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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Retrouvez aussi le quotidien de l'info antiraciste sur notre blog d'actus :

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Sur les réseaux sociaux : 

    

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Pour correspondre avec nous, nous proposer des articles ou des informations,

pour toute question : 

contact@memorial98.org

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14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 23:08

La chasse aux immigrés va franchir une nouvelle étape.

Les députés UMP veulent durcir encore ce projet de loi. Ils sont encouragés dans cette direction par l’agitation gouvernementale. Ainsi le ministre de l’Identité Nationale Hortefeux convoque 19 préfets pour les inciter à pratiquer encore plus d’expulsions. Il répercute ainsi les ordres de Sarkozy qui veut remplir ses engagements à l’égard de l’électorat du Front national et réclame « du chiffre » (voir nos précédents articles Sarkozy et le Front National: une liaison dangereuse  Sarkozy-Le Pen: le livre qui révèle ). Les députés de droite y vont donc de leurs propositions : T. Marini veut introduire pour le regroupement des examens ADN pourtant interdits dans le droit français  en dehors de la criminalité, d’autres veulent créer des fichiers ethniques. Cette surenchère répressive rappelle la période des années 1996-1997 : Juppé premier ministre faisait envahir par la police l’église Saint Bernard et expulser les sans-papiers, les députés de droite de l 'époque pondaient  moult rapports et projets de loi contre l’immigration, Bernard Debré alors ministre de l’Intérieur prévoyait de contraindre à la délation contre les étrangers sans-papiers.
Ces projets furent stoppés par  d’importantes mobilisations ; c’est un combat équivalent qui est à l’ordre du jour.

Memorial 98

Notre association Mémorial 98, membre du collectif Uni(e)s contre une « immigration jetable », appelle à Paris au

Rassemblement devant l’Assemblée Nationale, contre le nième projet de loi sur l’immigration

Mardi 18 sept - 18 heures / place Pdt Edouard Herriot
(métro Assemblée nationale),

  Ci-dessous le texte de l’appel à ce rassemblement:
Le Gouvernement de M. Sarkozy soumet le 18 septembre à la discussion de l’Assemblée nationale un nouveau projet de loi relatif à « a maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile ».

Durant la précédente législature trois lois ont déjà été votées, 26 novembre 2003 sur l’immigration, 10 décembre 2003 sur le droit d’asile et enfin le 24 juillet 2006 sur le Code de l’entrée et du séjour des étrangers en France et du droit d’asile (CESEDA). En 4 ans, la procédure de regroupement familial a ainsi été modifiée par deux lois, mais aussi par deux décrets (17 mars 2005 et 8 déc. 2006), trois circulaires (17 janv. 2006, 27 déc. 2006 et 22 fév. 2007) et un arrêté (28 sept. 2006).

Le présent projet restreint encore le droit des étrangers !

En ce qui concerne le regroupement familial, il institue notamment un contrôle préalable de la connaissance de la langue française, l’obligation pour obtenir une carte de séjour de retourner dans le pays d’origine pour déposer la demande (même si la personne est rentrée légalement en France avec par exemple un visa touristique), il permet d’augmenter le niveau de ressources nécessaires jusqu’à 1,2 fois le SMIC, il renforce les menaces de suspension des allocations familiales via un nouveau « contrat d’accueil et d’intégration » familial….

En ce qui concerne le droit d’asile, il tire les conséquences de la création du ministère de Monsieur Hortefeux au triste nom de « ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement » en soumettant l’OFPRA, chargé de gérer le droit d’asile, à la politique de l’immigration.

Ainsi les lois récentes vont dans le même sens : restreindre le regroupement familial - immigration prétendument « subie » -, sélectionner l’entrée de travailleurs en fonction des besoins du marché de travail et les jeter dès qu’ils ne sont plus nécessaires - immigration dite « choisie » - et enfin restreindre l’exercice du droit d’asile. Mais cette diarrhée législative, alors même que les précédentes lois n’ont pas été mises complètement en œuvre, conduit légitimement à se poser la question des motivations réelles du gouvernement : la répétition des réformes ne vise-t-elle pas davantage à flatter les réflexes racistes et xénophobes dans la population et à exacerber la division des salariés qu’à actualiser le droit ?

Un pays se juge à la façon dont il accueille les étrangers sur son sol !

