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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Retrouvez aussi le quotidien de l'info antiraciste sur notre blog d'actus :

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Sur les réseaux sociaux : 

    

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Pour correspondre avec nous, nous proposer des articles ou des informations,

pour toute question : 

contact@memorial98.org

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 19:53

Après Sarkozy, Merkel, Berlusconi, c'est le tour de David Cameron, premier ministre conservateur britannique d'attiser la flamme de la xénophobie, dans discours tenu à Munich (!).

A la veille d'une manifestation fortement médiatisée de l'organisation d' extrême-droite English Defence League (EDL) dans la ville de Luton qui constitue son bastion, Cameron vient de reprendre les termes de Sarkozy et Besson pour prôner une "identité nationale".

Le British National Party (BNP) principal parti d'extrême-droite britannique, s'est vivement félicité de ce discours; son dirigeant Griffin a évoqué une "griffinisation" de la position des conservateurs.

Au moment même où se développe une grande vague démocratique dans les pays arabes

(voir Tunisie, Algérie : solidarité

Abattre toutes les dictatures )

les chefs de la droite européenne en grande difficulté suite à leurs politiques d'austérité,  attaquent leurs populations issues de l'immigration et de la colonisation.


Le rapport annuel de la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI) paru le 8 juillet dernier dénonçait déjà cette orientation. Nous en  publions  des extraits ci-dessous (voir aussi http://www.coe.int/t/dghl/monitoring/ecri/default_FR.asp? avec un rapport spécifique sur la France.)

Ce rapport officiel, issu du Conseil de l'Europe  qui regroupe 47  pays, met en cause les responsables politiques du continent en indiquant : « ... L'opinion publique, dont l'attitude négative est alimentée par un discours politique de plus en plus xénophobe, rend les immigrés responsables du chômage et de la détérioration de la sécurité.... »

Ce rapport semble avoir été écrit presque sur mesure pour les gouvernement français et italien, pour Sarkozy et Berlusconi et maintenant pour Merkel et Cameron.

Ces régimes ont multiplié les initiatives désignant les populations étrangères et les minorités comme responsables des problèmes de leurs pays.

Le gouvernement français avait de plus mis en place un « ministère de la xénophobie » dit de l'Identité nationale et lancé une campagne officielle sur le même thème. Il comporte en son sein un ministre condamné par la justice pour injure raciale et a fait passer une loi criminalisant le port du niquab islamique.

(voir notamment
Europe : une marée brune ?
Hortefeux doit partir !

Centres de rétention : barbarie quotidienne

Europe: contre l'enfermement des étrangers

Identité nationale : comment l’idée vint à Eric Besson

Italie: danger fasciste? )

 

Extraits du rapport officiel du Conseil de l'Europe:
"... L'ECRI a rendu public aujourd'hui son rapport annuel, qui étudie les grandes tendances observées en matière de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie, d'antisémitisme et d'intolérance en Europe.
 

Dans le rapport, elle se dit préoccupée par les conséquences de la crise économique pour les groupes vulnérables - surtout l'augmentation du chômage et la réduction des services sociaux.

L'opinion publique, dont l'attitude négative est alimentée par un discours politique de plus en plus xénophobe, rend les immigrés responsables du chômage et de la détérioration de la sécurité.

L'ECRI appelle les Etats européens à appliquer scrupuleusement leur législation visant à prévenir et à combattre le racisme, l'intolérance et la xénophobie, et à combler les vides juridiques qui perdurent. Si elle reconnaît que certains Etats ont adopté une législation adaptée, l'ECRI souligne néanmoins que l'application des textes « reste souvent un défi ».

L'ECRI est également préoccupée par la persistance du recours généralisé au profilage racial par la police, par les abus dans la lutte contre le terrorisme et par les brutalités policières contre des groupes vulnérables. Le rapport conclut en ces termes  :

* Les Roms et les Gens du voyage restent en butte à une hostilité ouverte et à l'exclusion sociale ; ils sont victimes de meurtres et de raids contre leurs campements.

* Le racisme anti-Noirs perdure en Europe et se traduit souvent par des attaques organisées contre la communauté noire et par de fréquentes injures liées à la couleur de peau lors des manifestations sportives.

* La discrimination envers les musulmans persiste dans les domaines de l'emploi, du maintien de l'ordre, de l'urbanisme, de l'immigration et de l'éducation. Depuis peu, les musulmans sont également visés par des restrictions spécifiques d'ordre juridique. Les Etats doivent faire plus pour encourager la tolérance à l'égard de la diversité religieuse.

* L'antisémitisme perdure en Europe. Les actes de vandalisme visant des synagogues et des cimetières juifs restent, avec le négationnisme, des sujets de préoccupation... "

 Ce dernier paragraphe sur le négationnisme s'applique particulièrement au gouvernement français, qui en assimilant les médias indépendants à une « presse collaborationniste", banalise la Shoah et le régime de Vichy

(voir Qui joue avec le fascisme ?

Qui manipule l’étoile jaune ?

Un dirigeant UMP salit à nouveau la Shoah.
Sarkozy et la presse "collaborationniste": un recyclage ) 

Les dirigeants de la droite européenne, pour une fois unis, ont recours à la xénophobie pour tenter de détourner la colère de ceux qui subissent les frais de la crise. Ils ouvrent ainsi la voie à l'extrême-droite avec laquelle ils envisagent d'ailleurs de coopérer.

MEMORIAL 98

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 20:53

 

Une fois de plus Marine Le Pen marche dans les pas de son père. Elle dénonce à nouveau Eva Joly, d'origine norvégienne, en raison de sa double nationalité et lui conteste le droit de se présenter à l'élection présidentielle de 2012.

Elle utilise pour cela la rhétorique classique de l’extrême-droite française en déclarant :

"Quand on est candidat à la présidentielle (...) il faut avoir un lien charnel avec notre pays, avec notre peuple. Je trouve profondément indécent que quelqu'un qui est devenu français à 20 ans, qui a la double nationalité, puisse poser sa candidature...Il faut supprimer la double nationalité"

La nouvelle présidente du Front National reprend ainsi le style et le contenu des diatribes de son père.

