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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Pour correspondre avec nous, nous proposer des articles ou des informations, pour toute question :

memorial98@protonmail.com

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 01:30

 

Cet article revêt une forme inhabituelle en raison de la gravité de la situation et de ses évolutions rapides. Il comprend d’une part l’analyse de la situation crée par l’utilisation de l’arme chimique aux mains du régime syrien et d’autre part un texte très intense d’interpellation de la gauche par Nad Iam (dont vous pouvez retrouver souvent les textes dans le groupe FB Memorial 98), publié ici avec son accord.

Plusieurs liens extérieurs sont recensés ainsi que le rappel des articles déjà publiés par le site. Des informations et articles sur la Syrie sont publiés quotidiennement  dans le groupe Facebook Memorial 98 que nous vous invitons à rejoindre à l'adresse http://www.facebook.com/groups/348947755137242/

 

Memorial 98

 

Nous sommes évidemment en faveur d'une discussion sérieuse et d'un vote au Parlement sur la situation en Syrie. La décision du gouvernement et du PS d'éviter un vote du Parlement en arguant de la Constitution est absurde. Cette Constitution gaulliste de 1958 n'est pas démocratique, elle écrase les droits du Parlement, que F. Hollande avait promis au contraire de développer. Le vote au Parlement britannique et celui qui est à venir au Congrès des USA rendent encore plus scandaleuse la procédure choisie par F. Hollande.

De plus, un débat suivi d’un vote permettrait de mettre chaque parti devant ses responsabilités et de le contraindre à formuler des propositions de soutien au peuple syrien ou à se positionner aux côtés du régime, comme c’est déjà le cas pour le Front National et les courants les plus droitiers de l’UMP.

On pourrait ainsi y rappeler que le 14 juillet 2008 Bachar El Assad figurait au premier rang des invités de Sarkozy pour le défilé du 14 juillet. À l’époque les militants des droits de l’homme et la gauche qui manifestaient contre sa présence ne lui reprochaient "que" sa dictature et les assassinats commis par ses envoyés au Liban ( voir  http://www.youtube.com/watch?v=QVGe8R2drj4 Présence de Bachar El Assad au défilé du 14 juillet.)

Depuis il a fait massacrer 110 000 personnes dont des milliers d’enfants syriens, a provoqué le déplacement/déracinement de 4 millions de personnes en a précipité plus de 2 millions d’autres vers l'exil.

Pourraient s'exprimer ouvertement aussi ceux qui plaident depuis des mois pour la « non-intervention » et la préservation du statu quo qui profite au dictateur.

Ils ont évoqué tour à tour l'illégitimité de toute intervention ou aide dans le « bourbier syrien », défendu  la « laïcité » du régime syrien, la sécurité qu'il apporterait aux minorités, la coopération contre les "terroristes islamistes", sa capacité de déstabilisation des Etats du Proche-Orient et au delà  (c’est d’ailleurs la menace que formule directement El Assad lui-même dans le Figaro http://www.lefigaro.fr/international/2013/09/02/01003-20130902ARTFIG00532-la-mise-en-garde-d-el-assad-a-la-france.php)

Ils ont aussi évoqué  le soutien que lui accordent ses protecteurs russes et iraniens, effectivement aussi résolus à l'armer que les gouvernements occidentaux sont hésitants pour envoyer des armes à la rébellion. En ignorant les aspirations à la liberté des Syriens, en réduisant la contestation à une conspiration menée par les Frères Musulmans, en repoussant continuellement les échéances, ils ont aussi contribué au sentiment d’impunité de Assad.

Ils ont refusé de faire confiance aux aspirations citoyennes des protestataires. Ils se sont opposés à la fourniture à l'Armée Syrienne Libre des armes qui lui auraient permis d'aller de l'avant dans le changement de régime et de prévenir l'apparition des Jihadistes. Ils se sont abstenus d'exercer sur le pouvoir syrien de véritables pressions et ils ont parfois continué à entretenir avec lui, sous le manteau, des relations secrètes.

Que faire maintenant ?

Il y a d’abord une immense tâche d’explication et de réfutation de la propagande pro-Assad qui s’appuie sur de nombreux sites Internet qui prétendent « décrypter » la situation en Syrie. L’extrême-droite, qui tout entière soutient Assad et Poutine, déploie un zèle intense. Elle trouve des relais en agitant le spectre des islamistes. Certains courants qui se réclament de la gauche nationaliste ou souverainiste entretiennent traditionnellement des relations avec des régimes autoritaires « laïcs », d’autres, issus du stalinisme le plus dégénéré, pensent être dans le camp du progrès comme ils ont soutenu l’invasion de l’Afghanistan par les troupes de Brejnev.  

Dans la cacophonie actuelle, chacun d'entre nous peut contribuer à poser les vraies questions: pourquoi et comment le peuple syrien s'est-il révolté en mars 2011? quelle a été la réponse de ce régime? Quelle est la légitimité d'un pouvoir militaire qui n'a jamais été élu, qui procède par succession dynastique et qui règne par la terreur? Qu'ont fait les gouvernements occidentaux pour empêcher la livraison d'armes de destruction par Poutine? Ont-ils de leur côté fourni à la population syrienne révoltée les moyens de se défendre?  Quelle est la légitimité d’un Conseil de sécurité de l’ONU dans lequel siège un régime chinois qui ne représente d’aucune manière son peuple. Il est aussi nécessaire de mettre à jour le sentiment qui consiste à renvoyer dos-à-dos ces "Arabes/musulmans" qui s'entretuent; il ne faut pas se cacher la face devant les conséquences de la xénophobie produite par les gouvernements et les partis qui l’instrumentalisent.

Nous rejetons l’intervention militaire prévue par les USA et la France et qui se fixe comme objectif de « punir » Assad, sans le renverser (voir http://alencontre.org/moyenorient/syrie/les-etats-unis-ont-la-hantise-dun-effondrement-de-letat-syrien.html.

Nous ne faisons pas confiance à Obama, Cameron et Hollande qui ont laissé le peuple syrien se faire massacrer. En particulier, malgré ses demandes répétées, ils n'ont pas fourni à la résistance les armes lui permettant de faire face aux tanks et avions d'Assad.

C’est cette exigence que nous continuons à porter : donnez au peuple syrien les moyens de se défendre et de riposter.  Fournissez lui une aide massive en moyens d’obtenir une exclusion aérienne et une neutralisation des capacités militaires destructrices du régime. La communauté internationale doit apporter une telle aide à l’ASL, sans prétendre remplacer les Syriens dans leur action propre pour aboutir à la chute du régime et pour formuler en toute indépendance leurs choix pour une alternative à la dictature.

Memorial 98

 

Nad Iam

 

Ce soir, camarade, tu iras manifester « contre la guerre ».

 

Quand on est de gauche anticapitaliste, on manifeste contre les guerres. On refuse les bombardements, les massacres des populations civiles , la course à l'armement. Quand on est de gauche anticapitaliste on se doit de ne pas cautionner le bellicisme de sa bourgeoisie. Alors bien sûr, tu seras là ce soir, sûr d'être au bon endroit, au bon moment. Tu vas à toutes les manifs contre la guerre, d'ailleurs.

 

Toutes ? En fait, non. La semaine dernière , par exemple, tu n'étais pas à la manifestation contre la guerre en Syrie. Oui, il y avait une manifestation, contre tous les massacres commis par un dictateur depuis trente mois, contre le massacre à l'arme chimique commis à la fin du mois d'août, pour la solidarité avec les démocrates et les progressistes de Syrie.

 

Tu n'y étais pas, parce que ton parti n'y était pas. Parce que les sites que tu consultes pour savoir quelles manifestations soutenir ne l'annonçaient pas.

 

Tu n'y étais pas et pourtant toutes les raisons qui te font être contre la guerre étaient là : un dictateur qui a été soutenu et porté par ta bourgeoise des années durant, et qui l'est encore par sa fraction réactionnaire et fascisante. Des morts par centaines de milliers, tués par des armes que ta bourgeoisie et d'autres lui ont vendues. Des morts, des blessés, des réfugiés, tués dans le silence complice de toutes les bourgeoisies du monde.

 

Tu n'as pas manifesté contre la guerre, mais tu manifesteras ce soir, et les jours prochains.

 

Si tu es sincère, pourtant, tu ne rentreras pas content de ta manifestation. D'ailleurs tu y vas avec une certaine appréhension. Tu n'en parles pas, parce que ton parti, ton organisation n'en parle pas, mais tu as vu sur internet que toute l'extrême-droite est aussi mobilisée « contre la guerre impérialiste ». Avec les mêmes mots et les mêmes argumentaires. Tu voudrais bien balayer ça, comme Mélenchon l'a fait avec un « On a bien le droit d'avoir un point de vue FRANCAIS ». Sauf que cette phrase de Mélenchon, elle te laisse gêné aux entournures. Parce que toi, tu penses manifester contre le capitalisme français, entre autres, alors comment pourrais-tu avoir un « point de vue FRANCAIS », en commun avec l'extrême-droite, la pointe la plus dure des capitalistes ?

 

Bon, tu pourrais ne plus penser à la phrase de Mélenchon, surtout si tu n'es pas au Front de Gauche. Seulement voilà, ce soir et les jours qui viennent, tu sais déjà que certains aspects de la manifestation vont t'y ramener.

 

Cette lourde insistance de certains militantEs sur Israël, les « lobbies » qui manipulent les chancelleries dans l'ombre, le « Nouvel Ordre Mondial de l'Oligarchie qui ne dit pas son nom ».

Ces tracts, qui affirment que les massacres ne sont pas ce que l'on en dit, et que peut-être ils n'ont jamais existé, comme « d'autres avant dans l'Histoire ». Ce vocabulaire dont tu sais bien qu'il n'est pas celui de la gauche, ces insinuations dont tu sais très bien qu'elles ne font pas seulement référence à la guerre d'Irak. Ces militants, qui vont t'accoster, et qui te diront au bout de cinq minutes que Bachar El Assad n'est pas du tout le monstre que l' « Occident américano sioniste » décrit, ou que Kadhafi était un grand homme pour son peuple. Ce qui t'emmerdera plus que tout, c'est que les camarades, dans leur immense majorité feront semblant de ne pas entendre ce que disent et écrivent ces militants. Ou te diront, au mieux, de laisser tomber, qu'il y a « toujours des connards partout, mais que ça n'est pas représentatif ».

 

Et puis, il y aura aussi, rentré chez toi, cette question qui te pèsera sur l'estomac : admettons que pour une fois, la mobilisation fonctionne, et qu'il n'y ait pas « la guerre »....Mais qu'est ce qui se passera en Syrie, où tu sais très bien qu'il y a déjà la guerre ?

 

Oh bien sûr, Mélenchon et les autres ont une réponse en bas du tract. « Nous sommes aux côtés des démocrates syriens pour une solution politique et l'arrêt des massacres ».

 

Seulement, ils n'étaient pas à la manifestation de samedi dernier, avec les démocrates syriens pour l'arrêt de la guerre et des massacres. Bien sûr, il leur est arrivé d'en parler, de la Syrie, à la page douze du journal, il leur est même arrivé quelquefois de diffuser une vague protestation contre un massacre particulièrement massif, ces trois dernières années. Les protestations version « minimum syndical », celles où il n'y a aucun rendez-vous concret à la fin. Celles assorties de réserves , sur les manipulations possibles de l'opinion, sur les intérêts des « Occidentaux et d'Israël » qu'il convient quand même de dénoncer dans cette affaire, sur l'opposition syrienne qui est loin d'être composée uniquement de gentils ( non, vraiment?). Le genre de protestations, qui après les avoir lues , te donnent surtout le sentiment qu'il ne faut pas se mêler de cette affaire...

 

Aujourd'hui, camarade, tu vas donc t'en mêler. Pour combien de temps ? Pour combattre quelle guerre et laisser finalement faire quelle autre guerre ?

 

En d'autres temps, en d'autres occasions, pourtant, tu agis et pense différemment.

 

Combien de fois as-tu vitupéré contre ce syndicat bidon qui manifeste une fois tous les deux ans « pour de nouveaux droits », mais refuse de participer aux grèves quotidiennes ?

 

Combien de fois as-tu répété qu'il fallait se méfier de ces partis politiques qui débarquent en période électorale, pour t'entraîner sur une mobilisation symbolique ayant pour but non avoué de promouvoir tel ou tel parti, dont il convient de faire oublier la passivité lorsqu'il était au pouvoir ? Et qu'il fallait plutôt , toujours, être avec ceux qui mènent les combats sur la durée.

 

Dans toute la France, depuis trente mois, des gens manifestent et se battent contre la guerre en Syrie, sur la durée. Toutes les semaines, tous les jours, en lien avec des progressistes syriens, avec celles et ceux qui se sont révoltés contre le dictateur il y a trente mois.

 

Ce soir, et dans les jours qui viennent, vont se mêler dans les rues celles et ceux qui ne combattent concrètement que certains bombardements et certains capitalistes, et celles et ceux qui soutiennent, ouvertement ou implicitement la dictature syrienne.

