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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Pour correspondre avec nous, nous proposer des articles ou des informations, pour toute question :

memorial98@protonmail.com

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29 janvier 2026 4 29 /01 /janvier /2026 15:53

Contrairement à ses intentions affichées, la proposition de loi “visant à lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme”, portée par la députée Caroline Yadan, et soutenue par la droite et l’extrême droite, ne vise pas l’antisémitisme qu’elle prétend combattre, et, de surcroît, représente un risque considérable pour les libertés d’expression et d’association.

 

La lutte contre l’antisémitisme est absolument nécessaire et légitime, d’autant que l’on observe, depuis le 7 octobre 2023, une hausse inquiétante des actes antisémites.

Mais cette lutte ne saurait être fondée sur la notion vague du “nouvel antisémitisme”. Trop souvent mal définie, cette notion est la plupart du temps utilisée de manière indue pour assimiler l’hostilité à l’égard de l’Etat d’Israël à celle à l’égard des Juif·ves, créant une sorte d’équivalence entre les deux. Or, c'est précisément ce qui se passe dans la proposition de loi Yadan, qui nous explique que “la haine antijuive se nourrit de la haine obsessionnelle à l’égard d’Israël, régulièrement délégitimé dans son existence et criminalisé”.

 

Il faut le rappeler ici de la manière la plus nette : l’hostilité à l’égard de la politique d’Israël, la “criminalisation” de ses actions, tout cela peut certes s’exprimer de façon antisémite, mais ce n’est pas nécessairement le cas. Cette remarque vaut d’ailleurs aussi pour l’antisionisme, surtout lorsqu’il vise la construction d’un Etat binational et démocratique en Palestine. S’agit-il à chaque fois d’antisémitisme ? C’est un pas qu’on ne saurait franchir sans une argumentation plus élaborée.

 

Pour être antisémite, la critique d’Israël doit en réalité reproduire les modèles typiques de la vision du monde antisémite, en transformant Israël en “Juif des nations” (selon l’expression de Léon Poliakov). L’hostilité à l’égard d’Israël n’a pas de raison d’être stigmatisée comme antisémite si elle ne reproduit pas les éléments structurants de cette idéologie spécifique qu’est l’antisémitisme.

Loin de dissiper la confusion, on voit donc que la proposition de loi Yadan la renforce. De surcroît, au lieu de viser l’extrême droite dont le logiciel nationaliste, raciste et antisémite demeure inchangé, elle vise la gauche, le mouvement social et les antiracistes.

 

Nous dénonçons fermement la confusion entre l’antisémitisme et l’expression d’une opinion politique à l’égard de la politique d’un État. Cette confusion représente un véritable danger pour la lutte contre l’antisémitisme. En outre en limitant ainsi le droit à la condamnation de la politique d’un État, on réduit considérablement la liberté de manifester toute solidarité avec le peuple palestinien.

 

Nous déplorons également que, dans cette proposition de loi, aucune référence ne soit faite à la lutte contre d’autres racismes, notamment à celle contre l’islamophobie, alors que les actes anti-musulmans ont cru de 75 % durant les six premiers mois de l’année 2025, d'après le ministère de l'intérieur. Enfin, nous exprimons notre accord général avec le communiqué intersyndical et associatif, et, comme lui, nous regrettons que la proposition de loi étende “les incriminations d’apologie du terrorisme (déjà sortie de la loi de 1881 sur la liberté de la presse) ou de “négationnisme”, au mépris du principe de légalité qui impose une définition claire et précise pour éviter l’arbitraire”.

 

Fondée sur une analyse erronée de l’antisémitisme, acharnée à limiter la liberté d’expression, indifférente à la lutte contre tous les racismes, la proposition de loi Yadan doit être fermement condamnée. Nous appelons résolument les député·es à la rejeter définitivement.

 

Signataires : Alain Policar, Albert Herszkowicz, Aurélie Pavis, Bernard Bloch, Billal Boufenara, Fatima Bendahmane, Frédérique Reibell, Jan Feigenbaum, Jean-Paul Ravaux, Martine Leibovici, Nicole Garosi,Olia Maruani, Pablo Krasnopolsky, Philippe Corcuff, Yann Kermann

 

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22 janvier 2026 4 22 /01 /janvier /2026 00:34

 

Memorial 98 vous invite à une journée de visite et de débat dans cadre de la maison Emile Zola et du Musée Dreyfus à Médan ( Yvelines), en coopération avec la Ligue des Droits de l'Homme. 

Les informations pratiques figurent ci-dessous.

Les amis de Memorial 98 sont invités à s'inscrire directement à l'adresse suivante : memorial98@protonmail.com. Indiquez nous si vous voulez participer aux visites du matin et/ou au débat de l'après-midi  sur "la lutte contre l'antisémitisme, de l'Affaire Dreyfus à aujourd'hui".

Ce débat résonne fortement avec l'actualité, qui nécessite une mobilisation d'ensemble contre l'antisémitisme et sa progression ainsi que contre tous les racismes.

Nous nous chargeons de la transmission à la LDH.

MEMORIAL 98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme, a été créé en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite ( voir texte ci-dessous). Nous sommes donc heureux de pouvoir participer à cette rencontre dans un lieu historique.

MEMORIAL 98

 

 

 

Le centenaire de la parution du J'accuse de Zola (le 13 Janvier 1998) a donné lieu à de nombreuses commémorations et prises de position.

On connaît moins l'engagement des militants de gauche qui se jetèrent très tôt dans la bataille pour la défense de Dreyfus, contre l'antisémitisme et le nationalisme.

Le 17 janvier 1898, quatre jours après la publication par Émile Zola de son J'accuse, protestant contre la condamnation de Dreyfus, au paroxysme de ce qu'il était alors convenu d'appeler l'Affaire, les antisémites ripostaient violemment.

Dans toute la France des cortèges, pogromistes déferlaient sur les quartiers juifs aux cris de « Conspuez Zola! » et de « Mort aux juifs! ».

A Paris une réunion publique était programmée par l'aile la plus dure de l'antidreyfusisme, dans la salle dite du Tivoli‑Vauxhall à proximité immédiate de l'actuelle place de la République; plusieurs milliers de personnes s'y pressaient.

Une centaine de militants ouvriers parisiens, allemanistes et anarchistes principalement, vinrent apporter une contradiction musclée à ce meeting.

Les orateurs prévus dont Dubuc, président de la jeunesse antisémite, Jules Guérin, président de la Ligue antisémitique de France et directeur du journal l'"Antijuif", ne purent ce soir-là déverser leur poison en toute liberté.

L'estrade fut prise d'assaut et la grande messe antijuive tourna court.

Cette action connut à l'époque un important retentissement; elle figurait en première page de tous les quotidiens parisiens et fut fièrement revendiquée par ses initiateurs.

Ce sursaut fut, dans le mouvement ouvrier de l'époque, la première réaction publique de rejet de l'antisémitisme, alors que l'extrême droite tentait comme aujourd'hui, souvent dans les mêmes termes, d'orienter sa propagande vers les milieux populaires.

Un siècle, jour pour jour après ces événements, l'association Mémorial 98 a voulu rendre hommage à ces pionniers de la lutte antiraciste et réfléchir à cette occasion aux rapports entre le mouvement ouvrier et le combat contre l'antisémitisme.

Il ne s'agissait néanmoins pas d'une commémoration.

En effet, deux années plus tôt en 1996, alors que le mouvement des sans‑papiers se développe avec le soutien de la notoriété de l'abbé Pierre, débute l'affaire Garaudy. Cet ancien dirigeant du Parti communiste fait paraître aux éditions de la Vieille Taupe, spécialisées dans le négationnisme, un livre, qui sous prétexte de dénoncer « les Mythes fondateurs de la politique israélienne », reprend tous les clichés négationnistes. Le scandale s'aggrave lorsque l'abbé Pierre déclare son soutien à Roger Garaudy et multiplie les prises de position antisémites. On apprend à cette occasion que depuis plusieurs années il a défendu ce genre de thèses.

