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L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.  

Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.

Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes

(Arménie, Rwanda, Shoah ...)

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Retrouvez aussi le quotidien de l'info antiraciste sur notre blog d'actus :

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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 23:47

Actualisation du 20 novembre 2016:

Les ventes des planches de Hergé continuent à battre des records de prix. Les millions d'euros s'accumulent. Un minimum de justice et de correction devrait conduirait  à verser une partie de ces sommes  à des victimes du nazisme ainsi qu' à des associations de lutte contre les idéologies de haine. Un tel geste constituerait une compensation à la collaboration de Hergé avec le nazisme.  

Actualisation du 26 septembre 2016:
 
A l'occasion de la grande exposition Hergé qui s'ouvre ces jours-ci à Paris, on constate à nouveau à quel point la trajectoire du dessinateur est occultée, malgré les centaines d'articles qui lui sont consacrés.
 
Aucune mention de sa coopération avec les collaborateurs des nazis en Belgique et de son compagnonnage avec le chef fasciste local, Léon Degrelle.
 
Notre publication de 2007, à l'occasion du centenaire de la naissance de Hergé, est donc plus que jamais d'actualité.
 
MEMORIAL 98
 
 
 
On célèbre actuellement en grande pompe le centenaire de la naissance d'Hergé. Il est assez peu question de sa collaboration avec les fascistes et collaborateurs pro-nazis de Belgique, ainsi que de ses dessins antisémites.

C'est d'ailleurs un phénomène général concernant les écrivains antisémites : un voile pudique enveloppe le plus souvent leurs turpitudes racistes. Parmi tant d'autres mentionnons Simenon, compatriote d'Hergé, qui a poursuivi ses tirades antisémites au lendemain de la deuxième guerre. C'est le cas aussi de Céline, qui a passé la même guerre à encourager publiquement l'extermination des juifs et à dénoncer individuellement certains d'entre eux. Il faut aussi mentionner Paul Morand, pétainiste bon teint, Giraudoux commissaire à la propagande de Pétain et dont la pièce la Folle de Chaillot, écrite en pleine guerre, disserte sur les effets néfastes de l'occupation de Paris par une race étrangère de spéculateurs et se termine par le gazage de ceux-ci. Dans la génération précédente il y eut Maurice Barrès, nationaliste anti-dreyfusard et antisémite forcené remis à l'honneur par Sarkozy pendant sa campagne (voir notre précédent article Sarkozy et le Front National)
 
Georges Remi, dit "Hergé", l'auteur de Tintin, fut le compagnon de route de plusieurs dirigeants de l’extrême droite belge.
Issu des rangs de la droite catholique, tendance maurrassienne, Hergé fut l’ami de Léon Degrelle, dirigeant du fascisme en Belgique et nazi convaincu.
 
Après 1940, sa carrière professionnelle se poursuivra au sein du journal Le Soir, volé par la propagande nazie et dirigé par un quarteron de collabos.
 
Il est issu de la droite catholique marquée par les années 1930 et la situation politique de cette décennie.
Le dessinateur rencontre au collège bruxellois Saint-Boniface ceux qui incarneront l’extrême droite religieuse et culturelle: l’abbé Wallez, le véritable père spirituel d’Hergé, Paul Jamin, qui, sous le pseudonyme de "Jam", dessinera les caricatures antipolitiques et antisémites dans "Le Pays réel" organe du parti fasciste Rex, ainsi que Léon Degrelle lui-même, le "Chef" de cette formation.
 
Hergé a illustré la brochure de ce dernier, "Histoire de la guerre scolaire", en 1932. Juste avant la guerre, Hergé a prété son concours à un journal financé par l'ambassade d'Allemagne à Bruxelles: "L'Ouest" . Il y publie une série "neutraliste" intitulée les "Aventures de Mr Bellum" qui caricature violemment la position de la France en décembre 1939.
 
 
Quand les nazis s’installent en Belgique, le jeune dessinateur en profite largement.

Le journal " Le Soir ", dit "Le Soir volé" était alors dirigé par Raymond De Becker qui, issu des rangs démocrates-chrétiens, devint un adepte du national-socialisme. Contrôlé et toléré par les nazis, ce quotidien avait une diffusion maximale. A un moment donné, il tire à 300.000 exemplaires.
 
