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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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25 novembre 2007 7 25 /11 /novembre /2007 18:39


Slovaquie : révisionnisme officiel.

 

Le parlement slovaque a approuvé à la fin octobre une loi destinée à honorer la mémoire d'Andrej Hlinka, un prêtre catholique qui se flattait en 1936 d'être le "Hilter slovaque".

"Andrej Hlinka a grandement contribué à aider les Slovaques à construire leur nation", affirme le texte qui a été approuvé par 94 voix pour, 26 contre et 14 abstentions.

Le texte présenté par le Parti national slovaque (SNS) ouvertement xénophobe qui participe au gouvernement depuis juin 2006, sous la direction du parti de « gauche » SMER affilié à l’Internationale socialiste, proposait d'attribuer au père Hlinka le titre de "Père de la Nation" et de punir comme un "crime" toute diffamation contre lui, mais ces deux mentions ont été retirées par les députés.

 
Après sa mort, en 1938, Andrej Hlinka fut traité en héros national par le régime clérical et pro-nazi de l’evêque catholique Josef Tiso, de 1939 à 1944.
Ce régime avait résolument choisi la collaboration, y compris en matière d'antisémitisme, ce qui lui vaut d'être classé par l’historien de la Shoah Raul Hilberg comme l'un des « satellites par excellence », au même titre que la Croatie des Oustachis.
Dès août 1940, le gouvernement slovaque crée le Bureau central de l'économie qui, s'occupe uniquement de la politique antisémite, et pas seulement dans le domaine économique. En septembre 1941, le Code juif, qui ne compte pas moins de trois cents articles, refond la législation antisémite, avec une définition du Juif encore plus dure que celle des lois nazies. L'initiative de la déportation revient non aux nazis, mais aux dirigeants slovaques, soucieux de se débarrasser au plus vite des Juifs, à la seule condition que les évacuations se déroulent dans des conditions relativement acceptables pour l'épiscopat. Au total, 70 000 Juifs sont déportés, dont 65 000 morts dans les camps.

Plus de la moitié des Slovaques étaient opposés à une loi le proclamant "père de la Nation", selon un sondage publié en octobre par le Public Policy Institut ; le texte proposé par le SNS a suscité des protestations très vives.
Des intellectuels connus ont signé une pétition le qualifiant de "père d'un régime totalitaire et avocat de l'idéologie fasciste". Le Conseil local des communautés juives a rejeté toute "glorification" de ce "symbole du fascisme slovaque en 1939-45" tandis que l'Eglise luthérienne slovaque affirmait qu'il "visait la division et non l'unification" du pays du fait de son discours injurieux vis à vis des protestants, des juifs, des Tchèques et des Hongrois.
"Je suis le Hitler slovaque et j'apporterai à ce pays l'ordre qu'Hitler a donné à l'Allemagne", avait-il déclaré dans un discours public prononcé en 1936.

Cette loi symbolise la dérive des dirigeants slovaques qui dirigent le pays depuis 2006 au travers d’une coalition « rouge-brune »
Le parti de gauche slovaque Smer, victorieux aux législatives de juin 2006, a en effet opté pour une coalition avec l'extrême droite xénophobe SNS et le parti nationaliste HZDS de l'ancien Premier ministre Vladimir Meciar.
Le SNS qui revendique 135 ans d'existence et affirme être "le plus vieux parti" du pays, accuse sans cesse les Hongrois de menacer "la souveraineté" du pays en oeuvrant secrètement pour une révision des frontières issues du démantèlement de la Hongrie après la Seconde Guerre mondiale. Il préconisait aussi, il y a quelques années, de rassembler tous les Roms du pays dans un grand camp.


 
La hiérarchie catholique  du pays est aussi impliquée dans la glorification du passé sombre des autorités de ce pays
 Ainsi l’archevêque Sokol est un des fervents défenseurs de l’Etat fasciste slovaque de 1939-1944, qu’il ne cesse de glorifier, qualifiant cette période de prospère, et voue un véritable culte au chef de l'Etat d’alors, Mgr Josef Tiso.
Pour obtenir la réhabilitation de ce dernier, qu’il considère comme un martyr, il participe régulièrement aux commémorations organisées par des nostalgiques, soutient des historiens et écrivains révisionnistes qui minimisent l’implication du régime dans la déportation des Juifs et Tsiganes-Roms.
Selon les informations provenant des archives du ministère de l’Intérieur tchécoslovaque, parues dans la presse, Mgr Sokol (74 ans) était jusqu'en 1989 un informateur assidu de la police secrète du régime stalinien (StB) concernant les agissements de « l’ennemi de l'intérieur.
Sous le nom de code « Source spirituelle », il informait la police sur les visiteurs envoyés par le Vatican, les candidats aux postes d’évêques, les dates de leur intronisation. On retrouve ici la combinaison de l’archvêque polonais Wielgus, soutien de la radio antisémite Radio Maryja et agent de la police politique du régime stalinien. Il dût pour cela renoncer à sa nomination (Voir nos articles précédents sur la Pologne)

L' Europe Centrale et de l’Est est malade de son passé, ravagée par le chauvinisme, l’antisémitisme et les discriminations contre les Roms.


MEMORIAL 98

 

 

 

 

 

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Published by memorial98 - dans memorial98
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commentaires

Jacqueline SIMON 27/11/2007 00:22

"Voilà ce que je me tue à répéter", dans le vide, croyais-je. Heureusement, depuis quelques années, avec la découverte et le dévoilement de la "Shoah par balles" et quelques ouvrages - rappelons-nous "les voisins" de Jan T Gross -, la vérité fait son chemin, pas toujours aisément. Il nous appartient donc de l'aider. Bon courage, il y a du boulot, mais après tout, pourquoi faudrait--il continuer à nous reprocher le Veld'hiv  pendant que nous fermerions les yeux sur les charniers de l'Est ?Ne perdons jamais de vue que, si les centres d'extermination ont été installés à l'Est, c'est aussi parce qu'il n'y avait à craindre aucune réprobation de la population locale. on est en droit d'attendre au moins un effort de reconnaissance.jacqueline Simon