 Lors de la précédente présidentielle, en 2007 celui-ci avait d’abord à plusieurs reprises mis en cause les « 3 grands parents étrangers de Sarkozy ». Nous avions alors révélé qu’il s’agissait d’une référence codée au statut des Juifs  de  Pétain prévoyant l’exclusion de la vie publique pour ceux qui avaient 3 grands-parents juifs  ( Le Pen et les "3 grands-parents étrangers" de Sarkozy )

 Puis en juin 2007 il s’en était pris à Rachida Dati dans ces termes : " question à Mme Dati: est ce que vous avez la nationalité marocaine, ou est-ce que vous avez la nationalité française ? vous devez choisir. Si vous choisissez la nationalité étrangère, vous serez des étrangers, respectés en France, mais selon le statut des étrangers, sans les avantages que moi je crois devoir réserver aux Français… » (Le Pen récidive contre Rachida Dati)

Tradition délatrice

Les Le Pen père et fille s’inscrivent ainsi dans la longue tradition de l’extrême droite française consistant à dénoncer des personnes en raison de leur religion ou de leur origine et à  dresser dans ce but des « listes de noms ».

 Le dirigeant du FN avait souvent fait huer des noms à consonance juive de journalistes lors des fêtes de son parti.

 Il avait inauguré la mise en cause de la nationalité de ses contradicteurs dès 1989.

Le 5 décembre de cette année-là, à la télévision (sur la chaîne de l’époque « la 5 »), Le Pen est censé débattre avec Lionel Stoleru, alors secrétaire d'Etat chargé du Plan, sur le thème du travail au noir:

Le Pen commence par demander à son interlocuteur s'il a une double nationalité...

Réponse de Stoleru:

- "Être juif, ce n'est pas une nationalité... Jusqu'à présent, c'est une religion."

Après les hésitations de Le Pen qui évoque une prétendue double nationalité franco-israélienne de son , la discussion porte sur le contrôle du travail clandestin:

Lionel Stoleru : "Sur ce problème du travail au noir, j'ai moi-même organisé des descentes dans le Sentier, des opérations coup de poing..."

Jean-Marie Le Pen dans une "plaisanterie" nauséabonde : "Vraiment ? Vous pourriez faire une rafle, c'est le cas de le dire..."

Cette agression antisémite provoqua à l’époque un tollé.

 

En Europe, la droite et l’extrême droite contre la double nationalité

 La remise en cause en cause de la double nationalité n'est pas limitée aux  vitupérations de Le Pen. Dans notre pays, De Villiers avait inscrit à son programme présidentiel de 2007 " l'interdiction de la double nationalité". Dans plusieurs pays d’Europe, la droite met en cause les élus et responsables qui se trouvent dans ce cas. En Allemagne le parti  démocrate-chrétien CDU-CSU, correspondant de l’UMP et membre du même parti européen (PPE), mène depuis des années une campagne contre le droit à la double nationalité des personnes issues de l’immigration.(voir Europe : une marée brune ?)

Marine Le Pen tente ainsi d’exploiter et d’approfondir sa popularité auprès des franges xénophobes de l’électorat UMP, agité par les orientations que lui ont distillées Sarkozy, Besson et Hortefeux.(voir

Qui veut se faire piéger par Marine Le Pen ?

Succès du Front National: quelles conséquences?

Notons que Marine Le Pen réalise aussi une opération de soutien à l’ex-ministre mitterrandiste Roland Dumas, compagnon de route du Front national depuis 2007;voir (Impunité de l'antisémite Barre) et présentement soutien de Laurent Gbagbo. Dumas poursuit de sa haine Eva Joly qui avait mis à jour ses turpitudes financières dans l’affaire Elf.

Albert Herszkowicz pour

MEMORIAL 98

 

 

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 20:53

Une fois de plus Marine Le Pen marche dans les pas de son père. Elle dénonce à nouveau Eva Joly, d'origine norvégienne, en raison de sa double nationalité et lui conteste le droit de se présenter à l'élection présidentielle de 2012. Elle utilise pour cela la rhétorique classique de l’extrême-droite française en déclarant :

"Quand on est candidat à la présidentielle (...) il faut avoir un lien charnel avec notre pays, avec notre peuple. Je trouve profondément indécent que quelqu'un qui est devenu français à 20 ans, qui a la double nationalité, puisse poser sa candidature...Il faut supprimer la double nationalité"

La nouvelle présidente du Front National reprend ainsi le style et le contenu des diatribes de son père.

 Lors de la précédente présidentielle, en 2007 celui-ci avait d’abord à plusieurs reprises mis en cause les « 3 grands parents étrangers de Sarkozy ». Nous avions alors révélé qu’il s’agissait d’une référence codée au statut des Juifs  de  Pétain prévoyant l’exclusion de la vie publique pour ceux qui avaient 3 grands-parents juifs  ( Le Pen et les "3 grands-parents étrangers" de Sarkozy )

Puis en juin 2007 il s’en était pris à Rachida Dati dans ces termes : " question à Mme Dati: est ce que vous avez la nationalité marocaine, ou est-ce que vous avez la nationalité française ? vous devez choisir. Si vous choisissez la nationalité étrangère, vous serez des étrangers, respectés en France, mais selon le statut des étrangers, sans les avantages que moi je crois devoir réserver aux Français… » (Le Pen récidive contre Rachida Dati)

Tradition délatrice

Les Le Pen père et fille s’inscrivent ainsi dans la longue tradition de l’extrême droite française consistant à dénoncer des personnes en raison de leur religion ou de leur origine et à  dresser dans ce but des « listes de noms ».

Le dirigeant du FN avait souvent fait huer des noms à consonance juive de journalistes lors des fêtes de son parti.

Il avait inauguré la mise en cause de la nationalité de ses contradicteurs dès 1989.

Le 5 décembre de cette année-là, à la télévision (sur la chaîne de l’époque « la 5 »), Le Pen est censé débattre avec Lionel Stoleru, alors secrétaire d'Etat chargé du Plan, sur le thème du travail au noir:

Le Pen commence par demander à son interlocuteur s'il a une double nationalité, faisant ainsi allusion à ses origines juives

Stoleru répond:

- "Être juif, ce n'est pas une nationalité... Jusqu'à présent, c'est une religion."

