Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

 

L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

_______________________________________

Pour correspondre avec nous, nous proposer des articles ou des informations, pour toute question :

memorial98@protonmail.com

_______________________________________

Articles Récents

  • Alerte au Royaume-Uni: invitation à un webinaire
    Lors de ce webinaire du 4 juin, organisé par le Collecti de lutte antifasciste contre le racisme et l'antisémitisme CLARA nous discuterons de la situation au Royaume-Uni. L'extrême-droite y est à l'offensive, au plan électoral après la poussée importante...
  • 1er mai : mémoire, vérité, résistance
    Appel unitaire, dont Memorial 98 est signataire, pour un rassemblement vendredi 1er mai de 9h30 à 11h au Pont du Carrousel à Paris. Le 1er mai 1995, Brahim Bouarram était assassiné, jeté dans la Seine par des militants d’extrême droite sortis d’un défilé...
  • 83e anniversaire de l’insurrection du Ghetto de Varsovie
    Combattant-es du Ghetto. Mordehai Anilewicz en était le dirigeant C'est au génocide des Tutsi au Rwanda que revient le triste privilège d'ouvrir les commémorations du mois d'avril, au cours duquel est honorée la mémoire des victimes de trois génocides...
  • Procès Eichmann 1961: un moment historique.
    C'est le 11 avril 1961 que ce procès historique s'ouvrit à Jérusalem, quelques jours avant le dix-huitième anniversaire de la révolte du Ghetto de Varsovie , qui débuta le 19 avril 1943 et symbolise le massacre génocidaire des Juifs d'Europe durant la...
  • Rassemblons-nous à Saint-Denis contre le racisme, les discriminations et la haine de l’autre.
    Avec le collectif CLARA - Collectif de lutte antifasciste contre le racisme et l’antisémitisme- soutenu par Memorial 98, mobilisons nous contre le racisme et en soutien à Bally Bagayoko. Communiqué commun co-signé avec FSU, LDH, MRAP, SOS Racisme, Union...
8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 00:04

Actualisation du 18 août 2016:

 

Retour de  Copé, candidat à la primaire des "Républicains"; l'homme du bidonnage autour du "pain au chocolat" prétendument interdit pendant le Ramadan (voir ci-dessous). Sarkozy a explicitement approuvé cette légende. L'ex-président de l'UMP veut notamment promulguer une loi contre le burkini.

 

Au même moment, il s'avère qu'il n'y avait aucun "burkini" en cause à Sisco en Corse.

 

C'est ce qu'indique enfin le procureur après plusieurs jours qui ont vu se développer une intense campagne raciste locale basée prétendument sur la "radicalisation et le communautarisme"

 

Copé s'inscrit ainsi pleinement dans la campagne lancée par le député-maire LR et nostalgique du fascisme roumain Lionnel Luca.

 

Celui qui a été président des "Républicains" se concentre sur un remake des campagnes de Sarkozy en 2007 et 2012.

 

Memorial 98

 

Lancé dans la course à la présidence de l’UMP, Copé multiplie les provocations censées mobiliser en sa faveur les adhérents UMP. Après le « racisme anti-blanc » qui régnerait dans le pays, il met en avant  la légende urbaine du « pain au chocolat pendant le Ramadan ».

Mais un aspect décisif du discours de Copé est pour l’instant passé inaperçu. Il s’agit de sa remise en cause de la nationalité française d’une partie de la population. Ainsi la formulation exacte du passage de son livre « Manifeste pour une droite décomplexée » est la suivante :

Un «racisme anti-Blanc» se développe dans les quartiers de nos villes où des individus - dont certains ont la nationalité française - méprisent des Français qualifiés de «Gaulois», au prétexte qu'ils n'ont pas la même religion, la même couleur de peau ou les mêmes origines qu'eux. ….

Selon  Copé, il y a donc « dans les quartiers de nos villes » deux catégories de personnes les «individus - dont certains ont la nationalité française … » et « … des Français qualifiés de «Gaulois» »… ». Manifestement, selon Copé, les "individus" ont beau avoir la nationalité, ils n’en sont pas pour autant de vrais Français.

Copé a beau être déjà  un multirécidiviste de la provocation xénophobe

(voir Copé: le visionnaire facho.

Un dirigeant UMP salit à nouveau la Shoah.  ) il s’attaque cette fois-ci aux racines mêmes du droit de la  citoyenneté.

Ce faisant, Copé reprend une thèse fondamentale du Front National, installée dans la panoplie de la droite dans les années 1980, par l’intermédiaire du « Club de l’Horloge ».

Ce groupe, qui se positionnait comme une passerelle idéologique entre le FN et la droite, écrivait dès 1984 : «  Aujourd'hui le code de la nationalité est une machine à fabriquer des "Français de papier", qui n'ont ni assimilé notre culture ni affirmé leur attachement à la patrie. Pour maintenir notre identité nationale, il est urgent de réformer cette législation. Le Club de l'Horloge, qui a lancé ce débat dans l'opinion, décrit ici la réforme qu'il faudra réaliser tôt ou tard… » 

La mise en pratique de  ces théories fut concrétisée par Chirac et Pasqua, en 1986.

Elle se traduisait par la tentative de supprimer le traditionnel droit du sol et le droit à la nationalité française pour les enfants nés en France et issus de parents étrangers. "Être Français, ça se mérite" disait déjà Pasqua. Dans cette bataille du code de nationalité, le gouvernement Chirac-Pasqua, qui pensait avoir  emporté une victoire décisive, fut contraint de reculer fin 1986, en raison des  mobilisations étudiantes contre la loi Devaquet et les « facs Tapie ». L’épisode tragique de la mort du jeune Malik Oussekine, battu à mort par la police le 6 décembre de cette même année, fit opérer une retraite au gouvernement de l’époque.

En 1993, la droite reprit son offensive et imposa notamment une "déclaration de volonté" des jeunes nés de parents étrangers; l'absence de cette déclaration avant 18 ans supprimait leur accession automatique à la nationalité.

La remise en cause du code de nationalité est dans notre pays, un marqueur historique de la convergence-concurrence de la droite avec le Front National. Elle est aussi au cœur de l’obsession de l’ « envahissement », distillée depuis des décennies.

En effet, la droite entretient depuis 30 ans des rapports ambigus avec le FN, depuis que l’UMP de l’époque s’est alliée avec le Front National lors de l’élection municipale de Dreux en Septembre 1983. Tout au long de sa carrière politique, Sarkozy que Copé présente comme son modèle a appliqué le principe de son propre inspirateur et mentor, Charles Pasqua. Celui-ci a résumé sa doctrine, à la veille de la présidentielle de 1988, dans le magazine Valeurs actuelles du 2 mai 1988: « Sur l'essentiel, le Front national se réclame des mêmes préoccupations, des mêmes valeurs que la majorité »

(voir aussi Identité nationale : comment l’idée vint à Eric Besson

Sarkozy-Le Pen: le livre qui révèle

Sarkozy et le Front National: une liaison dangereuse

Mais au-delà du calcul électoral, le jeu avec le FN sert de paravent à une entreprise plus profonde et plus dangereuse, car venant du cœur du système de domination politique. L’enjeu stratégique porté par Sarkozy hier et par Copé aujourd’hui est constitué autour du thème de la défense de l’« identité nationale » menacée, thème récurrent et éternel de la droite nationaliste dans notre pays.