Tintin contribua au succès du quotidien. Les années 1940-1944 furent les meilleures pour Hergé. Il n’a jamais autant dessiné.
Les aventures de Tintin paraissent d'abord dans un supplément, "Le Soir Jeunesse". Parmi le lectorat du " Soir ", il fidélise un public de plus en plus tintinophile avec des dessins, en règle générale apolitiques qui n’évoquèrent que rarement la guerre ou l’occupation.
Sauf dans " L’Etoile mystérieuse ", où une orientation clairement anti-américaine et antisémite se manifeste sans complexe.
Dans la première édition de L'Étoile Mystérieuse, l'expédition internationale à laquelle participe Tintin ne compte que des pays neutres ou membres de l'Axe, et leur déloyal concurrent est sous pavillon américain et financé par un certain Blumenstein, nom à connotation juive. Ce nom sera remplacé par Bohlwinkel et le pavillon américain par celui d'un pays imaginaire dans des versions ultérieures. Une planche qui caricaturait des marchands juifs, se réjouissant des affaires qu'ils allaient faire grâce à la fin du monde, avait été supprimé dans l'album.
 
 
L'œuvre d'Hergé contient aussi d'autres dessins douteux dans ce registre ; ils ont pratiquement tous été corrigés par la suite, à l'exception notable du nez de Blumenstein, que Hergé projetait de redessiner, sans jamais pourtant prendre le temps de le faire.
Les rafles visant à déporter les Juifs de Belgique vers le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau s’organisèrent durant cette même période ( voir notre article précédent Dossier Belgique:l'Etat belge a aidé à déporter les juifs)
 
 
A la Libération, le "cas Hergé" fut rapidement oublié par les magistrats qui avaient alors de plus lourds dossiers à boucler.
La parution des "7 Boules de Cristal" sera interrompue le 3 septembre 1944. En quelques jours, Hergé est arrêté à quatre reprises, par la Sûreté de l'État, la police judiciaire, le Mouvement National Belge et le Front de l'indépendance. Son domicile est perquisitionné. Tous les journalistes ayant participé à la rédaction d'un journal pendant l'Occupation se voient interdire provisoirement toute publication.
Pendant cette période troublée, Hergé a écrit des récits d'évasion, évitant de faire référence à la situation politique internationale.


Memorial 98

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commentaires

Georges Brandstatter 02/04/2014 21:30


Comment comprendre que le caricaturiste Michel Kishka a organisé par deux fois un Colloque d'ont le titre : "NOUS LES ENFANTS D'HERGE".


Pour rappel, son père a été deporté et commémore chaque année le souvenir de  la déportation a Malines.


 


 


 


 

Jean-Marie 01/12/2010 22:51



Ouf - difficile d'écrire après tout ce qui s'est déjà dit.


Enfant, je "dévorais" les albums Tintin - c'était un peu de couleur dans un contexte gris de ville ouvrière. A l'âge adulte, je me suis repenché sur Tintin, d'une manière bien différente, puis -
logiquement - je me suis intéressé au personnage qui l'a crée: Georges Rémi.


Entre autres, j'ai lu la biographie très explicite de Pierre Assouline, celle de Benoìt Peeters ... et je viens de lire le livre tout récent " Dans la peau de Tintin" de Jean-Marie Apostolidès, -
intéressant quoique je ne sois pas d'accord sur tout ce qu'il dit.


Il est évident que Hergé était un grand artiste du 20ième siècle, autrement, nous ne serions pas en train de discuter sur le sujet. Personnellement, je suis arrivé à cette conclusion: oui, Hergé
était un homme de droite - et cela jusqu'à la fin de ses jours, mais en ayant évolué énormément dans sa vie. De droite, oui, mais ( sauf à certains moments dans sa jeunesse - et plutôt par le
hasard de ses rencontres que par réelle volonté de sa part) je ne le pense pas d'extrême-droite, à aucun moment. D'après tout ce que j'ai pu lire à son sujet, j'arrive toujours à la conclusion
qu'il était un créateur de génie, mais un homme ne sachant pas vraiment se décider, politiquement parlant. Oui, il a été "carriériste" (il voulait réussir) dans les années 30, oui, il avait des
relations avec des gens de l'extrême droite ( de l'abbé Wallez en passant par sa première épouse jusqu'à de Becker et d'autres) - par contre, je pense qu'il n'aimait pas particulièrement
Degrelle, ni ses idées, ni sa façon d'être . Son épouse Germaine allait aux réunions de Degrelle, lui, non. Et par rapport à l'abbé Wallez, il avait des sentiments bien plus ambigus que ce que
l'on pourrait penser en lisant une simple biographie.