Alors que se multiplient les contrôles policiers dans les entreprises et jusqu’aux domiciles, les rafles dans la rue, alors que des familles sont séparées par les expulsions, ne restons pas sans réagir !
VENEZ, FAITES VENIR VOS AMIS à l’ASSEMBLEE NATIONALE  
mardi 18 septembre à 18 heures.

Signataires :
   UCIJ / Uni(e)s contre l’immigration jetable
    RESF / Réseau Education sans frontière
    CSP / Collectifs de sans papiers d’Ile de France

http://contreimmigrationjetable.org

Memorial 98

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12 septembre 2007 3 12 /09 /septembre /2007 09:13
Reconnaissance du génocide arménien : polémique aux USA et en Israël

Depuis plusieurs mois, le Congrès américain prépare une résolution reconnaissant  le génocide arménien commis par les autorités turques et ayant fait un million et demi de victimes à partir de 1915. Ce projet est vivement combattu par l’état turc qui nie encore le génocide et  cherche à  bloquer sa reconnaissance par tous les moyens.
En avril dernier l’organisation juive américaine Anti Defamation League (ADL) dirigée par Abraham Foxman, dont la vocation historique est la lutte contre l’antisémitisme et le racisme, a d’abord pris une position hostile à cette reconnaissance.
A.Foxman s’est opposé à cette initiative, pourtant soutenue par l’écrasante majorité des sénateurs d’origine juive (29 sur 43), en utilisant une ligne ressemblant à celle de l’état turc : il s’agirait uniquement d’un débat historique à régler par le « dialogue » entre la Turquie et l’Arménie.
La direction de l’ADL arguait aussi de l’absence de tout danger pour les Arméniens actuellement (quelques mois après l’assassinat à Istanbul du journaliste Hrant Dink !) A l’inverse elle arguait des  dangers  menaçant les Juifs de Turquie, ainsi que les intérêts d’Israël dont la Turquie est l’alliée régionale.
A. Foxman a même limogé le responsable ADL de la région de Boston pour s’être publiquement opposé à sa position et s’être déclaré favorable à la reconnaissance, en solidarité avec les Arméniens.
Face au tollé dans les communautés juive et arménienne, A.Foxman, après s’être concerté avec Elie Wiesel, a reconnu qu’il s’agissait bien d’un « équivalent de génocide » mais maintient son opposition à la résolution du Sénat ;
 
 
Cette revirement a connu un impact très important et déclenché une contre-offensive turque.  
Le gouvernement israélien sollicité et pressionné par le gouvernement turc s’est immiscé dans ce débat. Le président  Pérès a réaffirmé qu’Israël maintenait sa position traditionnelle de non reconnaissance du génocide arménien (voir notre article précédent Une loi contre le négationnisme ?)
Cette position scandaleuse est contraire à la vérité historique et à la solidarité de deux peuples qui ont subi un génocide.
Faut-il rappeler que les nazis eux –même trouvaient un encouragement dans la manière dont le génocide arménien était nié :
« Mais qui se souvient encore du massacre des Arméniens ? » déclarait ainsi Hitler dans une allocution aux commandants en chef de l'armée allemande le 22 août 1939, quelques jours avant l'invasion de la Pologne.
 
 
De nombreuses prises de position dans ce débat font référence à Henry Morgenthau, personnalité juive qui a voulu empêcher les massacres en 1915.  
Alors ambassadeur des Etats-Unis en Turquie, Morgenthau a tenté d’éviter le génocide (le terme n’existait pas à l’époque et a été forgé en 1948).
Il  a ainsi envoyé un message d'alerte au Département d’Etat américain le 10 juillet 1915 : "Persécution d’Arméniens.. Supposition de dimensions sans précédents ... tentative systématique de déraciner la paisible population arménienne et par arrestations arbitraires, épouvantables tortures, expulsions de masse et déportations d’un point de l’Empire à l’autre accompagné par des cas fréquents de viols, pillages et meurtres, se métamorphosant en massacres, pour apporter destruction et misère sur eux. Ces mesures sont ... dirigées de Constantinople .... " 
Le 11 août de la même année, son câble décrit les actions turques comme « un effort pour exterminer une race ».
 
