8 avril 2007
7
08
/04
/avril
/2007
18:29
Le dirigeant du FN jubile et utilise un langage codé
Dans une longue interview au Monde du 5 Avril , Le Pen fanfaronne et proclame:
« Qui se souvient de la mobilisation de l'entre-deux tours de 2002 ? "
Cette formulation étrange et provocatrice fait référence à une « petite phrase » bien connue des tenants du négationnisme et de ceux qui les combattent:« Mais qui se souvient encore du massacre des Arméniens ? »
tirée d'une allocution d' Hitler aux commandants en chef de l'armée allemande le 22 août 1939 quelques jours avant l'invasion de la Pologne.A plusieurs reprises ces dernières semaines Le Pen choisit ainsi de s'appuyer sur le "patrimoine " historique du nazisme et de la collaboration (voir notre précédent article Le Pen s'en prend aux enfants, dans la lignée de Laval)
En utilisant ces références codées mais parfaitement compréhensibles par les cadres de son parti , Le Pen réaffirme une fois de plus l'identité profonde de son combat qui s'inscrit dans la tradition de l'extrême-droite française depuis des décennies . Quels que soient les discours éléctoraux et les opérations de propagande, la filiation fasciste et pétainiste demeure et il la porte sans réticences. Il y a sans doute aussi de sa part une certaine jubilation à se permettre ce genre d'allusion, au moment où la campagne électorale est à nouveau dominée par les thématiques de la sécurité et de l"identité nationale".
Dans le même registre, les déplacements en banlieue des Le Pen père et fille à Argenteuil et Aulnay sont en lien avec les activités des ralliés de la dernière période dans la mouvance de Dieudonné. A Aulnay les accompagnateurs de Marine le Pen étaient Alain Soral, agitateur "rouge-brun" violemment antisémite censé représenter un courant "de gauche", doriotiste, du Front National et Ahmed Moualek accompagnateur de Dieudonné à la fête du FN et dont le site internet se concentre sur la haine des Juifs.
Qui se souvient, se réjouit le leader d'extrême-droite?
Nous tous, nous nous souvenons de la matrice du lepénisme et aussi de l' alliance que les partis de droite ont établi avec le Front National en 1998. Nous nous souvenons aussi que Sarkozy a eu comme mentor et fournisseur de cadres un Charles Pasqua qui avait proclamé des "valeurs communes" avec Le Pen.
Simone Weil est ainsi bien "naïve" de prétendre que les déclarations de Sarkozy sur l"identité nationale" ne constituent pas un clin d'oeil à le Pen. C'est exactement l'inverse qui est vrai.
MEMORIAL98