L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.
Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.
Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes
(Arménie, Rwanda, Shoah ...)
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Pour correspondre avec nous, nous proposer des articles ou des informations, pour toute question :
Appel unitaire, dont Memorial 98 est signataire, pour un rassemblement vendredi 1er mai de 9h30 à 11h au Pont du Carrousel à Paris. Le 1er mai 1995, Brahim Bouarram était assassiné, jeté dans la Seine par des militants d’extrême droite sortis d’un défilé...
Combattant-es du Ghetto. Mordehai Anilewicz en était le dirigeant
C'est au génocide des Tutsi au Rwanda que revient le triste privilège d'ouvrir les commémorations du mois d'avril, au cours duquel est honorée la mémoire des victimes de trois génocides...
C'est le 11 avril 1961 que ce procès historique s'ouvrit à Jérusalem, quelques jours avant le dix-huitième anniversaire de la révolte du Ghetto de Varsovie , qui débuta le 19 avril 1943 et symbolise le massacre génocidaire des Juifs d'Europe durant la...
Avec le collectif CLARA - Collectif de lutte antifasciste contre le racisme et l’antisémitisme- soutenu par Memorial 98, mobilisons nous contre le racisme et en soutien à Bally Bagayoko.
Communiqué commun co-signé avec FSU, LDH, MRAP, SOS Racisme, Union...
Des centaines de candidat-es RN & Reconquête diffusent des contenus racistes et antisémites
Pas d'abstention Élections municipales : les fascistes ne doivent rien gagner ! Les élections municipales approchent. L'extrême-droite y est très présente et semble...
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Nous nous associons à l’appel de la Ligue des droits de l’homme (LDH)
MEMORIAL 98
La LDH appelle à participer à la manifestation silencieuse du dimanche 25 mars
Notre condamnation est absolue : à l’assassinat froidement prémédité de soldats français, s’ajoute l’exécution insupportable d’un homme et d’enfants parce que juifs. Rien, aucune cause, aucune idéologie, aucune injustice ne peuvent justifier ni même expliquer ce racisme et cet antisémitisme.
Que ces faits surviennent au milieu d’une campagne électorale les rend encore plus dangereux parce que cela offre la possibilité de les instrumentaliser et de stigmatiser tel ou tel.
Et lorsque, depuis le début de la campagne électorale, les amalgames se sont succédé, l’Etranger, les Français d’une origine ou d’une religion différente deviennent des boucs émissaires jetés en pâture au mépris des principes qui nous animent.
Il ne suffit plus de proclamer son attachement à la République, Il faut en faire vivre les règles et combattre ces haines que certains, par cynisme ou par conviction, sèment tous les jours.
Face au déni d’humanité que sont le racisme et l’antisémitisme, parce que le péril est immense, nous devons refuser cet engrenage et offrir une réponse commune à ceux et celles qui cherchent à nous diviser au gré de leurs intérêts politiques ou de leur idéologie de mort.
C’est pourquoi la LDH appelle à manifester silencieusement le dimanche 25 mars à Paris, de la place de la Bastille à la place de la Nation, à partir de 15 heures.
Marche silencieuse
Une république unie contre le racisme, l'antisémitisme et le terrorisme
dimanche 25 mars
Place de la Bastille à 15h
SOS RACISME/UEJF/LICRA/AFVT/LDH
La France vient d’être frappée au cœur par des actes de terrorisme islamiste marqués du sceau du racisme et de l’antisémitisme, qui ont entrainé la mort de sept enfants de la République.
Ces actes de barbarie, qui visent à insuffler la peur et le chaos, tentent de mettre à mal le vivre ensemble dans notre société et d’éprouver notre attachement aux valeurs républicaines.
Bien loin de la tentation du repli et de la haine, bien loin de la peur à laquelle certains voudraient nous voir céder, bien loin de l’amalgame entre islam et terrorisme, la réaction de la société française doit être unitaire, ferme et fraternelle.
C’est pourquoi nous appelons à une marche silencieuse ce dimanche 25 mars qui partira à 15h de la place de la Bastille pour se diriger vers la place de la Nation.
A cette occasion, nous invitons tous les citoyens, quelles que soient leur confession, leurs opinions politiques, leurs origines ou leur couleur de peau, à venir exprimer leur dégoût de la haine raciste et antisémite ainsi que leur attachement aux valeurs de la République dans lesquelles se trouve inclus le respect pour chacun de sa dignité d’être humain.
Une partie de la classe politique a décidé, après l'horreur des crimes perpétrés dans une école juive de Toulouse, de suspendre la campagne présidentielle. La question se pose du lien entre les discours tenus durant cette campagne et les éventuelles dérives incontrôlées d'individus passant à l'acte.
En effet, pendant que d'aucuns, débattaient de l"abattage rituel" des animaux comestibles, un criminel imaginairement "justicier" fomentait d'éliminer méthodiquement des citoyens français dont l'appartenance nationale lui apparaissait contestable au regard des critères définis par certains discours au cours de cette même campagne électorale.
Il est effectivement plus que regrettable que les débats portant sur la viande hallal et cachère et sur les pratiques de citoyens aux coutumes et aux croyances non considérées comme spécifiquement "françaises", aient pris tant de place dans les propos de certains responsables politiques et dans les medias.
La stigmatisation de personnes dans leurs pratiques religieuses, culinaires ou vestimentaires, produit des effets désastreux dans les esprits d'individus prompts à des agissements pulsionnels. La responsabilité de l'ensemble des protagonistes de la campagne est si vivement ressentie et partagée, que cette dernière doit de fait être suspendue. N'est-ce pas l'aveu même
de la piètre qualité du débat sur les questions touchant aux différences culturelles?
À l'égard de ces questions, la campagne aura été indigne, en laissant entendre des propos de nature à ouvrir une brèche dangereuse.
Même s'il est souhaitable de suspendre la campagne de fait, par respect pour les victimes endeuillées par ce drame et les blessures de l'ensemble de la nation, il sera judicieux de se demander ce qui dans la formulation même de certaines déclarations, a pu, sans bien évidemment l'autoriser explicitement, encourager la planification froide, délibérée, d'actes criminels racistes et antisémites.
Comment ne pas remarquer que le poids même des mots est à l'oeuvre dans le mode opératoire du tueur? Le signifiant "abattage rituel", si largement employé et désigné comme un "problème national", semble repris dans un mécanisme meurtrier dans chacun des actes de mise à mort perpétré de sang-froid. Le meurtrier "abat" ses victimes dans un rituel orchestré, prémédité.
Il ne suffit donc pas de suspendre la campagne, dans le souci d'éviter les récupérations politiciennes de l'évènement traumatique ; il est nécessaire, au moment de la reprendre, de repenser en profondeur les mots, les images, les arguments et la nature des débats et des messages véhiculés.
Il est urgent que les responsables politiques dans leur ensemble retrouvent une vigilance éthique qui les incite à respecter l'ensemble des citoyens et de veiller, dans le langage, à la protection des personnes. Il ne suffit de placer des policiers en faction devant chaque école, chaque mosquée, chaque synagogue, lorsque des assassinats ont été commis. Il serait souhaitable de "policer" le langage de chacun, loin de la démagogie et de la recherche du consensus au prix de querelles interculturelles et conduisant au mépris de citoyens stigmatisés, marginalisés.
Les fondamentaux de la Loi républicaine résident dans une éthique audible, dans la qualité et la dignité des débats.
"En France, on tue des juifs, des noirs et des arabes"
C’est la réaction qu’on pouvait lire sur une banderole lors de la manifestation parisienne du lundi 19 mars au soir.