En Europe, la droite et l’extrême droite contre la double nationalité

La remise en cause en cause de la double nationalité n'est pas limitée aux  vitupérations de Le Pen. Dans notre pays, de Villiers avait inscrit à son programme présidentiel de 2007 " l'interdiction de la double nationalité". Dans plusieurs pays d’Europe, la droite met en cause les élus et responsables qui se trouvent dans ce cas. En Allemagne le parti  démocrate-chrétien CDU-CSU, correspondant de l’UMP et membre du même parti européen (PPE), mène depuis des années une campagne contre le droit à la double nationalité des personnes issues de l’immigration.(voir Europe : une marée brune ?)

Marine Le Pen tente ainsi d’exploiter et d’approfondir sa popularité auprès des franges xénophobes de l’électorat UMP, agité par les orientations que lui ont distillées Sarkozy, Besson et Hortefeux.(voir

Qui veut se faire piéger par Marine Le Pen ?

Succès du Front National: quelles conséquences?

 

Notons que Marine Le Pen réalise aussi une opération de soutien à l’ex-ministre mitterrandiste Roland Dumas, compagnon de route du Front national depuis 2007; voir Impunité de l'antisémite Barre et actuellement soutien de Laurent Gbagbo. Dumas poursuit de sa haine Eva Joly, qui avait mis à jour ses turpitudes financières dans l’affaire Elf.

Albert Herszkowicz pour

MEMORIAL 98

 

 

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 16:11

 

                                          Alliot-Marie propose l'aide de la police française à Ben Ali

 

Les révolutions tunisienne et égyptienne en cours, après le soulèvement réprimé en Iran, montrent avec éclat l’aspiration des peuples à la liberté, la démocratie et la justice.

 Elles démontrent ainsi qu’aucune nation n’est condamnée par la fatalité ou le poids de l’histoire à vivre sous le joug dictatorial.

La contagion démocratique prend certes un relief particulier dans le monde arabe, au sein duquel règnent  le plus souvent l’arbitraire, la répression et la torture, voire la succession héréditaire comme forme de pouvoir.

Mais au-delà, on peut penser et espérer que dans les dizaines de pays répartis sur tous les continents et dans lesquels les populations vivent sans les libertés essentielles, le vent est à l’écoute, à l’information et à la révolte qui gronde.

La liberté d’information, d’association, de créer des syndicats indépendants, de tenir des élections libres représentent l’avenir et l’oxygène des peuples.

Actuellement les dictatures qui n’ont aucune légitimité sont étrangement qualifiées par des termes qui relèvent en principe du vocabulaire démocratique.

On parle ainsi du « gouvernement chinois » ou « président chinois » alors qu’il s’agit d’une organisation criminelle régnant par la force et qui a sur les mains le sang des millions de personnes victimes de la répression. (voir Chine: la défaite, 20 ans après

Ouïgours : révolte et massacre)

Cet exemple, particulièrement frappant s’agissant d’une puissance mondiale, s’applique  évidemment à  tous les cas dans lesquels les libertés démocratiques ne sont pas respectées (voir Droits de l'Homme: un combat nécessaire .  Russie/ un an après les assassinats Droits de l'Homme: un combat nécessaire .)

On ne peut pas prévoir où surgira de nouveau la flamme de la liberté ; on constate en revanche que tous ces régimes autoritaires suivent avec inquiétude et terreur les événements actuels en Tunisie et en Egypte.

Le gouvernement français actuel s’illustre particulièrement par son appui aux dictatures : après le silence sur le prix Nobel chinois, puis le soutien jusqu’au bout à Ben Ali c’est maintenant Moubarak qui est soutenu. (voir Tunisie, Algérie : solidarité  

Chine : le silence complice de Sarkozy

Dictateurs africains: célébration de l’impunité ? La menace islamiste est brandie comme une massue pour faire passer l’état d’urgence en place depuis 30 ans et les tirs à balles réelles sur les manifestants.

Ce soutien aux dictatures doit être sanctionné: est-il tolérable que se maintienne un gouvernement comportant un ministre de l’intérieur condamné pour injures raciales (voir Hortefeux doit partir !) et une ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, qui a proposé à la dictature tunisienne de l’aider à réprimer le soulèvement démocratique?

MEMORIAL 98

 

 

 

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 22:01

Le scandale médiatique fut provoqué  en mars 2010 par les déclarations de celui qui en répond aujourd’hui devant la justice. Sur le plateau de l'émission de Canal+ "Salut les Terriens", le 6 mars 2010, Zemmour, avait déclaré lors d'un débat sur les contrôles de police au faciès : "Mais pourquoi on est contrôlé dix-sept fois ? Pourquoi ? Parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes ! C'est comme ça, c'est un fait..." Lors de l'émission "L'hebdo", diffusée le même jour sur la chaîne France Ô, il avait répondu à une question concernant la discrimination à l'embauche que les employeurs "ont le droit" de refuser des Arabes ou des Noirs. Il est condamné pour incitation à la discrimination raciale à une amende de 2000 euros avec sursis.

Depuis, Zemmour a radicalisé son propos, plaide pour une alliance entre la droite et le Front National,  défend la personne et  les propos de Marine Le Pen, y compris lorsqu’elle trace un parallèle entre l’Occupation nazie et les prières de musulmans (voir Qui veut se faire piéger par Marine Le Pen ? )

Il est ravi : il se trouve au cœur d’une tempête médiatique et il renforce ainsi sa posture de porte-parole de la droite musclée, celui qui « dit tout haut ce que les autres pensent tout bas ».

Ce slogan vous rappelle quelque chose ? C’est bien le Pen qui l’a largement fait connaître. Les supporters de Zemmour, et au premier rang les incontournables croisés de « Riposte Laïque »,  utilisent beaucoup cette formule pour le défendre. 

Zemmour se présente comme un esprit rebelle, à la parole libre, mais il est en fait installé au cœur du système médiatique ( France 2, RTL, Le Figaro…)

De plus ,loin d'être un néophyte en politique, il a derrière lui une longue carrière à la droite de la droite; il a  beaucoup fréquenté Charles Pasqua et ses acolytes.

Il fut particulièrement proche de William Abitbol, conseiller politique de Pasqua et rédacteur de ses discours et aussi ancien militant du groupe fasciste Occident (comme Gérard Longuet, Devedjian, Hervé Novelli...)

La judéité des deux compères Zemmour et Abitbol ne le a jamais empêché de nager dans les eaux de la droite la plus radicale, celle qui brandit la xénophobie et l'antisémitisme comme étendards.

