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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Pour correspondre avec nous, nous proposer des articles ou des informations, pour toute question :

memorial98@protonmail.com

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Articles Récents

9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 22:33

D'où provient le style des attaques de la droite contre la presse et en particulier contre le journal en ligne Mediapart, le comparant à la presse "collaborationniste"? (voir  Qui joue avec le fascisme ?

Woerth, Copé et le Front National : décryptage )

Nous avions déjà relevé en février 2008 cette banalisation de la Shoah, puisque à l' époque Carla Bruni-Sarkozy avait  comparé le site du Nouvel Observateur à "la dénonciation des juifs pendant la guerre... (lire ci-dessous l'article intégral) Elle avait du s'excuser, car selon ses propres termes "j'ai comparé, à tort, les méthodes employées dans les sites internet avec celles employées par la presse collaborationniste..."

Cet article rappelait aussi un dérapage de Sarkozy comparant les contrôles fiscaux et les dénonciations de Vichy.

Manifestement ces formules sont recyclées actuellement, peut être par les mêmes conseillers en communication?

Mme Sarkozy Bruni dérape à propos des Juifs et de la Shoah.

Encore une banalisation de la persécution des juifs
Interrogée par l'Express du 13 février 2008 sur la plainte déposée par Nicolas Sarkozy contre le site Internet du Nouvel Obs - qu'il accuse de "faux" à propos d'un SMS, Mme Bruni Sarkozy déclare : «  La plainte justifiée de mon mari n'est pas contre un organe de presse, bien sûr, mais contre les "nouveaux moyens de désinformation". Internet peut être la pire et la meilleure des choses. A travers son site Internet, Le Nouvel Observateur a fait son entrée dans la presse people. Si ce genre de sites avait existé pendant la guerre, qu'en aurait-il été des dénonciations de juifs?... »
Cette déclaration pourrait n'être qu'une démonstration de narcissisme exacerbé ou une manifestation de l'absence totale du sens de la mesure ainsi qu'un signe de la confusion des esprits, car elle ne provoque aucun réaction du journaliste qui réalise l'interview.
Mais il se trouve que Nicolas Sarkozy a commis il y a quelques mois un dérapage semblable, tendant à banaliser la délation envers les juifs sous le régime de Vichy, comparée et assimilée à la dénonciation de délits fiscaux.
  
Pour défendre la « dépénalisation du droit des affaires » (terme pudique pour l'impunité garantie aux patrons, mêmes voyous) lors de l'université d'été du Medef le 30 août dernier, il avait utilisé la formule suivante :
« A quoi sert-il d'expliquer à nos enfants que Vichy, la collaboration, c'est une page sombre de notre histoire, et de tolérer des contrôles fiscaux sur une dénonciation anonyme, ou des enquêtes sur une dénonciation anonyme ? ». Il avait été applaudi frénétiquement par son auditoire patronal, absolument ravi par cette scabreuse comparaison.
Nous écrivions alors (Voir notre article précédent  Sarkozy: nouveau dérapage sur Vichy ) :
"Le drame de Vichy et de la collaboration ne réside pas essentiellement dans la forme des dénonciations et leur anonymat mais leur contenu et les « lois » barbares auxquelles elles faisaient référence. On y dénonçait les Juifs parce que Juifs et on les envoyait ainsi vers la mort.
Comment peut-on, même par démagogie, comparer cette époque terrible et la situation actuelle ? Peut on mettre en parallèle, comme le fait N.Sarkozy, la déportation des Juifs et  un contrôle fiscal ? Comment cette image a-t-elle pu figurer dans un discours officiel et de telles paroles être prononcées par un président de la République ? Pourquoi il y a-t-il si peu de réactions? Qu'on imagine le scandale si Le Pen avait osé une telle déclaration.
Il s'agit en effet d'une rhétorique qu'on trouve habituellement dans la presse d' extrême droite ou lors des « dérapages » de ce genre.
Ainsi en 2002 en Allemagne, le dirigeant démocrate-chrétien Koch avait provoqué un tollé en rapprochant le sort des personnes fortunées sous un gouvernement de  gauche, avec celui des Juifs sous le nazisme,  car ces 2 catégories étaient selon lui pareillement stigmatisées par une étoile jaune. Il s'était excusé et avait retiré ses propos.


Sarkozy quant à lui n'a manifestement pas l'intention de revenir sur ce parallèle révisionniste. Mais faisons silence, semblent dire les médias aux ordres, car il ne faut surtout pas "diaboliser" le président actuel."


Ce commentaire sur la comparaison "révisionniste" de Nicolas Sarkozy s'applique également à la référence reprise par Mme Sarkozy-Bruni.

Elle s'est excusée depuis d'avoir comparé le Nouvel Observateur à "la presse collaborationniste" ( sa déclaration publiée sur le site Internet de l'Express précise :"... Dans l'édition d'aujourd'hui, 13 février 2008, L'Express me consacre une longue interview, au cours de laquelle j'ai comparé, à tort, les méthodes employées dans les sites internet avec celles employées par la presse collaborationniste..."

L'interrogation demeure: comment une telle formule délétère a-t-elle pu être maintenue,  alors que le directeur de l'Express relate que l'interview a été relue et amendée à de nombreuses reprises? Pourrait il s'agir de la prose d'un conseiller  qui tient la plume pour Mr et Mme Sarkozy et qui s'applique à banaliser le génocide des juifs pendant la Shoah?