Les 3 enfants et le père de famille de Toulouse sont Juifs et ontsans doute été tués pour cette raison. Les 3 soldats de Toulouse et Montauban sont d’origine maghrébine et ont sans doute été tués pour cette raison et par la même arme. Le soldat blessé est originaire de Guadeloupe.
Le site du magazine Le Point, souvent bien informé dans ce domaine, évoque la piste d’anciens militaires néonazis du régiment parachutiste de Montauban dont faisaient aussi partie les victimes.
En effet en 2008, le 17e régiment de génie parachutiste de Montauban s'était déjà fait connaître. La hiérarchie militaire y avait identifié des soldats proches des mouvements "néonazis". Jamel Benserhir, un ancien militaire, avait dénoncé à sa hiérarchie les agissements de trois "frères d'armes", qui s’étaient fait prendre en photo faisant le salut nazi derrière un drapeau à croix gammée. Ce cliché avait alors été publié par Le Canard enchaîné. Le colonel Esparsa, chef de corps du 17e RGP, avait donc porté plainte contre ces trois militaires ; les deux d’entre eux encore en service furent renvoyés.
Au-delà des motivations du criminel impliqué, c’est l’atmosphère politique crée par la droite et l’extrême-droite qui se trouve mise en cause.
Du côté du Front National, l’habituelle tradition se manifeste à jet continu dans la polémique sur le hallal qui nous envahirait, lors d’événements tels que l’anniversaire de la guerre d’Algérie ou lors des discours du président d’honneur faisant référence au collaborateur des nazis Brasillach sans que la candidate s’en émeuve, alors qu’elle-même est allée valser à Vienne avec le gratin antisémite autrichien (voir Quand N.Morano collectait des signatures pour Le Pen ).
La nouveauté est du côté de l’UMP, qui a lourdement radicalisé son profil xénophobe.
annonçaient la catastrophe à venir. La récente offensive de Guéant et Sarkozy contre la viande hallal et dans le cas de Fillon y incluant la viande casher, en a été la démonstration la plus forte. Sarkozy a été jusqu’à prétendre le 5 mars dernier à Saint-Quentin, que :
« Le premier sujet de préoccupation de discussion des Français, je parle sous votre contrôle, c'est cette question de la viande halal. »
Les réactions d’amertume des représentants religieux juifs et musulmans ne sont nullement closes, contrairement à ce qu’à prétendu le gouvernement. Le président du Consistoire juif a encore évoqué récemment la « blessure » de sa communauté (voir link).
La série de crimes racistes qui touche les originaires du Maghreb, musulmans ou non, des Antilles et les Juifsrappelle une fois de plus que les discours chauvins, racistes, antisémites se traduisent toujours par des actes de violence et des meurtres.
Elledoit être l’occasion d’un rassemblement de tous ceux qui, quelle que soit leur origine, veulent combattre la violence xénophobe d'où qu'elle vienne. Le sang des uns est aussi rouge que le sang des autres et la douleur aussi forte.
Le dénommé Jacques Béhague, Vice Président UMP du Conseil Général des Hautes Pyrénées et Conseiller général, a publié sur son site le texte suivant, ensuite supprimé face au tollé:
"...Mr François HOLLANDE cultive la haine des riches, et ce depuis longtemps… Une vidéo est d’ailleurs disponible sur Internet dans laquelle il affirme explicitement « qu’il n’aime pas les riches, qu’il en convient » !!!
Cette haine des riches a déjà été développée par Adolf HITLER au travers des juifs.
J’accuse Monsieur HOLLANDE de faire renaître ces mêmes haines qui ont conduit l’humanité dans ce que nous avons connu de plus effroyable et de nauséabonde.J’accuse Monsieur HOLLANDE de prôner le nettoyage ethnique de tous ceux qui auraient le malheur de « trop » gagner d’argent…
– Soit par la confiscation de leurs biens et de leurs revenus.
– Soit par l’incitation à l’émigration.
Monsieur HOLLANDE est donc – Soit un criminel à l’encontre d’une population, celle des « riches », au même titre que Hitler en son temps quand celui-ci s’est lui aussi attaqué aux riches au travers des juifs. – Soit un demeuré de ne pas s’en rendre compte !..."
La droite dure est friande de tels parallèles scabreux et hors de propos avec le nazisme et le fascisme. Aux Etats-Unis, Obama a fait face à une campagne qualifiant de "nazie" sa réforme mettant en place une assurance-maladie. En septembre dernier, lors de la réunion des ministres européens des Finances en Pologne, Maria Fekter, ministre autrichien des Finances, membre du parti conservateur ÖVP déclarait comme Béhague: « En Europe, nous sommes en train de forger une image hostile énorme des banques et des riches. Cela est déjà arrivé une fois, c’était en apparence contre les Juifs, et en fait on visait les mêmes milieux. Par deux fois cela s‘est terminé avec des guerres ! ». En France C’est Nicolas Sarkozy lui-même qui a donné le signal. Dès 2007, lors de l’Université d’été du MEDEF, en défense de la « dépénalisation du droit des affaires » N. Sarkozy avait utilisé la formule suivante : « À quoi sert-il d'expliquer à nos enfants que Vichy, la collaboration, c'est une page sombre de notre histoire, et de tolérer des contrôles fiscaux sur une dénonciation anonyme, ou des enquêtes sur une dénonciation anonyme ? ». Il avait été applaudi frénétiquement par son auditoire. Nous écrivions alors : «… Peut on mettre en parallèle, comme le fait N.Sarkozy, la déportation des Juifs et un contrôle fiscal ? Comment cette image a-t-elle pu figurer dans un discours officiel et de telles paroles être prononcées par un président de la République ? Pourquoi il y a-t-il si peu de réactions? Qu'on imagine le scandale si Le Pen avait osé une telle déclaration… » (voir Sarkozy: nouveau dérapage sur Vichy ) Quelques mois plus tard, son épouse reprenait la même image ; interrogée par l’Express du 13 février 2008 sur la plainte déposée par Nicolas Sarkozy contre le site Internet du Nouvel Obs - qu'il accusait de "faux" à propos d'un SMS, Mme Bruni Sarkozy déclarait : « La plainte justifiée de mon mari n'est pas contre un organe de presse, bien sûr, mais contre les "nouveaux moyens de désinformation". Internet peut être la pire et la meilleure des choses. À travers son site Internet, Le Nouvel Observateur a fait son entrée dans la presse people. Si ce genre de sites avait existé pendant la guerre, qu'en aurait-il été des dénonciations de Juifs?... » Face au scandale, elle dut s’excuser et retirer ses propos.(voir Mme Sarkozy Bruni dérape à propos des Juifs et de la Shoah.) Lors de l’affaire Woerth en 2010, face à l’enquête de la presse et notamment de Mediapart, les dirigeants de la droite ne cessèrent d’en appeler à la « presse fasciste » et aux années 30. Le ministre X. Bertrand devra d’ailleurs en répondre devant la justice (voir Woerth, Copé et le Front National : décryptage ).