Militants antiracistes engagés dans le soutien aux sans‑papiers, nous sommes alors surpris par la gêne, voire la complaisance qui se manifeste à l'égard de l'abbé. Son discours antisémite est traité ‑ y compris par ceux qui sont en principe les plus vigilants dans la lutte contre le racisme - comme un dérapage, une foucade un peu obscène mais pas très grave.

C'est à ce moment que se cristallise le projet qui devait mener à la création de l'association Mémorial 98.

Notre attention avait déjà été attirée sur cette première mobilisation ouvrière contre l'antisémitisme par quelques phrases d'une brochure de l'organisation Alternative libertaire intitulée « La mauvaise conscience » et qui traitait de l'antisémitisme dans la gauche.

Ce document reprenait les informations de Michel Winock (« La gauche et les juifs » paru dans Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France)1 qui décrit ainsi la situation en janvier 1898 :

« Le 19 janvier après que les poursuites ont été lancées contre Zola un manifeste est lancé par 32 députés socialistes qui se déclarèrent "au-dessus de la mêlée". Les élections législatives devaient avoir lieu en mai 1898.

 Or les socialistes parlementaires sont sensibles à la pénétration des mots d'ordre nationalistes et antisémites dans les couches populaires.

C'est moins du côté du Parlement qu'on retrouve le premier foyer de résistance au nationalisme et les premiers bataillons dreyfusards que dans les tendances antiparlementaires du mouvement ouvrier: dans le groupe dit allemaniste et dans les colonnes de son journal "Le Parti ouvrier" et chez les anarchistes qui entourent Sébastien Faure et le Libertaire.

Dès la fin de l'année 1897 ils ont fait leur choix [...]. Le 17 janvier, Jules Guérin ayant organise une réunion antisémite les anarchistes de Faure et les allemanistes pren­nent d'assaut l'estrade et dispersent la réunion. »

Le mouvement ouvrier français a longtemps hésité à s'engager dans la bataille démocratique et antiraciste. L'évolution de ses dirigeants vers la cause dreyfusarde n'est pas linéaire.

La gangrène antisémite a largement touché le mouvement ouvrier français du XIXe siècle.

Bien entendu, elle était antérieure à celui-ci et n'avait pas épargné la philosophie des Lumières. Voltaire rédigeait ainsi l'article « Juifs » de son Dictionnaire philosophique: « Vous ne trouverez en eux qu'un peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition". »

Néanmoins, la Révolution a reconnu dès 1789 les Juifs comme citoyens français, puis a émancipé ceux d'Alsace et de Lorraine en 1791. Sous Louis‑Philippe, la presse souligne la fortune colossale accumulée par la famille Rothschild, à laquelle on ne tarde pas à assimiler tous les Juifs...

Un antisémitisme à prétention sociale allait dès lors renforcer l'antisémitisme d'origine chrétienne.

Des figures marquantes du mouvement ouvrier français cèdent à la tentation d'amalgamer le Juif et l'usurier, ou d'habiller leur antisémitisme d'un sentiment athéiste. Proudhon, un des pères de l'anarchisme français, écrit à propos de la « race juive » :

« Demander son expulsion de France, à l'exception des individus mariés avec des Françaises; abolir les synagogues, ne les admettre à aucun emploi [...]  Le Juif est l'ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie ou l'exterminer  »2

Le jeune Marx lui‑même tient un discours douteux dans La question juive écrite en 1844 alors qu'il séjournait en France:

« L'argent est le dieu jaloux d'Israël, devant qui nul autre dieu ne doit subsister, »

En 1891, un délégué juif américain demande au congrès international socialiste de Bruxelles de condamner l'antisémitisme. Mais la motion retenue renvoie dos-à-dos « les excitations antisémitiques et philosémitiques ». C'est notamment à la demande de deux délégués français que ce dernier mot a été ajouté.

Édouard Drumont, l'auteur antisémite du best-seller absolu de l'époque "La France juive", n'hésite pas à se parer d'un vocabulaire anticapitaliste :

« Avec le sémite, tout part de la Bourse, tout revient à la Bourse, toute action se résume à une spéculation. [...] Sur qui pèse le régime actuel? Sur l'ouvrier révolutionnaire et sur le conservateur chrétien. L’un est atteint dans ses intérêts vitaux ; l'autre blessé dans ses croyances les plus chères. »3

 

DU CÔTÉ DES ANARCHISTES...

 

Lorsque commence l'affaire Dreyfus, les anarchistes français sont affaiblis par la répression. Beaucoup d'entre eux sont contaminés par l'antisémitisme à prétention sociale. En novembre 1894, au début de l'affaire Dreyfus, Pouget écrit dans son journal "Le Père peinard" :

« Un youtre alsacien, Dreyfus, grosse légume au ministère de la Guerre, a bazardé un tas de secrets militaires en Allemagne. Ohé, bourgeois, ne vous épatez donc pas; les militaires ont ça dans le sang. »4

Les anarchistes qui, comme Bernard Lazare, défendent la cause de Dreyfus sont au début très isolés. Pourquoi défendre un officier, fils de bourgeois... et un « youtre » ?

Bernard Lazare s'engage aux côtés de Dreyfus dès le début de 1895, bien avant Zola, Il essaye de convaincre les autres révolutionnaires d'en finir avec leurs préjugés dans un texte intitulé : « Antisémitisme et révolution ».

Mais il faut attendre janvier 1898 pour que le mouvement anarchiste commence à basculer, notamment grâce à Sébastien Faure. Dans son journal, "Le Libertaire", celui-ci écrit : « Dreyfus est l'enchaîné de vos lois, monde chrétien et société bourgeoise! ».

En février, il répond à Pouget que l'affaire Dreyfus « porte à l'ordre du jour la question sociale toute entière dans ses complexités ». Peu à peu, Émile Pouget et d'autres libertaires finissent par s'engager dans ce que Jean Grave, dirigeant anarchiste, appelle «la lutte entre clarté et obscurantisme». Mais Sébastien Faure sera, après coup, l'objet de nombreuses critiques de la part de ses camarades qui lui reprocheront une « compromission avec les partis politiques  ».

LES SOCIALISTES : DE L’ABSTENTION AU DREYFUSISME

Le socialisme français est fortement divisé à cette époque. Le Parti ouvrier français de Guesde et de Lafargue est le plus organisé.

Les socialistes révolutionnaires d'Allemane, implantés dans le mouvement syndical, viennent de se séparer des possibilistes de Brousse.

Millerand incarne l'aile droite du mouvement, les socialistes indépendants.

Depuis 1893, une quarantaine de socialistes sont députés; parmi eux Jaurès, Guesde et Millerand.

Tous ont longtemps rechigné à s'engager, à l'exception des allemanistes et notamment de Lucien Herr qui mobilisera largement les intellectuels aux côtés de Dreyfus.

Avant l'affaire Dreyfus, Jaurès entretenait des relations somme toute cordiales avec des antisémites notoires comme Drumont et l'ancien communard Rochefort.

En mai 1895, à l'issue de courtes vacances en Algérie et après la condamnation et la déportation de Dreyfus à l'île du Diable, Jaurès publie deux articles dans La Dépêche de Toulouse; il écrit : « Sous la forme un peu étroite de l'antisémitisme se propage en Algérie un véritable esprit révolutionnaire ».

Et Jaurès de reprendre à son compte les arguments du lobby antisémite contre la « puissance juive ». Il n'a vu que « l'usure juive » qui réconcilie contre elle «  l'Européen » et « l'Arabe ».

Lorsque Zola lance son "J'accuse", le 13 janvier 1898, les choses vont évoluer... mais lentement. Le Parti ouvrier socialiste révolutionnaire d'Allemane s'est engagé dès décembre 1894 contre le conseil de guerre qui avait condamné Dreyfus.