MEMORIAL 98

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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 23:59

 

 

Jour après jour, il se confirme que comme nous l’avions annoncé dès le 1er juillet ( Woerth, Copé et le Front National : décryptage) , le pouvoir s’est maintenant calé sur la ligne de l’appel au « fascisme », face à la vague de révélations qui menacent de l’emporter.

Cette ligne va se poursuivre et s’amplifier dans les prochains jours, en accompagnement des attaques personnelles et politiques contre  Edwy Plenel et Mediapart,  déjà finement accusés de « fascisme » et de « trotskisme », recyclant ainsi la vieille formule stalinienne de « l’hitléro-trostkysme ».

 Les allusions à Bérégovoy et à Roger Salengro vont se multiplier.

Pour le pouvoir et ses communicants, il s’agit avant tout de détourner l’attention du fond du dossier, de faire peur, d’isoler si possible la partie de la presse qui fait correctement son travail d’investigation et finalement de recourir à la théorie du complot.

Il s’agit aussi d’intimider le Parti socialiste, embarrassé par la tension montante et, pour partie, par le rappel des affaires passées et du jeu trouble de Mitterrand avec Le Pen.

Au passage, le pouvoir offre une énorme publicité à Marine Le Pen, érigée par lui en réceptacle des frustrations de l’électorat de droite.

Sarkozy pense sans doute pouvoir récupérer cet électorat dans le futur, voire parvenir à un arrangement avec les dirigeants du Front National. 

 Pour l’instant et après son lancement par Copé l’offensive prend une  forme  brutale et grotesque développée par les  « voyous » du régime (Morano, Estrosi, Eric Raoult, X. Bertrand.)

Ils connaissent bien le sujet puisqu’ils ont été mêlés à différentes tractations avec le Front National.

 Ainsi Estrosi a été un fervent défenseur de l’alliance avec le Front National lors des régionales de 1998 en PACA, contre François Léotard. Dans un entretien à "Minute" du 11 mars 1998, Estrosi avait d’ailleurs annoncé :
« Dire "moi je suis là pour empêcher M. Le Pen d'exercer des responsabilités parce qu'il est xénophobe" ne me semble pas la meilleure méthode pour être crédible et efficace»(voir Sarkozy, Gaudin, Estrosi: l'ombre du Front National )

 Morano est une spécialiste de l’invective extrême. A propos des critiques de la gauche contre la rétention de sécurité elle avait ainsi déclaré :

"Je laisse le soin aux Français de juger le Parti Socialiste qui se met clairement du côté des assassins et oublie toutes les victimes »

 Elle  a d’ailleurs elle-même collecté des signatures pour permettre à  Le Pen de se présenter à l’élection présidentielle de 2007. La consigne de Sarkozy était de manifester ainsi  sa bonne volonté à l’égard du dirigeant du FN et de ses électeurs. Le Canard enchaîné, jamais démenti depuis, l’indique dans son édition du 11 Avril 2007 : "En Meurthe-et-Moselle, par exemple, Nadine Morano, en bon petit soldat, réunit des maires ruraux début mars; “Nous étions cinq ou six à être désignés pour signer en faveur de Le Pen. Nadine nous a demandé d’envoyer nos parrainages non pas directement au Conseil constitutionnel, mais au siège du comité de soutien départemental de l’UMP. C’est elle, ensuite, qui les a emmenés à Paris raconte l’un d’eux"… » ( Morano : récidive d’une collaboratrice du Front National

N.Morano au gouvernement:appel à l'extrême droite )

Toute la campagne présidentielle de Sarkozy a été marquée par la complaisance envers le Front National. Ainsi le  lorsque le Monde lui demande  le 26 Avril 2007:

« …Avez-vous des valeurs communes avec le FN ? », Sarkozy répond : « Mes valeurs sont les valeurs de la République : travail, mérite récompense, fraternité, autorité, exigence, récompense… ».

 Cette énumération est évidemment choisie pour sa compatibilité avec les « valeurs » du FN. Il reprend ainsi le postulat fondamental de son mentor Pasqua  qui, lors de la campagne présidentielle de 1988, affirma les« valeurs communes » de la droite et de l’extrême droite.(voir en détail Sarkozy et le Front National: une liaison dangereuse)

La lutte contre la corruption est une valeur de gauche, profondément républicaine.

Ne nous laissons pas intimider par les menaces de l’UMP.

MEMORIAL 98

 

 

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 22:55

 

 

La tribune en défense d’Eric Woerth  signée par Simone Veil à propos de l'affaire Bettencourt  illustre le destin tragique de cette figure éminente, si justement populaire dans la société française.

Ce texte est signé de son titre de "présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah", ce qui tend à déconsidérer cette institution et accentue le malaise face à un texte de mauvaise foi qui ose évoquer le « populisme » et la « chasse à l’homme »

 On peut certes sonder les motivations profondes de cet appel et noter  sa concordance avec l’offensive médiatique  des communicants chargés de défendre le pilier du sarkozysme et des finances UMP.

Au-delà, force est de constater que tout au long de sa carrière politique, Simone Veil a eu à se confronter dans son camp, celui de la droite parlementaire, à des attaques et des cas de conscience dont elle n'a pas semblé appréhender toute l'ampleur et la cohérence.

Son autobiographie « Ma vie » mentionne d’ailleurs certaines de ces affaires:

1) La loi sur l’IVG en 1973 , votée grâce aux voix du PC et du PS et avec une toute petite minorité de voix de droite.