 

A toi de voir où est ta place, toi qui n'aimes pas la guerre.

 

Ci-dessus une photos de Homs, en juillet , avant LA guerre, enfin, celle qui n'a pas encore eu lieu, l'autre, ma foi...

 

A voir aussi sur ce site

Syrie : le sens de notre soutien.

Quand une association France-Israël soutient le régime syrien.

Syrie: 2 ans déjà, manifestons avec eux le 16 mars!

Syrie : l’année de la libération ?

Syrie: mobilisation internationale le 20 octobre

Syrie: appel urgent de solidarité.

Syrie: le déchirement

Pour le peuple syrien: vague blanche le 17 avril

Syrie: un an de combat et de débat.

Syrie: un permis de tuer?

Syrie: agir contre la tuerie !

Syrie urgence: arrêter enfin le massacre!

Syrie: violences à Paris contre les manifestants

Halte au massacre du peuple syrien !

 

http://alencontre.org/moyenorient/syrie/dix-remarques-pour-les-progressistes-qui-discutent-de-la-syrie.html

 

http://www.infodelasyrie.fr/dim-01062013-1350/comment-d%C3%A9fendre-bashar-al-assad-en-dix-le%C3%A7ons-faciles

 

Memorial 98

 

 

 

 

 

 

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 23:56

 

 

 

 

 Trois jours après que Jean-Marie Le Pen ait à sa manière mis en cause la présence des Roms à Nice   le maire de Nice, vice-président de l'UMP et ancien ministre a tenu le 7 juillet des propos d’une violence inouïe contre les gens du voyage en décrivant un prétendu dialogue avec eux  :  “Je suis allé les voir, je leur ai dit ‘vous allez partir’.

– Non non, on est là pour trois semaines. Et c’est nous, monsieur le maire, qui vous imposerons de rester là pendant trois semaines.

– Bon, on va voir, j’en ai maté d’autres et je vous materai. Et la première chose que je fais c’est de mettre des caméras partout, pour surveiller vos faits et gestes dans les quelques heures qui viennent, on va noter ceux qui rentrent, ceux qui sortent, à quelle minute, à quel moment, et ce que vous allez faire partout dans la ville, dans la métropole, etc. Je sais que vous aimez pas beaucoup ces choses-là, mais on va noter. Je vais relever les plaques d’immatriculation les unes après les autres. Je fais un référé devant le tribunal à titre conservatoire pour pouvoir saisir les véhicules, vous savez ces belles et grosses voitures avec lesquelles ils tirent leurs belles et grosses caravanes pour lesquelles les Français, il faudrait quelquefois toute une vie pour se payer les mêmes...”

 La violence du propos de Christian Estrosi est particulièrement évidente quand on visualise l’enregistrement vidéo, car on perçoit alors la gestuelle et la tonalité qui l’accompagnent. On perçoit la volonté de calomnier, de procéder par sous-entendus et langage codé pour insinuer qu'il s'agit d'"envahisseurs" et de voyous  http://www.lepoint.fr/video/video-estrosi-veut-mater-les-roms-08-07-2013-1701794_738.php. C’est ainsi qu’avait procédé avant lui Sarkozy lors du fameux discours de Grenoble en juillet 2010 (voir Pourquoi les Roms ? Décryptage )

Estrosi qui se présente volontiers comme un « gaulliste social »,  a en  réalité un passé de compagnonnage avec le Front National et de formation politique dans un cercle marqué par la bataille pour l’Algérie française.

Lors de la grande vague d’alliances entre la droite et le FN dans les conseils régionaux en avril 1998Estrosi a mené une  bataille acharnée pour  qu’une une telle alliance voie le jour  dans sa région PACA. Son collègue Gaudin avait déjà dirigé cette région avec le FN de 1986 à 1992.

Sa tentative a finalement échoué face à la résistance de dirigeants locaux de la droite, tel François Léotard, ainsi que par la révélation de ces manœuvres secrètes. Dans un entretien à "Minute" en date du 11 mars 1998, Estrosi avait d’ailleurs annoncé la couleur en déclarant :

« Dire "moi je suis là pour empêcher M. Le Pen d'exercer des responsabilités parce qu'il est xénophobe" ne me semble pas la meilleure méthode pour être crédible et efficace».

En effet c’est le chef du FN qui était la tête de liste de son parti dans la région et qui aurait accédé à la présidence régionale Cet épisode, à la recherche d’une alliance avec le dirigeant antisémite et négationniste, n’empêche pas Estrosi de se présenter comme un « grand ami » de la communauté juive; il avait été jusqu’à déclarer en Novembre 2007 que «Sarkozy est le candidat naturel des électeurs juifs».

 Il agit en fait dans l’esprit celui qui fut son mentor et initiateur.

L’histoire politique d’Estrosi a débuté sous les auspices de Jacques Médecin, maire de Nice pendant des dizaines d’années. Benjamin du conseil municipal de Nice en 1983, il a été rangé parmi les « bébés Médecin » et a bénéficié de l’appui de ce dernier, y compris après la fuite de Médecin vers l'Uruguay en 1990 pour éviter la justice française qui finira par le faire extrader, puis le juger et le condamner pour corruption.

 Ainsi le 24 octobre 1991, M. Médecin envoya un appel de soutien à M. Estrosi depuis son exil : «…Je vous dis: faites confiance à ces hommes et à ces femmes qui se sont rassemblés aujourd'hui autour de M. Estrosi… »

Jacques Médecin a constamment flirté avec le Front National. Lors du débat sur le projet de loi autorisant l'interruption volontaire de grossesse, défendu par Simone Veil en 1974, il déclare notamment que « l'avortement, c'est un meurtre », et que l'autorisation de cet acte pourrait déboucher sur "l'autorisation de l'homicide volontaire". La même année, il projette de jumeler Nice avec Le Cap, en Afrique du Sud, alors sous le régime de l'apartheid. En 1981, il vote contre l'abolition de la peine de mort, et demande par la suite son rétablissement, notamment lors d'une manifestation, en 1985. Estrosi reprendra d’ailleurs cette position 6 ans plus tard.  Le 11 décembre 1991, il dépose à l'Assemblée nationale une proposition de loi visant à rétablir la peine de mort : Proposition de loi tendant à rétablir la peine de mort pour certains crimes, n° 243023.

J.Médecin soutenait l’apartheid en Afrique du Sud et se situait à la lisière du Front National dont il avait déclaré, dans l’organe de celui-ci National Hebdo, partager « 99,9 % des idées ».

Avant sa fuite, il avait en 1990  réagi violemment au refus des membres de la communauté juive niçoise de cautionner son rapprochement avec Le Pen,   notamment lors de la venue de l’ancien Waffen SS allemand Schoenhuber pour un congrès du FN à Nice.  Après la démission de trois conseillers municipaux, il éructa :  « Ce sont les juifs qui sont partis» (Le Monde du 5 avril 1990)

Il avait  ensuite dénoncé les  «Israélites qui ne refusaient jamais un cadeau»; il justifia ainsi cette diatribe :« J'étais de toutes les fêtes de la communauté, de tous leurs défilés, de toutes leurs manifestations. Mes propos ont été déformés, délibérément. En parlant, j'évoquais un problème de politesse. Et l’on m'a lynché dans le monde entier. » C’est le même type de justification qu’ont produit Georges Frêche et Claude Goasguen après des déclarations antisémites

(voir 

Frêche: raciste et antisémite

Qui manipule l’étoile jaune ?

Connaitra un jour les réels sentiments d'Estrosi à l’égard de ces "autres gens du voyage" que sont les Juifs ? Estrosi symbolise les dirigeants de la droite dure du Midi, tournés vers la glorification de l’Algérie française et qui recyclent massivement les thèmes de l’extrême droite ainsi que  les responsables locaux de celle-ci.

 A voir aussi sur ce site

Sarkozy, Gaudin, Estrosi: l'ombre du Front National

 Gaudin: l'impensé colonial

Des "collègues" du FN à la tête de l'UMP

 Front National: on recycle?

Succès du Front National: quelles conséquences?

 

MEMORIAL 98

 

 

 

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 21:03

 

Depuis la mort de Clément Méric, nous avons appelé à une large mobilisation unitaire (voir Pour repousser l’extrême droite : passer à la vitesse supérieure ). Celle-ci est d’autant plus nécessaire que le Front National, qui constitue la grande force d’extrême-droite dans le pays, semble poursuivre son expansion, nourrie par la crise sociale et l’utilisation de la xénophobie.

Une journée nationale de mobilisation et de manifestations est organisée par un large collectif unitaire d’associations (dont Memorial 98), d’organisations syndicales et de partis le dimanche 23 juin à Paris et dans tout le pays. Nous devons tout faire pour que se rassemblent ce jour-là le plus grand nombre de ceux et celles qui veulent affirmer leur rejet de l’extrême-droite et de ses alliés.Cette échéance sera suivie d'autres intiatives unitaires afin d'enraciner le combat antifasciste dans la durée.

Nous vous demandons de diffuser le plus largement possible l’appel unitaire ci-dessous.

Voir aussi sur ce site:

  Extrême-droite : assez de crimes, assez de violences !

Un suicide pour appeler à la violence.

Après les manifestations du 12 mai : poursuivre la mobilisation.

Premier mai: agir contre la xénophobie en Europe.

Antifascisme: regroupement des forces

Hitler ? Pff, une banalité ! ... par Souâd Belhaddad

Copé : au-delà de la provocation

Copé: le visionnaire facho.

Quand N.Morano collectait des signatures pour Le Pen

 


Suivez sur Facebook l'actualité quotidienne de la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme de Memorial 98 à l'adresse http://www.facebook.com/groups/348947755137242/

 

Memorial 98   

 

 

 

 

 Appel

 

Le fascisme tue. Ensemble, combattons-le !

 

Le 5 juin, des militants d’extrême-droite ont tué Clément Méric, syndicaliste étudiant et militant antifasciste. Ce meurtre nous indigne et nous révolte ; il s’inscrit dans la suite de très nombreuses agressions commises par des groupes d’extrême-droite ces derniers mois. La situation exige des actes forts, permettant de mettre un coup d’arrêt à la propagation de ces idées et pratiques nauséabondes.

 

Dans le respect de leurs différences, les organisations soussignées appellent à s’unir pour rendre hommage à Clément et pour éliminer la haine fasciste.

 

Confortés par des partis qui reprennent des propos et des pratiques de l'extrême droite, les groupes fascistes refont surface. Les dernières actions contre le mariage pour tous et toutes ont été l'occasion pour eux d'être mis sur le devant de la scène. Nous dénonçons la banalisation du FN et de ses idées xénophobes et racistes.

 

L'exclusion, le rejet de l'autre, la fermeture des frontières, la désignation de boucs émissaires, la dénonciation de l'immigration comme responsable de tous les maux sont des attitudes qui, l'histoire en témoigne, conduisent au pire. L’Etat entretient un climat délétère en organisant des expulsions massives qui participent à la stigmatisation des immigré-es et des Roms. Au contraire, il est nécessaire d’agir avec détermination contre les commandos fascistes.

 

Odieux et inacceptable en lui-même, le meurtre de Clément dépasse le drame individuel. Agressions contre les lesbiennes, bi-es, gays et les personnes trans, contre les immigré-es et les personnes issu-es de l'immigration, les musulman-es, actes antisémites, violences envers des militant-es antifascistes et des organisations progressistes, se sont multipliées dans toute la France comme à travers toute l'Europe. Le mensonge, la haine, la violence, la mort, voilà ce que porte l’extrême-droite, de tout temps et en tous lieux.

 

Ce n’est pas une question morale ; le fascisme se nourrit des peurs face à l’avenir : 5 millions de chômeurs et chômeuses, 8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, 3,5 millions de mal logé-es, accroissement de la précarité, conditions de travail dégradées, licenciements, fermetures d’entreprises...  Face à l’explosion des inégalités et aux politiques d’austérité, il faut reconstruire l’espoir collectif en une société plus juste. La question de la répartition des richesses que nous produisons est fondamentale. L’extrême-droite est à l’opposé de ces valeurs.

 

Utiliser la mort de Clément serait méprisable. A contrario, c’est honorer sa mémoire que de dire publiquement et ensemble ses engagements syndicaux et antifascistes, et de poursuivre encore plus nombreux-euses et déterminés-es ses combats pour la liberté et une autre société.

 

Unité contre le fascisme et l’extrême-droite !

Manifestation à Paris, dimanche 23 juin à 15h

Des manifestations seront aussi organisées en commun dans d’autres villes.

Nos organisations se réuniront de nouveau après la manifestation : éradiquer la menace fasciste nécessite un travail dans la durée et l’organisation de collectifs locaux. Nos organisations sont différentes, mais elles ont un point commun essentiel : le refus de l’intolérance, du nationalisme, de la haine, et de l’exclusion ; tout le contraire de ce que veut imposer l’extrême-droite !

