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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Retrouvez aussi le quotidien de l'info antiraciste sur notre blog d'actus :

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Sur les réseaux sociaux : 

    

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Pour correspondre avec nous, nous proposer des articles ou des informations,

pour toute question : 

contact@memorial98.org

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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 22:34

                       Le monument du plateau des Glières

Mise à jour du 27 février 2022:

Zemmour profane la mémoire des résistants des Glières. Il vient de se rendre devant le monument des résistants antinazis.

Le pétainiste et poutiniste,  raciste et antisémite, a donc osé se revendiquer de ceux dont le combat est exactement l'inverse totale de sa haine fasciste.

C'est une canaillerie supplémentaire.

Memorial 98

voir aussi

http://www.memorial98.org/article-zemmour-rehabilite-petain-pour-qui-pourquoi-124774288.html

 http://info-antiraciste.blogspot.com/2021/10/3-octobre-1940-petain-heros-de-zemmour.html

https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/031121/nous-devons-combattre-la-propagande-antisemite-de-zemmour

http://info-antiraciste.blogspot.com/2020/01/zemmour-recidive-et-escalade-agissons.html

Nous publions la déclaration des responsables locaux de la Résistance après l'opération médiatique de Sarkozy le 4 Mai à la veille du second tour de la présidentielle sur le plateau des Glières  et nous associons à leur déclaration.


Résistants indignés au Plateau des Glières :
 "Non, M. Sarkozy, les combattants des Glières ne sont pas récupérables !"
 Des citoyens haut-savoyards soutenus par trois figures de la résistance en Haute-Savoie, Walter Bassan, déporté, résistant, rescapé de Dachau, Robert Lacroix, résistant, et Constant Paisant résistant, ancien des Glières, disent leur indignation et lancent un appel à un rassemblement sur le plateau des Glières dimanche 13 mai 2007 à midi pour dire
: "Non, M. Sarkozy, les combattants des Glières ne sont pas récupérables !"

M. Sarkozy vient de réaliser une opération médiatique sur le lieu des combats de 1944, aux Glières. Tantôt marchant absolument seul vers le monument, tantôt serré par des parlementaires de son parti et entouré de micros et caméras, il est certain que M. Sarkozy disposait d’un bon metteur en scène ce vendredi 4 mai 2007.
Les dialogues étaient beaucoup moins affûtés : parler de la « sérénité » du lieu s’accommodait bien mal de la bousculade médiatique de ce jour là.
Et les propos polémiques contre sa concurrente au poste de la Présidence de la République face aux micros tendus n’étaient pas dignes d’être proférés sur le lieu même du sacrifice des Résistants Unis.
M. Sarkozy ne sert pas la mémoire des Glières et de la Résistance. M. Sarkozy se sert des Glières.
Nul ne lui contesterait le droit de rendre un hommage personnel et discret aux hommes tombés ici. Nul ne lui contesterait le droit de rendre un hommage public dans une fonction officielle.
 Nous lui contestons le droit de récupérer un symbole historique au service de son ambition personnelle, dans une mise en scène détestable à quelques heures du scrutin. La mémoire des combattants des Glières appartient au peuple français.
 Les avancées politiques issues de ces sacrifices et des combats de toutes les Forces Françaises de l’Intérieur doivent être défendues. Le programme du Conseil National de la Résistance, unifiant les composantes combattantes a permis des avancées sociales extraordinaires à la Libération. Nous, nous y souscrivons toujours. Nous appelons à un rassemblement digne sur le plateau des Glières, autour d’un repas tiré du sac et fraternellement partagé, dimanche 13 mai 2007 vers midi : citoyennes et citoyens sont conviés à montrer que ce sont des gens du peuple, d’origines très diverses, qui se sont dressés ici contre l’oppression. Non, aucun politique en campagne, de quelque bord qu’il soit, n’aurait dû venir entacher l’esprit du plateau.

Haute-Savoie, le 5 mai 2007

Memorial 98 en soutien 

Mise à jour du 31 Mars 2019 

 

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4 mai 2007 5 04 /05 /mai /2007 00:17

 