Elle raconte: «... Ma tâche me paraissait d'autant plus lourde que la profession médicale, dans l'ensemble, m'acceptait avec réticence. Il ne sert à rien de travestir les faits: face à un milieu au conservatisme très marqué, je présentais le triple défaut d'être une femme, d'être favorable à la légalisation de l'avortement et, enfin, d'être juive…. Plus nous nous rapprochions de l'échéance du débat, et plus les attaques se faisaient virulentes. Plusieurs fois, en sortant de chez moi, j'ai vu des croix gammées sur les murs de l'immeuble Les attaques qu'elle subit sont violentes. «On avait inscrit sur la porte de mon domicile: "Veil = Hitler"», …»

Simone Veil omet de préciser que des députés  de son camp,  de la droite officielle,  l’ont attaquée tout aussi abjectement.

 

2)   Raymond Barre et le "lobby juif "

 

Elle raconte à propos du gouvernement de Giscard dirigé par Raymond Barre « …Dès 1978, un dérapage verbal en Conseil des ministres avait bien failli mettre le feu aux poudres. Raymond Barre avait évoqué le «lobby juif» dans des termes que j'avais jugés déplacés. Après le Conseil, j'avais déclaré au président qu'en cas de nouvelle sortie de son Premier ministre sur le prétendu «lobby juif», je quitterais aussitôt le gouvernement en disant pourquoi. Giscard était intervenu, et Barre avait ensuite doctement expliqué ce qu'il avait voulu dire; à l'entendre, j'avais mal interprété ses propos.

Deux ans plus tard, après l'attentat de la synagogue de la rue Copernic, sa langue avait à nouveau fourché. Alors que son ministre de l'Intérieur, Christian Bonnet, évoquait l'hypothèse d'un coup monté et que le président de la République s'abstenait de toute déclaration, Raymond Barre avait déploré la mort, à côté de juifs, de « Français innocents»… »

Simone Veil participa aux cortèges de protestation contre l’attentat, mais ne démissionna pas du gouvernement Barre.

Elle siégea d’ailleurs dans le même gouvernement que Maurice Papon de 1978 à 1979 ( Décryptage: R. Barre récidive pour Papon et Gollnisch

Impunité de l'antisémite Barre

R.Barre: requiem pour un antisémite )

 

3)   Avec le pétainiste Robert Hersant

En 1979, Simone Veil est à la tête d'une liste RPR-UDF aux élections européennes.

Elle raconte elle-même : « La composition de la liste m'a presque totalement échappé. En particulier, la présence de Robert Hersant, dont le passé vichyssois était désormais connu de tous, ne me faisait aucun plaisir, c'est le moins que l'on puisse dire. On m'avait expliqué qu'il était difficile de se mettre à dos le propriétaire du tout-puissant Figaro. Une fois encore, la politique l'emportait ainsi sur les principes moraux. Ma seule échappatoire se référait à l'ancienne appartenance du patron de presse à la FGDS, le groupuscule politique qu'avait naguère dirigé François Mitterrand. J'avais donc tout loisir de renvoyer les socialistes qui m'attaquaient sévèrement sur ce sujet à leurs propres contradictions, ce que je ne me suis pas privée de faire. Il reste que, pour la première fois de ma vie, j'avais accepté, pour de basses raisons d'opportunité, un compromis qui avait à mes yeux l'allure d'une compromission… ».

Cela ne la conduisit pas à démissionner, ni à préciser que Robert Hersant avait été placé sur cette liste afin de lui garantir une immunité parlementaire pour ses manœuvres financières.

 

4) La candidature de Sarkozy de 2007.

Simone Veil est présidente de son comité de soutien

Àl’annonce de la création d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale par le candidat de l’UMP au cas où il serait élu, elle déclare:

"Je n'ai pas du tout aimé cette formule très ambiguë. J'aurais préféré parler d'un ministère de l'immigration et de l'intégration",

Comme on lui demande si elle a fait part de son désaccord à Sarkozy, elle répond: " Il est très difficile à joindre en ce moment. Mais je compte bien lui en parler. Je lui ai toujours dit ce que j'en pensais".

Voici comment de leur côté  Sarkozy et ses proches ont vécu et analysé cet épisode

Selon le livre Histoire secrète de la droite, 1958-2008  rédigé par des journalistes sarkozystes et qui décrit la genèse de la création d’un ministère de l’Identité nationale, ensuite confié à Brice Hortefeux :

« Le jeudi 8 mars 2007

. […] face à la remontée de Ségolène Royal dans les intentions de vote du second tour, une prompte décision s’impose. Pourquoi ce “coup de mou”que rien ne laissait présager ? L’analyse est fournie, une fois de plus, par Patrick Buisson (conseiller de Sarkozy issu de l’extrême droite ndlr) lors d’une réunion convoquée d’urgence.

– Nicolas est en train de se notabiliser, attaque Buisson. J’y vois la conséquence du choix de Simone Veil pour présider le comité de soutien.[…]

Puis, s’adressant à Sarkozy:

– Tu as percé parce que tu incarnes une transgression par rapport aux tabous de la politique traditionnelle. Il faut, sans tarder, envoyer un signal fort à toutes les couches nouvelles qui ont déjà basculé dans ton camp ou qui sont prêtes à le faire. Or, le tabou des tabous, c’est l’immigration. La transgression majeure, elle est là. Pas ailleurs. Il faut en remettre un coup sur le thème de l’identité nationale. Le silence, alors, est à couper au couteau. Seul Guaino intervient pour soutenir Buisson. Puis, après un nouveau silence, Sarkozy lui-même :

–    Patrick a raison. Je vais proposer la création d’un ministère de l’Identité nationale. Quant à Simone, je la gère. Elle doit comprendre. Elle comprendra."