A voir aussi sur Copé:

Nationalité : Copé et l’UMP en embuscade.

Sarkozy et Copé aux côtés du Front National.

Woerth, Copé et le Front National : décryptage

Succès du Front National: quelles conséquences?

 

MEMORIAL 98

 

Partager cet article
Repost0
20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 01:02

 

Le contexte est connu et important:  un pseudo « film » islamophobe a été diffusé à partir des Etats-Unis par des groupes d’extrême-droite et des chrétiens coptes radicaux.

Ces groupes ont tenté d’attribuer ce film à un Israélien, qui aurait été financé par « 100 donateurs juifs »  selon les messages d’intoxication qu’ils avaient lancés. Le pseudo film a été relayé dans les pays musulmans et a provoqué des affrontements violents et meurtriers, mais pas de mobilisations massives, sauf celle organisée par le Hezbollah au Liban. Ce point est important car les effets médiatiques ont pu laisser penser qu’une vague extrêmement importante de manifestations avaient eu lieu. Aux Etats-Unis même, l’hebdomadaire Newsweek a voulu exploiter cette veine et a vu sa tentative critiquée et ridiculisée par les  internautes.

C’est dans ce climat que Charlie Hebdo a choisi de « traiter l’actualité » en publiant à nouveau des caricatures de Mahomet. Les responsables du journal semblent avoir voulu réaliser un « coup » médiatique et économique. C’est leur droit, car la presse et l’expression sont libres et doivent le demeurer. Mais ce choix peut aussi être analysé et « déconstruit ». Or les responsables de Charlie récusent toute critique en arguant de son statut de « journal satirique ». C’est un leurre, car Charlie est un journal avant tout politique, qui utilise certes le dessin et la caricature mais semblait défendre des valeurs, y compris d’ailleurs le droit de dénoncer les religions et de « blasphémer ».

Mais cette fois, en raison du contexte et des explications des dirigeants du journal lui-même (Charb) le sentiment est que la recherche du « buzz » a dicté la publication des caricatures.

Il faut aussi rappeler que Charlie a connu une crise importante en 2008 quand un commentaire à caractère antisémite de Siné a conduit au licenciement de celui-ci ainsi qu’au départ ultérieur du directeur d’alors, Philippe Val, qui fut récupéré par Sarkozy.

Au total, dans cette affaire, les dirigeants de Charlie contribuent à renforcer à la fois la haine des musulmans et la violence des groupes qui sèment la terreur au nom de la religion.

 

Nous choisissons plutôt de défendre l’écrivain Salman Rushdie, qui depuis 1989 vit sous la menace d’être tué en raison d’un ordre de Khomeiny. Le prix de la récompense pour son assassinat vient d’être porté à plus de 3 millions de dollars par les services iraniens qui le pourchassent.

 

MEMORIAL 98

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 19:51

 

Nous soutenons l'initiative du Collectif Van et demandons à nos lecteurs de relayer la lettre ouverte qui proteste contre l'accueil officiel d'Aliev, dictateur d'Azerbaïdjian; il est possible de l'envoyer à l'Elysée par courrier électronique (lien ci-dessous) . Le Collectif demander d'envoyer le message "  sans le modifier et sans enlever notre signature, en ajoutant devant le titre, ces quelques mots : "Je souscris à ce courrier que vous envoie le Collectif VAN" (suivis de Nom et Prénom)."

link

 

MEMORIAL 98

 

 

 

LETTRE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE



Monsieur François Hollande
Président de la République
Palais de l’Élysée
75008 Paris - France


Monsieur le Président,

A partir du mardi 18 septembre 2012, la République Française accueille sur son sol le Président d’Azerbaïdjan, Ilham Aliev. Pourtant, ce chef d’Etat indéboulonnable, dont la famille dirige le pays presque sans interruption depuis 1969, est désigné par Reporters sans Frontières comme un « prédateur ». En matière d’atteintes aux droits de l’homme, Aliev, sous des abords policés, n’a rien à envier, à feu Mouammar Kadhafi reçu par votre prédécesseur à l’Elysée.

Faisant fi de la répression féroce que le ‘roi’ de Bakou exerce à l’encontre des opposants azéris, la France choisit - et c’est inquiétant - d’honorer Ilham Aliev, autocrate auréolé de son or noir, alors même qu’il vient de violer avec cynisme tous les standards européens de justice dans une affaire qui a suscité la 'préoccupation' des principales diplomaties dont la nôtre.

Les faits parlent d’eux-mêmes : le militaire azéri Ramil Safarov, condamné à perpétuité en Hongrie pour avoir, en 2004, décapité de 16 coups de hache un officier arménien durant son sommeil lors d’un stage de l’OTAN à Budapest, a été transféré fin août en Azerbaïdjan pour y purger le reste de sa peine. Accueilli en héros dans son pays où il avait été élu ‘Homme de l’Année’ en 2006, l'assassin à la hache a été immédiatement gracié par Ilham Aliev. En récompense de son acte ‘patriotique’, il s’est aussi vu offrir un appartement, une promotion en grade et huit années de salaire. Bakou aurait acheté 3 milliards d’euros de dette hongroise pour récupérer ce meurtrier « désolé de n'avoir pas tué d'autres Arméniens ».

Monsieur le Président, nous ne pouvons que vous renvoyer aux propos de Michèle Rivasi, Députée européenne Europe-Ecologie, ce 13 septembre 2012 au Parlement européen: “Les droits de l’homme sont la première des motivations de l’UE dans sa politique étrangère, quel signal envoyons-nous alors aux dictatures en tout genre? Rachetez notre dette avec vos pétrodollars et on fermera les yeux?! C’est lamentable “. Une analyse que le MEDEF International qui reçoit M. Aliev le 19 septembre à Paris, devrait également méditer. Tout comme la Direction du Louvre qui a accepté de bonne grâce le million d’euros offert par l’Azerbaïdjan [sans contrepartie pour la France ?], et dédié aux nouvelles salles des Arts de l'Islam inaugurées cette semaine au Louvre à l’occasion de la visite du richissime couple Aliev.