A la même période, le 7 juin 2010, lors d'un débat au Conseil de Paris portant sur les projets de logements sociaux dans le 16e arrondissement, Goasguen, député maire de cet arrondissement qui compte 2,4% de logements sociaux contre plus de 30% dans des arrondissements de l'Est parisien, s'est emporté face aux critiques: "Si vous voulez, vous pouvez nous mettre une étoile jaune avec 16e écrit dessus". Interrogé par des journalistes après la séance, Claude Goasguen, ne s’est pas excusé, mais s’est justifié en rappelant qu'il "aime" et "défend" la communauté juive. Il préside le groupe d’amitié France-Israël à l’Assemblée. C’est la ritournelle habituelle quand le retour du refoulé s’exprime au grand jour.( voir Frêche: raciste et antisémite! ) Il a aussi explicité et par là même confirmé son propos :"Quand je dis: est ce que je dois mettre l'étoile jaune ? entendez: je ne suis pas un pestiféré. Les habitants du 16e arrondissement ne sont pas des pestiférés", a- t- il souligné. (voir Qui manipule l’étoile jaune ? ) . Quelques semaines plus tard, mis en cause par un livre de Martin Hirsch à propos de ses conflits financiers d’intérêts (il est avocat d’affaires en même temps que député, maire...) Jean-François Copé a tracé un parallèle entre cette mise en cause et la dénonciation des Juifs pendant la guerre.(voir Un dirigeant UMP salit à nouveau la Shoah). Il a ainsi déclaré le 26 septembre 2010:«…Il se trouve que Martin Hirsch et moi nous avons un point commun que nous avons découvert en parlant : ses parents, comme mon père pendant la guerre, ont été sauvés par des Justes… Quand on a cette culture familiale, je ne dis pas que cela commande des obligations... Je dis simplement que l'on ne peut pas vivre les choses de la même manière… En lisant ce livre, je me suis demandé si, sans peut-être s'en rendre compte, il se livrait à un exercice de délation, qui n'est pas tout à fait à l'honneur de quelqu'un qui a sa qualité" Ainsi selon Copé, Martin Hirsch, lui-même d’origine juive, agirait comme un de ces délateurs qui dénonçaient les Juifs aux nazis.
La droite UMP est engagée dans une campagne d'une extrême violence à l'égard de la gauche. Sarkozy donne le ton de cette recherche de tension, comme lors de la campagne de 2007. Il faut s'attendre à de nouvelles provocations dans les semaines qui viennent.
Nous publions un texte de Séta Papazian, présidente du Collectif VAN (Vigilance Arménienne contre le Négationnisme), partenaire de Memorial 98 et dont nous partageons le combat contre le négationnisme de l'Etat turc.
« Perplexité ». Le mot est faible pour décrire l’impression laissée par l’entretien accordé par Robert Badinter à Armand Avakian, directeur du bureau européen de la chaîne arménienne Armenia TV.
L’ancien sénateur et garde des Sceaux revient sur la loi Boyer, loi de pénalisation de la négation des génocides votée le 22 décembre 2011 par l’Assemblée nationale, puis le 23 janvier 2012 par le Sénat, avant d’être invalidée le 28 février 2012 par le Conseil constitutionnel.
Cette éminente personnalité, qui affirme n’avoir « aucune volonté de complaire aux Turcs », explique son opposition à la loi permettant de poursuivre les négateurs du génocide arménien en utilisant des arguments qui suscitent des interrogations.
Vidéo : Entretien exclusif avec Robert Badinter (Armenia TV)
L’ancien garde des Sceaux, ex-président du Conseil constitutionnel, professeur émérite de l’Université Paris 1, n’a jamais caché son hostilité à la loi de reconnaissance du génocide arménien promulguée en France en 2001, et à l’extension de la loi Gayssot à la négation du génocide des Arméniens. Mais, dit-il dans un entretien accordé à Armand Avakian, directeur du bureau européen de la chaîne arménienne Armenia TV, « Ce n’est pas une question politique, c’est une question juridique » et il n’y a, en ce qui le concerne, « aucune volonté de complaire aux Turcs. » Vraiment ?
La dimension politique de la loi de pénalisation de la négation des génocides, votée le 22 décembre 2011 par l’Assemblée nationale, puis le 23 janvier 2012 par le Sénat, avant d’être invalidée le 28 février 2012 par le Conseil constitutionnel français, est impossible à éluder, au vu des menaces de représailles turques contre la France et du lobbying agressif, sur le sol français, d’hommes d’affaires et de diplomates turcs.
On ne peut d’autre part s’empêcher de faire certains recoupements qui incitent à penser que Robert Badinter aurait dû garder une certaine réserve : deux mois avant son discours du 4 mai 2011 au Sénat - où il s’était exprimé avec vigueur contre une proposition de loi similaire présentée par son propre parti - le sénateur socialiste avait accepté une distinction en Turquie en devenant Docteur Honoris Causa de l’Université Galatasaray d’Istanbul.
Il y avait prononcé un discours où, sans dire un mot des intellectuels turcs emprisonnés, des persécutions actuelles contre la minorité kurde, du génocide de 1915 ou du négationnisme turc, il avait choisi de citer le Président Abdullah Gül pour évoquer « la paix et la tolérance » turques.
Par ailleurs, son épouse, Elisabeth Badinter, Présidente du Conseil de Surveillance de Publicis Groupe, est, avec plus de 10% du capital, l'actionnaire de référence du 3ème groupe mondial de communication qui a d’énormes intérêts en Turquie.
Un combat de trop
Dans un tel contexte, n’aurait-il pas été plus sage pour Robert Badinter, qui restera dans l’histoire comme celui qui a aboli la peine de mort, de garder le silence et de ne pas se faire l’avocat des partisans de la liberté de nier « outrageusement » sur le sol français l’anéantissement programmé d’un peuple ?
N’y avait-il pas assez de forces opposées à la loi pour laminer ce texte – destiné à protéger des citoyens français (de seconde zone ?) contre des délits commis en France - sans l’intervention navrante d’un homme de l’envergure de M. Badinter ?
Dans une interview à la chaîne turque 24 donnée par Ethem Tolgar, recteur de l’Université Galatasaray, ce dernier a rendu hommage aux bons offices de M. Badinter pour l’aide apportée au lobbying anti-loi.
Précisons, et ce n’est pas anodin, que l’Université Galatasaray a reçu en dix ans 35 millions d'euros d’aide de la France : les impôts que les descendants des victimes du génocide arménien payent en France favorisent ainsi très directement les interventions de M. Tolgar et consorts visant à laisser libre cours au négationnisme dans notre espace citoyen. Un outrage supplémentaire qui s’ajoute à la spoliation des biens arméniens dont profitent déjà nombre d’institutions turques.
Au lendemain de l’invalidation de la loi par le Conseil constitutionnel, le Recteur de l’Université franco-turque a donc expliqué que sa première démarche [après le vote] a été d’écrire à M. Badinter. Celui-ci lui aurait répondu avec courtoisie qu’il « ferait le nécessaire car il était contre la loi », et M. Tolgar relève que l’article de Robert Badinter dans le Monde a joué un rôle capital en « ébranlant les esprits ».
Robert Badinter, si prompt à défendre le droit et si prolixe, n’a pas indiqué s’il a répondu au Recteur Ethem Tolgar que l’ingérence turque dans le vote des lois françaises était inadmissible, et que seule l’intéressait la légalité constitutionnelle du texte.
Au contraire : reprenant à son compte une des tactiques de l’État turc négationniste, l’ancien garde des Sceaux appelle à la mise en place d’une commission d’historiens pour faire la lumière sur ce qu’il s’est passé en 1915 et établir « un Livre Blanc ».
En disqualifiant tous les travaux existants – qu’ils soient dus à des spécialistes arméniens, turcs, américains, français ou autres – en faisant repartir à zéro les recherches historiques, M. Badinter offre un nouveau délai (indéfini) à la Turquie. Chacun sait que c’est là très exactement le but recherché par cette dernière, quand elle parle de « commission d’historiens » tout en déclarant, par la voix de son Premier ministre Erdogan, que de toute façon, « la Turquie ne reconnaîtra jamais de génocide », ou en organisant des manifestations anti-arméniennes menaçantes, comme l’a fait le ministre turc de l’Intérieur ce 26 février à Taksim (Istanbul).