« Étrangère à l'antisémitisme, c'est la coopérative d'impri­merie, dirigée par Allemane, qui publie en 1898 la belle Lettre des ouvriers juifs de Paris au Parti socialiste français : cessez de nous prendre pour des Rothschild! »5

Comme on l'a vu, les parlementaires socialistes n'en sont pas du tout là.

Le plus droitier d'entre eux, Millerand, ne se ralliera au camp dreyfusard qu'au tout dernier moment, le 31 août 1898, après le suicide du commandant Henry, auteur confondu du faux accablant Dreyfus; la révision du procès devenant inévitable, le pragmatique Millerand s'y rallia.

L'évolution de Jaurès est plus rapide, mais non exempte d'ambiguïtés. En juin 1898, déjà acquis à la cause dreyfusarde, il déclare encore :

« Nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n'est pas par la fièvre du prophétisme, nous savons bien qu'elle manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de cor­ruption et d'extorsion. Mais nous disons, nous : ce n'est pas la race qu'il faut briser; c'est le mécanisme dont elle se sert, et dont se servent comme elle les exploiteurs chrétiens. »6

L'adhésion au dreyfusisme n'évacue pas tout antisémitisme.

Alors que Jules Guesde l'« orthodoxe » a vu dans J’accuse « le plus grand acte révolutionnaire du siècle », son parti publie néanmoins, fin juillet 1898, un manifeste qui tranche : « Les prolétaires n'ont rien à voir dans cette bagarre ». Seules comptent la lutte de la classe et la révolution sociale.

Derrière ce discours simpliste, se cache la déception électorale de mai 1898 : Jaurès et Guesde ont été battus dans leurs circonscriptions, alors que Drumont est élu à Alger sur la base d'une campagne dont les thèmes sont à la fois « républicains » et antisémites : « Vive l'Armée! Vive la République! À bas les juifs! ».

L'antidreyfusisme ouvrier persiste, notamment chez les travailleurs de l'habillement concurrencés par le nouveau prolétariat juif originaire d'Europe central. Et « l’on compterait 10 % d'ouvriers, en particulier des cheminots, parmi les 100 000 premiers adhérents de la Ligue de la patrie française »7.

Tout de même, l'ensemble du mouvement socialiste finira par entrer dans la bataille.

Le mouvement ouvrier pèsera de tout son poids contre les ligues nationalistes, dans un contexte de remontée de la combativité : entre 1898 et 1900, le nombre de jours de grève passe de 1,2 à 3,7 millions. Dans les manifestations dreyfusardes, « les prolétaires font masse, ils contribuent, avec les étudiants, à dynamiser » le mouvement8.

Dreyfusard très tardif, Millerand deviendra ministre du Bloc des gauches.

Il s'attachera à convaincre Jaurès de se contenter d'une grâce présidentielle et d'abandonner la bataille pour la révision du procès.

L'affaire Dreyfus a montré que la lutte contre le racisme ou pour les droits de l'homme en général n'était pas étrangère à la lutte des classes. Dreyfusard de la première heure, Bernard Lazare écrira en 1901 :

« On ne pourra Jamais détruire l'antisémitisme; on pourra momentanément en enrayer les manifestations violentes, mais on le verra réapparaître selon les circonstances. Le Juif est trop nécessaire aux peuples chrétiens, l'antisémitisme trop utile pour les possédants, les chefs d'État, les dirigeants des nations chrétiennes. Le Juif n'existerait pas pour qu'on puisse détourner sur lui les colères de ceux dont'on spolie et sauver ainsi les coffres‑forts qu'ondoya l'eau du baptême, qu'assurément on l'inventerait.  »9

Notes:

1) WINOCK (Michel), « La gauche et les juifs », Nationalisme, antisémitisme et fascisme en France, Points Histoire, Le Seuil.

2)PROUDHON (P.J.), Carnets, 1858.

3)DRUMONT (Édouard), La France juive, 1886.

4)CRANIGUES (Jean), « Les anarchistes », L'Affaire Dreyfus de A à Z, sous la direction de M. Drouin, Flammarion, 1994.

5)REBÉRIOUX (Madeleine), « Jaurès et les socialistes », L'Affaire Dreyfus de A à Z, op. cit.

6)Ibid note 1.

7)PIGENET (M.), « Les ouvriers et leurs organisations » in L'Affaire Dreyfus de A à Z, op. cit.

 8) Ibid.

9)ORIOL (Philippe), « Bernard Lazare », L'Affaire Dreyfus de A à Z, op cit.

 

 
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14 janvier 2026 3 14 /01 /janvier /2026 11:25

 

Mise à jour du 16 janvier, à diffuser.
Mobilisation Iran à Paris le 17 janvier à 15h: information importante et urgente.
Le Panthéon est bien le rendez-vous confirmé par toutes les organisations.
De là partira une marche en direction de la place d'Italie, point d'arrivée de la manifestation.
Soyons nombreux-ses en solidarité.
Memorial 98
 
 
Immenses manifestations dans tout le pays.
Devant l'ampleur de la révolte, la dictature utilise les seules réponses qu'elle connaît: la violence et la censure.
Face à elle, le peuple iranien luttant pour ses droits marche vers la liberté.
Le retour d'un roi, héritier du bourreau du peuple iranien renversé en 1979, constituerait une régression terrible
Liberté, démocratie, république sociale représentent l'avenir.
Soutien et solidarité au peuple iranien soulevé contre la dictature.
 
Memorial 98

Appel à rassemblement  le samedi 17 janvier 2026, à 15h, au Panthéon à Paris, et partout en France

Le 28 décembre, les Iraniennes et les Iraniens sont descendus dans la rue, d’abord pour dénoncer le coût de la vie et rapidement pour se libérer du joug de la dictature criminelle, théocratique, militarisée et patriarcale de Khamenei.

À Téhéran, à Chiraz, à Yazd, dans de grandes villes et de petits villages, des centaines de milliers de personnes manifestent et crient leur aspiration collective à la liberté, la démocratie et la dignité.

Devant l’ampleur de la révolte, la dictature a choisi une fois de plus de répondre par la violence et la terreur.

Depuis le 9 janvier, face à la détermination des manifestants qui résistent malgré les morts, les blessés, les arrestations arbitraires et les disparitions forcées, le régime a imposé la coupure d’internet, du téléphone et des messageries dans tout le pays afin de pouvoir massacrer son peuple à huis clos.

Face au régime sanguinaire au pouvoir, les Iraniennes et Iraniens opposent le courage et la détermination d’un peuple à manifester et à s’exprimer pacifiquement ainsi qu’ils l’avaient fait en 1979 pour renverser la dictature du Shah.

Liberté, démocratie, dignité sont l’avenir que les Iraniennes et Iraniens sont en train d’écrire eux-mêmes, sans sauveur suprême, ni libérateur étranger.

Les Iraniens et les Iraniennes sont seul·es maîtres de leur destin qu’ils choisiront aux termes d’élections libres.

Nous appelons les autorités françaises et les institutions européennes à exiger du régime iranien qu’il respecte le droit de manifester et d’exprimer ses opinions et cesse immédiatement la répression à l’encontre des manifestant-es.

Nous, acteurs de la société civile, exprimons notre entière solidarité avec la lutte des Iraniennes et Iraniens contre l’oppression et la tyrannie.

Nous appelons à une mobilisation massive en soutien au peuple iranien samedi 17 janvier 2026, à 15h, au Panthéon à Paris, et partout en France.

Solidarité avec les Iranien-ne-s en lutte pour la démocratie et la liberté. 

À bas les dictateurs ! 

Femmes, vie, liberté vit et vaincra !