Le fascisme et l’extrême-droite ne sont pas des courants politiques avec lesquels on dialogue ou on compose. Leur système est basé sur la violence physique, la haine, l’asservissement des peuples.

 

Premiers signataires (au 13 juin) :

 

AC !, Act Up Paris, Action antifasciste Paris Banlieue, Alternative Libertaire, APEIS, ATTAC France, CADAC, CEDETIM/IPAM, CGT Educ’action Versailles, CGT Educ’action Créteil, CNDF, CNT, Collectif Antifasciste Paris Banlieue, Collectif CIVG Tenon, CONEX (Coordination nationale contre l’extrême droite), Collectif de Saint Denis contre le FN et l’extrême droite, Confédération paysanne, Convergence et Alternative, DAL, DIDF, EELV, FA, FASE, FASTI , Fédération Anarchiste, FIDL, FSU, Fondation Copernic, Gauche Anticapitaliste, Gauche Unitaire, GISTI, Jeudi Noir, Justice et Libertés, L’appel et la pioche, La Horde, La LMDE, Les Alternatifs, Lesbian and Gay Pride Lyon, Les Debunkers, Marche Mondiale des femmes, Marches européennes contre le chômage, MRAP, Mémorial 98, MJCF, MNCP, M’PEP, NPA, PCF, PCOF, PG, Pink Bloc Paris, Ras l’Front Marne-la-Vallée, Ras l’Front 38, République et Socialisme, Réseau pour un avenir sans fascisme, SGEN-CFDT Académie de Versailles, SLU (Sauvons l’université), SNESUP-FSU, Solidaires Etudiant-Es, SOS Racisme, Sortir du colonialisme, Syndicat des avocats de France, Syndicat de la magistrature, UNEF, Union syndicale Solidaires, UNSP, VISA (Vigilance et initiatives syndicales antifascistes)…

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 00:02

 

Sur Facebook suivez l'actualité quotidienne de la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme de Memorial 98 à l'adresse http://www.facebook.com/groups/348947755137242/ 

 

 

Quatre jours se sont écoulés depuis l’assassinat de Clément Méric. De nombreux rassemblements de protestation et de deuil ont eu lieu et se poursuivront dans les jours à venir.

Pour notre part, il nous semble que ces réactions sont très en deçà de ce qui serait nécessaire et réalisable dans la situation actuelle, afin de  mettre un coup d’arrêt à la vague de violences et marquer un rapport de force face à l’extrême-droite et à ses tentacules. Ce sont des centaines de milliers de personnes qu’il faut mobiliser, c’est un réseau de « comités de vigilance » qu’il faut mettre en place, dans un esprit de rassemblement et  d’unité.  La mobilisation de la jeunesse représente un enjeu particulier alors que les droites radicales ont instrumentalisé un simulacre de révolte pour la défense de l’ « ordre naturel », contre l’extension des droits

Depuis plusieurs mois, les différents groupes et sous-groupes  de cette mouvance multiplient les attaques. Celles-ci ciblent les lieux de culte et particulièrement les mosquées, les locaux associatifs ou politiques, les militants (e)s de gauche, les gays, les couples « mixtes »  comme récemment à Lyon (agression d'un couple franco-asiatique). Elles sont anonymes ou signées d'une croix gammée, d'une croix celtique, du sigle du GUD ou des Jeunesses Nationalistes. Il ne s’agit pas d’actes dérisoires, aux marges de la vie politique. Les groupes les plus radicaux se nourrissent de la progression du Front national et de la porosité  entre celui-ci et la direction de l’UMP. Lorsque le président de ce dernier parti invente une histoire de « pain au chocolat » , la publie dans un livre-manifeste de la « droite décomplexée » et la martèle dans ses meetings, ne contribue-t-il pas à légitimer la xénophobie et la violence ? (voir Copé : au-delà de la provocation )

L’attitude du gouvernement Ayrault est aussi fautive: un des exemples en est  la place prise par Manuels Valls et ses diverses expressions contre les Roms (voir  Roms : les mauvaises actions du gouvernement.) et le droit de vote des étrangers 

Dans ce contexte qu’on qualifie de « malsain » comme s’il s’agissait d’une fatalité, certains médias portent ainsi une responsabilité particulière en réduisant ce nouveau crime à un incident entre « extrémistes ».

Il est temps d’élargir le cadre de la mobilisation ; après les premières initiatives organisées dans l’urgence, c’est maintenant  une large mobilisation unitaire qui est nécessaire.

Autour des associations à caractère national et des organisations syndicales peuvent s’organiser de  grandes manifestations qui redonneront confiance à tous ceux qui pensent assister à une montée inexorable de l’extrême-droite.

Des comités de vigilance unitaires locaux peuvent rassembler les forces de tout le camp antifasciste et combattre la xénophobie sur le terrain.

Une telle mobilisation démontrera  à quel point les exigences de justice sociale, de solidarité d’égalité sont fortes et ancrées, beaucoup plus que ne le laisse penser le déroulement de ces dernières semaines.

La mémoire de Clément Méric mérite que se mette en place ce grand mouvement antifasciste.

(voir Extrême-droite : assez de crimes, assez de violences !

Un suicide pour appeler à la violence.

Après les manifestations du 12 mai : poursuivre la mobilisation.

Peste brune : non à la parade de l'extrême-droite le 12 mai

Premier mai: agir contre la xénophobie en Europe. )

Sur Facebook suivez l'actualité quotidienne de la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme de Memorial 98 à l'adresse http://www.facebook.com/groups/348947755137242/ 

 

 

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 15:16

Nous rendons hommage à Clément Méric, militant antifasciste, étudiant à Sciences Po où il militait au syndicat Sud, qui  a été tué hier en plein Paris par un groupe de militants d’extrême droite manifestement lié au groupe JNR (Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires).

Violemment frappé au sol, il a été déclaré en état de mort cérébrale à l’hôpital Salpetrière.

Nous adressons nos condoléances à sa famille et ses camarades.

Nous en appelons aux organisations antiracistes, aux syndicats et aux partis de gauche afin qu’ils organisent ensemble des manifestations de grande ampleur dans toutes les villes du pays pour affirmer la force et la détermination du combat contre l’extrême-droite.

Dans l’immédiat nous appelons à participer aux différentes initiatives prévues et demandons qu’elles revêtent un caractère unitaire et rassembleur.

Le crime d’hier est lié au contexte politique de radicalisation à droite que nous avons mis en lumière ces dernières semaines, notamment autour des manifestations contre le mariage pour tous et de l’« auto-exécution » de Dominique Venner (voir  Peste brune : non à la parade de l'extrême-droite le 12 mai .

Après les manifestations du 12 mai : poursuivre la mobilisation.

Un suicide pour appeler à la violence.)

Les groupes les plus radicaux se sont sentis galvanisés par l'élan violent des manifestations homophobes de la "Manif pour tous"  et de la cohabitation droite-FN, symbolisée par la présence de Gilbert Collard au premier rang des cortèges au côté des députés UMP. Dans la foulée, l’extrême-droite n'hésitait pas à passer à l'attaque physique contre les manifestations ou les militants: le 1er mai dernier, un cortège en hommage à Brahim Bouaram, lui-même assassiné par des bonheads issus d’un défilé du Front National le 1er mai 1995, a été attaqué par une quarantaine de néo-fascistes armés. Les forces de police présentes sur place ont fait preuve de passivité et ont laissé l’attaque se dérouler, intervenant uniquement quand les antifascistes ont commencé à riposter.

ll ne s’agit pas ici de « groupuscules » sans importance ou anecdotiques: ces groupes sont parfaitement intégrés et tolérés, aussi bien dans les manifestations homophobes soutenues par l'UMP que  dans les défilés du FN « dédiabolisé". C'est bien au sein du défilé du FN du 1er mai, au vu et au su de son service de sécurité, qu'ont par exemple été diffusées et collées des affiches comportant l'adresse personnelle de journalistes et d'intellectuels désignés comme les cibles à abattre.

Depuis des mois, c'est le laisser faire quasi-total, alors que se multiplient les actes de violences contre les membres des « minorités », ainsi que les attaques signées d'une croix gammée, d'une croix celtique, du sigle du GUD ou des Jeunesses Nationalistes contre les lieux de culte, les locaux associatifs ou politiques. Ainsi  lors des manifestations homophobes contre le mariage pour tous, les divers groupes fascistes  et intégristes s'en sont donnés à cœur joie dans le style du fantasme de  « Février 1934 ». 

Partout en Europe, l'ascension de l'extrême-droite « légale » va de pair avec celle des courants qui prônent ouvertement la violence et assument publiquement l'héritage des fascismes du XXe siècle.

Partout en Europe, la dédiabolisation de l'extrême-droite légale va de pair avec la tolérance sur les agissements de l'extrême-droite radicale et violente, présentée par les pouvoirs publics, de droite ou hélas de gauche comme un « épiphénomène ».

En France comme ailleurs,ces deux branches de l'extrême-droite sont liées organiquement et au quotidien : ainsi le mercredi 15 mai, l'invité de « 3ème Voie » au local parisien de Serge Ayoub, responsable des fameuses Jeunesse nationalistes révolutionnaires (JNR) mises en cause dans l'assassinat d'hier, est Robert Ménard, journaliste reçu sur de nombreuses chaînes de télé et de nombreux médias radiophoniques. Il annoncé sa probable candidature aux municipales à Béziers, dans le cadre du Rassemblement Bleu Marine, censé constituer l'aile « modérée » du FN.

 Après le « suicide » de Dominique Venner,  la réaction immédiate de Marine Le Pen a consisté à revendiquer une continuité avec le théoricien fasciste le plus marquant de la période d’après-guerre en déclarant: «Tout notre respect à Dominique Venner dont le dernier geste, éminemment politique, aura été de tenter de réveiller le peuple de France.». Des responsables de la droite de l’UMP comme Thierry Mariani mais aussi Hervé Mariton, héraut parlementaire du combat contre le mariage pour tous ont eux aussi rendu hommage à Venner, en passant sous silence son engagement fasciste enraciné. Nous avions mis en garde sur l’appel à la violence que constituait cet acte mis en scène.

La démocratie, c'est la protection du droit de chacun à vivre en paix ; elle ne consiste à pas autoriser les appels à la violence contre une partie de la population, même sous couvert de liberté d'expression. Ça suffit. Nous refusons de vivre dans la peur des violences qui entourent ces défilés de la haine.

Nous exigeons des pouvoirs publics qu'ils mettent un terme à cette agitation haineuse permanente et qu'ils prennent les mesures nécessaires pour rendre l'espace public à tous et à toutes.

Nous demandons à toutes les  organisations progressistes et antiracistes et notamment aux plus importantes d’entre elles de prendre la mesure de la gravité de la situation et de  mobiliser en conséquence.

 Nous continuerons à ne rien laisser passer, à dénoncer inlassablement l’extrême-droite et ses idées de xénophobie et de haine, à montrer au gouvernement de gauche que celles et ceux qui l'ont porté au pouvoir n'acceptent pas les parades fascistes comme un mal nécessaire.

(voir aussi Premier mai: agir contre la xénophobie en Europe.

Néo-nazisme: procès explosif à Munich.)

 

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 01:21

 

 

La mise à mort spectaculaire et théâtralisée exécutée sur lui-même par le vétéran  fasciste Dominique Venner en pleine cathédrale Notre-Dame à Paris revêt un caractère particulier. Il s'inscrit dans une période de radicalisation à droite et à l’extrême-droite, notamment dans les manifestations contre le mariage pour tous.

C’est d’ailleurs aux manifestants LMPT du 26 mai et particulièrement aux plus jeunes d’entre eux que s’adresse son dernier article, publié sur son blog quelques heures avant de se tirer une balle dans la bouche, et dont nous reproduisons ici une partie.

Il est important de consulter cette prose et d’analyser les thèmes qu’elle porte, à commencer par le « blogueur algérien » qui l’ouvre et qui constitue une référence directe au long combat de Venner pour l’Algérie Française, y compris dans sa version terroriste de l’OAS : 

 Extrait:  « La manif du 26 mai et Heidegger

Les manifestants du 26 mai  ( contre Le Mariage pour tous) auront raison de crier leur impatience et leur colère. Une loi infâme, une fois votée, peut toujours être abrogée.

Je viens d’écouter un blogueur algérien: « De toute façon, disait-il, dans quinze ans les islamistes seront au pouvoir en France et il supprimeront cette loi ». Non pour nous faire plaisir, on s’en doute, mais parce qu’elle est contraire à la charia (loi islamique).

C’est bien le seul point commun, superficiellement, entre la tradition européenne (qui respecte la femme) et l’islam (qui ne la respecte pas). Mais l’affirmation péremptoire de cet Algérien fait froid dans le dos. Ses conséquences serraient autrement géantes et catastrophiques que la détestable loi Taubira.

