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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Retrouvez aussi le quotidien de l'info antiraciste sur notre blog d'actus :

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 00:26

Mise à jour du 6 mars 2019: les révélations d'un juge du procès Papon. 

 

Une des juges du Procès Papon, Irène Carbonnier,  témoigne de l'atmosphère qui régnait au Palais de Justice de Bordeaux à propos de Papon. Tout était organisé afin qu'il soit acquitté.

Son témoignage est à voir ici et a été retranscrit ici :

Extrait " ... Papon représentait l’establishment. C’est la raison pour laquelle le premier président (du tribunal Castagnède)  voulait l’acquittement, c’était connu de tous au palais de justice. Quand on lit les livres écrits sur le procès Papon, les auteurs disent que ce procès a bien fonctionné et que l’on a eu une condamnation moyenne, dix ans, ce qui montre le bon fonctionnement de la justice. Si [Arno, fils de Serge] Klarsfeld n’avait pas fait pression sur le président, de manière un peu honteuse certes, s’il n’avait pas fait pression, on aurait eu un acquittement. Tout était fait pour qu’il y ait un acquittement. L’avocat général, dans un premier temps, voulait requérir un non-lieu. Par la suite, le parquet a nommé d’autres avocats généraux qui soutenaient l’accusation. Mais le siège, les juges bordelais, voulait l’acquittement alors que la nation entière était favorable au jugement de ces comportements..."

 

On comprend du coup que la libération de Papon dès le 18 septembre 2002 sur la base d'une expertise médicale mensongère ordonnée par la justice ( voir ci-dessous) participait de la même volonté de protéger ce membre des hautes sphères de l'appareil d'Etat, génocidaire de bureau puis massacreur des Algériens de Paris.

 

MEMORIAL 98

 

 

 

Mise à jour du 9 juin 2018

Hommage à l'avocat Gérard Boulanger.

Militant des droits de l’homme et personnage important du procès de Maurice Papon, l’avocat bordelais est mort le 8 juin 2018 à 69 ans .

En 1981, suite aux recherches du rescapé et résistant Michel Slitinsky (voir ci-dessous), il déposa les toutes premières plaintes contre Papon, ministre du budget de Giscard d’Estaing et auparavant préfet, maire, député, ministre. 

Il fallut ensuite quinze ans de procédures pour aboutir à un procès de six mois durant lequel Me Boulanger défendit une majorité des parties civiles. 

Outre ce dossier auquel il a consacré près de vingt ans de sa vie, Me Boulanger était également un militant des droits de l’homme, qui plaida dans de nombreux dossiers de droit d’asile et de sans-papiers et présida la Ligue des droits de l’homme en Gironde.

MEMORIAL 98

 

Michel  Slitinsky au Palais de Justice

 

 

 

 

C’est le symbole de l’affaire Papon et de la lutte contre les « génocidaires de bureau » qui vient de décéder. C’était aussi un ami de notre site dont il lisait les articles.

Le 19 octobre 1942, son père, Abraham Slitinsky, est raflé par les services de police de la préfecture de Gironde, puis déporté et gazé à Auschwitz.

Michel Slitinsky, qui a alors 17 ans, aura juste le temps de s'enfuir par les toits lors de l'arrestation nocturne de sa famille.

Esther, sa mère, restera cachée pendant trois ans dans une cave. Il entre en clandestinité et intègre un réseau de résistance qui le mène dans les maquis d'Auvergne (M.U.R).

 

Dès son retour à Bordeaux à la Libération, il porte plainte contre les policiers qui étaient venus l'arrêter. L'affaire est classée sous des prétextes fallacieux. Slitinsky poursuit ses recherches. Il reconstitue l'histoire de la Résistance en Gironde, collectant témoignages et documents consignés dans des livres parus en 1969 et 1972. Sa recherche en fait un historien autodidacte.

Très déterminé, il fouille les archives, reconstitue les carrières et les organigrammes. Quarante ans plus tard, il a réuni suffisamment de preuves pour démasquer des hauts fonctionnaires de Vichy responsables des déportations et des spoliations. En 1981 l’universitaire  Michel Bergès, qui effectue des recherches dans les archives de la préfecture de Gironde (mais défendra ensuite Papon), retrouve le procès-verbal de police qui relate l'arrestation de la famille Slitinsky.

 

 

D'autres documents portent le nom de Maurice Papon, alors ministre du Budget, et qui était, entre 1942 et 1944, secrétaire général de la préfecture de Gironde.

La communication par Slitinsky de certains de ces documents au Canard enchaîné, qui les publie, est à l'origine de l'« affaire Papon »

Le 8 décembre 1981, 3 membres de la famille Matisson, amis d’enfance de Slitinsky, portent plainte contre Papon pour "crimes contre l'humanité » Papon est inculpé en 1983. En France, depuis 1964, les crimes contre l'humanité sont imprescriptibles.

Mais ce n'est qu'après dix-sept années de batailles juridiques que débute le procès en octobre 1997. Papon avait été renvoyé, le 18 septembre 1996, devant la cour d'assises de la Gironde.

Parmi les plaignants, on compte 34 membres de la famille de Juifs déportés et 14 associations qui se sont constitué parties civiles. Papon est accusé d'avoir fait déporter, entre juillet 1942 et mai 1944, près de 1600 juifs de Bordeaux vers Drancy. Le renvoi devant les assises de la Gironde ne concerne que soixante-douze victimes déportées entre 1942 et 1944 et parentes des plaignants. C'est le procès le plus long en France depuis la Seconde Guerre mondiale.