Premiers signataires : Iran Justice, LDDHI (Ligue des droits de l’Homme en Iran), Alliance des femmes pour la démocratie (AFD), Cedetim Ipam, Comité français du réseau européen de solidarité avec l’Ukraine, Confédération générale du travail (CGT), Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), France Kurdistan, Institut Ouïghour d’Europe, LDH (Ligue des droits de l’Homme), Memorial 98, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), Russie-Libertés, SOS Racisme, Ukraine CombArt.

Paris, le 13 janvier 2026

 
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12 décembre 2025 5 12 /12 /décembre /2025 23:01

 

 

Récit de la confrontation avec une provocation antisémite dans une manifestation de soutien aux Palestiniens
En cette fin novembre, dans une manifestation internationale de solidarité avec le peuple palestinien, une personne a fait porter à un enfant une étoile jaune « juive » à six branches, marquée du mot “Pelištīm”.
En tant que militant antifasciste, lorsque j’ai aperçu cette grande étoile dans le cortège j’ai tout de suite averti mon camarade Albert afin que l’on puisse venir interpeler l’adulte qui accompagnait cet enfant. Déjà sur la défensive, celui-ci, qui avait repris son étoile, nous affirma qu’il s’agissait du « symbole des génocides ».
Nous avons donc immédiatement sollicité le service d’ordre du cortège dans lequel nous nous trouvions (cortège unitaire au mot d'ordre d'une paix juste et durable en Israël/Palestine) qui après quelques hésitations s’est chargé de le faire sortir du cortège.
Cette étoile jaune n’est pas un détail. Ce n’est pas une maladresse anodine.
C’est une instrumentalisation mémorielle grave, contraire à toute lutte antifasciste, antiraciste et anticoloniale.
L’étoile jaune n’est pas un symbole universel : c’est le symbole d’un génocide précis
L’étoile jaune n’a jamais représenté “les génocides”.
Elle représente un seul génocide, celui des Juifves d’Europe, décidé et mis en œuvre par le régime nazi qui a contraint les Juifs à porter cette étoile comme signe de marquage annonçant le massacre. La brandir comme un symbole générique, c’est effacer l’histoire réelle, déposséder le peuple juif de son propre traumatisme et transformer un instrument de persécution antisémite en outil rhétorique interchangeable.
Cette confusion voulue n’est pas neutre : elle vise à banaliser la Shoah et affaiblit la lutte contre l’antisémitisme.
Faire porter ce symbole à un enfant est moralement indécent
Un enfant ne connaît pas la Shoah.
Il ne comprend pas les génocides.
Il ne peut pas saisir le sens d’un symbole traumatique utilisé comme arme politique.
C’est l’instrumentaliser, le mettre en scène comme justification de sa propre indignation.
Cette mise en scène est dangereuse : le devoir des adultes est de protéger les enfants, pas de s’en servir.
Lier la Shoah et les crimes commis à Gaza est un raccourci antisémite
Porter l’étoile jaune pour évoquer Gaza, c’est dire implicitement :
« Vous (Juifs) qui avez subi un génocide, vous en commettez un autre. »
Ce glissement est un procédé antisémite connu :
il consiste à essentialiser les juifves en les imaginant porteur.euse.s d’une responsabilité transhistorique, héréditaire ou morale, comme si un peuple pouvait “reproduire” un génocide qu’il a subi.
C’est un raisonnement raciste :
il attribue collectivement à des millions de juifves vivant.e.s partout dans le monde, une responsabilité dans les crimes commis à Gaza.
Or les responsables ne sont pas “les Juifs” :
ce sont des politiques coloniales, des gouvernements d’extrême droite, des suprémacistes, des colons armés, des fanatiques religieux, des dirigeants qui utilisent la violence d’État comme instrument.
Mêler la Shoah à Gaza, est donc complètement faux : c’est un détournement qui éloigne du vrai terrain politique, celui des structures coloniales, racistes et militaristes qui oppriment les Palestiniens.
Le génocide n’enseigne rien : il détruit
Dire qu’un peuple victime d’un génocide devrait être “meilleur”, “plus moral” ou “avoir appris” de celui-ci afin qu’il ne reproduise jamais ce qu’on lui a fait, c’est ignorer que le génocide n’a jamais eu aucune vertu pédagogique et qu’il ne construit pas de sagesse : il détruit des vies, des familles, des cultures, des mondes entiers. Aucun être humain, aucun peuple n’est jamais sorti grandi après avoir subi un massacre ou un asservissement.
Les Juifves d’aujourd’hui ne sont redevables d’aucune leçon tirée de la Shoah.
Iels ne portent ni une pureté politique, ni une responsabilité éternelle. Essentialiser un peuple est déjà sortir du terrain de l’antifascisme.
Pelištīm” n'a rien à voir avec les Palestiniens d’aujourd’hui
L’inscription “Pelištīm” n’est pas une marque d’érudition. C’est un artifice pseudo-historique.
“Pelištīm” est l’orthographe hellénisée des Philistins, peuple venu de l’Égée et de Chypre.
Rien à voir avec les Palestiniens contemporains, la Gaza moderne ou la lutte anticoloniale actuelle.
Confondre Philistins et Palestiniens, c’est nier l’histoire propre de la Palestine moderne, dépolitiser la lutte réelle contre l’occupation coloniale et embrouiller volontairement les consciences.
Le confusionnisme invisibilise les peuples et écrase leurs histoires
Ce confusionnisme efface tout le monde :
– il efface l’histoire juive en transformant l’étoile jaune en symbole générique ;
– il efface l’histoire palestinienne en lui imposant des références bibliques étrangères ;
– il efface les autres génocides en prétendant qu’un seul symbole pourrait les représenter tous.
C’est la logique même du confusionnisme :
Tout mélanger jusqu’à ce que plus rien ne soit compréhensible,
et jusqu’à ce que les oppressions réelles disparaissent derrière les amalgames.
Sans formation antiraciste, nos luttes deviennent vulnérables
Que la plupart des manifestants et même le service d’ordre n’aient pas réagi tout de suite face à cette étoile jaune brandie dans le cortège montre le manque de formation antiraciste, particulièrement sur l’antisémitisme.
On ne construit pas une lutte anticoloniale solide sans comprendre les amalgames, les glissements, les préjugés.
On ne peut pas combattre un génocide en reprenant les symboles et les logiques d’une idéologie génocidaire.
Ignorer ces dérives, c’est laisser la porte ouverte aux instrumentalisations, aux manipulations, aux récupérations et au confusionnisme.
Ce symbole n’a pas sa place dans nos luttes
Nous n’avons pas besoin de détourner les symboles d’un génocide pour en dénoncer un autre.
Les symboles palestiniens existent et ils suffisent.
La lutte pour la Palestine mérite mieux que la confusion.
Elle mérite la clarté, la justice et la solidarité, pas la banalisation de l’antisémitisme et l’effacement des histoires.
Nous continuerons à soutenir les Palestiniens,
à dénoncer le génocide, à combattre le colonialisme, sans écraser aucune histoire et sans détourner aucun symbole.
Giuliano Lesiak et Albert Herszkowicz
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15 novembre 2025 6 15 /11 /novembre /2025 01:24

Pétain: débattre avec l'historien spécialiste de Vichy  Laurent Joly.