Zemmour dit il autre chose que Copé, Besson, Hortefeux, Morano, Longuet, Gaudin et tant d’autres dirigeants de la droite ?

Le cœur de cette argumentation est qu’il y a en France des populations non intégrables, dont l’origine étrangère, voire la « race », les propulse vers la criminalité. La police a donc ainsi tout à fait raison de pratiquer des contrôles au faciès et les employeurs ont raison de ne pas les embaucher.

  ( voir

 

Hortefeux : le retour du refoulé

 

De Villiers et son faux témoin

 

Morano : récidive d’une collaboratrice du Front National

 

Identité nationale : comment l’idée vint à Eric Besson

 

Gaudin: l'impensé colonial )

 

Vieilles théories recyclées.

 

Les propos de Zemmour, qui se présentent comme iconoclastes et novateurs, recyclent en fait les vieilles théories du Front National, installées dans la panoplie de la droite au milieu des années 80, par l’intermédiaire du Club de l’Horloge.

 Ce club, qui se positionnait comme une des passerelles idéologiques entre le FN et la droite, écrivait alors : «  Aujourd'hui le code de la nationalité est une machine à fabriquer des "Français de papier", qui n'ont ni assimilé ni notre culture ni affirmé leur attachement à la patrie. Pour maintenir notre identité nationale, il est urgent de réformer cette législation. Le Club de l'Horloge, qui a lancé ce débat dans l'opinion, décrit ici la réforme qu'il faudra réaliser tôt ou tard… »

La mise en pratique de  ces théories se fit en 1986, lors du retour de la droite aux affaires.  Elle fut symbolisée par la tentative de supprimer le traditionnel droit du sol et le droit à la nationalité française pour les enfants nés en France et issus de parents étrangers. "Être Français, ça se mérite" disait Pasqua,  « La carte  nationale d'identité n'est pas la Carte orange (carte Ratp de l’époque) », écrivait Le Pen dans l'exposé des motifs de sa proposition de loi n 82 « tendant à modifier le code de la nationalité française ».

  Dans cette bataille du code de nationalité, le gouvernement Chirac-Pasqua fut contraint de reculer fin 1986, en raison des grandes mobilisations étudiantes et de la mort du jeune Malik Oussekine, battu à mort par la police le 6 décembre de cette année.

 Cela n’empêcha pas Pasqua de faire référence à des « valeurs communes » de la droite et de l’extrême droite lors de la campagne présidentielle de 1988.

  (voir  Balladur et Sarkozy: de la préférence nationale à l'Identité nationale

Sarkozy et le Front National: une liaison dangereuse )

 

La lamentation réactionnaire de Zemmour, sa haine du féminisme et de l’universalité n’ont de moderne que leur adaptation à la forme télévisuelle dominante.

 Mais les dégâts en sont ainsi démultipliés, dans un contexte de renforcement du Front National (voir  Succès du Front National: quelles conséquences? )

 

 


MEMORIAL 98

 

 

 

 

 

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 20:39

 

Combien de morts tombés sous les balles de la police, combien d'autres torturés, arrêtés, brutalisés par la répression en Tunisie et en Algérie?

 

Le régime dictatorial de Ben Ali montre une fois de plus son vrai visage: celui d’une dictature qui n’hésite pas à recourir aux formes les plus extrêmes de violence.

Depuis des années ce pouvoir se maintient hors de tout cadre démocratique : les élections sont une farce, la presse est totalement muselée, les opposants sont systématiquement pourchassés, calomniés, torturés. (voir Tunisie: femmes victorieuses contre l’impunité)

Ben Ali est soutenu par des gouvernements qui voient en lui la garantie d’une « stabilité » propices aux affaires et une garantie contre les « islamistes » . Ces gouvernements ne sont  nullement gênés par le sort infligé au peuple tunisien.

 Même face à la répression actuelle les dirigeants européens et particulièrement français se taisent et soutiennent ainsi la répression, comme dans le cas de la Chine (voir Chine : le silence complice de Sarkozy ).

En Algérie, le régime est tout aussi loin de toute légitimité démocratique.

L’armée et les services secrets accaparent l’énorme rente pétrolière qui contraste avec la pauvreté qui touche une grande partie de la population.(voir aussi Algérie, antisémitisme: un texte de Souâd Belhaddad

Algérie: proclamation antisémite du régime)

Notre solidarité va aux populations qui subissent cette oppression et à toutes les victimes des violences policières dans ce Maghreb qui a subi la colonisation puis la confiscation des indépendances et aspire à la justice et à la démocratie.

Memorial 98

 

 

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 23:47

Le Métropolite (équivalent d’un évêque ) orthodoxe Serafim Mentzelopoulos du Pirée s’est lancé le 21 Décembre dans une violente diatribe antisémite, antimaçonnique et négationniste sur la principale chaîne de télévision du pays, Mega TV, lors d’une interview matinale.

Il a accusé le "sionisme international" d’être à l’origine des problèmes financiers de la Grèce et  a dénoncé un « complot judéo-maçonnique » destiné  à asservir la Grèce et l'orthodoxie chrétienne.

Il a aussi accusé le « sionisme international » de chercher à détruire la cellule familiale en encourageant les familles monoparentales et le mariage homosexuel (voir pour la même thématique  Interdire les listes de Dieudonné ? ).

Lorsque l'animateur de l’émission lui a demandé : « Pourquoi êtes-vous en désaccord avec la politique d'Hitler ? S'ils font tout cela, n'était-ce pas une raison de les (Juifs) brûler ?, » le Métropolite a répondu : « Adolf Hitler était un instrument du sionisme international et a été financé par la célèbre famille Rothschild dans le seul but de convaincre les Juifs de quitter les terres d'Europe et d’aller en Israël pour établir le nouvel Empire. » Le prélat reprend ainsi les formules négationnistes les plus extrêmes, qui englobent la nazisme et ses chefs dans le "complot sioniste".

Il a ensuite déclaré que des Juifs comme « Rockefeller (sic!), Rotchschild et Soros dominent le système bancaire international qui contrôle la mondialisation. »

Le Métropolite Anthimos de Salonique a aussi fait des déclarations dans ce sens, ce qui dans cette ville produit une résonnance particulièrement sinistre.