Il faut bien voir qu’une France tombée au pouvoir des islamistes fait partie des probabilités. Depuis 40 ans, les politiciens et gouvernements de tous les partis (sauf le FN), ainsi que le patronat et l’Église, y ont travaillé activement, en accélérant par tous les moyens l’immigration afro-maghrébine. Depuis longtemps, de grands écrivains ont sonné l’alarme, à commencer par Jean Raspail dans son prophétique "Camp des Saints" dont la nouvelle édition connait des tirages record.

Les manifestants du 26 mai ne peuvent ignorer cette réalité. Leur combat ne peut se limiter au refus du mariage gay. Le « grand remplacement » de population de la France et de l’Europe, dénoncé par l’écrivain Renaud Camus, est un péril autrement catastrophique pour l’avenir.

Il ne suffira pas d’organiser de gentilles manifestations de rue pour l’empêcher. C’est à une véritable « réforme intellectuelle et morale », comme disait Renan, qu’il faudrait d’abord procéder. Elle devrait permettre une reconquête de la mémoire identitaire française et européenne, dont le besoin n’est pas encore nettement perçu.

Nous entrons dans un temps où les paroles doivent être authentifiées par des actes. Il faudra certainement des gestes nouveaux, spectaculaires et symboliques pour ébranler les somnolences, secouer les consciences anesthésiées et réveiller la mémoire de nos origines… »

En allant à l’essentiel, le message de Venner se résume à un thème unique : contre l’ « envahissement » par les musulmans, une nouvelle croisade débute (et dans son propre cas se poursuit depuis des dizaines d’années) ; il faut  donc « agir » c’est-à-dire utiliser la violence, les armes.

 

Dans sa situation particulière (âge, état de santé), il choisit de se supprimer lui-même afin de donner l’exemple et d’inciter à dépasser les « gentilles manifestations de rue »

Malgré des circonstances tout à fait différentes, l'acte de Venner fait penser au massacre mis en oeuvre par Anders Breivik en Norvège (voir Norvège : comprendre l’horreur.) 

Leur idées étaient fort ressemblantes, elles portaient sur l'"envahissement" de l'Europe par des populations immigrées et la lutte contre le « multiculturalisme ».

 

On notera d’ailleurs la mise en garde de l'avocat norvégien qui a accepté de défendre Breivik, Geir Lippestad. En tant qu’avocat et que membre du parti social-démocrate, il a défendu le droit de l'extrémiste à s'exprimer, estimant que le débat ouvert reste l'arme la plus efficace contre son discours. Lippestad s'inquiète, dans un livre récent, de voir le tueur d'Oslo devenir un "personnage culte". Il écrit : "…Quand on voit des images de Russie, des Etats-Unis, d'Angleterre, d'Allemagne, de Grèce, de Suède et d'autres pays où il a des supporters, Breivik est indubitablement en train de devenir un modèle qui peut influencer d'autres personnes à avoir des pensées, des idées et des projets qui à terme peuvent muer des jeunes gens en terroristes et non pas en citoyens respectueux de la loi"

On notera à ce propos que le dernier ouvrage paru de Dominique Venner a été publié l'an dernier par Pierre Guillaume de Roux, éditeur qui s'était fait connaître en publiant aussi en août 2012 l'Eloge littéraire d'Anders Breivik, essai polémique de Richard Millet présentant favorablement le tueur norvégien d'extrême-droite. 

Dominique Venner devait publier en juin chez ce même éditeur  son prochain livre, intitulé Un samouraï dOccident, Le bréviaire des insoumis.

Il est probable que ceux, qui dans les mouvances radicales de droite, ont la sensation de vivre un combat historique contre la « décadence » prendront au sérieux cet appel et chercheront à s’initier aux thèmes développés par Venner

Notons ainsi que les oeuvres d'un autre fasciste suicidé, l'écrivain Drieu la Rochelle, qui fut membre du parti pro-nazi PPF de Jacques Doriot (dont fut également membre le père de Dominique Venner) se diffusent bien au-delà des cercles d'extrême-droite, soixante ans après sa mort. L'aura romantique lié à son suicide le 15 mars 1945, à la fin de la guerre,  participe à ce succès.

Il y a fort à parier d'ailleurs, que parmi les motivations de Venner, figurait aussi celle de laisser un nom dans l'Histoire, et de ne pas être confiné à ce qu’il fut longtemps, c’est-à-dire une éminence grise uniquement connue des historiens spécialisés et de sa propre mouvance politique.

Dominique Venner a joué un rôle crucial à l'extrême-droite. Il fonde en 1954, avec Pierre Sidos, symbole pétainiste, le mouvement ultra-violent "Jeune Nation". Ce mouvement s’investit totalement dans le combat pour l'Algérie française et se fait dissoudre le 15 mai 1958. Ses militants rejoignent l'OAS. Dominique Venner et Pierre Sidos seront incarcérés. En 1963, à sa sortie de prison, il fonde le mouvement "Europe-Action" qui aura une influence déterminante sur la Fédération des étudiants nationalistes (FEN), la matrice dont sortira le groupe Occident.

Déjà à cette époque Dominique Venner exerce un magistère intellectuel sur de futurs cadres de l'extrême droite de la fin des années 1960, qui se nomment François d'Orcival (Valeurs actuelles), Alain Madelin, Gérard Longuet . Il fut ensuite l’inventeur et l’esprit central de la Nouvelle Droite dans les années 1970, qui prône l'anti-égalitarisme et l'opposition au multiculturalisme. Il a joué un rôle important dans le GRECE, chargé de diffuser la pensée racialiste d’extrême-droite dans les milieux politiques et intellectuels et qui fut notamment à l’origine des initiatives contre le droit du sol (voir sur ce thème Copé : au-delà de la provocation )

Les élégies complaisantes à propos de Venner n’ont pas tardé. Elles rendent compte des vieilles solidarités qui ont vu des militants d’extrême-droite investir des journaux comme Le Figaro. Mais l’élément essentiel est lié au contexte politique de radicalisation à droite que nous avons mentionnée. C’est ainsi que s’explique la réaction immédiate de Marine Le Pen, qui consiste à revendiquer une continuité avec le théoricien fasciste le plus marquant de la période d’après-guerre en déclarant: «Tout notre respect à Dominique Venner dont le dernier geste, éminemment politique, aura été de tenter de réveiller le peuple de France.».

Des responsables de la droite de l’UMP comme Thierry Mariani mais aussi Hervé Mariton, hérault parlementaire du combat contre le mariage pour tous, ont eux aussi rendu hommage à Venner, en passant sous silence son engagement fasciste enraciné.

La période actuelle nécessite un combat de fond contre les idées et les forces d’extrême-droite. Nous y prenons notre place; voir notamment les textes ci-dessous

Peste brune : non à la parade de l'extrême-droite le 12 mai

Après les manifestations du 12 mai : poursuivre la mobilisation.

Antifascisme: regroupement des forces

Hitler ? Pff, une banalité ! ... par Souâd Belhaddad

Copé: le visionnaire facho.

Nationalité : Copé et l’UMP en embuscade.

Marine Le Pen récidive déjà.

Le Pen : l’antisémitisme jusqu'au bout.

Qui veut se faire piéger par Marine Le Pen ?

Succès du Front National: quelles conséquences?

Albert Herszkowicz (avec NI et BS) pour

 

MEMORIAL  98

 

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 22:35

Cet article est publié en commun avec nos camarades du blog Opération Poulpe avec qui nous avions lancé l'appel pour le 12 mai (voir Peste brune : non à la parade de l'extrême-droite le 12 mai.) Nous vous invitons à consulter leur blog http://operationpoulpe.blogspot.fr/

 

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 Sur Facebook suivez l'actualité quotidienne de la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme à l'adresse du groupe Memorial 98  http://www.facebook.com/groups/348947755137242/ .

Ainsi ces derniers jours nous avons révélé que Vialatte député-maire de Six-Fours dans le Var qui, à propos des incidents du PSG a lancé des propos xénophobes et insultants à l égard des « descendants d’esclaves », est un récidiviste proche de l’extrême-droite: en 2008, il avait organisé dans sa ville l’accueil dans une salle municipale d’un congrès rassemblant la fine fleur de l’extrême-droite et du négationnisme. Nous l’avions alors dénoncé, avec les associations locales (voir Soutenir la mobilisation contre le négationnisme! )

 

 

Ne pas laisser passer: tel était pour nous le sens de l'exigence lancée à la Préfecture de Police et à la Mairie de Paris pour qu'elles prennent les mesures nécessaires afin que néo-nazis, nostalgiques de Vichy et fascistes du 3e millénaire ne défilent pas une nouvelle fois dans le centre de Paris le 12 mai.

 

Nous ne sommes pas naïfs: en une année de gouvernement de gauche, seules deux manifestations de l'extrême-droite ont été interdites et ce en début de mandat : une à Lyon et une à Paris, toutes deux organisées par la branche jeunesse de l'Oeuvre Française, les Jeunesses Nationalistes

 

Depuis, c'est le laisser faire quasi-total, alors même que se multiplient les actes de violences contre les membres des « minorités », ainsi que les attaques signées d'une croix gammée, d'une croix celtique, du sigle du GUD ou des Jeunesses Nationalistes contre les lieux de culte, les locaux associatifs ou politiques.  Ainsi  lors des manifestations homophobes contre le mariage pour tous, les divers groupes fascistes  et intégristes s'en sont donnés à cœur joie dans le style du fantasme de  « Février 1934 ».

 

 

Cette semaine de mobilisation annuelle des groupes fascistes s’est inscrite dans ce contexte. Outre les manifestations parisiennes du 12 mai autorisées par la préfecture de Police, des actions ont été organisées le jeudi 9 mai, à Lyon, à Rennes et dans d'autres régions par les Jeunesses Nationalistes.

 

 

Les  forces de police ont bien mis en oeuvre des mesures répressives :  pas contre   les fascistes, mais contre celles et ceux qui ont, fort légitimement, tenté de s'opposer aux parades néo-nazies.

 

 Ainsi à Lyon, une contre-manifestation antifasciste le 9 mai a donné lieu à l'arrestation immédiate de 25 militantEs, dont six ont vu leur garde-à-vue prolongée après les premières 24H, tandis que leurs soutiens venus manifester au commissariat voyaient leur identité contrôlée. Pendant ce temps, les Jeunesses Nationalistes manifestaient, sous protection policière.

 

À Rennes le même jour, c'est la mobilisation des antifascistes et pas celle des pouvoirs publics qui a empêché la tenue du rassemblement des Jeunesses Nationalistes,

À Paris, la Préfecture de Police qui trouve parfaitement normal et conforme à l'ordre public de laisser défiler des milices néo-pétainistes et des jeunes gens vêtus de noir faisant le salut fasciste a infligé une garde-à-vue de 9 heures aux Femen venues déployer une banderole anti-nazie, sous le prétexte de s’être livrées à une  « exhibition sexuelle ».  On notera au passage le parallélisme de cette qualification policière et les nombreuses insultes sexistes et vulgaires proférées à l’encontre des Femen par les manifestants d'extrême-droite.

 

L’attitude des autorités face à notre appel apporte un triste démenti  à celles et ceux qui objecteraient l'existence d' « autres méthodes  plus respectueuses des règles » pour empêcher l'exhibition publique de la haine raciste, antisémite, sexiste, homophobe. En effet, notre appel a connu une diffusion  importante, à la fois sur les réseaux sociaux, sur les sites de collectifs et d'organisations antiracistes. Le journal l'Humanité a relayé notre appel dans son intégralité. Nous remercions notamment la LDH Toulon, Ras l'Front Rouen, le collectif antifasciste de Bordeaux et tant d’autres qui ont diffusé et publié cet appel . De très nombreux  mails  ont été envoyés, à la Préfecture de Police, au Ministère de l'Intérieur, au Maire de Paris. 

 

Les différentes autorités ont autorisé les différents défilés et ont de surcroît préféré opposer un silence quasi-total à nos demandes. L'exception concerne le cabinet du Maire de Paris, qui a prétendu avec une certaine hypocrisie n'être aucunement concerné par nos messages,  en nous renvoyant vers  la Préfecture de Police. Pourtant, en 2008, le Maire de Paris avait lui-même demandé au Préfet l'interdiction de ces mêmes manifestations et l’avait obtenue. Il est vrai qu'à l'époque, il s'agissait d’un  gouvernement de droite ; la dénonciation de sa complaisance face à l'extrême-droite offrait des avantages politiques plus immédiats à la veille d'élections municipales.

 

C'est grâce à la mobilisation de tous ceux qui refusent le silence et la passivité face à l'offensive fasciste que l’atmosphère peut se modifier et entraîner aussi les grandes organisations antiracistes: ainsi SOS Racisme nous a fait savoir qu’elle avait de son côté demandé l'interdiction mais sans juger utile, à notre connaissance,   de communiquer publiquement sur le sujet.

 

«  Ils n'étaient que quelques centaines, et même moins que l'année dernière » lit-on ici et là en guise de commentaire face aux parades du 12 mai.  Mais l'examen attentif de la situation dans l'Hexagone montre, certes que les néo-nazis et fascistes assumés ne sont souvent que « quelques centaines », voire « quelques dizaines » lors de leurs actions.  Mais ces actions se démultiplient sur le territoire, et  se déroulent  chaque semaine.

