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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 23:02

En pleine crise financière mondiale, Sarkozy et le gouvernement ont monté une nouvelle opération de diversion, à la fois ridicule et nauséabonde.
 
Prenant prétexte des sifflets de supporteurs de l'équipe de Tunisie, que Michel Platini analyse ci-dessous et ramène à leur juste proportion, les cellules de communication du pouvoir ont déchaîné une avalanche qui semble avoir été préparée et concertée dès la veille du match.
 
 
On y retrouve la patte et la marque de fabrique de Patrick Buisson, conseiller présidentiel d'extrême droite, ancien du journal Minute et grand organisateur de coups tordus.
Il a ainsi gagné ses galons d'éminence grise lors de la présidentielle, par le ciblage réussi de l'électorat FN : surenchère après les incidents de la gare du Nord, proposition de ministère de l'Identité Nationale...
 
Suivant le signal de Sarkozy, plusieurs ministres se sont empressés de faire du zèle : Fillon lui-même, Bernard Laporte bien sûr, « chouchou » de Sarkozy, Hortefeux,  Roselyne Bachelot ,  Fadela Amara. Cette dernière a choisi un  vocabulaire martial appelant à la « reconquête nécessaire ».
Quelques dirigeants socialistes (Montebourg, Dray) et Mouloud Aounit du MRAP ont cru bon devoir enfourcher le leurre de l'indignation construite par le pouvoir.
Ce plan frénétique s'est rapidement dégonflé, après avoir encombré l'actualité médiatique pendant plusieurs jours.
 
Il en demeure une stigmatisation supplémentaire des populations d'origine maghrébine, accusées de manque de loyauté et de duplicité et dénoncées par Laporte comme pas « saines ». Il en reste aussi des propositions dont Platini démontre aisément le caractère absurde et à propos desquelles il dénonce le mélange des genres et l'immixtion politicienne hors de propos.
 
Pendant ce temps, une réfugiée arménienne s'immole par le feu pour tenter d'empêcher l'expulsion de son compagnon. Pendant ce temps, Hortefeux est contraint de reculer dans sa tentative de remettre en cause le rôle de la CIMADE dans les centres de rétention.
 
Pendant ce temps, le seul pays dans lequel les médias n'ont pas eu le droit d'évoquer  toute cette affaire est la Tunisie, dont Sarkozy avait loué il y a quelques semaines le caractère « démocratique »
 
Voir aussi notre article précédent qui analyse la stratégie sarkozienne de diversion  Sarkozy: une année dure et exigeante
 

MEMORIAL 98

« Michel Platini, président de l'Union européenne de football et ancien capitaine de l'équipe de France (interview parue dans le Monde)
  Q. Que pensez-vous du tollé politique qui a suivi les sifflets de La Marseillaise, mardi 14 octobre, au Stade de France ?
Il y a trente ans, quand je jouais avec l'équipe de France, la Marseillaise était sifflée sur tous les terrains. Mais à l'époque, les politiques ne s'intéressaient pas au football et ça ne choquait personne. Aujourd'hui, c'est devenu une obligation pour un homme politique, en fonction de son étiquette, de se positionner. Une fois encore, le football est pris en otage par le monde politique car cette histoire de sifflets est devenue une affaire politique qui n'a rien à voir avec le sport.

Je ne vois pas dans les sifflets qu'on a entendus au Stade de France un manque de respect ou une insulte à la France mais simplement des manifestations contre un adversaire d'un soir, en l'occurrence l'équipe de France, que l'on veut battre. Dans d'autres occasions, je suis certain que les mêmes jeunes qui ont sifflé La Marseillaise, mardi soir, chantent l'hymne national quand l'équipe de France dispute un match de l'Euro ou de la Coupe du monde.

Q. Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a annoncé que les matches seraient arrêtés en cas de sifflets pendant les hymnes nationaux. Cette initiative vous semble-t-elle judicieuse ?