 
Le  cynisme des gouvernants israéliens qui refusent la reconnaissance de ce génocide au nom de la géopolitique régionale, s’applique d’ailleurs aussi  aux survivants de la Shoah en Israël, dont beaucoup vivent dans le misère, et aux réfugiés du Darfour que les autorités voulaient refouler vers l’Egypte avant d’accepter de les accueillir.

MEMORIAL 98
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7 septembre 2007 5 07 /09 /septembre /2007 22:41

Sarkozy et L. Parisot, présidente du Medef

Sarkozy révise l’histoire de Vichy : nouveau dérapage

Lors de l’Université d’été du MEDEF, pour défendre la « dépénalisation du droit des affaires » (terme pudique pour l’impunité garantie aux patrons, même voyous) Nicolas Sarkozy a utilisé la formule suivante :
« A quoi sert-il d'expliquer à nos enfants que Vichy, la collaboration, c'est une page sombre de notre histoire, et de tolérer des contrôles fiscaux sur une dénonciation anonyme, ou des enquêtes sur une dénonciation anonyme ? ». Il a été applaudi frénétiquement par son auditoire.

 

Il s’agit encore une fois de sa part d’une révision historique concernant la période de la deuxième guerre mondiale


Le drame de Vichy et de la collaboration ne réside pas dans la forme des dénonciations et leur anonymat mais dans leur contenu et les « lois » barbares auxquelles elles faisaient référence.

On y dénonçait les Juifs parce que Juifs et on les envoyait ainsi vers la mort.


Comment peut-on, même par démagogie, comparer cette époque terrible et la situation actuelle ?

Peut on mettre en parallèle, comme le fait Sarkozy, la déportation des Juifs et  un contrôle fiscal ?

Comment cette image a-t-elle pu figurer dans un discours officiel et de telles paroles être prononcées par un président de la République ? Pourquoi il y a-t-il si peu de réactions?

Qu'on imagine le scandale si Le Pen avait osé une telle déclaration.
Il s’agit en effet d’une rhétorique qu’on trouve habituellement dans la presse d’ extrême droite ou lors d'autres « dérapages » de ce genre.

 

Ainsi en 2002 en Allemagne, le dirigeant démocrate-chrétien Koch avait provoqué un tollé en rapprochant le sort des personnes fortunées sous un gouvernement de  gauche, avec celui des Juifs sous le nazisme,  car ces 2 catégories étaient selon lui pareillement stigmatisées par une étoile jaune. Il s’était excusé et avait retiré ses propos.
 

Sarkozy quant à lui n’a manifestement pas l’intention de revenir sur ce parallèle révisionniste. Mais faisons silence, semblent dire les médias aux ordres, car il ne faut surtout pas "diaboliser" le président actuel.

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6 septembre 2007 4 06 /09 /septembre /2007 22:56
 Affrontements à propos de la radio intégriste et antisémite 

 
À la veille des élections législatives, le Premier ministre Kaczynski prend de nouveau la défense de Radio Maryja et tente d'empêcher la création d'une journée deuropéenne contre la peine de mort.

Voir nos 5 précédents articles sur ce sujet publiés depuis le 11 juillet dernier, retraçant les étapes de cette crise et son contexte.
Depuis 2002, nous alertons sur les campagnes antisémites et xénophobes menées par les « médias de haine » polonais.