 

Malgré cela, Simone Veil assumera jusqu’au bout son soutien à Sarkozy. Elle ne relèvera pas non plus les diatribes de Sarkozy et Guaino contre la « repentance » à propos de Vichy et de la collaboration

 

(voir Sarkozy-Le Pen: le livre qui révèle

Balladur et Sarkozy: de la préférence nationale à l'Identité nationale

Sarkozy et le Front National: une liaison dangereuse)

 

 

4)   La mémoire des enfants juifs.

 

En février 2008 Sarkozy déclare lors du dîner du CRIF que les  élèves de CM2 auront la charge de perpétuer individuellement la mémoire des enfants juifs assassinés pendant la Shoah. Simone Veil proteste vivement et déclare que cette proposition lui a « glacé le sang » (voir Sarkozy et la Shoah : analyse d’une manipulation) Le projet sera retiré.

 

Au total il apparaît que malgré sa vie exceptionnelle et la richesse de  ses combats et ses engagements, Simone Veil demeura aussi prisonnière de ses ses options idéologiques, qui incluent une forte hostilité à la gauche. 

 

PS du 25/8/10: certains lecteurs et amis du site considèrent que cet article est trop critique à l'égard de Simone Veil; or nous voulions avant tout souligner la dimension réellement tragique du parcours politique de cette personnalité exceptionnelle.

 

 

 

Memorial 98

 

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 22:36

 

La dernière ligne de défense des dirigeants de l’UMP consiste à agiter l'épouvantail du Front national. À la suite de Copé, ils récitent consciencieusement les «  éléments de langage » qu’on leur a distribués.

 

 

Ainsi selon Copé, les propos de S.Royal, évoquant fort justement la corruption du régime Sarkozy, feraient le jeu de Marine Le Pen. Il déclare (France –Info le 29/6) :… "Cela rappelle les propos haineux de Marine Le Pen. Ségolène Royal a grandi à l'école de Mitterrand, une période où il y avait quelque connexion objective entre le PS et le FN, on retrouve ça aujourd'hui. Quand le PS joue à la haine, c'est une bonne façon de faire monter le FN. Il ne l'oublie pas et il regarde cela avec beaucoup d'intérêt."

On notera au passage que Marine Le Pen est étrangement  gratifiée d’un profil de dénonciation de la corruption, alors que son père a fait fortune en récupérant de manière contestée l’énorme héritage Lambert .

L'argument est surtout particulièrement fallacieux de la part de ceux qui chassent en permanence sur les terres de l'extrême-droite.

 

 

En l'espèce il rappelle surtout les turpitudes politiques de Woerth dont nous avons révélé ici même qu’il avait pactisé et collaboré  avec le Front National lors des régionales de 1998 ( Eric Woerth : quand il s’alliait avec le Front National)

Copé lui-même devrait balayer devant sa porte, puisqu’il vient de commettre un acte symbolique en intégrant dans son mouvement « Génération France.fr », un des « héros » de la collaboration directe avec le Front National,   le sénateur de la Lozère Jacques Blanc.

Celui-ci est  un de ceux qui, lors des régionales de 1998, ont fait alliance avec le Front National. Suite à un accord en bonne due forme, Blanc a été élu président de la région Languedoc-Roussillon et a géré la région avec l’extrême droite pendant toute la durée de la mandature, jusqu’en 2004  Copé connaît évidemment très bien la trajectoire de Blanc, qui avait été à l’époque vivement dénoncé par une partie de la droite elle-même.

Le président du groupe UMP, qui désire représenter une alternative ou une suite à Sarkozy, s’est aussi  positionné  comme le héraut de l'interdiction de la burqa, ce qui lui vaut d'ailleurs de se faire acclamer par les auditoires UMP.(voir Succès du Front National: quelles conséquences? )

Dans le cœur des défenseurs de Copé il y a  également Nadine Morano qui avait fait du zèle  dans la récolte des signatures d’élus pour permettre à Le Pen de se présenter en 2007 (tous les détails sont dans ces articles  N.Morano au gouvernement:appel à l'extrême droite et  Morano : récidive d’une collaboratrice du Front National )

On pourrait multiplier les exemples en évoquant Estrosi (voir Sarkozy, Gaudin, Estrosi: l'ombre du Front National , Gaudin élu avec les voix du Front National dès 1986( voir entre autres  Gaudin: l'impensé colonial ).

Surtout toute la campagne électorale de Sarkozy a été dirigée vers la récupération de l’électorat lepéniste, sur la base d’une surenchère sécuritaire et xénophobe (voir notamment  Sarkozy-Le Pen: le livre qui révèle

 Sarkozy et le Front National: une liaison dangereuse

Le recours à la menace lepéniste représente à la fois un leurre supplémentaire dans la campagne de la droite mais aussi l’expression de son angoisse face à la perspective d’une défaite politique.

 

MEMORIAL 98

 

 

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 00:16

 

 

 

 

 

Le ministre qui se présente comme un modèle de vertu et de rigueur a en fait largement participé dans sa région à la mise en place d’une alliance avec le Front National, lors des élections régionales de 1998.

