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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Retrouvez aussi le quotidien de l'info antiraciste sur notre blog d'actus :

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 00:17

Nous publions un article rédigé pour Memorial 98 par Bernard Schmid, militant antifasciste allemand qui partage nos combats. Il a récemment pris la parole lors de la commémoration  que nous avons organisé le 9 Novembre dernier pour l'anniversaire de la "Nuit de Cristal" nazie de 1938.

 

Les incendiaires habituels de la mouvance « Riposte Laïque », ont tenté d’organiser un rassemblement, dimanche 18 janvier 2015 à Paris, sous le titre « Islamistes hors de France ! »

Face aux protestation des associations et à une pétition signée par des dizaines de milliers de personnes, la Préfecture de Police de Paris a fort heureusement interdit cette manifestation.   

Pour les mouvances d’extrême droite qui appelaient à ce rassemblement, il s’agissait d’exploiter la vague d’émotion suscitée par les attentats de  « Charlie Hebdo », et de l’épicerie cacher à la porte de Vincennes. Ces crimes ont été perpétrés par trois activistes djihadistes endurcis, ayant noué des contacts avec Al-Quaïda et Daech. Ils n’ont rien à voir avec l’immense majorité des musulmans et musulmanes vivant en France, Mais ceux qui organisaient ledit rassemblement englobent depuis toujours dans leur dénonciation du « danger islamique » toute trace de présence musulmane sur le sol français, il s’agit bien pour eux d’attaquer les  musulmans en tant que tels. Il en de même des attaques et agressions islamophobes qui se multiplient actuellement. Les actes islamophobes recensés ont augmenté de 110 % depuis les attentats, par rapport à l'ensemble du mois de janvier 2014.

On compte au moins une arrestation juste avant une attaque à l'explosif et une autre juste avant une tentative de meurtre à l'arme blanche.

Ces actes ne sont que les actes recensés, c'est à dire ceux pour lesquels les victimes ont signalé ou porté plainte. Le comptage est donc forcément en dessous, voire très en dessous de la réalité, d'autant qu'une partie des victimes ont anticipé notamment les agressions verbales, considérant qu'elles étaient de toute façon inévitables et qu'il n'y avait rien à faire contre elles. 

 

Une mouvance réduite mais qui influence le FN

 

Il était peu probable, avant même son interdiction, que ce rassemblement connaisse une réussite en termes de nombre de participants. La mouvance « Riposte Laïque » est avant tout une sorte de secte[1], qui n’est pas en capacité de  mobiliser beaucoup de monde dans la rue. Les manifestations sur la voie publique qu’elle a organisé dans le passé, le 10 novembre 2012 « contre le fascisme islamiste » à laquelle appelaient formellement « 34 associations », et une partie de la mouvance « identitaire » parcourue par des divisions n’ont rassemblé que quelques centaines de participant-e-s. Son plus grand succès de mobilisation a été sans doute la préparation des « Assises contre l’islamisation de nos pays », réunion publique en salle co-organisée par le Bloc identitaire, le 18 décembre 2010, avec environ mille participants[2]. La mouvance identitaire, quant à elle, est aujourd’hui  divisée entre le « Bloc » de Fabrice Robert, le « réseau Identités » de Richard Roudier et d’autres composantes.  Elle constitue plutôt un mouvement d’extrême droite activiste dont les principaux succès sont constitués par des « coups » médiatiques,   plus qu’un mouvement de masse.

Si ces mouvances ont une importance à l’échelle de la société française, c’est parce qu’elles ont influencé et influencent toujours (de l’extérieur et partiellement de l’intérieur) le Front national, parti dominant de l’extrême droite.


Locomotive allemande

 

Pour pallier leurs faiblesses, les mouvements organisateurs du rassemblement du 18 janvier misent sur un modèle étranger, censé leur servir de « locomotive » pour démarrer le moteur de la mobilisation. Il s’agit du mouvement « contre l’islamisation » qui a parcouru l’Allemagne, ces trois derniers mois, et qui a connu des succès de mobilisation surtout dans une région de l’Est du pays, la Saxe. Dans cet Etat-région (Land) allemand, il est surtout connu sous le nom de PEGIDA, sigle pour Patriotische Europäer gegen die Islamisierung des Abendlands ou « Européens patriotes contre l’islamisation de l’Occident », appellation locale qui a été créée en octobre 2014 à Dresde. Ailleurs, le nom a connu de nombreuses déclinaisons locales, englobant souvent le nom de la ville, telles que DÜGIDA (à Düsseldorf), BOGIDA (à Bonn, ancienne capitale fédérale d’avant 1989), KAGIDA (à Kassel). Ou plus récemment LEGIDA (à Leipzig, ville elle-même située en Saxe mais rivalisant depuis toujours avec la capitale régionale, Dresde).