Depuis la proclamation par Charles Pasqua des « valeurs communes » de la droite et de l’extrême droite lors de la campagne présidentielle de 1988, cette convergence demeure une question récurrente.
 Masquée partiellement lors des mandats de Chirac, elle rebondit avec force lors de la campagne actuelle. D’abord fondamentalement en raison de l’orientation de Sarkozy depuis 2002 vers un populisme d’exclusion symbolisé par les fameux « Racaille » et « « nettoyage au Karcher »
 Dans la campagne électorale elle-même Sarkozy a multiplié les gestes concrets en direction du Front National.
il a appelé publiquement à fournir des signatures à Le Pen afin que celui ci puisse se présenter. Il ne s’agit pas de paroles en l’air ; la députée UMP Nadine Morano, très proche du candidat UMP, a elle même collecté ces signatures pour Le Pen comme l'indique le Canard enchaîné, jamais démenti, dans son édition du 11 Avril 2007 : "En Meurthe-et-Moselle, par exemple, Nadine Morano, en bon petit soldat, réunit des maires ruraux début mars; “Nous étions cinq ou six à être désignés pour signer en faveur de Le Pen. Nadine nous a demandé d’envoyer nos parrainages non pas directement au Conseil constitutionnel, mais au siège du comité de soutien départemental de l’UMP. C’est elle, ensuite, qui les a emmenés à Paris”, raconte l’un d’eux".
Puis Brice Hortefeux, proche conseiller de Sarkozy et souvent commis aux basses œuvres, a lancé l'idée de la proportionnelle afin de complaire au FN.
Au plan politique et symbolique c’est sans doute le projet de création d’un ministère de « l’immigration et de l’identité nationale » qui concrétise le plus fortement et le plus ouvertement une référence forte à cette menace d’ « envahissement » qui depuis cent ans, constitue en France la bannière  du nationalisme.
C’est aussi dans la mise en scène des meetings que se déploie cette rhétorique, quand le candidat les conclut  maintenant systématiquement par la formule « vive la République et surtout vive la France »
 D’ailleurs  lorsque le Monde l’interroge le 26 Avril:
« …Avez-vous des valeurs communes avec le FN ? », Sarkozy répond : « Mes valeurs sont les valeurs de la République : travail, mérite récompense, fraternité, autorité, exigence, récompense… ».
 Cette énumération, qui s’oppose explicitement aux  termes de la devise républicaine en soustrayant la Liberté et l’Egalité, est parfaitement choisie pour sa compatibilité avec les « valeurs » du FN
 La récupération directe des voix du FN vers Sarkozy vient parachever cette campagne menée depuis 2002 Daniel Simonpieri, maire de la ville de Marignane (13) qu'il a conquise en 1995 sous la bannière FN,  maintenant  à l'UMP, déclare ainsi, sans non plus être démenti:
 «Beaucoup d'électeurs FN ont constaté que Nicolas Sarkozy disait les mêmes choses que Le Pen, mais que lui avait une chance de les mettre un jour en application. Ils ont donc voté utile. Parce qu'ils ont cessé de croire à l'accession de Le Pen au pouvoir». ( Le Canard enchaîné du 25 Avril 2007)
Sarkozy veut récupérer l’électorat et sans doute les cadres du Front National, alors que se profile le retrait de Le Pen.

Le soubassement « théorique » de ce rapprochement avec le FN, au delà des invectives de campagne entre Le Pen et Sarkozy, est à chercher dans la tentative acharnée du candidat UMP et de son entourage, truffé d’anciens du groupe fasciste et antisémite Occident (Devedjian, Longuet…) de réhabiliter une droite dure et décomplexée dont l’effacement remonte à la guerre.
Comme le résume Devedjian, cité dans le Monde du 10 avril 2007  : "La droite est sortie honteuse de la guerre. Depuis la Libération, la gauche exerce un magistère moral sur l'histoire, distribuant les bons et les mauvais points : à gauche le parti des fusillés, à droite les collaborateurs. Même Chirac n'a jamais dit qu'il était de droite, et Jospin n'a pas hésité à dire de la droite qu'elle était héritière d'un courant anti-dreyfusard, antisémite et raciste." Puis poursuit "Il a sorti nos valeurs de la réclusion, il redonne sa dignité à la droite, analyse M. Devedjian, pour qui "la droitisation de la société permet aujourd'hui ce réajustement idéologique qui anticipe la victoire politique". M. Guaino (rédacteur des discours de Sarkozy) renchérit : "Ce travail sur l'histoire est un travail préalable pour convaincre les gens qu'ils peuvent refaire les grandes choses qui ont été faites avant eux."
 Acharné contre ce qu'il appelle la "repentance nationale » Sarkozy  remet aussi en cause l’avancée que constitue la déclaration officielle de Chirac en 1995 concernant le rôle de l'Etat français de Vichy (voir nos articles:"Sarkozy jette aux orties la reconnaissance de la participation de la France à la Shoah" et "Sarkozy encense Maurice Druon, ami et soutien de Papon")
De plus il attribue aux Allemands (et pas aux nazis !) la responsabilité unique du génocide. Or qui a promulgué un statut d'exclusion des juifs dès Octobre 1940 de manière volontaire et autonome? l'Etat français. Qui a décidé la déportation des enfants, non demandée par les nazis? Laval.
Sarkozy va chercher très loin et très à droite les sources de cette révision idéologique.
Dans son discours de Metz le 17 Avril, il commence par invoquer les mannes de Maurice Barrès: « et sur la colline inspirée de Sion, Barrès priait d’un même élan du coeur la Vierge, la Lorraine et la France et écrivait pour la jeunesse française le roman de l’énergie nationale ». Qui est Barrès ? un nationaliste d’extrême droite antidreyfusard, qui affirma notamment : "Je n'ai pas besoin qu'on me dise pourquoi Dreyfus a trahi. En psychologie, il me suffit de savoir qu'il est capable de trahir et il me suffit de savoir qu'il a trahi. L'intervalle est rempli. Que Dreyfus est capable de trahir, je le conclus de sa race…Quant à ceux qui disent que Dreyfus n'est pas un traître, le tout, c'est de s'entendre. Soit ! Ils ont raison : Dreyfus n'appartient pas à notre nation et, dès lors, comment la trahirait-il ? Les Juifs sont de la patrie où ils trouvent leur plus grand intérêt. Et par là on peut dire qu'un juif n'est jamais un traître."
Maurice Barrès, "Ce que j'ai vu à Rennes", Scènes et doctrines du nationalisme, 1902, après que la justice ait reconnu que les » preuves »étaient fausses.
Barrés est de nouveau appelé à la rescousse lors du meeting de Rouen le 24 Avril.
Quand Sarkozy cite à plusieurs reprises Jaurès et Blum, il ne s’agit nullement d’une innovation inspirée mais de la reprise de discours de l’écrivain nationaliste et ex-de gauche Max Gallo appelant dès 1996 à
" réconcilier Louis XIV et les soldats de l'an II, Péguy et Jaurès, Blum et même Brasillach (écrivain fasciste fusillé en 1946 pour collaboration et délation)  "