 

À cette période, la Picardie se distingue comme une région "pionnière" dans l’institution de ces alliances de la droite avec le FN .

Le dirigeant local de la droite, Jean-François Mancel, ancien secrétaire général du RPR et mentor d’Eric Woerth (ci-dessus les deux compères qui s'étreignent), en est l’architecte principal, avant que Charles Baur (UDF) ne prenne le relais au conseil régional.

 

LES ELECTIONS REGIONALES DE MARS 1998 EN PICARDIE

 

Elles donnent une majorité relative à la gauche plurielle avec 23 élus (dont 13 PS et 7 PCF) contre 20 pour la Droite (10 RPR, 9 UDF et 1 CPNT) 3 pour Lutte Ouvrière et 11 pour le Front National.

Grâce à une manœuvre, l'UDF Charles Baur est élu le 20 mars avec les voix de la droite et 11 voix du Front National.

Face aux réticences de certains conseillers de droite qui ne souhaitent pas mélanger leurs voix avec celles de l’extrême droite, une tromperie a été mise en place par un groupe de conjurés, dont Eric Woerth.

Le président du groupe FN, Pierre Descaves, ancien activiste OAS qui a déjà permis l’élection de Mancel à la présidence du Conseil Général de l’Oise, se présente au deuxième tour du scrutin, en prétendant haut et fort qu’il n’a pas pu s’entendre avec Baur. Les quatre conseillers de droite hostiles à l’alliance avec le FN votent donc pour Baur en toute quiétude. Mais la candidature Descaves est en réalité un pur leurre, puisque les 11 voix du FN se portent sur Baur, permettant ainsi son élection surprise.

Woerth justifie ainsi la magouille:" Nous avons pris nos responsabilités pour éviter de livrer la Picardie aux communistes et à leurs alliés trotskistes auxquels ils avaient promis une vice-présidence ".

La même stratégie est reconduite pour l’élection des 4 vice-présidents. Ils sont élus chacun au troisième tour de scrutin, par 27 voix (11 FN, 15 RPR-UDF, 1 CPNT) contre 23 à gauche.

Éric Woerth écrit  encore dans Le Figaro, le 31 août 1998 : " Nous avions délibérément voté pour (Charles) Baur avec un seul objectif : éviter que cette région ne soit donnée au Parti communiste ".  L’argument de "l’exception picarde" sert d’alibi idéologique à l’alliance.

 

La gauche choisit, comme dans les trois autres régions, de mener une politique d’opposition systématique. En Picardie, elle se trouve renforcée par la dissidence des quelques élus de droite, opposants résolus à Baur et à toute alliance avec le FN. Ainsi, Alain Gest (UDF-DL), proche de Gilles de Robien, maire d'Amiens, n’hésite pas à voter plusieurs fois avec la gauche afin d'éviter que des conseillers FN ne représentent la région dans les organismes extérieurs.

Le 17 juillet, Gest démissionne du parti Démocratie Libérale dont il était le président départemental.

Gilles de Robien, député-maire UDF-Démocratie Libérale d’Amiens, quitte également, avec éclat ce parti  et déchire sa carte de membre devant les caméras de télévision. Il proteste ainsi contre l’intégration de Jacques Blanc (président de la région Languedoc-Roussillon élu avec les voix FN et actuel membre du groupe de JF Copé) au sein du groupe DL à l’Assemblée Nationale. Celle-ci a été acceptée par son président Alain Madelin, membre fondateur du groupe fasciste Occident avec Gérard Longuet, Patrick Devedjian, et Claude Goasguen.

Eric Woerth ne se contente pas de faire élire Charles Baur avec le Front National; il poursuit son soutien tant qu’il peut préserver cette alliance.

 

LE VOTE DU BUDGET DE 1999

 

En janvier 1999, la droite se trouve divisée en trois groupes: les sept inconditionnels de Baur qui siègent au sein du groupe UPP (Union pour la Picardie), 3 conseillers RPR et UDF qui comptent ne  pas voter pour le budget d’un exécutif dont ils contestent la légitimité, et l’intergroupe de l’Alliance RPR-UDF (10 élus) qui manoeuvre. Eric Woerth, président de cet intergroupe, se satisfait de cette situation : " Nous avons voté pour lui (Baur), nous n’allons pas faire un putsch ".

Baur menace de démissionner pour prévenir toute tentative de rébellion.

Cette pression ne dérange pas Eric Woerth qui déjeune le jour même avec Baur et refuse une nouvelle élection du président de région,  qui permettrait de le mettre en minorité (cité par Le Figaro du 15 janvier 1999).

Le budget est finalement rejeté le vendredi 15 janvier en ne recueillant que 23 voix. La collaboration entre la droite et Front National, soutenue jusqu’au bout par Woerth, s’effondre.

Woerth n'est jamais revenu sur l'infamie de l'alliance avec le parti de Le Pen

Mise à jour: Jean-François Mancel, ami et soutien de Woerth, s'est maintenant transformé en lobbyiste acharné du régime dictatorial d'Azerbaïdjan. Il est président de l’"association des Amis de l’Azerbaïdjan" et intervient régulièrement pour en défendre les activités corruptrices, notamment lors d'un procès perdu contre Elise Lucet et Cash investigation. 

 

MEMORIAL 98

 

voir aussi:

Succès du Front National: quelles conséquences?