Quand M. Badinter estime que « des versions nationales s’opposent les unes aux autres », ignore-t-il que ce type de déclarations fait partie du discours d’Ankara qui - à l’instar de celui de Bernard Lewis - qualifie le génocide de 1915 de « version arménienne de l’histoire » ?
Et peut-il dire à quelle « version nationale » il renvoie les courageux Turcs - historiens ou intellectuels - qui, après avoir étudié le sujet, qualifient « 1915 » de génocide, ce qui leur vaut incarcérations et menaces de mort ?
Des historiens sélectionnés en fonction de leur origine
En fait, M. Badinter a une conception un peu différente, et très singulière, de cette fameuse commission d’historiens : elle devrait réunir « des historiens indépendants, ni turcs, ni arméniens ». Allons bon ! Concernant la Shoah, peu de gens ont osé jusqu’à présent disqualifier d’office les travaux de spécialistes juifs.M. Badinter n’a jamais mis en cause, à notre connaissance, l’intégrité des historiens liés à la communauté juive.
Cependant, à propos du génocide des Arméniens, il exclurait d’emblée, à cause de leurs seules origines ethniques, arménienne pour l’un, turque pour l’autre, le Professeur Raymond Kevorkian, auteur d’une véritable somme extrêmement documentée, ou le Professeur Taner Akçam, qui a travaillé sur les archives ottomanes.
Que suggère M. Badinter pour garantir l’indépendance des historiens ayant des noms français, anglais ou italiens ? Un test ADN ? Une recherche généalogique pour traquer une grand-mère arménienne ou turque ? Une enquête pour déceler s’il existe chez eux des accointances avec des personnes de « sang » arménien ou turc ? Une conception ethnique du métier d’historien, c’est tout à fait inédit. Et apparemment réservé au seul génocide arménien.
Robert Badinter oublie aussi un « détail » essentiel : rien ne garantit que les historiens (inuit ? paraguayens ? philippins ?), « sélectionnés par l’UNESCO », ne soient pas ensuite grassement payés par le gouvernement turc. On l’a vu, celui-ci ne recule devant aucune dépense pour défendre le crime et le profit qu’il en tire.
Par ailleurs, la désignation de l’UNESCO comme entité « régulatrice » de cette commission d’historiens est pour le moins inappropriée. Outre le fait que cette instance n’a aucune compétence juridique - ce qui devrait en toute logique la discréditer aux yeux de M. Badinter -, il se trouve que sa neutralité est d’ores et déjà remise en question.
En effet, en juin 2011, quelques heures avant l’inauguration d’une exposition-photo de monuments arméniens prévue au siège de l’Unesco à Paris, le personnel de l’organisation a imposé aux représentants arméniens le retrait de la carte murale et des légendes qui accompagnaient les photos. Il est vrai que ces éléments d’information étaient hautement subversifs. Comme dans toute exposition de ce type, ils spécifiaient la localisation géographique des œuvres d’art photographiées (des joyaux de l’Art religieux arménien), par ces simples mots : « Arménie », « Turquie », « Azerbaïdjan »…
Ce toilettage mal venu visait à effacer aux yeux des visiteurs l’étendue de la présence millénaire des Arméniens sur leurs terres ancestrales, occupées et vidées de leurs habitants par la Turquie et l’Azerbaïdjan. Une censure justifiée par les services de l’Unesco qui ont rejeté la faute sur l’Ambassade d’Arménie : celle-ci n’aurait pas consulté la Turquie et l’Azerbaïdjan avant de citer leurs noms...
Si M. Badinter parle de « commission d’historiens », de l’Unesco, de « versions nationales » de l’histoire, toutes choses conformes aux desiderata turcs, sans s’être informé, on est fondé à trouver cela très problématique, surtout chez une personnalité de sa réputation.
S’il le fait en connaissance de cause, cela est encore plus consternant. Il est également perturbant qu’un homme de loi, qui insiste tant sur le terme « juridique », réduise la situation des Français d’origine arménienne, en butte à un négationnisme outrancier en France, à une simple question de « souffrance » à laquelle on aura - de manière anticonstitutionnelle - répondu par la « compassion » en 2001 tout en refusant « une pitié dangereuse » en 2012. Une approche qu’il n’oserait sans doute pas avoir avec la victime d’un viol ou même d’un cambriolage : l’avocat qu’il est la renverrait-il chez elle en se contentant d’admettre « sa souffrance » et en lui recommandant de « se réconcilier » avec un agresseur qui persisterait à nier les faits?
Nuremberg vs Constantinople
Laissons les propositions de M. Badinter et revenons à son argumentation contre la loi dite Boyer : ce qui en ferait l’inconstitutionnalité serait l’atteinte à « la liberté d’expression » : mystérieusement, cet argument n’a pas été invoqué pour faire obstacle à la loi punissant l’insulte aux harkis, ratifiée la même semaine au Sénat.
Interrogé sur la loi Gayssot par le journaliste d’Armenia TV, Robert Badinter oublie derechef « la liberté d’expression » et change de registre : cette loi est justifiée car il y a eu le jugement de Nuremberg où « la France était partie » ; « il y avait un juge français, un procureur français, des victimes juives françaises ». Là, il s’agit, dit-il, de « respect dû à l’autorité de la chose jugée ».
En somme, ce qui justifie l’interdiction de nier les crimes nazis, c’est qu’ils ont été jugés précisément par ceux qui étaient concernés – les pays qui en ont souffert (dont la France et les citoyens français). Par contre, selon l’ancien garde des Sceaux, seuls ceux qui ont une certaine distance avec le sujet seraient habilités à se prononcer sur le génocide arménien. N’y a-t-il pas un hiatus dans ce raisonnement ?
Et quid d’une « commission d’historiens indépendants » en 1945 ? Le procès de Nuremberg n’a pas attendu, que l’on sache, le travail des historiens - et c’est heureux - pour trancher et dire la vérité. De même, au lendemain de la Grande Guerre, l’extermination planifiée de la population arménienne de l’Empire ottoman était connue de tous les belligérants. Robert Badinter ne peut ignorer qu’en 1919 une Cour martiale extraordinaire a jugé à Constantinople les principaux responsables génocidaires Jeunes-Turcs, dont Talaat Pacha, le « Hitler » turc, condamné à mort par contumace mais toujours honoré par un mausolée à Istanbul.
Selon M. Badinter, la France ne serait pas concernée par un crime commis il y a 100 ans, en Anatolie. Cela est historiquement faux : la France était aux premières loges et garante de la protection des minorités chrétiennes de l’Empire ottoman. Elle est au moins responsable d’avoir accordé l’amnistie à la Turquie pour les crimes commis pendant la Première Guerre mondiale, en ignorant délibérément les droits des victimes et les nécessaires réparations annoncées dans le Traité de Sèvres, jamais mis en application. Ou d’avoir abandonné aux assassins kémalistes, les Arméniens de Cilicie placés sous la protection du mandat français.
Voici donc deux génocides commis en temps de guerre : leur apologie est pénalisée ou encouragée selon les critères que l’on choisit d’utiliser… Pourtant la négation d’un génocide, que ce soit celui des Arméniens, des Juifs ou des Tutsi, n’est rien d’autre que la perpétuation du crime.
Selon la formule d'Elie Wiesel, la négation d'un génocide, "c'est le double meurtre". Et elle autorise tous les passages à l’acte, aujourd’hui, près de 100 ans après les faits, comme en témoignent les menaces et les messages de haine reçus par des responsables politiques ou associatifs en France.
M. Badinter trouvera les explications qu’il voudra : ce qu’il indique, et avec lui le Conseil constitutionnel qui a suivi ses analyses, c’est qu’en France - contrairement à la contestation de la Shoah - la négation du génocide arménien de 1915 est un droit humain fondamental qui doit être protégé : la liberté d’expression devient ainsi un paramètre à géométrie variable.