Face à cette entreprise sarkozyste de réécriture de l’Histoire, dont l'ampleur est  sous-estimée, un vaste et profond combat s’engage: nous y participons!

MEMORIAL 98
 
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22 avril 2007 7 22 /04 /avril /2007 13:18
Sarkozy fait appel à un "témoin de moralité" qui a témoigné pour Papon lors de son procès en 1998 et y a insulté les déportés et leurs enfants

Le candidat de l'UMP est engagé dans une entreprise de réhabilitation de la droite "décomplexée" et de ses valeurs . Il butte sans cesse sur la colonisation et sur la  collaboration  d'une  grande partie de la droite  avec la nazisme  à travers le régime de Vichy (voir notre article précédent. Sarkozy jette aux orties la reconnaissance de la participation de la France à la Shoah)

Dans sa recherche de légitimité gaulliste, Sarkozy a été se faire adouber le 1er mars dernier par  Maurice Druon. On a surtout retenu de cette épisode la complaisance des journalistes qui ont réjoui Sarkozy et Druon en entonnant le "chant des Partisans" auquel Druon a contribué. Du coup personne ou presque n'a relevé que Druon a témoigné en faveur de Papon lors du procés de ce dernier en 1997. L'académicien ultra-réactionnaire avait scandalisé lors de l'audience en dénonçant la passivité des Juifs déportés (voir ci-dessous le compte rendu de son témoignage par le journal Sud-Ouest ); il avait aussi mis en cause les parties civiles du procès les accusant  d'être les "alliés des fils des bourreaux" parce qu'ils mettaient en cause les autorités collaborationnistes françaises de l'époque  et pas exclusivement  les "Allemands", selon son expression.


On retrouve une argumentation identique à celle de Druon dans le discours de Sarkozy notamment à Nice le 30 Mars:
"Je veux leur dire qu'ils auront à choisir entre ceux qui assument toute l'Histoire de France et les adeptes de la repentance qui veulent ressusciter les haines du passé en exigeant des fils qu'ils expient les fautes supposées de leur père et de leurs aïeux.

Je suis de ceux qui pensent que la France n'a pas à rougir de son histoire. Elle n'a pas commis de génocide. Elle n'a pas inventé la solution finale. Elle a inventé les droits de l'Homme et elle est le pays du monde qui s'est le plus battu pour la liberté."

Druon a déclaré le 1er mars que Sarkozy faisait partie de sa "descendance" politique; en effet !

Le procès Papon s'est terminé en Avril 1998 et c'est au même moment que la droite a passé des accords avec le Front national dans 5 régions pour diriger ensemble ces institutions. Raffarin et Longuet, dirigeants de la campagne de Sarkozy ont à l'époque crée le parti " Démocratie Libérale" pour soutenir ces accords. Gaudin, vice-président de l'UMP avait déjà dirigé avec le FN dans sa région...Ils ne sont jamais revenus sur ces forfaitures



Témoignage de Maurice Druon au procès Papon 
( Sud Ouest le 22/10/97)
abonnes.sudouest.com/papon/ retro/sa/Victime-d-un-stress-emotionel.php - 11k -


Le témoin suivant est Maurice Druon, 79 ans, Secrétaire perpétuel de l'Académie Française, ancien ministre, ancien député et parlementaire européen, ancien engagé des Forces Françaises Libre.
Il avance, la canne sur le bras, et dépose longuement, comme un discours à l'Académie. Il rappelle d'abord que le jury d'honneur a reconnu les actes de résistance de Maurice Papon et ne tait pas une certaine ironie : « Je me demande si les membres du jury d'honneur et les témoins qui ont été entendus étaient des débiles mentaux, oublieux ou complaisants ! ».
Il se livre ensuite à un véritable plaidoyer en faveur de l'accusé et surtout à une virulente critique du procès qui lui est fait : « Comment le juger devant un jury populaire lorsque un jury de 35 millions de personnes a élu par deux fois un homme décoré de la Francisque et médaillé de la Résistance ? ». Le nom de François Mitterrand n'est jamais prononcé.