Salonique, que l’on nommait la « Jérusalem des Balkans » , capital du judaïsme sépharade et du ladino, comptait plus de  55000 Juifs avant la Shoah ;  54000  furent expédiés dans les camps d'extermination nazis. Près de 98 % de la population juive totale de cette ville connut ainsi la mort durant la guerre. Seul le judaïsme polonais connut un taux de destruction plus important.

Depuis des années en Grèce la littérature antisémite et néo-nazie circule librement; c’est le cas notamment des «  Protocoles des sages de Sion ».

La tradition antisémite de la droite nationaliste grecque s’appuie sur l’Eglise orthodoxe et a aussi contaminé une partie de la gauche de ce pays (voir Grèce: première condamnation d'un néo-nazi 

Grèce : défaite contre le négationnisme )

La religion orthodoxe est la religion d’Etat. Son puissant clergé est au premier rang de l’exclusion des minorités religieuses (Juifs, musulmans, catholiques) et nationales (Albanais, Macédoniens…) ainsi que du soutien aux criminels de guerre serbes, au nom de la fraternité orthodoxe.

Les immigrés sont particulièrement maltraités et privés de droits. L’exercice du culte musulman est quasiment impossible.

A travers ses déclarations antisémites, le  clergé orthodoxe tente de dénaturer la mobilisation sociale du peuple grec contre l'austérité qui lui est  imposée.

MEMORIAL 98

 

 

 

 

 

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 00:02

Ainsi 27 ans après la premier succès électoral du Front National, à Dreux en 1983, la droite et la gauche seraient « piégées »  par Marine Le Pen.

La porte-parole et sans aucun doute future dirigeante du FN a choisi délibérément de radicaliser son propos. Elle fait appel à une rhétorique de guerre contre les musulmans qui occuperaient le territoire et, coup double, évoque le souvenir de l’Occupation et donc du nazisme.

Elle déclare, en référence aux prières musulmanes : “... Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la seconde guerre mondiale, s’il s’agit de parler d’occupation, on pourrait en parler pour le coup. C’est une occupation de pans de territoire. Certes, il n’y a pas de blindés, il n’y a pas de soldats, mais elle pèse sur les habitants.”

Ses propos ont d'autant plus de résonance  que Lyon est la ville de son concurrent  Bruno Gollnisch mais aussi le symbole de l’alliance du FN  avec la droite de Charles Million en 1998 afin de gérer le Conseil régional . Lyon est aussi la ville emblématique de la Résistance contre le nazisme.

En deux phrases, l’héritière Le Pen a ainsi marqué sa continuité avec son père dans le domaine de la transgression. Elle a aussi repris à son compte la charge du révisionnisme historique assumé qui a marqué son parti depuis 1987 et la qualification des chambre à gaz « comme détail de la 2e guerre mondiale »

Mais en même temps elle imprime sa propre marque en indiquant d’emblée qu’elle s’inscrit dans l’axe actuel de l’extrême-droite européenne qui désigne les immigrés musulmans souvent issus des anciennes colonies comme des « envahisseurs ». 

Depuis le succès de l’extrême-droite suisse  lors de référendum sur les minarets (voir Suisse : nouvelle victoire de l’extrême-droite. ), le modèle est partout suivi  et copié.  

Il faut néanmoins rappeler que Jean-Marie Le Pen a lui aussi construit ses mouvements sur la lutte contre l’immigration forcément « sauvage » et de l’ « invasion » avant de déployer ouvertement le discours négationniste et antisémite qui avait déjà cours à l’intérieur même des cercles dirigeants et parmi les militants aguerris de son parti.

En brandissant les spectres du « mondialisme » et de l’ « envahissement » Marine Le Pen poursuit la veine historique de l’extrême-droite nationaliste, celle qui a comme drapeau le cri « Dehors les métèques et les Juifs ».   

L’UMP condamne bien sûr les déclarations de M.Le Pen tout en reprenant les mêmes thématiques. Ainsi le nouveau chef  Copé fait de la surenchère et veut ressortir le débat sur l’identité nationale après avoir bâti sa campagne interne sur la burqa (voir Woerth, Copé et le Front National : décryptage) . Sarkozy cajole le groupe des députés dit « Droite populaire » qui fait le pont avec le Front National. Le ministre condamné pour injure raciale est toujours là, exige des préfets plus d’expulsions et soutient les policiers faussaires (voir Hortefeux doit partir ! ) .

Il faut donc se préparer.: les prochaines échéances verront, face à la gauche, un Front national offensif et rajeuni et une droite dure  et xénophobe, qui se sent portée par une vague européenne. Nous l'annoncions et hélas le confirmons( Europe : une marée brune ?

Succès du Front National: quelles conséquences?)

MEMORIAL 98

Voire aussi sur ce site:

Pourquoi les Roms ?

Décryptage Sarkozy : jusqu’où l'escalade ?

L’escalade antisémite de Dieudonné : décryptage

Dieudonné, Faurisson, Le Pen : décryptage.

Lyon: l'UMP avec les amis de Gollnisch

 

 

 

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 23:01

 

Rebondissement dans l'affaire des propos racistes de Hortefeux tenus à l’université d’été de l’UMP en septembre 2009 ; dans un livre qui paraît ces jours-ci, Amine Benalia, qui était directement visé, dévoile la manipulation et les pressions de l'UMP pour protéger le ministre.

 Il détaille notamment l’invention de l’excuse des « Auvergnats » et l’attitude d’Hortefeux lui-même.

Son interview est à lire ici :  http://www.sudouest.fr/2010/11/24/derapage-d-hortefeux-a-seignosse-le-dacquois-amine-benalia-brouch-livre-sa-verite-248182-3350.php

 Le  récent remaniement ministériel a été présenté comme une rupture avec la stratégie  tournée vers l’électorat et les valeurs du Front National.

Le ministère de l’Identité nationale a ainsi disparu sans aucune explication. Cette réorientation découle de strictes considérations tacticiennes puisque selon les sondages commandités par le pouvoir, le gain de voix enregistré à l’extrême-droite était contrebalancé par des pertes au centre.

Mais plusieurs éléments montrent que ce nouveau visage ne remet pas en cause l’essentiel de la ligne suivie par Sarkozy depuis sa campagne électorale de 2007: le discours sécuritaire et xénophobe demeure au premier plan.