 

D'autres encore affirment qu'il s'agit là d'une mouvance, certes dangereuse, mais isolée. La réalité est cependant autre : les Jeunesses Nationalistes sont parfaitement intégrées aux manifestations homophobes, il arrive même, comme à Lyon le 5 mai dernier , qu’en alliance avec le GUD, elles prennent la tête d'une de ces manifestations et en chassent Frigide Barjot.

 

Partout en Europe, l'ascension de l'extrême-droite « légale », va de pair avec celle des courants qui prônent ouvertement la violence et assument publiquement l'héritage des fascismes du XXe siècle. Partout en Europe, la dédiabolisation de l'extrême-droite légale va de pair avec la tolérance sur les agissements de l'extrême-droite radicale et violente, présentée par les pouvoirs publics, de droite ou hélas de gauche comme un « épiphénomène ».

 

En France comme ailleurs, d'ailleurs ces deux extrême-droite sont liées organiquement et au quotidien : ainsi ce mercredi 15 mai, l'invité de « 3ème Voie » au local parisien de Serge Ayoub est Robert Ménard, journaliste reçu sur de nombreuses chaînes de télé et de nombreux médias radiophoniques et qui a déjà annoncé sa probable candidature aux municipales à Béziers dans le cadre du Rassemblement Bleu Marine, censé constituer l'aile « modérée » du FN.

 

 Nous continuerons à ne rien laisser passer, à dénoncer inlassablement l’extrême-droite et ses idées de xénophobie et de haine, à montrer au gouvernement de gauche que celles et ceux qui l'ont porté au pouvoir n'acceptent pas les parades fascistes comme un mal nécessaire.

 

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OPERATION POULPE

 

 

 

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 11:55

Cet appel est publié en commun avec nos camarades du blog Opération Poulpe; nous vous invitons à consulter leur blog http://operationpoulpe.blogspot.fr/

MEMORIAL 98

 

Sur Facebook suivez l'actualité quotidienne de la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme de Memorial 98 à l'adresse http://www.facebook.com/groups/348947755137242/ 

 

 

 

Pour relayer efficacement  cet appel auprès de la Préfecture de Police, infos en fin de texte.

 

 

Ce 12 mai, une nouvelle fois, l'extrême-droite la plus violente annonce plusieurs manifestations dans Paris.

 

Plusieurs groupes et organisations, dont certains sont ouvertement néonazis, vont en effet « commémorer » à leur manière, la mort d'un de leurs militants, survenue le 9 mai 1994 suite à une manifestation non autorisée et violente, organisée par le GUD ; pour certains d'entre eux il s’agit aussi de  rendre leur « hommage » à Jeanne d'Arc.

 

Le premier cortège  partira de la Madeleine à 10h ; il  est organisé par le groupe « 3ème Voie » son dirigeant Serge Ayoub alias « Batskin’ , a animé nombre d’organisations et de mouvances, dont certains militants ont très rapidement franchi le pas vers la violence active, voire le meurtre. Ainsi le 18 juin 1990 au Havre, le jeune James Dindoyal était empoisonné puis jeté à l'eau, avant de décéder dans d'atroces souffrances. Les responsables étaient deux membres des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires, proches de Serge Ayoub (1).

 

Aujourd'hui, Serge Ayoub et ses troupes prétendent à la respectabilité : cependant, très récemment, le 23 avril dernier  les deux militants armés venus soutenir les agresseurs homophobes du bar de Lille et interpellés par la police, ont fait référence à leur appartenance au groupe 3ème Voie (2).

 

Cette manifestation est appelée au nom de la lutte contre l’’ impérialisme ». Or, la dernière initiative de ce type (3) a rassemblé autour de 3ème Voie des organisations de défense de la dictature syrienne, organisations dont les militants ont attaqué très violemment, à Paris et ailleurs en France, des manifestations organisée par les démocrates syriens (4).

 

Cette initiative est d’ailleurs rejointe par d'autres groupes  notamment une partie des « nationalistes autonomes », belges et français, dont la dangerosité immédiate n'est plus à prouver. Ainsi, leur section  de Nancy s‘est spécialisée dans l‘agression des cibles habituelles de l'extrême-droite, membres des minorités ou des mouvements progressistes (5).

 

La seconde manifestation est appelée notamment par l'Oeuvre Française, à 10h à la Concorde. On y trouvera aussi les Jeunesses Nationalistes et le GUD. Ces trois organisations sont ouvertement pétainistes et pro-nazies. Leur propagande est faite d'un mélange extrêmement violent d'antisémitisme, de racisme, d'homophobie et de négationnisme. Les Jeunesses Nationalistes comme le GUD sont à l'origine de nombreuses agressions ces deux dernières années : très récemment, le GUD a appelé ouvertement à la violence contre les homosexuels (6), et l'un de ses membres a également été condamné pour l'agression grave d'un jeune musulman dans les Yvelines (7).

 

Plus globalement c'est autour de ces groupes et de leur propagande en ligne, que gravitent et se forment les individus qui attaquent les locaux des associations LGBT, des forces de gauche, les centres de  planning familial, les mosquées. C'est aussi sur leurs sites et leurs pages Facebook que sont diffusées des théories meurtrières contre les Juifs et les Roms et des appels au passage à l’acte contre ces populations.

 

L'après-midi, une troisième manifestation se tiendra à l'appel de CIVITAS, et nul doute que nombre des manifestants du matin iront ensuite grossir les rangs de l'organisation catholique intégriste.

 

Ces dernières semaines, galvanisée par l'élan violent des manifestations homophobes, cette extrême-droite n'hésite plus, même dans la capitale, à passer à l'attaque physique contre les manifestations ou les militants : le 1er mai, un cortège en hommage à Brahim Bouarram a été attaqué par une quarantaine de néo-fascistes armés (8).

 

ll ne s’agit pas de « groupuscules » sans importance ou anecdotiques:  ces groupes sont parfaitement intégrés et tolérés, aussi bien dans les manifestations homophobes soutenues par l'UMP que  dans les défilés du FN « dédiabolisé", quoi qu'en disent Marine Le Pen ou Frigide Barjot. C'est bien au sein du défilé du FN du 1er mai, au vu et au su de son service de sécurité, qu'ont par exemple été diffusées et collées des affiches comportant l'adresse personnelle de journalistes et d'intellectuels désignés comme les cibles à abattre (9)

 

Comment comprendre que de tels défilés belliqueux, organisés par des individus et des organisations ayant fait la preuve de leur violence, se voient autorisés ?

 

Stopper cette agitation haineuse et dangereuse doit constituer une priorité pour un gouvernement se revendiquant du progressisme et affirmant vouloir protéger les minorités mises en cause.

 

 Il n'y a aucun obstacle juridique pour interdire ces manifestations du 12 mai : les précédents violents lors des manifestations d’extrême-droite sont légion, même en prenant uniquement en compte les derniers mois. Le «  trouble à l'ordre public » est donc bien constitué sauf si l’on considère que l'attaque de certaines catégories de la population ne provoque pas un trouble conséquent et important.

 

La démocratie, c'est la protection du droit de chacun à vivre en paix ; elle ne consiste à pas autoriser les appels à la violence contre une partie de la population, même sous couvert de liberté d'expression.

 

Ça suffit. Nous refusons de vivre dans la peur des violences qui entourent ces défilés de la haine.

 

 

Nous exigeons du Ministre de l'Intérieur et du Préfet de Police qu'ils mettent un terme à cette agitation haineuse permanente et qu'ils prennent les mesures nécessaires pour rendre l'espace public à tous et à toutes.

 

Nous demandons également à toutes les  organisations progressistes et antiracistes et notamment aux plus importantes d’entre elles de prendre la mesure de la gravité de la situation et de se mobiliser pour que ce 12 mai ne voit pas une nouvelle banalisation des parades fascistes.

 

  (1)http://www.liberation.fr/histoires/0101262224-skins-tueurs-a-la-biere-empoisonnee-les-meurtriers-d-un-mauricien-au-havre-demasques-huit-ans-apres

(2)http://www.nordeclair.fr/faits-divers-justice/violences-homophobes-deux-skinheads-armes-etaient-ia0b0n198056

(3)http://www.streetpress.com/sujet/73877-les-skinheads-de-troisieme-voie-defileront-samedi-au-coeur-de-paris

(4)http://www.lemonde.fr/proche-orient/portfolio/2011/10/03/portraits-d-opposants-syriens-agresses-a-paris_1581630_3218.html#ens_id=1481132

(5)http://www.libestrasbourg.fr/actu/2011/02/cinq-skinheads-suspectes-dagressions-en-serie.html

(6)http://yagg.com/2013/04/03/provocation-homophobe-du-gud-linter-lgbt-va-porter-plainte/

(7)http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/01/31/deux-militants-d-extreme-droite-comparaissent-pour-agression-contre-un-musulman_1637089_3224.html

(8)http://lci.tf1.fr/france/faits-divers/1er-mai-des-militants-anti-fascistes-agresses-lors-d-un-hommage-7948618.html

(9)http://www.europe1.fr/France/Le-Monde-va-porter-plainte-contre-le-FN-1503797/

 

  Comment relayer cet appel ?

 

-D’abord, en le faisant parvenir au Préfet de Police de Paris, tel quel, ou en l'accompagnant d'un message individuel courriel.prefecturepoliceparis@interieur.gouv.fr

- En le doublant d'un envoi au Ministre de l'Intérieur, formulaire de contact ci-dessous ( il suffit de copier-coller le texte de l'appel): http://www.interieur.gouv.fr/Infos-du-site/Nous-contacter/Ecrire-au-ministre-de-l-Interieur

-En l'envoyant au Maire de Paris , formulaire de contact ci-dessous : http://www.paris.fr/contacts/Portal.lut?page_id=5722&document_type_id=12&document_id=10737&portlet_id=12354

-En l'envoyant aux députés socialistes parisiens: pbloche@assemblee-nationale.fr, contact@cambadelis.net, caresche@club-internet.fr, daniele.hoffman-rispal@wanadoo.fr, jmleguen@assemblee-nationale.fr, alepetit@assemblee-nationale.fr, contact@sandrinemazetier.fr, dvaillant@assemblee-nationale.fr,

 

Vous pouvez également l'envoyer aux associations de lutte contre le racisme et l'antisémitisme, de défense des droits de l’homme, afin qu'ils prennent des initiatives contre ces parades d'extrême-droite. Et bien sûr, le diffuser dans vos propres réseaux... ou faire votre propre appel.

 

 

Memorial 98

 

Operation Poulpe.

 

Suivez l'actualité quotidienne de la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme sur la page Facebook de Memorial 98 à l'adresse http://www.facebook.com/groups/348947755137242/ 

 

 

 

 

 

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 00:54

À la veille de ce premier mai 2013, la situation en Europe est inquiétante : la crise économique favorise dans de nombreux pays la progression de forces réactionnaires qui désignent les immigrés et d’autres groupes minoritaires comme responsables des difficultés économiques et sociales. La droite officielle se radicalise et mène une offensive contre ce qu’elle nomme « multiculturalisme ».  Des partis d’extrême-droite ou carrément néo-nazis s’installent comme en Grèce, en Hongrie et dans notre pays. La gauche traditionnelle ne tient pas ses promesses et recule face à la xénophobie. Les organisations syndicales se dispersent. Dans cette situation, plusieurs associations et collectifs locaux dont l’association Memorial 98  se sont rassemblées dans une coordination nationale contre l'extrême droite (CONEX voir Antifascisme: regroupement des forces et ci-dessous)

Cette coordination lance un appel à participer aux mobilisations et manifestations du monde du travail.

De plus à  Paris, se déroulera la traditionnelle et toujours nécessaire cérémonie de commémoration de l’assassinat du jeune Brahim Bouarram, jeté à la Seine le 1er mai 1995 par des individus issus du cortège du Front National (voir ci-dessous). Nous y serons présents

(Voir aussi sur ce site

Copé/Fillon: le démon des origines

Copé : au-delà de la provocation

Roms : les mauvaises actions du gouvernement.

8 mai: l'adieu à Sarkozy

Danger:les dirigeants européens encouragent le racisme )

 

MEMORIAL 98

 

 

 

Coordination Nationale contre l’extrême droite

 

1er mai 2013 : la CONEX appelle à l’action avec

     le monde du travail, contre l’extrême droite 

 

Refus de tous les racismes et de l’homophobie, Non à la division des travailleurs !     

                                 Non aux politiques d’austérité !

                Oui à l’égalité, la fraternité et au vivre ensemble.

         La crise économique qui sévit dans le monde capitaliste depuis 2007, continue à faire des ravages et des victimes.

Pour augmenter leurs profits, faire  baisser les salaires et rendre la situation des travailleurs et des salariés encore plus précaire, les patrons du CAC 40 ou les institutions financières d’investissement menacent de délocaliser les entreprises ou encouragent les Etats à créer de nouveaux codes du travail, donnant plus de marges de manœuvre et de pouvoir au MEDEF.