Invitation à faire circuler afin de participer à un webinaire passionnant le spécialiste de Vichy, alors que les nostalgiques de Pétain organisent une messe à sa mémoire à Verdun

Lundi 17 novembre à 20h, le Réseau d'Actions contre l'Antisémitisme et tous les Racismes vous invite à un webinaire avec l'historien Laurent Joly sur le thème "Comment on a écrit l'histoire de Vichy et du génocide des Juifs·ves, entre complaisance et vérité"
Autour de son livre "Le Savoir des victimes : Comment on a écrit l’histoire de Vichy et du génocide des juifs de 1945 à nos jours, Grasset, coll. « Essais et documents », 2025,  et du livre qui vient de paraître sous sa direction Vichy. Histoire d’une dictature. 1940-1944.
✍️ Pour participer, inscrivez-vous par mail à webinaires.raar@gmail.com afin d'obtenir le lien de la visioconférence
Sous quelle forme, et au terme de quels combats contre la complaisance et les falsifications, la vérité sur les crimes antisémites de Vichy s’est-elle imposée au plus grand nombre ?
Laurent Joly retrace le récit mensonger, largement diffusé jusqu’à la fin des années 1960, fondé sur la stratégie judiciaire de Pétain et Laval, qui tentèrent de faire passer leur action criminelle pour une politique de « moindre mal » destinée à sauver les Juifs français·ses.
Dernier livres parus de Laurent Joly :
(sous sa direction) Vichy. Histoire d’une dictature. 1940-1944, Tallandier, 2025.
Le Savoir des victimes : Comment on a écrit l’histoire de Vichy et du génocide des juifs de 1945 à nos jours, Grasset, coll. « Essais et documents », 2025,
La France et la Shoah : l’occupant, les victimes, l’opinion (1940-1944), Calmann-Lévy, 2023,
La Falsification de l’histoire : Éric Zemmour, l’extrême droite, Vichy et les Juifs, Grasset, 2022.
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15 novembre 2025 6 15 /11 /novembre /2025 00:31
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La messe d’hommage à Pétain à Verdun ce samedi 14 novembre constitue un scandale et un injure à la mémoire des victimes de sa politique de collaboration avec les nazis .
Suite à la décision du tribunal administratif le groupe ouvertement pétainiste  nommé « Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain « (ADMP) pourra tenir cette messe.
Elle a fait annuler l’arrêté du maire de Verdu, Samuel Hazard de Verdun interdisant la cérémonie religieuse. «Je n’accepterai jamais qu’une messe soit célébrée à Verdun en hommage à Pétain», a –t-il déclaré il a également fait part de son «dégoût et [de sa] très vive colère» à l’annonce de cette cérémonie programmée pour ce samedi matin, dans l’église Saint-Jean-Baptiste de la ville. «Verdun est la cité de l’universalité. Pétain est l’antithèse de l’humanité», a-t-il ajouté. Il sera présent devant l’église afin d’empêcher la tenue de la messe et appelle la population à  se joindre à son action que nous saluons.

Le président de l’AMDP a repris la fable de Pétain « sauveteur des Juifs français », directement reprise des mensonge de Zemmour. Ce dernier a d’ailleurs été condamné par la cour d’appel de Paris à 10 000 euros d’amende,  le 2 avril 2025 pour « contestation de crime contre l’humanité » après avoir soutenu, en 2019, que le maréchal Pétain avait « sauvé les Juifs français » durant la seconde guerre mondiale.

 
Dès le 24 octobre 1940, Pétain rencontrait Hitler à Montoire-sur-le-Loir. Leur poignée de main lançait la collaboration
 
C'est lors du discours de Pétain du 30 Octobre 1940, après cette rencontre avec Hitler, qu'est annoncée pour la première fois explicitement cette collaboration, qui se déploiera dans de très nombreux aspects, au plus grand profit du Reich nazi et de ses acolytes français.
On notera que dans ce discours, Pétain indiqua qu'il s'est rendu librement à la rencontre avec Hitler, sans aucune pression allemande et qu'il utilise le terme nazi de « Führer » quand il mentionne ce dernier. 
A cette date du 30 octobre, le régime de Vichy avait
déjà promulgué plusieurs lois racistes et antisémites très orientées.
Il s’agit de la possibilité de déchoir de sa nationalité un Français naturalisé (16 juillet 1940), de l’abrogation du décret Marchandeau du 21 avril 1939 pénalisant le délit d’injure ou de diffamation raciale et l'amnistie des faits commis de ce type depuis cette date ( 27 août ) le premier statut discriminatoire des Juifs du 3 octobre (publié le 18 octobre ), l’abrogation du décret Crémieux de 1870 (qui accordait la nationalité française aux Juifs d’Algérie) le 7 octobre. 
On sait maintenant que Pétain a lui-même durci les dispositions du statut des Juifs, comme le montrent ses mentions manuscrites sur ce document, mises à jour par le Mémorial de la Shoah
Il n’a en rien constitué un « bouclier » contre les nazis comme le prétendait une partie de l’historiographie de la droite et comme le proclame l’extrême-droite et surtout son défenseur Eric Zemmour.
Nous n’oublions pas que François Mitterrand alors président de la République, a fait déposer chaque année de 1987 à 1992 lors du 11 novembre, une gerbe de fleurs présidentielle sur la tombe du Maréchal Pétain, à l’île d’Yeu, au prétexte du rôle de ce dernier lors la première guerre mondiale ( au cours de laquelle il fut d'ailleurs particulièrement actif dans le massacre des soldats révoltés )
François Mitterrand ayant déclaré qu’il honorait simplement la mémoire de l’homme de Verdun et nullement celle du chef de l’État français. Pour l'historien André Kaspi, une telle distinction est artificielle : « Le Pétain collaborateur de 1940-1944 n'a pu égarer les Français et en convaincre bon nombre de le suivre que parce qu'il bénéficiait du prestige du Pétain de 1914-1918. L'un n'aurait pas existé sans l'autre" ( in Chronologie commentée de la Deuxième Guerre mondiale)
 
Les associations de résistants et de victimes du nazisme avaient beau protester unanimement, rien n'y faisait. En 1992 le scandale fut plus important, car une large campagne publique se déroulait contre ce geste de révérence à l'égard du chef de la collaboration.  
Du coup, le préfet de la Vendée, chargé par la présidence de la République de fleurir la tombe  le 11 novembre, dut attendre cette année-là 17 h 15 pour se rendre en hélicoptère sur l'île d'Yeu, lieu de sépulture de Pétain. Il craignait  d'être confronté aux manifestants présents sur place. C'était juste après que Serge Klarsfeld et la quarantaine de personnes l'accompagnant eurent pris le dernier bateau régulier de retour de l'île. Ils étaient venus «s'assurer qu'une gerbe ne sera plus déposée sur la tombe de Pétain par le président de la République». Au bout du compte, la gerbe du préfet côtoyait celles déposées dans les heures précédentes par Jean-Marie Le Pen et par "l'Association nationale Pétain Verdun" (ANPV, émanation des nostalgiques de Vichy).  Devant l’ampleur du scandale, Mitterrand fut contraint de suspendre l'hommage à Pétain à partir de 1993, c'est à dire à la toute fin de son deuxième septennat.

En 2018, c'est Emmanuel Macron qui a voulu rendre hommage à Pétain lors du centenaire de l'armistice, avant d'être contraint de reculer.  

On notera  que Pétain avait déjà manifesté son antisémitisme lors du pogrom nazi de la Nuit de Cristal en novembre 1938

Saisi d'un texte de protestation contre ce pogrom, il avait rayé de sa main la formulation mentionnant la condamnation des "violences antijuives" au profit d'une formule plus neutre "persécution religieuses ou racistes". Ses autres modifications vont dans le même sens d'atténuation de cette déclaration (voir ci-dessous le fac-similé de ses modifications). 

 
   
 

 

 
Il y a une continuité entre le programme antisémite des nazis qui envisageaient ouvertement l'exclusion et l'élimination des Juifs, la mise en pratique de cette politique lors de la Nuit de Cristal, puis le discours d'Hitler du 30 janvier 1939, à Berlin, devant le Reichstag, annonçant la Shoah en déclarant:
« Aujourd'hui, je serai encore un prophète : si la finance juive internationale en Europe et hors d'Europe devait parvenir encore une fois à précipiter les peuples dans une guerre mondiale, alors le résultat ne serait pas la Bolchevisation du monde, donc la victoire de la juiverie, au contraire, ce serait l'anéantissement de la race juive en Europe. ».
 