Depuis l’Allemagne, la mouvance « Riposte Laïque » avait  invité une oratrice pour le rassemblement de dimanche, en la personne de Melanie DITTMER. Celle-ci est d’ailleurs annoncée sur le site Internet de « Résistance Républicaine » (de Christine Tasin) comme « Mélanie Dimmler »; . Ce n’est pas son nom, mais les organisateurs d’extrême droite ont sans doute pensé à Heinrich Himmler, dirigeant nazi.


Qui est Melanie Dittmer ? ­Agée de 36 ans, elle milite depuis bientôt vingt ans à l’extrême droite. À 18 ans elle avait  fait l’objet d’un reportage de la  télévision publique allemande diffusé en 1996, où on la voit proférer des propos violents demandant notamment l’ouverture de « camps de travail ». Des camps dans lesquels on mettrait « des assassins, des dealers et des ennemis du peuple/parasites » (en original : Volksschädlinge, le terme Schädling signifiant « nuisible » ou « parasite », et Volk signifiant « peuple » ou « nation ») ; voir http://www.spiegel.de/panorama/gesellschaft/bogida-initiatorin-dittmer-mit-brauner-vergangenheit-a-1009832.html

Jusqu’il y a quelques années, Dittmer faisait figure de cadre de l’extrême droite pro-nazie. Elle était alors dirigeante des JN (Junge Nationaldemokraten), les jeunesses du parti néonazi NPD – un parti fondé en 1964, actuellement doté d’un siège au parlement européen. En parallèle, elle écrivait dans des publications de la mouvance néonazie, à l’instar du « Ruhrstürmer » («  L’assaillant de la Ruhr »)[3].

Aujourd’hui, Melanie Dittmer, tout en mettant en cause récemment l’existence de la Shoah[4], a choisi de militer dans une branche de l’extrême droite qui se veut plus institutionnelle et prend officiellement ses distances avec les mouvements néonazis. Elle est en effet membre de la direction du parti régional d’extrême droite « Pro NRW », NRW étant l’abréviation de la région Nordrhein-Westfalen (Rhénanie du Nord Westphalie), Etat-région le plus peuplé d’Allemagne avec 18 millions d’habitant-e-s . « Pro NRW » est un parti qui a souvent occupé les médias, mais est resté au stade groupusculaire, sauf sa branche locale à Cologne : « Pro Köln ». Celle-ci a disposé pendant dix ans d’un groupe au Conseil municipal de Cologne. En 2004 et 2009, elle avait en effet obtenu deux fois des résultats situés autour de cinq pour cent des voix, mais a perdu la moitié de son électorat au dernier scrutin municipal de mai 2014. Elle n’a obtenu alors plus que 2,6 %, alors que le parti souverainiste AfD (Alternative für Deutschland, « Alternative pour l’Allemagne »), fondé en 2013 et qui a actuellement le vent en poupe, lui est passé devant. Ce dernier a obtenu 3,6 % à Cologne, sur le plan local, ce qui reste inférieur à ses moyennes sur le plan fédéral/national : aux élections européennes tenues le même jour, AfD a réalisé à Cologne un score de 7 %, dans sa moyenne nationale. Au Conseil municipal de Cologne, ni « Pro Köln » ni AfD n’ont actuellement un groupe constitué, mais chacun dispose de conseillers municipaux siégeant parmi les non-inscrits.

 

Un mouvement à ancrage territorial inégal

 

Cologne fait partie, avec Bonn (ville voisine où réside Melanie Dittmer) et Düsseldorf, la capitale régionale distante de quarante kilomètres,  des villes où la dynamique du mouvement « PEGIDA et associés » n’a pas vraiment pris.

A Cologne, une première manifestation du mouvement (ici appelé « KÖGIDA »), annoncée comme importante, a été organisée lundi 05 janvier 2015 au soir. Mais 500 partisans du mouvement « contre l’islamisation de l’Occident » firent alors face à plus de 10.000 contre-manifestants, et ne purent pas marcher sur le trajet prévu. A la même occasion, la célèbre cathédrale de la ville ainsi que la mairie ont été plongées dans le noir, sur ordre respectivement de l’évêque et des autorités municipales. Voir http://www.zeit.de/gesellschaft/zeitgeschehen/2015-01/pegida-baergida-koegida-dresden-berlin-koeln  et http://taz.de/Pegida-in-Koeln-und-Berlin/!152286/

Le lendemain, le cercle des organisateurs de la manifestation raciste s’est divisé en deux. Ensuite, il a été annoncé qu’il n’y aura plus, dans un proche avenir, de manifestations du mouvement ni à Bonn (où les participations étaient autour de 200 lors des tentatives qu’il y a eues), ni à Cologne. Sur le plan régional, la mobilisation va désormais se concentrer sur Düsseldorf, la capitale de la Rhénanie du Nord Westphalie, où le principal organisateur s’appelle Sebastian Nobile. Il s’agit d’un ancien cadre de la « German Defence League », une tentative d’importer en Allemagne le modèle de la « English Defence League » (EDL, « Ligue de défense anglaise »). Ce mouvement a réussi à mobiliser en Grande-Bretagne,    à partir de 2009, des supporteurs de football et hooligans ainsi que d’autres milieux, pour des manifestations de rue régulières. Ceci sous prétexte de s’opposer à l’islamisme radical. Actuellement, ce mouvement britannique est plutôt sur le déclin, et la tentative de la transposer à l’Allemagne – et d’autres pays en Europe de l’Ouest – n’a pas donné de grands résultats.