Le Hergé de l'après-guerre est - à mon humble avis - très différent de celui des années 30. J'ai l'impression d'avoir à faire à quelqu'un qui dit - à travers les albums - " ce n'est pas ça que je
voulais dire... ce n'est pas de cela que je voulais être le porte-parole". Un homme très tiraillé: entre des amitiés qu'il entretient, aussi après la guerre - et les convictions politiques de ces
amis, qu'il ne partage que de manière mièvre, en pesant le pour et le contre en permanence, bref se remettant en question tout-le-temps.


Pour être réellement extrêmiste, Hergé est trop humaniste d'un côté, trop indécis de l'autre. Tintin est un "héros", Hergé certainement pas. Opportuniste par moments, victime par moments ( les
longues années de dépressions le prouvent), travailleur de génie, mais trop rêveur ( ou fantaisiste si Vous préférez) pour être penseur avec un grand "P". Politiquement "victime" d'un certain
milieu et d'une époque, puis "victime" de son caractère ambitieux, certes, mais résolument fasciste, rassiste, anti-juif ou autre - je n'y crois pas.


Hergé n'aurait été que Monsieur Remi, - employé des postes, par exemple - personne n'en aurait entendu parler. Un monsieur comme tout le monde, ni très héros, ni particulièrement lâche, bien
pensant mais sans convictions pures et dures. Mais il y a oeuvre, et Georges Remi est Hergé. Et cette oeuvre est - comme vous le dites - politique en partie. Mais il me semble que le plus grand
volet de l'oeuvre, sa force - est d'ordre psychologique. Aujourd'hui, avec le recul de l'âge, je lis les "Tintin" avec le même enchantement que dans mon enfance - et avec un certain arrière-goût
amer aussi. Hergé est un créateur de génie qui a fait quelques faux-pas de taille que personne ne peut nier. Mais il me semble qu'il en a souffert, surtout durant les dernières années de sa vie.


Pour terminer: j'ai toujours lu "Ottocar" comme "Auto-car", c.à.d:  Autobus;-)


 



Spalding 09/10/2010 16:06



 


Chacun défend en effet son fonds de commerce, vous comme moi ! Je signale en passant que vous avez fait une faute d'orthographe : il faut écrire « fond » avec un S final.


L'expression « fonds de commerce » me parait aussi inadéquate, car je ne tire aucun argent du site déjà signalé, dont je ne suis d'ailleurs qu'un participant. J'espère que c'est aussi
le cas de votre site : ce serait d'ailleurs beaucoup plus grave s'agissant d'un sujet comme le génocide nazi !


Par ailleurs, je remarque que vous n'apportez aucune réponse à mes arguments très précis. En voici un supplémentaire : l'affreux comploteur Müsstler (Mussolini + Hitler) du Sceptre
d'Ottokar dirige « La garde d'acier » (page 58), nom faisant beaucoup penser à « La garde de fer » : un parti fasciste de Roumanie comme vous devez le savoir. Très
facilement vérifiable !


Merci par ailleurs d'avoir publié ma réponse en dépit de son ton « agressif et prétentieux ». Je suppose que vous avez alors trouvé mes arguments très pertinents, ce qui compense en
effet ! Vous aurez par ailleurs tous les détails nécessaires en vous reportant au site déjà indiqué. Il vaut quand même mieux prendre la peine de vous documenter avant de lancer des
accusations complètement gratuites...


Vos attaques personnelles ne me surprennent pas sinon, venant d'un site spécialisé dans la délation publique. Avec une pareille mentalité, je vous vois très bien dénoncer les Juifs sous
l'Occupation... Êtes-vous certain d'avoir les capacités et l'autorité morale nécessaires pour vous ériger en procureur, une position évidemment très confortable ? Qui me dit que vous n'avez
pas vous-même un lourd passé antisémite et nazi derrière vous ? Et que vous ne vous êtes pas reconverti dans la chasse aux nazis réels ou imaginaires seulement pour donner le change ?
Cela s'est déjà vu. Il faut d'abord vous justifier vous-même.