La prise de position du Premier ministre intervient après la publication d'une récente intervention du cardinal Dziwisz devant les évêques polonais, mettant en garde l'Eglise contre une menace de grave crise à cause de Radio Maryja.  Ce cardinal est l’ancien secrétaire particulier du pape polonais Jean Paul II; son intervention revêt donc une importance particulière.
"Il est absolument indispensable de mettre en place une nouvelle direction de Radio Maryja et de la télévision Trwam, pour qu'elles servent l'Eglise de Pologne sous la tutelle des évêques", a déclaré le cardinal Dziwisz devant l'épiscopat réuni le 25 août au sanctuaire de Czestochowa
Lors de cette réunion, les évêques n'ont cependant pas suivi Mgr Dziwisz. Ils ont refusé une quelconque "mesure disciplinaire" contre le père Rydzyk qui dirige Radio Maryja et ont seulement décidé d'adresser une lettre à l'ordre des Rédemptoristes dont il fait partie.
"Nous sommes au seuil d'un danger de crise - quelqu'un d'autre (Rydzyk) commence à décider de la direction que prend le sacerdoce en Pologne. Et pourtant, cette responsabilité est bien la nôtre devant Dieu et l'Eglise", a plaidé Mgr Dziwisz. Il a ajouté : "Il existe un grand danger (...) que l'Eglise polonaise toute entière soit identifiée exclusivement avec les prises de positions de Radio Maryja »
Face à cette mise en cause provenant d’une personnalité aussi symbolique, le Premier ministre polonais Jaroslaw Kaczynski a une nouvelle fois pris la défense le 4 septembre de la station catholique intégriste et antisémite. Il a salué devant la presse le rôle de cette radio qui "a renforcé l'Eglise de Pologne et le catholicisme polonais". Il a aussi défendu le fondateur et directeur de la radio, le père Tadeusz Rydzyk.
"Cette radio, c'est un seul homme. Écartez cet homme et cette radio n'existe plus", a dit le premier ministre qui ne cache pas que son parti conservateur Droit et Justice (PiS) mise sur l'électorat proche de Radio Maryja, dans la perspective des éventuelles législatives anticipées cet automne.
Lors des législatives de 2005, le soutien apporté au PiS par Radio Maryja avait déjà pu contribuer à la victoire des conservateurs sur leurs rivaux libéraux.
 C’est le même gouvernement polonais qui a bloqué le 6 Septembre une proposition pour créer une "Journée européenne contre la peine de mort" le 10 octobre, le même jour que la journée mondiale déjà existante depuis 2003.
Lors d'une réunion de représentants des 27 à Bruxelles, la Pologne a refusé de donner son accord à cette proposition de la Commission européenne, déjà soutenue par le Parlement européen et qui nécessite encore l'accord unanime des Etats membres.
Le gouvernement des frères Kaczynski, juge cette journée sans intérêt car la peine de mort est déjà abolie dans tous les pays européens.
Elle voudrait créer à la place "une Journée de défense de la vie, qui condamnerait à la fois la peine de mort, l'avortement et l'euthanasie"
La présidence portugaise de l'UE a estimé lors de cette réunion tout débat sur la proposition polonaise "inutile" car "il n'y a pas de politique européenne sur l'euthanasie et l'avortement, alors qu'il y en a une pour l'abolition de la peine de mort".
Les frères Kaczynski au pouvoir en Pologne ont par le passé ouvertement regretté que la peine de mort ait été abolie en Europe.
En août 2006, ils ont pris une initiative sans lendemain pour tenter de modifier la Convention européenne des droits de l'homme, qui s'applique aux 47 Etats membres du Conseil de l'Europe, basé à Strasbourg, et leur interdit de pratiquer la peine de mort.
La présidence portugaise espère convaincre la Pologne de changer d'avis d'ici le 9 octobre, date à laquelle doit être signée à Lisbonne la déclaration commune de l'UE et du Conseil de l'Europe instaurant cette "Journée européenne" et réclamant l'abolition universelle de la peine de mort.
Selon Amnesty International, 1.591 personnes ont été exécutées dans le monde en 2006. La Chine, le Pakistan, l'Iran, l'Irak, le Soudan et les États-Unis sont les principaux pays qui appliquent encore la peine de mort.

A suivre ….

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3 septembre 2007 1 03 /09 /septembre /2007 23:17

 Sarkozy- Le Pen : révélations et pas de deux.