Des "collègues" du FN à la tête de l'UMP

Sarkozy et le Front National: une liaison dangereuse

Devedjian copie les insultes du Front national

Sarkozy-Le Pen: le livre qui révèle

Front National: on recycle?

Sarkozy, Gaudin, Estrosi: l'ombre du Front National

Morano : récidive d’une collaboratrice du Front National

Gaudin: l'impensé colonial

 

 

 

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 22:25

Marine Le Pen et Geert Wilders

 

Les semaines électorales se suivent et hélas se ressemblent.

En Hollande la semaine dernière le  succès du parti xénophobe  de Geert Wilders a démenti les sondages optimistes qui le voyaient refluer en raison des préoccupations économiques et sociales nées de la crise.

En Belgique cette semaine c’est un parti nationaliste flamand qui remporte la mise. Il s'agit d'une formation de la droite radicale, dont la direction est issue de courants extrémistes.

Nous vous invitons à consulter l’article détaillé que nous avions consacré au leader de ce mouvement, lié personnellement à la collaboration du nationalisme flamand avec les nazis (voir Shoah en Belgique: la mémoire trouble de la droite flamande ).

Ces succès des droites radicales ont des effets cumulatifs : chaque poussée électorale de xénophobie, de dénonciation de l’islam,  provoque en cascade une radicalisation des partis qui exploitent ce filon dans l'espace européen .

 

On avait ainsi pu voir comment le succès de l’extrême droite suisse lors du référendum sur les minarets avait poussé le gouvernement français à lancer le « débat » sur l’identité nationale (voir notre article Suisse : nouvelle victoire de l’extrême-droite.).

Nul doute que le résultat des élections néerlandaises et belges vont à leur tour stimuler l’offensive de B. Hortefeux (voir Hortefeux : la honte de la République)

Le bras droit de Sarkozy radicalise d'ailleurs son propos en évoquant maintenant une réforme du code de nationalité, afin de pouvoir pouvoir dénaturaliser des personnes accusées de polygamie.

Or la remise en cause du code de nationalité est dans notre pays, depuis les années 80, un marqueur historique de la convergence/concurrence de la droite avec le Front National, selon la formule de C.Pasqua sur les "valeurs communes" à ces deux forces( voir notre article Succès du Front National: quelles conséquences? ).

 

Il ne doit pas y avoir d’illusion: les prochaines échéances verront, face à la gauche, un Front national offensif et rajeuni et une droite dure  et xénophobe, qui se sent portée par une vague européenne.

Il est temps de s’y préparer

 

MEMORIAL 98

 

 

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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 23:01

 

La condamnation de Brice Hortefeux pour injure raciale met pour l'instant fin au volet juridique de son impunité.

On se souvient qu’avec l’aide de quelques acolytes (dont l’ancienne direction de la LICRA, voir Stéphane Guillon: bravo!,  il avait tenté de maquiller en mauvaise blague "auvergnate" les propos insultants et xénophobes tenus à l’Université d’été de l’UMP voir Hortefeux : le retour du refoulé  

La question désormais posée est celle de son impunité politique : pour la première fois un ministre est  jugé et reconnu coupable pour un acte infamant, contraire à  toute morale et à tout discours civique.

C’est le même Hortefeux qui prétendait, il y a quelques semaines,  déchoir de la nationalité française l’époux de la femme nantaise portant le niqab.

Sa défense par ses collègues et Fillon est sans surprise, bien que grotesque : Hortefeux serait un brave homme, républicain dans l’âme, pas raciste pour un sou.

Mais c’est exactement l’inverse de ce que vient de décider le tribunal, fort indulgent par ailleurs en acceptant de ne pas condamner la tenue publique des propos incriminés.

Le principe de base de tout état de droit est qu’on juge les actes.

La défense de Brice Hortefeux par Julien Dray et Michel Charasse révèle avant tout la dérive politique et morale de ces deux opportunistes venus de la gauche et qui se prêtent très souvent aux manœuvres du pouvoir en place.

Ce gouvernement agit décidément de manière à détruire tout sens civique, tout contre-pouvoir et toute autorité publique qui ne soit pas basée sur la force brute ou la compromission.

Son acharnement à supprimer le poste de Défenseur des enfants, coupable notamment de défendre les enfants de sans-papiers,  en témoigne à nouveau.

Sarkozy est au plus bas dans les sondages ; seul un tiers des sondés lui fait confiance.

Est il supportable de subir la poursuite de son œuvre de destruction des acquis sociaux, de la laïcité, des libertés publiques et de voir  quotidiennement bafoués les principes démocratiques ?

Mise à jour du 27 août 2017 : Hortefeux avec Wauquiez

Hortefeux, toujours porte-parole et "porte-flingue" de Sarkozy, soutient sans surprise Laurent Wauquiez pour l'élection à venir du président du parti LR. Leur racisme, leur cynisme ainsi que leur complaisance à l'égard des thèses du FN, les rassemble 

 

MEMORIAL 98

 

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 22:04

Les événements qui viennent de se dérouler au large de Gaza illustrent  la spirale meurtrière dans laquelle se sont enfermés les gouvernements et l’armée israéliens.

Un an après la guerre menée contre les habitants de ce territoire, le blocus se poursuit avec l’aide du régime égyptien et favorise d'ailleurs le Hamas qui contrôle l’économie des tunnels

L’attaque meurtrière contre les bateaux est une manifestation supplémentaire du sentiment d’impunité de la hiérarchie militaire et de la démesure de ses opérations.