Néanmoins, à l’automne 2014, un mouvement similaire semblait se former en Allemagne, sur de nouvelles bases. Là aussi sous prétexte de s’opposer aux djihadistes et autres islamistes radicaux, des militants issus du milieu hooligan raciste ont construit un mouvement sous le sigle de HOGESA, pour Hooligans gegen Salafistes (« Hooligans contre les salafistes »). Après que 400 islamistes radicaux appartenant au courant salafiste ont  attaqué, en septembre 2014 à Hambourg avec des couteaux et d’autres armes, des manifestants kurdes, les médias avaient largement rendu compte de cette agression. Celle-ci se déroulait sur fond d’opposition entre islamistes radicaux et Kurdes  à propos de l’ « Etat islamique » proclamé en Syrie et en Irak (l’organisation Daech), et à propos de la résistance des Kurdes à Kobanê contre cette structure mortifère. Suite à cette agression très médiatisée, la légitimité semblait tout trouver pour un mouvement anti-musulman, qui s’appuierait sur le prétexte de s’opposer aux islamistes radicaux et agressifs.

Environ 4.500 participants ont ainsi pu être mobilisés pour le 26 octobre 2014 à Cologne, au nom de « HOGESA ». Le nombre de contremanifestant-e-s, quelques centaines, a alors été nettement inférieur, la gauche antifasciste ayant été totalement surprise par l’ampleur de la mobilisation. La police ayant été elle aussi débordée, le public médusé à assisté à des scènes d’une extrême violence, des hooligans ayant entre autres démoli un restaurant chinois du centre-ville de Cologne. Mais cette éruption extrême a aussi précédé de peu la fin de la mobilisation de masse sous le sigle de « HOGESA ». Son succès reposait avant tout sur les structures d’anciens activistes de la mouvance nationaliste et raciste, politisés dans les stades de football dans les années 1980 ou 1990, aujourd’hui âgés de 45 ans et plus mais disposant encore de leurs réseaux. L’absence de nouvelles structures d’appui, portées par des membres des plus jeunes générations, mais aussi les images de violence ont limité la portée du mouvement. Début novembre 2014 des tentatives de porter le mouvement à Berlin et Hambourg se sont soldé par des échecs : à Berlin, il y a eu interdiction, et à Hambourg, celui qui était allé négocier l’autorisation du parcours avec la police s’est fait sérieusement « cuisiner » et menacer de poursuites. Il a préféré annuler… Une dernière manifestation a pu avoir lieu à Hanovre, réunissant environ 2.000 à 3.000 personnes, mais la dynamique était désormais brisée. Même si les hooligans sont cette fois-ci restés non-violents (tout en se faisant attaquer par des anarcho-autonomes), la manifestation du 15 novembre n’a pas créé un effet « positif » pour d’autres mobilisations.

À la même période, un autre mouvement commençait cependant à monter, celui qui a été intitulé PEGIDA (à prononcer avec la voyelle longue sur le « i »), à partir de la ville de Dresde. Ici, cela avait débuté à petite échelle avec 300 manifestants réunis le lundi 20 octobre 2014  sous le slogan « Nous sommes le peuple », piratantcelui de l’opposition en Allemagne de l’Est en 1989. Puis, le mouvement allait grandir chaque lundi, franchissant la barre des 10.000 manifestants début décembre de la même année, avant de réunir 17.500 personnes le 22 décembre pour la dernière manifestation avant la trêve de Noël. Respectivement 5.000 et 4.000 contremanifestant-e-s leur firent alors face. Dans cette capitale de la région de Saxe, l’une des clés du succès résidait probablement dans le fait que les premiers organisateurs du mouvement ne venaient pas d’un milieu déjà connu et politiquement catalogué. Alors qu’à Bonn, Cologne ou Düsseldorf, les animateurs des mouvements locaux « contre l’islamisation » sont, jusqu’à aujourd’hui, clairement connotés d’extrême droite et de longue date.

Le principal protagoniste à Dresde est ainsi devenu Lutz Bachmann (âgé de 41 ans), jusqu’ici plutôt connu comme membre des milieux du proxénétisme et de la petite criminalité, qui avait passé trois ans et demi en prison. Un aventurier qui n’avait pas encore fait l’expérience du militantisme en politique, mais sentait la montée d’une dynamique sur laquelle il pourrait surfer.