La glorification du crime de Safarov et l’idéologie de la haine prônée par le clan Aliev illustrent l’impossibilité pour les Arméniens de la République du Haut-Karabagh de retourner sous le joug azéri. Voir son indépendance reconnue par les instances internationales est une nécessité vitale pour la RHK. La France, qui co-préside le Groupe de Minsk, se doit d’agir en ce sens car la volonté génocidaire panturquiste est toujours d’actualité. L'ancien ministre de l'Intérieur azéri, İsgandar Hamidov n’avait-il pas déclaré en 2006: « Plus les Azéris tueront d'Arméniens, moins d'Arméniens il restera. » ?

Tout comme son allié turc, l’Azerbaïdjan éduque sa population et sa diaspora dans la haine de ‘l’Arménien’. Par la négation du génocide de 1915, l’inversion de l’histoire, la dénonciation du faux génocide de Khojalou imputé aux Arméniens, Aliev fait des Arméniens les ‘véritables agresseurs’, et professe au plus haut niveau de l’Etat des ‘valeurs’ racistes en totale contradiction avec celles de notre République. Cette détestable politique peut avoir des répercussions sur la paix civile ici même, le dictateur azéri ayant déclaré en 2012 que « l'ennemi numéro un pour l'Azerbaïdjan, ce sont les Arméniens dans le monde entier ». C’est donc un message fâcheux qu’envoie notre pays en recevant un dirigeant qui désigne à une vindicte haineuse, des citoyens français porteurs de la douloureuse mémoire du génocide arménien.

Quant à ‘l’aide à la culture’, le mécénat de Bakou peut-il masquer l’anéantissement du patrimoine arménien d’Azerbaïdjan et du Nakhitchevan ? En 2005, l’Armée azérie a rasé le cimetière médiéval de Djoulfa où se dressaient des milliers de somptueuses croix de pierre ciselées (Khatchkars), symboles de l’art religieux arménien (vidéo). Ce génocide culturel rejoint la volonté d’extermination physique perceptible dans les propos de tous les officiels azéris. Parmi eux, l’actuel Consul Général d’Azerbaïdjan à Istanbul, Représentant permanent à l'Organisation de Coopération Economique de la Mer Noire (OCEMN), Hasan Zeynalov, qui avait déclaré en 2005 à la BBC: « Les Arméniens n'ont jamais vécu au Nakhitchevan qui a été une terre azerbaïdjanaise de temps immémorial, et c'est pourquoi il n'y a aucun cimetière ni monument arménien, car il n’y en a jamais eu ». Un point de vue relayé en France avec les pressions exercées à l’UNESCO pour une simple exposition-photos organisée en juin 2011 au siège de Paris.

Enfin, en favorisant -par une loi (!)- l’établissement en France d’un Centre culturel azéri, le gouvernement cautionne indirectement un négationnisme larvé, ou même clairement affiché. Tant que la politique servira presque exclusivement des intérêts économiques et financiers, l'Histoire continuera à bégayer : des Safarov, inspirés et encensés par des Aliev, accompliront l'innommable en toute impunité, pour détruire « ou tout, ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel ».

Atteintes à la démocratie, au respect des droits de l’homme, à l’État de droit (Aliev a même fait voter en juin dernier une loi lui garantissant l'immunité à vie ainsi qu’à son épouse) : tout indique qu’il ne faut pas attendre le printemps azéri pour déclarer le dictateur Ilham Aliev persona non grata dans notre pays.

En vous remerciant de votre attention, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma plus haute considération.

Séta Papazian, Présidente
Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083 - 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Email: contact@collectifvan.org - www.collectifvan.org

MEMORIAL 98

Partager cet article
Repost0
18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 19:12

 

L’appel ci-dessous a été rendu public le 16 août ; il regroupe de nombreux militants de la solidarité avec le peuple syrien.

Nous soutenons cet appel, malgré certaines de ses formulations maladroites ou franchement erronées, telle la comparaison de la répression en cours avec les actions du régime nazi.

 La révolution syrienne et les révoltes arabes en général traversent actuellement une période difficile : la victoire électorale des partis de type islamiste en Tunisie et en Egypte ouvrent la voie à une campagne de propagande qui attaque tous les mouvements de révolte des peuples arabes. Ceux-ci seraient manipulés à la fois par Al Qaïda et la CIA ! (voir http://www.conspiracywatch.info/D-ou-vient-l-intox-des-6000-mercenaires-de-la-CIA-en-Syrie%E2%80%8F_a905.html)

Il est d’autant plus important que se manifeste un large courant de solidarité démocratique aux côtés du peuple syrien. C’est pourquoi nous proposons une fois de plus que dès la rentrée se tienne un rassemblement quotidien de soutien dans les lieux les plus centraux des grandes villes du pays. A Paris par exemple, une telle ronde pourrait se tenir sur la place de l’Hôtel de Ville (voir Syrie: le déchirement )

 

MEMORIAL 98

 

 

 

Syrie: ce n’est pas une guerre civile, mais une répression barbare contre les civils

 

16 août 2012

 

Par un groupe de personnalités, artistes et intellectuels syriens, français et franco-syriens

 

Des «violences», des «civils pris entre deux feux», des «loyalistes», une «rébellion». Pour certaines mouvances actives auprès des médias, il s’agirait encore de se borner à compter les points et à mettre à jour le macabre compteur des milliers de victimes, en affichant une bien commode symétrie entre les parties, et en incriminant leur manque d’aptitude à «se mettre autour d’une table». Une telle vision ne sert que le régime criminel en fin de course.

 

C’est surtout une insulte aux innombrables civils qui depuis mars 2011 sont descendus inlassablement dans la rue pour réclamer pacifiquement, sous les yeux de toute la planète, un État de droit, et qui ont été férocement réprimés, enfants inclus. C’est aussi une insulte aux nombreux militaires qui, face à l’impasse d’une armée enjointe à pilonner sans relâche la population, ont pris la courageuse et honorable décision de déserter au péril de leur vie.

 

Tout média, toute personnalité qui établit une symétrie entre les forces du régime Al Assad et celles qui le combattent, offre de fait un regain de soutien à ce régime de type fasciste, dont les horreurs rivalisent avec celles commises contre les résistants par le régime nazi.

 

Aucun compromis avec le clan Al Assad ne peut mettre un terme à ce conflit. Il n’y a jamais eu, il ne pourra jamais y avoir de compromis entre ce régime tortionnaire et assassin de son peuple, et les Syriens qui luttent ardemment pour leur liberté. Face aux menaces et aux manœuvres du régime et de ses alliés, nous sommes aux côtés des tenants de la dignité, de la tolérance et de la démocratie.

 

D’autres scénarios étaient encore possibles il y a quelques mois, si toutefois la communauté internationale s’était engagée nettement plus avant en faveur des résistants à la dictature, c’est-à-dire si elle s’était donné les moyens de faire respecter le droit humanitaire international:

 

- le refus de l’impunité pour le régime et ses agents en engageant la saisine du TPI de La Haye par le Procureur de la Cour Pénale Internationale.