C’est ce qu’avait déjà montré le rapport Gladstone à propos de la guerre de Gaza.

La responsabilité du trio dirigeant Netanyahou-Barak-Liebermann est directement engagée (voir nos articles précédent Israël: le triomphe de Poutine? et Gaza: appel aux consciences ). 

Israël est rongée, gangrenée, par l’occupation des territoires palestiniens et la colonisation qui la conduisent vers une situation catastrophique.

Les citoyens arabes d’Israël sont marginalisés et subissent une discrimination croissante.

Seule une paix juste, passant par le retrait des territoires palestiniens occupés, permet d’envisager un avenir qui ne soit pas celui de la violence perpétuelle et de l’escalade guerrière.

 

MEMORIAL 98

 

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 20:59

 

Nous publions ci-dessous le communiqué d'une association qui agit habituellement hors du champ de la défense des réfugiés et des étrangers soumis à la législation répressive.

C'est à partir de son engagement dans le domaine du handicap et de la bientraitance qu'elle porte un regard sur les conditions d'expulsion de ce jeune originaire du Kosovo, poly-handicapé.

Faites circuler ce texte de protestation.

MEMORIAL 98


 

 

Paris, le 7 mai 2010

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE 

DU GROUPE POLYHANDICAP FRANCE

 

 

Alerté par le communiqué de presse de l’Association des Paralysés de France en date du 5 mai 2010, le G.P.F., regroupant au niveau national des associations, établissements, professionnels et parents accompagnant des personnes polyhandicapées (enfants, adolescents, adultes) s’associe à l’indignation de l’A.P.F. suite à l’expulsion le lundi 3 mai au soir, d’un jeune polyhandicapé, de 15 ans d’origine kosovare, hébergé dans un établissement spécialisé l’ Institut d'éducation motrice (I.E.M.) « Les Jonquilles » à Freyming-Merlebach (département 57).

 Les conditions dans lesquelles s’est déroulée cette expulsion sont inadmissibles : la rapidité d’exécution rend impossible tout recours.

Le dispositif policier a impressionné l’établissement dans lequel séjournait l’enfant et l’A.R.S. (Agence régionale de santé qui en exerce la tutelle) n’a pas été prévenue !? L’impuissance du personnel, a été maximale.

A l’heure où les directives de tous bords imposent, légitimement, de la bientraitance dans les établissements , l'interrogation est forte face à la brutalité rencontrée par cet enfant qui a dû suivre et subir, sans comprendre, un nouvel arrachement alors que son errance semblait, enfin, pour lui, pouvoir se terminer !

 Brutalité également pour les personnels qui sont irrémédiablement sous le choc de ce refus de soins, de paix, d’accueil alors que chaque jour, il leur est recommandé l’inverse !?

Les bonnes pratiques attendues réclament l’attention, le respect, la douceur, le dialogue, la communication, le temps de se faire comprendre, de se poser…

Qu’est devenu cet enfant ? Que va-t-il lui arriver ? Quelle information sera donnée à ceux qui durant les jours précédents cette rupture l’on investi et ont espéré, pour lui, du mieux être, un mieux vivre ? Comment vont-ils dépasser le mensonge prodigué puisqu’ils ont été abusés !!  Qui s’en soucie ?

Cet enfant a cru les adultes de l’I.E.M. mais qui l’informera qu’ils ne lui avaient pas menti; qu’eux-mêmes sont les victimes de la violence d’une politique sécuritaire folle face à l’innocence d’un enfant polyhandicapé ? Ou sont l’éthique et la déontologie ?

 Le Réseau Educatif Sans Frontières a permis de savoir  que cette expulsion, à savoir le renvoi de l’enfant et de sa famille au Kosovo, s’est effectuée le lendemain matin après une nuit passée au Centre de Rétention Administratif de Metz.

 Le polyhandicap dont souffre cet enfant le rend particulièrement vulnérable et réclame, pour lui, une prise en charge spécifique et des soins particuliers dont nous savons qu’ils ne seront assurés au Kosovo.

Comment accepter que la procédure d’étude du dossier par l’A.R.S. (D.D.A.S.S.) n’ait pas été suivie ?

Les Médecins Inspecteurs de santé publique auraient dû être respectés, dans leur mission, pour faire entendre les besoins de soins de cet enfant parmi les plus fragiles mais, ils n’ont même pas été sollicités !

 Le G.P.F., qui œuvre depuis des années pour les droits et le bien-être des personnes polyhandicapées, s’insurge face à cette décision inhumaine d’expulsion indigne d’un pays tel que la France.

Il s’inquiète de la maltraitance et de l’irrespect des missions diverses des professionnels chargés de veiller au droit d’asile le plus élémentaire pour  maintenir la dignité des plus démunis.

G.P.F

30, rue de Prony - 75017 PARIS  Tel et Fax : 01 43 80 95 25

MEMORIAL 98

 

 

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 22:33

 

Dieudonné a abandonné -temporairement?- son habituel langage codé sur les « sionistes » et n’hésite plus à  stigmatiser ouvertement « les Juifs »

"Les gros escrocs de la planète sont tous des Juifs", déclare-t-il, « répondant » ainsi à Zemmour, qui avait affirmé que "la plupart des trafiquants (étaient) noirs et arabes". Il poursuit : "Il faut être Juif pour avoir la liberté d'expression en France. C'est une réalité. Et dire le contraire, c'est avoir peur. Mais on n'a plus peur. Ils nous ont tout fait. Ils nous ont traînés dans la boue, ils nous ont mis à l'état d'esclaves. Ils nous ont colonisés." Et de conclure : "La mort sera plus confortable que la soumission à ces chiens".

