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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 00:09

Un débat s’est rouvert en Allemagne à propos de l'édition de "Mein Kampf".

A l’échéance du 31 décembre 2015, les droits d'auteur de l'édition originale de Mein Kampf tomberont dans le domaine public. A cette date, des rééditions néo-nazies du manifeste hitlérien seront théoriquement possibles, alors qu’elles sont actuellement interdites dans ce pays.

Rédigé par Adolf Hitler alors qu'il était emprisonné à Landsberg entre 1923 et 1924 pour une tentative ratée de putsch, Mein Kampf pose les fondements de l'idéologie nazie. L’ouvrage détaille notamment les théories d'Hitler sur la pureté raciale, sa haine du communisme et du socialisme et son obsession de la malfaisance des Juifs, qu’il voue aux gémonies et désigne comme responsables de tous les malheurs de l’Allemagne et du monde.

Il s’y réfère abondamment au faux antisémite des prétendus « Protocoles des sages de Sion », qu’il considère comme véridiques et dignes de foi.

Les ventes de MK ont suivi l'ascension politique d'Adolf Hitler.

Diffusé par le régime nazi, plus de 10 millions d'exemplaires se sont vendus entre 1930 et 1940, auxquels on peut ajouter les traductions dans une quinzaine de langues.

Mein Kampf est aujourd’hui interdit à la diffusion en Allemagne, ce qui n’est pas le cas dans de nombreux pays.

Le Conseil central des juifs allemands a apporté son soutien à une proposition pour la republication de Mein Kampf. Un certain nombre de juifs allemands s'opposent à cette initiative mais Stephan Kramer, secrétaire général du Conseil des Juifs d’Allemagne (qui se montre combatif sur toutes les questions de racisme et de lutte contre l’extrême droite) pense que le livre doit être lu par les générations futures pour les informer de la nocivité du nazisme : «Il est important de publier une édition de Mein Kampf avec un commentaire pédagogique, a-t-il déclaré. Nous devons préparer une édition historiquement critique aujourd'hui pour empêcher que les néo-nazis en profitent.»

L’Etat de Bavière, qui détient les droits du livre, reste opposé à cette idée. «Nous ne lèverons pas l'interdiction car elle pourrait faire le jeu de l'extrême droite», a déclaré un porte-parole du gouvernement bavarois.

Néanmoins, W. Heubisch, ministre des sciences et de la recherche de Bavière, s'était prononcé en faveur d'une réédition: «S'il faut que l'ouvrage d'Hitler soit édité, le danger existe que des charlatans et des néo-nazis se saisissent de cette œuvre ignoble lorsque la Bavière n'aura plus les droits ».

 

En France, la publication et la vente en librairie de Mein Kampf demeurent à priori "taboues", mais ne sont pas interdites. Dans un arrêt du 11 juillet 1979, la Cour d'appel de Paris à jugé que Mein Kampf peut être autorisé à la vente compte tenu de son intérêt historique, mais accompagné toutefois d'un texte de huit pages mettant en garde le lecteur. Ce texte évoque les dispositions légales en matière d'incitation à la haine raciale et rappelle les crimes contre l'humanité du régime hitlérien.

En pratique ce sont les librairies d’extrême-droite et surtout les nombreux sites néo-nazis qui proposent l’ouvrage, téléchargeable dans de nombreuses langues.

Le livre est largement diffusé dans les pays arabes (mais il y reste dépassé par son « ancêtre » les « Protocoles des sages de Sion ») en  Inde, en  Indonésie,  en Turquie. Partout il symbolise l’ultra-nationalisme et l’antisémitisme.

L’ouvrage récent  d’Antoine Vitkine Mein Kampf: histoire d'un livre ( Flammarion, 2009) retrace une partie du sort de l’ouvrage d’Hitler. On peut  aussi lire une interview de l’auteur http://www.arte.tv/fr/recherche/2014706.html

 

Nous estimons que l’accès à Mein Kampf, le débat sur l’histoire du nazisme et l’application du programme hitlérien qui est contenu dans l’ouvrage, constituent des outils pédagogiques.