 

Lors de ce procès de Papon, Slitinsky est porte-parole des parties civiles et assiste à toutes les audiences pendant six mois. Sa déposition a lieu les 21 et 22 janvier 1998 ( voir sur le site des parties civiles et familles le compte-rendu intégral du procès http://www.matisson-consultants.com/affaire-papon/proces_bordeaux/audiences/papon_21_janvier_1998.htm)

 

Slitinsky apostrophe Papon qui « porte sur ses épaules la responsabilité de 1.600 arrestations, dont 250 enfants… Pour les enfants, il aurait pu faire un effort, dissimuler les listes dans son tiroir. Il ne l'a pas fait. Il est allé à l'extrémité de ses possibilités".

Papon ne regrette rien et cible son accusateur principal. Lors de l’audience du 7 Novembre 1997 il le met en cause : " Puisque vous faites état d'une note de juillet 1942, j’ai de bonnes raisons de n'avoir pas oublié, puisqu'elle a servi à la fabrication d'un faux par Monsieur Slitinsky. Monsieur Slitinsky est un faussaire ! J'en apporterai la preuve." Cette preuve ne vint bien sûr jamais.

Cette attitude rappelle celle de Barbie tentant de compromettre le résistant Raymond Aubrac (voir Résistance : Aubrac et son tortionnaire. )

 

Lors de ce procès, de nombreuses personnalités viennent témoigner en faveur de Papon. C’est le cas notamment de l’académicien et ministre Maurice Druon qui déclare qu’avant le printemps 1945, on ne connaissait pas « la solution finale » et ajoute  :

« Si on avait su, il n'y aurait pas eu de préfets et de sous-préfets pour signer les ordres de déportation, il y aurait eu moins de Juifs passifs, attendant qu'on vienne les arrêter, cousant leur étoile jaune sur leur vêtement, ils ne seraient pas restés là à attendre comme des groggys offerts aux sacrificateurs ».

Il assure que ce procès profitera seulement à l'Allemagne : « Si l'on se met à condamner un Français symbolique, il leur sera facile de dire : on est tous pareils, les Français sont aussi moches que nous, il y aura une dissolution de la responsabilité, de la culpabilité, c'est pour cela que je suis venu devant vous ». Il ajoute :« Il y a un paradoxe de voir les fils des victimes devenir les alliés objectifs des fils des bourreaux ».

C’est auprès de lui que Sarkozy viendra chercher une onction gaulliste en 2007 (voir Sarkozy encense Maurice Druon, ami et soutien de Papon )

 

Maurice Papon est condamné le 2 avril 1998 à une peine de dix ans de réclusion criminelle, d'interdiction des droits civiques, civils et de famille pour complicité de crimes contre l'humanité par la cour d'assises. Seules ont été retenues des complicités d'arrestation et de séquestration pour quatre convois sur huit,.

Après cette condamnation et la fuite de Papon en Suisse, ses soutiens continuent à veiller sur lui.

Au premier rang se trouvent Druon déjà cité, l’ancien Premier ministre Messmer qui avait aussi témoigné pour lui et Raymond Barre dont il fut ministre, dans le même gouvernement que Simone Veil (voir Simone Veil: tragique méprise.)

Ils multiplient les appels pour qu’il soit amnistié 

(voir Messmer: disparition d'un copain et soutien de Papon

Décryptage: R. Barre récidive pour Papon et Gollnisch

R.Barre: requiem pour un antisémite ).

Face à l’échec de ces démarches, c’est grâce à une loi de 2002 sur les détenus malades et à une expertise médicale mensongère que Papon sortira rapidement de prison dès le 18 septembre 2002. 

Il a été libéré sur la base d'une "expertise " de médecins complaisants mandatés par la justice. Ces experts l'ont déclaré "grabataire"  et ont estimé que le « pronostic vital » du prisonnier était posé. 

Cette expertise a permis à "Papon-le-grabataire" de sortir seul et à pied de la prison, de rentrer sans encombre chez lui et d’y vivre tranquillement jusqu’en Février 2007.

Hélas, Robert Badinter et Mouloud Aounit, à l’époque président du MRAP, approuvèrent cette libération.

Au total, Papon a toujours bénéficié d'une clémence exceptionnelle puisqu'il a échappé à la justice de 1981 à 1997, malgré la révélation dès 1981 de son rôle dans la déportation des Juifs de Bordeaux. De plus, il n'a jamais été jugé pour les massacres des Algériens à Paris d'octobre 1961 et de Charonne

Le combat de Michel Slitinsky, dont nous saluons la mémoire, se sera heurté à la solidarité des hautes sphères de l’Etat.

(voir 17 Octobre 1961 : 50e anniversaire du massacre des Algériens.

17 Octobre: la mémoire d'un massacre à Paris)

 

voir aussi La rafle du Vel d’Hiv et la mémoire de la Shoah

Arno Klarsfeld trahit les victimes de Papon

Sarkozy jette aux orties la reconnaissance de la participation de la France à la Shoah

Sarkozy boycotte le 8 Mai

 

MEMORIAL 98

 

 

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commentaires

Serge 14/12/2012 08:25


Encore un bien bel article et hommage. Merci. Je partage sur FB.