C‘est son compère Hortefeux, ami et confident depuis le début de sa carrière, qui symbolise ce pilier de la politique sarkozyste. Il est d’ailleurs en charge de toute l’administration de l’immigration.

Or ce même ministre a été condamné pour injure raciale (voir Hortefeux : la honte de la République .) De plus, les révélations d’Amine Benalia, à l’époque militant UMP et qui a accepté de le « couvrir » montrent le cynisme et l’indifférence d’Hortefeux à l’égard des conséquences de son acte.

N’est-il pas temps qu’il soit mis fin aux fonctions de ce ministre ?

(voir aussi sur ce site

Hortefeux : le retour du refoulé

Sarkozy : jusqu’où l'escalade ?

à propos de Copé, nouveau dirigeant de l'UMP: Un dirigeant UMP salit à nouveau la Shoah.

Woerth, Copé et le Front National : décryptage


Mémorial 98

 

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 22:56

 

  A l’occasion de  la  commémoration de la Nuit de Cristal du 9 Novembre 1938, nous publions à nouveau deux articles de notre site consacrés à cet événement dramatique, écrits lors du 70e anniversaire en 2009.

Le premier article décrit le déroulement des violences en Allemagne même et leur planification, le second se concentre sur l’Autriche.

Depuis 2009, la situation sur le continent s'est aggravée.

Le contexte actuel en Europe est celui d’une offensive des droites radicales et extrêmes, qui  attaquent sans répit les populations immigrées, les populations musulmanes, les Roms, les Juifs (voir Europe : une marée brune ? ).

Les gouvernements accompagnent et amplifient les campagnes xénophobes (voir Europe : vague de racisme, les gouvernements responsables )

En Autriche, l’élection municipale de Vienne le 10 octobre dernier a vu une nouvelle poussée de la droite radicale qui a obtenu 27% des voix.

En Allemagne, le pamphlet anti-immigré de Thilo Sarrazin a déclenché une vaste polémique ouvrant la voie à un renforcement de la droite populiste et à une offensive visant la population d’origine turque.

 voir aussi sur ce site

Berlin : hommage à une Juste allemande

Rééditer Mein Kampf ?

 

MEMORIAL 98

 

Nuit de Cristal en Allemagne: les SA et la Gestapo en action

Notre article retrace le déroulement et la planification de ces violences antijuives ainsi que la réaction du gouvernement français de l'époque et l'hommage de Léon Trotsky à Herschel Grynzspan.

 Les nazis attendaient une occasion pour lancer une étape supplémentaire de ce qui deviendra, selon leur terminologie, la « solution finale du problème juif en Europe ». Le premier acte sera un vaste pogrom dans tous les territoires sous domination allemande, destiné à terroriser les populations juives et à les forcer à quitter l'Allemagne

L'attentat contre le conseiller d’ambassade Von Rath leur offre un prétexte idéal.

Herschel Grynzspan était un jeune Juif polonais qui, le 7 novembre 1938, dans un geste de protestation contre le sort des Juifs en Allemagne et l'expulsion de milliers d'entre eux vers la Pologne, avait abattu à Paris le conseiller d'ambassade Von Rath.

Hitler prépare alors une mise en scène destinée à démontrer que les Allemands du Grand Reich sont menacés par les Juifs. Le Volkischer Beobatcher, journal de propagande de Goebbels, écrit ainsi le 8 novembre, alors que Von Rath est encore vivant :

  "Il est clair que le peuple allemand tirera les conclusions de cette nouvelle action. On ne peut plus tolérer que des centaines de Juifs règnent encore à l'intérieur de nos frontières sur des rues entières de magasins, qu'ils peuplent nos lieux de distractions, que des propriétaires étrangers empochent l'argent des locataires allemands tandis que leurs frères de race incitent au-dehors à la guerre contre l'Allemagne et tuent des fonctionnaires allemands"

Parallèlement, dès le 8 novembre, les nazis prennent la précaution de confisquer chez les Juifs les armes et tout objet que ceux-ci pourraient utiliser pour se défendre.

Lorsque Von Rath décède le 9 novembre, tout est en place.

 Au moment où la nouvelle parvient à Hitler, ce dernier est à Munich, avec la vieille garde des SA, réunie pour commémorer sa tentative de putsch de 1923. Contrairement aux habitudes, Hitler quitte l'assemblée sans prononcer de discours et déclare:

"Il faut laisser le champ libre aux SA"

C'est Goebbels, ministre de la Propagande qui se charge non seulement d'annoncer publiquement le décès devant l'assemblée des SA mais également d'inciter au pogrom.

 Les principaux chefs nazis quittent ensuite la réunion à 23 heures et téléphonent les instructions à leurs sections régionales.

Pour les SA, il s'agit d'incendier les synagogues, sans autoriser les pompiers à intervenir, sinon pour empêcher la propagation du feu sur les maisons alentour, de détruire les magasins juifs, et d’y apposer des pancartes  "Mort à la juiverie internationale", d'abattre les Juifs trouvés en possession d'une arme.

Dans le même temps, un message secret est diffusé dès 23 h 55 depuis la direction de la Gestapo (police secrète d’Etat) à Berlin à tous ses services.

Pour la Gestapo, il s'agit d'incendier les synagogues, mais d'empêcher les pillages, de mettre en lieu sûr les archives importantes trouvées dans les synagogues, de préparer l'arrestation de 20 à 30 000 Juifs parmi les plus fortunés, de traiter avec une extrême rigueur les Juifs trouvés avec des armes.

Dans son Journal, Goebbels confirme qu'il présente les faits à Hitler; ce dernier décide de laisser les manifestations se poursuivre et donc de faire retirer la police.

Goebbels commente : « Les Juifs doivent sentir pour une fois la colère du peuple. »

Goebbels décrit ensuite précisément son action, il donne des ordres, motive les indécis. Il est ovationné par les dirigeants du parti. Tous se précipitent sur leurs téléphones. Le bataillon des SA « Hitler » part attaquer les Juifs de  Munich.

Selon les directives de Goebbels, la seule réserve est de ne pas apparaître en tant qu'organisation. Aussi, les SA et les SS s'habillent en civil et passent à l'acte dès 1 heure de matin.