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30 octobre 2025 4 30 /10 /octobre /2025 00:13

 

Retrouvons nous  dimanche 9 Novembre à 17H devant le gymnase Japy (2 rue Japy 75011, métro Charonne) afin de rendre hommage aux victimes de la Nuit de Cristal nazie et de tous les génocides et crimes contre l'humanité et pour affirmer notre détermination à combattre l'extrême-droite et toutes les idéologies de haine.

Memorial 98, avec ses partenaires, organise pour la 12e année consécutive, un rassemblement en mémoire des victimes de la « Nuit de Cristal », pogrom d’État commis par les nazis le 9 novembre 1938, contre les Juifs d’Allemagne, d’Autriche et des Sudètes. 

Le gymnase Japy est un lieu particulier de mémoire puisque c’est là que furent parqués les Juifs raflés par la police de Vichy dès 1941, avant d’être déportés vers les camps de la mort nazis.

Alors que les actes racistes et antisémites connaissent une augmentation vertigineuse en France et dans toute l'Europe, nous nous rassemblons afin de commémorer la Nuit de Cristal nazie, qui annonçait la Shoah.

L'extrême-droite est à l'offensive dans le monde entier, en diffusant les poisons du racisme, de l'antisémitisme, du négationnisme et du complotisme.

Elle est au pouvoir ou se prépare à y accéder dans de nombreux pays d'Europe, dont le nôtre. 

Nous appelons plus que jamais à combattre cette avancée mortifère.

Soutiens: RAAR, Ibuka France ( association des rescapés du génocide des Tutsi) Collectif VAN ( vigilance arménienne contre le négationnisme)  Collectif Golem, SOS-Racisme, Association nationale des gens du voyage citoyens-ANGVC, JJR, Association Fonds Mémoire d'Auschwitz (AFMA), UJRE, Union syndicale Solidaires. MRAP, Ligue des Droits de l'Homme

Nuit de Cristal: les SA, les SS et la Gestapo en action, sous le prétexte d'une "réaction populaire" contre les Juifs.

                  Commerce vandalisé avec la mention " Juda (Juif) traître"

Les nazis guettaient une occasion pour lancer une étape supplémentaire de ce qui deviendrait, selon leur terminologie, la « solution finale du problème juif en Europe».

Le premier acte en fut un vaste pogrom organisé dans tous les territoires sous domination allemande, destiné à terroriser les populations juives et à les forcer à émigrer.

L'attentat à Paris contre le conseiller d’ambassade allemand Vom Rath leur offrit un prétexte idéal.

Herschel Grynzspan était un jeune Juif polonais qui, le 7 novembre 1938, dans un geste de protestation contre le sort des Juifs en Allemagne et l'expulsion de milliers d'entre eux vers la Pologne, avait abattu à Paris le conseiller d'ambassade Vom Rath.

Hitler prépara alors une mise en scène destinée à démontrer que les Allemands du Grand Reich étaient menacés par les Juifs. Le quotidien officiel du parti nazi, le "Völkischer Beobatcher", dirigé par Goebbels, écrivit ainsi le 8 novembre, alors que Vom Rath était encore vivant :

 "… Il est clair que le peuple allemand tirera les conclusions de cette nouvelle action. On ne peut plus tolérer que des centaines de Juifs règnent encore à l'intérieur de nos frontières sur des rues entières de magasins, qu'ils peuplent nos lieux de distractions, que des propriétaires étrangers empochent l'argent des locataires allemands tandis que leurs frères de race incitent au-dehors à la guerre contre l'Allemagne et tuent des fonctionnaires allemands"

Parallèlement, dès le 8 novembre, les nazis prirent la précaution de confisquer chez les Juifs tout objet que ceux-ci pourraient utiliser pour se défendre.

Lorsque Vom Rath décèda, le 9 novembre, l’organisation de la terreur était en place.

Au moment où la nouvelle parvient à Hitler, ce dernier se trouvait à Munich, avec la « vieille garde » des Sections d’assaut du parti nazi (SA).

Ils étaient réunis comme chaque année pour commémorer la tentative de putsch nazi de 1923 qui avait également eu lieu un 9 novembre.

Hitler quitta l'assemblée sans prononcer de discours et déclara:

"Il faut laisser le champ libre aux SA (Sections d'Assaut)"

C'est Goebbels, ministre de la propagande, qui se chargea d'annoncer publiquement le décès de Vom Rath devant l'assemblée des SA et également d'inciter au pogrom.

Les principaux chefs nazis quittent ensuite la réunion et téléphonent des instructions à leurs sections régionales.

Pour les troupes nazies, il s'agissait d’abord d'incendier les synagogues, sans laisser les pompiers intervenir, de détruire les magasins juifs et d’y apposer des pancartes "Mort à la juiverie internationale", ainsi que de tuer sur place les Juifs trouvés en possession d'une arme.

Dans le même temps, un message secret était diffusé depuis la direction de la Gestapo (police secrète d’État) de Berlin.

Pour la Gestapo, il s'agissait d'incendier les synagogues, mais aussi d'empêcher les pillages et de mettre en lieu sûr les archives trouvées dans les synagogues, de préparer l'arrestation de 20 à 30 000 Juifs parmi les plus fortunés, de traiter avec une « extrême rigueur » les Juifs trouvés avec des armes.

Dans son Journal, Goebbels confirme qu'il présenta un rapport sur la situation à Hitler; ce dernier décida de laisser les manifestations se poursuivre et donc de faire retirer la police.

Goebbels commenta mensongèrement : « Les Juifs doivent sentir pour une fois la colère du peuple. »

Il décrivit ensuite précisément son action, motiva les indécis. Il fut ovationné par les dirigeants du parti. Tous se précipitèrent sur leurs téléphones. Le bataillon des SA « Hitler » partit attaquer les Juifs de  Munich.

Selon les directives de Goebbels, la seule réserve était de ne pas apparaître en tant qu'organisation officielle. La fiction de la « réaction populaire » devait être maintenue.

Aussi, les SA et les SS s'habillèrent en civil et passèrent à l'acte dès 1 heure de matin.

Du nord au sud de l'Allemagne, incluant l'Autriche et Sudètes annexées, synagogues, maisons communautaires, asiles de vieillards, hôpitaux juifs, maisons d'enfants, logements privés et magasins juifs subirent l'assaut.

Les synagogues furent pillées, saccagées, détruites, incendiées, sans que les pompiers n'interviennent, se contentant d'empêcher la propagation des incendies aux maisons alentour. Des groupes de SA attaquèrent les magasins juifs qui étaient facilement reconnaissables, depuis qu'une ordonnance nazie avait exigé que le nom du propriétaire soit peint en grandes lettres sur la vitrine. 

Le bilan fut terrible:

267 synagogues détruites 7 500 entreprises et commerces saccagés, 2000 à 2500 Juifs périrent: le jour même, assassinés par les SA et SS, des  centaines se suicidèrent ou moururent par la suite des sévices infligés dans les camps de concentration.

Vingt-cinq mille hommes furent envoyés dans les camps notamment à Dachau ( 109111, comme Dachau (10 911 dont environ 4 600 en provenance de Vienne ), Buchenwald (9 845 personnes) et  Sachsenhausen (au moins 6 000)

NI OUBLI NI PARDON

MEMORIAL 98

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3 octobre 2025 5 03 /10 /octobre /2025 00:44

 

5 octobre : Rassemblons nous à Paris Place de la Sorbonne pour la justice et la paix  

Deux ans après l’attaque terroriste du Hamas le 7 octobre 2023, le traumatisme est encore très ressenti dans la société israélienne. En réponse, le gouvernement israélien d'extrême-droite de Netanyahou mène depuis lors une guerre de destruction systématique contre la population de Gaza et a accéléré la colonisation en Cisjordanie.

