
– il efface les autres génocides en prétendant qu’un seul symbole pourrait les représenter tous.
C’est la logique même du confusionnisme :
Tout mélanger jusqu’à ce que plus rien ne soit compréhensible,
et jusqu’à ce que les oppressions réelles disparaissent derrière les amalgames.
Sans formation antiraciste, nos luttes deviennent vulnérables
Que la plupart des manifestants et même le service d’ordre n’aient pas réagi tout de suite face à cette étoile jaune brandie dans le cortège montre le manque de formation antiraciste, particulièrement sur l’antisémitisme.
On ne construit pas une lutte anticoloniale solide sans comprendre les amalgames, les glissements, les préjugés.
On ne peut pas combattre un génocide en reprenant les symboles et les logiques d’une idéologie génocidaire.
Ignorer ces dérives, c’est laisser la porte ouverte aux instrumentalisations, aux manipulations, aux récupérations et au confusionnisme.
Ce symbole n’a pas sa place dans nos luttes
Nous n’avons pas besoin de détourner les symboles d’un génocide pour en dénoncer un autre.
Les symboles palestiniens existent et ils suffisent.
La lutte pour la Palestine mérite mieux que la confusion.
Elle mérite la clarté, la justice et la solidarité, pas la banalisation de l’antisémitisme et l’effacement des histoires.
Nous continuerons à soutenir les Palestiniens,
à dénoncer le génocide, à combattre le colonialisme, sans écraser aucune histoire et sans détourner aucun symbole.
Giuliano Lesiak et Albert Herszkowicz
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15 novembre 2025 6 15 /11 /novembre /2025 01:24

Pétain: débattre avec l'historien spécialiste de Vichy  Laurent Joly.

Invitation à faire circuler afin de participer à un webinaire passionnant le spécialiste de Vichy, alors que les nostalgiques de Pétain organisent une messe à sa mémoire à Verdun

Lundi 17 novembre à 20h, le Réseau d'Actions contre l'Antisémitisme et tous les Racismes vous invite à un webinaire avec l'historien Laurent Joly sur le thème "Comment on a écrit l'histoire de Vichy et du génocide des Juifs·ves, entre complaisance et vérité"
Autour de son livre "Le Savoir des victimes : Comment on a écrit l’histoire de Vichy et du génocide des juifs de 1945 à nos jours, Grasset, coll. « Essais et documents », 2025,  et du livre qui vient de paraître sous sa direction Vichy. Histoire d’une dictature. 1940-1944.
✍️ Pour participer, inscrivez-vous par mail à webinaires.raar@gmail.com afin d'obtenir le lien de la visioconférence
Sous quelle forme, et au terme de quels combats contre la complaisance et les falsifications, la vérité sur les crimes antisémites de Vichy s’est-elle imposée au plus grand nombre ?
Laurent Joly retrace le récit mensonger, largement diffusé jusqu’à la fin des années 1960, fondé sur la stratégie judiciaire de Pétain et Laval, qui tentèrent de faire passer leur action criminelle pour une politique de « moindre mal » destinée à sauver les Juifs français·ses.
Dernier livres parus de Laurent Joly :
(sous sa direction) Vichy. Histoire d’une dictature. 1940-1944, Tallandier, 2025.
Le Savoir des victimes : Comment on a écrit l’histoire de Vichy et du génocide des juifs de 1945 à nos jours, Grasset, coll. « Essais et documents », 2025,
La France et la Shoah : l’occupant, les victimes, l’opinion (1940-1944), Calmann-Lévy, 2023,
La Falsification de l’histoire : Éric Zemmour, l’extrême droite, Vichy et les Juifs, Grasset, 2022.
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