 Le  livre de Yasmina Reza sur la campagne de Sarkozy « L’aube le soir ou la nuit  » apporte un éclairage supplémentaire sur cette période. Cet  ouvrage, plutôt complaisant à l’égard du candidat UMP, confirme si besoin était que le président actuel a orienté sa campagne vers les électeurs du Front national
Citation du livre:
Réunion avec son entourage, Nicolas Sarkozy parle (non daté)
« 
Je vous dis une chose. Si on n'avait pas l'identité nationale, on serait derrière Ségolène. On est sur le premier tour, mes amis. Si je suis à 30%, c'est qu'on a les électeurs de Le Pen. Si les électeurs de Le Pen me quittent, on plonge»
Il ne s’agit pas ici du cynisme habituel d’un candidat et de ses conseillers en communication. Il ne s’agit pas non plus de « pédagogie » pour ramener des électeurs vers la droite classique (voir notre article précédent Sarkozy et le Front National: une liaison dangereuse)
L’enjeu stratégique de Sarkozy est l’unification de la droite autour du thème de la défense de l’ « identité nationale » menacée, thème récurrent et éternel de la droite nationaliste dans notre pays.
 Le Pen lui-même reconnaît d’ailleurs le succès de la campagne de Sarkozy et s’adapte à la nouvelle situation.
Dans ses déclarations du mois d’août pour la presse et la radio, il rend hommage à Sarkozy, en estimant qu’il tient "un certain nombre de ses promesses électorales ».
Il déclare ainsi :
"Il fait une chose, qui est moralement positif, c'est qu'il tient, semble-t-il au moins, un certain nombre de ses promesses électorales, bien sûr pas toujours dans la dimension et la profondeur que pourraient attendre ceux qui ont voté pour lui, mais tout de même, il va dans cette direction-là",
Le président du Front national a aussi précisé avoir été reçu deux fois par le nouveau président, notamment pour évoquer la réforme des institutions.
 Au-delà de ce coup de chapeau, le propos clé du dirigeant s’extrême droite est le suivant;
"Il (Sarkozy) tient à donner l'image d'un rassembleur et d'un homme qui n'est pas tenu par des obligations, quelles qu'elles soient. Il reçoit qui il veut, quand il veut, où il veut", a-t-il dit. Le Pen et le journal catholique intégriste Présent ont souvent accusé Chirac et d’autres hommes politiques d’être « inféodés à un lobby » (juif) auprès duquel ils se seraient engagés à ne pas avoir de contacts avec lui-même et son parti.
Le Pen insiste :
"Il  ne met pas les pieds dans les pas de Jacques Chirac qui procédait d'une détestation à l'égard du Front national, tout à fait injuste et injustifiée"

Ce pas de deux n’empêche pas la compétition acharnée et féroce entre la droite dure et l’extrême droite, mais le cadre est changé, une barrière a été levée, un ministère de l’identité nationale est en place.

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30 août 2007 4 30 /08 /août /2007 22:31

Messmer : mort d’un soutien indéfectible de Papon
Le décès de l'ancien premier ministre Messmer, survenant quelques jours après ce lui de son acolyte Raymond Barre ramène vers le procès Papon de 1997-1998.
 Ces deux anciens Premiers ministres se sont retrouvés aux côtés de Papon lors de son procès et ont ensuite sans cesse fait pression pour sa libération.
P. Messmer fut même le premier témoin cité par la défense de Papon lors du procès. Il s’employa à tenter de blanchir l’ancien préfet pour son action pendant la guerre et aussi lors du massacre des Algériens de Paris le 17 octobre 1961.
 Lors de son témoignage, l'ancien Premier Ministre- auréolé de son prestige de résistant-  rejeta  ouvertement les excuses nationales de Chirac en 1995 lors du discours du Vel’ d’Hiv’ à l'égard des victimes de la déportation ( voir Sarkozy jette aux orties la reconnaissance de la participation de la France à la Shoah ).
Pour ce faire il se livra à une manipulation de ce discours, en voulant faire croire qu’il s’agissait d’une condamnation de l’ensemble de la population et non des autorités qui avaient participé à la mise en œuvre de la déportation. Il déclara ainsi « …je m'inscris absolument en faux contre les déclarations prononcées depuis 1995 par les plus hautes autorités françaises et qui imputent à la France, donc à tous les Français, la responsabilité des crimes de Vichy … » puis il ajouta en ultime insulte aux déportés raflés et exterminés qui n'avaient pas été en capacité de résister :
 "… mais je voudrais aussi dire, conclut-il, quel que soit le respect que nous devons à toutes les victimes de la guerre et particulièrement aux victimes innocentes, que je respecte plus encore ceux et celles qui sont morts debout les armes à la main, car c'est à eux que nous devons notre libération ".

