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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Retrouvez aussi le quotidien de l'info antiraciste sur notre blog d'actus :

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4 février 2007 7 04 /02 /février /2007 12:04

Nous publions cet article de Bernard Henry Lévy qui explicite les enjeux de la lutte contre la négation des génocides. Signalons une erreur de l'auteur qui écrit que les "pionniers d'Israël" affirmaient leur solidarité avec les victimes du génocide arménien. Ce ne fut malheureusement pas souvent le cas, notamment pour des raisons diplomatiques en relation avec la puissance ottomane puis la Turquie. L'historien israélien Yair Oron mène d'ailleurs  un combat acharné pour la reconnaissance et l'enseignement de ce génocide en Israël.
Memorial 98

 


NEGATIONNISME

Arménie : loi contre génocide, par Bernard-Henri Lévy

On dit : "Ce n’est pas à la loi d’écrire l’Histoire"... Absurde. Car l’Histoire est déjà écrite. Que les Arméniens aient été victimes, au sens précis du terme, d’une tentative de génocide, c’est-à-dire d’une entreprise planifiée d’annihilation, Churchill l’a dit. Jaurès l’a crié. Péguy, au moment même où il s’engage pour Dreyfus, parle de ce commencement de génocide comme du "plus grand massacre du siècle". Les Turcs eux-mêmes l’admettent. Oui, c’est une chose que l’on ne sait pas assez : dès 1918, Mustapha Kemal reconnaît les tueries perpétrées par le gouvernement jeune-turc ; des cours martiales sont instituées ; elles prononcent des centaines de sentences de mort. Et je ne parle pas des historiens ni des théoriciens du génocide, je ne parle pas des chercheurs de Yad Vachem, ni de Yehuda Bauer, ni de Raoul Hilberg, je ne parle pas de tous ces savants pour qui, à l’exception de Bernard Lewis, la question de savoir s’il y a eu, ou non, génocide ne s’est jamais posée et ne se pose pas.

Il ne s’agit pas de "dire l’Histoire", donc. L’Histoire a été dite. Elle a été redite et archi-dite. Ce dont il est question, c’est d’empêcher sa négation. Ce dont le Sénat va discuter, c’est de compliquer, un peu, la vie aux insulteurs. Il y a des lois, en France, contre l’insulte et la diffamation. N’est-ce pas la moindre des choses d’avoir une loi qui pénalise cette insulte absolue, cet outrage qui passe tous les outrages et qui consiste à outrager la mémoire des morts ?

On dit : "Oui, d’accord ; mais la loi n’a pas à se mêler, si peu que ce soit, de l’établissement de la vérité car elle empêche, lorsqu’elle le fait, les historiens de travailler." Faux. C’est le contraire. Ce sont les négationnistes qui empêchent les historiens de travailler. Ce sont les négationnistes qui, avec leurs truquages, brouillent les pistes. Prenez la loi Gayssot. Citez-moi un cas d’historien, un seul, que la loi Gayssot, sanctionnant la négation de la destruction des juifs, ait empêché de travailler.

C’est une loi qui empêche Le Pen ou Gollnisch de trop déraper. C’est une loi qui met des limites à l’expression d’un Faurisson. C’est une loi qui gêne les incendiaires des âmes type Dieudonné. C’est une loi qui, par parenthèse, nous évite des mascarades du type de ce procès du super-négationniste David Irving qui eut lieu à Londres il y a sept ans et où, précisément faute de loi, l’on vit juges, procureurs, avocats, journalistes à scandale, affairés à se substituer aux historiens et à semer, pour de bon, le trouble dans les esprits. Mais c’est une loi qui ne s’est jamais mise en travers de la route d’un seul historien digne de ce nom. C’est une loi qui, contrairement à ce que nous disent, je n’arrive pas à comprendre pourquoi, les "historiens pétitionnaires", les protège, oui, les protège de la pollution négationniste. Et il en ira de même avec l’extension de cette loi Gayssot à la négation du génocide arménien.