Dans une interview donnée début décembre 2014 (voir http://www.bild.de/regional/dresden/demonstrationen/pegida-erfinder-im-interview-38780422.bild.html ), Lutz Bachmann a déclaré que lui et ses compagnons avaient été motivés à manifester, initialement, par la vision d’une manifestation qui s’était déroulée le 10 octobre dernier à Dresde. À cette occasion, plusieurs centaines de Kurdes, ensemble avec des jeunes antifascistes allemands, avaient manifesté pour la résistance contre les islamistes de « l’Etat du califat » à Kobanê. Lutz Bachmann et les siens n’y ont vu qu’un « danger étranger », le risque de voir « des conflits étrangers sur le sol allemand ». Ce qui tend à démontrer ce qu’il faut penser de leur positionnement officiel, qui proclame que « nous ne sommes pas opposés aux musulmans en tant quels mais au danger islamiste, et pas opposés aux immigrés en tant que tel mais aux abus de l’immigration et du système d’asile ». C’est en effet une pure hypocrisie, et si l’opposition au djihadisme agressif était vraiment leur « cause » première, ils auraient soutenu les manifestants qui demandaient des armes et des moyens pour les Kurdes luttant à Kobanê contre l’ « Etat islamique ».

Jusqu’ici, Dresde est resté le fief absolu du mouvement, qui a su – la plupart du temps – garder l’hégémonie dans la rue, opposant presque toujours un nombre supérieur de participants aux contre-manifestations organisées en face. Seule heureuse exception : le samedi 10 janvier, l’opposition à PEGIDA a réussi cette fois-ci à mobiliser très fortement, en faisant descendre 35.000 personnes dans les rues de Dresde en mobilisant au-delà des frontières de la ville, comme  PEGIDA. Mais le lundi soir suivant, 12 janvier 2015, le mouvement PEGIDA a lui aussi pu augmenter le nombre de ses manifestants, en mobilisant 25.000 personnes.

Cette fois-ci, PEGIDA avait tenté de bénéficier de l’émotion crée par le choc des attentats de Paris, contre « Charlie Hebdo » puis au supermarché juif Hyper Cacher. Les organisateurs avaient demandé à leurs partisan-e-s de venir vêtus de noir ou en portant des signes de deuil. Certains ont reproché au mouvement une récupération « en flétrissant les cadavres », voir http://www.neues-deutschland.de/artikel/957806.politische-leichenschaendung.html  Mais avant les manifestant-e-s « contre l’islamisation » réunis le lundi 12 janvier, c’était déjà les contre-manifestants-e-s du samedi précédent qui avaient dénoncé les crimes commis à Paris. Ils et elles avaient porté le deuil des victimes et repris le slogan français « Je suis Charlie ». Cela a contribué à atténuer l’ampleur de la récupération que pouvait effectuer PEGIDA.

 

Pourquoi la Saxe ?

 

Les disparités régionales sont importantes, en ce qui concerne l’ampleur de ces mobilisations. La mobilisation est forte surtout à Dresde, et depuis peu elle a aussi commencé à Leipzig, sous le nom de « Legida » : environ 5.000 personnes y ont manifesté pour la première fois, mercredi 14 janvier 15. Mais presque partout ailleurs, les contre-manifestations dépassent jusqu’ici en nombre celui des participant-e-s aux rassemblements des alliés de PEGIDA. A Munich, à Stuttgart et ailleurs, les maires de plusieurs grandes villes (appartenant au SPD dans le premier, aux Verts dans le second cas) se sont joints aux contre-manifestations, fin décembre 14 et début janvier 15.

Les rythmes politiques en Saxe ne sont en effet pas les mêmes. Au temps de la RDA d’avant 1989, cette région passait pour assez contestatrice car elle était désavantagée au niveau de l’approvisionnement.  Mais  elle était aussi – en ce qui concerne la région de Dresde - relativement déconnectée des débats et informations qui avaient cours ailleurs. En effet, la partie orientale de la Saxe (dominée par Dresde, alors que la partie occidentale est dominée par Leipzig) était nommée ironiquement« das Tal der Ahnungslosen » (« la vallée des ignorants ») au temps de la RDA. En effet, c’était la seule région de l’ancienne RDA où l’on ne pouvait pas capter, dans les foyers, la télévision ouest-allemande. Lors de la chute du mur et de la réunification, cela aura eu pour effet que les attentes et les illusions, portant sur la future vie dans « le paradis capitaliste », étaient plus fortes ici qu’ailleurs.En effet, dans d’autres parties de la RDA, les citoyen-ne-s étaient plus informés de l’existence du chômage et de problèmes sociaux en Allemagne de l’Ouest, dont sa télévision faisait état, alors que certains habitants en Saxe ont pu croire que tout cela relevait « de la propagande du régime communiste ».