C’est dans un tel climat détestable associé à la croissance du chômage et la montée des profits de la bourse que l’extrême droite endosse un habit pseudo social, crie à la «trahison de la gauche» et tente   de séduire le monde du travail.

Longtemps mis en quarantaine, le Front national (FN) sort de l’isolement grâce à l’action de Nicolas Sarkozy et de ses lieutenants qui ont conduit l’UMP à adopter le langage et le populisme de l’extrême droite. Comme pour le FN, la recherche de boucs émissaires fait désormais partie de la politique d’une partie de la droite qui n’hésite pas à stigmatiser les Roms, les chômeurs, les sdf ou nos concitoyens musulmans.

Par ailleurs, les promesses du candidat Hollande, concernant le droit de vote des immigrés ne sont toujours pas tenues par le président Hollande, et son ministre Valls continue de stigmatiser et d’expulser Roms et sans papiers.

Tout cela ne peut que conforter l’extrême droite qui, ainsi « dédiabolisée », investit la rue, notamment lors des « manifs pour tous » homophobes. Dans les urnes, son quasi succès à la législative partielle dans l’Oise, témoigne de cette montée en puissance du danger fasciste. 

Face à cette offensive, la création d’une «Coordination nationale contre l’extrême droite» (CONEX) était devenue une urgence nationale.

Nous appelons tous ceux qui partagent nos idées et nos combats à descendre le 1er mai 2013 partout dans la rue, à manifester avec les travailleurs leur refus de l’austérité, de la précarité et de l’impunité des racistes qui attisent la haine de l’autre et la division. 

A l’échelle nationale, la bataille de la rue et des idées contre l’extrême droite, ne fait que commencer pour la CONEX qui œuvre pour la fraternité et le vivre ensemble des travailleurs de toutes origines, des salariés, des exclus et des précaires.

                         Contact : conex@riseup.net    

 

 

Appel pour un 1er mai de refus du racisme et de la xénophobie

RASSEMBLEMENT le 1er mai 2013, de 11h à 12h Pont du Carrousel à Paris 75001

 

Le 1er mai 1995, Brahim Bouarram, 29 ans, profitait d’une journée ensoleillée. Il ne savait pas que des mains criminelles allaient le précipiter dans la Seine et mettre fin à ses jours. Les auteurs venaient de quitter le défilé du Front national.

 

Dix-huit ans plus tard, les discours de stigmatisation, de discrimination et de rejet de l’autre ont fait tache d’huile. L’année dernière, ici même, nous avons été nombreux à exprimer notre espoir d’un changement de politique favorable aux immigré-e-s et leurs familles. Nous espérions une lutte plus affirmée contre les discriminations, et pour une citoyenneté à part entière. La promesse d’octroyer le droit de vote pour les étrangers, est aujourd’hui une promesse abandonnée, et la traque des sans papiers continue avec toutes ses conséquences sur des femmes et des hommes de plus en plus fragilisé-e-s et abandonné-e-s.

 

L’instrumentalisation des débats sur l’Islam et la laïcité, conduisent à encourager la montée de l’intolérance et de la haine, alors que doit être encouragé le vivre ensemble démocratique.

 

Nous, citoyens et organisations fidèles aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, ne supportons plus que la République soit ainsi défigurée, la laïcité instrumentalisée au service de la stigmatisation de millions de nos concitoyens.

 

Il est temps de dire notre refus de cette dérive dangereuse, de faire barrage à la lepénisation des esprits et des politiques. Oui, il faut barrer la route à l’extrême droite et aux populistes de droite, barrer la route aux idées de haine qui ont tué Brahim Bouarram.

 

  C’est pourquoi toutes les organisations signataires, appellent à un rassemblement le 1er mai 2013, à Paris à 11h au Pont du Carrousel.

 

-  Pour rendre hommage à la mémoire de Brahim Bouarram et à toutes les victimes des crimes racistes.

 

-  Pour dénoncer les discours xénophobes qui mettent en danger les étrangers et discriminent les citoyens selon leurs origines ou leurs croyances.

 

-  Pour appeler à en finir avec tout ce qui, depuis des années, défigure la République.

 

Premiers signataires :

 

LDH/ MRAP/ ATMF/ FTCR/ ASDHOM/ AMF/ ACDA/ GISTI

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 23:37

Cet article est le second publié sur cette affaire par Bernard Schmid pour Memorial 98 (voir Allemagne: qui protège les néos-nazis? ). Nous avons jugé utile de conserver les liens de référence vers les sources allemandes afin d' en permettre la vérification. La longueur inhabituelle de l'article se justifie amplement par la complexité et la gravité de l'intrication entre une cellule de tueurs néo-nazis et des secteurs de l'appareil d'Etat allemand.

MEMORIAL 98

 

 

 PARTIE I :

 Ce mercredi 17 avril 2013, un procès qui aurait été susceptible de revêtir une dimension historique s’ouvre devant la « Chambre des infractions contre la sûreté de l’Etat » le Staatsschutzsenat - du tribunal criminel de Munich, en Allemagne. Il pourrait durer deux ans. L’ancienne militante néonazie Beate Zschäpe, âgée de 38 ans, en détention provisoire depuis novembre 2011, en sera l’accusée principale. Une douzaine de complices actifs sont poursuivis avec elle, dont quatre comparaissant en détention provisoire ; ceci alors que le réseau néonazi meurtrier auquel appartenait Zschäpe est nettement plus étendu. Un récent article dans un journal de droite (« Bild am Sonntag »), confirmé par les autorités puis par la télévision publique, parle ainsi de 129 membres actifs du réseau de complices. Voir http://www.bild.de/news/inland/nsu/hatte-129-helfer-und-helfershelfer-29642018.bild.html  et http://www.zeit.de/gesellschaft/zeitgeschehen/2013-03/nsu-netzwerk-namensliste

Tout aurait donc dû confirmer l’importance majeure de ce procès contre des criminels à l’idéologie brune.

 Le terme « aurait été… » se justifie pleinement, dans la mesure où les autorités étatiques auront tout fait pour minimiser et réduire l’impact de ce procès, ainsi que nous le verrons par la suite. Dans une partie des médias et dans la société civile, le procès est cependant suivi avec une attention accrue. Ainsi le  samedi 13 avril à Munich, au moins 10.000 personnes ont participé à une manifestation contre la terreur néo-nazie ; voir ici une interview donnée par le porte-parole du collectif organisateur  : http://www.heise.de/tp/artikel/38/38912/1.html  et aussi http://ffm-online.org/2013/04/11/demo-bundnis-gegen-naziterror-und-rassismus-zum-nsu-prozess-in-munchen/#more-8477

 

 Des militants néonazis connus de longue date

 

La principale prévenue de ce procès est poursuivie pour avoir été l’un des membres fondateurs d’une « association constituée en vue de commettre des actes terroristes », au sens du § 129a du Code pénal allemand. Cette association à but terroriste a pris la forme de la cellule qui s’est donné pour nom Nationalsozialistischer Untergrund (« maquis national-socialiste » ou « clandestinité nationale-socialiste »), en abrégé « le NSU ».

 

Trois membres de ce groupe sont connus, pour l’heure : Beate Zschäpe, chargée notamment de la gestion de la planque des membres du groupe – un appartement située dans la ville de Zwickau –, de la location de véhicules pour les tueurs actifs du groupe, et surtout de l’« entretien d’une image de la normalité » vis-à-vis des voisins et autres visiteurs de l’appartement en question. Ainsi le dit l’acte d’accusation, un dossier volumineux de 500 pages qui sera lu intégralement ce 17 avril, au début du procès. Puis il y avait les deux tueurs en service du « NSU », Uwe Mundlos et Uwe Bönhardt, morts (a priori par suicide ) le 04 novembre 2011 à Eisenach, près d'Iéna.

Ils étaient d’ailleurs connus de longue date  en tant que  militants d’extrême droite; Uwe Mundlos s’était ainsi fait remarquer pour son idéologie néonazie au cours de son service militaire, effectué en 1994/95 à Bad Frankenhausen, dans l’Etat-région de Thuringe. Selon des informations parues récemment, Mundlos avait été interrogé plusieurs fois à cette époque par le MAD (Militärischer Abschirmdienst, le service de renseignement et de contre-espionnage de l’armée allemande) ; v. http://www.fr-online.de/neonazi-terror/nsu-mad-befragte-mundlos-offenbar-mehrfach,1477338,20921146.html A plusieurs reprises, et non pas une seule fois en mars 1995, comme l’avait laissé entendre le MAD jusqu’à très récemment. Mais ce n’est pas le seul service étatique qui a tenté, dans la période récente, d’effacer le plus de traces possibles…

 

Les trois membres fondateurs du « NSU » (ceux connus jusqu’à ce jour) avaient fait le choix de vivre dans l’illégalité à partir du 26 janvier 1998, suite à une perquisition dans le garage de Beate Zschäpe au cours de laquelle une bombe – en état de fonctionner – fut trouvée. Cet épisode n’a pas empêché « le trio terroriste », comme les membres révélés du NSU sont aujourd’hui appelés par la presse allemande, de vivre à proximité de leurs lieux d’existence initiaux, pendant pas moins de 13 ans. Ils ont aussi pu voyager avec des vrais-faux papiers d’identité, fournies par les autorités allemandes. Ils ne se privaient pas de bouger, en Allemagne ou encore en Europe de l’Est ; une période de vacances sur la Mer baltique est encore documentée pour l’été 2011.

 

L’existence d’autres membres du « noyau dur » du groupe reste un sujet à spéculation. Il n’ y a en revanche pas de doute quant à l’existence d’un réseau structuré qui entourait les membres fondateurs. Au moment où « le trio terroriste » prit officiellement le maquis – ou plutôt, une existence dans la semi-clandestinité, dont semble-t-il beaucoup de personnes dans la région étaient au courant -, une liste de « contacts utiles » avait aussi trouvé dans le fameux garage. Elle comportait plus de cent noms et/ou numéros de téléphone. A ce jour, cette liste n’a pas été officiellement exploitée par les organes d’instruction étatiques. La raison officielle est que le LKA (Office de police criminelle régional) de l’Etat-région de Thuringe avait expédié cette liste au BKA (Bundeskriminalamt, Office fédéral de police criminelle) ; celui-ci n’a jamais lancé d’investigations sur cette base, prétendument« parce qu’on pensait que c’était le LKA qui le faisait ». Voilà pour les prétextes officiels. Mais il est probable que la liste de 129 noms, évoquée il y a peu par le journal populiste « Bild am Sonntag », pourrait être fondée sur cette liste initiale.

 

Par ailleurs, des collectifs néonazis de soutien aux membres du NSU ont été constitués jusque dans des prison. Les lieux d’incarcération  constituent depuis longtemps un lieu d’organisation des néonazis notamment à travers le « Collectif d’entraide aux prisonniers politiques » HNG. (v. http://www.welt.de/politik/deutschland/article115158911/Neonazis-in-Gefaengnissen-kontaktierten-NSU-Umfeld.html?wtmc=nl.rstpolitik ) Dans l’Etat-région de Thuringe, les réseaux de soutien aux complices du « NSU » étaient d’ailleurs devenus tellement denses qu’ils arrivaient à contourner le contrôle du courrier dans les pénitenciers, amenant les autorités judiciaires à transférer l’un des prévenus de Thuringe en Bavière. (V.

http://www.bnr.de/artikel/hintergrund/unterstuetzernetzwerk-der-bewegung)

 

Par ailleurs, les enquêtes menées depuis novembre 2011 ont permis d’identifier certains complices actifs, ayant livré assistance et secours aux membres actifs du « NSU ». L’un d’entre eux, maintenant accusé à Munich, est un certain Ralf Wohlleben. Celui-ci, un temps président adjoint du NPD (« Parti national-démocate », principal parti d’extrême droite en Allemagne) dans l’Etat-région de Thuringe, est lourdement accablé par les dépositions d’autres témoins ou prévenus. Un certain Carsten S, âgé de 19 ans à l’époque des faits et membre actif des JN (« Junge Nationaldemokraten », organisation de jeunesse du NPD, à  forte réputation extrémiste), a ainsi déclaré aux enquêteurs que c’est lui qui était allé remettre l’arme du crime aux membres fondateurs du groupe . Il s’agit d’un un pistolet de fabrication tchèque du type « Ceska 83 », avec laquelle les assassinats du « NSU » de 2000 à 2007 ont été commis . Mais il a aussi précisé qu’il s’était rendu à Chemnitz (en Saxe), pour rencontrer les futurs tueurs, « fin 1999 ou début 2000 » sur ordre de Ralf Wohlleben. Ce serait d’ailleurs aussi celui-ci qui aurait payé l’arme du crime, facturée 2.500 deutschemarks à l’époque. Voir aussi http://jungle-world.com/artikel/2013/15/47484.html

 

Il est plus que probable que certains membres ou proches du réseau terroriste néonazis, autres que la dizaine d’accusés au procès de Munich, courent encore en toute liberté. Ceci d’autant plus que selon des révélations récentes de la police et des médias, 266 néonazis seraient actuellement officiellement recherchés par la police, mais « sans lieu de séjour connu » ( chiffres de mars 2013). La police aurait, donc, officiellement perdu toute trace de ces militants potentiellement dangereux. (voir  http://www.netz-gegen-nazis.de/dokument/12032013presseschau-8578 )

 

 Une longue série de crimes

 Le groupe NSU a commis au moins dix assassinats entre 2000 et 2007 ; neuf des victimes étaient des immigrés d’origine turque ou grecque. Il s’agit d’Enver Simsek, fleuriste ; Abdurrahim Özüdogru, salarié chez Siemens et tailleur à ses heures libres ; Süleyman Tasköprü, épicier, vendeur de légumes ;  Habil Kiliç, épicier ; Yunus Turgut, employé dans un restaurant de Döner ; Ismail Yasar, lui aussi employé dans un restaurant turc ; Theodorus Boulgarides, travaillant pour un magasin de clés et serrures ; Mehmet Kubasik, qui gérait un kiosque ; et Halil Yozgat, qui gérait un cybercafé. Toutes les victimes ont été assassinées « au hasard », du seul fait de leurs origines étrangères,  sans être personnellement connues des tueurs. Ils habitaient dans différentes villes, de Rostock dans le Nord-Est jusqu’à Munich dans le Sud-Est et à Dortmund dans l’Ouest du pays. Les tueurs s’étaient déplacés à travers quasiment toute l’Allemagne pour atteindre leurs victimes en utilisant souvent des camping-cars loués.