«Un français symbolique»

Maurice Druon précise qu'il n'a aucun lien particulier avec Maurice Papon qu'il a rencontré lorsqu'il était parlementaire et ministre mais témoigne de « rapports courtois, cordiaux, sans effusion. Il m'a toujours paru un homme très intelligent, très vif, efficace, froid et toujours patriote ».

Pendant la guerre, Maurice Druon était à Londres. Il affirme qu'avant le printemps 1945, on ne connaissait pas la solution finale :

« si on avait su, il n'y aurait pas eu de préfets et de sous-préfets pour signer les ordres de déportation, il y aurait eu moins de Juifs passifs, attendant qu'on vienne les arrêter, cousant leur étoile jaune sur leur vêtement, ils ne seraient pas restés là à attendre comme des groggys offerts aux sacrificateurs ». Un brouhaha monte dans la salle.

Maurice Druon refuse que l'on refasse le procès de Vichy : « Il a été fait à la Libération. On pensait alors que le chapitre noir était fermé et qu'il n'aurait pas à être rouvert sinon dans les livres d'histoire. Si on veut rechercher des coupables, en Allemagne, il y a assez d'anciens SS, de gestapistes à traduire devant la justice comme des lois européens le permettent ». Il assure, en effet, que ce procès profitera seulement à l'Allemagne : « Si l'on se met à condamner un français symbolique, il leur sera facile de dire : on est tous pareils, les Français sont aussi moches que nous, il y aura une dissolution de la responsabilité , de la culpabilité, c'est pour celà que je suis venu devant vous ». Il ajoute :
« Il y a un paradoxe de voir les fils des victimes devenir les alliés objectifs des fils des bourreaux ».

Un murmure d'indignation ponctue son propos. Me Jacob, de sa voix éraillée, n'accepte pas qu'en fils de résistant juif, on en fasse un complice des bourreaux.
Maurice Papon qui tient toujours sa tête posée sur sa main gauche a la parole en dernier. Sa voix est faible :
« J'observe toujours une dérive pour engager le procès du général De Gaulle. Je partage la véhémence de Maurice Druon, je me sens en bonne compagnie ».


MEMORIAL 98
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18 avril 2007 3 18 /04 /avril /2007 20:33
Le journal Le Monde daté du 19 Avril (page 10) reprend l'information que nous avons publié le 17 Avril  sur ce site à propos du "langage codé" de Le Pen.
  Le Pen et les "3 grands-parents étrangers" de Sarkozy

Ci-dessous l'article du Monde:

 

 

"Jean-Marie Le Pen et les origines de Nicolas Sarkozy
Jean-Marie Le Pen a de nouveau évoqué, mardi 17 avril, sur France 2 les origines étrangères des parents de Nicolas Sarkozy. M. Sarkozy "qui n'a somme toute qu'un grand-parent français n'est peut-être pas le mieux qualifié pour incarner la France et le peuple français comme doit le faire le président de la République" a-t-il dit. Dans Le Parisien du 15 avril, le président du Front national avait précisé : "Le fait d'avoir trois grands-parents étrangers n'est pas ce qui vous qualifie le plus pour cette fonction exceptionnelle." Selon l'association Mémorial 98, qui milite contre le racisme et l'antisémitisme, ce rappel sur les "trois grands-parents (est) une référence directe, bien que codée, au statut des Juifs de 1940 qui fixait ce critère pour exclure les Juifs des fonctions publiques et électives". Il se trouve que Benedict Mallah, le grand-père maternel de M. Sarkozy, était d'origine juive."

 

 

 

Mais le journal ne cite pas nos autres articles qui analysent notamment  les révisions de Sarkozy à propos de la "solution finale " et de la part qu 'y ont pris les forces du régime de Vichy (voir Sarkozy réecrit l'histoire de la "solution finale")
et les références du même Sarkozy à Maurice Druon qui fut le soutien de Papon Décryptage: R. Barre récidive pour Papon et Gollnisch
ainsi que notre position contre la répression à l'encontre des sans-papiers
 Face aux rafles de sans-papiers;

Merci à nos lecteurs et amis de faire connaître les site et ses analyses
MEMORIAL 98

 

 

 

 

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17 avril 2007 2 17 /04 /avril /2007 00:08
Le Pen utilise le statut des Juifs promulgé par le régime de Pétain pour attaquer Sarkozy


Le Pen multiplie les dénonciations à l'encontre de Sarkozy.