On peut ainsi mesurer ce que doivent à ces thèses les campagnes de l’extrême-droite européenne, du Front national, de la liste « antisioniste » de  Dieudonné-Soral-Gouasmi (qui vitupère  sur le « sioniste qui se trouve derrière chaque divorce » reprenant un thème typiquement nazi), voir notre article précédent Interdire les listes de Dieudonné ?

Quand Dieudonné prépare déjà la prochaine échéance de son spectacle de décembre prochain qui, après Faurisson en 2008, sera centré sur la célébration de Céline.

Quand Kémi Seba se lance sur Internet dans une comparaison entre  Bonaparte et Hitler dans le seul but de convaincre ceux qui l’écoutent qu'Hitler ne doit pas être « diabolisé ».

Quand l'antisémitisme mais aussi le négationnisme et le racisme sont diffusés aussi largement, il est utile de retracer la nature de ce qui constitue l'idéologie la plus réactionnaire jamais produite à ce jour.

 

MEMORIAL 98

 

 

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commentaires

tipanda 19/07/2013 16:09


Un livre sans intérêt sauf pour la recherche historique, il vaut toujours mieux connaître ce dont on parle. Poser la question de sa réédition comme un problème ? Depuis Internet, l'accès de tous
à tout peut se faire avec un minimum de travail. Alors, il vaut mieux lutter contre les idées contenues dans Mein kampf que se battre pour le cacher.

Milla 07/09/2009 00:41

L'ennui, c'est ce qu'on veut véhiculer a travers la lecture de ce "pavé", personnellement, j'avoue en avoir parcouru quelqes lignes mais en diagolal, impossible même de poursuivre, le contenu n'a d'ailleurs aucune consistance historique pas plus qu'il n'offre au lecteur la possibilité réfléchir puisqu"il est question de l'opinion toute faite d'un criminel !Je suis donc partagée dans l'idée de laisser ce pavé a la portée de n'importe qui, et qui plus est le genre d'ignorants auxquels Tipanda fait allusion... Je dirai qu'à défaut de tenter  le diable il est préférable de se remémorer la Shoa a travers des écrits plus concis et humains d'auteurs comme Lanzmann par exemple :-)Ce qui m'écoeur davantage, c'est que l'original de ce pavé a été vendu aux enchères, pour une somme extravagante, pour ma part 1ct d'euro symbolique aurait été même trop...

Michel Sender 22/08/2009 07:54

Chers amis,  je vous remercie d’aborder cette question (je suis un de vos abonnés). En effet, j’ai acheté et lu il y a quelques semaines le livre d’Antoine Vitkine, « Mein Kampf, histoire d’un livre », chez Flammarion, mais je me suis senti incapable d’en parler sur mon blog. Antoine Vitkine plaide pour une réédition critique et commentée de « Mein Kampf » (la situation juridique française qui donne, de fait, l’exclusivité aux Nouvelles Editions Latines, est relativement incongrue) mais, en même temps, ce qu’il raconte sur la compréhension de ce livre (considéré longtemps comme de la théorie ou une « utopie ») fait peur, de même que le phénomène des éditions turques qui se vendent actuellement comme du petit pain ! Nous, démocrates, sommes devant un grave dilemme car il n’y a pas de solution miracle. Cependant, « Mein Kampf » va entrer dans le « domaine public » et l’on n’échappera pas à des éditions sauvages, sa publication sur le Net, etc. Mais ce qu’il préconise a eu lieu et est un Crime ! Bien amicalement, Michel Sender.

tipanda 18/08/2009 09:48

Le peuple de l'étude ne peut craindre d'affronter un livre. La connaissance est toujours plus utile que l'ignorance. Interdire des livres ou, pire, les détruire, avec l'argument de leur nocivité, c'est refuser de combattre leurs idées. C'est même souvent contre-productif : des esprits curieux peuvent être tentés de les lire en cachette (comme l'enfer des bibliothèques) ; ils en prennent le charme de l'interdit, tout le contraire d'une pédagogie efficace.