Prenons le cas Hergé. Au lieu de le désigner immédiatement au lynchage public, une attitude plus honnête aurait consisté à faire la part des choses. Par exemple : certains pensent que Hergé
est un affreux antisémite, nazi, raciste et fasciste. On ne peut pas dire que ce soit vraiment évident quand on lit Tintin ou Quick et Flupke. Mais toutes les opinions sont admises, comme l'a dit
Hergé lui-même. En sens contraire, voici maintenant les arguments de ceux qui pensent que Hergé n'est pas un affreux antisémite, nazi, raciste et fasciste. Et vous, amis lecteurs, qu'en
pensez-vous et que pouvez-vous apporter à ce débat ? Ce n'est pas en principe à moi de vous dire comment faire pour mener un débat, mais je suis quand même obligé de vous l'apprendre ici.


Cela dit, vous ne prenez évidemment pas beaucoup de risques avec quelqu'un mort et sans famille. Pour des personnes vivantes ou avec une descendance, je ne peux que vous recommander par contre la
plus grande prudence. Un procès pour diffamation est vite lancé...


Je vous signale par ailleurs avoir pris une copie d'écran de votre page Web. Ne vous avisez donc pas de tronquer ou modifier mes réponses dans le sens qui vous convient, ce que vous pourriez très
bien faire si j'en juge par votre mentalité. Je serais alors obligé de signaler votre site aux autorités compétentes sur Internet, preuve à l'appui : de la délation cette fois tout à fait
justifiée !


Et comme il faut toujours savoir clore une discussion, je ne vous demande pas de publier cette réponse.



memorial98 11/10/2010 21:35



Il n' y aucune raison de ne pas publier votre réponse; cela ne signifie pas que vos" arguments sont très pertinents" comme vous l'écrivez mais tout simplement que nous acceptons le débat
contradictoire.


Par contre des formulations dans lesquelles vous nous accusez d'être "un site spécialisé dans la délation publique. Avec une pareille mentalité, je vous vois très bien dénoncer les Juifs sous
l'Occupation.." vous déconsidèrent surtout quand vous menacez de" nous signaler aux autorités".


Mais sur le fond, concernant Hergé, à l'occasion de son centenaire commémoré largement, nous avons décrit son engagement dans un journal collaborationniste et évoqué son antisémitisme; nous
l'aasumons, n'en déplaise à ses multiples défenseurs qui pensent nécessaire de jeter le voile sur cet aspect historique.



Spalding 27/09/2010 13:32



 


Je n'évacue pas du tout ce problème, explicitement envisagé ci-dessous. Ma réponse n'a pas en effet été publiée intégralement, sans doute parce qu'elle était trop longue. Voici donc la suite...


Avant guerre, Hergé est effectivement entré au journal ultra-catholique Le Vingtième Siècle, mais sans avoir la foi comme il l'a dit plus tard, seulement parce que l'occasion s'est
présentée d'avoir un travail. Ce journal n'était pas sinon fasciste et pouvait difficilement l'être, Hitler et les nazis ayant toujours considéré le christianisme comme une invention juive. Il
faut par ailleurs reconnaitre que Le Vingtième Siècle a eu l'audace de publier Le Lotus bleu (anticolonialiste) et Le sceptre d'Ottokar (antifasciste).


La première histoire de Hergé, Tintin au pays des Soviets, était par ailleurs une commande de la direction. Elle était en effet anticommuniste, bien que Hergé y ait mis pas mal d'humour.
Je répète par ailleurs ce que j'ai dit plus haut. On peut quand même difficilement considérer que Lénine et Staline étaient des champions des droits de l'homme ! Il suffit de se rappeler le
goulag, créé par Lénine lui-même, décrets à l'appui.


Quant à l'amitié de Hergé pour Degrelle, rencontré alors, elle ne fait aucun doute. Mais cela n'implique pas une adhésion à ses idées politiques. Degrelle n'avait de toute façon rien fait alors
de répréhensible. Son parti Rex n'était même pas au début fasciste, seulement populiste. C'est plus tard sous l'Occupation que Degrelle versera dans la collaboration. Hergé refusera par ailleurs
de devenir le dessinateur du mouvement rexiste.


Vous pouvez donc constater que je connais un peu la question ! Et si vous voulez encore plus de détails, je ne peux que vous inciter à vous reporter au site http://tintinophile.xooit.fr/index.php – Dans la rubrique Hergé et ses collaborateurs, vous trouverez mon sujet Tintin et la
politique sous le pseudonyme de Spalding, avec une foule de détails et de références. Voyons simplement les choses comme elles sont : personne n'est devenu antisémite, raciste ou nazi en
lisant Tintin !