Fort heureusement et sans surprise, ce sont des fils et filles de rescapés de la solution finale élaborée par les nazis qui ont dénoncé le plus vigoureusement cette restriction, contraire aux droits de l’homme, à l’éthique… et à la Constitution :
« On ne peut pas de surcroît imaginer qu’en France on statue en fonction de l’origine de tel ou tel citoyen français. C’est contraire aussi à la Constitution. Je rappelle, la République ne reconnaît en France que des citoyens français à égalité de droits, quels que soient leur origine, leur race, leur sexe, leur religion, leurs opinions politiques, et c’est très bien ainsi. Nous ne sommes pas une République communautariste ».
Quel est l’auteur de cette déclaration ? Les ardents défenseurs de la loi tels Bernard-Henri Levy ou Serge Klarsfeld ? Non. Il s’agit de M. Badinter lui-même, qui ne s’embarrasse pas de ses propres contradictions.
Autre exemple majeur ? Dans l’interview, l’ancien sénateur déclare « avoir invité la Turquie à reconnaître le génocide ». Plus loin, il parle de « l’époque où on génocidait les Arméniens ». Mais aussi, à plusieurs reprises, il affirme : « il faut établir la vérité », « je défendrai la recherche objective de la vérité historique […] je n’ai pas la compétence. »
Si la « vérité historique » n’est pas établie, comment peut-il accuser la Turquie d’un génocide, et l’inviter à le reconnaître ? S’il sait qu’elle est établie, à quelles fins propose-t-il - comme le gouvernement turc - une commission d’historiens pour… l’établir ? Et surtout, pourquoi tient-il tant à ce que cette vérité soit librement niée en France ?
Robert Badinter oublie-t-il qu’il s’agit de l’extermination planifiée de toute une population, de bébés, d’enfants, de femmes, d’hommes, de vieillards ? Il avoue de ne pas avoir « la compétence » : ne devrait-il pas avoir alors, au moins, la décence de se taire ?
Enfin, l’homme de loi insiste sur le temps écoulé – « cent ans » et recommande : « ne vivez pas dans le passé ». On retrouve là une antienne turque bien connue : « Il faut regarder vers l’avenir, le passé est le passé. »
Aurions-nous osé donner ce genre de conseils aux petits-enfants de M. Badinter qui auraient eu à se battre contre la négation de la Shoah par l’Etat allemand, si ce dernier avait eu la même position négationniste que la Turquie ?
Et dirions-nous aux descendants des esclaves de regarder vers l’avenir, pour solde de tout compte ? N’appartient-il pas à ceux qui subissent les conséquences de l’extermination, du vol de leur biens, et du déni, de décider ce qu’ils doivent faire d’un passé qui ne passe pas ?
« Je suis du côté des victimes des génocides », soutient Robert Badinter, en évoquant le drame de sa propre famille. Vraiment ?
La Turquie, elle, est d’un autre avis: elle lui a exprimé sa reconnaissance.
Séta Papazian
Séta Papazian est présidente du Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme], association dont le siège est à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Illustratrice d’albums pour enfants, elle a également travaillé durant 20 ans dans le domaine de la publicité et de la communication.
Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme] BP 20083 - 92133 Issy-les-Moulineaux - France Boîte vocale : +33 (0)1 77 62 70 77
Un an après le début du soulèvement populaire, la répression ne s’est pas relâchée un seul instant. Les milliers de morts dont de nombreux enfants, le martyre des villes de Homs, de Deraa, n’ont pas convaincu les alliés de la dictature de faire le moindre geste. Les dirigeants chinois, qui massacrent le peuple tibétain et répriment leur propre population, soutiennent les pires régimes à travers le monde. Poutine, bourreau du peuple tchétchène, envoie des chargements d’armes à ses alliés syriens.
Le mouvement de solidarité s’efforce partout de peser, malgré toutes les difficultés. À l’occasion du premier anniversaire, plusieurs mobilisations auront lieu cette semaine à Paris et dans d’autres villes le 15 et le 17 mars. Nous vous appelons à y participer.
Vous pouvez retrouver la liste des manifestations sur le site SouriahHourialink.
Nous publions aussi une lettre ouverte au journal l’Humanité de la part de militants de la solidarité avec la révolte syrienne. Nous avions déjà soulevé le même type de questions dans nos précédents articles
Rassemblement en soutien au peuple syrien le 15 mars à 18h30 sur le parvis de l’Hôtel de Ville
Alors que la situation en Syrie ne fait qu’empirer, ce rassemblement permettra aux Parisiens d’exprimer leur solidarité envers le peuple syrien et de commémorer le 1er anniversaire du soulèvement. Depuis mars 2011, près de 10 000 syriens ont trouvé la mort dans leur lutte pour la dignité, la liberté et la démocratie.
En signe de fraternité, chacun est invité à se munir d’une bougie.
Pour le Premier anniversaire de la Révolution Syrienne
Manifestation de soutien au peuple Syrien
Départ à 14h00 au métro Barbès, conjoint avec la Marche solidaire des peuples, jusqu’à l’Institut du Monde Arabe.
…Pendant un an, les Syriens ont été bien seuls dans leur résistance face à l’oppression quand d’autres continuent à vouloir soumettre le sort du peuple syrien aux intérêts géopolitiques de telles ou telles nations.
Aujourd’hui, en cet anniversaire de la Révolution Syrienne qui, sous les yeux du monde entier, s’est voulue résolument pacifique, montrons au peuple Syrien qu’il n’est plus seul dans sa lutte,que partout dans le monde, des femmes et des hommes sont solidaires avec la lutte universelle qu’il mène pour son droit à l’auto-détermination, son droit de choisir ses dirigeants, son droit de vivre dans un État de droit, son droit à la liberté et à la dignité.
Le Samedi 17 mars, à deux jours de l’anniversaire du déclenchement de la Révolution Syrienne, manifestons tous ensemble notre solidarité active avec la résistance du peuple syrien et notre exigence du droit des peuples à l’autodétermination. La solidarité internationale doit s’amplifier pour faire en sorte que, de toute urgence, les massacres cessent et les civils soient protégés.
Vive la révolution syrienne. Vive la Syrie Libre.
Organisations : SouriaHouria (SyrieLiberté) –Comité de la Déclaration de Damas – Collectif du 15 mars pour la démocratie en Syrie – – Pour une Syrie Libre – AAVS (Association d’Aide aux Victimes en Syrie) - Gauche Révolutionnaire Syrienne (GRS) – Collectif Urgence Solidarité Syrie SNESUP-FSU – ADTF (Association Démocratique des Tunisiens en France) – Mémorial 98
PCF (Parti Communiste Français) – EÉLV (Europe Écologie Les Verts) – NPA (Nouveau parti anticapitaliste) – FASE (Fédération pour une alternative sociale et écologique) – PG (Parti de Gauche) – . . . . . . .
Syrie : lettre ouverte à la rédaction de l’Humanité
Monsieur le Rédacteur en chef,
Paris, le 8 Mars 2012
Lecteurs réguliers de divers périodiques dont l’Humanité, nous soussignés, sommes attentifs aux appréciations formulées sur l’actualité internationale. Nous sommes surpris et choqués par le traitement, dans les colonnes de ce journal, de la situation en Syrie depuis le soulèvement de Mars 2011, particulièrement les aspects suivants :
♦ Une insolite discrétion, aux antipodes d’autres médias, sur les atrocités de la terreur d’État,
♦ La présentation comme hypothèse non prouvée de l’ampleur des massacres, malgré les témoignages qui l’attestent
♦ La complaisance récurrente envers le régime Al Assad, ses alliés, ses affidés (Pierre Piccinin, ...)