 Interrogé par le tribunal plus précisément sur " la ratonnade du 17 octobre 1961 " dont Papon préfet de police fût responsable, Pierre Messmer  le dédouane encore en déclarant: " En ce qui concerne les événements entre 1960 et 1967 à Paris, j'étais ministre et par conséquent, j'assume avec le gouvernement tout entier, de De Gaulle au dernier secrétaire d'Etat, l'entière responsabilité des événements ". À l’instar de Maurice Papon, il rejette la responsabilité de la police dans ce massacre et affirme la thèse négationniste " que la responsabilité des morts du 17 octobre 1961 incombe à des agents du FLN qui en ont profité pour liquider des dissidents… »
La condamnation de Papon ne fera pas cesser le soutien indéfectible de Messmer et de Barre à son égard.
En juillet 2001, ils lancent une pétition demandant la libération de l'ancien secrétaire général de la préfecture de Gironde. Le texte, envoyé à Jacques Chirac est aussi signé par Maurice Druon de l'Académie française qui a également témoigné pour Papon et insulté les déportés (voir Sarkozy encense Maurice Druon, ami et soutien de Papon ainsi que par d'anciens résistants ou déportés comme Germaine Tillon ou Jean Mattéoli.
Pour les signataires de cette pétition qui reprend les arguments des avocats de Papon, on peut  "craindre l'éventualité d'une fin de vie brutale" en prison, étant donné l'âge et l'état de santé de Maurice Papon. Ils rappellent aussi que "l'on fait supporter à ce seul fonctionnaire subalterne le poids de la responsabilité de la Fonction publique sous la contrainte de l'occupation allemande".
"Il y a des gens de 90 ans qui ont été déportés à Auschwitz. Personne n'a jamais signé une demande de grâce pour eux", va rétorquer à l’époque le député Patrick Devedjian.

Le 18 septembre 2002, Maurice Papon est remis en liberté par la cour d'appel de Paris. Il bénéficie de la loi sur les droits des malades, dite "loi Kouchner", de mars 2002, qui permet à un condamné de demander une suspension de peine si son pronostic vital et son état de santé sont incompatibles avec la détention. Une expertise médicale complaisante a fourni le prétexte à cette libération
Les termes « grabataire et quasi-impotent » avancés par les experts médicaux pour justifier sa libération vont indigner l'opinion publique d'autant que Maurice Papon quitte la maison d'arrêt de la Santé à pied, sans assistance et vivra tranquillement dans sa résidence.

Barre, Messmer et Druon auront réussi leur coup, aidés par l’étrange prise de position de Robert Badinter dans le même sens.

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28 août 2007 2 28 /08 /août /2007 22:54

 
 

La radio antisémite polonaise, soutenue par le gouvernement et blanchie par l’épiscopat, va être financée par l’Union européenne.

Tout baigne pour Radio Maryja et son directeur, le père Rydzyk : après le soutien qui leur a été apporté publiquement par le  pape, c’est maintenant l’épiscopat polonais qui décide de ne pas prendre de « mesures disciplinaires » contre eux (voir nos 4 articles précédents sur ce sujet).

Les évêques polonais réunis en conférence le 25 Août refusent ainsi de sévir contre la propagande antisémite, mais vont « élucider les frictions » avec la station.
 

D’autres bonnes nouvelles suivent pour elle dans la foulée : les autorités judiciaires polonaises ont rejeté toutes les plaintes déposées contre les propos antisémites tenus par le père Rydzyk lors d’une conférence en Mars dernier .

Le parquet (dont on imagine l’indépendance par rapport au pouvoir !) a conclu que ses propos "n'avaient pas le caractère d'un acte interdit".
 Le gouvernement polonais ne se contente pas de déblayer le terrain judiciaire. Il vient d’apporter une cerise européo-polonaise sur le gâteau dont bénéficie déjà ce « média de la haine » :
 Le ministère polonais du Développement régional, qui gère les fonds européens versés à la Pologne, a confirmé le 28 août que l'école de Radio Maryja figurait sur la liste  des projets retenus par le ministère.
La station catholique intégriste recevra 15,5 millions d'euros de l'UE pour le développement de son école supérieure de journalisme.
Basée à Torun (nord), Radio Maryja diffuse régulièrement des opinions nationalistes et antisémites. Elle possède aussi un quotidien national, Nasz Dziennik et une station de télévision, Trwam.

 

Pour assurer le fonctionnement de ces médias, le père Rydzyk a fondé il y deux ans sa propre école de journalisme. En présentant au printemps dernier sa demande de fonds européens, il a qualifié son école d'"Incubateur de technologies modernes au bénéfice d'une société civique".
 

