11 janvier 2008
5
11
/01
/janvier
/2008
23:56
La droite allemande joue avec le feu raciste
A l’approche d’importantes élections régionales le 27 janvier, la droite allemande en difficulté sur le plan social et politique (face notamment à l’exigence de la mise en place d’un salaire minimum) lance de nouveau une campagne xénophobe.
Elle suit ainsi une tendance croissante en Europe; la droite traditionnelle, suivant l’exemple sarkozyste, n’hésite pas à recourir à des thèmes issus de l’extrême droite
Prenant appui sur l’agression d'un retraité par deux jeunes issus de l'immigration, la CDU (démocratie chrétienne) vient de relancer le débat sur un durcissement des peines à l'encontre des jeunes délinquants issus de l'immigration.
A l’approche d’importantes élections régionales le 27 janvier, la droite allemande en difficulté sur le plan social et politique (face notamment à l’exigence de la mise en place d’un salaire minimum) lance de nouveau une campagne xénophobe.
Elle suit ainsi une tendance croissante en Europe; la droite traditionnelle, suivant l’exemple sarkozyste, n’hésite pas à recourir à des thèmes issus de l’extrême droite
Prenant appui sur l’agression d'un retraité par deux jeunes issus de l'immigration, la CDU (démocratie chrétienne) vient de relancer le débat sur un durcissement des peines à l'encontre des jeunes délinquants issus de l'immigration.
A l'origine de cette polémique, Roland Koch,dirigeant de la CDU et ministre-président de Hesse , l'une des trois régions concernées par ce scrutin à valeur de test pour les alliés/ennemis du gouvernement de grande coalition.
"Nous avons trop de jeunes étrangers criminels! ", a-t-il déclaré dans un entretien à la Bild Zeitung du 28 décembre 2007.
M. Koch a présenté des propositions qui prévoient notamment l'augmentation de la peine maximale de prison de 10 à 15 ans pour les jeunes délinquants et l'expulsion des étrangers condamnés à au moins un an de prison ferme.
Le débat enfle depuis les propos polémiques de Koch, qui a reçu l'appui de son parti et de la chancelière Angela Merkel. La gauche et les associations de lutte contre le racisme ont dénoncé la provocation.
"Nous avons trop de jeunes étrangers criminels! ", a-t-il déclaré dans un entretien à la Bild Zeitung du 28 décembre 2007.
M. Koch a présenté des propositions qui prévoient notamment l'augmentation de la peine maximale de prison de 10 à 15 ans pour les jeunes délinquants et l'expulsion des étrangers condamnés à au moins un an de prison ferme.
Le débat enfle depuis les propos polémiques de Koch, qui a reçu l'appui de son parti et de la chancelière Angela Merkel. La gauche et les associations de lutte contre le racisme ont dénoncé la provocation.
Stephan Kramer, secrétaire général du conseil des juifs d'Allemagne, a accusé la campagne de M. Koch de se différencier "à peine de celle du NPD", le parti néonazi allemand.
Koch est un habitué des campagnes xénophobes. Il avait déjà été élu en 1999 en organisant une pétition contre le droit à la double nationalité des personnes issues de l’immigration, dans la continuité d’une conception de la nationalité basée sur le « droit du sang » (voir notre article précédent Le Pen récidive contre Rachida Dati )
Koch est un habitué des campagnes xénophobes. Il avait déjà été élu en 1999 en organisant une pétition contre le droit à la double nationalité des personnes issues de l’immigration, dans la continuité d’une conception de la nationalité basée sur le « droit du sang » (voir notre article précédent Le Pen récidive contre Rachida Dati )
Koch est entré au Parti Chrétien-Démocrate à l'âge de 14 ans et fait partie des « jeunes loups » de la CDU. Son ambition est sans limites, malgré un parcours jalonné de scandales.
On a découvert en effet que sa campagne électorale de 1999 a été entièrement financée par de l'argent sale, provenant des caisses noires de la CDU sur un compte en Suisse. Roland Koch a d'abord expliqué qu’il s’agissait de dons légués par « des immigrés juifs », avant de reconnaître avoir menti à l'opinion publique.
Il avait suivi la même ligne de défense que le chancelier Helmut Kohl qui avait aussi évoqué de mystérieux "donateurs juifs" pour justifier ses caisses noires et avait dû quitter ses fonctions. Kohl a ensuite comparé son propre sort à celui des Juifs d'Allemagne sous le
En 2002 Koch avait provoqué un nouveau tollé en assimilant le sort des personnes fortunées sous un gouvernement de gauche, à celui des Juifs sous le nazisme, car selon lui ces 2 catégories étaient pareillement stigmatisées par une « étoile jaune ».
Il avait du s’excuser et avait retiré ses propos.
Notons que ce recours à l’étoile jaune vient encore de se manifester en Allemagne avec la commercialisation de t-shirts censés protester contre des mesures anti-tabac et montrant des fumeurs affublés d’une étoile jaune.
Memorial 98
Memorial 98