Ce changement de vocabulaire est à priori étonnant chez quelqu’un qui a soigneusement veillé à  maintenir la fiction d’un combat exclusif contre les « sionistes ». Ses alliés de la « liste antisioniste » et du parti du même nom maintenaient la même fiction (voir Interdire les listes de Dieudonné ? )

Dans le climat crée récemment par la « libération de la parole » xénophobe, Dieudonné repousse les limites de la provocation. Les propos d’Hortefeux, puis de Zemmour, lui permettent de justifier un discours ouvertement antisémite, présenté comme une  "riposte des opprimés".

De plus, Dieudonné constate qu’on peut débiter des appels à la haine et à la violence, sans avoir à pâtir de conséquences particulières. Après avoir célébré le négationniste Faurisson fin 2008 au Zénith, puis encensé  Céline, puis moqué la « Shoah- ananas »,  il garde néanmoins une forme d’impunité.

Il est régulièrement invité  dans l’émission de débats de Frédéric Taddéi . L’ancien responsable des Guignols Bruno Gaccio publie avec lui un livre de débat sous la houlette de Robert Ménard (ex-animateur de Reporters sans frontières et maintenant défenseur de la peine de mort) 

Le régime iranien lui garantit un soutien matériel constant à la fois par convergence idéologique et aussi en échange de ses propres déclarations à la gloire de la « démocratie iranienne ». On notera à ce propos la récente rencontre de l’ambassadeur iranien avec la fine fleur de l’extrême-droite parisienne (voir link)

Il y a donc chez Dieudonné et son compère Alain Soral une radicalisation croissante et aussi une volonté d’explorer les limites de la violence du discours dans l’espace public.

Mais dans cette escalade il y a aussi un lien politique avec la succession de Le Pen et les débats en cours au sein du Front national.

Celui-ci est partagé entre le courant « moderne » de Marine Le Pen, peu intéressé par la référence antisémite permanenete, et les traditionalistes de Gollnisch, lui-même condamné pour négationnisme et entouré de néo-nazis.

Le premier  contact de Dieudonné avec le FN portait d’ailleurs dès Mars 2005 sur la défense de Gollnisch, au moment où ce dernier devait rendre compte de ses propos négationnistes

Puis ce fut le rapprochement avec Jean-Marie Le Pen, que ce dernier expliquait ainsi :

 "J'ai de l'estime pour Dieudonné, nous nous sommes rapprochés car nous avons des points communs. Nous appartenons tous les deux à la communauté des parias... Nous sommes persécutés de la même manière, à cause de notre liberté de pensée et de notre liberté de parole" (voir Le Pen et Dieudonné: la grande famille des antisémites. )

Dans l’affrontement en cours, Le Pen soutient la candidature de sa fille Marine à sa succession. Mais  à la veille de passer partiellement la main il tient à marquer profondément la matrice antisémite de son mouvement.

Car pour lui, la revanche de la deuxième guerre mondiale et des années 1930 est toujours d’actualité. C’est le sens de l’obsession du « détail » que représenterait la Shoah, reprise  régulièrement depuis 1987 ( Le Pen et le "détail": décryptage ) .

C’est aussi le sens de références codées  à Laval ou au statut des Juifs promulgué par Pétain (voir Le Pen et les "3 grands-parents étrangers" de Sarkozy

Le Pen manipule la mémoire et les banlieues ).

Dans un provocation passée inaperçue de fin 2008, Le Pen présentant  ses vœux de Noël à la radio et à la télévision récitait le poème « Noël en taule » "  de  Robert Brasillach, écrit dans la prison de Fresnes où, ce fasciste déclaré, qui ne cessa de dénoncer nommément des Juifs et des résistants, attendait son procès à l’issue duquel il fut  fusillé pour intelligence avec l’ennemi

Pour l’encore actuel président du FN, les Juifs demeurent les ennemis éternels du nationalisme car ils sont les  porteurs du « mondialisme » abhorré. En cela Le Pen est un héritier des thèses nazies.

C’est ce besoin de revanche qui explique aussi sa déclaration du 25 avril dernier sur Pétain "sauveur des Juifs français".

Ainsi Dieudonné se positionne dans le débat au sein du Front National, qui obsède d’ailleurs toute l’extrême-droite, membre ou pas de ce parti, et aussi une fraction importante de la droite 

On peut ainsi noter que Zemmour (dont on espère qu’il aura à rendre  compte de ses propos xénophobes voir Eric Zemmour: faux rebelle, vrai raciste. ) défend dans les colonnes du Figaro la nécessité d’une  alliance électorale entre le Front National et l’UMP.

Loin d’être de simples « bouffons », ces agitateurs médiatiques participent à leur manière aux soubresauts de la recomposition à l’extrême-droite de l’échiquier politique.

Note:

A la veille du 1er mai et de la parade lepéniste qui a lieu ce jour là, nous  nous souvenons que le 1er mai 1995 Brahim BOUARAM, jeune marocain de 29 ans, a été assassiné par des militants d'extrême droite participant à un cortège du Front National et qui l'ont jetté à la Seine.
Comme chaque année nous nous retrouverons avec plusieurs associations  sur le pont du Carrousel le 1er mai à 11h pour honorer sa mémoire.

 

 

MEMORIAL 98

 

 

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