Il fait référence dans son interview du Parisien du 15 Avril 2007 aux origines hongroises de celui-ci :  "Je dis à M. Sarkozy qu'il n'a pas ce passé qui constitue la structure de la nation", lance-t-il.

Il  proclame que le président de la République "est en charge d'une incarnation du peuple et de la nation, et le fait d'avoir trois grands-parents étrangers n'est pas ce qui vous qualifie le plus pour cette fonction exceptionnelle".


Ces " trois grands-parents étrangers" constituent une référence directe et  codée au statut des Juifs de 1940 édicté par Pétain et qui fixe justement ces critères des " trois grands parents " et exclut d'ailleurs les Juifs des fonctions publiques et électives (voir ci-après).
 

Le Pen qui se "passionne pour l'Histoire de la  deuxième guerre" comme il l'avait proclamé lors de l'affaire du "détail" utilise sciemment cette référence, comme les précédentes que nous relevé dans nos articles : Le Pen s'en prend aux enfants, dans la lignée de Laval
Le Pen manipule la mémoire et les banlieues

 

LOI portant statut des juifs

Source : Journal officiel, 18 octobre 1940, p. 5323.

Nous, Maréchal de France, chef de l'État français, Le conseil des ministres entendu,

Décrétons :

Article l". - Est regardé comme juif, pour l'application de la présente loi, toute personne issue de trois grands-parents de race juive ou de deux grands-parents de la même race, si son conjoint lui-même est juif.

Art. 2. - L'accès et l'exercice des fonctions publiques et mandats énumérés ci-après sont interdits aux juifs :

1. Chef de l'État, membre du Gouvernement, conseil d'État, conseil de l'ordre national de la Légion d'honneur, cour de cassation, cour des comptes, corps des mines, corps des ponts et chaussées, inspection générale des finances, cours d'appel, tribunaux de première instance, justices de paix, toutes juridictions d'ordre professionnel et toutes assemblées issues de l'élection.....

 


Des sites de l'extrême-droite traditionelle et de la mouvance Dieudonné-Soral font aussi constamment référence aux origines hongroises et juives de Sarkozy.

Il est d'autant plus choquant que ce dernier poursuive la recherche d'une alliance avec le FN  xénophobe et antisémite et le valorise constamment.


MEMORIAL 98

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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 12:35
 
Sarkozy nie les méfaits de l'entreprise coloniale française et de ses crimes de guerre.
Au passage, il révise l'histoire du nazisme et veut effacer la participation des militaires et policiers français à la déportation des Juifs, à la torture et à la guerre contre les peuples colonisés ainsi que la complicité des autorités françaises dans le génocide rwandais.

Sarkozy explore les voies d'une alliance avec le Front National; les déclarations de son plus ancien et plus proche conseiller Hortefeux sur la proportionnelle le confirment après tant d'autres gestes et notamment son appel pour que Le Pen obtienne des signatures d'élus.


Dans sa volonté réaffirmée de réhabiliter "la fierté nationale " et notamment les bienfaits de la colonisation, Sarkozy en vient à réécrire l'histoire du nazisme et de la collaboration.


Ainsi dans le discours de Nice ci-dessous il récuse toute "repentance", jettant d'ailleurs aux orties le dscours de Chirac en 1995 qui reconnaissait la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs.


Nicolas Sarkozy à Nice
 Vendredi 30 mars 2007




....Je veux redonner à tous les Français la fierté d'être Français.

Je veux leur dire qu'ils auront à choisir entre ceux qui assument toute l'Histoire de France et les adeptes de la repentance qui veulent ressusciter les haines du passé en exigeant des fils qu'ils expient les fautes supposées de leur père et de leurs aïeux.

Je suis de ceux qui pensent que la France n'a pas à rougir de son histoire. Elle n?a pas commis de génocide. Elle n'a pas inventé la solution finale. Elle a inventé les droits de l'Homme et elle est le pays du monde qui s'est le plus battu pour la liberté.


Je veux dire que durant la guerre tous les Français n'ont pas été pétainistes, qu'ils y a eu aussi les héros de la France libre et de la résistance, que si certains Français ont dénoncé des Juifs à la Gestapo, d'autres, beaucoup plus nombreux, les ont aidés au péril de leur vie, que des mères ont caché des enfants juifs parmi leurs propres enfants.

Je veux dire que dans les colonies, tous les colons n'étaient pas des exploiteurs, qu'il y avait parmi eux beaucoup de gens courageux qui avaient travaillé dur toute leur vie, qui n'avaient jamais exploité personne, qui avaient construit des routes, des hôpitaux, des écoles, qui avaient enseigné, qui avaient soigné, qui avaient planté des vignes et des vergers sur un sol aride, qui ne devaient rien qu'à eux-mêmes, qui avaient beaucoup donné à une terre où ils étaient nés et qui un jour n'ont eu le choix qu'entre la valise et le cercueil. Ils ont tout perdu.
Je veux qu'on les respecte...