♦ La mansuétude envers l’attitude de blocage à l’ONU de la Russie de Poutine et de la Chine,
♦ Le dénigrement par avance de toute initiative de l’ONU, de l’Europe, des pays arabes ; les pays du Golfe n’étant vus que comme "pétromonarchies", même si leurs peuples crient leur solidarité avec les Syriens.
♦ La présentation malveillante faite du Conseil National Syrien (CNS) en ignorant la Charte qui lie ses membres en vue d’une société démocratique, pluraliste et séculière, en le montrant comme purement " dominé " par une composante confessionnelle. Un tel traitement manque de professionnalisme, d'analyses et de nuances.
♦ La place accordée à des mouvances ou personnalités prônant un "dialogue" avec le régime criminel.
♦ L’image péjorative des déserteurs de l’armée syrienne, qui ont pourtant refusé, en payant le prix fort, de tirer sur la foule, accusés d’être ceux qui déclenchent une "guerre civile".
♦ Le renvoi dos-à-dos des agents du régime et des activistes dès lors que ces derniers prétendent s’armer,
♦ L’islamophobie rampante du journaliste de la rubrique, assimilant fréquemment musulman à islamiste radical.
♦ De troublantes parentés avec les positions "anti-impérialistes" de mouvances rouge-brun (Comité Valmy, ...).
♦ Le silence sur l'appui indéfectible de l'Iran et du Hezbollah (fourniture d'armes, de combattants, arrivée récente de 2 navires de guerre iraniens) au régime syrien : une intervention étrangère est donc déjà en cours, de longue date ...
♦ Une couverture inexistante ou minime du mouvement de soutien au peuple syrien en France.
Ces orientations qui selon nous et de nombreux lecteurs inspirent, pages en main, les articles de l’Humanité et de l’Humanité Dimanche (versions papier), ignorent " L’humain d’abord " et tournent le dos au devoir de solidarité envers le peuple syrien. Pire, elles sont de nature à dissuader le lecteur de s’y impliquer sous peine de croire qu’il serait alors voué à "rouler" tour à tour pour l’impérialisme, l’atlantisme, les États-Unis, ...
Elles apparaissent contraires aux positions du Parti Communiste Français qui jusqu’ici a signé tous les Appels à se ras- sembler ou à manifester en France pour la solidarité envers les Syriens, en étant y représenté au plus haut niveau.
Nous faisant l’interprète du malaise qui s’exprime parmi les acteurs (syriens, franco-syriens, français) du mouvement de solidarité envers le peuple syrien en France, nous demandons instamment en leur nom qu’il soit mis fin à ces orientations peu dignes à l’heure où Homs se meurt, ainsi qu’à l’ostracisme de la Rédaction de l’Humanité envers les organisations qui animent en France le mouvement de soutien au soulèvement syrien.
Leurs auteurs relèvent-ils d’une « certaine gauche pavlovienne qui, de l’Europe à l’Amérique latine, nous ressasse l’antienne usée du " complot israélo-américain contre la Syrie résistante " sans s’interroger un instant sur la nature du régime légué par Hafez al-Assad à son fils ni sur les forces sociales qui le soutiennent et celles qui déploient tant de courage et consentent tant de sacrifices pour s’en débarrasser », évoquée par l’écrivain Farouk Mardam Bey ?
Ignorent-ils ce qu’écrit aussi Khaled Khalifa, écrivain syrien ancien détenu politique : « Mon peuple est un peuple de paix, de café, de musique que j’espère vous savourerez un jour, de roses, dont j’espère qu’un jour le parfum vous parviendra, afin que vous sachiez que le cœur du monde est aujourd’hui exposé au génocide » ?
Attachés à l’Humanité, nous exhortons sa Rédaction, de concert avec les acteurs syriens, franco-syriens, français – du mouvement de solidarité envers le peuple syrien en France, qui nous l’ont demandé, à rompre avec ces dérives, et à tenir sa place dans ce mouvement qui exige la chute du régime, des sanctions contre les fauteurs de crimes contre l’Humanité, leur traduction devant les juridictions internationales, des mesures permettant que les civils soient de toute urgence protégés, une autodétermination ouvrant la voie à une Syrie libre. Les Syriens seront attentifs au sou- tien que les médias français, notamment l’Humanité, auront accordé ou non à leur soulèvement.
Cordialement,
G. Lauton, Université Paris 12, syndicaliste – Cl. Szatan, militant de la solidarité internationale – Collectif Urgence Solidarité Syrie.
Guéant ne se contente pas de classer et de hiérarchiser les civilisations. Il prend aussi des intiatives concrètes pour empêcher que nous soyons "envahis" par de la matière grise venue d'ailleurs (voir Avec les étudiants étrangers : amplifions la défaite de Guéant)
Déjà, grâce à la mobilisation de tous ceux qui combattent sa circulaire, une avancée a eu lieu avec la parution d'une nouvelle circulaire, le 12 janvier dernier. Mais cette nouvelle circulaire était insuffisante, et nous n'avons pas constaté, dans les faits, de véritable amélioration pour les diplômés étrangers. Lors de deux cérémonies de parrainage, des personnalités ont montré leur soutien à des diplômés étrangers dont les témoignages montrent combien cette politique est absurde et dangereuse.
DIMANCHE 12 FEVRIER
à 15h
à Paris (Hôtel de Ville)
Lyon (Place des Terreaux)
Toulouse (Place du Capitole)
Le Collectif du 31 mai soutenu par Université Universelle organise des rassemblements :
3 villes, 2 circulaires, 1 constat, 0 résultat.
Dimanche 12 février en effet, la circulaire complémentaire du 12 janvier fêtera son premier mois. Pendant ce mois écoulé, la situation s'est aggravée, et ce nouveau texte, qui ne répond en aucun cas aux attentes des diplômés étrangers, a provoqué la confusion et l'incompréhension. Elle a ainsi conduit aux résultats suivants :
Refus d'autorisations de travail abusifs
Interdiction des dépôts de réexamen
Expulsions et obligation de quitter le territoire
La liste est longue, et s'allonge de jour en jour.
Un mois plus tard, nous avons besoin de vous, nous devons nous mobiliser pour dire que nous ne sommes pas dupes.
Le dimanche 12 Février, nous descendons dans les rues pour rassembler étudiants, jeunes diplômés, intellectuels, politiques, syndicaux, entrepreneurs, et tirer la sonnette d'alarme: Rien n'a changé !
Des personnalités du monde universitaire, du monde politique seront présentes pour nous soutenir. Les associations partenaires seront aussi présentes ainsi que les médias qui nous suivent à chaque événement que nous organisons.
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), 237 civils ont été tués, dans la seule ville de Homs le vendredi 3 février 2012 en fin de journée, suite au pilonnage d’habitations civiles durant trois heures, par les forces du régime. Le matin du lundi 6 février le pilonnage de la population d’Homs a repris.
Cette journée est la plus terrifiante depuis le 15 mars 2011, date du début d’une répression qui a fait au moins 6.000 morts, dont plus de 400 enfants et des dizaines de milliers de disparus.
Le samedi 4 février, quelques heures après le bombardement de Homs, la Russie et la Chine opposaient leur veto à un projet de résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU condamnant la répression en Syrie. Cette résolution reprenait la feuille de route du 22 janvier de la Ligue arabe préconisant l’arrêt des violences, la formation d’un gouvernement d’unité nationale pour une transition démocratique et la création d’une commission d’enquête indépendante pour enquêter sur les violations des droits de l’Homme commises à l’encontre de la population syrienne.
Cette résolution à minima ne demandait ni le gel des avoirs, ni le renvoi de la situation syrienne devant la Cour Pénale Internationale, ni un embargo complet sur les armes.