On dit : "Où s’arrêtera-t-on ? Pourquoi pas, tant qu’on y est, des lois sur le colonialisme, la Vendée, les caricatures de Mahomet ? Est-ce qu’on ne s’oriente pas vers des dizaines de lois mémorielles dont le seul résultat sera d’interdire l’expression des opinions non conformes ?" Autre erreur. Autre piège. D’abord, il n’est pas question de "lois mémorielles", mais de génocide ; il n’est pas question de légiférer sur tout et n’importe quoi, mais sur les génocides et les génocides seulement ; et des génocides, il n’y en a pas cent, ni dix - il y en a quatre, peut-être cinq, avec le Rwanda, le Cambodge et le Darfour, et c’est une escroquerie intellectuelle de brandir l’épouvantail de cette multiplication de nouvelles lois attentatoires à la liberté de pensée.

Et puis, ensuite, soyons sérieux : il n’est pas question, dans cette affaire, d’opinions non conformes, incorrectes, etc. ; il est question de négationnisme, seulement de négationnisme, c’est-à-dire de ce tour d’esprit très particulier qui consiste non pas à avoir une certaine opinion quant aux raisons de la victoire d’Hitler ou des Jeunes-Turcs, mais qui consiste à dire que le réel n’a pas eu lieu. Pas de chantage, donc, à la tyrannie de la pénitence ! Arrêtons avec le faux argument de la boîte de Pandore ouvrant la voie à une inquisition généralisée ! Le fait que l’on punisse le négationnisme antiarménien n’impliquera en aucune façon cette fameuse prolifération, en métastases, de lois politiquement correctes.

On dit encore : "Attention à ne pas tout mélanger ; il ne faut pas prendre le risque de banaliser la Shoah." Ma réponse, là-dessus, est très claire. Il est vrai que ce n’est pas pareil. Il est vrai que, et le nombre de ses morts, et le degré d’irrationalité atteint par les assassins, et le type très particulier de rapport à la technique qu’implique l’invention de la chambre à gaz, il est vrai, oui, que tout cela confère à la Shoah une irréductible singularité. Mais, à cette évidence, j’ajoute deux remarques.

Primo, ce n’est peut-être pas "pareil", mais le moins que l’on puisse dire est que cela se ressemble. Et le premier à le savoir, le premier à en prendre acte, fut un certain Adolf Hitler, dont on ne dira jamais assez combien le génocide antiarménien l’a frappé, fait réfléchir et, si j’ose dire, inspiré. Ce génocide arménien, ce premier génocide, le fut - "premier" - à tous les sens du terme : un génocide exemplaire et presque séminal ; un génocide banc d’essai ; un laboratoire du génocide considéré comme tel par les nazis.

Et puis j’ajoute, secundo, cette autre observation. Lorsque je me suis plongé dans la littérature négationniste touchant les Arméniens, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que c’est la même littérature, littéralement la même, que celle que je connaissais et qui vise la destruction des juifs. Même rhétorique. Mêmes arguments. Même façon, tantôt de minimiser (des morts, d’accord, mais pas tant qu’on nous le dit), tantôt de rationaliser (des massacres qui s’inscrivent dans une logique de guerre), tantôt de renverser les rôles (de même que Céline faisait des juifs les vrais responsables de la guerre, de même les négationnistes turcs expliquent que ce sont les Arméniens qui, par leur double jeu, leur alliance avec les Russes, ont fait leur propre martyre), tantôt, enfin, de relativiser (quelle différence entre Auschwitz et Dresde ? quelle différence entre les génocidés et les victimes turques des "bandes armées" arméniennes ?)

Bref. A ceux qui seraient tentés de jouer au jeu de la guerre des mémoires, je veux répondre en plaidant pour la fraternité des génocidés. C’est la position de Jan Patocka, le philosophe de la "solidarité des ébranlés". C’était la position des pionniers d’Israël, qui, tous, se sentaient un destin commun avec les Arméniens naufragés. La lutte contre le négationnisme ne se divise pas. Laisser une chance à l’un équivaudrait à ouvrir une brèche à l’autre...