 

- des sanctions économiques et financières visant à paralyser la guerre menée contre la population

 

- une protection des civils (exclusion aérienne, couloirs humanitaires sécurisés, sanctuarisation des hôpitaux, libre accès aux ONG, envoi de moyens sanitaires, de communication, …)

 

- l’embargo total sur les armes destinées à la répression par le régime (vecteurs, munitions, pièces détachées et conseillers)

 

- une intense campagne internationale d’information et de dénonciation de la terreur d’État.

 

Force est de constater qu’un tel soutien n’a pas été mis en œuvre à la hauteur et au moment voulus. Côté ONU, cela est particulièrement imputable au soutien inconditionnel au régime de Bachar Al Assad par la Chine et la Russie. Au-delà du veto opposé à toute résolution un tant soit peu contraignante, l’armement et les moyens logistiques russes ont déferlé sans trêve à la rescousse du régime Al Assad, à un tel point que ce soutien doit être considéré comme une véritable intervention militaire, dont on parle peu. De son côté, le régime iranien s’est investi totalement au service de ce régime en lui apportant sa funeste expérience en matière de répression des révoltes de la population (conseillers, matériel, propagande).

 

Mais les veto russe et chinois n’ont-ils pas été trop aisément invoqués par certains gouvernements pour ne rien tenter et s’en tenir à des déclarations affligées ?Certains esprits ne se sont-ils pas accommodés des slogans du régime qui qualifie les opposants de «terroristes aux ordres d’Al Qaida» ? N’est-il pas navrant et tragique d’avoir vu ce fallacieux prétexte de lutte contre l’islamisme radical fonctionner à nouveau, alors que ce sont au contraire les dictatures arabes, singulièrement celle du régime Al Assad, qui l’ont intensément alimenté par le népotisme, la corruption et la répression ?

 

Le cynisme atteint son comble lorsque Vladimir Poutine, l’ancien colonel du KGB à la tête de la Russie, se pose en sauveur de la démocratie, lui qui a présidé aux atrocités commises en Tchétchénie, qui soutient les pires dictatures dans les pays du Caucase, et qui arme son propre régime pour faire barrage à toute alternance.

 

Faute d’une réaction internationale à la mesure de l’horreur qui en Syrie, depuis 17 mois, a frappé les manifestants et la population, pouvait-on imaginer que la machine à tuer décime, torture et tue des familles entières, sans que les résistants, voyant leur démarche pacifique sans soutien suffisant, ne cherchent à se doter de moyens pour s’opposer à la destruction du pays ? Décidément, le malheur et la tragédie sont pour certains assez supportables, dès lors que cela se passe loin de chez eux.

 

En ces jours où le régime se trouve affaibli par la longue série de défections de ses militaires, diplomates et responsables de haut rang, par le discrédit qui finit par l’atteindre, et par ses défaites sur le terrain, il importe d’amplifier le soutien concret aux résistants. Des initiatives sont en préparation pour la rentrée de septembre. À chacun de s’y engager pour briser les murs d’une indifférence que l’Histoire pourrait bien assimiler plus vite qu’on ne le croit à de la complicité.

 

C’est l’honneur du mouvement de soutien à la Révolution syrienne que d’informer, de dénoncer, de mobiliser inlassablement pour que les citoyens français sachent ce qui se passe en Syrie, expriment leur horreur face à la terreur d’État, interpellent les instances internationales et s’impliquent dans des actions concrètes de solidarité.

 

La chaîne de solidarité envers les Syriens en France est riche de diversité, de talents et d’énergies : Associations de Syriens1 ; artistes et intellectuels –syriens, français, franco-syriens – associés à la «Vague blanche2 pour la Syrie», à «l’Appel3 du Festival d’Avignon» et à d’autres initiatives, membres du Collectif4 Urgence Solidarité Syrie, personnalités et organisations signataires de l’Appel5 Solidarité Syrie, représentants d’institutions françaises, telle la Conférence6 des Présidents d’Université qui a appelé à la minute de silence du 23 Mai 2012 suite au massacre à l’Université d’Alep, ONG, médias français couvrant largement la situation syrienne sans concession envers le régime en place.

 

En ces jours où l’on peine à imaginer en France le degré de la brutalité à laquelle font face les résistants syriens à Alep, Damas et dans d’autres villes, il appartient à chacun de faire acte de solidarité, d’informer les autres, de faire partager et s’exprimer, y compris sur les lieux de vacances, son indignation, ses initiatives et sa volonté ardente de voir enfin advenir une Syrie libre !

 

Premiers signataires : Iyad Abbara, Sakher Achawi (Comité de la Déclaration de Damas en France), Rabee Al Hayek1 (SouriaHouria), Rida Ajlani, Homam Léon Akra (Architecte), Meriem Akrour, Aïcha Arnaout4 (Poète), Carina Basualdo (Psychanalyste, Maître de conférences en Psychologie), Samir Benamar (Mairie de Rosny-sous-Bois), Yann Arthus Bertrand (Prdt de GoodPlanet), Marcel Bozonnet 3(Comédien, metteur en scène), Joëlle Burnouf (Professeure d’Archéologie Médiévale, Univ. Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Philippe Caubère (Comédien, auteur, metteur en scène), Dr Anas Chaker (Union des Organisations syriennes de Secours médicaux), Ezzuldin Chammout (Artiste peintre), Françoise Chammout, Mehdi B. Charrada, Dominique Constantin (comédienne), Naïma Coton, Abdul Rauf Darwich(Maître de conférences Univ. Angers, Prdt Collectif du 15 mars pour la Démocratie en Syrie), Évelyne Domet,, Alain Fromager (Comédien), Yassin Ghafir, Mgr Jacques Gaillot (Évêque émérite de Partenia), Arlette Girardot4, Wladimir et Viviane Glasman4, Sophie Gallois (Enseignante), Annie Goossens, Jihad Hijazi, Khalid Hussein, Assia Khemakhem, Maisaa Jaber, Yanis Khalifa, Michel Kilo (Membre du Forum Démocratique Syrien), Gérard Lauton5 (Maître de conférences Univ. Paris-Est Créteil), Monzer Makhous (Coord. des Relations Extérieures du CNS en Europe), François Marthouret (comédien), Philippe Meirieu (Professeur Univ. Lyon 2), Sarah Moon2 (Photographe d’Art),Michel Morzière4 (Porte-parole du Collectif Urgence Solidarité Syrie), Françoise Noël, Laurence Ponchon, Ammar Abd Rabbo (Photographe, journaliste), Michel Reynaud (DGA Générale Décors), Marie Riquier, Stéphane Rouer, Christophe Ruggia, Georges Sabra (Conseil National Syrien), Farid-Frédéric Sarkis (Maître de conférences Univ. Lille 1), Adnan Seddik, Béatrice Soulé2 (Productrice-réalisatrice, scénariste), Ahlam Taghbalout, José Vega Arija (Architecte d’intérieur), Emmanuel Wallon3 (Professeur Université Paris-Ouest Nanterre), Elias Warde (Professeur Univ. Paris-Sud), Fanhama Wissam, Omar Zakariya, Kenza Zougagh (ESC Rennes).