 



memorial98 30/09/2010 21:40



Nous publions votre réponse malgré son ton agressif et prétentieux.


Sur le fond et comme les autres défenseurs de Hergé vous tentez de minimiser ses engagements aux côtés de l'extrême-droite et de la collaboration, avant et pendant la guerre.Vous défendez ainsi
votre fond de commerce


Mais les faits sont têtus et vous n'apportez aucun démenti à ceux cités dans notre article.


 


 



Spalding 25/09/2010 23:37



 


Je trouve assez grave de qualifier quelqu'un, même mort, de complice des nazis ou d'antisémite sans aucune preuve tangible et alors qu'il ne peut même plus se défendre. Cela relève du procès
d'intention inquisitorial.


Dans Le sceptre d'Ottokar, il faut bien constater que l'affreux comploteur se nomme Müsstler, raccourci évident de Mussolini et Hitler. Cette histoire a été
publiée juste après l'annexion de l'Autriche (Syldavie) par l'Allemagne nazie (Bordurie). L'avion bordure représenté page 55 est par ailleurs un Heinkel 111, pour lequel Hergé fut d'ailleurs
averti par un censeur allemand sous l'Occupation. Après cela, je suis stupéfait que l'un des posteurs considère cet album comme pronazi ! Sans verser dans la polémique, je ne peux y voir que
de la mauvaise foi.


Je signale par la même occasion que Mussolini et Hitler sont ridiculisés dans plusieurs Quick et Flupke, non réédités car Hergé jugeait le contexte trop dépassé. Qu'est-ce qu'il vous
faut ?


Dans L'étoile mystérieuse, Blumenstein apparait en effet sous des traits sémites. Il s'agit aussi d'un nom juif, comme après Bohlwinkel. Mais il ne fait que de rares apparitions et le
mot « juif » n'est surtout jamais écrit. Pour un pamphlet antisémite, on peut quand même faire mieux ! Je rappelle aussi que tous les personnages de Hergé sont des caricatures et que
Hergé a caricaturé tout le monde. Quand il dessine par exemple un personnage antipathique d'une certaine nationalité, ce n'est pas forcément pour stigmatiser toutes les personnes de cette
nationalité. À ce compte-là, Hergé serait raciste avec tout le monde ! Il suffit de relire ses albums : on y trouve des « affreux » de toutes nationalités. Par exemple, quand Hergé
met en scène d'odieux Blancs dans Le Lotus bleu (page 7) et Le temple du Soleil (page 18), il ne fait pas forcément du racisme anti-Blancs !


Rappelons aussi les relations de Hergé avec Tchang, sa sympathie pour les Indiens dans L'Amérique et Le temple du Soleil, également pour les Tsiganes dans Les bijoux de la
Castafiore. Voilà encore du racisme !


Par ailleurs, Hergé a bien montré en effet deux usuriers manifestement juifs dans la première version de L'étoile mystérieuse. Ils plaisantaient sur la fin du monde, disant que cela
effacerait leurs dettes ! Ces deux Juifs nous font rire et il est alors très difficile de détester des gens qui vous font rire !


Dans la même veine, je signale la caricature d'un businessman américain dans Tintin en Amérique (page 29). On n'en déduira pas après que Hergé fait du racisme antiaméricain !


Par ailleurs, je signale que les activistes juifs de Palestine sont montrés de manière plutôt favorable dans la première édition de L'or noir. Et le mot « juif » est ici bien
écrit ! Hergé n'a pas réédité cette séquence, car jugeant le contexte trop dépassé.


Dans la première édition de L'étoile mystérieuse, le navire concurrent arbore bien le drapeau américain. Cela dit, il a toujours existé une certaine rivalité économique et scientifique
entre l'Europe et les États-Unis. On ne peut pas considérer que ce soit un point de vue nazi ! Le capitaine américain du Peary se comporte par ailleurs très convenablement,
empêchant que Tintin soit descendu (page 47). Je signale aussi le nom anglais ou américain du capitaine Chester, l'ami de Haddock, sans compter celui-ci !


Dans la liste des membres de l'expédition européenne (page 14), ne figure par ailleurs aucun Anglais. Mais pour des raisons évidentes, en raison de la censure allemande. Il faut prendre une
grosse loupe pour le remarquer !