On dit enfin - et cela se veut l’argument définitif : "Pourquoi ne pas laisser la vérité se défendre seule ? N’est-elle pas assez forte pour s’imposer et faire mentir les négationnistes ?" Eh bien non, justement ! Parce que ce négationnisme anti-arménien a une particularité que l’on ne trouve pas, pour le coup, dans le négationnisme judéocide : c’est un négationnisme d’Etat ; c’est un négationnisme qui s’appuie sur les ressources, la diplomatie, la capacité de chantage, d’un grand Etat.

Imaginez un instant ce qu’eût été la situation des survivants de la Shoah si l’Etat allemand avait été, après la guerre, un Etat négationniste ! Imaginez leur surcroît de détresse s’ils avaient eu, face à eux, une Allemagne non repentante menaçant ses partenaires de rétorsions s’ils qualifiaient de génocide la tragédie des hommes, femmes et enfants triés sur la rampe d’Auschwitz ! C’est votre situation, amis arméniens ; et il y a là une adversité qui n’a, cette fois, pas d’équivalent et à laquelle je ne suis pas sûr que la vérité, dans sa belle nudité, ait assez de force pour s’opposer.

Un tout dernier mot. Vous vous souvenez d’Himmler créant, en juin 1942, un commando spécial, le commando 1005, chargé de déterrer les corps et de les brûler. Vous connaissez les euphémismes utilisés pour ne pas avoir à dire "meurtre de masse" et pour effacer donc, jusque dans le discours, la marque de ce qui était en train de s’opérer.

Eh bien, cette loi qui est celle de la Shoah, ce théorème que j’appelle le théorème de Claude Lanzmann et qui veut que le crime parfait soit un crime sans trace et que l’effacement de la trace soit partie intégrante du crime lui-même, cette évidence d’un négationnisme qui n’est pas la suite mais un moment du génocide et qui lui est consubstantiel, tout cela vaut pour tous les génocides et donc aussi, naturellement, pour le génocide du peuple arménien. On croit que ces gens expriment une opinion : ils perpétuent le crime. Ils se veulent libres-penseurs, apôtres du doute et du soupçon : ils parachèvent l’oeuvre de mort.

Il faut une loi contre le négationnisme parce que le négationnisme est, au sens strict, le stade suprême du génocide.

Article paru dans l’édition du 02.02.07

LE MONDE

 

 

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3 février 2007 6 03 /02 /février /2007 19:09
L'antisémitisme, "ça peut aussi être drôle", dit M. Le Pen
LE MONDE | 22.12.06 | 14h19  •  Mis à jour le 22.12.06 | 14h19

Jean-Marie Le Pen était l'invité, jeudi 21 décembre, de la radio et chaîne de télévision BFM. Les questions des journalistes ont porté sur la présence d'une très forte délégation du Front national au spectacle de Dieudonné, lundi 18 décembre, au Zénith de Paris. En tête de celle-ci, Jany Le Pen, l'épouse du président du Front national (FN) et Bruno Gollnisch, le délégué général du parti (Le Monde du 20 décembre).

Lorsqu'une des journalistes lui a demandé : "Est-ce que c'est l'antisémitisme affiché de Dieudonné que vous trouvez assez drôle ?", M. Le Pen a répondu : "Oui... Ça peut aussi être drôle... Il ne doit pas y avoir de sujets qui échappent à la critique ou à l'ironie." Il a ajouté : "Tout dépend de la manière dont on les traite (ces sujets). M. Dieudonné les traite d'une certaine manière. Devant son spectacle, il y a des moments où on a envie d'applaudir et des moments où on est plutôt discrets, peut-être même quelque fois gênés. Mais il en est de même dans tous les spectacles."

Incrédule, la journaliste insiste : "Vous venez de dire que si l'antisémitisme est exprimé de façon drôle, pourquoi pas ?" M. Le Pen a alors répliqué : "Vous savez que les gens qui se moquent le plus des juifs, ce sont les juifs eux-mêmes. Il y a un humour juif très célèbre, très connu."

Le président du Front national sait pourtant ce qu'antisémitisme veut dire - "racisme dirigé contre les juifs" selon le Petit Robert - et que celui-ci est réprimé par la loi. Il est vrai que l'abrogation de toutes les lois réprimant le racisme et l'antisémitisme figure dans le programme du FN.