 

source: http://www.liberation.fr/monde/2012/08/15/syrie-ce-pas-une-guerre-civile-mais-est-une-repression-barbare-contre-les-civils_839873

 

 

 

POUR SIGNER : appelsolidaritesyrie@free.fr.

 

1.http://souriahouria.com notamment.

2. http://vagueblanchepourlasyrie.fr.

3. http://www.liberation.fr/monde/2012/07/17/appel-d-avignon-a-la-solidarite-avec-le-peuple-syrien_833915

4. Collectif Urgence Solidarité Syrie :http://www.facebook.com/groups/125552160858777

5. http://appelsolidaritesyrie.free.fr

6. http://www.cpu.fr/Actualites.240.0.html?&no_cache=1&actu_id=382

 

 

 

Partager cet article
Repost0
16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 13:08

 

Alors que l’urgence sociale et économique est au cœur des préoccupations du pays, le gouvernement choisit de mettre en scène une campagne  de répression et d’expulsions contre les populations Roms.

Tout le déploiement  habituel, hérité de Sarkozy et Guéant, est au rendez-vous: destruction de campements, charters d’expulsion…

Valls, ministre de l’Intérieur, ainsi que des maires de gauche se retranchent derrière des décisions de justice, mais ce sont bien eux-mêmes qui sollicitent ces décisions et les font appliquer, parfois très brutalement.

Dans une choquante correspondance de dates, cette campagne est organisée deux ans jour pour jour après le fameux et funeste discours de Sarkozy à Grenoble, le 30 juillet 2010. Il avait annoncé la fin des « implantations sauvages de campements de Roms », lançant ainsi, sous l’œil des caméras, une vague d’expulsions pendant l’été (voir Pourquoi les Roms ? Décryptage ).

Les réactions nationales et internationales avaient alors été vives: de Viviane Reding, commissaire européenne en charge de la Justice et de la Citoyenneté qui  avait qualifié l’attitude du gouvernement français de « honteuse » au pape Benoît XVI qui avait déclaré :« les discriminations ethniques ou raciales n’ont pas leur place En Europe ». 

En France, la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, avait dénoncé une « dérive antirépublicaine ».

Le 4 septembre suivant, d’importantes manifestations unitaires s’étaient déroulées dans différentes villes à l’appel de la Ligue des Droits de l’Homme ( voir Tous dans la rue le 4 Septembre ). Le 28 juin 2011, la France avait été condamnée par le Conseil de l’Europe pour sa politique contre les Roms, cette dernière constituant, selon le Conseil, une violation aggravée du principe de non-discrimination.

La défaite de Sarkozy n’a donc pas changé la donne pour les Roms. Les expulsions continuent puis, lorsqu'il ont été jetés de leurs campements, on ne leur propose toujours aucune solution de relogement digne. Et cela, malgré les déclarations de François Hollande qui avait souhaité, lorsqu’il était candidat, « que, lorsqu’un campement insalubre est démantelé, des solutions alternatives soient proposées. On ne peut pas continuer à accepter que des familles soient chassées d’un endroit sans solution. Cela les conduit à s’installer ailleurs, dans des conditions qui ne sont pas meilleures ».

On s’en prend une fois de plus à ceux qui sont les plus faciles à frapper. Les Roms ne disposent d’aucune institution protectrice, ni d’État qui se porte à leur secours ; au contraire leur pays d’origine les discriminent et les abandonnent à leur sort (voir Au côté des Roms, contre la violence. ).

Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, rejette la responsabilité de la situation actuelle sur les pays d’origine, comme s’il ne connaissait pas l’ampleur des discriminations dont y sont victimes les Roms et la violence des campagnes d’extrême droite les stigmatisant. Leur histoire de persécutions y est niée, notamment les massacres dont ils furent victimes de la part des nazis (voir ici un exemple terrible http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120712.AFP2558/republique-tcheque-colere-des-roms-contre-une-porcherie-sur-un-ancien-camp-nazi.html    ) 

Les avertissements adressés à Valls n’ont pas manqué,  de même que les propositions concrètes pour améliorer la situation.

Le collectif Romeurope en particulier (http://www.romeurope.org/) mène un travail de grande ampleur en lien avec les populations Roms et les habitants des localités concernées. Nous soutenons son combat http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Roms-Valls-confirme-ce-que-disait-le-gouvernement-precedent-537360.

Dans les semaines à venir, il faudra que se manifeste publiquement, dans la rue, le refus de cette politique répressive, contraire aux valeurs qui ont amené à battre Sarkozy. Nous  déclarions alors que les illusions n’étaient pas de mise et écrivions à propos de François. Hollande (voir  6 mai : voter contre le racisme ): «… Nous savons que dans son entourage se trouvent aussi des personnages qui, tel Manuel Valls, peuvent utiliser une rhétorique douteuse… ». C'est dès  maintenant que tous ceux qui se réclament de l’anti-racisme  doivent mettre le holà à ses agissements.

 

MEMORIAL 98

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 00:52

 

«Vent printanier»: ce fut le nom de code imaginé pour la plus vaste opération d'arrestations de Juifs pendant la Seconde guerre mondiale en France et pour laquelle le régime de Vichy avait mobilisé la police française.

 

 

Les 16 et 17 juillet 1942, à Paris, 13 152 Juifs sont arrêtés par la police française. 1129 hommes, 2916 femmes et 4115 enfants sont enfermés dans l’enceinte sportive du Vélodrome d’Hiver.

Les couples sans enfants et les célibataires (1989 hommes et 3003 femmes) sont internés au camp de Drancy.

Du 19 au 22 juillet, les familles du Vél’ d’Hiv’ sont transportées dans les camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande. Adultes et adolescents sont déportés en premier. Brutalement séparés de leurs parents, environ 3000 enfants en bas-âge sont laissés sur place dans une affreuse détresse. Ils sont transférés à Drancy puis déportés entre le 17 et 31 août 1942. Aucun d’entre eux n’est revenu.

D'autres rafles avaient précédé celle-ci, dont celle méconnue du 20 août 1941

 

La responsabilité du régime de Vichy dans les déportations des Juifs est restée longtemps un sujet tabou, y compris sous la présidence de François Mitterrand qui faisait fleurir chaque année la tombe de Pétain à l’Ile d’Yeu (voir Sarkozy boycotte le 8 Mai )

 

Lors de la cérémonie commémorative de la rafle du Veld'Hiv en juillet 1995, Jacques Chirac a reconnu publiquement que les autorités françaises avaient accompli l’irréparable en déclarant: «Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux.»

