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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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30 août 2007 4 30 /08 /août /2007 22:31

Messmer : mort d’un soutien indéfectible de Papon
Le décès de l'ancien premier ministre Messmer, survenant quelques jours après ce lui de son acolyte Raymond Barre ramène vers le procès Papon de 1997-1998.
 Ces deux anciens Premiers ministres se sont retrouvés aux côtés de Papon lors de son procès et ont ensuite sans cesse fait pression pour sa libération.
P. Messmer fut même le premier témoin cité par la défense de Papon lors du procès. Il s’employa à tenter de blanchir l’ancien préfet pour son action pendant la guerre et aussi lors du massacre des Algériens de Paris le 17 octobre 1961.
 Lors de son témoignage, l'ancien Premier Ministre- auréolé de son prestige de résistant-  rejeta  ouvertement les excuses nationales de Chirac en 1995 lors du discours du Vel’ d’Hiv’ à l'égard des victimes de la déportation ( voir Sarkozy jette aux orties la reconnaissance de la participation de la France à la Shoah ).
Pour ce faire il se livra à une manipulation de ce discours, en voulant faire croire qu’il s’agissait d’une condamnation de l’ensemble de la population et non des autorités qui avaient participé à la mise en œuvre de la déportation. Il déclara ainsi « …je m'inscris absolument en faux contre les déclarations prononcées depuis 1995 par les plus hautes autorités françaises et qui imputent à la France, donc à tous les Français, la responsabilité des crimes de Vichy … » puis il ajouta en ultime insulte aux déportés raflés et exterminés qui n'avaient pas été en capacité de résister :
 "… mais je voudrais aussi dire, conclut-il, quel que soit le respect que nous devons à toutes les victimes de la guerre et particulièrement aux victimes innocentes, que je respecte plus encore ceux et celles qui sont morts debout les armes à la main, car c'est à eux que nous devons notre libération ".

 Interrogé par le tribunal plus précisément sur " la ratonnade du 17 octobre 1961 " dont Papon préfet de police fût responsable, Pierre Messmer  le dédouane encore en déclarant: " En ce qui concerne les événements entre 1960 et 1967 à Paris, j'étais ministre et par conséquent, j'assume avec le gouvernement tout entier, de De Gaulle au dernier secrétaire d'Etat, l'entière responsabilité des événements ". À l’instar de Maurice Papon, il rejette la responsabilité de la police dans ce massacre et affirme la thèse négationniste " que la responsabilité des morts du 17 octobre 1961 incombe à des agents du FLN qui en ont profité pour liquider des dissidents… »
La condamnation de Papon ne fera pas cesser le soutien indéfectible de Messmer et de Barre à son égard.
En juillet 2001, ils lancent une pétition demandant la libération de l'ancien secrétaire général de la préfecture de Gironde. Le texte, envoyé à Jacques Chirac est aussi signé par Maurice Druon de l'Académie française qui a également témoigné pour Papon et insulté les déportés (voir Sarkozy encense Maurice Druon, ami et soutien de Papon ainsi que par d'anciens résistants ou déportés comme Germaine Tillon ou Jean Mattéoli.
Pour les signataires de cette pétition qui reprend les arguments des avocats de Papon, on peut  "craindre l'éventualité d'une fin de vie brutale" en prison, étant donné l'âge et l'état de santé de Maurice Papon. Ils rappellent aussi que "l'on fait supporter à ce seul fonctionnaire subalterne le poids de la responsabilité de la Fonction publique sous la contrainte de l'occupation allemande".
"Il y a des gens de 90 ans qui ont été déportés à Auschwitz. Personne n'a jamais signé une demande de grâce pour eux", va rétorquer à l’époque le député Patrick Devedjian.

Le 18 septembre 2002, Maurice Papon est remis en liberté par la cour d'appel de Paris. Il bénéficie de la loi sur les droits des malades, dite "loi Kouchner", de mars 2002, qui permet à un condamné de demander une suspension de peine si son pronostic vital et son état de santé sont incompatibles avec la détention. Une expertise médicale complaisante a fourni le prétexte à cette libération
Les termes « grabataire et quasi-impotent » avancés par les experts médicaux pour justifier sa libération vont indigner l'opinion publique d'autant que Maurice Papon quitte la maison d'arrêt de la Santé à pied, sans assistance et vivra tranquillement dans sa résidence.

Barre, Messmer et Druon auront réussi leur coup, aidés par l’étrange prise de position de Robert Badinter dans le même sens.

Memorial 98

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