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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Retrouvez aussi le quotidien de l'info antiraciste sur notre blog d'actus :

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9 juin 2021 3 09 /06 /juin /2021 01:23

Marche de solidarité avec la population de Bosnie-Herzégovine ( BH), organisée le 11 juillet par l'association Solidarité internationale BH, à l'occasion du 26e anniversaire du massacre génocidaire de Srebrenica.

A Paris, défilé depuis la place de la République jusqu'à la rue du 20e arrondissement qui porte le nom de Srebrenica.

Memorial 98  participait à  cette marche. Des marches ont eu lieu à Srebrenica même et dans plusieurs autres villes d'Europe.

26 ans après le génocide

Les  conséquences de ce génocide continuent à résonner 26 ans après, dans la région des Balkans mais également dans le monde entier.
Génocides et crimes de guerre motivent et inspirent la poursuite des actes de violence raciste
Le négationnisme est un terreau fertile pour des nationalistes et des mouvements d’extrême droite, avec pour cible  les communautés musulmanes. « Les extrêmes droites et les néonazis partout dans le monde ont repris le discours de Karadzic et  Mladic ( chefs serbes génocidaires condamnés) , sur comment combattre l’islam et ceux qu’ils considèrent comme des “barbares”, des “sauvages” 
De la même manière les nostalgiques d'Hitler et du nazisme tuent encore des Juifs au nom de cette idéologie dans les synagogues de Pittsburgh et de Halle.
La version négationniste serbe de l’histoire de l’ex-Yougoslavie est ainsi très présente dans les déclarations d'Anders Breivik, auteur des attentats contre les jeunes militants travaillistes à Oslo et Utoya, en Norvège en juillet 2011, ou de Brenton Tarrant, responsable des attaques contre des fidèles musulmans dans deux mosquées de Christchurch, ayant fait 51 morts en Mars 2019.
Dans son texte « 2083 : Une déclaration européenne d’indépendance », Breivik étale au fil des 1500 pages une véritable obsession pour les Balkans et ne cache pas sa fascination pour certains chefs de guerre serbes. Il appelle à expulser d’Europe les Bosniaques musulmans et les Albanais ou, s’ils refusent, à les anéantir par des moyens militaires.
Brenton Tarrent, son imitateur, est obsédé par la croisade des nationalistes serbes contre les Musulmans de Bosnie.
 Tarrant, qui s’est affirmé « véritablement inspiré » par Breivik, s’est filmé roulant vers la mosquée Al-Noor, où il allait tuer 51 fidèles musulmans, en train d’écouter une chanson serbe à la gloire de Radovan Karadzic. Initialement intitulée Karadzic, Lead Your Serbs (Karadzic, commande tes Serbes), elle est devenue populaire sur les sites Internet des extrêmes droites occidentales sous le titre Remove Kebabs qui signifie, dans le langage de ces militants, Supprimons les musulmans.

Les restes de dix-neuf victimes du génocide de Srebrenica, dans l'est de la Bosnie, ont été enterrés dimanche 11 juillet lors des célébrations du 26e anniversaire de ce massacre qui continue à être nié par les dirigeants serbes, un quart de siècle après la fin de la guerre.

Plusieurs milliers de personnes ont assisté aux obsèques dans le Centre mémorial de Potocari, près de Srebrenica, où reposent désormais 6.671 victimes du massacre, dont 435 adolescents. 236 autres victimes sont enterrées dans différents cimetières.

En juillet 1995,, les forces serbes de Bosnie ont tué dans la région de Srebrenica plus de 8.000 hommes et adolescents bosniaques musulmans.

"Je vais enterrer le crâne de mon frère, et il n'est même pas complet", a déclaré par exemple Azir Osmanovic, peu avant l'inhumation des restes de son frère Azmir, qui avait 16 ans en juillet 1995.

En fuyant Srebrenica avec un groupe d'adolescents, Azmir s'est retrouvé dans un champ de mines. "Mon frère et deux autres garçons sont morts à cet endroit", a raconté Azir. Ses restes ont été récemment retrouvés et identifiés.

"J'ai décidé de l'enterrer cette année, pour avoir au moins un endroit où je pourrai prier pour lui. Je pense que, après toutes ces années, plus rien ne pourra être retrouvé", a-t-il expliqué.

Une jeune femme, qui avait 24 ans à l'époque, ainsi qu'un autre adolescent de 17 ans figurent parmi les victimes enfin enterrées .

Après une cérémonie d'hommages et une prière collective, les cercueils, recouverts d'un drap vert et d'un drapeau de la Bosnie de l'époque de la guerre, ont été portés par des hommes vers les nouvelles tombes creusées parmi des milliers de stèles blanches

- Plus de mille victimes encore recherchées

La plupart des victimes de ce massacre avaient été détenues, puis fusillées par centaines et enterrées dans des dizaines de fosses communes par les forces serbes de Bosnie, qui se sont emparées de la ville le 11 juillet 1995.

"C'est de plus en plus difficile de trouver de nouvelles fosses communes, alors que plus de mille victimes sont toujours recherchées", précise Almasa Salihovic, porte-parole du Centre mémorial.

Ce massacre a été qualifié de génocide par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). Les ex-chefs politique et militaire des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic et Ratko Mladic, ont été condamnés à la détention à perpétuité, notamment pour ce crime (voir ci-dessous le récent jugement en appel de Mladic ).

Mais le massacre de Srebrenica est toujours minimisé par des dirigeants politiques des Serbes de Bosnie et de Serbie, qui réfutent la qualification de génocide.