Une partie de la droite a rejeté cette prise de position, soit ouvertement , soit en attaquant la « repentance » comme Sarkozy à plusieurs reprises

(voir Sarkozy jette aux orties la reconnaissance de la participation de la France à la Shoah

Sarkozy encense Maurice Druon, ami et soutien de Papon  )

 

En ce 70e anniversaire, Serge Klarsfeld fait preuve de complaisance à l'égard de Sarkozy dans sa tribune du Monde (http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/07/10/la-presidence-normale-et-la-rafle-du-vel-d-hiv_1731634_3232.html.)

A travers ce texte, il tente de faire croire que la formule creuse de Sarkozy « "Jacques Chirac a dit ce qu'il fallait dire et il n'y a rien à ajouter et rien à retrancher à son très beau discours." est suffisante pour contrebalancer ses nombreuses remises en cause des responsabilités françaises dans la déportation et son refus de participer à la commémoration du 8 mai avec Chirac en 2007 (voir  Sarkozy: service minimum sur la Shoah et insultes pour les Africain)

 

Les bus qui ont transporté les Juifs raflés, devant le Vel d'Hiv

 

Symboliquement c’est à la veille de cette commémoration de la rafle parisienne qu’un criminel de guerre nazi hongrois, Laszlo Csatary, a été identifié et retrouvé à Budapest

"Il y a dix mois, un informateur nous a donné des renseignements qui nous ont permis de localiser Csatary à Budapest » a déclaré le directeur du centre Wiesenthal à Jérusalem. Il a ajouté que les informations sur la localisation avaient été transmises dès septembre 2011 au Parquet de Budapest. En plus des informations fournies en septembre 2011, le Centre Wiesenthal  a transmis la semaine dernière de nouvelles pièces à conviction au Parquet de Budapest sur l'implication de Csatary dans la déportation des Juifs, "Ces nouvelles preuves renforcent les accusations déjà très graves contre Csatary et notre insistance pour qu'il rende compte de ses crimes. Le temps qui passe ne diminue en rien sa culpabilité et la vieillesse ne doit pas constituer une protection pour les auteurs de l'Holocauste"

Le Procureur adjoint de la République à Budapest, Jenö Varga s’est contenté d‘indiquer: "Une enquête est en cours. Le Parquet étudie les informations reçues".

Csatary avait été chef de la police dans le ghetto de Kosice (Kassa en hongrois, Kaschau en allemand), situé aujourd'hui en Slovaquie,où 15.700 Juifs avaient été pour certains assassinés sur place et pour l'immense majorité déportés vers le camp d'Auschwitz, en Pologne, pendant l'occupation par l'Allemagne nazie de ce qui était alors la République de Tchécoslovaquie.

Csatary traitait les Juifs du ghetto avec une cruauté particulière, fouettant les femmes et les forçant à creuser des tranchées à mains nues.

Condamné à mort par contumace en 1948 par un tribunal tchécoslovaque, il avait disparu et avait réussi à se réfugier au Canada. Il y a une quinzaine d'années, les autorités canadiennes avaient découvert sa véritable identité ce qui l'avait amené à disparaître de nouveau et à fuir en Hongrie. M. Feldmajer, Président de la communauté juive hongroise, déclare que si Csatary échappait à la justice, cela constituerait un déshonneur pour toute la nation hongroise. Le risque est en effet grand que le gouvernement de droite radicale actuellement au pouvoir en Hongrie empêche tout jugement; ce pouvoir et l’extrême-droite du parti Jobbik tentent de réhabiliter le régime antisémite du Maréchal Horthy et même les milices des Croix Fléchées, collaboratrices des nazis.

 

C’est aussi à la veille de cette commémoration que  Madonna se heurte une fois de plus au Front National.

Le vice-président du Front national, Florian Philippot, a déclaré que le parti d'extrême droite allait porter plainte contre Madonna. Il met en cause la diffusion lors d'un concert de la chanteuse au Stade de France le samedi 14 juillet , d'un clip vidéo déjà projetée lors de l’inauguration de sa tournée et dans lequel Marine Le Pen apparaît brièvement porteuse d'une croix gammée sur le front.

Nous ne connaissons pas les intentions de Madonna ni la signification exacte de cette "provocation" (au bon sens du terme) mais notre soutien lui est acquis, pour avoir osé rappeler que la ligne politique des Le Pen et du FN se place encore et toujours dans la continuité du fascisme et du nazisme

(voir Le Pen : l’antisémitisme jusqu'au bout.

Qui veut se faire piéger par Marine Le Pen ?

Marine Le Pen récidive contre Eva Joly.

 

MEMORIAL 98

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 00:55
 

Le procès de l'ancien chef militaire de l'armée serbe de Bosnie, Ratko Mladic, a repris lundi 9 juillet à La Haye, avec la déposition du premier témoin de l'accusation, deux jours avant la commémoration de la chute de Srebrenica le 11 juillet 1995.

Ratko Mladic doit répondre devant le Tribunal Pénal International pour la Yougoslavie (TPIY) de génocides, crimes contre l'humanité et crimes de guerre durant la guerre en Bosnie (1992-1995), au cours de laquelle 100.000 personnes avaient été tuées et 2,2 millions de personnes déplacées. Il s’est caché pendant 16 ans, protégé par les réseaux nationalistes et militaires serbes.

Selon l'accusation, ses hommes avaient tué, violé, torturé, détenu et chassé des milliers de Musulmans et Croates dans 14 municipalités en Bosnie.

L'ancien chef militaire est également accusé du massacre de Srebrenica, qualifié de génocide par la justice internationale. Cette ville protégée par les Casques bleus de l'ONU était tombée le 11 juillet 1995 aux mains des forces serbes de Bosnie (voir Mladic: un génocidaire enfin arrêté.

Génocide en Bosnie: début de justice aux Pays-Bas. )

Près de 8.000 hommes et adolescents musulmans y avaient été tués par les hommes de Ratko Mladic, lors de ce qui constitue le pire massacre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

 30.000 personnes sont attendues mercredi dans la région de Srebrenica pour la commémoration du 17e anniversaire du massacre commis par l'armée serbe de Bosnie. Une dizaine de milliers sont arrivés après avoir marché le long du chemin emprunté par ceux qui tentaient de fuir.

À cette occasion, 520 victimes, identifiées depuis un an, seront mises en terre au mémorial de Potocari (voir Srebrenica : l’impunité jusqu’à quand ? ) .

En 1995, les cadavres avaient été déposés dans des fosses communes, qui avaient ensuite été ouvertes par des bulldozers pour déplacer les cadavres afin de dissimuler l'étendue du crime, comme l’avaient pratiqué les nazis pour dissimuler les traces de la Shoah.