Nous sommes solidaires des victimes israéliennes du Hamas et exigeons la libération immédiate de tous les otages. Nous sommes solidaires des victimes palestiniennes, victimes de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

Partout dans le monde, des forces se lèvent pour la paix et l’arrêt des massacres. En Israël, le gouvernement Netanyahou fait face à une mobilisation d’une très large partie de la société pour arrêter la guerre.

Face aux nouvelles escalades qui mettent en péril la vie des habitants de Gaza et celle des otages israéliens détenus par le Hamas, nos amis de l’organisation israélienne Standing Together, qui regroupe des Juifs et des Palestiniens, appelent à refuser ce qu’ils qualifient de guerre d’annihilation.

 

Rassemblons nous le 5 octobre!

Pour une manifestation de solidarité et d’espoir s’opposant à la logique de guerre totale et de destruction généralisée.

Pour rendre hommage aux victimes ainsi qu’à ceux et celles qui font tout pour aboutir à un avenir de justice et de paix.

Pour exiger de nos pouvoirs publics d’agir en sanctionnant le gouvernement israélien et en soutenant les artisans de la paix face aux va-t’en guerre.

 

Ensemble, exigeons :

  • Un cessez-le-feu immédiat et permanent et l'entrée massive d’une aide humanitaire et médicale à Gaza
  • La libération immédiate de tous les otages israéliens 
  • La fin de l'occupation, de la colonisation et de l'apartheid israélien à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
  • La libération des prisonniers politiques palestiniens.
  • Une paix juste et durable pour les Palestiniens et les Israéliens, fondée sur la dignité, l'égalité et le respect des droits humains.

Notre rassemblement est un appel à l'action pour la paix, la justice et la fin de la guerre de destruction menée par le gouvernement d'extrême-droite israélien.

Memorial 98 soutient cette initiative et vous appelle à y participer

Memorial 98

 

 

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1 septembre 2025 1 01 /09 /septembre /2025 00:58

 

Rassemblement à Paris Place de la Sorbonne

Samedi 6 septembre à partir de 15h

La situation à Gaza s’aggrave constamment.

À la date du 15 août, un peu plus de 500 000 Gazaoui·es, dont une majorité dans le nord du territoire, se trouvaient en situation de famine, caractérisée par un niveau extrême de malnutrition,  selon les termes de l’ONU.

« La famine est une course contre la montre. Un cessez-le-feu immédiat et la fin du conflit sont essentiels pour permettre une intervention humanitaire à grande échelle et sans entraves afin de sauver des vies », préviennent les experts de l’IPC (Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire), alors même que des réserves de nourriture et de médicaments sont disponibles à quelques kilomètres du territoire palestinien.

Cette situation va encore se dégrader avec l’annonce de la conquête de la ville de Gaza par l’armée israélienne, qui conduirait à l’évacuation forcée d’un million de personnes vers le sud du territoire de Gaza.

Face à ces nouvelles escalades, qui menacent la vie de la population gazaouie et celle des otages israéliens détenus par le Hamas, nos ami·es du mouvement israélien Standing Together, qui rassemble des citoyen·ne·s juifs·ves et palestinien·nes d’Israël , organisent la protestation et appellent  à refuser ce qu’ils qualifient de guerre d’annihilation et d’extermination. 

Dans ce but, ils multiplient les actions publiques. Ils ont manifesté jusqu’à la frontière de Gaza en portant des sacs de farine, symbole de la famine organisée et défilent en arborant les photos des enfants gazaouis tués. 

En solidarité avec leur combat, nous exposerons des photos de leurs diverses mobilisations, témoignerons de leur constante activité et expliquerons comment les soutenir. Des élu·es et des personnalités exprimeront aussi leur soutien. 

Ce rassemblement est ouvert à tous ceux et toutes celles qui partagent le désir de contribuer au combat d’urgence pour sauver des vies.

Rejoignez-nous le 6 septembre à 15h afin de nous mobiliser pour un cessez-le-feu immédiat et permanent, l’entrée massive de l’aide humanitaire et médicale, la libération immédiate des otages israéliens, la fin de l’occupation, de la colonisation et de l’apartheid,  et pour une paix juste et durable.

SAUVONS DES VIES À GAZA

Ami·es de Standing Together en France ( FOST), RAAR (Réseau d’Actions contre l’Antisémitisme et tous les Racismes) SOS-Racisme, Memorial 98

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16 juillet 2025 3 16 /07 /juillet /2025 22:08

 

La rafle du Vel' d'Hiv' est la plus vaste opération d'arrestation de Juifs pendant la Seconde guerre mondiale en Europe occidentale, pour laquelle le régime de Vichy avait mobilisé la police française.
 

En effet les Allemands ont ordonné la livraison de dizaines de milliers de Juifs afin de les massacrer dans les camps de la mort et ont délégué l'ensemble du travail de rafle à la police française de Vichy, commandée par René Bousquet. Celui-ci porte la responsabilité de cette rafle ainsi que de celle de Marseille mais n'a jamais été jugé. Après la guerre il fut réintégré dans les appareils financiers et politiques les plus élevés, devenant l'ami de François Mitterrand qui le recevait régulièrement, comme le montre notamment la photo de leur rencontre amicale dans la résidence de ce dernier

 

 

Ainsi les raflés du Vel' d'Hiv' n'ont rencontré aucun soldat ou policier allemand, mais uniquement ceux de la police et de la gendarmerie de Vichy.

D'autres rafles avaient précédé celle-ci, dont celle du 20 août 1941. 

Puis le 7 juin 1942, le port de l'étoile jaune entrait en vigueur pour les Juifs de la zone occupée et ce dès l'âge de 6 ans. Il s'agissait ainsi pour les nazis de désigner et stigmatiser la population juive.




 

 

  

Les 16 et 17 juillet 1942, à Paris 12884 Juifs  furent arrêtés par la police française jusqu'à la fin de l’opérationle 17 juillet à 13 h. Les fiches des « absents » lors de la rafle restent dans les commissariats et des équipes spéciales font des visites régulières pendant plusieurs semaines, comme l'indique l'historien Laurent Joly dans son livre " L' État contre les Juifs" ( voir ici notre entretien avec l'auteur)
 
Au total le nombre de raflé.e.s jusqu'au 20 juillet est de 13152.
1129 hommes, 2916 femmes et 4115 enfants sont enfermés dans l’enceinte sportive du Vélodrome d’Hiver. Les conditions sont effroyables, comme en témoignent les rescapé.e.s

 Les raflés du Vel d'Hiv' prennent la route de l'extermination
 
A partir du Vel' d'Hiv', les couples sans enfants et les célibataires (1989 hommes et 3003 femmes) sont internés au camp de Drancy.  
Du 19 au 22 juillet, les familles du Vél’ d’Hiv’ sont quant à elles transportées dans les camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande (Loiret) gérés par l’administration française.
Adultes et adolescents sont alors déportés en premier, par quatre convois entre le 31 juillet et le 7 août 1942.
 
Le sort des enfants 
 
Brutalement séparés de leurs parents, environ 3000 enfants en bas-âge sont laissés sur place dans une affreuse détresse. Les parents ont été rapidement déportés vers Auschwitz, alors que les nazis n’ont pas encore donné leur réponse quant au sort des enfants. 
La période durant laquelle les enfants internés dans les camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande ont vécu séparés de leurs parents déjà déportés, est décrite par les témoins comme un des moments les plus insupportables. Âgés de 2 à 15 ans, ceux-ci restent seuls durant plusieurs semaines. Désorientés par l’absence de leurs parents et vivant dans des baraques inadaptées à la présence d’enfants, ils vivent dans des conditions d’hygiène catastrophiques. Huit d'entre eux meurent durant cette période.