Du nord au sud de l'Allemagne, incluant l'Autriche annexée, synagogues, maisons communautaires, asiles de vieillards, hôpitaux juifs, maisons d'enfants, logements privés et magasins juifs subissent l'assaut.

Les synagogues sont pillées, saccagées, détruites, incendiées, sans que les pompiers n'interviennent, se contentant d'empêcher la propagation des incendies  aux maisons alentour. Des groupes de SA attaquent les magasins juifs qui sont facilement reconnaissables, depuis qu'une ordonnance a exigé que le nom du propriétaire soit peint sur la vitrine en grandes lettres.

La teneur des messages des chefs des SA et de celui de la Gestapo, corrobore l'idée de l'existence d'un plan d'ensemble dont l'instigateur est Hitler.

D'ailleurs le silence officiel de Hitler ainsi que de Goebbels lors des événements des 7 et 8 novembre confirme cette thèse.

 Dans son journal, Goebbels écrit à propos de l'attentat, lorsqu'il relate la journée du 8 novembre : « A Paris, un juif polonais du nom de Grynzspan a tiré dans l'ambassade sur un diplomate allemand Von Rath, le blessant grièvement. Il voulait venger les Juifs. La presse allemande jette maintenant des hauts cris. Nous allons mettre les points sur les i... En Hesse, grandes manifestations antisémites. On brûle des synagogues. Si seulement on pouvait déchaîner la colère du peuple ».

Les conséquences

En Allemagne, 2000 à 2500 personnes ont trouvé la mort lors du pogrom ou dans les camps de concentration. Lorsque trois mois plus tard, certains sont libérés, c'est à la condition d'émigrer immédiatement. Rendus responsables du pogrom les Juifs d'Allemagne devront verser une amende d'un milliard de marks, et devront payer eux-mêmes les réparations sans bénéficier de l'aide financière de leurs assurances à titre d'indemnisation. Des milliers de Juifs d'Allemagne, privés de tous leurs biens, tentent de traverser clandestinement les frontières et d'obtenir le statut de réfugié politique.

En France

  Lors de la conférence internationale d'Évian de juillet 1938 sur les réfugiés, qui a abouti à un échec, le gouvernement français a exposé sa position : la France ne veut plus accueillir de réfugiés. Par ailleurs, lors des accords de Munich, la France a cédé aux exigences allemandes. Les Sudètes sont annexées, la paix est « sauvée ». La France tourne le dos ouvertement à ses principes  de pays de droits de l'homme, car le gouvernement recherche à tout prix l'apaisement avec son voisin allemand, à travers notamment des négociations secrètes menées par Georges Bonnet, ministre des affaires étrangères depuis le 10 avril 1938. Bonnet ne veut pas que les évènements de la Nuit de Cristal compromettent sa politique. Il choisit d'ignorer le rapport de George Von nouvel ambassadeur de France à Berlin qui lui écrit : "Le traitement infligé aux Juifs en Allemagne que les nazis tentent d'extirper complètement comme des bêtes malveillantes éclaire la grande distance qui sépare la conception hitlérienne du monde du patrimoine spirituel des nations démocratiques". Bonnet sera ensuite pétainiste, membre du Conseil national de Vichy.

La France est ainsi la seule grande démocratie à ne pas dénoncer officiellement les massacres perpétrés dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938.

 De plus, le 12 novembre 1938, deux jours après la Nuit de Cristal  une loi autorise l'internement des indésirables dans des camps de concentration. Les réfugiés juifs allemands et autrichiens entrés illégalement en France sont désormais directement menacés et seront internés puis livrés.

 

 L'hommage de Trotsky à Herschel Grynzspan (extraits) :

 

« Nous, marxistes, considérons la tactique du terrorisme individuel comme inopérante pour les tâches de la lutte libératrice du prolétariat ou des peuples opprimés. Un seul héros isolé ne peut pas remplacer les masses. Cependant nous ne comprenons que trop bien le caractère inévitable de ces actes convulsifs de désespoir et de vengeance. Toutes nos émotions, toute notre sympathie vont aux vengeurs qui se sacrifient, même s'ils n'ont pas trouvé la voie juste. Notre sympathie est d'autant plus grande que Grynzspan n'est pas un militant politique, mais un jeune, inexpérimenté, presque un enfant, dont le sentiment d'indignation a été l'unique conseiller.

Arracher Grynzspan des mains de la justice capitaliste, laquelle est capable de le décapiter pour mieux servir la diplomatie capitaliste, c'est le devoir élémentaire, immédiat de la classe ouvrière internationale.

Ce qui est le plus révoltant dans sa stupidité policière et sa bassesse inouïe, c'est la campagne actuellement menée sur ordre du Kremlin dans la presse stalinienne internationale. On essaie de le dépeindre comme un agent des nazis ou un agent des trotskystes liés aux nazis  Fourrant dans le même sac le provocateur et sa victime, les staliniens prêtent à Grynzspan l'intention de créer un prétexte favorable à la politique pogromiste de Hitler.

Nous sommes naturellement liés par les liens d'une solidarité morale ouverte à Grynzspan et non à ses geôliers " démocratiques " ou aux calomniateurs staliniens. La diplomatie du Kremlin, complètement dégénérée, essaie en même temps d'utiliser cet " heureux " incident pour renouer ses intrigues en vue d'un accord de réciprocité international entre les divers gouvernements, y compris ceux de Hitler et de Mussolini, pour l'extradition mutuelle des terroristes

Ils deviennent rares les gens qui soient même capables de s'indigner contre l'injustice et la bestialité. Mais ceux qui, comme Grynzspan, sont capables d'agir...

Du point de vue moral - et non pour ses méthodes d'action - Grynzspan peut servir d'exemple à tout jeune révolutionnaire. Notre solidarité morale avec Grynzspan nous donne doublement le droit de dire à tous les Grynzspan possibles, à tous ceux qui sont capables de se sacrifier dans la lutte contre le despotisme et la bestialité : Trouvez une autre voie ! Ce n'est pas un vengeur isolé qui peut libérer les opprimés, mais seulement un grand mouvement révolutionnaire des masses, qui ne laissera rien subsister du système de l'exploitation de classe, de l'oppression nationale et de la persécution raciale...