Je veux que la France reconnaisse sa dette, vis-à-vis des harkis et des supplétifs d'Indochine et qu'elle l'honore. C'est une question d'honneur et l'honneur pour moi c?est encore une vertu cardinale pour un homme comme pour une nation.

Je veux dire aux Français que le 22 avril et le 6 mai, ils auront à choisir entre ceux qui sont attachés à l'identité nationale et qui veulent la défendre et ceux qui pensent que la France a si peu d'existence qu'elle n'a même pas d'identité.


Dans le fameux dialogue philosophique et "génétique" avec M. Onfray (Philosophie- Magazine) Sarkozy insiste:

"Qu'un grand peuple démocratique participe par son vote à la folie nazie, c'est une énigme. Il y a beaucoup de nations à travers le monde qui traversent des crises sociales, monétaires, politiques, et qui n'inventent pas la solution finale ni ne décrètent l'extermination d'une race. Mieux vaut admettre qu'il y a là une part de mystère irréductible plutôt que de rechercher des causes rationnelles."

Tout est mensonge dans cette explication qui tend à opposer deux peuples alors que ce sont des systèmes politiques d'oppression qui sont en cause.

Ce n'est pas le "peuple allemand" qui a inventé la solution finale mais le régime nazi.
Celui ci n'est pas venu au pouvoir par les élections mais par la violence et en raison de la tragique division de la gauche. Ainsi lors des derniers scrutins de 1932, à la présidentielle du 13 Mars Hitler a obtenu 30,1% et a été battu au deuxième tour par Hidenburg, lors des législatives de Juillet 1932, au summum de sa poussée le parti nazi a obtenu 37,4 % mais lors des législatives de Novembre 1932 (les dernières élections libres) il retombe à 33,1 en perdant 2 millions de voix. La nomination de Hitler comme chancelier en Janvier 1933 ne doit donc rien à une victoire électorale. C'est le début de la destruction des libertés, accelérée par l'incendie du Reichstag.
La déportation des Juifs de France n'est pas le fait "d'individus qui ont dénoncé à la Gestapo" mais d'un système dans lequel le régime de Vichy a eu toute sa part en instituant dès Octobre 1940 le statut d'exclusion des Juifs, en mettant ses fonctionnaires au service de la déportation et en décidant la déportation des enfants. C'est encore le spectre de Papon qui rôde.
Voir aussi nos précédents articles
 
 
Dans son entreprise de réhabilitation des valeurs de la droite radicale, Sarkozy est prêt à aller très loin, aussi bien dans des aliiances avec l'extrême droite que dans la révision de l'histoire du 20eme siècle.

MEMORIAL 98
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8 avril 2007 7 08 /04 /avril /2007 18:29
Le dirigeant du FN jubile et utilise un langage codé

Dans une longue interview au Monde du 5 Avril , Le Pen fanfaronne et proclame:

« Qui se souvient de la mobilisation de l'entre-deux tours de 2002 ? "
Cette formulation étrange et provocatrice fait référence à une  « petite phrase » bien connue des tenants du négationnisme et de ceux qui les combattent:
« Mais qui se souvient encore du massacre des Arméniens ? »
tirée d'une allocution d' Hitler aux commandants en chef de l'armée allemande le 22 août 1939 quelques jours avant l'invasion de la Pologne.

 A plusieurs reprises ces dernières semaines Le Pen choisit ainsi de  s'appuyer  sur le "patrimoine " historique du nazisme et de la collaboration (voir notre précédent article Le Pen s'en prend aux enfants, dans la lignée de Laval)

 En utilisant ces références codées mais parfaitement  compréhensibles par les cadres de son parti , Le Pen réaffirme une fois de plus l'identité profonde de son combat qui s'inscrit dans la tradition de l'extrême-droite française depuis des décennies . Quels que soient les discours éléctoraux et les opérations de propagande, la filiation fasciste et pétainiste demeure et il la porte sans réticences. Il y a sans doute aussi de sa part une certaine jubilation à se permettre ce genre d'allusion, au moment où la campagne électorale est à nouveau dominée par les thématiques de la sécurité et de l"identité nationale".

Dans le même registre, les déplacements en banlieue des Le Pen père et fille à Argenteuil et Aulnay sont en lien avec les activités des ralliés de la dernière période dans la mouvance de Dieudonné. A Aulnay les accompagnateurs de Marine le Pen étaient Alain Soral, agitateur "rouge-brun" violemment antisémite censé représenter un courant "de gauche", doriotiste,  du Front National et Ahmed Moualek accompagnateur de Dieudonné à la fête du FN et dont le site internet  se concentre sur la haine des Juifs.