Toutes ces manoeuvres en faveur de Radio Maryja s’expliquent notamment par la proximité des élections législatives polonaises, dans un contexte de crise politique ouverte autour des manipulations des services secrets par le gouvernement actuel.
 

Lors des dernières élections Radio Maryja avait apporté un soutien fort au parti des frères Kaczynski, devenant ainsi le média privilégié du régime.
 
Rappelons aussi qu’en en février 2007, le député européen polonais Maciej Giertych, l'un des leaders de la Ligue des familles polonaises (LPR) membre de la coalition  de droite radicale au pouvoir, a publié avec les fonds et sous le logo du Parlement européen, une brochure antisémite. Il a bénéficié d’une certaine impunité puisque le président du Parlement l’a sanctionné uniquement d’un blâme (voir nos articles précédents sur ce sujet)


À suivre…(5e article dans cette série)
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26 août 2007 7 26 /08 /août /2007 19:05


 

 

 

 

 

Impunité post-mortem.

 

La mort de R. Barre donne lieu à un véritable  déluge d’hommages, malgré son antisémitisme déclaré et récemment réaffirmé (voir nos articles précédents Impunité de l'antisémite Barre 

Décryptage: R. Barre récidive pour Papon et Gollnisch  )
 

 

Le plus complaisant de ces dithyrambes est, à ce jour, celui de F. Fillon :
"La première image qui vient à l'esprit quand on pense à Raymond Barre, c'est la droiture, c'est la rigueur morale et la rigueur intellectuelle. C'était un exemple de rigueur morale et intellectuelle. ", a- t- il déclaré. On attend la réaction indignée de son conseiller Arno Klarsfeld.

 

 

Les autres déclarations officielles, dont celle de N. Sarkozy, sont de la même veine. Certains hiérarques socialistes en rajoutent dans la flagornerie, tels Jacques Delors, Michel Rocard et le maire de Lyon Gérard Collomb qui déshonore ainsi la gauche et sa ville, capitale de la Résistance.
 

 

Ceux qui sont plus gênés et directement concernés, comme son "héritier" Bayrou, se réfugient derrière la pauvre excuse de l’état de santé de Barre au moment de ses déclarations antisémites les plus récentes de mars dernier.

Cette justification est totalement inconsistante car depuis 1980 et ses premières déclarations lors de l’attentat contre la synagogue de la rue Copernic ( il avait déclaré sur TF1: " « Cet attentat odieux voulait frapper les Israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic » ) R. Barre a persisté dans cette voie ; en témoignant pour Papon lors du procès de celui-ci en 1998, en affirmant à plusieurs reprises son soutien à Bruno Gollnisch, dirigeant du Front National, négationniste et antisémite avéré.
 

D’autre encore notent cette « tâche » ou ses « propos inadmissibles » de R. Barre mais les considèrent comme une espèce de bizarrerie qui selon eux ne remet pas en cause sa « stature d’homme d’Etat »   
 

Pourtant ses dernières déclarations qui ont fait scandale, tenues sur France Culture le 1er mars dernier, sont d’une grande brutalité:
 on y trouve, en plus des appréciations déjà connues sur le "lobby juif de gauche", l'attentat de la synagogue Copernic, Papon, Gollnisch, cette phrase incroyable à propos de Papon:

"Je ne porte pas un jugement moral sur l'attitude que l'on devait avoir à l'égard des déportations de Juifs ou non"

 Au fond, cette impunité semble constituer un privilège de la fonction. À partir d'un certain niveau de pouvoir ou de renommée, on peut, sans risque, dire ou écrire des horreurs. Le parallèle qui vient à l’esprit est celui de l’abbé Pierre, pareillement absous de son antisémitisme lors de son décès, avec les mêmes justifications.

Reste à expliquer la passion antisémite de R. Barre, qui se déclarait catholique pratiquant et fut un fieffé réactionnaire tout au long de sa carrière.