Le veto sino-russe donne au régime de Bachar Al-Assad un « permis de tuer dans l’impunité ».
C’est la deuxième fois que la Russie et la Chine empêchent le Conseil de Sécurité de sortir de onze mois de silence sur la situation en Syrie.
Samedi 11 février 2012 à 14 heures
Manifestations de soutien à la lutte du peuple syrien à Paris et en régions.
À Paris : Départ métro Temple, rue de Turbigo en direction de la Place des Victoires.
Et en régions
Manifestations à l’initiative de : Souria Houria, Collectif Urgence Solidarité Syrie, LDH, REMDH, Mouvement de la Paix, SNESUP-FSU, EELV, NPA, PCF, PG, PS, Sortir du Colonialisme, Cedetim/Ipam, Collectif Rupture Féministe, Union Syndicale Solidaires, , Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR), ATMF, CGT, FSU, Mémorial 98, Union UNSA-Recherche, …
Lisez le texte ci-dessous
L'écrivain syrien Khaled Khalifa ( auteur de « Eloge de la haine » publié chez Actes Sud) a fait parvenir cette lettre ouverte, de Damas, à la suite du double véto chinois et russe à un projet de résolution sur la Syrie au Conseil de sécurité de l'ONU, et au redoublement des massacres dans les villes entrées en rébellion.
Chers amis, écrivains et journalistes du monde entier, notamment en Chine et en Russie, je tiens à vous informer que mon peuple est exposé à un génocide.
Depuis une semaine les forces du régime syrien intensifient les attaques contre les villes rebelles en particulier Homs, Zabadani, les banlieues de Damas, Rastan, Madaya, Wadi Barada, Figeh, Idlib et dans les villages de la montagne de Zawiya.
Depuis une semaine et jusqu'au moment où j'écris ces lignes, plus de mille martyrs sont tombés, dont beaucoup d'enfants, et des centaines de maisons ont été détruites sur les têtes de leurs habitants.
Elimination d'une révolution pacifique
La cécité qui a frappé le monde a encouragé le régime à tenter une élimination de la révolution pacifique en Syrie, avec une force répressive inégalée. Le soutien de la Russie, la Chine, l'Iran et le silence du monde face aux crimes commis en plein jour, a permis le meurtre de mon peuple par le régime depuis onze mois.
Mais dans la dernière semaine, du 2 février à aujourd'hui, les signes du massacre se sont clarifiés. La scène de centaines de milliers de Syriens descendus dans les rues de leurs villes et villages la nuit du massacre de Khalidiya, dans la nuit du vendredi au samedi dernier, les mains levées en prières et en larmes, brise le cœur, et place la tragédie humanitaire syrienne au centre du monde.
C'est une expression claire de notre sentiment d'être des orphelins, abandonnés par le monde et par les politiciens satisfait par les paroles vaines et les sanctions économiques, qui n'empêchent pas les assassins et ne retiennent pas les chars baignés de sang.
Mon peuple, qui a fait face à la mort le torse nu et en chansons est en ce moment même assujetti à une campagne de génocide. Nos villes rebelles sont dans un état de siège sans précédent dans l'histoire mondiale des
révolutions.
Le personnel médical est empêché de secourir les blessés, les hôpitaux de campagne sont bombardés de sang-froid et détruits, l'entrée est interdite aux organisations de secours, les lignes téléphoniques sont coupées, et la nourriture et les médicaments sont bloqués, si bien que la contrebande d'un sac de sang ou d'une tablette de Setamol dans les zones touchées est considéré comme un crime digne d'emprisonnement dans des camps de détention, dont les détails vous horrifieront un jour.
Silence complice
Dans toute son histoire moderne, le monde n'a pas connu de tels vaillance et courage, que ceux manifestés par les révolutionnaires Syriens dans toutes nos villes et villages. Le monde n'a pas non plus connu un tel silence, et une connivence dans le silence qui est dès à présent considéré comme une complicité dans le crime et l'extermination de mon peuple.
Mon peuple est un peuple de paix, de café, de musique que j'espère vous savourerez un jour, de roses, dont j'espère qu'un jour le parfum vous parviendra, afin que vous sachiez que le cœur du monde est aujourd'hui exposé au génocide et que le monde entier est complice du sang versé.
Je ne peux rien dire de plus dans ces moments difficiles, mais j'espère que vous agirez par solidarité avec mon peuple de la façon que vous jugerez appropriée.
Je sais que l'écriture est impuissante et nue devant les canons, les tanks et les missiles russes qui bombardent nos villes et nos civils, mais je n'ai aucune envie que votre silence aussi, soit complice du meurtre de mon peuple.
Le député Serge Letchimy est la cible d’une attaque groupée. Son crime ? avoir rappelé que les propos de Claude Guéant sur l’inégalité des « civilisations » relèvent d’une idéologie d’extrême-droite et ouvrent la voie à toutes les dérives. Ses propos exacts à l’Assemblée nationale sont les suivants : « … Mais vous M. Guéant, vous privilégiez l’ombre ! Vous nous ramenez, jour après jour, à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration, au bout du long chapelet esclavagiste et colonial. Monsieur Guéant le régime nazi, si soucieux de purification, si hostile à toutes les différences, était-ce une civilisation ? La barbarie de l’esclavage et de la colonisation, était-ce une mission civilisatrice ? Il existe, M. le Premier Ministre, une France obscure qui cultive la nostalgie de cette époque que vous tentez de récupérer sur les terrains du (F) front national… » (voir http://www.serge-letchimy.fr/2012/02/07/question-au-premier-ministre-sur-les-propos-de-mr-gueant/ On peut d’ailleurs remarquer sur les vidéos que Guéant ne semble guère affecté par ces propos (link ) Le scandale est ensuite organisé par Fillon, qui avait lui-même insulté Eva Joly dans des termes xénophobes proches de ceux de Marine Le Pen (voir Eva Joly : un triomphe lepéniste ? ). La droite qui se déchaîne contre le député de Martinique est pourtant friande de parallèles scabreux et hors de propos avec le nazisme et le fascisme. C’est Nicolas Sarkozy lui-même qui en a donné le signal. Dès 2007, lors de l’Université d’été du MEDEF, en défense de la « dépénalisation du droit des affaires » N. Sarkozy avait utilisé la formule suivante : « À quoi sert-il d'expliquer à nos enfants que Vichy, la collaboration, c'est une page sombre de notre histoire, et de tolérer des contrôles fiscaux sur une dénonciation anonyme, ou des enquêtes sur une dénonciation anonyme ? ». Il avait été applaudi frénétiquement par son auditoire. Nous écrivions alors : «… Peut on mettre en parallèle, comme le fait N.Sarkozy, la déportation des Juifs et un contrôle fiscal ? Comment cette image a-t-elle pu figurer dans un discours officiel et de telles paroles être prononcées par un président de la République ? Pourquoi il y a-t-il si peu de réactions? Qu'on imagine le scandale si Le Pen avait osé une telle déclaration… » (voir Sarkozy: nouveau dérapage sur Vichy ) Quelques mois plus tard, son épouse reprenait la même image ; interrogée par l’Express du 13 février 2008 sur la plainte déposée par Nicolas Sarkozy contre le site Internet du Nouvel Obs - qu'il accusait de "faux" à propos d'un SMS, Mme Bruni Sarkozy déclarait : « La plainte justifiée de mon mari n'est pas contre un organe de presse, bien sûr, mais contre les "nouveaux moyens de désinformation". Internet peut être la pire et la meilleure des choses. À travers son site Internet, Le Nouvel Observateur a fait son entrée dans la presse people. Si ce genre de sites avait existé pendant la guerre, qu'en aurait-il été des dénonciations de Juifs?... » Face au scandale, elle dut s’excuser et retirer ses propos.