La Saxe a été, après la réunification, une région où les partis d’extrême droite ont obtenu des scores importants. Surtout c’était la région où le NPD (parti néonazi) a réalisé ses résultat les plus élevés, montant jusqu’à 9,2 % des suffrages lors du scrutin régional du 29 septembre 2004. Nulle part ailleurs en Allemagne, ce parti ouvertement fasciste et violent – qui n’est guère préoccupé de « stratégies de dédiabolisation » n’avait obtenu de tels succès. Aujourd’hui, depuis l’élection régionale du 30 août 2014, le NPD a disparu du Parlement régional (ratant de 0,05 % des voix la barre des 5 % des voix requises), mais il a été supplanté par une  forte section régionale du parti souverainiste AfD     (9,7 %).

Par ailleurs, l’invocation d’une crainte d’ « islamisation » (qui menaceraient sous l’effet de l’immigration) est encore plus absurde en Saxe qu’ailleurs. 2,2 % de la population de la région (et 4,7 % de celle de sa capitale Dresde) sont de nationalité étrangère, un taux très faible, et parmi eux ont trouve seulement… 0,2 % de musulman-e-s. Par ailleurs, l’invocation de « valeurs chrétiennes » qui seraient menacées par l’avancée de l’islam – alors que PEGIDA a fait entonner des chants de Noël chrétiens aux manifestants, réunis le 22 décembre au centre-ville de Dresde – est elle aussi particulièrement hypocrite en Saxe. 80 % de ses habitant-e-s ne sont membres d’aucune confession chrétienne, le nombre de baptêmes ayant été faible à l’époque de la RDA. En réalité, c’est une peur diffuse du déclassement social, dans une Allemagne jusqu’ici relativement épargnée par « la crise ,  mais dont une partie s’enfonce dans la pauvreté (et entourée de pays en crise), qui explique bien davantage cette mobilisation. Une peur de déclassement qui est surtout celle de personnes « ayant quelque chose à perdre », puisque les mobilisations sont majoritairement portées par des membres ses classes moyennes, cf. http://www.heise.de/tp/artikel/43/43857/1.html  - En Saxe, il s’agit plus spécifiquement d’une peur de personnes ayant cru qu’elles étaient enfin parvenues là où elles avaient rêve d’arriver : dans une Allemagne idéalisée (en tant qu’Etat-nation réunifié) et imaginée comme un « paradis capitaliste ». Alors qu’aujourd’hui, les élites invoquent la construction européenne et que la réalité sociale est peu attrayante et menace de l’être de moins et moins, ces personnes se cramponnent à leur volonté de « sauver ce qu’ils peuvent sauver ».

 

L’opposition à « PEGIDA »

 

Ailleurs en Allemagne, le mouvement est aussi endigué parce que les partis dominants, les grandes forces politiques, les élites gouvernementales, mais aussi le patronat mettent leur poids dans la balance pour freiner cette dynamique. Les Eglises chrétiennes oeuvrent dans le même sens, tout comme le Zentralrat der Juden, l’organe de représentation (« Conseil central ») des Juifs en Allemagne qui a clairement condamné l’islamophobie.

Ce qui fait d’ailleurs écrire à Jürgen Elsässer, représentant très en vue de la mouvance rouge-brun qui est un ancien militant d’extrême gauche ayant glissé vers le nationalisme autoritaro-populiste et soutien le mouvement PEGIDA : « Ce qui ne plaît pas au Conseil central des juifs, au gouvernement des Etats-Unis et au régime de Nétanyahou, c’est qu’à Dresde, pour la première fois, un mouvement s’est puissamment exprimé qui veut re-constituer l’Allemagne comme un Etat souverain. » Il désigne ainsi l’organe de représentation des Juifs en Allemagne comme un ennemi intérieur. Le rôle des « rouge- brun »consiste surtout à tenter de manipuler les lambeaux d’un mouvement pacifiste, anciennement puissant mais aujourd’hui en état de décomposition avancé et dont il pousse les résidus vers une orientation pro-Poutine, au nom de la résistance contre un « danger de guerre » qui émanerait de l’Ukraine – avec les mouvements de « PEGIDA » et alliés. Avec un certain succès, en influençant les restes du mouvement pacifiste dans un sens neutraliste, nationaliste (« maintenons nous en dehors des conflits étrangers ») et autoritaire. Les grandes pancartes portant l’inscription « La paix avec la Russie » (Frieden mit Russland), visibles sur des photos des manifestations de Dresde publiées par la presse française, témoignent de cette influence d’Elsässer et son magazine mensuel, COMPACT. La thématique antisémite ne fait pas consensus, à ce jour, au sein des mouvements actuels. Elle est  certestrès présente dans les milieux du NPD, mais ceux-ci, s’ils participent également au mouvement, ne sont pas en mesure de le dominer.