Pour L'affaire Tournesol, il faut bien reconnaitre que les Allemands ont mené des recherches scientifiques pendant la Seconde Guerre mondiale, cela afin de gagner la guerre. Et ceux qui
écrivent des livres sur ces recherches ne sont pas forcément des nazis ! Le livre mentionné page 23 a bien été écrit par Leslie E. Simon, un auteur américain. Remarquez par ailleurs le
brassard du militaire bordure à l'aéroport (page 46). Il rappelle beaucoup les brassards nazis. La formule « Amaih Plekszy-Gladz ! » est copiée aussi de « Heil Hitler ! ». On ne peut
pas dire pourtant que tous ces Bordures soient très sympathiques dans cette histoire !


Par ailleurs, la statue de la page 47 représente bien le maréchal Staline, dont le culte était alors omniprésent. Mais on pardonnera peut-être à Hergé cette allusion anticommuniste. Staline n'est
quand même pas une référence pour les droits de l'homme et fait une sérieuse concurrence à Hitler dans ce domaine ! Certains pensent même qu'il a fait tuer encore plus de gens que Hitler,
mais il est vrai qu'il a été dictateur plus longtemps.


Par ailleurs, Hergé a en effet redessiné la couverture du livre (page 23) pour y figurer un V-2 allemand, rappelant quelque peu sa fusée lunaire. L'astronautique de l'époque était en effet très
influencée par les recherches nazies en la matière. Signalons ici le cas de Von Braun, engagé par les Américains pour réaliser leur programme spatial.


Mais pourquoi Hergé n'a-t-il pas dessiné précisément des croix gammées nazies ou des faucilles-marteaux communistes ? Tout simplement en raison de la censure française résultant de la loi de
1949 sur les publications destinées en principe à la jeunesse. Cette loi permettait d'interdire à peu près n'importe quoi, deux Buck Danny sur la guerre de Corée ayant été interdits en France
alors même qu'un contingent français y participait ! Hergé devait ainsi éviter soigneusement toute allusion politique, la France étant un marché très important pour ses albums.


Il faut par ailleurs signaler la chouette surmontée d'un point d'interrogation dans Les 7 boules de cristal, avec une étoile de David à l'arrière-plan (page 16). Hergé devait dire plus
tard qu'il avait été complètement interloqué quand on lui avait fait cette remarque. Il avait simplement trouvé ce motif très décoratif en n'avait même pas pensé à une étoile de David ! On
peut quand même lui laisser le bénéfice du doute. Personne ne considère cette histoire comme antisémite !


La seule histoire quelque peu raciste de Hergé est finalement Tintin au Congo. Hergé devait reconnaitre par la suite qu'il avait suivi la mentalité de l'époque : « Les Noirs
sont de grands enfants... Heureusement qu'on est là pour faire leur bonheur ! » C'est effectivement un peu dépréciateur, mais quand même loin du racisme haineux de Hitler ! Tous
ces Noirs nous font rire et il est très difficile de détester ceux qui vous font rire. On en dira autant pour les deux usuriers juifs de L'étoile mystérieuse.


Quant à la participation de Hergé au journal Le Soir sous l'Occupation, il faut quand même rappeler le contexte. Ce journal était peu marqué politiquement au départ, diffusait des
informations générales. Mais la politique des Allemands était d'y introduire de plus en plus des journalistes fascistes, comme pour toute la presse d'ailleurs. Ce journal était donc devenu en
effet progressivement collaborateur. Cela explique que des journalistes du Soir eurent des ennuis à la Libération, accusés d'avoir participé à un journal collabo même s'ils n'y étaient
jamais intervenus politiquement. Hergé devait plus tard dire qu'il avait été scandalisé du traitement réservé à certains. De fait, il faut reconnaitre que l'épuration n'a pas non plus été
parfaite, trop indulgente pour certains mais trouvant aussi des coupables imaginaires.


Hergé a-t-il fait le succès du Soir pendant l'Occupation, comme un posteur l'affirme ? Non, car le tirage papier était alors limité par les Allemands. On peut même soutenir que la
présence de Tintin a réduit les pages favorables à l'occupant allemand.


Avant guerre, Hergé est effectivement entré au journal ultra-catholique Le Vingtième Siècle, mais sans avoir la foi comme il l'a dit plus tard, seulement parce que l'occasion s'est
présentée d'avoir un travail. Ce journal n'était pas sinon



memorial98 26/09/2010 09:52



Vous évacuez complétement la proximité d'Hergé avec les mouvements d'extrême-droite, notamment Degrelle et les intégristes catholiques.