La France perdra 3-0 sur tapis vert! Cela veut dire que si l'équipe de France joue en Azerbaïdjan et que La Marseillaise est sifflée, le président fait arrêter le match? Lors du Mondial 1982, en Espagne, le Cheikh Fahd [président de la fédération du Koweït] était rentré sur le terrain pour faire annuler un but : l'arbitre qui avait accédé à sa demande a été suspendu à vie. Il y a des règles qui régissent le football et elles sont édictées par la FIFA [Fédération internationale de football] et l'UEFA. Le règlement prévoit qu'un match peut être arrêté, et j'y suis favorable, en cas d'acte de racisme par exemple. Mais ce n'est pas à une autorité politique de décider : la responsabilité incombe à l'arbitre et au délégué du match.

Ce n'est pas ce que semble entendre le gouvernement français...

Si on commence à arrêter un match parce qu'il y a des sifflets, dans ce cas-là on arrête aussi dès qu'un joueur se fait siffler ou quand le gardien se fait conspuer après un dégagement. C'est absurde. Et pourquoi pas aussi un policier derrière chaque spectateur. Il faudrait plutôt éduquer les supporters car dans certains pays, les hymnes ne sont jamais sifflés. A l'Euro, on avait fait de la pédagogie avant les matches et les hymnes n'ont pas été sifflés.

Q. Ne pensez-vous pas, comme certains députés, qu'il serait plus simple de ne plus jouer les hymnes nationaux avant les matches pour éviter ce type de débordement ?

Je ne crois pas. Si on suit ce raisonnement, il faudrait aussi jouer sans arbitre pour éviter qu'ils se fassent siffler. L'hymne national, c'est l'histoire d'un pays. Lorsqu'on joue en équipe nationale, on joue pour son pays. Moi, quand l'hymne était sifflé, cela me donnait plus de caractère, plus d'orgueil vis-à-vis de mon pays. Ça n'a jamais vexé ni fait peur aux joueurs d'entendre leur hymne sifflé. Au contraire, ça nous galvanisait, c'était une motivation supplémentaire.

Q. Mais quand vous jouiez, il y a 30 ans, l'hymne n'était pas sifflé par des spectateurs français ?

Il y a 10 ans, quand la France a gagné la Coupe du monde et que tout le monde chantait La Marseillaise et brandissait le drapeau bleu-blanc-rouge dans les rues, on célébrait la France "black-blanc-beur". Aujourd'hui, on explique le contraire. A mon époque, déjà, il y avait des immigrés italiens et polonais. La différence, c'est que maintenant, il y a une récupération politique.

La Fédération française de football (FFF) a décidé d'apprendre aux joueurs les paroles de La Marseillaise depuis qu'une enquête d'opinion a mis en avant que les supporters de l'équipe de France reprochaient aux Bleus de ne pas chanter leur hymne national. Quand vous étiez joueur, le chantiez-vous avant les rencontres ?

Non, je n'ai jamais chanté La Marseillaise. Même si je trouvais que c'était le plus bel hymne du monde, et que je le fredonnais de temps en temps, je n'ai jamais pu me résoudre à le chanter avant un match car c'est un chant guerrier et que pour moi, un match de foot, c'est un jeu et pas la guerre. "Aux armes, citoyens!" : je n'arrivais pas à chanter ces paroles avant une rencontre. Mais ça ne veut pas dire pour autant que je n'étais pas fier d'entendre La Marseillaise. Ce n'est pas parce qu'un joueur ne chante pas l'hymne national qu'il n'aime pas son pays. Mais aujourd'hui, nous sommes dans un monde du tout-communication : si un joueur a le malheur de ne pas chanter La Marseillaise, il est aussitôt stigmatisé comme quelqu'un qui n'aime pas la patrie française.
Propos recueillis par Stéphane Mandard »
 
MEMORIAL 98

 

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Published by memorial98 - dans memorial98
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commentaires

Tipanda 19/10/2008 23:39

Sur le même sujet, j'ai beaucoup aimé le commentaire de Caroline Fourest dans sa chronique des "matins" de France Culture.(toujours disponible sur le site de France-Culture)