 

Trotsky,  30 janvier 1939

 

Terrible Autriche

 

 La vague de violences antijuives organisée par les nazis les 9 et 10 décembre 1938 et connue sous le nom de Nuit de Cristal (Kristallnacht), fut particulièrement meurtrière en Autriche, alors intégrée au Reich allemand. En ce 70e anniversaire, c'est aussi là que son souvenir résonne dans l'actualité récente.

Lors des législatives du 28 Septembre dernier l'extrême-droite a, malgré ses divisions, rassemblé 30% des voix.

Environ 40 % des moins de 18 ans ont voté pour le FPÖ de Heinz-Christian Strache, concurrent de Haider.

Strache, entouré de néo-nazis, s'est illustré au printemps dernier par une très violente campagne contre les immigrés et une éventuelle adhésion de la Turquie à l'Europe, sous le slogan «Autriche, reste libre!»

Près de 10 % de ces jeunes de 16 à 18 ans à qui le vote était ouvert pour la première fois ont opté pour le BZÖ de Haider

Mais dans cette Autriche vieillissante, il ne faut pas surestimer le poids des 16-18 ans, ils représentent moins de 3 % de l'électorat  Les résultats de l'extrême droite sont dus en majeure partie à des gens de plus de 50 ans.

La mort de Haider le 11 Octobre a ensuite donné lieu à une immense célébration.   

Jamais en Autriche, un homme politique n'avait été l'objet de tels honneurs. À Klagenfurt, la capitale régionale de la Carinthie dont il était le gouverneur des  milliers de bougies ont été allumées devant le palais du gouvernorat, tandis que des banderoles accrochées par des ribambelles d'écoliers pleurent «Jörg, le roi des cœurs carinthiens». Une messe célébrée en la cathédrale de Vienne a rassemblé des milliers de personnes, mêlant anciens ministres, conservateurs comme sociaux-démocrates, et néo-nazis discrets, identifiables seulement à leur crâne rasé et à la boucle de leur ceinturon affichant un double «s».

Dans les écoles de Carinthie, une minute de silence a été observée durant la semaine à la mémoire de Jörg Haider. Les enfants ont été invités à chanter pour lui.

Lors de ses obsèques, plusieurs orateurs se sont succédé à côté du cercueil veillé par six soldats, s'adressant à un parterre où la plupart des élites politiques autrichiennes avaient pris place. Le président de la république Heinz Fischer, le chancelier social-démocrate Alfred Gusenbauer, le chef du parti social-démocrate Werner Faymann - chargé de former le futur gouvernement à l'issue des dernières législatives, ses homologues des autres partis, à l'exception des écologistes, lui rendirent hommage

Cet emballement institutionnel et populaire, qui, pour le quotidien de droite à grand tirage Kurier, rappelle celui «autour de Lady Di et de Mère Teresa»,    vit célébrer en grande pompe la disparition d'«un homme politique de grand talent», selon les termes du président de la République, Heinz Fischer (SPÖ, gauche).

C'est le même Haider qui  se réclamait  «la politique de l'emploi réussie» du IIIe Reich et célébrait les Waffen SS, ces «hommes honnêtes restés fidèles à leurs convictions»

 Au même moment, l'élection à la co-présidence du Parlement autrichien de Martin Graf, député du parti d'extrême-droite FPÖ de Strache et membre de l'association antisémite et négationniste Olympia amplifie le malaise. Olympia compte à son actif l'organisation de conférences du négationniste David Irving (voir notre article précédent Oxford: négationnistes en vedette? ), et la prestation du chanteur compositeur antisémite Michael Müller qui, sur scène, entonnait: "Avec 6 millions de Juifs, la fête ne fait que commencer Jusqu'à 6 millions, le four reste allumé (...) Nous avons plein de Zyklon B (...) Avec 6 millions de Juifs, c'est encore loin d'être terminé".

Les partis de J. Haider et Strache s'inscrivent dans la tradition antisémite sans doute la plus intense d'Europe occidentale. Dès 1895, Karl Luger, dirigeant du parti social-chrétien maire de Vienne au programme explicitement antisémite, se fait élire sur la thématique de l'envahissement de la ville par les juifs de l'Est et l'atteinte à la nation autrichienne-allemande.

L'année 1938 a débuté par l'annexion de l'Autriche. L'armée allemande fait une entrée triomphale en Autriche le 12 mars 1938. À la fin cette  journée, les bureaux des organisations juives sont déjà saisis par les Nazis.

Dans les jours et les mois qui suivent presque tous les Juifs autrichiens ont perdu leurs moyens de subsistance et dans la majorité des cas leur domicile. Les mesures antisémites du Reich s'appliquent immédiatement.

Au lendemain de l'Anschluss, les Juifs sont forcés de revêtir leurs habits de fête et de nettoyer les rues de Vienne, accroupis sous le regard des Viennois goguenards et ravis. 
 Les jeunesses Hitlériennes paradent en tirant des Juifs orthodoxes par leur barbe ; d'autres Juifs sont été obligés de brouter l'herbe au parc du Prater  Ces actes sont rarement commis par des Nazis allemands mais plutôt par des Nazis autrichiens. À Vienne, les « parties de frottage », sont quotidiennes. Des groupes de S.A. sortent les Juifs de leur maison ou de leur magasin, leur mettent dans les mains un seau et une brosse et les obligent, sous les huées et les injures des gens qui font cercle autour d'eux, à effacer sur le macadam ou sur les murs des maisons les slogans appelant à s'opposer à l'Anschluss ou de  barbouiller de peinture jaune des magasins juifs.

 Lors de la Nuit de Cristal, la plupart des synagogues de Vienne furent détruites. Les commerces juifs furent vandalisés et saccagés. Des milliers de Juifs furent arrêtés et déportés vers les camps de concentration de Dachau ou de Buchenwald.

Les nazis autrichiens occupèrent une place centrale au sein de la galaxie nationale-socialiste, suivant l'exemple de Hitler, lui-même d'origine autrichienne. Adolf  Eichmann symbolise cette implantation au cœur de la mise en œuvre du génocide.

 

Après guerre, la réintégration rapide des nazis dans l'espace politique se fait sous la protection des Alliés et du mythe d'une Autriche "victime" du nazisme. La présidence de Kurt Waldheim, qui a participé à des crimes de guerre dans les Balkans, poursuit cette voie, aggravée en 1999 par la première victoire électorale de Haider avec 27% des voix.

 

MEMORIAL 98

 

 

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