Qui se souvient, se réjouit le leader d'extrême-droite?
 Nous tous, nous nous souvenons de la matrice du lepénisme et aussi de l' alliance que les partis de droite ont établi avec le Front National en 1998. Nous nous souvenons aussi que Sarkozy a eu comme mentor et fournisseur de cadres un Charles Pasqua qui avait proclamé des "valeurs communes" avec Le Pen.
 
Simone Weil est  ainsi bien  "naïve" de prétendre que les déclarations de Sarkozy sur l"identité nationale"  ne constituent pas un clin d'oeil à le Pen. C'est exactement l'inverse qui est vrai.


MEMORIAL98




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5 avril 2007 4 05 /04 /avril /2007 23:06
 
RWANDA
 
 
7 Avril 2007
 
 
 
13ème  COMMEMORATION du GENOCIDE  des  TUTSI au RWANDA
 
 
 
 « Souviens-toi. »
 
 
 
Le 7 avril a été déclaré
 
 
« Journée Internationale de Réflexion sur le génocide des Tutsi au Rwanda »
 
 
 
 
par la 58ème Assemblée Générale des Nations Unies
 
 
 
        La Communauté   Rwandaise de France vous invite à observer  une minute de silence  le 07 avril à 12 h où que vous soyez.                                                                                                                                                                                                                                                                                    
 
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30 mars 2007 5 30 /03 /mars /2007 21:48
Jaurès et les Arméniens

 

Ce petit livre rend compte du discours de Jaurès à la Chambre des députés le 3 Novembre 1896.
Face aux massacres d'Arméniens ordonnés par  le sultan turc de l'époque et qui ont déjà couté la vie à 120000 personnes, le silence règne parmi les gouvernements européens et dans la presse.
Jean Jaurès dénonce l'hypocrisie des puissances qui ne respectent pas leurs propres engagements de protection des Arméniens.
Ce discours est d'une remarquable actualité. On y trouve déjà la dénonciation du négationnisme  et  des tentatives d'attribuer la responsabilité des massacres à ceux qui en sont victimes.
Un peu plus tard et après quelques hésitations, Jaurès se lance dans la défense du capitaine Dreyfus, injustement condamné.

 

IL FAUT SAUVER LES ARMÉNIENS de Jean Jaurès. Edition établie par V. Duclert, Mille et une nuits, 80 p (réédité en 2016)

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Retour sur les racines du génocide nazi

 

Dans ce court livre qui reprend le texte de trois conférences prononcées en 2003 au Collège de France, l'historien Philippe Burrin s'attaque au coeur de la problématique hitlérienne dans son rapport  aux Juifs.

Il montre le caractère apocalyptique de l'antisémitisme nazi, la volonté d'affrontement mortel dans lequel la race aryenne doit exterminer la race juive.
Il éclaire aussi le contexte historique de la tradition antisémite en Allemagne, portée par les courants nationalistes et la nature du saut exterminateur réalisé par le nazisme.
Il démontre la cohérence et la mise en œuvre de ce projet génocidaire qui s’inscrit dans la vision apocalyptique d’Hitler, fondée sur son propre « ressentiment ».
Ce livre mérite d'être lu attentivement .

Ressentiment et apocalypse. Essai sur l’antisémitisme nazi, Philippe Burrin  104 p. Points Histoire H373 6 €

 

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25 mars 2007 7 25 /03 /mars /2007 17:55
Les violents incidents de Belleville, entièrement  provoqués par l'attitude de la police, la garde à vue imposée le 23 Mars à Mme Boukobza, directrice d'école qui a voulu protéger les enfants dont elle a la charge, symbolisent  l'escalade répressive voulue par N.Sarkozy.
Cette affaire illustre le cours donné à sa campagne par celui qui prévoit de créer un Ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale. Il entend ainsi donner des gages à l'extrême-droite dont il veut récupérer les voix, au prix d'un recyclage des valeurs de celle-ci.
 On avait déjà vu en Novembre dernier  place de la République à Paris un piège policier destiné à rafler des sans-papiers se rendant  à la permanence des Restaurants du coeur.
L'association  Mémorial  98 est évidemment totalement solidaire du Réseau Education Sans Frontières (RESF) et signataire de sa charte.
 Elle est aussi partie prenante du collectif  d'associations: 
Uni-e-s contre l’immigration jetable
 
http://www.contreimmigrationjetable.org/
Elle félicite et soutient Mme Boukobza et les autres enseignants et parents d'élèves qui se mobilisent au quotidien pour empêcher des exoulsions.
Hasards du calendrier: le 23 Mars , une écrivain portant le même nom que la directrice d'école interpellée publie un témoignage sur ses sept années "sans papiers"
MEMORIAL 98



Je me sentais de France, j’étais de France.