 

La dixième victime était une femme policière, Michèle Kiesewetter, assassinée d’une balle dans la tête en avril 2007 à Heilbronn, ville située dans le sud-ouest de l’Allemagne, alors qu’un de ses collègues fut grièvement blessé. Le motif de son assassinat n’est pas parfaitement élucidée jusqu’à aujourd’hui, mais il est probable qu’elle a été tuée pour avoir trop su  sur des activités néonazies… mais aussi, éventuellement, sur des connexions néonazies à l’intérieur de la police allemande. Elle était en effet originaire de Thuringe, région où a été initialement créé le « NSU », et avait probablement une connaissance – inévitable en raison de leur caractère très visible – d’activités néonazies dans la région. (V. http://faustkultur.de/kategorie/gesellschaft/obermayr-schwarzbuch-rassismus.html#.UWp5Co7BASo )

Par ailleurs, son chef de brigade – Zugführer – était un certain Timo H., qui s’est avéré être membre d’un groupe néonazi qui se fait appeler « Ku Klux Klan Allemagne » (voir le journal BILD du 04 novembre 2012). Autrement dit, pour l’une ou l’autre raison, elle a probablement dû mourir pour en « savoir trop » sur certaines choses ou activités. Ainsi le néonazi Timo Brand, placé au centre des certains réseaux néonazis en Thuringe et sur lequel nous allons revenir plus loin, possédait une voiture dans les environs de Heilbronn, la ville où Michèle Kiesewetter fut assassinée le 27 avril 2007.

Le « NSU » a aussi, probablement, commis un attentat à la bombe en janvier 2001 à Cologne, dans l’Ouest de l’Allemagne, dirigé contre une épicerie gérée par une famille irano-allemande. La fille de la famille, âgée à l’époque de 19 ans, Masliya M., a été grièvement blessée. La devanture du magasin qui avait constitué la cible de cet attentat apparaît dans la petite vidéo cyniquement appelée « Paul la Panthère » et rendue publique en novembre 2011. Il s’agit de la vidéo dans laquelle le « NSU » a revendiqué ses crimes, énumérés et commentés pour le spectateur par la célèbre figure de dessin animé « Paul, la panthère rose ».

 

Aussi et surtout, le groupe est accusé d’avoir fait exploser une bombe remplie d’explosifs et de clous pointus (en vue de faire la maximum de victimes), le 9 juin 2004 à Cologne. L’explosion eut lieu dans une rue marquée par de nombreux commerces et restaurants de la population originaire de Turquie (turque ou kurde), et fit 22 blessés dont de nombreux blessés graves.

 

La complicité et/ou l’aveuglement de la politique officielle allemande, a été flagrante dès la survenue de cet attentat à l’explosif. A l’époque, on ignorait encore l’existence d’un groupe organisé, désigné par lui-même comme « cellule clandestine national-socialiste », à savoir le NSU. Celle-ci a été révélé pour la première fois par la mort (a priori le suicide) de deux de ses membres, repérés par la police, le 04 novembre 2011. Mais de nombreux observateurs , avaient évoqué, dès la nouvelle de l’attentat juin 2004 connue, la probabilité d’un crime raciste : ses auteurs avaient cherché à faire le plus grand nombre de victimes possible, touchées certes « au hasard » mais dans un quartier à forte population immigrée. La police de Cologne elle-même avait, en ce jour du 9 juin 2004, déclarée soupçonner « un crime politique ou raciste ». Or, dès le lendemain, le10 juin 2004, le ministre fédéral de l’Intérieur – Otto Schily, social-démocrate autoritaire et droitier– avait martelé qu’il ne pouvait s’agir que d’un « crime crapuleux », et que toute piste « politique » était exclue.

 

Interpellé à ce propos par la commission d’enquête parlementaire du Bundestag (« NSU-Untersuchungsausschuss »), formée le 26 janvier 2012 suite à la découverte du NSU fin 2011, Otto Schily déclara à ce propos « ne se souvenir de rien ».

 

 PARTIE II :

 

Le rôle plus que douteux des autorités officielles

 

Nous n’avons pas encore abordé le pire, en ce qui concerne le rôle visible et invisible des autorités allemandes. De nombreux médias ont parlé, depuis, d’« échec des organes d’investigation », d’«incompétence flagrante des enquêteurs » et ainsi de suite. La réalité est, très certainement, bien pire.

 Cette réalité est à ce point inquiétante que les présidents des services secrets intérieurs – appelés en Allemagne « Offices de protection de l’ordre constitutionnel » (Ämter für Verfasschungsschutz, abrégés VfS), équivalents des ex-Renseignements Généraux français, de l’Allemagne fédérale et de deux Etats-régions ont été contraintes à présenter leur démission, à l’été 2012,. Ce fut  d’abord le président du VfSà l’échelle nationale, Heinz Fromm, qui démissionna début juillet 2012. A la suite, ce fut  le président du VfS de l’Etat-région  de Saxe, Reinhard Boos, qui demande le 11 juillet 2012 sa mutation dans un autre service (voir http://www.spiegel.de/panorama/nsu-ermittlungspannen-sachsens-verfassungsschutzchef-tritt-zurueck-a-843817.html. Dans l’Etat-région voisin de Thuringe, c’était son collègue du VfS du Land, Thomas Schippel, qui demanda peu après sa mise en retraite anticipée.

 Quel est l'objet du scandale qui les avait fait démissionner ? En juillet 2012,  l’opinion publique stupéfaite apprit que les services secrets intérieurs avaient procédé,  au début du mois en cours, à des destructions massives de dossiers, portant sur les activités de renseignements et de police autour du « NSU ». On savait déjà, à ce moment-là, qu’une vingtaine de dossiers sensibles avaient été passés à la broyeuse entre novembre 2011 et janvier 2012. Détail étonnant : des fonctionnaires du VfS fédéral, situé à Cologne, étaient venus travailler le 11 novembre de l’année 2011, apparemment spécialement pour détruire des papiers. Or, le 11 novembre est le début de la saison du carnaval à Cologne, aussi appelée « la cinquième saison » ; et qui connaît la région de Rhénanie, sait que venir au  travail est exceptionnel à cette date particulière, surtout dans une ville comme Cologne. Mais peut-être que les fonctionnaires en question sont trop austères pour participer au Carnaval ? . Ils avaient en tout cas un certain sens de l’humour, expliquant publiquement que des dossiers ultra-sensibles avaient dû finir à la broyeuse en raison du besoin « de protéger des sources »

 

Début juillet 2012, on apprit que pas moins de 310 dossiers venaient encore d’être détruits. Alors que la transformation de vingt autres en confetti, quelques mois auparavant, avait déjà suffi pour faire scandale… C’est à ce moment-là, courant juillet, que le ministère de l’Intérieur fédéral eut la bonne idée d’enfin d’interdire toute destruction ultérieure de dossiers. C’était le  « bon moment » parce qu’il ne restait probablement rien des données les plus sensibles,. Selon des dires de Thomas Wüppesahl, porte-parole de l’Association fédérale des policiers et policières critiques qui suit attentivement l’évolution de l’« affaire NSU », (v. son interview par une radio libre de fin octobre 2012, sous : http://www.freie-radios.net/51745)  « 94 de ces dossiers avaient une relation directe avec des personnes liées au NSU. Dont des dossiers personnels d’informateurs et complices du NSU, y compris celui d’un indicateur du LKA (note : Landeskriminalamt, office régional de police criminelle) de Berlin,  qui avait fourni un kilogramme d’explosifs aux trois membres fondateurs du NSU. 

La suspicion règne, donc, vis-à-vis des appareils étatiques et des structures de police. Elle règne aussi, visiblement, à l’intérieur de ces appareils. A ce point qu’à la suite des révélations ci-dessus évoquées, le ministre de l’Intérieur de l’Etat-région de Thuringe – Jörg Geibert, membre de la CDU (Union chrétienne-démocrate), donc du principal parti de droite – ordonna la mobilisation de 80 Bereitschaftspolizisten (l’équivalent des CRS français) pour faire photocopier des documents se trouvant en possession du VfS de Thuringe. Le ministre déclara ouvertement qu’il s’agissait d’empêcher que le service en question puisse faire disparaître des « parties substantielles » des dossiers relatifs à l’Affaire NSU, ajoutant qu’il était nécessaire d’« assécher un marais ». Puisque la méfiance régnait vraiment très fortement, le ministre donna par ailleurs l’ordre d’acheminer les photocopies directement à Berlin, afin de les remettre aux membres de la Commission d’enquête parlementaire du Bundestag. Une radio régionale, le Mitteldeutscher Rundfunk (MDR), précisa ensuite que des membres du service de renseignement suspecté – du VfS de Thuringe – s’étaient enquis plusieurs fois du trajet des véhicules transportant ces documents vers la capitale, sans pour autant obtenir l’information… (Cité d’après Peer Heinelt : « Rechter Terror von Staats wegen », article paru dans le magazine mensuel KONKRET, numéro 12/2012 ; non en ligne.)

 

 

 

PARTIE III :

 

 

Tentative d’explication

 

Qu’est-ce qui explique une telle attitude d’autorités étatiques, dont des fractions importantes sont visiblement impliquées jusqu’aux deux oreilles dans le scandale consistant à avoir laissé faire – plus ou moins ouvertement - des terroristes nazis ? Incompétence, pagaille administrative, comme le suggèrent certaines voix bien pensantes ? Que nenni. A ce niveau-là, et vu les nombreuses tentatives visibles d’effacer des traces, une telle pseudo-explication n’a aucun sens.

 

Ce qui se cache derrière « le marais », pour reprendre les mots du ministre précité, c’est une stratégie des services qu’on peut qualifier de « tentative de contrôler par accompagnement actif ». Prenons l’exemple de Tino Brandt. L’homme se targue ouvertement, dans des interviews donné à certain/e/s journalistes, d’avoir encaissé au total 200.000 deutschmarks (environ 100.000 euros) , déboursés par les services du VfS de Thuringe pour payer ses services d’indicateur. Or, loin de permettre l’observation du milieu néonazi afin de mettre l’Etat en mesure de le combattre, Tino Brandt était au contraire un membre plus qu’actif de ce même milieu néonazi. Et il s’en vante. Tout en déclarant aussi dans une interview, à propos des les membres fondateurs du NSU : « Mais les trois étaient des nôtres ! » … 35 enquêtes pour violences et propos racistes étaient en cours contre Tino Brandt, en 2002. Aucune ne s’est soldée par une condamnation, son statut d’indicateur officiellement reconnu lui garantissant une immunité pénale. Actuellement, certains enquêteurs veulent néanmoins en savoir plus sur les liens éventuels avec le  NSU . Une perquisition à son domicile a ainsi lieu le 28 mars 2012 et pas le 5 novembre 2011 , au lendemain de la mort de deux des fondateurs du « NSU ». « Ce qui lui aura laissé », poursuit le journaliste Florian Sendtner, « cinq mois  pour faire disparaître tout ce qui était quelque peu périlleux pour lui ». (Voir http://www.konkret-magazin.de/429/articles/tino-brandt-und-die-biedermaenner-889.html )

 

A propos d’indicateurs des services, il serait aussi intéressant et nécessaire d’en savoir un peu plus sur le rôle d’un employé permanent du service de renseignement VfS de l’Etat-région de Hesse, nommé Andreas Temme. Celui-ci se trouvait dans le Cybercafé géré par Halil Yozgat dans la ville de Kassel, au moment précis de son assassinat, le 06 avril 2006. L’enquête a révélé que Temme était enregistré comme étant « en ligne », dans ce cybercafé, de 16.43 h jusqu’à 17.01 h, ledit jour. Or, la victime de l’assassinat raciste fut trouvée par son fils, le même jour à 17 heures03. Le jour même à 13h 06, Temme avait appelé de son portable de service un néonazi proche du réseau violent « Blood & Honour », qu’il avait lui-même fait utiliser comme indicateur par son service, depuis 2003. (Voir une reconstruction plus détaillée sous : http://friedensblick.de/2774/rekonstruktion-des-nsu-mordes-an-halit-yozgat/ ) Malgré un appel à témoins, Andreas Temme ne s’était pas confié à la police suite à l’assassinat. Lorsqu’il fut néanmoins identifié, il tenta de se justifier en disant qu’il avait « cherché des rencontrer des femmes en ligne », et qu’il n’avait pas souhaité que ses collègues de travail soient au courant. Le journal de droite « BILD » a même écrit, en date du 15 novembre 2011, que Temme se trouvait au total « à proximité de six des lieux d’assassinats commis par le NSU » (d’autres médias ont parlé de trois cas au lieu de six), au moment exact du crime. Plus tard, cette « proximité » étonnante n’a plus tellement été évoquée, dans les grands médias. Andreas Temme, alors âgé de 39 ans, était  surnommé « Klein-Adolf » (Petit Adolf en référence à Hitler), par des collègues ;lors d’une perquisition à son domicile, de la littérature d’extrême droite fut trouvée . Il a néanmoins été officiellement mis hors cause par les résultats de la perquisition car les enquêteurs n’ont pas retrouvé chez lui l’arme du crime ou un autre élément immédiatement confondant.

