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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Retrouvez aussi le quotidien de l'info antiraciste sur notre blog d'actus :

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 22:55

 

 

La tribune en défense d’Eric Woerth publiée par Simone Veil illustre le destin tragique de cette figure éminente, si populaire dans la société française.

Ce texte est signé de son titre de "présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah", ce qui tend à déconsidérer cette institution et accentue le malaise face à  un texte de mauvaise foi qui ose évoquer le « populisme » et la « chasse à l’homme »

 On peut certes sonder les motivations profondes de cet appel et noter  sa concordance avec l’offensive médiatique  des communicants chargés de défendre le pilier du sarkozysme et des finances UMP.

Au-delà, force est de constater que tout au long de sa carrière politique, Simone Veil a eu à se confronter dans son camp, celui de la droite parlementaire, à des attaques et des cas de conscience dont elle ne semble pas en capacité de saisir la mesure et la cohérence.

Son autobiographie « Ma vie » mentionne d’ailleurs certaines de ces affaires:

1) La loi sur l’IVG en 1973 , votée grâce aux voix du PC et du PS et avec une toute petite minorité de voix de droite.

Elle raconte: «... Ma tâche me paraissait d'autant plus lourde que la profession médicale, dans l'ensemble, m'acceptait avec réticence. Il ne sert à rien de travestir les faits: face à un milieu au conservatisme très marqué, je présentais le triple défaut d'être une femme, d'être favorable à la légalisation de l'avortement et, enfin, d'être juive…. Plus nous nous rapprochions de l'échéance du débat, et plus les attaques se faisaient virulentes. Plusieurs fois, en sortant de chez moi, j'ai vu des croix gammées sur les murs de l'immeuble Les attaques qu'elle subit sont violentes. «On avait inscrit sur la porte de mon domicile: "Veil = Hitler"», …»

Simone Veil omet de préciser que des députés de la droite officielle l’ont attaquée tout aussi abjectement.

 

2)   Raymond Barre et le "lobby juif "

 

Elle raconte « …Dès 1978, un dérapage verbal en Conseil des ministres avait bien failli mettre le feu aux poudres. Raymond Barre avait évoqué le «lobby juif» dans des termes que j'avais jugés déplacés. Après le Conseil, j'avais déclaré au président qu'en cas de nouvelle sortie de son Premier ministre sur le prétendu «lobby juif», je quitterais aussitôt le gouvernement en disant pourquoi. Giscard était intervenu, et Barre avait ensuite doctement expliqué ce qu'il avait voulu dire; à l'entendre, j'avais mal interprété ses propos.

Deux ans plus tard, après l'attentat de la synagogue de la rue Copernic, sa langue avait à nouveau fourché. Alors que son ministre de l'Intérieur, Christian Bonnet, évoquait l'hypothèse d'un coup monté et que le président de la République s'abstenait de toute déclaration, Raymond Barre avait déploré la mort, à côté de juifs, de « Français innocents»… »

Simone Veil participa aux cortèges de protestation contre l’attentat, mais ne démissionna pas du gouvernement Barre.

Elle siégea d’ailleurs dans le même gouvernement que Maurice Papon de 1978 à 1979 ( Décryptage: R. Barre récidive pour Papon et Gollnisch

Impunité de l'antisémite Barre

R.Barre: requiem pour un antisémite )

 

3)   Avec le pétainiste Robert Hersant

En 1979, Simone Veil est à la tête d'une liste RPR-UDF aux élections européennes de 1979.

 

Elle raconte elle-même : « La composition de la liste m'a presque totalement échappé. En particulier, la présence de Robert Hersant, dont le passé vichyssois était désormais connu de tous, ne me faisait aucun plaisir, c'est le moins que l'on puisse dire. On m'avait expliqué qu'il était difficile de se mettre à dos le propriétaire du tout-puissant Figaro. Une fois encore, la politique l'emportait ainsi sur les principes moraux. Ma seule échappatoire se référait à l'ancienne appartenance du patron de presse à la FGDS, le groupuscule politique qu'avait naguère dirigé François Mitterrand. J'avais donc tout loisir de renvoyer les socialistes qui m'attaquaient sévèrement sur ce sujet à leurs propres contradictions, ce que je ne me suis pas privée de faire. Il reste que, pour la première fois de ma vie, j'avais accepté, pour de basses raisons d'opportunité, un compromis qui avait à mes yeux l'allure d'une compromission… ».

 

Cela ne la conduisit pas à démissionner ni à préciser que Robert Hersant avait été placé sur cette liste afin de lui garantir une immunité parlementaire pour ses manœuvres financières.

 

4) La candidature Sarkozy de 2007.