Memorial 98

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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 11:06

Le pape Ratzinger approfondit son offensive réactionnaire
Le pape Benoît XVI a reçu à sa résidence de Castel Gondolfo le directeur de la radio antisémite polonaise Radio Marya et l'a publiquement félicité pour "l'ensemble de son activité".
 Il apporte ainsi un soutien marqué  au père  Rydzyk qui s'illustre par ses diatribes antisémites, homophobes, anti-IVG et xénophobes (voir nos articles précédents sur ce sujet)
La protestation des pétitionnaires catholiques polonais n'a pas été entendue, c'est au contraire les forces les plus réactionnaires qui sont valorisées.
Ce même pape a déjà pris plusieurs positions dans le même sens notamment en recevant Oriana Fallaci, propagandiste de la dénonciation des musulmans
Surtout il flatte les catholiques intégristes en réintégrant le rituel traditionnel de la messe en latin d'avant le concile Vatican II
qui comprend notamment une prière pour "la conversion des Juifs", supprimée alors en raison de sa connotation antisémite.
Le pape Ratzinger, ancien des Jeunesses hitlériennes, montre ainsi que son orientation traditionaliste bien connue, va s'appliquer pleinement lors de son pontificat.

A suivre...

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28 juillet 2007 6 28 /07 /juillet /2007 20:55

Sarkozy ; service minimum sur la Shoah, insultes pour les Africains.

La  campagne présidentielle de Sarkozy a été notoirement orientée vers l’électorat de la droite radicale et du FN.
L’exaltation chauvine et sécuritaire y fut symbolisée par les diatribes contre la « repentance" , terme  péjoratif censé disqualifier l’examen de la responsabilité de la France dans les crimes de la colonisation et dans la mise en œuvre de la Shoah, dont l’Allemagne seule était tenue responsable.

(Voir nos articles précédents notamment:
Sarkozy jette aux orties la reconnaissance de la participation de la France à la Shoah)

Au lendemain de son élection Sarkozy choisit même de ne pas participer aux cérémonies de commémoration du 8 Mai en compagnie de Chirac.
(Voir notre article précédent:  Sarkozy boycotte le 8 Mai)

Confronté de nouveau ces jours ci  à ces deux moments capitaux de l’histoire du pays, Sarkozy a choisi dans le cas de la Shoah de concéder une approbation « esthétique »  de la reconnaissance de la responsabilité de l’Etat français.
 Il déclare ainsi à la veille de l'anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv: «… je n’y ai rien à rajouter ni rien à retrancher au très beau discours de Chirac… » du 16 Juillet 1995. 
Telle est la formule minimaliste de Sarkozy au mémorial de la Shoah, accompagné de S. Weil et de Serge Klarsfeld et  tel est aussi sans doute le prix de leur présence avec lui ce jour là.
Serge Klarsfeld dans une tribune au Monde à cette occasion rappelle l’historique de la position des présidents français par rapport à Vichy, se félicite de la continuité manifestée par Sarkozy quand à la déclaration de Chirac en 1995 et lui exprime sa « reconnaissance ».
Cette expression complaisante de S.Klarsfeld face à la formule minimaliste de Sarkozy est loin de clore le débat lancé par les déclarations provocatrices de Sarkozy tout au long de la campagne.
On nous accusera de « diaboliser » Sarkozy, selon le code sémantique lancé par ceux qui veulent voir en lui un homme providentiel, mais nous référons à ses nombreux discours et déclarations, tous orientés vers la réécriture chauvine de l’histoire nationale.
 
 Quelques jours plus tard, à l'occasion de son voyage en Afrique, Sarkozy concède la  reconnaissance de  fautes du colonisateur mais râbache de nouveau cette étrange formule destinée à brouiller les cartes :
"nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères".
Puis vient la leçon faite aux Africains et destinée à justifier la politique restrictive et répressive de la France en matière d’immigration :
"L'Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur : la colonisation n'est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux, des génocides, des dictateurs, du fanatisme, de la corruption et de la prévarication."
Au moment même où les révélations s’accumulent sur le rôle de l’armée française dans la préparation du génocide rwandais, il ose se dégager de toute responsabilité.
Au moment même ou Sarkozy va visiter Omar Bongo, symbole du lien corrompu de la Françafrique, et Sassou N’Guesso initiateur de crimes de guerre, il rejette la  faute sur l’ « Afrique »
 
Face à ce continent qui souffre des plaies de la colonisation et du néocolonialisme, de la pauvreté et du SIDA, de régimes dictatoriaux maintenus en place par la France y compris par la force armée, voici son analyse : "Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire (…). Jamais il ne s'élance vers l'avenir. Il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès.. »

Cette caricature, digne de l’imagerie coloniale la plus éculée, démontre que Sarkozy n’ a pas changé

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