Par Chochana BOUKHOBZA

QUOTIDIEN : vendredi 23 mars 2007

Chochana Boukhobza, écrivain. Dernier ouvrage paru : Quand la Bible rêve, Gallimard (2005).

Il y a trois semaines, poussée par je ne sais quel sentiment d’urgence, je me suis rendue auprès du tribunal d’instance pour réclamer un certificat de nationalité, pas vraiment certaine de l’obtenir, alors que, depuis 1987, j’ai été « réintégrée » dans la nationalité française. Deux jours plus tard, j’ai reçu de ce même tribunal une convocation me demandant de me présenter le 14 mars à 13 h 50. Quinze jours d’attente. Je n’étais sûre de rien. Et pourtant, ce ne fut qu’une formalité. On m’a remis un feuillet rose, bien plus précieux qu’un passeport ou une carte d’identité. J’ai dit à la préposée « champagne ! » . Elle a ri. Elle a cru à une boutade. Sept années de clandestinité (de 1980 à 1987) se sont effacées d’un seul coup.

Il a fallu à la jeune femme que j’étais alors du courage, de la ténacité, de la volonté, de l’obstination. J’ai affronté la peur des flics, de l’expulsion, le travail au noir, le logement au noir. Sept années durant, je me suis levée chaque matin en tremblant d’être reconduite à la frontière et je dois d’être restée en France, d’être devenue un écrivain, à des gens qui m’ont offert leur coeur, leur gîte, leur appui, et qui m’ont aidée à devenir ce que je voulais être.

Quelle raison peut pousser un être humain à vivre jour après jour la détresse d’être une « sans-papier », sinon l’amour pour un pays et pour sa langue ? Je me sentais de France. J’étais de France. Et ce sentiment-là m’a fait résister, en silence, m’a fait accepter la précarité, le manque d’argent, des années sans toit. Un siècle plus tôt, la Tunisie était sous protectorat français. Mes arrière-grands-parents ont demandé la naturalisation française et l’ont obtenue. Ma grand-mère est devenue française, comme ses quatre frères. Ma mère devait choisir de l’être ou de ne pas l’être à sa majorité. Elle s’est mariée avant ses 18 ans, et mon père tunisien, par négligence, n’a pas fait sa demande auprès de l’administration.

En 1964, mon père a quitté la Tunisie et débarqué à Paris avec sa famille. Et la course aux papiers a commencé. Mes parents patientaient sur les bancs de la préfecture pour présenter le document qu’on avait oublié de leur demander la veille, absolument nécessaire à l’obtention d’une carte de séjour ; certains d’avoir à se représenter une nouvelle fois encore, car, étrangement, il y avait toujours un papier qui manquait, un papier qui demandait encore un peu de sueur, de fatigue, de lettres à écrire, de cavalcade dans Paris.

Nous avons vécu avec une carte de séjour valable dix ans. Nous ignorions que dix années vous claquent entre les doigts comme un pétard. Nous trouvions que dix ans, c’est long, toute la vie.
J’ai fait ma scolarité à Paris. J’ai appris Baudelaire, Rimbaud, Balzac, j’ai manifesté avec les lycéens de mon âge, aimé et respiré le parfum de liberté qui s’exhalait des milieux gauchistes avant de partir vivre en Israël. Je ne savais pas alors que j’étais prise dans une langue comme dans une nasse, tatouée au plus profond de moi. J’ignorais encore que l’écriture était ma seule voie, ma thérapie, ma destinée. Et que je ne pouvais écrire qu’en français. Même Jérusalem n’a pu défaire cet attachement. Comment vivre sur la Terre promise quand on continue de penser et rêver en français ? Paris était partout, sur les pierres des remparts de la vieille ville, sur les feuilles des oliviers.

Quand je suis revenue en France, on m’a appris que ma carte de séjour avait cessé d’être valable. Que je pouvais circuler trois mois, comme touriste, mais qu’il me faudrait ensuite partir. La suite a été simple. Pendant sept ans, je me suis cachée en vivant au grand jour. Coupable seulement d’être née hors de France. Coupable de n’être pas du sol, mais d’ailleurs, de plus loin que moi, coupable d’aimer deux pays, d’avoir une jambe ici, et l’autre là. Coupable de vouloir jeter jour après jour un pont entre deux mondes, en pensée et en actes.Je me suis tue pour les sans-papiers de Calais. Je me suis tue pour Melilla. Je me suis tue pour mes enfants qui ne savent rien de mon passé, pour être tranquille, pour savourer ce que j’avais gagné. Et puis, un jour, le silence devient pesant. Et, soudain, il n’y a plus d’autres solutions que d’exploser. Car nous sommes cent et mille comme moi. A être de France. Et à être aussi sans France quand nous revient au front le boomerang de l’identité. Encore et toujours cette identité. Jusqu’à quand ? Et pourquoi ?



© Libération

vendredi 23 mars 2007.
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