 

Revenons cependant à Tino Brandt : c’est lui qui a créé dans les années 1990 une milice néonazie régionale, le « Thüringer Heimatschutz », dont des nombreux membres feront plus tard partie de l’entourage des trois membres fondateurs du « NSU ». Lui-même était en contact avec eux, ce qui est prouvé au moins jusqu’à la fin des années 1990, puis fait l’objet de spéculations au-delà. Il a arrêté ses activités d’indicateur en 2001, après que son identité eut été publiquement révélée ; or, les néonazis ne le menaçaient alors pas pour avoir « trahi la cause », comme on aurait pu s’y attendre, mais le félicitaient au contraire.

 

Horst Mahler, à l’époque avocat du NPD (et par ailleurs négationniste connu, qui a fini par se retrouver en prison pour cette raison-là), utilisait l’activité révélée de Tino Brandt comme « joker » dans le procès d’interdiction, alors intentée contre le NPD devant le Tribunal constitutionnel d’Allemagne à Karlsruhe. Puisque des membres aussi actifs et aussi haut placés dans le milieu néonazi – et du NPD lui-même – étaient des indicateurs de police, argumenta-t-il alors, l’Etat ne pouvait pas interdire ce parti… puisqu’il existait des soupçon de fabrication de preuves à charge contre le parti néonazi, par des agents provocateurs.

 

En effet, le Tribunal constitutionnel de Karlsruhe adopta un raisonnement similaire, et refusa d’interdire le NPD par une décision rendue en mars 2003 - Actuellement, en 2013, une nouvelle demande d’interdiction à l’encontre du parti néonazi est par ailleurs à l’étude. Or, seuls trois « organes constitutionnels » peuvent formellement demander aux juges constitutionnels de dissoudre une formation politique à laquelle le statut de parti est reconnu : le gouvernement fédéral, le Bundestag (équivalent de l’Assemblée nationale) et le Bundesrat (chambre fédérale composée de représentants des Etats-régions allemands, qui ressemble de très loin à une sorte de Sénat). Après divers rebondissements, la coalition de droite actuellement au pouvoir en Allemagne a fini par décider, à la mi-mars 2013, de ne pas demander l’interdiction du NPD. Le parti (ultra)libéral F.D.P., membre de la coalition avec les Unions chrétienne-démocrate et chrétienne sociale CDU et CSU, avait décidé de demander à ses cinq ministres d’émettre leur veto. Ses arguments étant qu’« on ne peut pas interdire la bêtise », et qu’« une démocratie comme la nôtre est assez forte pour pouvoir combattre l’extrémisme de gauche comme de droite ». (V. http://www.zeit.de/politik/deutschland/2013-03/npd-verbotsantrag-fdp-seehofer-roesler )

 Surtout « de gauche », d’ailleurs, puisque le rapport 2012 du VfS avait encore surtout mis en avant « la violence d’extrême gauchee » - en réalité très anecdotique par rapport aux 180 morts de violences néonazies enregistrés depuis la réunification allemande en 1990 -, et avait défini la violence islamiste (n’ayant fait encore aucun mort en Allemagne) comme « menace principale ». Ce n’est qu’en 2013 que le passage sur la menace néonazie est (re)devenue quelque peu substantiel ; sachant que l’idéologie officielle de l’Allemagne fédérale continue à consister en une sorte d’« anti-extrémisme primaire », mettant gauche marxiste et extrême droite fasciste strictement dans le même sac, quand la première n’est pas définie comme « plus menaçante »… Voir. aussi http://www.heise.de/tp/blogs/8/154096

Néanmoins, l’information publiée par l’AFP selon laquelle « le NPD ne sera pas interdit » (v. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/03/20/97001-20130320FILWWW00429-allemagne-parti-neo-nazi-pas-interdit.php) paraît précipitée, dans la mesure où le Bundesrat – la chambre fédérale – pourrait encore décider de se lancer, seule, dans une procédure devant le Tribunal constitutionnel. Avec les voix d’une majorité des Länder (Etats-régions), notamment ceux gouvernés par le SPD social-démocrate, la Chambre fédérale pourrait encore décider de lui demander l’interdiction du NPD ; sans être accompagnée par le gouvernement fédéral ni par la majorité au Bundestag, où le veto du F.D.P. bloque les choses. Rien n’est encore sûr, pas plus que ne l’est l’issue d’une procédure éventuelle. Le problème du « manque de distance / d’éloignement vis-à-vis de l’appareil de l’Etat », selon la formulation du Tribunal constitutionnel lors de sa décision dans la première procédure contre le NPD, en 2003, continue toujours à se poser.

 

Des structures de l’Etat allemand sont étroitement imbriquées dans les activités de la mouvance fasciste et néonazie, et ce n’est pas une nouveauté absolue. Il se pose la question des motifs et des raisons de cette situation. On peut noter  l’origine de bon nombre des services en question souvent construits en Allemagne fédérale après 1949 sous la conduite d’anciens membres des appareils de répression nazis. De plus,  il faudra  réfléchir à la stratégie de l’Etat vis-à-vis de la gestion de la situation en ex-Allemagne de l’Est, suite à la réunification. Après l’entrée en vigueur du Traité actant l’« adhésion » de l’ancienne RDA à la République fédérale d’Allemagne, le 3 octobre 1990, il s’est avéré rapidement que les rêves d’une bonne partie de la population de l’ex-RDA – consistant à entrer dans un « paradis capitaliste », monnaie forte et fortes possibilités de consommation à l’appui – allaient être vite déçues. Au lieu des « paysages florissants à l’Est », publiquement invoqués par le chancelier Helmut Kohl en 1990, les habitant/e/s de l’ex-RDA allaient plutôt connaître désindustrialisation, chômage massif et prise de contrôle par des entreprises et administrations de l’Ouest étendant leur territoire. Les œufs jetés sur Helmut Kohl lors d’une visite en ex-RDA, le 31 mai 1991, n’en étaient qu’un début spectaculaire. (V. http://www.youtube.com/watch?v=8ZazG0nxexU et http://www.youtube.com/watch?v=gbBUj_VRA-Y ) A ce moment-là, certains décideurs au niveau politique et administratif semblent avoir visiblement pris une décision : il valait mieux avoir une « opposition » raciste et nazie – au départ favorisée par le fait qu’une partie de la population assimilait systématiquement les idées de gauche à l’ancien régime du temps de la RDA -, qu’une opposition sociale, syndicale ou progressiste. C’est en tout cas l’hypothèse développée  avec force détails par l’écrivain Wolfgang Schorlau, dans son roman policier « Das München-Komplott » (Cologne 2009, 336 pages ; nous remercions le journaliste Detlef zum Winkel pour nous avoir conseillé cette lecture).

 

Elle correspond assez exactement à ce qui put être observé à partir du mois de septembre 1991, et jusqu’au cours de l’année 1993 : en déclenchant la tristement célèbre « Asyldebatte », les décideurs politiques avaient ouvert les vannes d’un racisme extrêmement agressif. Il s’agit de la campagne orchestrée par les principaux partis politiques et médias contre « l’afflux de demandeurs d’asile », proclamé « problème national numéro 1 » depuis l’automne 1991. Une campagne qui dura, à l’échelle nationale, jusqu’à la restriction radicale du droit d’asile par modification de la constitution, votée le 26 mai 1993. Cette campagne xénophobe fut accompagnée d’une vague de crimes sans précédent, avec notamment les incendies de centaines de foyers d’immigrés et les assassinats par le feu perpétrés à Mölln (novembre 1992), Solingen (mai 1993) et ailleurs. Voilà le « marais » politique principal, dans lequel ont pu grandir et se nourrir abondamment des réseaux néonazis criminels.

 Aujourd’hui, l’une des questions qui se posent aux observateurs critiques peut être énoncée comme suit :«Combien d’Etat se trouvait dans le NSU ? »

Voir http://linksfraktion.de/nachrichten/naziterror-verfassungsschutz-zwei-seiten-medaille/

 

 Conditions extrêmement restrictives pour le procès

 En attendant, et alors que s’ouvre le procès de Munich à partir du 17 avril, celui-ci est placé dans des conditions extrêmement restrictives par les autorités judiciaires. L’audience a été organisée dans une salle minuscule, ce qui a fait surgir la formule  d’un« méga procès dans une mini salle », voir

http://www.zeit.de/gesellschaft/zeitgeschehen/2013-03/nsu-prozess-muenchen-2

 La transmission par vidéoprojecteur dans une autre salle du tribunal serait techniquement possible et légalement admissible ; elle a été publiquement demandée par des représentant/e/s des médias http://www.zeit.de/gesellschaft/zeitgeschehen/2013-04/justizjournalisten-nsu-presseplaetze  ), mais n’a jusqu’ici pas été accordée (– dimanche 14 avril –). Pire encore : aucun média turc n’avait d’abord été admis a assister au procès. Les autorités judiciaires avaient mis en place un système d’accréditation draconien. Au total, seules 50 places de journalistes avaient été attribuées à l’ensemble des médias souhaitant s’inscrire. Or, aucun organe de la presse turque ne faisait partie des heureux élus, alors que huit des victimes d’assassinats racistes commis par le « NSU » sont d’origine turque. Le journal turc « Sabah »  avait fini par saisir le Tribunal constitutionnel à Karlsruhe (voir http://www.zeit.de/gesellschaft/zeitgeschehen/2013-04/nsu-prozess-medien-tuerkei-klage ), qui lui donna partiellement  raison dans une décision du 12 avril. (voir http://www.bundesverfassungsgericht.de/pressemitteilungen/bvg13-024#top ) En effet, décidèrent les juges constitutionnels, des organes de presse possédant une « proximité avec les victimes », par le fait de leur nationalité, devaient pouvoir se voir attribuer des places. Au moins cela semble avoir été rendu possible…

Les conditions du début de ce procès constituent en elles-mêmes un scandale, alors que le procès du « NSU » est lui-même susceptible de révéler d’autres scandales de grande ampleur. A condition, entre autres, que Beate Zschäpe se décide de parler, après avoir gardé jusqu’ici le silence total depuis qu’elle s’est  à la police le 08 novembre 2011.

Les autorités judiciaires, qui tablent sur une durée du procès s’étalant deux ans, ont prévu de laisser jusqu’en novembre 2013 pour les auditions de témoins, mais en programmant celles des experts  en matière d’armes et de balistique avant celles des témoins oculaires, ou encore des proches des victimes. L’objectif poursuivi – ou au moins l’effet obtenu – pourrait être que l’opinion publique commence à se désintéresser d’un procès qui prendrait  d’abord l’allure d’une longue expertise portant sur des détails techniques. Serait-ce le but recherché, Les parties civiles, ou certaines d’entre elles, ont d’ores et déjà exprimé leur crainte de rester finalement sur leur faim.

 

A l’opinion publique, allemande internationale revient le rôle de se saisir de la petite ouverture sur la vérité que crée, malgré tout, ce procès. La porte, qui n’est que légèrement entrebâillée, doit être grandement ouverte. Puis des conséquences politiques doivent en être tirées. Celles-ci ne devront pas épargner des responsables politiques ou administratifs, fussent-ils haut placés.

Bernard Schmid pour

MEMORIAL 98

 

 

 

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