Simone Veil est présidente de son comité de soutien

À l’annonce de la création d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale par le candidat de l’UMP au cas où il serait élu, elle déclare:

"Je n'ai pas du tout aimé cette formule très ambiguë. J'aurais préféré parler d'un ministère de l'immigration et de l'intégration",

Comme on lui demande si elle a fait part de son désaccord à Sarkozy, elle répond: "Il est très difficile à joindre en ce moment. Mais je compte bien lui en parler. Je lui ai toujours dit ce que j'en pensais".

Voici comment de leur côté  Sarkozy et ses proches ont vécu et analysé cet épisode

Selon le livre Histoire secrète de la droite, 1958-2008  rédigé par des journalistes sarkozystes et qui décrit la genèse de la création d’un ministère de l’Identité nationale, ensuite confié à Brice Hortefeux :

« Le jeudi 8 mars 2007

. […] face à la remontée de Ségolène Royal dans les intentions de vote du second tour, une prompte décision s’impose. Pourquoi ce “coup de mou”que rien ne laissait présager ? L’analyse est fournie, une fois de plus, par Patrick Buisson (conseiller de Sarkozy issu de l’extrême droite ndlr) lors d’une réunion convoquée d’urgence.

– Nicolas est en train de se notabiliser, attaque Buisson. J’y vois la conséquence du choix de Simone Veil pour présider le comité de soutien.[…]

Puis, s’adressant à Sarkozy:

– Tu as percé parce que tu incarnes une transgression par rapport aux tabous de la politique traditionnelle. Il faut, sans tarder, envoyer un signal fort à toutes les couches nouvelles qui ont déjà basculé dans ton camp ou qui sont prêtes à le faire. Or, le tabou des tabous, c’est l’immigration. La transgression majeure, elle est là. Pas ailleurs. Il faut en remettre un coup sur le thème de l’identité nationale. Le silence, alors, est à couper au couteau. Seul Guaino intervient pour soutenir Buisson. Puis, après un nouveau silence, Sarkozy lui-même :

–     Patrick a raison. Je vais proposer la création d’un ministère de l’Identité nationale. Quant à Simone, je la gère. Elle doit comprendre. Elle comprendra."

 

Malgré cela, Simone Veil assumera jusqu’au bout son soutien à Sarkozy. Elle ne relèvera pas non plus les diatribes de Sarkozy et Guaino contre la « repentance » à propos de Vichy et de la collaboration

 

(voir Sarkozy-Le Pen: le livre qui révèle

Balladur et Sarkozy: de la préférence nationale à l'Identité nationale

Sarkozy et le Front National: une liaison dangereuse)

 

 

4)   La mémoire des enfants juifs.

 

En février 2008 Sarkozy déclare lors du dîner du CRIF que les  élèves de CM2 auront la charge de perpétuer individuellement la mémoire des enfants juifs assassinés pendant la Shoah. Simone Veil proteste vivement et déclare que cette proposition lui a « glacé le sang » (voir Sarkozy et la Shoah : analyse d’une manipulation) Le projet sera retiré.

 

Au total il apparaît que malgré sa vie exceptionnelle et la richesse de  ses combats et ses engagements, Simone Veil demeure avant tout prisonnière de sa solidarité avec sa classe sociale et de ses options idéologiques, qui incluent une forte hostilité à la gauche. 

 

PS du 25/8/10: certains lecteurs et amis du site considèrent que cet article est trop critique à l'égard de Simone Veil ; or nous voulions avant tout souligner la dimension réellement tragique du parcours politique de cette personnalité.

Son silence à ce jour, face à la campagne contre les Roms et à la menace de "déchéances de nationalité", s'ajoute malheureusement aux épisodes précédents relevés dans l'article. 

 

 

Mémorial 98

 

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commentaires

marcelamouroux.over-blog.com 05/07/2010 08:46



Comme beaucoup de personnalité de talents Simone VEIL dont les points forts de ses actions au gouvernement de Raymond BARRE oublie pour des raisons politiques et partisannes idéologiques que des
personnes qu'elle soutient ne sont pas dignes de l'intérêt qu'elle leur porte.



tipanda 05/07/2010 00:25



On peut constater mille fois par jour la différence entre le social et le sociétal. Dans le combat contre le racisme et toutes les exclusions, on peut être amené à partager le travail avec des
libéraux sincères qui ne sont pas des gens de gauche alors que le conservatisme et l'intolérance sont très répandus chez des militants de gauche (ou du moins, qui se définissent comme tels).



memorial98 05/07/2010 09:08



trop allusif pour être compréhensible mais s'il s'agit d'une défense de S.Veil il faut le dire clairement et en argumentant