Ratko Mladic est également poursuivi pour son rôle dans le siège de Sarajevo, au cours duquel 10.000 civils avaient été tués, et dans la prise en otage de 200 soldats et observateurs de l'ONU en 1995.

 17 ans après la fin de la guerre, les dirigeants nationalistes serbes rêvent encore de revanche et de violence. Ainsi à Srebrenica même, ils organisent cette année un « festival » du 7 au 12 juillet, ajoutant ainsi une provocation au lourd bilan du génocide

Le président nationaliste serbe Nikolic, à peine élu, a quant à lui déclaré le 1er juin dernier  qu'il niait le génocide de Srebrenica

"Il n'y a pas eu de génocide à Srebrenica. Il est très difficile d'inculper et prouver devant un tribunal qu'un événement avait la forme d'un génocide", Il a néanmoins été obligé de reconnaître qu’ «...Un grand crime s'est produit à Srebrenica commis par des Serbes, des membres du peuple serbe, il faut les trouver, les juger et les punir"

Interrogé sur l'éventualité d'une prochaine visite à Srebrenica, Nikolic a répondu: "…Cessez de demander tout le temps, tous les mois ou deux au président serbe quand il se rendra à Srebrenica… Mon prédécesseur s'y est rendu et a présenté ses hommages (...)"

L'ancien président Tadic, battu par Nikolic lors de la présidentielle, avait justemment été le premier président de Serbie à se rendre à Srebrenica, le 11 juillet 2005, à l'occasion du dixième anniversaire du massacre. Il s'y est rendu une deuxième fois en 2010.

Au moment où à propos de la Syrie, Kofi Anan  parle de "non-réussite" de l’ONU pour protéger le peuple victime du massacre (voir Syrie: le déchirement ), il faut se souvenir que l’appareil de l’ONU a  aussi laissé faire le génocide des Tutsi au Rwanda, le génocide de Srebrenica, le massacre des Tamouls au Sri-Lanka (voir Sri Lanka : ONU silencieuse, régime impuni) .

MEMORIAL 98

Partager cet article
Repost0
8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 00:21

 

Il est parfois insupportable d’entendre parler de la Syrie à la radio. Il y est question de « violences »,  de « rebelles », de « forces loyalistes » voire de « guerre civile », alors qu’il s’agit de crimes contre l’humanité commis par un régime barbare. L’armée bombarde et pilonne les villes révoltées et on  atténue la gravité du crime en utilisant un vocabulaire de bataille.  Assad n’a strictement aucune légitimité, n’a jamais été élu par quiconque. Il survit grâce au soutien de la dictature chinoise et de Poutine.

La manifestation de ce jour (dont l’appel figure ci-dessous) a rassemblé plusieurs centaines de personnes ; il s’agissait surtout de Syriens, toujours très mobilisés et de contingents d’Amnesty International et de l’ACAT, qui font preuve d’une mobilisation exemplaire depuis le début du soulèvement.

Face à la poursuite des massacres, seule une mobilisation internationale peut faire pression sur Poutine et ses sbires.Les Jeux Olympiques de Londres représentent une première échéance d’autant qu’ un proche du régime à prévu d’y participer. Nous vous appelons à signer et à diffuser l’appel qui proteste contre cette participation : http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/cio-emp%C3%AAchez-le-fils-du-financier-d-assad-de-concourir-aux-jo-london2012-olympics?alert_id=CTAmIqEYMg_WXKfUfEROe&utm_campaign=7265&utm_medium=email&utm_source=action_alert

 Il est sans doute aussi temps de passer à un rendez-vous quotidien de la solidarité dans des lieux visibles tels que les grandes places des villes de notre pays.

MEMORIAL 98

voir aussi

Reportage: avec les Syriens de Paris

Pour le peuple syrien: vague blanche le 17 avril

Syrie: un an de combat et de débat.

Syrie urgence: arrêter enfin le massacre!

La solitude des Ouïghours de Paris

Sri Lanka : ONU silencieuse, régime impuni.

 

Collectif Urgence Solidarité Syrie

 S’abstenir de crier notre indignation c’est accepter et légitimer l’impuissance de la Communauté Internationale devant la barbarie des crimes contre l'Humanité.

Samedi 7 juillet 2012

Départ 14 heures devant le Panthéon

Marche jusqu'à l’Institut du Monde Arabe

 Marche contre la lâcheté et pour le respect de l’humanité du peuple syrien

 15 mois de féroce répression contre le peuple syrien dont le combat est son droit à la liberté après 42 années de dictature de père en fils.

 Des milliers de morts, hommes, femmes et enfants tués, torturés, des dizaines de milliers de disparus.

 Les destructions d’habitations, le siège des villes et l’extermination systématique de populations nous rappellent de sombres moments de l’histoire de l’Humanité.

 Par leur l’absence de détermination, les institutions représentatives de la Communauté Internationale ne semblent pas en mesure de prendre des décisions à la hauteur des crimes contre l’humanité qui sont, depuis quinze mois perpétrés, en toute impunité en Syrie.

 Après le temps de l’indignation vient le temps de l’interpellation, par les peuples, des responsables politiques des nations, telles la Russie et la Chine, dont l’attitude de complicité vis-à-vis des crimes commis, bafoue leur propre humanité. 

Le temps presse pour que le régime Al Assad soit acculé à arrêter les massacres, les tortures, l’état de siège, à répondre de ses crimes contre l’Humanité et à céder la place au plus vite à un État de droit et à une Syrie libre.

«Où que j’aille, j’ai rencontré des personnes bouleversées qui m’ont demandé pourquoi le monde regarde sans rien faire » Donatella Rovera chercheuse  d’Amnesty International en mission en Syrie

Soyons nombreux

Signataires :Comité de coordination de Paris pour le soutien à la Révolution syrienne - Comité de la déclaration de Damas - Collectif du 15 mars pour la démocratie en Syrie - Souria Houria –Conseil National Kurde syrien- Union des étudiants syriens libres - Association des amis de Samir Kassir- PS –PG- EE les Verts- ACAT- France -  LDH - FIDH - REMDH - Amnesty International -MRAP Fédération de Paris. Syndicat de la Magistrature - Ligue de l'Enseignement - FSU - SNESUP / FSU - Intercollectif de solidarité avec les luttes des peuples du Monde arabe-  Mémorial 98-FCSME

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 00:41

 

Samedi 26 mai, en plein week-end de Pentecôte. Les  Syriens de la région parisienne se retrouvent comme toutes les semaines, place du  Châtelet en plein centre de la ville mais néanmoins peu visibles, cachés par les arbres.