Jeudi 21 et vendredi 22 au matin, sa fille Marine Le Pen était injoignable pour commenter les propos de son père. Des propos qui vont à l'encontre de ses tentatives de dédiabolisation du parti d'extrême droite et de sa volonté de faire oublier les accusations de racisme et d'antisémitisme.

Difficile de dire si cette nouvelle saillie de M. Le Pen aura une incidence dans sa recherche de parrainages pour sa candidature à l'élection présidentielle tant elles n'étonnent plus.

Reste que dans cette même émission le président du FN a dit "pense (r) avoir passé la barre des 400" signatures sur les 500 nécessaires. Il a précisé qu'il ne sera satisfait "qu'au-delà de la barre de 600 car (il) crain (t) toujours des retournements de dernière minute".

Christiane Chombeau
Article paru dans l'édition du 23.12.06
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3 février 2007 6 03 /02 /février /2007 18:35

La Ligue des Droits de l'Homme absoudrait-elle l'Abbé Pierre de sa dérive négationniste et antisémite, interroge l'association Memorial 98?

 

 

 

Le communiqué d'hommage de la LDH à l'abbé Pierre (ci-après) prend une position mensongère et choquante sur le soutien que celui-ci a apporté au négationniste Garaudy en 1996.
 
Au contraire de ce que prétend ce communiqué, sa "condition d'homme engagé" est singulièrement affaiblie par par son engagement programmé et renouvelé aux côtés du négateur condamné pour "diffamation raciale", d'ailleurs accompagné de propos antisémites de son propre cru. 
 
La prose de Garaudy, valorisée par le soutien de l'abbé, est massivement diffusée par les courants antisémites dans le monde entier. 
 
La fable de" l'amitié ", utilisée par l'Abbé Pierre lui-même, pour se dégager des protestations suscitées par sa prise de position, est contredite par les nombreuses sources et documents. Ceux-ci prouvent  que son orientation antisémite est préexistante au scandale Garaudy. La longueur et l'ampleur de la polémique, le refus acharné de l'abbé Pierre de revenir sur ses déclarations antisémites, montrent la profondeur de sa dérive. Le communiqué de la LDH, dont on peut espérer qu'il ne représente pas les positions de ses instances, est donc une mauvaise action.  
 
Pour des informations complémentaires, on peut consulter notamment le petit livre intitulé "le secret de l'abbé Pierre" ( Burnier et Romane les petits Libres n° 11 Ed. Mille et une nuits) et l'ouvrage collectif "Négationnisme: les chiffonniers de l'Histoire" (Ed Syros/Syllepse 1997) ainsi que la presse de l'époque.

 Association Memorial 98

 

 

 

 

 


> 23 janvier 2007 - Hommage à l'Abbé Pierre


Communiqué de la LDH

La Ligue des droits de l'Homme s'incline devant la mémoire de l'Abbé Pierre. Dans ses luttes en faveur des droits les plus élémentaires de chacun, cet homme a représenté un instant de la conscience humaine. Dans la résistance, par son refus de la misère et son soutien aux plus déshérités que sont les sans-papiers, l'Abbé Pierre n'a cessé de rappeler la société et la République française à ses obligations et à ses principes.
 
Cet homme a trouvé dans sa foi les ressources qui lui ont permis d'appréhender l'Humanité dans toutes ses dimensions, y compris celles qui pouvaient s'éloigner des préceptes de l'Eglise catholique. Sa condition d'Homme engagé l'a conduit à mener bien des combats retentissants que l'erreur d'amitié commise avec Roger Garaudy ne peut affaiblir.
 
La Ligue des droits de l'Homme conservera le souvenir d'un compagnon de lutte pour le respect de tous les droits pour tous. Elle appelle, au-delà des hommages qui lui sont rendus, à mettre en œuvre dans la réalité ce qui fait la clef de voûte de sa vie entière : la dignité de l'Homme.
 
Paris, le 23 janvier 2007.
 

 

 

 

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