 

Vingt ans et une réelle différence

 

La dernière manifestation de cette volonté des responsables politiques de contrer le mouvement Pegida a été la mobilisation, mardi 13 janvier 2015, d’environ dix mille personnes à Berlin, manifestant « pour la tolérance » et contre le racisme anti-musulman. Elles se sont rassemblées avec la chancelière Angela Merkel et le président fédéral Joachim Gauck en personne. Auparavant, en période de Noël, toute la presse conservatrice et libérale avait largement ouvert ses colonnes aux messages des deux Eglises chrétiennes, rappelant le nécessairement « secours au prochain » à apporter y compris aux réfugiés. Lors de se vœux pour la nouvelle année 2015, prononcés le 31 décembre dernier, la chancelière Merkel avait embrayé sur ces dénonciations, et mis en garde contre les manifestations du type PEGIDA.

 

 Ce paysage se démarque radicalement de celui d’il y a une vingtaine d’années, quand des centaines d’attaques racistes ont eu lieu, culminant en 1992 à 18.000 crimes, délits et contraventions à connotation raciste (de l’injure raciale jusqu’à l’homicide) dans l’année. À l’époque, les vannes de cette dynamique avaient été largement ouvertes par l’ « establishment » lui-même. Les deux principales forces politiques, la CDU/CSU conservatrice et le SPD social-démocrate, avaient alors mené le tristement célèbre « Asyldebatte », le débat sur la « nécessaire restriction du droit d’asile ». Ce débat a culminé dans l’acceptation par le SPD, lors d’un congrès extraordinaire tenu en août 1992 au Petersberg, d’une modification de la Constitution,  puis dans le vote de cette modification au Bundestag (Parlement fédéral). Le 26 mai 1993, ce dernier a fortement restreint le droit d’asile, pourtant constitutionnellement garanti.

Cet objectif était alors présenté comme une nécessité impérative, face à « une invasion » faisant suite à la disparition des frontières fortifiées (de l’ex-bloc soviétique) à l’Est, par toutes les grandes forces politiques établies. La campagne raciste, dont la tonalité principale était « Le navire (allemand) est plein », n’a duré que peu de temps après le vote du Bundestag. Trois jours après, le 29 mai 1993, un attentat raciste commis à Solingen tua cinq femmes et enfants de nationalité turque . Ce crime raciste entraîna une importante mobilisation sociale, comportant notamment des chaînes humaines de protestation à travers le pays. Il engendra aussi  de sérieux problèmes diplomatiques (la Turquie étant un pays membre de l’OTAN et du Conseil de l’Europe) et une camapgne de presse négative au plan international. Les pouvoirs publics ont alors pris des mesures pour stopper la mobilisation raciste, à laquelle ils avaient jusque-là largement lâché le brides, et ont prononcé de premières interdictions de groupes néonazis.

Aujourd’hui, la situation a fondamentalement changé. A l’époque, la campagne raciste a aussi servi à « souder » les deux parties de l’Allemagne fraîchement réunifiée (depuis le 03 octobre 1990), et de mettre les questions sociales qui allaient inévitablement se poser au second rang. Mais l’un des produits de cette mobilisation, pendant toute la période 1990 à 1994, a été la constitution de noyaux durs de la mouvance néonazie, dont certains allaient former ensuite des groupes violents allant jusqu’au terrorisme. A partir de 1998, les fractions les plus endurcies de cette mouvance ont engendré le NSU (Nationalsozialistischer Untergrund, « Clandestinité national-socialiste »), groupe officiellement constitué de trois membres… mais en réalité formé par des centaines de soutiens logistiques et des militants de l’étape, qui fait actuellement l’objet d’un procès à Munich, en cours depuis juin 2013. Tout n’est pas encore connu, loin s’en faut, ni sur les ramifications du réseau, ni sur les soutiens dont il a pu bénéficier au sein de certains appareils policiers.

 

Aujourd’hui, l’Etat allemand n’accepte pas de courir les risques de voir s’envenimer cette plaie, et de voir des fractions de la mouvance d’extrême droite reprendre la lutte violente voire armée. Déjà une première vague d’attaques contre des futurs foyers de demandeurs d’asile pas encore peuplés  encore a eu lieu à l’automne 2014. Les élites allemandes, qui savent que l’économie de leur pays est avant tout tirée par le moteur des exportations, sont plutôt préoccupées de l’image internationale que reflète leur Etat. Par ailleurs, alors que 17 millions d’habitant-e-s de la RDA venaient d’intégrer les marchés de l’emploi et de la consommation au début des années 1990, l’Allemagne est aujourd’hui fortement marquée par le déclin démographique. Pour des raisons de difficultés à concilier travail salarié et vie familiale, depuis des décennies, les femmes ouest-allemandes rechignaient à avoir des enfants ; les choses étaient différentes en RDA, mais la natalité a là aussi brusquement chuté au début des années 1990. Le patronat est avant tout préoccupé, s’agissant des réfugiés et migrants d’aujourd’hui, de « lever les obstacles bureaucratiques » pour pouvoir les embaucher ou mettre en formation rapidement.