Dès le 6 juillet 1942, Theodor Dannecker, gradé SS en charge de la déportation des Juifs de France ,  avait informé son supérieur à Berlin, Adolf Eichmann : « Le président Laval a proposé que, lors de l’évacuation des familles juives de zone non occupée (sous responsabilité du régime de Vichy) les enfants de moins de 16 ans soient emmenés aussi. Quant aux enfants juifs qui resteraient en zone occupée, la question ne l’intéresse pas » (voir notamment Sarkozy jette aux orties la reconnaissance de la participation de la France à la Shoah

Sarkozy et le Front National: une liaison dangereuse et aussi en rapport avec le score maintenu du Front National Le Pen s'en prend aux enfants, dans la lignée de Laval )

 
Le 13 août 1942, les services d’Eichmann décident que les enfants doivent également être déportés: ils sont alors transférés vers Drancy et, de là, embarqués dans les convois partant pour Auschwitz entre le 17 et 31 août 1942. Aucun d’entre eux n’est revenu.
À ce jour, Serge Klarsfeld a identifié un seul enfant de moins de 16 ans déporté en 1942 et revenu vivant.

 

Le tabou de la responsabilité de Vichy

La responsabilité écrasante du régime de Vichy dans les déportations des Juifs de France est restée longtemps un sujet tabou.
Enfin,c'est seulement en 1995 lors de la cérémonie commémorative de la rafle du Vel' d'Hiv en juillet que Jacques Chirac reconnut publiquement que les autorités françaises avaient accompli l’irréparable, en déclarant notamment : «Manquant à sa parole, elle (la France) livrait ses protégés à leurs bourreaux.»
Une partie de la droite a rejeté cette prise de position, soit ouvertement , soit en attaquant la « repentance » comme Sarkozy à plusieurs reprises, soit en défendant ouvertement Pétain comme Eric Zemmour, également candidat  à la présidentielle de 2022.
Marine Le Pen a elle aussi mis en cause la responsabilité de Vichy lors de la campagne présidentielle de 2017.

Ce fut hélas aussi le cas de Jean-Luc Mélenchon, suivant en cela la ligne mensongère de son mentor Mitterrand, ami de Bousquet dont il a fait retarder le procès.

Nous rendons hommage à Pierre Arpaillange, ancien garde des Sceaux sous Mitterrand (1988-90)

C'est lui qui a déclenché une procédure judiciaire contre Bousquet.

Dans ce dossier, Pierre Arpaillange s'est opposé à François Mitterrand et à son ministre de la justice Georges Kiejman, qui appliquait servilement les consignes présidentielles.

Mitterrand a tout fait pour le procès de René Bousquet, qui était son ami et son allié, ne se tienne pas.

Nonobstant ce blocage présidentiel, le 25 septembre 1990, Arpaillange transmit des instructions écrites au procureur général près la cour d'appel de Paris afin de requérir des poursuites contre Bousquet. Malgré cette décision courageuse, Bousquet échappa à tout jugement car il fut  abattu le 8 juin 1993 par un certain Christian Didier.

 
    
 

 

 

 

Bousquet en compagnie des chefs SS.

Hommage aux Justes

La police et la gendarmerie française, la hiérarchie préfectorale ont donc pris une part très importante dans le fichage et la traque des Juifs, y compris des enfants .

A l’inverse, des milliers d’enfants juifs, séparés de leurs parents, ont été cachés dans des familles ou dans des institutions, notamment religieuses, souvent sous de fausses identités mais aussi moyennant une rétribution. La médaille des Justes reconnaît les personnes qui firent tout ce qu’elles purent pour soustraire des enfants, mais aussi des familles entières, aux arrestations. La France compte à ce jour 2740 “ Justes parmi les nations ”.   Des milliers d’enfants ont aussi été sauvés par des associations juives, notamment l’OSE (Oeuvre de Secours aux Enfants). Certains seront adoptés, d’autres grandiront dans des orphelinats, d’autres enfin gagneront la Palestine sous mandat britannique.

Hommage à des personnages qui ont montré leur humanité et leur détermination dans l'enceinte même du Vel d'Hiv. Il s’agit bien sûr des infirmières et assistantes sociales qui, telle Annette Monod-Leiris, se sont engagées dans l’aide concrète, mais aussi des pompiers du capitaine Pierret.

Ils étaient une demi-douzaine de pompiers a peine, et ont réellement fait dérouler les lances, passé des heures à distribuer de l’eau, et recueilli à eux seuls des centaines de messages qu’ils sont allés poster incognito le lendemain depuis des points différents de Paris, pour ne pas éveiller les soupçons de l’administration. Il y a eu plus. Un des pompiers qui était alors en congé s’appelait Ruben. Il était juif et le capitaine Pierret à envoyé le prévenir à son domicile, en lui recommandant de ne pas se représenter à la caserne. Ce jeune pompier juif a pu fuir avec sa mère en Espagne.

Pierret est aussi entré en résistance, fournissant les plans des installations militaires allemandes de Paris aux alliés.

Dans nos combats, la date du 16 et 17 juillet 1942 représentent des journées importantes, au cours desquelles nous honorons la mémoire des victimes et renouvelons notre engagement à lutter contre toutes les formes de racisme, d'antisémitisme et de négationnisme.

 
Lors de cette journée nous rappelons aussi les autres victimes de génocides les plus récents ( Srebrenica, Rohingyas, Ouïgours)  ou plus anciens afin que justice leur soit rendue et pour éviter de nouveaux crimes du même type.
 
En effet, l'impunité des auteurs de génocides et massacres représente un facteur évident de récidive et de perpétuation de ces actes criminels. C'est pourquoi, plus que jamais et en permanence,  la mémoire des génocides nourrit nos combats. 
 
 Albert Herszkowicz pour MEMORIAL 98
 
 

Ressources:

Memorial 98 a publié sur ses deux sites de très nombreux textes en relation avec la rafle du Vel d'Hiv et la politique de Vichy contre les Juifs ainsi que sur l'actualité du combat contre le négationnisme voir notamment ci-dessous

http://info-antiraciste.blogspot.com/2021/10/3-octobre-1940-petain-heros-de-zemmour.html

 

http://info-antiraciste.blogspot.com/2020/01/zemmour-recidive-et-escalade-agissons.html

 

http://www.memorial98.org/article-zemmour-rehabilite-petain-pour-qui-pourquoi-124774288.html

 

http://www.memorial98.org/article-memoire-la-rafle-meconnue-du-20-aout-1941-82199443.html

 

http://www.memorial98.org/article-collaboration-avec-les-nazis-une-exposition-d-actualite-125314945.html 

 

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http://info-antiraciste.blogspot.com/2020/10/il-ya-80-ans-petain-lancait-la.html 

 

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http://info-antiraciste.blogspot.com/2020/04/celine-en-vedette-propos-du-covid19-une.html

Génocides, négationnisme 

http://info-antiraciste.blogspot.com/2021/04/genocide-des-tutsi-1994-il-faut-obtenir.html 

http://info-antiraciste.blogspot.com/2019/04/genocide-des-tutsi-au-rwanda-le.html ( le tournant du 25e anniversaire et la contre-offensive de Védrine appuyé par d'anciens ministres socialistes)

 http://info-antiraciste.blogspot.com/2020/05/genocide-des-tutsi-lorganisateur-et.html
sur les génocidaires qui ont trouvé refuge en France

 https://info-antiraciste.blogspot.com/2020/04/genocide-des-tutsi-au-rwanda-un-26e.html

 
 
 

http://info-antiraciste.blogspot.com/2019/04/genocide-des-armeniens-un-combat.html 

 http://www.memorial98.org/2021/06/srebrenica-1995-le-dernier-genocide-xxe-siecle-encore-nie-malgre-les-condamnations.html

http://www.memorial98.org/2016/12/le-premier-genocide-du-xxe-siecle-herero-et-nama-face-a-l-allemagne-imperiale.html

MEMORIAL 98

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