Drapeaux, banderoles, chants et mots d’ordre repris des manifestations au pays permettent aux personnes présentes de  manifester leur soutien au soulèvement de leur peuple. C’est aussi un moment pendant lequel elles peuvent échapper à l’angoisse du suivi permanent des nouvelles sur Internet. Cette dimension de mobilisation collective est particulièrement visible et l’on se demande parfois d’où elles puisent l’énergie permettant de scander encore et encore les « chœurs parlés » des manifestations d’Homs et Deraa et de chanter les airs populaires du pays. Les massacres s’y succèdent, décimant les familles.  

Conversation sur place avec un ancien diplomate français qui connaît très bien la région et anime un blog dont la lecture est indispensable à ceux qui veulent suivre la situation en Syrie (voir http://syrie.blog.lemonde.fr)

 Il confie que l’opposition syrienne  réclame des armes pour pouvoir résister à l’énorme puissance de feu des troupes du régime et aussi une prise de position ferme et claire de la communauté internationale à l’égard du groupe dirigeant, pour lui signifier que la répression doit cesser. Comme prévu la prétendue trêve est violée quotidiennement par Assad, les observateurs internationaux sans aucun pouvoir sont ridiculisés.

L’opposition rejette à ce jour toute intervention extérieure, mais demande qu’on lui donne les moyens de libérer elle-même le pays. Elle doit faire face à l’armée, aux « conseillers militaires » iraniens, à la milice préparée à attaquer les manifestants. Ainsi à Damas ce sont plus de 20000 miliciens qui sont rassemblés tous les vendredis afin d’intimider les protestataires.  Il apparaît que les structures locales d’organisation civile et militaire progressent  assez rapidement dans un pays écrasé  depuis des dizaines d’années par la répression.

Alors que les massacres semblent s’accélérer, nous appelons nos lecteurs à participer le plus largement possible aux protestations et mobilisations qui se déroulent partout dans le pays (voir la liste des manifestations sur http://souriahouria.com/)

voir aussi Pour le peuple syrien: vague blanche le 17 avril

Syrie: un an de combat et de débat.

Syrie: un permis de tuer?

Syrie: violences à Paris contre les manifestants

La solitude des Ouïghours de Paris

 

MEMORIAL 98

Partager cet article
Repost0
14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 13:03
 

 Au lendemain de la défaite de Sarkozy, alors que l’UMP cherchait des thèmes de campagne et une posture, Copé a, une fois de plus, choisi de se fournir auprès du Front National. En effet Louis Aliot, numéro 2 du Front a « vu » des drapeaux étrangers lors de la soirée du 6 mai à la Bastille. Immédiatement  Copé a eu la même « vision » : la place de la Bastille envahie par des drapeaux « étrangers », à défaut de chars soviétiques comme lors de la campagne de la droite en 1981.

Ces « visions » sont à la fois mensongères et fantasmatiques: aucun des visionnaires n’était évidemment à la Bastille. Ils y auraient constaté une atmosphère très « française » avec une forte volonté de tourner la page de la division et de la stigmatisation.

Copé est prêt à surenchérir encore sur Sarkozy et à piocher dans les différentes inventions de l’extrême-droite, comme il l'a fait pour le halal et la burqua.

Il a même tenté à plusieurs reprises, en décembre 2010 puis en juillet 2011 de relancer le  débat sur l’identité nationale, pourtant déjà abandonné par Sarkozy.   (voir http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/cope-veut-relancer-le-debat-sur-l-identite-nationale-pour-2012-11-12-2010-1274150_240.php)

Il va maintenant faire  imprimer 8 millions de tracts tricolores, flirtant ainsi avec la transgression des lois électorales qui interdisent cette confusion.

En effet Copé s’est positionné au sein de l’UMP comme dirigeant et porte-parole de la droite dure, ultra-libérale et xénophobe (voir  Nationalité : Copé et l’UMP en embuscade.

Sarkozy et Copé aux côtés du Front National.

Woerth, Copé et le Front National : décryptage .)

Il a bâti son audience à travers la campagne contre la burqua, ce qui lui a valu de faire exploser à chaque fois l'applaudimètre des auditoires UMP.

Il a aussi appelé sans cesse à remettre en cause les 35h.

Les accords avec le FN ne le gênent pas, comme le prouve le fait suivant : il a recruté dans le club qui constitue sa garde rapprochée « Génération France" , un symbole de la collaboration directe avec le Front National, le sénateur (battu depuis) de la Lozère, Jacques Blanc.

Celui-ci  a fait ouvertement alliance avec le Front National, lors des régionales de 1998.

Suite à un accord en bonne due forme, Blanc avait été élu président de la région Languedoc-Roussillon et avait géré la région avec l’extrême droite pendant toute la durée de la mandature, jusqu’en 2004.( voir  Succès du Front National: quelles conséquences? )

 Copé s’est aussi illustré par son amitié assumée et revendiquée avec l’affairiste Takhieddine; en revanche il déteste qu’on évoque ses conflits d’intérêts en tant qu’avocat d’affaires. Il a ainsi accusé Martin Hirsch, qui a relevé ce problème, d'être un délateur, en faisant référence à la dénonciation des Juifs pendant la Shoah (voir Un dirigeant UMP salit à nouveau la Shoah. )

Les alliances avec le FN 

Copé proclame qu’il n’y  aura ni alliance ni négociation avec le FN mais il ajoute toujours qu’il n’est pas question non plus de "Front républicain". Cela signifie pratiquement qu’en cas de duel de 2e tour entre la gauche et le FN, Copé appelle au mieux à l’abstention et plus probablement au vote FN en raison de la radicalisation des militants UMP qu'il a lui-même provoquée. Cette position a déjà donné lieu à des polémiques dans l’UMP quand Bachelot et Fillon (à voix basse dans ce dernier cas) ont appelé à battre le FN dans un tel cas de figure.

En fait Copé prépare à terme une alliance en bonne et due forme, au niveau central avec le Front National, par exemple si celui-ci se présente sous une autre dénomination (voir 8 mai: l'adieu à Sarkozy? ). C’est pourquoi il ne veut surtout pas d’accords locaux qui déstabilisent et affaiblissent son propre parti. À l’inverse, Marine Le Pen cherche des accords locaux pour modifier ce rapport de forces.

 Elle déclare ainsi : "Si discussions il doit y avoir, c'est à la base. Nous regarderons au cas par cas, notamment la sincérité du candidat UMP qui nous proposerait une telle entente. Je ne suis pas fermée, a priori, à ce type de discussions".

Face à cette situation, il est crucial que toute la gauche s’entende pour présenter  une candidature unique dans tous les cas où elle risque d’être éliminée du 2e tour en cas de candidatures séparées.

C’est le minimum nécessaire pour entamer la bataille qui doit s’amplifier contre le bloc UMP/ FN.

MEMORIAL 98


 

 

 

Partager cet article
Repost0