Tout danger n’est cependant pas absent, en ce qui concerne la future dynamique du mouvement de PEGIDA et alliés. D’abord,le public potentiel  paraît important. Un sondage effectué par l’hebdomadaire « Die Zeit » a été publié, à la mi-décembre 2014, sous le titre sensationnaliste : « Un Allemand sur deux déclare des sympathies pour PEGIDA » ; voir ici : http://www.zeit.de/politik/deutschland/2014-12/islam-pegida-fluechtlinge-deutschland-umfrage - En réalité, le sondage ne disait pas cela, la question posée ayant été : « Comprenez-vous qu’il y ait des manifestations contre l’,Etat islamique’ et contre l’,islamisation de l’Occident’ dans des villes allemandes ? » Vu que la question ouvrait sur l’ « Etat islamique » (l’organisation Daech), beaucoup de réponses ont pu être induites par cette référence à la sinistre organisation terroriste, placée en début de phrase.

 

Dans un autre sondage, publié autour du 1er janvier 2015, 29 % des Allemands interrogés qui exprimaient une sympathie pour le mouvement ; v. ici : http://www.heise.de/tp/artikel/43/43745/1.html Selon ce même sondage, 13 % des sondés se déclareraient prêts à se mobiliser ; ils et elles seraient 45 % parmi l’électorat du parti de droite souverainiste AfD, mais aussi 26 % dans l’électorat du parti DIE LINKE.

Ce parti, dont le nom signifie « La gauche », est de très loin comparable au « Front de gauche » en France mais ni son histoire ni sa base sociale ne sont identiques. En ex-Allemagne de l’Est, où une importe partie de cette formation est issue (après 1989) de l’ancien parti d’Etat, la base électorale de DIE LINKE se détermine peu selon un clivage gauche/droite. Le clivage est souvent  régionaliste : on vote pour le parti de « ceux de l’Est », contre une « domination par ceux de l’Ouest qui désavantages toujours les habitants de l’ex-RDA ». La présence forte, au niveau régional, de DIE LINKE (et de son prédécesseur, le PDS)  dans les régions situées à l’Est a heureusement empêché, depuis les années 1990, l’émergence d’une force électorale d’extrême droite importante : DIE LINKE absorbe l’électorat qui pourrait aussi être tentée par cette dernière. Mais une partie de la base sociale oscille entre les deux orientations ; lorsqu’en avril 1996, un parti d’extrême droite (la DVU, disparue depuis et absorbée par le NPD) avait réalisé un score important de 13 % en Saxe-Anhalt, ceci était nettement observable. Comme les électeurs allemands ont deux voix – une pour la liste d’un parti, l’autre pour élire une personnalité parmi les candidat-e-s -, 25 % des électeurs de la DVU lors de ce vote avait donné leur « autre » voix à des candidats du PDS. Ainsi, il n’est pas totalement surprenant que la tentation de sympathiser avec PEGIDA puisse exister parmi des électeurs du parti DE LINKE…

 

Le parti souverainiste AfD, créé en 2013 et actuellement en proie à des conflits de direction intenses, semble de son côté avoir choisi de s’allier au mouvement. Voir http://www.spiegel.de/politik/deutschland/pegida-afd-trifft-organisatoren-am-mittwoch-im-saechsischen-landtag-a-1010987.html et aussi http://www.neues-deutschland.de/artikel/957816.afd-und-pegida-ziehen-an-einem-strang.html.  Suite à une rencontre officielle entre les deux structures, le parti AfD et PEGIDA ont déclaré vouloir continuer à se rapprocher, voir aussi http://www.heise.de/tp/artikel/43/43804/1.html. Pour l’AfD, il s’agit essentiellement de se ressourcer chez PEGIDA et alliés, qui pourraient former une future base sociale « extra-parlementaire » dans la rue.

 

 

PEGIDA – AfD – CDU ?

 

 

Or, qui pense à l’AfD doit aussi penser à l’hypothèse de possibles futures alliances à droite. Au sein de la CDU (au gouvernement), le débat sur le positionnement vis-à-vis de ce parti a commencé. En août 2014, le comité directeur du parti avait décidé le refus net de toute coopération avec l’AfD, la CDU devant garder une orientation pro-Union européenne. Lors du congrès de Cologne de début décembre 2014, Angela Merkel a même fait miroiter une alliance éventuelle avec les Verts (en lieu et place de la « Grande coalition » actuelle avec les sociaux-démocrates), regrettant à la tribune du congrès que les Verts aient interrompu les négociations sur la formation d’un gouvernement en 2013.

