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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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10 juillet 2010 6 10 /07 /juillet /2010 22:52

Réfugiées de Srebrenica

Quinze ans après, n’oublions pas le génocide !

 

Dimanche 11 juillet, plusieurs dizaines de milliers de personnes se recueilleront sur place et partageront leur douleur et leur colère face à l’impunité. Une délégation des associations de solidarité francophones sera présente. 

À dix jours de la commémoration des 15 ans des massacres à Srebrenica, un nouveau charnier vient d'être localisé à proximité de la ville.

Les experts légistes supposent que la fosse contient des restes de victimes tuées dans un entrepôt agricole à Kravic; c’est  là que plus de mille hommes ont été tués,  parmi un total 8.000 hommes et adolescents bosniaques massacrés en quelques jours. Un crime qualifié de génocide par la Cour Internationale de Justice (CIJ)

Près de 6.800 personnes ont déjà été identifiées, exhumées d’une centaine de fosses communes.

Le 11 juillet, un enterrement collectif de 700 victimes nouvellement identifiées aura lieu au centre mémorial de Potocari, près de Srebrenica 

La reconnaissance du génocide Srebrenica ne doit pas occulter le reste de la Bosnie-Herzégovine car  les autres massacres de masse perpétrés n' ont pas été reconnus, malgré la saisine de la CIJ par la Bosnie-Herzégovine.

De plus, la CIJ n’a pas reconnu l’Etat serbe de l’époque comme responsable du génocide perpétré contre les non-serbes mais seulement de n’avoir pas empêché les "massacres" des Bosniaques (Musulmans) après la chute de Srebrenica.

Or, les preuves existaient : les comptes-rendus du Conseil Suprême de Défense de la Serbie Monténégro de Milosevic en témoignent.

Mais certaines pages ont été soustraites par des juges du Tribunal International pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) au procès de Milosevic, afin qu’elles ne soient pas connues de la CIJ.

C’est pour avoir publié le contenu de deux décisions confidentielles de la chambre d'appel du TPIY, qui refusait de rendre publics certains documents que Florence Hartman ancienne porte-parole de la procureure, a été condamnée à 7000 euros d’amende par le TPIY . Elle a fait appel de ce jugement inique ; nous soutenons son combat, avec le collectif des associations (voir L'étrange procès de Florence Hartmann)

 

L'arrêt de la CIJ exigeait aussi de la Serbie qu'elle punisse les auteurs du génocide et cette obligation continue de s'imposer puisque les autorités de Belgrade n'ont toujours pas livré à la justice internationale le chef de l'armée des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, qui aux dires mêmes du Procureur en chef du TPIY, se trouve encore sur le territoire de la Serbie.

Mladic doit être livré et jugé !

Dans ces conditions le déni prévaut encore et toujours dans les opinions publiques serbes, dans l’entité serbe de Bosnie, comme en Serbie même où quelques progrès sont toutefois constatés. Ainsi une reconnaissance partielle et une demande de pardon a été récemment formulée par les autorités, dans un contexte de demande d’adhésion à l’Union Européenne.

 

La responsabilité de L’ONU et des grandes puissances

Le 11 juillet 1995, alors que les milices serbes de Bosnie approchent de l'enclave de Srebrenica, des dizaines de milliers de civils prennent la route de Potocari, à 8 kilomètres de distance. C'est là qu'est basé le quartier général du bataillon néerlandais de soldats de la Forpronu (Force de protection des Nations unies). Quatre cent cinquante hommes y sont chargés d'assurer la protection des quelque 40 000 habitants de Srebrenica, en majorité des musulmans de Bosnie.  

 Quand les miliciens serbes de Bosnie séparent les hommes des femmes, les soldats néerlandais regardent et laissent faire. Les hommes sont entassés dans des cars et seront exécutés. On dénombre environ 8 000 victimes à l'issue de ce massacre, qualifié de génocide par la Cour Internationale de Justice et par le TPIY.

Parmi les hommes qui ont choisi de se placer sous la protection des Nations unies, pratiquement aucun n'a survécu. Ceux des habitants de Srebrenica qui se sont réfugiés dans les forêts, eux, ont eu un peu plus de chances de survie.

 

Le mandat de l'ONU en Bosnie prévoyait pourtant  clairement un recours à la force en cas de besoin. Le 10 juillet, la veille du massacre, le commandant du bataillon néerlandais avait demandé au général français Bernard Janvier, qui assumait le commandement militaire des Nations unies en ex-Yougoslavie, de lancer des frappes contre les forces serbes de Bosnie. Mais il n'a pas été entendu.

Deux avions de l'ONU ont bien décollé, mais sans effectuer de frappes significatives.

En France, une mission parlementaire s'interrogea en 2001 sur les raisons de cette « erreur » du général Janvier et conclut que « Srebrenica est aussi un échec pour la France ». « La mission d'information est convaincue qu'en effectuant des frappes massives sur la route sud, la seule qui menait à Srebrenica, l'ONU et l'Otan auraient pu arrêter l'offensive », estimaient les auteurs du rapport.

Le général Janvier avait rencontré Ratko Mladic, le chef militaire des Serbes de Bosnie, un mois avant le massacre. À l'époque, plusieurs centaines de Casques bleus étaient retenus en otages par les milices serbes. La commission parlementaire française n'exclut pas l'hypothèse qu'une entente ait été trouvée entre les deux hommes : la libération des otages contre la non-intervention de l'ONU à Srebrenica.

Une autre hypothèse met en cause les autorités néerlandaises de l'époque.

Le 11 juillet, le ministre de la Défense néerlandais aurait téléphoné au commandement de la Forpronu pour demander que les avions de l'ONU, qui avaient déjà décollé, regagnent leur base. Il aurait craint pour la vie des Casques bleus néerlandais.

 

L'affaire est extrêmement sensible aux Pays-Bas, au point qu'elle a contraint un Premier ministre à la démission. En 2002, un rapport officiel a été publié, estimant que les soldats néerlandais ont été confrontés à une « mission impossible » à Srebrenica, car ils étaient trop faiblement armés. Une plainte a également été déposée contre l'ONU par les familles des victimes de Srebrenica. Mais le tribunal néerlandais qui avait été saisi s'est dit incompétent, car l'ONU bénéficie de l'immunité.

Les Nations unies ont reconnu leur responsabilité dans le massacre de Srebrenica en 1999. Un rapport présenté par son secrétaire général, Kofi Annan, reconnaissait alors la « faillite de la politique dans des zones de sécurité ».  

Le rapport ajoute : « La communauté des nations, en décrétant un embargo sur les armes, a laissé les Serbes dans une position de supériorité militaire écrasante et a, en fait, privé la République de Bosnie-Herzégovine de son droit de légitime défense, consacré dans la Charte des Nations unies ». « La fourniture d'une aide humanitaire n'était pas une initiative suffisante face aux opérations de ´´nettoyage ethnique´´ et de génocide ». « Srebrenica a été le révélateur d'une vérité que l'ONU et le reste du monde ont comprise trop tard, à savoir que la Bosnie était une cause morale autant qu'un conflit militaire. La tragédie de Srebrenica hantera à jamais notre histoire » (voir sur la faillite de l'ONU au Rwanda, en Bosnie et au Sri-Lanka: Sri Lanka : ONU silencieuse, régime impuni

et Bosnie:les parias de la solidarité)

 

MEMORIAL 98

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Published by memorial98 - dans memorial98
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commentaires

tipanda 11/07/2010 10:28



Forget me not ... Cet après-midi, je descendrai au jardin et ferai un bouquet de myosotis en mémoire de Srebrenica.