"Il n'y a eu aucun génocide", a ainsi déclaré samedi 10 juillet le membre serbe de la présidence collégiale de Bosnie, Milorad Dodik. "Il y a des éléments selon lesquels ces cercueils sont vides (...) on met juste un nom", a-t-il ajouté, cité sur le site de la télévision de l'entité serbe de Bosnie.

- Affronter "les racines de la haine" -

"C'est terrifiant", a commenté le directeur de l'Institut bosnien pour les disparus, Amor Masovic. "Ici, dans le centre mémorial, il y a des victimes dont on a enterré qu'un seul os retrouvé (...) et souvent des restes ont été retrouvés dans deux, trois, voire cinq charniers différents".

Durant les quelques mois qui ont suivi le massacre, les victimes avaient été déterrées avec des bulldozers et déplacées vers d'autres charniers, afin de dissimuler les crimes. C'était aussi la méthode utilisée par les nazis afin de détruire les traces de la Shoah dans les camps de mise à mort 

Les actions génocidaires et les crimes de guerre motivent et inspirent la poursuite et la réitération des actes de violence raciste.

 

Mladic: condamnation définitive le 8 juin.

La justice internationale a confirmé le 8 juin la condamnation à perpétuité, désormais définitive, de l’ancien chef militaire serbe de Bosnie Ratko Mladic pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis pendant la guerre de Bosnie, de 1992 à 1995.

A la majorité, les magistrats ont intégralement rejeté l’appel de l’ancien général pour son rôle dans le massacre de Srebrenica, le pire qui ait eu lieu en Europe depuis la seconde guerre mondiale.

Ratko Mladic,  que l’on surnommait le « Boucher des Balkans », est aujourd’hui âgé de près de 80 ans.

« La chambre d’appel confirme la peine de réclusion à perpétuité prononcée contre M. Mladic », a déclaré Prisca Nyambe, juge présidente du MTPI, qui a pris le relais du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), fermé en 2017.

Ratko Mladic restera en détention à La Haye en attendant la finalisation des modalités de son transfert vers l’Etat où il purgera sa peine, ont ordonné les juges, sans préciser quel serait ledit Etat. Les magistrats ont par ailleurs rejeté l’appel de l’accusation, qui souhaitait que l’ancien général soit également condamné pour génocide dans plusieurs autres municipalités.

 

« Jour historique »

Les proches de certains des 8 000 hommes et garçons musulmans tués par les forces serbes de Bosnie à Srebrenica en 1995 avaient fait le déplacement à La Haye. « C’est un jour historique, non seulement pour nous les mères, mais aussi pour l’ensemble des Balkans, de l’Europe et du monde », a déclaré Munira Subasic, présidente de l’une des associations des « mères de Srebrenica ».

Ratko Mladic est l’un des principaux dirigeants jugés par la justice internationale pour les crimes commis pendant les guerres en ex-Yougoslavie, outre l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, condamné à la prison à vie en 2019, et l’ancien président yougoslave Slobodan Milosevic, mort dans sa cellule à La Haye d’une crise cardiaque en 2006, avant l’achèvement de son procès.

La guerre en Bosnie, qui a eu lieu de 1992 à 1995, a fait quelque 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés. Près de Srebrenica, au Centre mémorial du génocide, un écran géant diffusait mardi les témoignages de survivants et de familles, tout près des stèles blanches parfaitement alignées où reposent les corps de plus de 6 600 des victimes identifiées.

 

« Accepter la vérité »

 Le verdict « souligne la détermination de la justice internationale à faire rendre des comptes, quel que soit le temps que cela prend – et dans le cas de Mladic, ç’aura été presque trois décennies après ses crimes abominables », a déclaré dans un communiqué la haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet.

Arrêté en 2011 après seize ans de cavale, Ratko Mladic  a également été reconnu coupable d’avoir orchestré une campagne plus large de « nettoyage ethnique » pour chasser les musulmans des zones-clés de Bosnie-Herzégovine afin de créer une « Grande Serbie » en ex-Yougoslavie,

Selon ses avocats, il n’y a pas de lien entre l’ancien général et les tueries commises à Srebrenica, et les charges de génocide qui lui ont valu une peine de détention à vie sont dénuées de fondement.

« Le moment est venu d’accepter la vérité. Mladic compte parmi les criminels de guerre les plus notoires de l’histoire moderne », a déclaré le procureur du MTPI, Serge Brammertz, ajoutant que ce verdict ne suffirait pas à mettre un terme aux divisions dans les Balkans.

 

« Dans toute l’ex-Yougoslavie, des milliers de suspects de crimes de guerre de tous les camps doivent encore faire l’objet d’enquêtes et de poursuites », a souligné M. Brammertz, appelant les justices nationales à « poursuivre ce travail ». « Ensemble, nous pouvons faire en sorte que toutes les victimes de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis dans l’ex-Yougoslavie puissent voir ceux qui leur ont fait du tort répondre de leurs crimes », a enfin ajouté le procureur. En effet l'impunité des bourreaux encourage de nouveaux crimes, dans une spirale sans fin.

La mémoire des génocides nourrit nos combats

MEMORIAL 98

Articles de Memorial 98 concernant les massacres en ex-Yougoslavie et notamment le génocide de Srebrenica.

http://info-antiraciste.blogspot.com/2020/07/srebrenica-25-ans-pres-le-dernier.html

http://www.memorial98.org/2015/07/20-ans-apres-le-genocide-de-srebrenica-victime-du-negationnisme.html (Peter Handke)

http://www.memorial98.org/article-srebrenica-la-brulure-de-la-memoir-108015070.html

 
 
 

 

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