 

Sous Angela Merkel, qui passe plutôt pour la représentante d’un « pragmatisme » assez « désidéologisé » et surtout orienté par le maintien du pouvoir, une partie des bases du bloc conservateur fait sentir un « manque de repères idéologiques ». Elle lorgne d’autant plus vers l’AfD, qui a réalisé quelques percées électorales en 2014, allant jusqu’à 13 % dans des scrutins régionaux tenus en août puis en septembre derniers. Par ailleurs, une partie des stratèges de l’aile droite de la CDU – ou de sa sœur bavaroise, la CSU – invoque aujourd’hui l’émergence du mouvement PEGIDA, pour reprocher à Angela Merkel de ne pas avoir été assez à droite : selon eux, avec une orientation correcte, cela ne serait pas arrivé…  Voir http://www.heise.de/tp/news/Ist-Merkel-mit-verantwortlich-fuer-die-Pegida-Bewegung-2506952.html

 

Juste avant le congrès de Cologne, le débat sur la position de la CDU vis-à-vis du parti sur sa droite a d’ailleurs redémarré. Le chef du groupe CDU au parlement régional de Thuringe, Mike Mohring, a ainsi accepté les voix des élus AfD pour sa candidature au poste de ministre-président (chef de l’exécutif régional), suite à plusieurs réunions avec le parti souverainiste. Cela est justifié par un effet-miroir avec la gauche. Les sociaux-démocrates et les Verts ont accepté, en Thuringe, de s’allier avec le parti DIE LINKE (équivalent lointain du Front de gauche) pour gouverner la région. Cette alliance ne semble pas marquer une profonde rupture à gauche. Le nouveau ministre-président Bodo Ramelov a été le négociateur syndical « pragmatique » des années 1990 qui a discuté de l’accompagnement social d’immenses vagues de licenciement en ex-Allemagne de l’Est. Mais par un prétendu effet-miroir, une partie de la droite justifie par là le fait de lorgner vers l’extrême droite. Lors de manifestations , en novembre 2014 à Erfurt, capitale de la Thuringe, contre le « gouvernement néo communiste » qui ont attiré jusqu’à 4.000 personnes, des militants CDU et AfD ont côtoyé des néonazis. Cette dynamique-là est vite retombée à l’époque, mais elle pourrait éventuellement préfigurer (partiellement) quelques futures alliances.

 

 

Antennes internationales ?


Des tentatives d’imiter PEGIDA ont été enregistrées pendant la dernière période, par exemple en Norvège http://www.heise.de/tp/artikel/43/43844/1.html ainsi qu’en Espagne . Mais  il n’est pas sûr que la transposition d’un mouvement à d’autres pays puisse fonctionner.


En ce qui concerne la France, c’est au mouvement antiraciste et à toutes les forces de gauche de combattre vigoureusement toute tentative d’implanter un tel mouvement. C’est ce qui s’est d’ailleurs passé dimanche 18 janvier notamment à Montpellier. Les "Pegidistes" locaux rassemblés par la Ligue du Midi, ont du faire face à une mobilisation de plusieurs centaines de personnes, bien déterminées à ne pas laisser s'installer un Pegida à la française.

 

Bernard Schmid pour

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[1] L’un des maires FN élus en mars 2014, Fabien Engelmann élu à Hayange (Moselle), est fortement influencé par cette mouvance, et c’est à travers elle qu’il est passé en 2010 de à l’extrême droite. Cependant, à l’heure où le maire d’Hayange connaît de grandes difficultés – ses comptes de campagne ayant été invalidés par le Tribunal administratif (TA) de  Strasbourg en décembre 2014, il a fait appel devant le Conseil d’Etat -, son étoile a décliné au sein du parti de Marine Le Pen.

[2] Deux des orateurs, l’écrivain Renaud Camus et Luc Roche alias « Jacques Philarcheïn », ont été condamnés en première instance en avril 2014, sur plainte du MRAP, pour le délit d’Incitation à la haine raciale. Ils ont fait appel de la décision. Renaud Camus, idéologue qui professe la « Théorie du grand remplacement » (il y aurait un plan diabolique visant délibérément à subsister des populations immigrées aux populations autochtones), s’est aussi illustré dans le passé par des propos visant les juifs. Le 21 avril 2000,  son livre « La campagne de France » avait dû être retiré par son éditeur (Fayard) parce qu’il comportait des passages ciblant les juifs. Et notamment leur trop grand nombre participant à des émissions de « France Culture », alors qu’en raison de leurs origines, ils ne représenteraient pas la culture autochtone française.

[3] Voir sur elle et sa carrière les documents suivants :

 

https://linksunten.indymedia.org/en/node/122743

 

https://linksunten.indymedia.org/node/113014

 

https://linksunten.indymedia.org/de/node/123957

[4] V. l’article http://www.spiegel.de/panorama/gesellschaft/bogida-initiatorin-dittmer-mit-brauner-vergangenheit-a-1009832.html , où elle est citée par ces mots : « La question de savoir si l’Holocauste a existé n’a aucune importante pour moi, puisque ça remonte à 70 ans ! Est-ce qu’on questionne toujours les Français sur Napoléon…  ?»

 

 


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