(voir Mme Sarkozy Bruni dérape à propos des Juifs et de la Shoah.) Lors de l’affaire Woerth en 2010, face à l’enquête de la presse et notamment de Mediapart les dirigeants de la droite ne cessèrent d’en appeler à la « presse fasciste » et aux années 30. Le ministre X. Bertrand devra d’ailleurs en répondre devant la justice (voir Woerth, Copé et le Front National : décryptage ). Ce fut aussi le député Goasguen proposant d’affubler les habitants du 16 eme arrondissement de Paris d’une « étoile jaune » comme les Juifs sous le nazisme ( Qui joue avec le fascisme ?) puis J.F Copé comparant Martin Hirsch à un dénonciateur de Juifs parce qu’il avait osé évoquer ses conflits d’intérêts (voir Un dirigeant UMP salit à nouveau la Shoah). La droite UMP, engagée avec le Front national dans une course xénophobe, est donc fort mal placée pour donner des leçons. Mais elle exploitera une fois de plus un soi-disant souci de la sensibilité de personnes juives, choquées d’une comparaison avec le nazisme, alors même que celle-ci ne figure pas dans les propos de Serge Letchimy. Nous recommandons d’ailleurs la lecture du texte qui explique plus longuement pourquoi M. Guéant n’est pas bienvenu en Martinique et dons nous citons les premières lignes : " M. le Ministre, Votre venue en Martinique dans les jours qui viennent m’oblige à vous rappeler que cette terre a vu naître Aimé Césaire, Frantz Fanon, Edouard Glissant. Qu’elle a été aimée par des hommes aussi admirables que furent Victor Schœlcher, André Breton, Léopold Sedar Senghor, Claude Lévi-Strauss, et de manière plus proche encore, par Léopold Bissol, Georges Gratiant, ou Camille Darsières, pour ne citer que quelques-uns de nos grands politiques. Ces hommes furent de grands humanistes. Leur vie et leurs combats se sont situés en face de ces crimes que furent la traite, l’esclavage, les génocides amérindiens, les immigrations inhumaines, ou la colonisation dans tous ses avatars… Tous ont combattu la pire des France : celle qui justifiait les conquêtes et les exploitations, et bien d’autres exactions dont les cicatrices sont inscrites dans nos paysages. Cependant, je n’ai jamais entendu un seul de ces hommes lister ces attentats pour décréter que la civilisation européenne, ou que la culture française, serait inférieure à n’importe quelle autre. Je ne les ai jamais entendus prétendre que le goupillon de la chrétienté (qui a sanctifié tant de dénis d’humanité) serait plus primitif que tel bout liturgique d’une religion quelconque…. La suite sur http://www.serge-letchimy.fr/2012/02/06/lettre-ouverte-a-claude-gueant/
En difficulté face à la candidature de François Hollande, le clan UMP prépare « une campagne épicée", voulue par Sarkozy.
À défaut de pouvoir produire immédiatement une émeute de la Gare du Nord, comme le 27 mars 2007 ou un massacre d’Ouvéa comme en 1986, c’est par un climat de provocation et de surenchère verbale qu’il procède déjà.
Guéant joue un rôle important dans cette stratégie.
Ce proche de Sarkozy, ancien secrétaire général de l'Elysée, est un pur produit de l’équipe de Charles Pasqua et des Hauts-de-Seine, deux symboles de l’affairisme et des basses œuvres de la police.
Il fut directeur adjoint du cabinet de Pasqua au ministère de l’Intérieur et a même témoigné en sa faveur en avril 2010 dans les affaires louches de casinos autorisés par son prédécesseur, malgré l’avis à l'époque de l’administration et de la commission des jeux.
Il ne s’agit donc nullement d’un « haut fonctionnaire républicain » mais de quelqu’un qui a adhéré aux méthodes brutales et illégales des polices parallèles telles le SAC (service d’action civique, bande armée gaulliste dissoute après la tuerie d’Auriol en 1981)
Or Pasqua a forgé une doctrine, explicitée à la veille de la présidentielle de 1988 qui opposait Mitterrand à Chirac, dans le magazine "Valeurs actuelles" du 2 mai 1988 : « Sur l'essentiel, le Front national se réclame des mêmes préoccupations, des mêmes valeurs que la majorité » (voir Sarkozy-Le Pen: l’apocalypse ?) .
C’est devant l’UNI, pseudo syndicat étudiant et vraie bande de fachos, créé et financé par le SAC après 1968, pour contrer la « subversion gauchiste » dans le milieu universitaire que le ministre de l’Intérieur a révélé ses profondes et opportunes méditations.
Niant la notion élémentaire de civilisation universelle, Guéant s’est une nouvelle fois attaqué à l’Islam et aux immigrés en proclamant :
« Contrairement à ce que dit l'idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l'humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. »
Son explication de texte est venue 24 Heures après sur France-Inter.
Bien que prétendant ne viser "aucune culture en particulier", il a fourni deux exemples se rapportant à un islam réduit à sa version la plus extrémiste en expliquant : "…Se pose la question de l'interdiction du voile intégral à l'Assemblée nationale. Eh bien, la majorité vote l'interdiction du voile intégral et le Parti socialiste ne participe pas au vote".
"Autre exemple, les prières de rue, a poursuivi le ministre. J'ai entendu un responsable socialiste très important dire que ça ne gêne personne ; mais si, ça gêne beaucoup de Français. Mais ça gêne surtout un principe, celui de la laïcité. Et nous, nous avons interdit la prière de rue" qui "est une expression de civilisation".
C’est le même Guéant qui s’était engagé dans Le Monde du 3 janvier à ne pas polémiquer à nouveau sur ce sujet :
Q. Ces polémiques sur l’islam en France ne risquent-elles pas de ressurgir lors de la campagne pour l’élection présidentielle, alors que le Front national en fait l’un de ses thèmes de prédilection ?
R. Je ne le souhaite pas. Très clairement. Dès avant l’été, j’ai marqué mon souci que les problèmes se posant à propos de l’islam, comme les prières de rue, soient réglés bien en amont des élections présidentielle et législatives. Je ne veux pas que ce thème soit un sujet d’empoignades. Et, si ce devait être le cas, cela ne viendra certainement pas de notre formation politique.
Sur le fond des comparaisons entre « civilisations » Georges Clemenceau a répondu, il y a plus de 125 ans le 30 juillet 1885 à un Jules Ferry prétendant justifier la colonisation par la supériorité de la civilisation occidentale, en ces termes:
: «… Regardez l'histoire de la conquête de ces peuples que vous dites barbares et vous y verrez la violence, tous les crimes déchaînés, l'oppression, le sang coulant à flots, le faible opprimé, tyrannisé par le vainqueur ! Voilà l'histoire de votre civilisation ! (...) Combien de crimes atroces, effroyables ont été commis au nom de la justice et de la civilisation. Je ne dis rien des vices que l'Européen apporte avec lui : de l'alcool, de l'opium qu'il répand, qu'il impose s'il lui plaît. Et c'est un pareil système que vous essayez de justifier en France dans la patrie des droits de l'Homme !... »
Sarkozy désire transformer la campagne en un champ de bataille dans lequel la xénophobie et la haine constitueraient les thèmes principaux. Il veut ramener le débat dans le camp de la droite, imposer son vocabulaire et ses thématiques. Il procède ainsi comme la droite allemande qui a introduit le concept de "Leitkultur" allemande (culture principale ou dominante) comme instrument de campagne politique et de discrimination.
Dans les semaines à venir, les provocations venues de la droite et de l’extrême-droite vont se multiplier. La vigilance est de mise.